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5 avril 2025
Opinions
PAR Jean Pierre Corréa
ENTRE BOULES PUANTES ET PÉTARDS MOUILLÉS
Nous sommes à deux mois d’une présidentielle inédite au Sénégal et nous ne captons aucun propos ni mots porteurs des germes qui doivent réenchanter notre population, notamment sa jeunesse
Nous sommes à deux mois d’une présidentielle inédite au Sénégal et nous ne captons aucun propos ni mots porteurs des germes qui doivent réenchanter notre population, notamment sa jeunesse. Dans le brouhaha, la cohue et le vacarme causés par cette pléthore de candidats qui ont décidé qu’ils étaient en mesure de diriger 17 millions de Sénégalais, il est évident qu’une des manières de se faire remarquer, est le recours au buzz et à l’outrance populiste. L’avocat Moussa Diop a tenté le coup, et il lui en cuit actuellement. Son cas devrait refroidir les ardeurs de ses congénères candidats qui pensent qu’en faisant acte de populisme gesticulant et bruyant, il serait possible de s’acheter à peu de frais un titre de héros résistant, et ainsi d’avoir une place à l’ombre de quelques directions et ministères, que le dividende attendu de leurs exactions désordonnées et de leurs éructions nauséabondes, devrait leur ouvrir.
Il est rare qu’un « homme politique » ces dernières années, qui a connu des ennuis judiciaires, ne voie son séjour carcéral accompagné de graffitis urbains réclamant sa libération. Là, avec Moussa Diop, le peuple sait que l’homme s’est fourvoyé dans une légèreté incommensurable et dans une incompétence rare à ce niveau. Aucun graffiti « Free Moussa Diop » ne noircit nos murs. Indifférence ? Non !!! Façon de lui dire « et bien qu’il se débrouille » et que s’il a voulu s’acheter un habit de héros, cela ne peut se passer à l’encontre de la réputation de capitaines d’industries et de responsables politiques dont il insulte la probité et compromet la stature internationale dont ces milieux d’affaires ont besoin pour prospérer et faire prospérer notre pays. Les affaires n’aiment pas le bruit et si Moussa Diop qui se targuait d’être « un avocat d’affaires » en était vraiment un, il aurait dû comprendre que cette discrétion qui a marqué toute la carrière de Monsieur Mimran et de Mamadou Diagna Ndiaye, n’allait pas être entaillée par une soudaine envie de faire affaires au grand jour, au point de donner autant de détails hallucinants dans cette correspondance farfelue sortie d’un esprit, pour le moins dérangé, au pire sous emprise d’un projet inavoué, inavouable d’avoir tenté le diable pour aller en prison, évitant ainsi la honte de devoir mesurer sa prétention à diriger le Sénégal, à partir d’une cabine téléphonique lui servant de parti politique.
Ce genre de délires, de divagations, et d’insultes ad hominem, nous allons en vivre à satiété durant les semaines à venir et nombreux sont les candidats hurleurs de boniments, qui sont prêts à aller boxer un policier à midi en plein marché Sandaga, pour connaître la gloire d’une convocation à la Sûreté Urbaine, ou qui vont, attirés par les « Unes » gluantes et souvent puantes de certains quotidiens, cracher leurs insanités contre tels ou tels de leurs adversaires. Le rejet de la « méthode Moussa Diop » par l’opinion devrait les faire réfléchir. Les Sénégalais ont soif d’un vrai débat, qui dessine le Sénégal de demain aux enjeux si cruciaux, qu’ils en sont terrifiants. Alors la terreur des tréteaux de foire… Non Merci !!!
De toutes façons il n’y a plus d’espace pour badigeonner et peindre nos murs de « Free qui que ce soit » … Alpha Thiam a occupé tout le béton de nos villes… Au moins lui n’insulte personne.
NIOU MOUGNE REK !
À chacun ses priorités. Certains de nos candidats sont forts. Ils ont l’art de construire de belles formules. Sexy ! D’autres ont aussi l’heur d’être suivi, non pas pour leur talent, mais pour l’argent.
À chacun ses priorités. Certains de nos candidats sont forts. Ils ont l’art de construire de belles formules. Sexy ! D’autres ont aussi l’heur d’être suivi, non pas pour leur talent, mais pour l’argent. En résumé : le leurre. Ils nous promettent monts et merveilles. Il ne manque que la lune. Et il y en a qui ont juré d’accélérer les fins du mois pour les salariés ! Maakhallah on remet les fiches à n’importe qui ! Incapables de faire rêver. Sinon que des cauchemars ! Nattou leu dé. Hana niou mougne rek ! La solution la plus recourue par les Sénégalais. Ah, waa, Yallah baaxna !
Par Kaccoor Bi
CI GÎT L’ÉTAT DE DROIT
Nous ne devons pas rester les bras croisés et assister à l’œuvre destructrice de personnes qui s’amusent avec les lois de la République. Si hier la République était couchée, l’Etat de droit se trouve complètement enseveli à présent
Allez, vous autres démocrates, régulateurs sociaux, gens de bonne volonté et vigies, vous tous qui aviez posé les fondements d’un Etat de droit, indignez-vous !
Vous n’avez pas le droit de vous taire ou de regarder ailleurs pendant que des gens s’amusent à mettre à terre ce que des hommes et femmes de qualité et aussi grande vertu ont construit inlassablement des décennies durant pour faire de ce pays une véritable Nation. Et un Etat de droit. Indignez-vous, messieurs les magistrats.
Vous n’avez pas le droit de garder le silence pendant que vos décisions sont bafouées, piétinées et que des gens de peu de relief viennent s’y essuyer les pieds pour pérenniser leur règne ou régler des comptes politiques.
Indignez-vous, votre silence serait signe de flagrante et outrageante complicité devant une forfaiture tout aussi flagrante. C’est votre profession, elle-même, qui est en sursis. Il faut s’indigner et nous devons tous nous indigner où que nous nous trouvions et qui que nous soyons.
Nous ne devons pas rester les bras croisés et assister à l’œuvre destructrice de personnes qui s’amusent avec les lois de la République ou qui les appliquent selon leurs intérêts égoïstes. Sur des décisions de justice, des citoyens sont privés de liberté, des vies sont déchirées, des familles détruites.
De même que nous acceptons malgré nous que ces décisions judiciaires implacables s’appliquent sur de pauvres citoyens sans défense, de même, l’Etat, et particulièrement son administration, doit appliquer les décisions de justice qui s’imposent à lui. Autrement, cela relèverait du banditisme. Le même qu’ils reprochent au brigand de grand chemin du nom de Boy Djinné. Au vu de cette défiance de l’administration vis-à-vis de la justice, force est de constater que l’on marche à reculons pour nous retrouver aux premières années de nos indépendances. C’est-à-dire à l’époque peu glorieuse du parti-Etat et de son administration servile.
Entre 2012 et maintenant, des fondements se sont affaissés jusqu’à faire sortir des amphis des professeurs et intellectuels qui ont viré au banditisme d’Etat. Si hier la République était couchée, l’Etat de droit se trouve complètement enseveli à présent !
Kaccoor Bi - Le Temoin
BARTH A SES RAISONS QUE LA PRESSE IGNORE
Barth’ est fort. Son maa lank n’est qu’une évidence que nous, journalistes, avions ignorée d’une belle ignorance. Comme Idy et son «enduré d’une belle endurance». Mais il est où d’ailleurs Seck, devenu mou, depuis un bout de temps ?
Barth’ est fort. Son maa lank n’est qu’une évidence que nous, journalistes, avions ignorée d’une belle ignorance. Comme Idy et son «enduré d’une belle endurance». Mais il est où d’ailleurs Seck, devenu mou, depuis un bout de temps ? Baadoolo day hors sujet rek. Revenons à Barth’ qui, lors de sa conférence de presse, dégaine «mairie» sous cape aussi. Presque un «kokeuli» à la presse. Nioun tamit… Bon, de toute façon, il est presque sûr d’entendre plus «Monsieur le maire» que «Honorable député». C’est que politique dafa graaw nak ! Et chacun à son tour. N’est-ce pas Dias ?
Par Mamadou Ndiaye
L’INDISCIPLINE
Un mal ronge l’Afrique : l’indiscipline. Tout le continent en souffre. A tous les échelons de vie, dans l’espace public ou privé, le déni d’ordre frappe par son ampleur. Par bien des aspects, il ressemble à une plante invasive.
Un mal ronge l’Afrique : l’indiscipline. Tout le continent en souffre. A tous les échelons de vie, dans l’espace public ou privé, le déni d’ordre frappe par son ampleur. Par bien des aspects, il ressemble à une plante invasive. Il envahit toutes les sphères d’activités.
Les actes de défiance se multiplient. Ils secrètent même des gestes de déviance au point d’apparaître comme relevant de la normalité. Il n’est plus temps de se payer de mots, la situation révulse parce qu’elle est grave. Énormissime.
Très tôt, l’indiscipline a pris corps dans nos sociétés africaines, sans limite dans sa vicieuse progression. Au lendemain des indépendances, les Etats naissants s’étaient dotés d’une compagnie panafricaine, AIR AFRIQUE, pour ne pas la nommer, dont le déploiement des ailes dans le ciel procurait une fierté non feinte à tous les Africains.
L’égoïsme, l’arrogance, la gabegie, l’irresponsabilité ont eu raison de cette belle promesse d’intégration et d’unité freinée dans son élan par des vanités qui n’avaient pas lieu d’être. La faillite résonne encore. Les conséquences se font toujours sentir par les drames engendrés chez des travailleurs laissés à eux-mêmes, sans défense, sans soutien dans une indifférence quasi générale.
D’autres grandes initiatives d’envergure ont connu des sorts semblables, donc peu enviables en RDC, ex-Zaïre, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Tchad, en Mauritanie, au Congo-Brazzaville, en Guinée Equatoriale, en Angola, au Mozambique, en Libye, au Mali, au Libéria, en Guinée, au Ghana, entre autres… En cause, la mauvaise gestion, l’accaparement, le clanisme et l’impunité dressée en une « immunité totale » dont se parent les proches aux allures de nouveaux riches.
Ce mal, avons-nous dit, est profond. Il irrigue les veines des sociétés africaines où se côtoient des vies parsemées de chocs, des douleurs sans âge, des drames anodins, des moqueries face à des courses aux honneurs, des besoins inassouvis de reconnaissance, une profusion de fausses valeurs, sans doute des contre-valeurs érigées imprudemment en valeurs par les adeptes de parcours en raccourci.
Dans ce grand embrouillamini « tout se règle » derrière les rideaux, tout « se monnaye sous les dorures ». De « petites mains » se saisissent de grands dossiers qu’ils transmettent en tremblant à des encagoulés qui filent à l’anglaise une fois les piteux marchés conclu.
Des « enrichis sans cause » n’hésitent pas à se donner en spectacle pour de puériles démonstrations d’aisance. Quelle est la pensée de derrière ? Impossible de décoder ni de déchiffrer ces pratiques d’un autre âge. Mais elles s’apparentent étrangement à ces « silhouettes sombres » qui jalonnent les ruelles non moins sombres des grandes villes africaines où se forment et grossissent des filières parallèles d’un commerce peu vertueux et irrévérencieux.
On le devine aisément, ces univers clos drainent d’énormes enjeux financiers qui aboutissent à des contrôles de périmètres si ce n’est à des guerres de territoires entre « gens de bonne compagnie ». Bonjour le narco-banditisme !
Comment dès lors s’étonner que l’Afrique soit devenue la plaque tournante de la cocaïne ? Des tonnages conséquents sont souvent saisis et exhibés comme des « trophées de guerre » alors que les vrais acteurs sont loin d’avoir livré leurs plans de riposte aux offensives des forces dépositaires de la violence légale.
A l’origine, le continent noir, n’était qu’un point de passage sur la route de la cocaïne entre l’Amérique latine, source originelle et l’Europe, destination finale. Mais à l’observation, et très certainement au contact de la réalité du continent, les stratégies maléfiques se sont adaptées.
Elles sont servies par l’indiscipline qui règne, perçue par eux comme un « ventre mou » où la drogue se propage, se banalise et inquiète davantage. Plus de monde va se déplacer vers ces zones sur lesquelles s’arrête le curseur.
La galère ponctue le quotidien de millions d’Africains qui voient leur salut dans l’errance puisque abandonnés à eux-mêmes. En famille ou par affinités, ils occupent la rue. La défiguration des villes donne l’image de « fin de monde » par bien des endroits pris d’assaut par des gens impudents et impudiques, souvent outranciers.
Des vies se reconstituent en plein air avec d’ahurissantes scènes de vie qui ne choquent plus personne. L’accoutumance. On en est qu’au début, préviennent des observateurs avertis qui craignent justement que l’indifférence ne creuse les écarts en accentuant les disparités.
Le Nigéria et le Ghana, malgré leur prospérité, sont le laboratoire vivant des ébullitions sociales. Les nantis se barricadent. Les exclus ne supportent plus l’isolement dont ils sont l’objet. Le mur invisible qui sépare les populations finira par s’effondrer pour mettre face à face les colères de rue et les îlots de tranquillité. Les digues risquent de sauter. Funeste futur, crispant, haletant !
Que faisons-nous pour conjurer cette fatalité ? Pas grand-chose en terme d’initiatives… Les élites de tous bords se taisent. Hélas. Et pourtant il urge de corriger ces fragilités qui plombent toute aspiration au progrès, au bien-être, à l’épanouissement.
En clair, une économie ne peut émerger au milieu d’un chaos avilissant et humiliant. La nécessité de recréer des dynamiques s’impose en élargissant les bases de la prospérité annoncée.
Un pays où règne l’indiscipline doute de lui-même. Pourquoi se recroqueviller quand la relance inclusive s’offre comme une panacée économique ? Pourquoi sommes-nous réfractaires à l’ordre et à la discipline ? Coûtent-ils plus cher que le désordre, la désobéissance voire la soumission ?
Un monde brutal cligne. Nos quotidiens difficiles nous empêchent de percevoir les lignes de clivage. S’achemine-t-on vers des sociétés à plusieurs vitesses ? Si cette voie est inéluctable, nos fragilités accoucheront d’odieux monstres d’instabilité et d’outrecuidance.
L‘appel à l’action dicte à tous de sentir le seuil du tolérable. Les pénuries d’offres contrastent avec les oasis d’abondance qui préfigurent une fracture sociale aux conséquences inédites.
Les réseaux arrivent chez nous et s’implantent en catimini. Pas besoin d’un dessin pour le comprendre ! Ils flairent les «bonnes et juteuses » opportunités dégradantes, avilissantes. La cohorte des malheurs jalonne leurs itinéraires, ne laissant sur place que précarité, désillusion et désarticulation.
Nous sommes prévenus. Surtout avec la perspective d’exploitation imminente des hydrocarbures. D’ailleurs, l’odeur du pétrole attire les filières de la drogue avec son corolaire la criminalité sexuelle qui se propage au gré de l’expression des besoins de joie, de jouissance et de réjouissances.
La réalité dépasse la fiction. Les paumés, les désœuvrés, les frustrés et les désavantagés constituent une « proie » facile à embrigader dans des aventures en guise de « lanceurs d’alerte » ou d’indicateurs sans visage.
Quel monde se profile ? Les dangers rôdent autour de nous. Le grand réveil sonne.
Par Hamidou ANNE
LES MINES IMAGINAIRES ET LES MINES MEURTRIERES
L’espace politique est sérieux, il est regrettable que certains de ses acteurs considèrent qu’ils sont au cirque Pinder.
Un plaisantin que j’ai du reste toujours trouvé un brin excité pour exercer des responsabilités publiques, se retrouve en détention pour des propos sur des mines imaginaires de diamant. Curieuse manie désormais que celle des hommes politiques qui, au lieu de labourer le terrain, d’aller à la rencontre de nos concitoyens et de produire des idées, enfourchent le cheval du déballage surtout que souvent le propos mensonger est enrobé dans une langue vulgaire. La presse encourage cette propension à salir d’honnêtes citoyens, à inventer des scandales d’Etat là où il n’en est rien. Les titres de ces journalistes en manque de talent, de vocabulaire et d’imagination sont grossiers. Désormais la phrase : «Les graves révélations» d’un tel est devenue culte pour ces délinquants de la grammaire, de l’orthographe, de l’éthique et de la déontologie.
Un homme politique ne peut avoir comme horizon indépassable la posture de lanceur d’alerte qui, à partir de vidéos, colporte mensonges, calomnies et diffamations. Triste sort que celui d’un pays où la relève politicienne rivalise d’ardeur dans la délation, le bavardage vain et la production sans gêne de ragots. L’espace politique est sérieux, il est regrettable que certains de ses acteurs considèrent qu’ils sont au cirque Pinder.
L’opinion une semaine durant, a été placée sous le diktat de la presse au sujet des mines imaginaires de diamant qui n’existent que dans le cerveau fécond d’un amuseur public.
Au même moment, des mines qui, elles, existent, provoquaient la tragédie au sein de nos Armées. Le 14 décembre, un véhicule d’une unité de soldats du bataillon des parachutistes a sauté sur une mine antichar dans le nord Bignona, provoquant quatre morts et des blessés. Les condoléances ont fusé au sein de la classe politique et dans certains milieux sociaux. Nos concitoyens pour l’essentiel ont réagi comme souvent, avec une forme de désintérêt regrettable et incompréhensible pour des patriotes tombés sur le champ d’honneur. J’ai toujours trouvé cette attitude distante vis-à-vis des soldats tombés au front, curieuse voire injuste et symptomatique de l’état général du pays, qui appelle le relèvement de la conscience civique chez nos concitoyens. Dans certains pays, les morts au sein des troupes sont célébrés et des honneurs nationaux leur sont rendus. Nos soldats servent la Nation au péril de leur vie dans des conditions difficiles. Avec l’instituteur, le soldat est au cœur du projet républicain car chez les deux la lutte est quotidienne pour garantir la pérennité de la Nation face aux différents dangers physiques et symboliques qui menacent notre pays.
Depuis quarante ans, le Mfdc a pris les armes pour amputer la partie sud de notre pays. Le mouvement a commis des crimes et pratique différents trafics pour maintenir une rente. Abdou Ndukur Kacc Ndao, anthropologue dont les travaux sur la Casamance font autorité, a commenté l’accident provoqué par une mine antichar qui a tué nos Jambaars. Selon lui, des factions du mouvement irrédentiste affaibli, pour maintenir l’économie criminelle de chanvre, de bois et de charbon de bois, afin de «vivre et se procurer des armes», a décidé de miner les routes autour des champs de chanvre. Je rappelle pour ceux et celles qui en doutent ou qui ont peur de mettre le curseur de la vérité, que les membres du Mfdc de 2023 sont seulement intéressés à protéger leurs champs de chanvre.
Ces morts de soldats sont un drame humain pour les familles, les compagnons d’armes et pour tout le pays qui voit ses fils parmi les plus valeureux, ceux qui symbolisent l’intransigeance à défendre la République qui devrait tous nous animer, disparaître dans des conditions aussi tragiques. Le Mfdc est une organisation criminelle et mafieuse, qui a provoqué des morts et des blessés. L’organisation a aussi été à l’origine du retard économique de cette belle région.
Par Amadou Lamine Sall
PLUS PRÉSENT QUE LES VIVANTS !
La mort ne nous a pas séparés de Senghor. Elle semble vaincue par le puissant souvenir qui garde Sédar hors de l’eau. Poète et homme d’État fondateur d’une nation au-delà d’une République. Rare en Afrique !
La mort ne nous a pas séparés de Senghor. Elle semble vaincue par le puissant souvenir qui garde Sédar hors de l’eau. Poète et homme d’État fondateur d’une nation au-delà d’une République. Rare en Afrique ! Poète consacré. Professeur consacré. Penseur consacré. Soldat meurtri. Prêtre rêvé et raté. Homme d’État qui a bâti plus l’histoire que l’histoire ne l’a bâti. Un homme accompli. Un chrétien croyant. Je n’ai jamais vu un homme prier autant que Sédar. Par ailleurs, il aimait nous dire ceci : « Je n’ai pas tout réussi. Il n’y a que Dieu pour tout réussir! »
Une grande humilité l’habitait. De la quête du savoir, il avait fait sa table, son lit et son viatique. Des Sénégalais l’ont aimé. Des Sénégalais l’ont détesté. L’homme d’État n’a pas fait l’unanimité. La vérité est que l’unanimité n’existe pas. La politique est une jungle classée, féroce, sans coeur et sans âme. Quand il arrive qu’un poète y entre, il y entre à reculons et en sort à reculons. Senghor n’a jamais cessé de dire combien le Seigneur et tous Ses saints l’avaient puni en le faisant entrer en politique. En portant son pays à l’indépendance, très vite, il a voulu se retirer pour aller écrire et penser. Il confesse combien le coup d’État de Mamadou Dia avait alors déjoué ses plans. Il fallait rester, dit-il, pour consolider l’État, le construire, le protéger. Il mit son autorité et son charisme au service de cette mission, vingt années durant. Il a trouvé ce temps interminable.
Il donna des gages à la culture, à la pensée, à la création artistique, ce qui éleva le Sénégal et le distingua par le monde, à ce jour. La particularité des artistes et des créateurs, c’est qu’ils sont des ambassadeurs qui n’ont pas besoin d’être accrédités par le politique ! Leur particularité à table avec les Grands de ce monde, c’est qu’ils se distinguent dans le menu, en commandant au chef cuisinier des fesses de serpent à la moutarde et quatre rats grillés. Sans sel !
Revenant à Senghor et à sa fermeté métallique pour ce qui relève du respect de l’État, je disais au Président Macky Sall qu’il était une douce colombe, comparé à Senghor, pour ce qui relevait de veiller à la sacralité, la grandeur et l’intouchabilité de l’État. Le béton armé laissé par Senghor ne doit jamais souffrir de la plus infime fissure. Un État ne s’effrite pas quand il s’agit de sa sécurité. Elle n’est pas négociable. Macky Sall est un solide et hermétique élève de Senghor en la matière ! Comme de Diouf !
Bien sûr, bien sûr, il y a la démocratie, il y a les libertés qu’il faut également sauvegarder. Mais la sécurité de l’État prime d’abord sur tout. Cependant, ceux qui se cachent derrière lui pour affaiblir la démocratie et les libertés n’ont pas raison. Ils sont nus. Mais jusqu’où la démocratie et la défense des libertés menacent-elles la souveraineté de l’État ? Qui doit arbitrer, décider ? Les lois, bien sûr ! Mais, n’arrive-t-il pas que des lois soient suspendues par des lois pour donner tous les pouvoirs à la raison d’État en cas de force majeure ? Difficile et complexe ! Mais ne serait-il pas utile, d’abord, de savoir et s’entendre sur le principe pour tous que la vraie liberté, c’est se donner soi-même des frontières ? La démocratie ne peut pas être une indisciplinée et folle école de liberté. C’est plutôt une école des frontières établie ensemble et partagée ensemble dans le respect des droits de chacun. La démocratie est une autoroute à péage régulée. Il faut s’arrêter aux barrières et attendre que son badge ouvre le passage, selon un code établi d’accord partie, d’accord consensus. Ceux qui rompent le consensus en choisissant de passer en force, ont tort et doivent répondre de leur tort et payer.
Revenons à Senghor !
Son étoile ne s’est pas éteinte comme son souffle. Cette étoile jamais ne s’éteindra. Le poète et l’homme d’État y ont veillé en nous laissant le seul héritage qui vaille : la puissance de la pensée ! L’argent et le paraître sont éphémères et ridicules. Les hommes politiques qui meurent sans tombe sont si innombrables ! L’oubli est leur cimetière et il n’existe pas pire cimetière que l’oubli !
Évitons des vies publiques mal servies, mal assumées, caillouteuses, boiteuses, indignes, gluantes, tortueuses, roublardes, sombres, basses, puantes. Servez d’abord votre pays et votre pays vous le rendra beaucoup plus et plus longtemps que l’argent mal acquis dans une éthique affaissée ! « Le temps politique n’est pas celui de la mémoire. » Et il est toujours trop tard quand l’on se rend compte que l’on ne devient plus rien et ne vaut plus rien, parce qu’en vérité, on n’a jamais été quelque chose !
Sous Senghor, entre pouvoir et opposition, on pouvait se détester dans une admiration réciproque. De part et d’autre, le niveau était haut et la noblesse non négociable. C’est fini depuis le départ d’Abdou Diouf ! Le « Sopi » a été dévastateur. Il portait son propre enfer. Il a, dit-on, tiré le Sénégal vers le bas du bas en démocratisant ce qui n’aurait jamais dû l’être. Le populisme a vaincu l’exigence du savoir, le goût du respect de soi, la norme d’accès à la fonction. « Un État n’est pas un hôtel de passe », tranche sèchement l’Ambassadeur de Tombouctou ! Par ailleurs, la faiblesse est humaine, mais elle ne peut pas et ne doit pas être présidentielle ! Macky Sall a remis de l’ordre, du rang, moins de rire, moins de ridicule, moins de honte ! Comme il peut !
Senghor était si démuni ! Je puis en témoigner devant Dieu ! Il avait du mal à faire face à ses impôts, ses factures. Il a refusé des dons de maisons offertes, arguant qu’il ne pourrait pas faire face aux impôts à s’acquitter. Abdou Diouf avait hérité de son mentor cette chasteté financière. C’est ce que j’ai gardé de profond et d’inoubliable de ces deux hommes d’État. De Wade, hormis l’insoutenable « bana-bana » politique, nous avons gardé la belle générosité du cœur. On nous dira que c’était avec l’argent des Sénégalais. Oui, mais ne donne pas qui peut mais le cœur qui veut. De Macky Sall qui nous quitte, nous gardons avec une profonde émotion, pour l’avoir approché, un homme désespérément habité par la justice sociale et qui sait qu’il quitte le pouvoir en ayant beaucoup accompli, mais toujours si peu, face aux enjeux économiques défavorables et aux attentes de son patient et courageux peuple. Cet homme n’est pas une statue. Non, il n’a pas une âme de pierre de rail. Il est touchant, il est prévenant. C’est un croyant. La vérité est qu’un Président qui gouverne n’est pas un ours qui danse ! L’autorité doit être son armure ! Chacun est libre de garder de lui l’image qui lui convient. Senghor, Diouf, Wade n’y ont pas échappé. L’exercice du pouvoir mène rarement dans des jardins de roses. Dans tous les cas, « il n’y a pas de vierges à la maternité ! »
Senghor ? Il vivait chétivement et sans coffre, dans une grande et infinie noblesse. Il était plus grand que la « politique » ! Il fut le vigilant horloger, l’esthète et l’homme du rêve fécondant. Abdou Diouf serviteur placide et chevronné de l’État. Abdoulaye Wade : le fou camionneur, l’homme de l’utopie démesurée. Macky Sall : l’art du froid et impérial praticien et de l’éveillé bâtisseur. Aux quatre mousquetaires, à chacun ses erreurs et ses triomphes ! Un Chef d’État, dit-on, devrait être comme une pomme de terre, c’est-à-dire accessible aux pauvres comme aux riches.
Un proverbe nous dit : « Nourrissez votre enfant jusqu’à ce que ses dents poussent et il vous nourrira quand vous aurez perdu vos dents. » Senghor nourrira le Sénégal, l’Afrique, la pensée mondiale, bien loin encore et très loin dans le temps, des siècles et des siècles à venir, quand les hommes n’auront même plus besoin de dents.
Si Senghor était une maison à louer, les prétendants se bousculeraient mais personne ne saurait verser la caution. S’il était à vendre, personne ne pourrait l’acheter, jusqu’aux banques de France et de Navarre, ainsi que tous les fonds des Émirats Arabes Unis. Ne le loue et ne l’achète que la lame aiguisée du savoir !
Senghor était si fin, si érudit, que le savoir était sa propre peau ! Son héritage intellectuel sera durable d’au moins cinquante mille ans ! Même les personnes peu instruites, l’attestent. Celui que l’on raillait comme étant un « toubab », a laissé la Négritude comme viatique aux Noirs de toutes les couleurs. Le Sénégal, dit-on, a si régressé en matière d’enseignement et de formation, que l’on pourrait emprunter à un ancien ministre de Senghor ces mots si justes qu’il avait tenus à l’endroit d’un maître d’école : « Il vaut mieux le payer à ne rien faire, plutôt que de le laisser dans une classe. »
Prions, priez pour lui et pour tous nos morts chéris et qui nous manquent tant ! Le Sénégal, ce pays aimé, toujours, triomphera de toutes les peurs ! C’est ainsi et ce sera toujours ainsi.
Par Biraam Dorcelus CISSE
L’ABSTENTIONNISME SENEGALAIS EN MATIERE ELECTORALE
Les comportements politiques reposent sur la socialisation politique et leur analyse renvoie à la question des formes de la participation politique des individus
Les comportements politiques reposent sur la socialisation politique et leur analyse renvoie à la question des formes de la participation politique des individus. La participation politique a pour but d’agir plus ou moins directement, sur la sélection du personnel politique et/ou sur les actions qu’il entreprend.
On distingue généralement la participation conventionnelle qui comprend la participation électorale (exercice du droit de vote) et la participation partisane (relations avec des partis ou des élus, participations aux campagnes électorales, adhésions partisanes, activités militantes) de la participation non conventionnelle qui regroupent des activités plus protestataires (par exemple : l’exercice des droits de pétition, de manifestation et de grève ; les occupations de locaux ; les pratiques de séquestration ; les actes de désobéissance civile).
La distinction entre ces deux formes de participation politique varie suivant les époques, les systèmes de valeurs et les régimes politiques existants.
Toutefois, il est en ce sens loisible de convoquer la problématique traditionnelle qui théorise la réticence délétère des Sénégalais à la plénitude d’une participation électorale.
Le fonctionnalisme sociologique est condensé dans une métaphore exprimant la froideur du regard porté par les Sénégalais sur leurs dirigeants et la négligence de leur capacité électorale : en réalité, il existe dans l’esprit sénégalais un désintéressement criard du vote. Voilà synthétisée l’idée du vote procédant d’une fonction sociale et républicaine.
La clarté qu’autorise une connaissance encyclopédique de la sociologie électorale est d’exprimer la pertinence de la part la plus ésotérique du complexe sénégalais du vote. Ce qui justifie l’urgence d’un changement de paradigme au sein même de la théorie, que je désignerais par l’expression de «vote autopoïétique». Ici surgit l’acmé sociologique de la théorie de l’abstentionnisme en matière électorale
Le vote est généralement considéré comme relevant de la participation politique conventionnelle, et non comme le degré zéro de la participation. En effet, il sous-tend une adhésion à la communauté nationale, c’est l’expression la plus éloquente de la dimension identitaire du vote.
La participation électorale se mesure par le pourcentage d’électeurs ayant voté lors d’un scrutin (taux de participation). Elle permet de mesurer d’une part, l’intérêt des citoyens à l’égard du scrutin et/ou du système politique et, d’autre part, le degré d’intégration sociale des individus.
En ce qui concerne l’intérêt des citoyens à l’égard du scrutin, un constat balafré nous tenaille : nous observons, à notre plus grand étonnement, que l’électeur sénégalais n’en a cure des élections législatives et municipales qu’il considère comme étant du «menu fretin», mais qu’il accorde une attention religieuse à l’élection présidentielle qui, selon lui, est le primat de toutes les élections.
Si l’on considère cet état de fait, l’élection présidentielle apparaît comme une réalité hypersensible, une sémantique particulière qui place la personne du Président au présidium de la démocratie. Cette élévation de la fonction présidentielle au pinacle de la République frise quelque peu à la déification de la personne du Président.
De ce qui précède, une analyse mathématique des chiffres issus de la Présidentielle de 2019 et des Législatives de 2022 nous aiderait à comprendre l’idylle entre l’électeur sénégalais et la Présidentielle.
Pour les Législatives de 2022, le nombre de suffrages valablement exprimés s’élève à 3 260 886. Seuls 3 279 110 électeurs sur les 7 036 466 inscrits ont choisi de voter, représentant ainsi un taux de participation de 46,64%. Parmi les inscrits, la majorité n’ont pas voté, soit 53,36%.
Pour la Présidentielle de 2019, nous avons noté 6 683 043 inscrits, seuls 4 428 680 ont décidé de voter, soit un taux de participation de 66,27 % et un taux d’abstention de 33,73 %.
A la lumière de cet exposé, une préoccupation s’impose : qu’est-ce qui justifie ce comportement de l’électeur sénégalais ? Pourquoi participe-t-il plus à l’élection présidentielle qu’aux autres scrutins ?
A notre sens, d’une part, la réponse réside dans la conception que l’électeur sénégalais a de la fonction présidentielle, et d’autre part, des pouvoirs «divins» qui sont dévolus au Président. Pour reprendre la vulgate biblique dans la parabole des talents : «A celui qui a beaucoup reçu, il lui sera beaucoup demandé.»
En effet, l’électeur voit le Président comme un monarque qui lie et délie, qui nomme et dénomme, qui condamne et gracie. Et puisque qu’il en est ainsi, il se doit d’être plus exigeant et plus participatif quant à son choix. Et de ce fait, une participation fervente et massive est notée à chaque Présidentielle, non du fait du scrutin, mais du fait de l’importance de la charge du futur élu. Sous ce rapport, il convient de préciser que l’électeur sénégalais, au cours des dernières années, s’est forgé une maturité électorale «spartiate» qui lui donne la capacité de faire une lecture politique poussée des candidats en lice avant de choisir. Il faut le dire, le temps des achats de conscience est révolu
La conception déifique inséminée dans la fonction présidentielle par l’électeur sénégalais justifie sa place de luxe dans le processus électoral lié au choix du Président.
Il ressort de cette analyse que, plus s’élèvent la pratique de la religion, le niveau de revenu et de diplôme, plus la participation à la Présidentielle est forte. Par ailleurs, l’appartenance géographique joue un rôle, dans la mesure où on note une participation plus élevée dans les localités rurales (du fait de la présence d’élus de proximité relativement connus, d’«un contrôle social» plus serré et d’un sentiment diffus que l’exercice du droit de vote est un devoir civique) que dans les localités urbaines (marquées par le développement d’un vote utilitaire, d’un «vote à la carte» liés aux caractéristiques politiques du scrutin).
Il est de loi d’airain que l’absence de participation électorale se traduit par deux types de comportement :
L’abstentionnisme et le défaut d’inscription sur les listes électorales
Le taux d’inscription sur les listes électorales est fonction de la plus ou moins grande intégration des individus à la collectivité nationale, confirmant la dimension identitaire du vote. Ainsi, ce taux augmente avec l’âge, avec le niveau de diplôme, avec l’existence d’une activité professionnelle et avec la pratique religieuse pour ne pas dire le radicalisme religieux (vote au commande)
L’Abstentionnisme
L’abstentionnisme se mesure à la proportion des individus inscrits sur les listes électorales mais qui ne participent pas au scrutin. Cette mesure est cependant problématique. Parmi les abstentionnistes, certains le sont involontairement (changement de domicile), d’autres sont recensés à tort (faux inscrits, erreurs d’inscription). A présent, procédons à une analyse politique de ce phénomène électoral.
I) L’analyse politique de l’abstentionnisme
Plus forte que - la fréquence des consultations est forte ;
- la notoriété des candidats est faible ;
- les programmes politiques sont peu différenciés ;
- le résultat de l’élection semble acquis ;
- les électeurs sont peu convaincus de l’importance du scrutin (enjeu institutionnel et politique), déterminée en partie par les efforts de mobilisation des candidats et par la place que lui accordent les médias. Cela explique en partie une participation différenciée suivant les scrutins (élection présidentielle, élections municipales, élections législatives).
On s’intéresse ici principalement aux causes proprement politiques de motivations des individus, parmi lesquelles, on peut relever :
- un sentiment d’‘hostilité à l’égard de l’élection ou plus généralement à l’égard du système politique ; - un sentiment d’indifférence qui, en réalité, oriente en grande partie les motivations des électeurs, bien plus que le sentiment d’hostilité.
Il reste qu’un tel sentiment ne marque pas significativement la population des abstentionnistes, dans la mesure où une grande partie de l’électorat ne montre que peu d’intérêt envers la politique.
II) L’analyse sociologique de l’abstentionnisme
Sur les tenants d’une approche sociologique de l’abstention, celle-ci s’explique moins par les sentiments d’hostilité ou d’indifférence des individus que par les sentiments d’incompétence ou du fait d’une faible intégration à la société. Ce type d’analyse insiste donc sur l’influence des diverses situations sociales (ex, appartenance socioprofessionnelle et géographique des individus comme facteur explicatif d’une faible abstention).
Pour A. Lancelot, dans son étude publiée en 1968, l’abstentionnisme recule selon le degré d’intégration à un groupe intermédiaire (importance du cadre de vie, lieu de résidence stratifié socialement ou non ; lieu de travail, homogénéité sociale) et selon le niveau de la participation sociale (pratique religieuse, adhésion à plusieurs associations, adhésion syndicale).
En définitive, l’abstention doit donc être considérée comme le produit d’une norme culturelle conditionnée par des facteurs sociaux, et non comme une attitude politique ou une attitude vis-à-vis de la politique.
Par Madiambal DIAGNE
A ABIDJAN, ALIOU CISSE ET SON GROUPE NE DEVRONT QUE GAGNER !
On ne peut pas aller remporter une si belle coupe au Cameroun et ne pas faire de même en Côte d’ivoire. La saine rivalité sportive ne nous laisse pas le choix : «Allez les Lions !»
La prochaine Coupe d’Afrique des nations (Can), qui se tiendra en terre ivoirienne à compter du 13 janvier 2024, sera très disputée et constituera un important challenge pour l’Equipe nationale de football du Sénégal. Il faut se le prendre pour dit, le Sénégal sera attendu et n’aura pas droit à l’erreur. Mais aussi, nous avons acquis, après un long et douloureux apprentissage truffé de déroutes, la culture de la victoire et nous ne saurions envisager de retomber dans nos amères frustrations de naguère. L’esprit de la «gagne» a soufflé dans la Tanière et tous les Lions du football, toutes catégories et toutes générations confondues, se font plaisir à ce jeu. Après une campagne camerounaise couronnée par un sacre, et de constantes performances dans tous les rendez-vous qui ont suivi pour nos Lions, on ne peut imaginer une Can où nous ne pourrions tenir les premiers rôles. Il y a un statut et une reconnaissance que le football sénégalais a pu acquérir au fil des années, qui demandent leur contrepartie de travail, d’efforts et de sacrifices, pour rester dans le cercle des grands, ou la Cour des grands, comme l’ont chanté Youssou Ndour et Axelle Red.
J’ai la conviction qu’en Côte d’Ivoire, l’objectif des Lions ne doit être ni plus ni moins que d’aller jusqu’au bout. Cela, au niveau sportif, le Sénégal a les atouts qu’il faut avec des joueurs performants dans les meilleurs championnats et toujours prêts au dépassement de fonctions et au surplus d’efforts dès qu’ils enfilent le maillot national.
Le sélectionneur Aliou Cissé a pu, depuis le lendemain de l’élimination en huitième de finale de la Coupe du monde 2022 au Qatar, tester différents dispositifs, faire appel à de nouveaux joueurs, proposer la carte du rajeunissement à certaines positions et surtout garder un groupe discipliné, solidaire et conscient de l’attachement qu’ont les 18 millions de Sénégalais pour eux. Ayant l’occasion de suivre certains des matchs de nos Lions un peu partout, je peux attester d’un état d’esprit bon enfant, d’une atmosphère professionnelle à tous les regroupements des Lions. Ils s’érigent en ambassadeurs de notre pays et assument leurs missions avec concentration. Il ne peut manquer certains ratés, mais nous pouvons dire que nous avons un groupe de jeunes prêts à toujours mouiller le maillot et qui se transcendent à l’appel de la Patrie.
Le temps du Sénégal est encore là
Au lendemain du sacre à la finale de la Can 2021, je disais dans une chronique intitulée «Je veux croire que le temps du Sénégal est arrivé», tout le bien que je ressentais d’un tel sacre. Au-delà de sa dimension sportive, c’était une concrétisation de plusieurs efforts sportifs, administratifs et d’une volonté politique dont le Président Macky Sall était le premier militant. Il n’a pas hésité, en douze années de magistère, à casser la tirelire de l’Etat pour accompagner les équipes du Sénégal dans les compétitions où elles sont engagées. Il faut dire que son prédécesseur, Abdoulaye Wade, avait indiqué la voie, en mettant des moyens importants à la disposition de l’Equipe nationale de football en 2002 à la Can au Mali et à la Coupe du monde de football en Corée et au Japon. Il disait avec satisfaction à la tête de liesses populaires pour fêter les hauts faits d’armes des joueurs : «J’ai misé sur les Lions et j’ai gagné.»
Nous le disions déjà dans une chronique en date du 27 décembre 2021, intitulée «Au Cameroun, seule la victoire sera belle pour le Sénégal», que l’Etat du Sénégal a, comme à l’accoutumée depuis quelques années, cassé sa tirelire pour l’Equipe nationale. Pourtant, notre pays est loin d’être la plus riche des nations participantes, mais le Sénégal a doté en moyens son Equipe nationale, mieux qu’aucun autre pays participant à cette compétition qui vient de s’achever à Yaoundé. Même le pays-hôte, le Cameroun, n’a pas dépensé pour ses Lions indomptables autant que le Sénégal pour ses Lions de la Teranga. Nous avions donc tous les atouts pour présenter l’équipe la plus complète ; l’exploit a été au rendez-vous, facilité par les conditions favorables. Cette victoire est aussi celle de la résilience. Nous avions été frustrés par la défaite de 2019, en finale, face à l’Algérie (0-1). Nous avions cru qu’on ne nous y prendrait plus à deux fois et le Sénégal se fixera un objectif qu’il est encore, après l’Egypte, le seul pays à avoir réalisé en Afrique, celui de disputer deux finales consécutives de Can. Tels étaient mes mots annonciateurs de notre premier sacre continental. Certains n’avaient voulu y croire !
Il n’y a aucune honte à vouloir que notre pays réédite des exploits qui nous vaudront fierté. Aux plans sportif et administratif, le dispositif qui nous a valu des succès sera encore là et a pu être éprouvé par le temps. Il suffira d’aller sur les mêmes bases avec plus d’abnégation et de détermination pour décrocher une deuxième étoile
S’il y a une invite à faire à l’Etat, à la Fédération sénégalaise de football et à tous les partenaires accompagnant l’Equipe nationale du Sénégal, c’est de faciliter le déplacement des supporters sénégalais en Côte d’Ivoire. La compétition se joue dans un pays relativement proche avec une offre conséquente de moyens de transport. Permettre au plus grand nombre de Sénégalais d’être aux côtés de leur équipe, en plus de la forte communauté sénégalaise bien établie en Côte d’Ivoire, peut donner un supplément d’âme à une bande de jeunes prêts à défendre leur pays et à le sublimer, chaque fois que l’occasion s’offre à eux. On peut bien envisager de mettre en branle des caravanes par voie terrestre pour rallier la Côte d’ivoire à des centaines ou des milliers de supporters. C’est le moment idéal de faire travailler Afrique Dèm Dikk, la succursale de Dakar Dèm Dikk dont la vocation est de conquérir le transport sous-régional de passagers. Au plan maritime, les navires Aline Sitoë Diatta, Aguene et Djabone, entre autres navires et paquebots, peuvent desservir des lignes pour déverser des contingents de supporters à Abidjan. La compagnie nationale Air Sénégal ne devra pas être en reste. Un pont aérien efficace et accessible peut bien être lancé. L’Equipe du Sénégal devra se sentir à domicile à Abidjan. Seule la victoire sera belle. On ne peut pas aller remporter une si belle coupe au Cameroun et ne pas faire de même en Côte d’ivoire. La saine rivalité sportive ne nous laisse pas le choix : «Allez les Lions !»
Oui, tout cela est bien joli, mais à quoi peuvent bien servir les efforts de l’Etat, combinés à ceux de nos champions, pour que nous ramenions encore une fois le trophée continental ? Flatter l’orgueil national n’est pas une raison suffisante. D’autant que nous avons vu, au milieu de l’euphorie nationale, des grincheux cracher sur le trophée, sous prétexte que les priorités étaient ailleurs : le chômage des jeunes en particulier…
Justement, là est toute la magie du football : il est l’ascenseur social qui permet à tout laissé-pour-compte de gravir les échelons de la Nation ; il est capable de créer des richesses et de réconcilier la jeunesse avec le travail, l’effort permanent et l’estime de soi. Dans notre contexte, c’est presque un luxe insolent. Gageons qu’une deuxième victoire à la Can inspirera nos autorités à davantage d’investissements au plan local pour faire du football, et plus généralement du sport, l’un des premiers créateurs d’emplois en direction des jeunes, de pourvoyeur de richesses et d’ambassadeurs du label Sénégal.
WEEK-END DE NGUEMB
Hé le monde là… les temps ont changé dé. On ne parlera peut-être plus d’investiture du candidat du Ps ou de l’Afp. On sera obligé de préciser «candidat socialiste du Ps» ou «candidat progressiste de l’Afp».
Hé le monde là… les temps ont changé dé. On ne parlera peut-être plus d’investiture du candidat du Ps ou de l’Afp. On sera obligé de préciser «candidat socialiste du Ps» ou «candidat progressiste de l’Afp». Amadou Ba a reçu, officiellement, le «nguemb» de la Maison du parti, avec ses «kharfa foufa» et même celui que Niasse lui a noué hier. Avec des prières pour l’Espoir de 1999 qui ne s’est malheureusement jamais concrétisé, ndey- saan ! Bougane aussi «ngembouna» avec beaucoup de «saafara». Pour ne pas rater le parrainage d’abord ! Lamb ji…