Assiste-t-on à un jeu de dupes entre l’Etat, d’une part, et Ousmane Sonko et ses partisans, d’autre part ? En tout cas, tout porte à le croire.
Rappelons qu’avec l’éclatement de l’affaire Sweet Beauté, Ousmane Sonko avait adopté la stratégie d’attaquer pour se défendre. Dans cette perspective, il avait appelé ses partisans à la résistance contre ce qu’il considérait être un complot qui avait pour objectif de le liquider politiquement. Par des slogans expressifs – Mortal Kombat, G… G …, Thiôki fin, etc. – il parvint à galvaniser les foules et à créer un rapport de forces qui lui resta favorable pendant près de deux ans. Cependant, ces mots d’ordre ne furent pas sans conséquences. En mars 2021 et en juin 2023, Dakar connut de véritables scènes de guérillas urbaines émaillées de banditisme, avec leur cortège de morts, de blessés et de dégâts matériels incalculables. Cette période fut marquée par des épisodes à la fois choquants et effroyables : l’Université Cheikh Anta Diop saccagée avec une rare violence ; la fabrication de cocktails Molotov à grande échelle par ce qui ressemblait à des gangs ; des attentats contre des domiciles ; les agissements destructeurs de nervis armés de gourdins, de pistolets et de kalachnikovs, au vu et au su de tous ; le comble de l’horreur fut atteint avec l’attaque au cocktail Molotov d’un bus à Yarakh par des personnes encagoulées, ayant entraîné la mort de deux sœurs innocentes, brûlées vives. La liste n’est pas exhaustive.
Loin de moi de penser que tous ceux qui s’étaient rendus coupables des crimes commis étaient des militants ou sympathisants du Pastef. En revanche, ce serait de la pure démagogie que de soutenir que les mots d’ordre lancés par Sonko n’avaient rien à voir avec ces graves événements. D’autant plus qu’il avait persisté dans l’escalade verbale jusqu’à son interpellation et mise en résidence surveillée officieuse, avant d’être incarcéré. L’on n’a pas besoin d’être un devin pour comprendre que l’Etat s’était senti humilié et fragilisé par une situation qui l’avait pris de cours. Dès lors, il s’est assigné une tâche : mobiliser tous les moyens à sa disposition pour mettre Ousmane Sonko et le Pastef hors d’état … d’agir. Dans cette entreprise, tous les indicateurs montrent que le régime s’est placé dans une logique de Raison d’Etat. La dissolution du Pastef, la mise sous mandat dépôt de centaines de ses militants, les verdicts polémiques qui sanctionnent les recours qu’introduisent ses avocats, les circonstances discutables dans lesquelles les membres de la CENA ont été remplacés suite à un arbitrage favorable au leader du Pastef, le refus de la DGE d’appliquer la décision de justice rendue par le juge du TGI de Ziguinchor, etc., sont autant d’exemples qui laissent penser que l’Etat s’est installé dans une dynamique d’exception, sans l’assumer ouvertement.
Cette subtilité n’échappe guère aux conseils de Sonko et du Pastef qui, cependant, en professionnels avertis, ont pris le parti d’ignorer cette option de la puissance publique et d’exploiter tous les mécanismes que leur offre l’Etat de Droit. C’est là une stratégie qui a une certaine pertinence, notamment comme moyen de communication et de dénonciation. En revanche, elle peut coûter politiquement très cher au Pastef si celui-ci nourrit l’illusion de remporter la bataille juridique face un Etat déterminé à lui barrer la route à tout prix. Autrement dit, la participation de Sonko à la présidentielle de février 2024 relèverait du miracle. Pour cette raison, le courant incarné par le Pastef a tout intérêt à trouver des solutions alternatives, à un moment où le compte à rebours a commencé. Le plus inacceptable dans ce contexte, c’est la tendance du régime à élargir l’intimidation et la déstabilisation à une bonne frange de l’opposition. Comment expliquer autrement que par l’abus de pouvoir les blocages des campagnes de l’opposition en quête de parrainages par l’administration territoriale, au moment où on assiste à de véritables meetings politiques du Premier Ministre candidat de BBY sous couvert de tournée économique ?
La paix est un bien extrêmement précieux mais également très fragile avec lequel il faut se garder de jouer, sous peine d’engendrer le mal qui n’épargne rien ni personne. La leçon de l’histoire : cette expérience que nous vivons rappelle que le système démocratique, tel qu’inspiré par l’Occident, est basé essentiellement sur le rapport de forces. Ici comme ailleurs, à quelques nuances près, c’est la raison du plus fort qui prévaut, au grand dam de la majorité des citoyens qui ne demandent qu’à vivre dans la quiétude.
Par Moumar Guèye
QUI ARRETERA CES IGNORANTS VIOLENTS ET BARBARES QUI S’ATTAQUENT AUX MORTS ?
À quel titre alors, peut-on se permettre de pousser l’extrémisme et l’intolérance au point de défoncer la porte d’une morgue logée dans une mosquée, d’en tirer une dépouille mortelle, pour la lapider et la traîner dans la rue ?
En 2009 déjà, j’avais publié une contribution quand j’avais appris par la presse une aveugle expédition punitive qui avait conduit une meute de jeunes gens surexcités, ignorants, intolérants et violents, à s’attaquer à la morgue d’une mosquée de Dakar, pour s’opposer avec une barbarie inqualifiable, aux funérailles d’un défunt présumé homosexuel.
Malgré ma profonde consternation en ce temps-là, je ne pouvais pas imaginer que des sénégalais allaient un jour incinérer le cadavre d’un autre sénégalais quelque pourrait être la faute dont serait accusé ce sénégalais avant sa mort !
Encore une fois, nous sommes dans un pays où l’on est souvent prompt à tirer des conclusions hâtives ou malveillantes ou à faire de l’amalgame, dès qu’un citoyen libre se met à défendre une cause juste ou un principe de droit humain. C’est la raison pour laquelle, je tiens à préciser que suis foncièrement contre tout acte humain contre nature et tout comportement antireligieux ou immoral, qu’il soit un acte homosexuel, pédophile, zoophile, incestueux ou autre. Comme la majorité de mes compatriotes, je m’identifie à ceux qui, avec intelligence, mesure et sérénité, s’opposent aux comportements et actes contre nature. En effet, ma mère m’a souvent ressassé cette maxime : « As-tu observé la chèvre, mon fils ? Elle a toujours la queue en l’air et les fesses exposées, mais tu ne verras jamais un mouton monter une chèvre, même si celle-ci marche à la tête du troupeau ». Par ce paradigme, elle voulait me rappeler que même les bêtes répugnent à s’adonner à des comportements contre nature.
Ainsi, la présente contribution n’a pas pour but de juger un présumé coupable, d’absoudre un accusé ou de protéger des dépravés. Mon seul et unique objectif est de défendre l’ultime droit d’un humain, celui d’être inhumé dans le respect, la discrétion et la décence, comme cela devraitse faire pour tous les êtres humains morts.
Nous nous souvenons encore, il y a quelques années, de cet autre présumé homosexuel dont le corps a été rejeté d’un cimetière de l’intérieur du pays. Il a été successivement enterré à la sauvette dans un champ en jachère puis exhumé et enterré de nouveau dans un endroit tenu secret, par crainte d’une vindicte populaire. Un groupe d’extrémistes religieux d’une intransigeance inqualifiable s’était mobilisé devant les cimetières, pour refuser que le corps de cet « homme femme », homosexuel ou góor jigéen, selon eux, soit enterré, bien que le défunt se soit toujours réclamé de l’Islam. Je suis resté interloqué, moi qui croyais avec juste raison, que seul Allah (SWT) le Clément, le Miséricordieux avait le pouvoir et le privilège de juger les morts, quelle que soit par ailleurs, la gravité des péchés qu’ils aient pu commettre sur terre.
Comme tout bon musulman Saint-Louisien, j’ai étudié le Coran Al hamdu lillah ! J’en ai tiré l’enseignement que même si l’Islam condamne sans ambages l’homosexualité, je n’ai vu nulle part dans le Livre sacré, une disposition par laquelle cette religion de Paix et de Fraternité qu’est l’Islam, incite ses adeptes à s’opposer avec haine, violence et barbarie, à l’inhumation d’un mort, fut-il un homosexuel avéré !
Que ceux qui s’en prennent avec tant de brutalité aux homosexuels comprennent qu’ils peuvent eux-mêmes, un jour et contre leur gré, mettre au monde un enfant victime de cette déviance psychique, physique ou biologique. Qu’ils comprennent qu’il existe parmi nous, des homosexuels masqués et insoupçonnés dans toutes les couches de la société sénégalaise. La plupart d’entre eux, reçoivent à leur mort, les prières les plus ferventes et les hommages posthumes les plus chaleureux dans les plus respectables mosquées ou églises du pays! Ils bénéficient par la suite d’un enterrement de première classe dans les cimetières les plus sacrés du pays. En réalité, seuls les travestis et les efféminés sont facilement visibles et identifiables dans la rue. Ce sont eux, malheureusement, qui subissent la vindicte populaire et la haine des ignorants. D’autres comme eux, sont physiquement au-dessus de tout soupçon, parce qu’ils ont des gabarits de lutteurs ou des airs de dévots, tout en étant de vrais homosexuels au-dessus de tout soupçon !
À quel titre alors, peut-on se permettre de pousser l’extrémisme et l’intolérance au point de défoncer la porte d’une morgue logée dans une mosquée, d’en tirer une dépouille mortelle, pour la lapider et la traîner dans la rue ?
Au nom de quelle loi religieuse ou laïc cette foule déchainée de Kaolack a-t-elle incinéré le corps sans vie de Cheikh Fall au lieu de le laisser au jugement de son créateur ? Le droit à l’inhumation pour un mort n’est-il pas un droit humain fondamental imprescriptible et inamovible pour tous ? Allah (SWT) n’a-t-il pas dit qu’Il pouvait pardonner tous les péchés, à l’exception de celui qui consiste à lui trouver un alter ego ? Pourquoi alors des hommes fanatiques et ignorants des textes sacrés, des hommes peut-être hypocritement pécheurs, fautifs, fauteurs et transgresseurs, peuvent-il s’arroger le droit d’interdire l’inhumation d’un mort dans un cimetière musulman ? Allah (SWT) n’est-il pas le Juge ? N’est-il pas le Seul Juge ? N’est-il pas le Meilleur des juges ? À ces multiples titres, a-t-Il besoin de « justicier » ou de « vengeur » sur terre, surtout quand ces justiciers sont ignorants et barbares ! Ils oublient qu’Allah (SWT) est le plus Clément et le plus Miséricordieux !
Tout croyant sincère se doit de défendre avec vigueur ce principe fondamental et ce droit inaliénable, car après tout, un mort est la « propriété » exclusive d’Allah (SWT). C’est la raison pour laquelle, les vivants doivent en prendre soin et le restituer à son Propriétaire et avec tous les égards. En d’autres termes wolof : « dañu ka wara jébbal Boroomam ». Le respect au mort est une obligation divine dans toutes les religions révélées. Nul ne doit l’ignorer ou l’enfreindre impunément ! Cela est d’autant plus vrai que nous ne devons jamais oublier que nous sommes tous des morts en sursis ! En effet, la vie est un village d’où personne ne sortira vivant ! Notre tour viendra tôt ou tard, inéluctablement. Aucun mortel n’a été investi du droit ou du pouvoir de juger un mort en dehors de Dieu, l’Unique Créateur. Pour le respect de ce pouvoir exclusivement réservé à Dieu, les dignitaires religieux de notre pays ont le devoir urgent de parler haut et fort et d’arrêter sans tarder, cette bande d’ignorants surexcités, violents et irrespectueux des morts et des lieux de culte.
Honorables dignitaires religieux de toutes les confessions, s’il vous plait, au nom de Dieu qui vous a élus, arrêtez ces ignorants avant que le pays de la teraanga ne devienne un pays de haine, de violence et d’intolérance barbare!
Enfin, n’oublions pas que la Constitution de notre pays fait obligation aux détenteurs du pouvoir républicain, de protéger les citoyens, tous les citoyens, mêmes les citoyens morts et cela sans aucune sorte de discrimination !
IL FAUT SAUVER LE SOLDAT AYIB !
En attendant de voir les fiches de parrainage entre ses mains, Ayib Daffé doit avoir sûrement besoin de vitamines C. Du sempiternel va-et-vient entre son domicile, la Dge et maintenant la Cena, l’homme risque d’attraper la grippe.
En attendant de voir les fiches de parrainage entre ses mains, Ayib Daffé doit avoir sûrement besoin de vitamines C. Du sempiternel va-et-vient entre son domicile, la Dge et maintenant la Cena, l’homme risque d’attraper la grippe. Seulement, à voir son gabarit de lutteur, d’aucuns diront qu’il peut se passer d’un tel dopage. Mais rien n’est sûr ! Vaut mieux prévenir que guérir, dit-on. Surtout qu’en tant que mandataire du plus célèbre détenu au Sénégal, lui-même est devenu une curiosité. Une méga star dont les faits et gestes sont auscultés jusqu’au moindre détail.
Par Abdoulaye Thiam
POURQUOI AMADOU BA ?
Un débat se pose à nous. Des voix discordantes se sont prononcées contre Amadou Ba. Venant de l’opposition, c’est tout à fait normal car, désormais, Amadou Ba est l’homme à défaire lors des prochaines joutes électorales
Un débat se pose à nous. Des voix discordantes se sont prononcées contre Amadou BA. Venant de l’opposition, c’est tout à fait normal car, désormais, Amadou BA est l’homme à défaire lors des prochaines joutes électorales. Mais du côté de BBY, c’est très peu compréhensible ! devrait-il endosser en plus l’adversité de certains de ses camarades au sein de la mouvance ? Le seul argument qu’ils opposent est qu’il pense être meilleur que lui. Mais est-ce tout à fait le cas ?
S’il nous était donné d’apprécier les raisons qui ont présidé au choix du Premier Ministre Amadou BA comme candidat à la succession de l’actuel Président de la République, nous pouvons sans risque de nous tromper soutenir que l’homme de la banlieue dakaroise est d’abord, et avant tout, soucieux du respect des institutions de la République, c’est un républicain dans l’âme avec une parfaite maitrise de tous les arcanes de l’administration. C’est en cela, entre-autres, qu’il se démarque. En effet, il est un pur produit de l’administration sénégalaise : animé donc par la discrétion, le devoir de réserve, la posture d’homme d’Etat, la loyauté, la sincérité, l’honnêteté, la transparence dans la gestion des affaires publiques et le service aux populations. Il est connu pour sa compétence et sa personnalité. C’est quelqu’un de très intègre et imbu de plusieurs valeurs.
Bien que membre de la mouvance présidentielle depuis 2012, nul n’a jusqu’ici entendu Amadou BA se prononcer publiquement sur les affaires politiques qui ont secoué le Sénégal tout entier ces dernières années. C’est dire combien l’homme fait la part entre ses fonctions d’homme d’Etat et son appartenance à une famille politique. Amadou BA est ainsi un homme d’Etat constamment à la recherche du consensus dans ces processus de prise de décision. On le voit bien car, malgré un climat politique extrêmement polarisé, le candidat de BBY, en tant que Premier Ministre, a cherché à rassembler un large éventail d’opinions, de groupes et de partis politiques pour gouverner de manière collaborative.
Peu prolixe, il est avant tout un homme qui aime s’accompagner de personnalités compétentes. Alors Ministre de l’Economie et des Finances, il s’est entouré des meilleures compétences de l’administration sénégalaise pour lancer la première phase du PSE. Son leadership a été salué lors des réformes majeures du Code Général des Impôts. Un code consensuel qui a nécessité beaucoup de négociations avec le secteur privé et les centrales syndicales. Ces dernières réformes ont abouti à l’augmentation progressive du budget national du Sénégal tout en attirant l’Investissement Direct Etranger (IDE). Avec un leadership soutenu, l’ancien Directeur Général des Impôts et Domaines a participé à donner vie au PSE et à impulser la transformation structurelle de l’économie sénégalaise.
Au-delà de ses qualités d’administrateur rompu à la tâche, les observateurs de la scène politique sénégalaise s’accordent tous à lui reconnaitre une capacité d’écoute très peu commune. En effet, Amadou BA est attentif aux préoccupations et aux opinions de toutes les parties prenantes du pays, qu’elles soient politiques, sociales, économiques ou culturelles. Il accorde une grande importance à l’écoute active.
Nous pouvons tout aussi nous rendre compte que le choix porté sur Amadou BA consacre sa capacité d’inclusion. Dans toute sa démarche de gestion, l’homme tente autant que faire se peut d’inclure un large éventail de voix et de perspectives dans le processus de prise de décisions. Il consulte beaucoup afin d’amener le maximum d’acteurs (politiques, société civile, etc.) à s’accorder autour de l’essentiel pour une plus grande efficacité.
Le respect qu’il accorde aux opinions des autres n’est pas en reste. Malgré les critiques de l’opposition et de la société civile, le Premier Ministre Amadou Ba accorde une grande importance au respect de la liberté d’expression et de l’État de droit. Il s’évertue à créer un environnement propice au dialogue et à la diversité d’opinions. Il agit ainsi de manière transparente. Est-il d’ailleurs besoin de rappeler qu’il a lui-même soutenu particulièrement la promotion du code de transparence de l’administration sénégalaise ; lequel a balisé la voie aux investisseurs et rassurer les partenaires techniques et financiers quant à la transparence dans la dépense des derniers publics (loi n° 2012-22 du 27 décembre 2012 portant Code de Transparence dans la Gestion des Finances publiques). A tout cela, vient s’ajouter son riche portefeuille international.
Ses différentes expériences en tant que Ministre des Finances et Ministre des Affaires Etrangères lui ont permis de faire de la coopération et de la diplomatie internationale les piliers de l’essor économique du Sénégal. Il est respecté par les institutions financières internationales pour son pragmatisme, sa capacité à gérer les crises, son leadership inclusif, son souci permanent de la stabilité politique, sa vision à long terme. Ce parcours dans l’attelage gouvernemental fait de lui un homme de réseaux avec un carnet d’adresses bien fourni, un élément pour tout leader qui aspire à diriger un pays. Il a ses entrées au niveau de l’aéropage de la finance internationale, un positionnement avantageux, eu égard au fait qu’il peut capter des financements internationaux au profit du développement de notre économie.
Au-delà de ces caractéristiques, Amadou Bâ est « zoon politcon » au sens aristotélicien du terme. C’est-à-dire c’est un être profondément social dont les qualités humaines sont reconnues de tous ceux qui l’ont approché, en premier ces parents et sa famille élargie. Il ne rechigne jamais à être présent aux évènements heureux comme malheureux dans sa famille.
Pour toutes ces raisons, on voit donc ici que le Premier Ministre Amadou BA est bel et bien le candidat de la « Transformation Structurelle de l’Economie et de l’Industrialisation ».
La population sénégalaise fait face à des difficultés quotidiennes et cherche un candidat de l’unité nationale capable d’apporter des solutions durables à leurs problèmes comme il l’a laissé entendre lors d’un entretien « Quand on est chef du gouvernement, on est au service de l’État, de la République et des citoyens. Mon engagement et mon éthique personnelle m’imposent de conduire fermement les affaires de l’État, jusqu’au dernier jour, avec loyauté, quel que soit le contexte politique ou l’actualité du moment ». Le Sénégal a besoin d’un homme aux qualités d’humilité, d’écoute pour diriger, pour rassembler. Alors, à la vue de ce qui précède, qui mieux qu’Amadou BA ?
par l'éditorialiste de seneplus, alymana Bathily
UN CADAVRE DÉTERRÉ, TRAÎNÉ PUIS BRÛLÉ
EXCLUSIF SENEPLUS - Ce pays est en proie depuis longtemps à une crise multiforme qui a fini de saper les fondements moraux, psychologiques et religieux de notre société, exploitée par des « entrepreneurs » politiques et religieux
Alymana Bathily de SenePlus |
Publication 06/11/2023
Une vidéo sans doute filmée par un participant de cette ignominieuse manifestation montre une foule considérable d’hommes jubilant autour du braisier dans lequel git le cadavre.
C’est que notre pays est en proie depuis longtemps à une crise multiforme qui a fini de saper les fondements moraux, psychologiques et religieux de notre société et qui est exploitée par des « entrepreneurs » politiques et religieux.
Le traitement monstrueux du cadavre de cet homme, l’autre jour à Kaolack, qui suscite horreur et sidération, ne serait-il pas en fait la phase paroxystique d’un délire sadique collectif qui semble maintenant devenu endémique dans ce pays-ci ?
Il indique en tout cas que nous perdons pied avec notre humanité : le respect de la dépouille de l’être humain ainsi que l’atteste l’institution du cimetière étant partagé par toutes les sociétés humaines.
Comment en est-on arrivé là ?
Nous en sommes arrivés là par la constitution de l’homosexuel en bouc émissaire, porteur, comme il se doit de tous les péchés d’Israël (d’Afrique) qui permet d’occulter la faillite de nos Etats, les carences de nos guides religieux, les scélératesses de nos politiciens de tous bords et nos lâchetés individuelles.
La manipulation de ce bouc émissaire occulte les véritables enjeux de la société, disrupte l’arène politique et facilite la promotion de toutes sortes d’offres démagogiques.
On peut dater l’avènement du phénomène : c’est dans les années 1990 sous le régime du président Abdou Diouf, au cours des années de braise, post-ajustement structurel et de montée du Sopi, quand un jeune ambitieux, introduit à Tivaouane a lancé un appel à dénoncer les « francs-maçons et les homosexuels ».
On sait comment il a prospéré depuis, de la gouvernance Wade, à la campagne électorale de 2012, au référendum de 2016 jusqu’aux dernières élections municipales et législatives.
Des leaders de partis politiques, du pouvoir comme de l’opposition en ont fait leur fonds de commerce.
Poser des balises !
L’homosexualité est un comportement social déviant qui peut choquer des gens dans leurs conceptions de la norme comportementale, dans leurs croyances religieuses et dans leur morale.
Il est donc normal que des individus et des groupes politiques et de la société civile le fustigent.
Il est tout aussi normal que des citoyens au nom de leurs religions ou de leurs idées politiques enjoignent à l’Etat de refuser d’appliquer les diktats de l’Occident sur la question pour faire la promotion dans ce pays de ce nouveau mode de vie labélisé « LGBT » par l’Occident, sous le couvert des « droits de l’homme »
Ce qui est anormal par contre, c’est qu’on dénie à l’homosexuel ses droits fondamentaux et son humanité. C’est le déni d’humanité qui a permis toutes les horreurs à travers le monde, de l’esclavage des Africains au pogroms des Juifs au génocide des « Indiens », au lynchage des Noirs aux Etats Unis, de la Shoah à l’instauration de régimes d’apartheid en Afrique du Sud et en Palestine.
L’homme dont le cadavre a été si abominablement profané avait un nom. Il avait une mère et un père. Des frères, des sœurs, des cousins et des amis d’enfance surement.
Comment ces gens vont-ils faire leur deuil ? Comment vont-ils vivre désormais avec nous ?
C’est que pour vivre ensemble, pour faire pays comme dirait l’autre, nous devons poser des balises morales visibles et qui s’imposent catégoriquement à chacun d’entre nous, à tout instant. Elles doivent d’abord indiquer à chacun la sacralité de la vie humaine.
C’est heureusement le sens du communiqué de l’autorité religieuse de Kaolack, le Khalife général de Léona Niassène : « en ma qualité de chef religieux je tiens à exprimer notre profonde indignation et notre condamnation catégorique de l’acte répréhensible qui a été commis à l’encontre d’un individu, dont nous n’avons aucune responsabilité sur sa vie privée. Cet acte ne peut en aucun cas être justifié ni toléré… »
Le Procureur de la République a pour sa part « demandé l’ouverture d’une enquête afin d’identifier les auteurs et d’engager contre eux les poursuites pénales prévues par la loi. »
Sommes-nous assurés désormais que ce qui s’est passé dans la nuit du 28 au 29 octobre 2023, à Kaolack ne se reproduira pas ? Cela dépendra des partis politiques et de la société civile dans leur ensemble.
Note de l'auteur : Le concept de "déviance" utilisé ici est pris dans son sens sociologique classique pour indiquer un comportement qui s'écarte de la norme sociale existante. Ce n'est donc pas un jugement de valeur.
par Oumou Wane
NON, NON ET NON
EXVLUSIF SENEPLUS - Comment nos côtes peuvent-elles être si perméables que ces embarcations, apparemment sans fin, continuent de charger, transporter et vider notre nation de sa jeunesse ?
Face à l'ampleur accablante des réalités les plus cruelles, de nombreux éditorialistes ont momentanément délaissé leur plume. Non pas par manque de choses à dire, mais parce qu'il y a tant à dire que cela dépasse l'entendement.
Nous sommes submergés par une déferlante de faits si terribles qu'il nous est impossible de faire un tri dans la misère qui se déroule sous nos yeux, chaque événement étant plus tragique que le précédent.
La véritable horreur réside dans la nécessité de choisir, telle une priorisation de patients dans une salle d'attente d'un hôpital : qu'est-ce qui peut attendre, qu'est-ce qui est urgent, et ce qui signifie qu'une vie est en jeu ?
Ce n'est pas le moment de critiquer ceux qui nous alertent sur ces tragédies, mais plutôt le moment de reprendre la plume, non pas pour chercher des éloges, mais pour que l'histoire se souvienne de notre témoignage. Nous ne sommes pas là pour obtenir des médailles, mais pour déclarer haut et fort que nous avons été les témoins de ces tragédies humaines en 2023.
Ces maux sociaux constituent déjà une encyclopédie en soi, chaque page suffisant à inspirer un drame épique et à donner le vertige. Ouvrons un de ces chapitres sur la souffrance infinie !
Commençons par l'immigration clandestine.
Des embarcations surpeuplées bravent les mers impitoyables à la recherche d'une vie meilleure, un pari désespéré contre les vagues pour atteindre les terres promises. C'est un exode massif de notre jeunesse, de femmes, d'enfants, et même de nourrissons, tous entassés comme du bétail, affamés et désespérés, les yeux vides de tout espoir. Ces âmes perdues hantent nos côtes, elles interrogent non seulement sur les raisons pour lesquelles les pays d'accueil se montrent indifférents, mais aussi sur la manière dont les pays d'origine peuvent permettre cette fuite massive de leurs jeunes. Nos pays, pourtant si riches en ressources, semblent s'évaporer dans l'océan, engloutissant nos espoirs et nos rêves.
Oui, comment nos côtes peuvent-elles être si perméables que ces embarcations, apparemment sans fin, continuent de charger, transporter et vider notre nation de sa jeunesse ?
Bien sûr, si toutes ces embarcations atteignaient leurs destinations prévues, nous pourrions nous en réjouir, mais en cas de tragédie en mer, une terre de nulle part, ou plutôt, une mer de nulle terre, pourrait réclamer de nombreuses vies ; des vies qui rêvaient d'un avenir meilleur périront, sans même un mémorial pour marquer leur passage.
Ne pas aborder cette question n'est pas de l'indifférence de la part de l'État. Non, c'est plus complexe. L'État, ou plus précisément, le Chef de l'État, doit s'attaquer à cette question. L'État, parfois, semble dépassé, trop absorbé par la résolution de questions politiques secondaires. Mais l'État ne doit pas simplement se réfugier dans des sujets secondaires, car des vies sont en jeu. Macky, où es-tu ? Abandonnes-tu tes responsabilités ? Comme le disait feu Hamidou Dia, il n’y a point de destins forclos, il n’y a que des responsabilités désertées !
Revenons à la vie, unissons-nous pour empêcher la mort de nos concitoyens dans l'indifférence générale.
Par Madiambal DIAGNE
QU’IL EST SI TRISTE DE LES VOIR PARTIR AINSI AU … NICARAGUA !
Le hall de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass est noir de monde, ce soir du samedi 4 novembre 2023.
Le hall de l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass est noir de monde, ce soir du samedi 4 novembre 2023. Des centaines de jeunes gens, tous âgés entre 20 et 35 ans, sont dans de longues files d’attente, pour les formalités d’enregistrement dans le vol AT 500 de la Royal Air Maroc en partance, dans quelques heures, pour Casablanca. Le spectacle laisserait croire à ces foules observées à l’occasion de départs de grands groupes de supporters de l’Equipe nationale de football, pour aller assister à une compétition internationale. Mais la différence est que le silence qui gagne ces lieux, pourtant bondés de monde, est surprenant, étonnant, inquiétant même. Pas un murmure, tout le monde attend tranquillement son tour, comme pris en quelque sorte par une anxiété, une angoisse ! C’est vraiment inhabituel de voir cet ordre, cette discipline chez des Sénégalais, de surcroît à l’aéroport de Dakar. Je chuchote la question à une dame au comptoir : «Qu’est-ce qui se passe ?» Elle me répond : «Ils vont au Nicaragua.» Je me retourne, interloqué, pour mesurer l’immensité de la foule. Mon interlocutrice ajoute : «C’est comme cela depuis longtemps et tous les soirs, sur tous les vols qui vont au Maroc ou en Espagne.» Je suis interpellé par un adjudant de police, au moment où je me dirige vers le poste pour les formalités de police pour le départ. Une discussion s’engage sur ce phénomène et il m’avoue à son tour : «On ne peut compter le nombre des départs. Le pays se vide de ses jeunes.» Au niveau du filtre des bagages en cabine, les agents sortent des talismans et des bouteilles remplies d’eau bénite, des affaires de nombreux voyageurs. La consigne de ne pas emporter dans ses bagages des liquides est martelée, à tuetête, mais rien à faire. Un jeune homme tient, comme à sa vie, à une petite bouteille. La dame, préposée à la fouille des bagages, finit par faire montre de mansuétude et lui laisse la bouteille. Elle se tourne vers moi pour me demander ma destination. Je lui réponds. «Je vais au Nicaragua.» Elle rétorque avec une certitude amusée : «Non, Monsieur Diagne, je regrette ! Ceux qui vont au Nicaragua n’ont pas de trolley, ils ont juste un sac à dos comme tout bagage !»
C’est en salle d’embarquement qu’une autre voyageuse vient m’apostropher, l’air décontracté : «Je crois vous reconnaître !», me lance-t-elle. «En êtesvous sûre Madame ?» Elle n’est du tout décontenancée et répond : «Si, si. Je vous vois à la télé.» Je remarque son sac à dos et lui demande : «Ne me dites pas que vous aussi allez au Nicaragua !» A. Sambe, c’est son nom, semble trouver ma question loufoque : «Bien sûr que je vais au Nicaragua. De toute façon, vous n’aurez plus personne pour voter en 2024», taquine-telle. Je suis sidéré par son attitude faite d’une certaine nonchalance mais aussi paradoxalement, elle apparaît déterminée. Je lui dis ma tristesse de la voir ainsi que tous ces jeunes gens, partir de la sorte vers une aventure des plus incertaines. Le débat s’engage. A. Sambe est persuadée qu’elle n’a plus rien à espérer dans ce Sénégal et qu’elle doit tenter sa chance dans un autre pays. Elle veut se convaincre que plus rien ne marche dans le pays, que le Sénégal est le pire des pays de toute la terre et il est impossible d’y réussir une vie. Je suis désappointé. J’insiste : «Pensez-vous que la situation sera meilleure là où vous comptez aller et mesurez-vous les dangers et risques qui vous attendent sur votre itinéraire ? Je crois que si vous arrivez à économiser quelque six millions de francs pour vous payer ce voyage jusqu’aux Etats-Unis et avec autant de difficultés, c’est la bonne preuve que vous pouvez bien vous en sortir ici, chez vous.» Elle reste imperturbable : «L’argent est le fruit de contributions de toute ma famille. Je vais travailler et revenir dans cinq ans. Et puis la situation ne sera pas pire qu’elle ne l’est ici, où on n’a même plus le droit de dire ses opinions», veut-elle croire. Je ne sais pas si c’est de la sidération ou de l’énervement, mais je lui réplique : «Franchement, vous cherchez à vous donner bonne conscience, mais ce que vous dites ne repose sur aucune objectivité. Si votre famille s’est cotisée pour rassembler cette somme, ce n’est pas pour vous permettre d’aller vivre dans un pays où vous auriez une plus grande liberté d’opinion ! Savez-vous que sur le chemin du Nicaragua jusqu’aux EtatsUnis, votre destination finale, vous trouverez des milliers de personnes provenant d’autres pays. Ce ne sont pas les Sénégalais seuls qui prennent ce chemin d’exode.» Elle a une seule et même réponse à tout : «Je sais, mais la situation est devenue impossible au Sénégal. Et puis celui qui est ma raison de vivre est emprisonné. Laissez-nous partir ailleurs», dit-elle dans un rire. Elle se dit une partisane de Ousmane Sonko, l’opposant politique emprisonné pour appels à l’insurrection et à la violence. Le discours qu’elle compte servir aux agents de la police des frontières à l’entrée sur le sol américain est déjà bien élaboré. «Quitter le pays ne permettra pas pour autant à Ousmane Sonko de sortir de prison !» En effet, mais elle reste ferme dans sa conviction de devoir partir. Elle part, se disant être une victime d’une persécution politique dans son pays. Je lui montre des images qui viennent de tomber sur mon téléphone, de plus de huit cents migrants dont leurs pirogues ont échoué, le jour même, sur les côtes mauritaniennes, précisément à Nouadhibou. Elle consent à dire : «Prendre les pirogues équivaut simplement à un suicide. C’est de la folie.» Elle ne réalise pas les risques qui jalonnent son propre itinéraire jusqu’à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Elle promet néanmoins de me donner de ses nouvelles.
I. Wagué claque tout son business pour partir lui aussi
Nous finissons d’embarquer. Un jeune est assis au siège jumeau du mien. Il se nomme I. Wagué. Il va lui aussi au Nicaragua. Il a trente-deux ans. Il s’est marié en 2021 et vient de baptiser son premier bébé. I. Wagué possède un commerce de quincaillerie qui semble bien marcher. «Je suis établi à Keur Massar. Si vous venez là-bas, la plupart des personnes qui bâtissent dans le quartier achètent du ciment et du fer au niveau de mon commerce. Ma quincaillerie est très connue. C’est Wagué Quincaillerie. Si vous venez làbas, vous demanderez.» Néanmoins, il décide de partir à l’aventure. «J’ai payé le voyage pour mon jeune frère, Mbaye, qui est déjà à Atlanta depuis un mois.» Il montre des vidéos de son jeune frère qui se présente à son avantage au pays de l’Oncle Sam. Wagué regarde les vidéos, tout satisfait et envieux. Il détaille les frais du voyage : «J’ai versé quatre millions cinq cent mille francs à un démarcheur à Dakar. Il est établi vers le Port de Dakar. Il fait ce business et s’occupe de toutes les démarches (il cite le nom de la personne). Il a tout arrangé jusqu’au Nicaragua, et une fois au Nicaragua, j’ai le contact d’une autre personne qui prendra le relais. J’aurai à payer mille dollars à partir de Madrid (Espagne) pour pouvoir embarquer pour le Salvador. Les autorités de ce pays ont instauré une nouvelle taxe payable par les passagers en transit, pour financer les travaux de modernisation de leur aéroport. Je suis avec deux autres de mes amis. Nous avons acheté des billets en Classe Affaires du fait qu’il n’y a plus une place de disponible en Classe économique. Après Madrid, nous prendrons un vol de la compagnie Avianca pour Bogota (Colombie), ensuite pour San Salvador (Salvador) et un autre pour Managua (Nicaragua). C’est la compagnie Avianca qui fait tout ce trajet à partir de Madrid. C’est au Nicaragua que des passeurs nous prendront en charge pour nous conduire par bus jusqu’à Mexico City, moyennant environ deux mille dollars. La taxe à l’aéroport de Managua est de cent-soixante dollars. D’autres passeurs prendront le relais pour la somme de deux mille dollars, pour nous acheminer de Mexico jusqu’à la frontière américaine, et nous pourrons aller dans un des camps. Il existe plusieurs camps. Nous allons au Camp Reynosa. C’est mieux d’aller dans les camps où les policiers américains vous traitent bien et vous permettent, après quelques jours d’attente, de pouvoir passer et entrer dans leur pays. Par contre, les migrants qui cherchent à franchir illégalement les frontières en escaladant les murs ou barrières sont maltraités et expulsés.» En définitive, le voyage coûte la bagatelle de six millions et demi de francs Cfa, sans compter les dépenses nécessaires pour la nourriture. Le voyage dure une quinzaine de jours de tribulations. I. Wagué est déterminé à aller jusqu’au bout. Quid de son florissant commerce qui lui a permis de rassembler les sommes nécessaires pour financer deux voyages, le sien et celui de son jeune frère ? «Je l’ai laissé entre les mains d’un de mes oncles.» Ironie du sort, cet oncle était émigré aux Etats-Unis où il a passé plus de trente ans : «Lui n’était pas parti par la voie que nous empruntons maintenant. Il avait un visa.» Qu’à cela ne tienne ! N’est-ce pas qu’après trente bonnes années, cet oncle est revenu pour ne s’occuper que du commerce que vous abandonnez ? I. Wagué n’en démord pas : «C’est vrai tout ça, qu’il n’a pas réussi là-bas, mais les gens n’ont pas les mêmes chances. Je vais tenter ma chance. Faut juste prier pour nous, tonton. Ça va aller.» Honnêtement, je suis désarmé. Nous arrivons à Casablanca. Un autre compatriote, O. Fall, qui va lui aussi en France pour son travail, ne décolère pas devant cette absurdité qui fait que des jeunes personnes se lancent ainsi en masse sur le chemin du Nicaragua. Des groupes aussi nombreux de jeunes provenant de différents pays africains et d’Asie sont également en transit à l’aéroport Mohammed V. Ils dorment à même le sol, dans les couloirs de l’aéroport, en attendant leurs vols de continuation. Visiblement, ils ont eux aussi pour destination le Nicaragua, leurs sacs à dos l’indiquent. Seulement, O. Fall a une compassion, une grosse tristesse même, qui finit par le révolter, de voir une autre jeune dame sénégalaise, portant péniblement un bébé de moins d’un an et qui fait partie du groupe des partants pour l’aventure du Nicaragua. Mais se résigne-t-il : «Que peut-on faire ? Ils sont obstinés et ne veulent rien entendre !» I. Wagué promet lui aussi de donner de ses nouvelles. Nos routes se séparent à Casablanca. Nous sommes tous tristes.
Par Ndiaga SYLLA
CHER PROFESSEUR, L’ELECTEUR A BIEN LE DROIT DE PARTICIPER AU COMMERCE JURIDIQUE
Cher professeur, Il me plaît de répondre à votre réaction à la suite de ma décision d’attaquer le décret n*2023-2152 portant nomination des membres de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) du fait de son irrégularité.
«Cher Professeur, Il me plaît de répondre à votre réaction à la suite de ma décision d’attaquer le décret n*2023-2152 portant nomination des membres de la Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) du fait de son irrégularité.
C’est un immense honneur que m’accorde le constitutionnaliste en se prononçant sur mon initiative. Je ne retiens, pour le moment, que la portée qui consiste à nourrir la réflexion citoyenne et la vitalité du débat. Cher Professeur,
En signant votre post, est-ce que vous vous adressez à moi en votre qualité de citoyen ou d’acteur politique engagé ? Je vous pose cette question parce que je n’ai vu nulle part votre qualité d’universitaire (professeur) sur la signature (vous avez mentionné simplement Ismaila Madior Fall).
Pourquoi est-ce que vous remettez en cause mon intérêt et ma qualité à agir?
Je vous rappelle que la CENA a été créée en tant que structure permanente et indépendante afin d’assurer qu’une seule chose : la libre expression du droit de suffrage, le droit de vote. La CENA en tant qu’organe de contrôle et de supervision a un rôle important dans la conduite des processus électoraux au Sénégal.
Toute décision qui viole les règles relatives à sa composition, son organisation et son fonctionnement est de nature à porter atteinte à l’intégrité dudit processus. Une telle violation compromet nécessairement l’expression libre et sincère du droit de suffrage, donc du droit de l’électeur. Une telle violation si elle est le fait d’un décret ne saurait se résumer à un acte administratif individuel ou collectif qui ne porterait grief qu’aux personnes qu’il concerne.
Le décret illégal pris par le président de la République dépasse les seuls intérêts particuliers que sont ceux des membres de la CENA.
Le respect de la loi et des principes du droit constitue le fondement de l’Etat de droit. En relisant mon cours sur le contentieux administratif, il m’est apparu que sur l’intérêt à agir, le juge procède à une interprétation plus ou moins rigoureuse et que la jurisprudence exige également une certaine individualisation de cet intérêt. Toutefois, les regroupements sont autorisés à recourir en excès de pouvoir à la condition de justifier un intérêt collectif en rapport avec leur objet cf. CS, 23 juillet 1975, Souleymane Sidibé et amicale des administrateurs civils du Sénégal. A titre de rappel, le processus électoral est préparé et organisé dans un seul but : l’expression libre du droit de vote. Le vote appartient à l’électeur et j’en suis un. Voilà ce qui fonde ma qualité et mon intérêt à agir. Je tiens à faire observer que je ne suis pas dans le clivage de la dualité ou de la bataille politique entre le président M. SALL et l’opposant O. SONKO. Je ne défends que l’intégrité du processus.
Il convient de noter que la CENA apparaît comme une autorité autonome garante de l’intégrité, l’équité, la crédibilité du processus électoral. En outre, la procédure de nomination de ses membres par le président de la République procède d’une compétence liée.
Vous ne devez pas affirmer de manière péremptoire que nous n’avons pas qualité et intérêt à quereller l’acte administratif. Tout citoyen doit veiller à ce que son vote ne soit pas détourné. Auriez-vous méconnu le fondement juridique de la création de la CENA rappelé dans le rapport de présentation du décret portant application : « Le contrôle et la supervision des opérations électorales et référendaires qui constituent un gage de la sincérité et de la transparence des élections ont conduit à la création, par consensus, de la Commission Electorale Nationale Autonome, CENA, par la loi n° 2005.07 du 11 mai 2005 »
La capacité juridique de l’électeur dans le cadre des élections départementales et municipales que vous avez invoquée concerne particulièrement le contentieux des opérations électorales et de l’élection du bureau des Conseils départemental et municipal.
L’éminent professeur ne devrait s’égarer dans un domaine qui lui est inconnu !
Ce n’est pas la première fois que j’attaque des décrets pris par le président de la République dans le cadre du processus électoral. Est-il besoin de vous rappeler qu’en 2014, j’avais amené le président de la République, sous vos conseils, à fondre les trois décrets fixant le nombre de conseillers à élire dans les départements, villes et communes; ce qui jusque-là était inconnu du jargon juridique au point que la Cour suprême ait mis entre guillemets le terme « fondus ».
Nous avons les arguments pour déconstruire les vôtres. Par conséquent, la justice nous édifiera.
Enfin, je ne me suis jamais autoproclamé expert électoral. C’est une réalité et vous le savez. Est-il besoin de vous le rappeler ? J’assume ma position d’expert électoral international reconnu par le ministère de l’Intérieur, la société civile sénégalaise, la presse nationale et celle internationale ainsi que les organismes internationaux.
Je vais juste vous donner une illustration : voir lettre annexée. Sachez que ce contentieux dépasse le citoyen O. Sonko ; il s’agit d’un combat pour la préservation de la démocratie et de l’Etat de droit. Je ne fais point partie de ces gens-là de tous bords qui envisagent un avenir sombre à partir de mars 2024. Je défie vos experts non autoproclamés à me rejoindre dans un débat public en la matière électorale, et ce, en attendant que le juge veuille bien se prononcer».
PAR Alioune Tine
ORGANISER LE DIALOGUE LA DERNIERE CHANCE
La solution salvatrice c’est le dialogue de la dernière chance. Aujourd’hui, le président de la République Macky Sall doit absolument créer les conditions d’une présidentielle transparente
Il faut absolument s’arrêter, décrisper, apaiser et organiser le dialogue de la dernière chance pour apurer pacifiquement avec lucidité et responsabilité les contentieux pré-électoraux qui agitent en permanence le champ politique et social sénégalais et qui risquent d’entrainer un processus électoral toxique de la présidentielle de 2024.
Les Sénégalais n’ont jamais vécu un processus présidentiel, si tendu, si violent et si marqué de façon continue par la série noire des contentieux sur l’éligibilité, depuis mars 2021.
Le seul point positif qui permet encore de croire à la possibilité d’une résilience démocratique, c’est la focalisation sur le débat juridique, le dynamisme du débat politique par sa diversité, sa force et sa pertinence : c’est une forme d’évaluation critique de la démocratie, de l’Etat de droit et du suffrage universel.
Le droit, la justice et la régulation électorale n’arrivent plus à régler les contentieux, les malentendus, les divergences politiques profondes qu’on a tendance à réguler par la violence et par la force (violence d’Etat vs violence de la rue), qui ne règlent rien dans la durée sinon installer le pays dans le surplace, la régression et le régime de l’incertain, dans un contexte géopolitique mondial et régional marqué par les conflits et le désordre.
La solution salvatrice c’est le dialogue de la dernière chance. Aujourd’hui, le président de la République Macky Sall doit absolument créer les conditions d’une présidentielle transparente, apaisée et inclusive en prenant des initiatives inédites sur le processus électoral en cours car le président doit imprimer sa marque et sa sortie par des initiatives démocratiques hardies en continuité de l’évolution de l’histoire politique et démocratique du Sénégal. Il est temps de rassurer le Sénégal et l’Afrique sur les capacités de résilience politique et démocratique du pays et d’éviter le basculement vers l’indignité que tout le monde créé en ce moment. Il est temps de mettre un terme sur les controverses sans fin sur processus électoral de la présidentielle de 2024.
Il faut absolument apaiser, décrisper et créer les conditions de succès du dialogue de la dernière chance par des mesures politiques audacieuses qui permettent de réconcilier les sénégalais avec la politique et avec leur Président.
L’autre décision pour apaiser et restaurer la confiance en l’Etat et aux autorités, c’est de traiter sans délai et avec lucidité la défiance de la jeunesse par rapport aux capacités du pays à leur offrir un rêve, un avenir au Sénégal en dépit des promesses de prospérité du pétrole et du gaz.
L’Etat semble tétanisé et impuissant face au phénomène de l’exode massif des jeunes vers l’Europe et les USA, ce qui nous interpelle en tant qu’Etat, citoyens et parents. En aucun cas, cette situation ne doit être politisée car c’est par une réflexion collective, lucide et sereine qu’on pourrait la régler.
Pour la stabilité du pays dans la durée et pour sortir des impasses, et traverser et résoudre les difficultés ensemble afin de montrer que le Sénégal n’a rien perdu de ses capacités de résilience, de ressaisissement, de remise en question, d’introspection, de prospection, de capacité de restauration de la dignité nationale, de la confiance et de la concorde nationale, envisager sans délai un dialogue de la dernière chance pour nous prémunir des menaces complexes et souvent imprévisibles auxquelles il faut faire face en se serrant les coudes : faire nation et faire humanité.
Par Thierno BOCOUM
ISRAËL-PALESTINE : LA POSTURE COMPLICE ET HONTEUSE DU SENEGAL
Que le Sénégal se décharge de la présidence du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien à l’ONU s’il est incapable d’avoir une position claire sur la situation dans la bande de Gaza.
Bés Bi le Jour |
Thierno BOCOUM |
Publication 04/11/2023
Que le Sénégal se décharge de la présidence du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien à l’ONU s’il est incapable d’avoir une position claire sur la situation dans la bande de Gaza.
Depuis le communiqué du ministère des affaires étrangères et des sénégalais de l’extérieur du 8 octobre dernier condamnant les attaques du Hamas aucune autre réaction n’a été notée au moment où d’innocents civils, enfants, femmes et vieillards sont massacrés dans la bande de Gaza par des centaines de milliers de missiles de l’armée israélienne. Le gouvernement de la République du Sénégal a condamné «les attaques à l'origine de cette nouvelle spirale de la violence» mais reste muet face aux violations élémentaires du droit international humanitaire par les autorités Israéliennes. Par sa posture légendaire et son histoire, le Sénégal doit s’activer pour que le génocide en cours dans la bande de Gaza s’arrête. Il ne doit pas exclure d’initier une démarche diplomatique pour mettre en place une coalition internationale pour la défense des droits inaliénables du peuple palestinien qui sont foulés aux pieds par des autorités israéliennes qui ne respectent ni les résolutions de l’ONU ni les règles sacrosaintes du droit international humanitaire.
Aujourd’hui le Sénégal semble plutôt s’aligner honteusement à la France en refusant d’autoriser une manifestation pro-palestinienne. Une France qui nage dans une marée de contradictions et qui s’éloigne des principes d’équité et de justice. Une France qui s’inscrit dans la condamnation sélective, dans le renforcement des positions des autorités israéliennes. Des autorités françaises qui ont décidé d’intimider sur le territoire français, les soutiens au peuple palestinien, d’être les représentants d’Israël au sein de la Nation française. Le Président Macky Sall et son candidat premier ministre qui se concentre sur sa tournée politique doivent mesurer la responsabilité du Sénégal dans cette crise. Le Sénégal ne peut pas se permettre de mimer le comportement honteux des donneurs d’ordre au moment où les droits des populations palestiniens dont il est l’un des garants sont bafoués. Le Sénégal est à la tête du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien qui avait déjà dans son premier rapport, soumis au Conseil de sécurité en juin 1976, demandé, entre autres, instamment au Conseil de promouvoir la recherche d’une solution juste, compte tenu de tous les pouvoirs qui lui étaient conférés par la Charte des Nations Unies. Il sollicitait un calendrier de retrait des forces israéliennes des territoires occupés, avec la participation, au besoin, de forces temporaires de maintien de la paix pour faciliter le processus ; l’arrêt des implantations de colonies de peuplement ; la reconnaissance du droit naturel des Palestiniens à l’autodétermination, à l’indépendance nationale et à la souveraineté en Palestine…
47 ans après ce rapport, rien n’a changé et c’est le cas depuis 56 ans. Israël continue à tisser sa toile en imposant le courbage d’échine de dirigeants du monde accrocs à ses offres et craintives de ses lobbys d’influence. Dans son dernier rapport en date du 1er septembre 2023, le comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien avait souligné un aspect qui peut autoriser d’affirmer une préméditation de l’attaque de la bande de Gaza et de la volonté d’opérer un génocide de ces populations de la part des autorités extrémistes d’Israël. Dans ce rapport soumis en application de la résolution 77/22 de l’Assemblée générale, adoptée le 30 novembre 2022, il a été mentionné : «Le nouveau gouvernement de coalition d’Israël, considéré comme le plus extrémiste de l’histoire du pays, a accentué la rhétorique anti-palestinienne, les mesures discriminatoires à l’égard du peuple palestinien et les actes hostiles envers l’Autorité palestinienne. Des membres du Gouvernement israélien ont ouvertement plaidé pour le nettoyage ethnique du Territoire palestinien occupé et ont encouragé les attaques de représailles contre les Palestiniens, appelant même à la destruction de quartiers entiers.»
Ce présent conflit donne une occasion aux autorités israéliennes d’exécuter une promesse électorale visant un nettoyage ethnique. Le Sénégal doit prendre ses responsabilités et honorer sa posture légendaire dans le combat pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.