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4 avril 2025
Opinions
par Alioune Tine
ABDU ÉTAIT UN APÔTRE DE LA PAIX
Intellectuel d'une rare densité, socio-anthropologue, il analysait les faits, les événements et les actes avec une impayable force de persuasion, une extraordinaire finesse, et un style voltairien, qui donnait une saveur particulière à ces textes
Abdu Ndukhur Kacc Faye n'est plus. Une terrible nouvelle pour la paix en Casamance. Car Abdu était un apôtre de la paix. Il est mort pour la paix en Casamance.
Le 12 avril, il passe nous voir à Afrikajom Center pour nous informer du travail fantastique qu'il fait sur le terrain, à Oussouye, en Guinée Bissau et nous demandait de l'accompagner. Il rencontrait tous les acteurs pouvant exercer une influence pour une paix définitive. Parlant aux rois de la Basse Casamance, les leaders et combattants du MFDC, mais aussi les autorités politiques et militaires. Travail consistant aussi à nettoyer les terrains infectés par les mines antipersonnels, mais aussi à préserver la forêt.
La Casamance, le Sénégal vient de perdre un apôtre de la paix en Casamance. Il avait un grand amour de cet environnement, des paysages, de la faune et de la flore qu'il photographier avec un art consommé. Intellectuel d'une rare densité, socio-anthropologue, il analysait les faits, les événements et les actes avec une impayable force de persuasion, avec une extraordinaire finesse, et un style voltairien qui donnait une saveur particulière à ces textes qui se dégustait toujours avec ravissement.
À ses parents, ses poches, ses amis et aux casamançais, et au Saloum Saloum, nous présentons nous sincères condoléances.
par Ndukur Kacc Ndao
LES PROCÉDÉS MAGICO-RELIGIEUX AU COEUR DE LA BÊTISE HUMAINE QUI INSISTE ET PERSISTE
Bienvenue au Sénégal bardé de gens qui sont toujours à l'église ou à la mosquée ou dans les bois sacrés et qui prient dans le secret de leur conscience, qu'un adversaire politique ou même un demi frère crève la dalle
Il y a six ans, sur les chemins des Karones, au nord de la basse Casamance. Souvenirs de ce qui fait encore le côté obscure de l'homo-senegalensis. Un peuple de sorcellerie qu'il partage sans doute avec d'autres à travers le monde. Les procédés magico-religieux, des pratiques tout aussi vieilles que l'ère cénézoïque du quaternaire supérieur. Au coeur des pratiques occultes. Une autre façon de se regarder dans la glace.
Toujours dans les interstices des forêts de Kafountine. Je découvre fortuitement sur un baobab des clous sous forme de bois lignifié. Le processus est simple. Clouer mystiquement un adversaire, un ennemi dans les profondeurs des Karones. Avec ce procédé ésotérique, vous enfoncez une amulette avec du bois lignifié dans les entrailles du baobab nain pour lui donner une charge vibratoire négative. Processus très connu de nos milieux qui avec ce bois, nous avons un support plus transitif et plus durable parce que ça peut se dissiper.
Cette pratique ressemble, toute proportion gardée, à la pratique du Wanga dans le Vodou qui consiste à mettre une pression sur une poupée pour lui transférer les charges négatives. Voilà le quotidien d'une grande partie des sénégalais toujours à la recherche de "xaarfafufa ", des pratiques occultes pour tuer "des génies ". Tous leurs rapports à la réussite sont basés sur cette tension occulte de gens qui sillonnent les baobabs du Sine, de la Basse Casamance, pour jeter des sorts contre leurs frères, soeurs, maris ou épouses.
Une société magico-religieuse contre les performants et les performances. Vrai ou pas vrai, d'un point de vue épistémique, entre africains, nous nous connaissons. Admettons que ce sont des pratiques transversales à notre continent. L'anthropologie religieuse comparée produit des pratiques très significatives. Les intensions valent souvent plus que les pratiques. Bienvenue au Sénégal bardé de gens qui sont toujours à l'église ou à la mosquée ou dans les bois sacrés et qui prient dans le secret de leur conscience, qu'un adversaire politique ou même un demi frère crève la dalle. Qui peut lever le doigt pour jurer qu'il n'a jamais marabouté son prochain ?
En attendant, si tout cela fonctionne comme prévu, j'ai enlevé toutes les pointes enchâssées dans ces deux baobabs des Karones sauvant "syllogistiquement" ces emprisonnés du baobab. J'espère qu'ils se sont réveillés et qu'ils ont été exorcisés de Satana ou de l'homo-senegalensis. Quelle imbécilité de clouer même "symboliquement" un être humain dans des baobabs perdus dans ces forêts ou d'autres !
Camus avait raison sur la bêtise humaine. Elle insiste et persiste. Une société magico-religieuse n'est jamais fiable si elle vise à tuer nos génies transformateurs de progrès.
par El Hadji Gorgui Wade Ndoye
UN GRAND MONSIEUR S'EN VA
Son dernier combat fut le parachèvement de la paix en Casamance. Le combat d’une vie d’un grand intellectuel. Repose en Paix grand frère et cher ami Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
El Hadji Gorgui Wade Ndoye |
Publication 07/09/2024
Repose en Paix grand frère et cher ami Ndukur Kacc Essiluwa Ndao. En début de cette semaine, le 02 septembre, nous avons échangé par whatsapp.
L’éminent ethno-anthropologue et spécialiste de la Casamance est mort ! En décembre 2020, pour la deuxième Edition du Gingembre Littéraire du Sénégal sur le vivre ensemble consacré à la Casamance, Abdou Ndao qui est mon ancien de l’Université Gaston Berger et avec qui j'ai partagé le même pavillon universitaire le G4/D avec d’autres personnalités comme son plus que frère le magistrat Cheikh Bamba Niang etc, n'avait ménagé aucun effort pour la réussite de cet évènement fort bien accueilli. Il s’était mis totalement à notre disposition tant au niveau intellectuel et humain en organisant la logistique sur place avec notre autre aîné Moustapha Tambadou.
Son dernier combat fut le parachèvement de la paix en Casamance. Le combat d’une vie d’un grand intellectuel.
par Souleymane Gomis
HOMMAGE À NDUKUR KACC ESSILUWA NDAO
Un très grand intellectuel vient de nous quitter. Un universitaire, un socio-anthropologue d'une très grande renommée est parti. Un homme sobre et intègre, un homme vertueux. Abdou Ndao est un amoureux de la verte Casamance
Un très grand intellectuel vient de nous quitter. Un universitaire, un socio-anthropologue d'une très grande renommée est parti. Un homme sobre et intègre, un homme vertueux.
Abdou Ndao est un amoureux de la verte Casamance et fervent défenseur du patrimoine culturel Diola.
Que le paradis soit sa dernière demeure.
Je présente mes condoléances à toute sa famille, ses amis et proches.
par l'éditorialiste de seneplus, Oumou Wane
PAR IMPULSIVITÉ, BENNO S'EST ENFERMÉE DANS SA PROPRE TRAPPE
EXCLUSIF SENEPLUS - Hantée par la défaite amère de la présidentielle, la coalition refuse de lâcher sa dernière parcelle de pouvoir, comme si sa survie en dépendait. Dans ce jeu inégal, le plus grand défi est de ne pas s'attirer la haine du peuple
"Lorsqu'on laisse l'émotion prendre le pas sur la raison, cette dernière disparaît. On pourrait presque dire que l'émotion est nègre comme la raison est hellène...’’- Senghor.
L'attitude impulsive de la coalition Benno ces dernières semaines, marquée par des affrontements stériles avec l'exécutif, révèle deux constats clairs. D'une part, l'exécutif agit avec méthode et discernement, tandis que Benno, toujours une longueur de retard, réagit avec passion plus qu'avec stratégie.
L'exécutif s'est appuyé sur cinq piliers : la Constitution sénégalaise, le règlement intérieur de l'Assemblée nationale, un crayon, un calendrier, et la mesure du peuple. Aux commandes, une équipe de conseillers compétents et scrupuleux, dotés d'une expertise juridique de premier plan. Lorsque vous avez des talents comme Ousmane Diagne, Cire Cledor Ly, Ngouda Mboup, Amadou Ba, Khadim Diagne, Sidy Alpha Ndiaye et d'autres encore, il est évident que le jeu n'est pas à armes égales. Sans même mentionner Mimi Touré, revenue sur le devant de la scène et capable d’analyser le moindre signe de Macky Sall pour en tirer la parade nécessaire. À ce stade, la partie est loin d'être équilibrée.
De l'autre côté, Benno, agrippée à cette déclaration de politique générale du Premier ministre pour des raisons à la fois subjectives et impulsives, s’est empêtrée seule dans ses propres contradictions, brandissant des armes qui, hélas, se révèlent factices. Toujours hantée par la défaite amère de la dernière élection présidentielle, la coalition refuse de lâcher sa dernière parcelle de pouvoir, comme si sa survie même en dépendait. Ce qui arrive à Benno est semblable au sort de certains médias, sevrés des subventions et d’avantages d'antan. À tous, je rappellerais ces paroles de Charles Aznavour : « Il faut savoir... »
« Il faut savoir encore sourire, quand le meilleur s'est retiré
Et qu'il ne reste que le pire dans une vie bête à pleurer
Il faut savoir, coûte que coûte, garder toute sa dignité
Et malgré ce qu'il nous en coûte, s'en aller sans se retourner »
Parce que dans ce jeu inégal, le plus grand défi est de ne pas s'attirer la haine du peuple. L'exécutif joue finement, respectant les textes à la lettre pour préparer sa future campagne législative, pendant que Benno se consume dans une agitation stérile.
Quand le Premier ministre Ousmane Sonko a déclaré le 28 juin 2024 que le règlement intérieur de l'Assemblée nationale était erroné et qu'il n'accepterait de se présenter devant les députés qu'après sa correction, le sort en était déjà jeté. Pourtant, ce jour-là, les pièges étaient déjà en place. Le président et le Premier ministre, faut-il le rappeler, sont des juristes aguerris, des stratèges experts de la politique.
En violant l'article 97, Benno — ou ce qu'il en reste de l'APR — s'est offert le bâton pour se faire battre. Le 11 septembre prochain, il n’y aura point de déclaration de politique générale, et le Premier ministre Ousmane Sonko a déjà exprimé sa préférence pour une autre configuration pour cette prise de parole. La trappe étant toujours ouverte, je me demande si le sort ne sera pas déjà scellé avant cette date fatidique.
La leçon est simple : malgré tout son courage, le jeune Abdou Mbow ne pourra rien y changer. Ceux qui l'encouragent dans cette direction suicidaire ne font que révéler leur impulsivité. Une Assemblée nationale dirigée par des incompétents est, en un mot comme en cent, un frein au développement de notre pays. Mieux vaut savoir partir que de se faire mettre à la porte...
« Il faut savoir quitter la table, lorsque l'amour est desservi
Sans s'accrocher l'air pitoyable, mais partir sans faire de bruit… »
Oumou Wane est présidente de Citizen Media Group-Africa 7.
par Nioxor Tine
TIRER LES BONNES LEÇONS INSTITUTIONNELLES
Le régime du Pastef n’accorde pas encore à l’immense chantier de refondation institutionnelle, toute l’importance requise. Il est temps de matérialiser l'engagement envers les Assises, acté par la signature du Pacte de bonne gouvernance démocratique
Les Sénégalais ont l’impression de vivre un cauchemar. Les dysfonctionnements institutionnels, qui perdurent dans notre pays et qu’on pourrait faire remonter au temps régime UPS-PS, surtout après la crise de 1962, sont loin de s’estomper.
Les Assises nationales de 2008-2009 avaient suscité un brin d’espoir, vite effacé par la boulimie pouvoiriste du président Macky Sall. Résultat des courses, le Sénégal vient de sortir d’une période sombre, digne des pires dictatures comme le Haïti des Duvalier ou les autocraties pétrolières d’Afrique Centrale ou du Moyen-Orient.
Dernier rempart d’un renouveau démocratique
C’est donc avec tristesse, que les patriotes et démocrates sincères de notre pays constatent, que le régime du Pastef, n’accorde pas encore à l’immense chantier d’assainissement des mœurs politiques et de refondation institutionnelle, toute l’importance requise. Pour notre part, nous sommes convaincus, que c’est l’entêtement des régimes issus de nos deux premières alternances à ignorer les impératifs d’un véritable dialogue politique tourné vers la réforme radicale de l’hyper-présidentialisme, avec une véritable séparation et un équilibre des pouvoirs, qui explique l’état de ruines dans lequel, le premier ministre Sonko déclare avoir trouvé notre pays.
Comment comprendre ces querelles de borne-fontaine, évoquant parfois un combat de coqs, au sein de l’hémicycle.
Le camp patriotique constitue, dans la phase historique actuelle, le dernier rempart d’un renouveau démocratique, surtout depuis la désertion des anciens combattants de la gauche marxiste. Cette nouvelle génération d’hommes politiques, dont les promesses électorales et propositions programmatiques ont été approuvées par une large majorité des Sénégalais n’ont rien à gagner dans cette confrontation stérile, sous peine d’être assimilés à cette « vieille classe politique », avocat d’un système néocolonial honni, dont le naufrage politique a été sinon définitivement acté, tout au moins, fortement esquissé.
Plus que de véritables hommes politiques, il s’agit surtout de criminels à col blanc, milliardaires, qui malheureusement continuent à diriger le camp des vaincus et dont l’attitude est bien compréhensible, leur principal souci étant d’échapper aux fourches caudines de la Justice, surtout à la reddition des comptes, qui serait imminente. Au lieu de se réinventer politiquement, de faire leur aggiornamento, en faisant leur autocritique, en modifiant leur stratégie largement rejetée par les Sénégalais, ils ont pris le parti de miser sur l’échec des nouvelles autorités.
Plus grave, ils ont même initié une campagne de dénigrement et de désinformation digne de Cambridge Analytica, une entreprise experte dans les stratégies d’influence électorale et politique, qui a fait ses preuves au Nigeria, dans l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis et la campagne victorieuse du Brexit, de triste mémoire. Le nom d’une société fantôme israélienne, ayant déjà intervenu au Sénégal, lors de la présidentielle de 2019, serait même évoquée dans les tentatives de déstabilisation du nouveau régime patriotique.
Ces mercenaires de l’ombre, très actifs dans une certaine presse et sur les réseaux sociaux, avec des milliers de faux profils, usent d’une stratégie de communication basée sur les fake-news et les procès d’intention.
Ils cherchent à discréditer la nouvelle équipe au pouvoir, accusée d’étouffer la presse, alors qu’il s’agit de contentieux fiscaux, de paralyser le secteur BTP, victime plutôt de la mal-gouvernance du foncier, qu’on essaie de rectifier, de manquer de respect aux parlementaires, surtout ceux de l’opposition, décidément très susceptibles, depuis le 24 mars dernier.
Le parlement, dernier bastion du Mackyland
Ces députés du Macky – et non du peuple – organisent la résistance « contre-révolutionnaire » au niveau du parlement, où ils disposent encore d’une très faible majorité, d’une voix. C’est dans ce cadre, qu’il faut appréhender le déroulement de la dernière session parlementaire sur la dissolution du CESE et le HCCT. Elle est une illustration parfaite de la théâtralisation outrancière de la vie politique de notre pays, telle que nous la vivons, depuis toujours, mais surtout depuis la première alternance de 2000.
Plus que d’une rupture entre le parlement et les aspirations populaires comme mentionné dans le communiqué du porte-parole de la présidence, c’est plutôt d’un fossé béant qu’il s’agit entre l’ancien régime de prédateurs et le peuple sénégalais, qui a subi, douze ans durant, la dictature de Benno. Car le désaveu cinglant de l’ancienne majorité, annoncé par ses revers électoraux de l’année 2022 et la défiance populaire à son endroit, à l’origine d’une répression féroce, a déjà été acté par sa déroute lors de la dernière présidentielle.
C’est pour cela qu’on peut considérer, que le show parlementaire soporifique du 3 septembre dernier, qui rappelle de mauvais souvenirs de forcing parlementaire des années passées, n’a eu pour effet que de requinquer et de ressouder la nouvelle opposition, dont certains pans cherchent à se distancier d’un passé récent peu glorieux.
Benno Bokk Yakaar, mal en point, achevée par euthanasie
Heureusement, la liquidation de Benno Bokk Yakaar, aux allures d’euthanasie politique, prononcée par Macky Sall, dès la fin de la session parlementaire, a confirmé le processus avancé de dégénérescence de l’ancienne majorité présidentielle.
Hormis la dissidence de l’ancien candidat hyper-liquide (mais mal-aimé) du Benno-APR, qui s’apprête à créer son propre parti, on nous signale la naissance du front social et républicain regroupant d’anciens membres de Macky 2012 et des évolutions au sein des partis socio-démocrates (PS, AFP, Taxawu…etc) vers plus d’autonomie.
Quant à la Confédération pour la Démocratie et le Socialisme (CDS) rassemblant les anciens de « l’ex-gauche marxiste », sur la voie de regrouper leurs partis exsangues et de se muer en fédération (FDS), elle continue de tirer à boulets rouges sur les nouvelles autorités, reprenant, mot pour mot, les argumentaires et éléments de langage de l’APR. Elle persiste dans son entêtement à perpétuer son compagnonnage morbide avec ses anciens patrons politiques, dans une posture de servitude volontaire, dont ils ont du mal à se dépêtrer.
Pourtant, même s’ils étaient restés sourds et aveugles, une décennie durant, devant la longue série de forfaits et crimes de l’Etat APR, gommés par une autoamnistie, initiée par l’ancien président Macky Sall, le putsch électoral avorté du 3 février 2024, aurait dû enfin leur ouvrir les yeux.
Ne serait-ce que par bon sens et par instinct de survie politique, la défaite cinglante du Benno-APR lors de la dernière présidentielle leur offrait une occasion inespérée de renouer avec le camp du travail et du progrès social, avec à la clé, une autocritique en bonne et due forme.
Il convient, pour terminer, d’appeler le camp patriotique à refuser de suivre ces politiciens libéraux en fin de carrière dans leur cirque politico-électoral et de matérialiser leur engagement envers le processus des Assises nationales, acté par leur signature du pacte national de gouvernance démocratique.
Faire tomber le gouvernement par une motion de censure était l’objectif déclaré par l’opposition. Une petite réplique à cette volonté a démontré les capacités des uns et des autres
Les jours qui ont précédé le limogeage des Présidents du CESE et du HCCT nous ont démontré l’inanité de certains politiciens occupant le devant de la scène. La politique n’est rien d’autre qu’un jeu d’échecs. Jeux d’échecs ou de dames, c’est l’esprit en mouvement.
L’intelligence transparait à chaque coup et les observateurs de se délecter en appréciant les talents de tacticien des uns et des autres. Nous avons vécu pleinement les pièges et les coups fourrés tendus par les socialistes au parti de Me Wade. Il a fallu de l’astuce et de la maestria au PDS pour déjouer ces traquenards et s’en sortir.
Ces joutes qui avaient pour cadres l’Assemblée nationale, les meetings et autres communiqués des réunions hebdomadaires du BP étaient un régal pour les puristes et autres militants de base, qui surveillaient les leaders, de vrais leaders qui se font rares aujourd’hui.
Qui ne se souvient des confrontations assez épiques à l’hémicycle des hommes politiques de grande stature tant du pouvoir que de l’opposition ? Ecouter ces messieurs et dames débattre nous procurait à nous autres jeunes reporters, de la fierté et de la satisfaction. Je me rappelle la première fois où j’ai mis les pieds à l’Assemblée nationale sans cravate, les gendarmes m’avaient interdit l’accès à la salle. Je m’étais tellement offusqué que le responsable de la Communication de l’Institution m’avait tendu une cravate que je m’empressais de nouer avant de pénétrer dans l’hémicycle. A l’époque pour entrer à la Présidence, il fallait être en tenue correcte. Cette bonne éducation qui nous régissait tous a connu des failles. Des failles ont permis à des flibustiers de se mettre à l’avant. Il n’est pas rare de voir des gens bardés de diplômes passer complètement à côté de la plaque.
Qu’a-t-on vu aujourd’hui à l’Assemblée nationale avec cette confrontation que l’on croyait épique et qui s’est finalement dégonflée comme un ballon de baudruche ? Comme si les niveaux des combattants, si criards aux yeux des observateurs avisés, se sont pleinement manifestés.
Faire tomber le gouvernement par une motion de censure était l’objectif déclaré par l’Opposition. Une petite réplique à cette volonté a démontré les capacités des uns et des autres. La déception est grande chez tous ceux qui s’attendaient au grand retour des débats parlementaires. On a vu grand en rêvant debout parce qu’une Assemblée mal élue ne peut générer de grands débatteurs. Et le duo d’inspecteurs à la tête de l’Etat, confronté à des députés plus ou moins pertinents, aura les coudées franches pour rester et diriger ce pays des années encore.
Par Assane Guèye
UNE FIN HONORABLE ?
L’art d’offrir une victoire gratuite sur un plateau d’or à son adversaire. En introduisant le projet de loi portant révision de la Constitution sans consensus préalable, le pouvoir a donné le bâton à la majorité parlementaire pour se faire battre.
L’art d’offrir une victoire gratuite sur un plateau d’or à son adversaire. En introduisant le projet de loi portant révision de la Constitution sans consensus préalable, le pouvoir a donné le bâton à la majorité parlementaire pour se faire battre. Il a donc trébuché par manque de méthode et de dialogue. Il faut d’ailleurs être particulièrement téméraire pour oser demander à des ennemis jurés de rendre un service qui ressemble à de la servitude. Le groupe des députés de BBY n’a pas eu totalement tort de refuser de faire ce qu’on pourrait appeler «le sale boulot». Il a même bien joué pour avoir laissé la vie sauve au Haut conseil et au Conseil économique où des camarades de parti sont massivement représentés. Le bloc ne s’est pas fissuré dans un hémicycle nouvellement décoré et plus beau à voir.
Le groupe majoritaire n’a pas pris le risque de s’aliéner des proches siégeant dans un contexte de recomposition et d’emballement. Les naufragés du 24 mars ne se sont pas transformés en naufrageurs et ont fait d’une pierre plusieurs coups. Ils prennent une petite revanche en infligeant un revers politique à ceux qui les avaient défaits par un coup KO. Aux camarades dont ils ont sauvé les emplois et les sièges, ils ont démontré de la franche camaraderie. Mais le fait le plus marquant à retenir est qu’il n’y a eu ni capitulation ni lâcheté de leur part. Ce sont des points précieux en direction des prochaines échéances. Il y a du mérite à ne pas ruser avec les principes.
Motion de censure bancale
Seulement, le groupe victorieux qui a fait capoter le projet de dissolution pourrait tomber dans les mêmes excès que le camp d’en face. Il a succombé à l’émotion en initiant une motion de censure bancale. Après avoir montré de la solidité, il fallait avoir le triomphe modeste, voire s’autocensurer pour éviter de donner le sentiment de pratiquer la politique de la terre brûlée. Vouloir faire tomber le gouvernement dans la foulée relève d’une jubilation enfantine. Et d’ailleurs, tout le mérite ne leur revient pas. Le rejet a bénéficié du soutien considérable d’un député de Wallu qui s’est fait porte-voix des transporteurs dépités par le nouveau régime. La fin de non-recevoir a profité d’un contexte où le pouvoir et plusieurs catégories socioprofessionnelles ne sont pas en odeur de sainteté. Il y a aussi que la seule et unique députée de Rewmi a pesé de tout son poids pour la censure de la copie de l’Exécutif. Quand le vote peut pencher d’un cheveu d’un côté ou de l’autre, chaque voix compte et vaut son pesant d’or. Enfin, la plénière de lundi, longue et interminable, a confirmé qu’on était au parlement. Et les parlementaires ont vocation à parler. Mais cette propension à trop parler et à manger le temps rappelle aussi qu’on est en pleine civilisation orale où la parole remplace l’action. L’action de censure qu’a voulu introduire la majorité parlementaire a été tuée dans l’œuf. L’Exécutif a trou- vé l’ingrédient redoutable pour couper l’herbe sous le pied à la nouvelle opposition «radicale». Il ne pouvait se payer le luxe de subir un double camouflet en quelques jours. Sur ce point, il n’y a pas eu de symbole d’amateurisme le concernant. De son côté, le groupe de Benno a intérêt à soigner davantage sa sortie. Celle-ci doit être digne et honorable. L’éviction des présidents du Hcct et du Cese ne fait pas honneur non plus aux excommuniés. Celui qui les avait placés à leur poste a été bougé. Ils doivent s’attendre aussi à bouger à tout moment. Au demeurant, ce n’est une mauvaise nouvelle en soi. Ces dirigeants d’institutions figurent parmi les plus inaccessibles qui soient.
Par Thierno Birahim FALL
L’AVANCEE DE L’URBANISATION ET SES CONSEQUENCES SUR LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE
Dans cette deuxième contribution, on s’intéresse au support de production qui est le sol. D’entrée de jeu, il faut savoir que les terres arables disponibles au Sénégal sont évaluées à trois millions cinq cents mille hectares (3 500 000 ha)
Ma première contribution intitulée pour une souveraineté alimentaire réussie relevait les défaillances institutionnelles et organisationnelles en plus des dispositions clefs qu’il fallait prendre pour certains éléments de production notamment les facteurs de productions (semences, engrais .etc.)
Dans cette deuxième contribution, on s’intéresse au support de production qui est le sol. D’entrée de jeu, il faut savoir que les terres arables disponibles au Sénégal sont évaluées à trois millions cinq cents mille hectares (3 500 000 ha) dont deux millions cinq cents mille (2 500 000 ha) mis en culture, essentiellement consacrés à des cultures d’hivernage, ce qui resterait à peu près un million d’hectares dont une partie est consacrée au maraichage. La FAO estime que 70 000 ha sont cultivés en permanence, superficie dans laquelle on doit insérer les activités horticoles.
Nous démarrons notre réflexion sur la bande des Niayes, zone favorable aux cultures horticoles et à l’élevage et dont la superficie est estimée à 540 000 ha. La région de Dakar située en partie dans cette zone, qui occupe 55 000 hectares, est prise comme échantillon.
Aujourd’hui, la menace porte sur ce stock, mais avant d’aborder l’analyse, je constate que le phénomène affecte toutes les villes et les agglomérations sur l’ensemble du pays, pour dire que les campagnes se dégarnissent en plus de leurs terres récupérées au profit des villes, dont les conséquences sont visibles et se résument à :
- Moins de main d’œuvre pour les exploitations agricoles en témoigne le nombre d’enfants et de femmes qui exécutent les travaux dans les exploitations
- Des terres destinées à l’agriculture, exploitées ou en exploitation, affectées à l’habitation, ce qui explique en partie les conséquences que l’on observe avec les inondations et les pertes de production.
Pour circonscrire notre champ d’étude, nous considérons que la région de Dakar part du Plateau jusqu’ à l’entrée de Bayakh. Pour ceux qui ont grandi à Dakar et sa banlieue, les exploitations maraichères démarraient derrière le rond-point de Petersen presque sans discontinuité, seulement entrecoupé par certains quartiers qui s’arrêtaient à hauteur de Colobane et Wakhinane pour continuer sur la grande Niaye de Pikine, Thiaroye réputé pour sa spécialisation sur la culture de choux pommé, poursuivant cette lancée jusqu’à Gorom et Bayakh. Si dans le temps, Dakar nourrissait Dakar, aujourd’hui c’est la zone de Notto et Mboro qui nourrit Dakar en légumes et mangues.
Que reste-t-il de cette végétation avec les champs arboricoles, maraichères, la faune et la flore et si on faisait une évaluation sommaire de cette superficie perdue ?
Partant d’une évaluation sommaire de cette superficie de 550km2 soit 55000ha, on peut considérer qu’au moins 80 % de ces superficies sont perdues par l’exploitation agricole soit 440 000ha et en faisant la clé de répartition, 25% pour le maraichage et 75% pour la culture fruitière, on se retrouve avec 330 000 ha pour la fruitière et 110 000ha pour le maraichage.
LES CONSEQUENCES SOCIALES ET ECONOMIQUES
La perte de main d’œuvre En considérant un ( 1) manœuvre par ha d’arbres fruitiers et deux( 2) par ha de maraichage, cela nous donnerait 330 000 pour le fruitier et 220 000 pour le maraichage, soit un total de 550 000 ouvriers par an qu’ on aurait pu utiliser avec un salaire moyen arrondi à 50 000 FCFA par mois , par référence au salaire minimum agricole ( SMAG) , cela donnerait une somme de vingt-sept milliards cinq cents millions de FCFA ( 27 500 000 FCFA) à distribuer annuellement.
Le manque à gagner annuel dû à la perte de production annuelle
Pour le fruitier, on se situerait à 165 000 000 000FCFA et le maraichage 220 000 000 000 FCFA de revenus générés, pour une estimation à 500 000FCFA par ha de fruitiers et un million (1 000 000 FCFA) pour deux spéculations choisies : la tomate cerise et les choux pour le maraichage. Ce qui fait un total cumulé de trois cents quatre-vingt-cinq milliards de francs CFA (385 000 000 FCFA) de manque à gagner. Je précise que l’analyse est minimaliste dans la mesure où nous avons tablé sur un revenu que peut gagner un producteur moyen.
Les autres acteurs économiques connexes
Il s’agit des transporteurs, des ouvriers manutentionnaires, des bana banas au niveau des marchés, jusqu’ à la maman revendeuse de légumes avec sa table au niveau du quartier. Sans une évaluation, on peut percevoir ces gains latents qu’auraient pu percevoir ces agents économiques, et qui viendraient s’ajouter à ce qui est dit plus haut.
L’économie verte
La récolte des noix d’acajou, les revenus tirés de la pharmacopée avec les herbes, feuilles récoltées dans ces forêts vendues dans les marchés, le bois mort pour les besoins de cuisine et le bois d’œuvre (rôniers) pour la construction des habitats constituent des revenus non négligeables perdus également.
LES ORIGINES DE CETTE SITUATION
L’acte 3 de la décentralisation est indéniablement le premier facteur à incriminer dans la mesure où les maires ont focalisé leurs activités essentiellement sur deux axes, les taxes et le foncier, ce qui a généré cette boulimie et spéculation foncière. La mentalité développée sur la terre, c’est qu’elle n’est plus considérée comme un facteur de production mais un produit de commerce.
L’autre élément moins visible, c’est que la population délaisse de plus en plus les activités de production au profit d’autres activités comme le commerce certainement moins pénible, présentant moins de risque et plus rémunérateur. Ce constat m’amène à soulever l’équilibre des filières . Par essence, les filières sont déséquilibrées à cause du manque de solidarité des acteurs. Dans la chaine, c’est généralement celui qui produit qui prend l’essentiel des risques et qui récolte le moins de revenus. Quel est l’investissement que fait le commerçant comparé à celui du producteur et quel risque prend-t-il pour vouloir écrémer les revenus générés parla filière. Il s’impose donc la nécessité de veiller à l’équilibre des filières pour permettre à ceux qui prennent plus de risque et investissent plus, de gagner plus de revenus. Il y va de l’organisation de ces derniers pour mieux asseoir leur pouvoir de négociation.
LES DISPOSITIONS A PRENDRE
Trois axes d’intervention, sécuriser le reste de terres agricoles, rééquilibrer les filières, redynamiser les structures associatives de développement.
La sécurisation des terres agricoles
Il s ‘agit ici d’identifier, de répertorier et de classer les zones considérées comme agricoles, d’établir les textes qui en font des zones de culture non aliénables pour d’autres destinations, sans oublier les dispositions complémentaires permettant aux exploitants d’acquérir des titres qui servira, à la fois à sécuriser leurs investissements et aussi à servir de garantie pour renforcer leur capacité de production.
Equilibrer les filières
Ce sera essentiellement du ressort des producteurs qui doivent s’organiser pour s’imposer en interlocuteur unique face aux commerçants, banquiers et autres interlocuteurs, y compris l’Etat.
Redynamiser les structures associatives de développement
Ce sont les coopératives , organisations professionnelles qui sont visées , occasion pour attirer l’ attention sur le fait qu’ il est important d’ évaluer l’ existant avant de mettre de nouvelles structures L’ expérience a montré que tous ceux qui se sont écartés de cette démarche ont vu les nouvelles structures péricliter à la fin des projets et ou des régimes qui les ont mis en place.
L’autre principe qui guide la mise en place de ces nouvelles structures serait après l’évaluation d’écouter et d’impliquer les acteurs tant dans la conception que dans la mise en œuvre, ne pas avoir d’idées dans la discussion avant qu’ils ne donnent les leurs et prendre ces idées émises comme base de travail. Le monde rural a son mode de fonctionnement. Je résume cette démarche en disant ;
Ne jamais les devancer dans la recherche des idées, les écouter et les impliquer pleinement en les mettant au-devant pour ne pas les perdre en cours d’exécution.
L’étude de cet échantillon montre très clairement qu’il faut prendre des mesures urgentes pour stopper ce phénomène en protégeant les terres à vocation agricole car c’est seulement leur mise en exploitation qui permettrait de sécuriser la souveraineté alimentaire, s’assurer de la qualité des produits consommés, veiller à notre santé, résorber le chômage, permettre une large distribution des revenus à l’ensemble des acteurs économiques.
En résumé il faut retenir que c’est le développement du secteur rural qui résoudra nos problèmes actuels.
Par Youssoupha BA
JEU D'ECHECS AU SOMMET DE L'ÉTAT...
Le désamour qui caractérise les relations entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale — où l’opposition est majoritaire — se poursuit de plus belle. Rien que durant la journée d’hier, l’on a assisté à une série d’actes posés par les deux camps...
Le désamour qui caractérise les relations entre l’Exécutif et l’Assemblée nationale — où l’opposition est majoritaire — se poursuit de plus belle. Rien que durant la journée d’hier, l’on a assisté à une série d’actes posés par les deux camps rendant la bataille plus rude et faisant craindre un blocage institutionnel.
Après avoir marqué un bon coup avant hier lors du vote du projet de loi visant la dissolution des institutions que sont le HCCT et le CESE, l’opposition, estimant sans doute que le pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye était groggy, a voulu lui, porter l’estocade en déposant une motion de censure. Pour, a-t-elle expliqué, renverser le gouvernement du Premier ministre Ousmane Sonko. Ce dernier a, au cours d’un entretien organisé qu’il a eu avec le personnel de la Primature, rassuré son camp pour dire que non seulement il n’y aura pas de motion de censure mais encore que la durée de vie la présente législature ne dépasse pas dix jours. Après cette sortie, la réplique de l’opposition ne s’est pas fait attendre. Quelques heures plus tard, la réplique de l’opposition, plus exactement du groupe Benno Bokk Yaakar, n’a pas tardé à travers la convocation du Bureau de l’Assemblée nationale par le président de cette institution pour se pencher sur la motion de censure déposée mardi par Abdou Mbow. Et puis, coup de théâtre. Comme dans un ring où les coups s’enchaînent entre deux boxeurs, les services de la Présidence ont annoncé un décret présidentiel limogeant les présidents du HCCT et du CESE. C’était la réponse du berger Diomaye Faye à la bergère Benno Bokk Yaakar qui avait rejeté lundi le projet de loi de dissolution de ces deux institutions. Voilà qui nous réserve une suite très disputée dans le combat politique auquel se livrent le pouvoir et l’opposition, à travers le groupe parlementaire BBY. Cela ira-til jusqu’à un blocage des institutions de la République ? Apparemment pas puisque l’Exécutif a tous les moyens pour gagner cette guerre en écrasant l’opposition grisée par sa victoire remportée lundi dernier dans l’hémicycle de l Place Soweto.
A qui va profiter le chrono avant le 12 septembre prochain ?
Dans ce combat épique, l’opposition cherche en outre à provoquer un conflit qui amènerait le chef de l’État à se séparer de son Premier ministre. Lequel constitue pour elle un obstacle infranchissable pour atteindre sa cible en l’occurrence le président de la République lui-même. Ayant très bien compris cela, Ousmane Sonko continue à s’ériger en bouclier pour recevoir tous les coups afin de mieux protéger le Chef de l’exécutif. Il a compris que le meilleur moyen de défendre le Président, c’est d’en découdre directement avec ses adversaires. C’est pourquoi d’ailleurs ses propos d’hier ont été violemment critiqués par beaucoup d’hommes politiques surtout de l’opposition notamment sur ses positions par rapport à la motion de censure et la reddition des comptes.
Volant à son secours, le chef de l’État a pris un décret pour convoquer d’urgence et dès aujourd’hui une autre session extraordinaire de l’Assemblée nationale pour cette fois-ci statuer sur quatre projets de loi. Alors faut-il voir par là un nouvel acte politique tendant à jouer sur le temps pour empêcher la tenue de la DPG devant une Assemblée en fin de vie comme voulu par Ousmane Sonko ? En tout cas, selon plusieurs observateurs, tout semble l’indiquer vu que le projet de loi sur la DPG est placé en dernière position dans l’ordre du jour de la session extraordinaire. Donc si on se réfère à la procédure, il va falloir d’abord convoquer le Bureau de l’Assemblée nationale puis la Commission des Lois qui va fixer le calendrier de la session avant d’organiser la plénière ensuite. Sachant que la session extraordinaire ne peut dépasser 15 jours, devrait alors s’engager une véritable course contre la montre qui va tourner au rythme d’un chrono. Et au cas où tout ce processus n’est pas épuisé avant le 12 septembre prochain, le chef de l’État pourra sans trembler dissoudre l’Assemblée nationale. Dans tous les cas, la session extraordinaire est déjà actée et les travaux vont démarrer dès aujourd’hui. Mais, selon toute vraisemblance, la situation qui se présente est désormais en faveur du pouvoir même si rien n’est encore gagné d’avance. Toutefois selon Doudou Wade, ancien député et ex-président du groupe parlementaire du PDS, l’opposition peut trouver un autre moyen de riposte qui pourrait faire mal au pouvoir même s’il s’est abstenu d’entrer dans les détails. Doudou Wade semble décidément surestimer la force de cette opposition en débandade !