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5 avril 2025
Politique
SÀMM SA KÀDDU EN ORDRE DE BATAILLE
La convocation de Bougane Gueye par les autorités est perçue comme une attaque contre l'opposition. La coalition accuse le régime de Sonko et Diomaye de vouloir "museler ses adversaires politiques" en utilisant les prérogatives de l'État
La coalition Sàmm Sa Kàddu crie au scandale suite à la convocation de son leader Bougane Gueye Dany par les services de cybercriminalité. Cette alliance politique y voit une tentative délibérée de déstabilisation de l'opposition par le régime en place. Dans un communiqué au ton ferme, Sàmm Sa Kàddu dénonce les "menaces" qui pèseraient sur la démocratie et les libertés au Sénégal, promettant de résister à toute forme d'intimidation.
"Communiqué coalition Sàmm Sa Kàddu
La convocation du président Bougane Gueye Dany à la cybercriminalité, à la veille des élections législatives est une provocation et une insulte à la démocratie.
En convoquant un candidat de la liste Sàmm sa Kàddu aux elections legislative à venir, nous considérons que c’est toute une coalition qui cherche à être déstabilisée et divertie.
La coalition Sàmm sa Kàddu prend à témoin l’opinion nationale et internationale sur les menaces que le régime de Ousmane Sonko/Diomaye fait peser sur la démocratie et les libertés individuelles et collectives.
La coalition Sàmm sa Kàddu met en garde le régime actuel sur sa volonté cynique d’utiliser les prérogatives régaliennes de l’État du Sénégal pour museler ses adversaires politiques.
Sàmm Sa Kàddu fera face aux tentatives d’intimidation au nom de la démocratie et des libertés."
BOUGANE CONVOQUÉ, L'OPINION S'ENFLAMME
Thierno Alassane Sall dénonce l'hypocrisie d'un régime issu de l'opposition, aujourd'hui "allergique à la critique". Alioune Tine met en garde contre "les erreurs du passé", pointant le danger d'une "criminalisation de l'opposition"
(SenePlus) - La scène politique sénégalaise s'enflamme suite à la convocation policière de Bougane Gueye Dany, leader du mouvement "Gueum sa bop". Cette action, perçue par beaucoup comme une tentative d'intimidation à l'approche des élections législatives, suscite de vives réactions au sein de l'opposition et de la société civile.
Thierno Alassane Sall, figure de l'opposition, n'a pas mâché ses mots face à ce qu'il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir. Il pointe du doigt l'ironie de la situation : "Ceux qui ont littéralement inondé l'Assemblée nationale de discours injurieux, utilisés à outrance la presse pour des attaques très souvent détestables, cherché systématiquement à dénigrer d'honnêtes citoyens, sont allergiques à la critique." Cette déclaration souligne le paradoxe d'un régime issu de l'opposition qui semble aujourd'hui vouloir museler ses détracteurs.
Le leader de la République des Valeurs va plus loin en dénonçant ce qu'il perçoit comme une dangereuse politisation de la République : "On ne peut vouloir exporter la démocratie et la liberté d'expression dans l'espace CEDEAO tout en traquant sans répit chroniqueurs, journalistes et hommes politiques, dans son propre pays."
De son côté, Alioune Tine, figure respectée de la société civile, appelle à la raison et au respect des principes démocratiques. Il insiste sur la nécessité de permettre à Bougane Gueye de préparer sereinement les élections législatives : "Il faut laisser Bougane Gueye aller préparer les législatives avec sa coalition, comme tous les autres dirigeants politiques impliqués ". Tine met en garde contre les erreurs du passé, soulignant le danger de « criminaliser l'opposition ».
Cette affaire intervient dans un contexte politique tendu, où Bougane Gueye Dany accuse directement le Premier ministre Ousmane Sonko d'instrumentaliser les forces de l'ordre et la justice à des fins politiques. "Il veut utiliser la police, la gendarmerie et la justice en général pour régler des problèmes politiques", a déclaré Gueye Dany dans une intervention vidéo, jetant ainsi un pavé dans la mare.
La convocation policière de Bougane Gueye Dany, dont les motifs restent flous, soulève des questions sur l'état de la démocratie au Sénégal. Il met en lumière les tensions croissantes entre le pouvoir et l'opposition à l'approche d'échéances électorales cruciales, et ravive le débat sur la liberté d'expression et le respect du jeu démocratique dans le pays.
LE GOUVERNEMENT DÉMENT LES RUMEURS DE BAISSE DES SALAIRES DES AGENTS DE L’ÉTAT
Le porte-parole du gouvernement, Amadou Moustapha Ndjekk Sarre, a mis en garde contre toute tentative de désinformation visant à discréditer les institutions étatiques.
Dans une déclaration en date du 27 septembre 2024, le Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT) a affirmé que l’État du Sénégal envisageait une réduction des salaires et des pensions dans la fonction publique. Ce document, intitulé « Déclaration du Secrétariat du Comité Central », prétendait s'appuyer sur des propos tenus par le Président de la République et le Premier ministre, évoquant la nécessité de rationaliser les dépenses publiques, face à l'évolution incontrôlée de la masse salariale.
Cependant, le Gouvernement sénégalais a fermement démenti ces accusations, soulignant que les déclarations des autorités ont été sorties de leur contexte et qu'aucune réduction des salaires ou des pensions n'a été envisagée. Dans un communiqué, le Porte-parole du Gouvernement, Amadou Moustapha Ndjekk Sarre, a précisé que les allégations du PIT sont infondées et ne reposent sur aucun élément concret.
Le Gouvernement a également mis en garde contre les tentatives de désinformation et de manipulation, qualifiant ces manœuvres de stratagèmes visant à discréditer les institutions à des fins électoralistes. Tout en encourageant le débat public sur les politiques publiques, il appelle à la responsabilité des auteurs de telles accusations et réaffirme que l’État fera respecter la vérité et le droit.
Ainsi, l’État du Sénégal tient à rassurer les agents de la fonction publique et les retraités que leurs salaires et pensions ne sont pas menacés, et que toutes les mesures prises visent avant tout une gestion plus rigoureuse des finances publiques sans porter atteinte aux droits acquis.
VIDEO
BOUGANE CONVOQUÉ PAR LA POLICE
Selon le leader de "Gueum sa bop", des hommes dirigés par l’adjudant Bakhoum sont venus déposer une convocation à son lieu de travail et dans une de ses maisons. Il pointe du doigt des manoeuvres du Premier ministre Ousmane Sonko
Le leader du mouvement « Gueum sa bop », Bougane Gueye Dany, se retrouve au cœur d'une nouvelle controverse. L'homme d'affaires et opposant a révélé avoir fait l'objet d'une convocation policière, délivrée à son lieu de travail et à son domicile par une équipe dirigée par l'adjudant Bakhoum.
Cette convocation, dont les motifs restent flous, soulève des questions sur les tensions croissantes entre le pouvoir et l'opposition à l'approche des échéances électorales. Gueye Dany n'a pas mâché ses mots, pointant directement du doigt le Premier ministre Ousmane Sonko : "Il veut utiliser la police, la gendarmerie et la justice en général pour régler des problèmes politiques", at-il déclaré sans ambages.
L'opposant a tenu à clarifier qu'il n'avait pas fui face à cette convocation, raisonnant simplement son absence par une sortie.
par Oumou Wane
CONFERENCE DE PRESSE DE SONKO : ÉTAT D’URGENCE ?
EXCLUSIF SENEPLUS - Comment nos anciens dirigeants pourront-ils se cacher derrière ce triste héritage s’il est avéré ? il appartient à la nouvelle génération de briser le cercle vicieux de la débâcle financière
Alors que le pays fêtait en avril dernier la retentissante victoire de la « révolution » Bassirou Diomaye Faye et du « phénomène » Ousmane Sonko, dans un gigantesque espoir de changement pour la jeunesse, nous étions loin de nous douter que le navire Sénégal prenait l’eau de toutes parts et que l’ancien régime, quittait le vaisseau avec un bilan économique aussi calamiteux et à la dérive.
C’est ce qui ressort en tout cas des propos d’Ousmane Sonko, le jeudi 26 septembre, lors d’une conférence de presse à Dakar, avec une question sous-jacente : Comment redresser la barre au plus vite ?
L’État de grâce aura été de courte durée pour le nouveau régime. Après près de six mois au pouvoir, la nouvelle autorité sénégalaise, par la voix du Premier ministre Ousmane Sonko, a fait un état des lieux implacable de la gouvernance de Macky Sall.
Et le bilan est plus que désastreux ! Selon lui, "le régime du président Macky Sall a menti au peuple et aux partenaires financiers" et le premier ministre, Ousmane Sonko, dénonce une « corruption généralisée » sous l’ancien pouvoir. « Nous étions loin de nous imaginer que les choses étaient aussi catastrophiques », a lancé le premier ministre, lors de cette conférence de presse.
Le nouveau chef du gouvernement, en place depuis avril 2024, accuse d’anciens ministres et l’ex-président, Macky Sall, d’avoir manipulé les chiffres des finances publiques. Il annonce l’ouverture d’enquêtes.
En réalité, il s’agirait d’un véritable gâchis social et économique et d’une honte politique pour des dirigeants dont l’heure du bilan a sonné.
L’argent magique, des dépenses folles, les contrats de dupes… en effet, un écart abyssal semble séparer les promesses et les réalisations de Macky Sall !
Avec le punch qui le caractérise, Ousmane Sonko a donc été sans pitié avec l’ancien président.
Mais probablement que Macky Sall aura l’occasion de s’en expliquer, puisqu’il est annoncé comme tête de liste de la coalition Takku-Wallu en vue des élections législatives anticipées du 17 novembre 2024. Ousmane Sonko, étant lui aussi tête de liste de son parti, le combat s’annonce rude !
Mais revenons un peu sur les dérapages budgétaires, déficits hors de contrôle, endettement des plus inquiétants… Comment nos anciens dirigeants pourront-ils se cacher derrière ce triste héritage s’il est avéré ?
En guise d’explications franches pour éclairer la lanterne des Sénégalais face aux accusations du Premier ministre, nous voici pour le moment revenus au vieux réflexe délétère qui consiste à tenter d’impliquer le nouveau ministre des Finances, Monsieur Cheikh Diba, dont un communiqué de la Cellule de communication du ministère des Finances et du Budget souligne pourtant qu’il a toujours agi avec "professionnalisme et rigueur" dans le respect des règles en vigueur. Selon le document, l’actuel ministre des Finances et du budget n’est ni de près ni de loin mêlé à ce scandale. Et c’est cela la vérité !
Face à cette machine à creuser les inégalités et à cette corruption qui priverait le pays d'une partie de ses ressources, il appartient à la nouvelle génération au pouvoir de briser le cercle vicieux de la débâcle financière avec un plan de relance économique pertinent, complet et structuré qui laisse sa chance à tous.
C’est à elle désormais de proposer pour les vingt prochaines années un nouveau cap pour la société sénégalaise, une ambition partagée, inspirée d’une véritable intelligence stratégique et économique ainsi qu’une volonté de reprise de la souveraineté du Sénégal sur les secteurs économiques et les ressources naturelles, technologiques et humaines.
Oumou Wane est présidente d’Africa7
ENNEMIS HIER, AMIS AUJOURD'HUI
D'anciennes rivalités s'effacent au profit d'alliances stratégiques, brouillant les repères idéologiques traditionnels, dans la perspective des législatives. Pour la plupart des hommes politiques, « l’essentiel, c’est de participer »
A un mois et dix-sept jours des élections législatives prévues pour le 17 novembre 2024, trois grandes coalitions vont affronter le parti présidentiel, Pastef, dans l'espoir de l'empêcher d'obtenir une majorité à l'Assemblée nationale. En examinant ces alliances de plus près, il est frappant de constater que certains de leurs membres étaient, par le passé, de féroces adversaires.
Est-ce la fin des idéologies politiques au Sénégal ? Macky Sall, ancien président, semble être l'un des principaux artisans de cette dissolution. En créant la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY), il a réalisé l'exploit de réunir sous une même bannière des partis de gauche, des centristes et des libéraux durant ses douze années au pouvoir. Avec son départ, cette alliance s'est effondrée, laissant les membres aujourd'hui dans l'opposition libres de former des coalitions avec qui bon leur semble, même avec d'anciens alliés du Pastef qui ne se reconnaissent plus dans le régime de Diomaye.
La conséquence est claire : les ennemis d'hier sont devenus les amis d'aujourd'hui. Preuve en est, le PDS et l'APR, après douze ans de "guerre fratricide", ont formé la coalition Takku Wallu. Ces deux partis estiment que cette nouvelle plateforme est idéale pour préserver les acquis des gouvernances d'Abdoulaye Wade et de Macky Sall au bénéfice du peuple sénégalais, sur les vingt-quatre dernières années.
Pourtant, les libéraux n'ont cessé ces dernières années de s'en prendre à Macky Sall, qu'ils tenaient pour responsable de tous leurs maux. Personne n'aurait imaginé que les partisans du "pape du Sopi", Abdoulaye Wade, pourraient un jour pardonner à Macky Sall l'emprisonnement de Karim Wade, un épisode qui avait profondément marqué "Wade-fils" et son entourage.
Outre le PDS et l'APR, Takku Wallu compte également dans ses rangs REWMI d'Idrissa Seck. Pourtant, l'animosité entre Idrissa Seck et les "Wade" semblait insurmontable, voire teintée de haine. Idrissa Seck, ancien maire deThiès, a été l'un des plus virulents détracteurs du clan Wade, particulièrement du patriarche, qu'il n'a jamais pardonné pour son emprisonnement dans l'affaire des chantiers de Thiès. Aujourd'hui, Idrissa Seck se retrouve aux côtés de Macky Sall et des "Wade" dans une même alliance pour les législatives du 17 novembre.
Selon les membres de Takku Wallu, les divergences d'hier ne devraient plus être un obstacle aux nécessaires retrouvailles pour sauver une nation en péril. Ils estiment que le moment est venu de s'unir pour défendre les libertés menacées, y compris celles de manifestation et de culte.
Pour la plupart des hommes politiques, « l’essentiel, c’est de participer »
Une autre coalition contre-nature est la coalition And Samm Sa Kaddu, composée de Taxawu Sénégal, du PUR de Serigne Moustapha Sy, d'Agir de Thierno Bocoum, des Serviteurs de Pape Djibril Fall, de l'ARC d'Anta Babacar Ngom, et de Gueum Sa Bopp de Bougane Guèye Dany, ainsi que du PRP de Déthié Fall.
La particularité de cette coalition réside dans le fait que d'anciens membres de Yewwi, qui s'étaient séparés, se retrouvent à nouveau ensemble au sein d'une nouvelle plateforme, élargie à des personnalités engagées en politique, mais qui ne sont pas des politiciens classiques (Bougane Guèye Dany, Pape Djibril Fall, et Anta Babacar Ngom).
Il est intéressant de noter que lorsque Taxawu Sénégal a rompu avec Pastef, certains membres comme Cheikh Tidiane Youm et Déthié Fall se sont illustrés par leur soutien aux Patriotes. Ils faisaient partie de ceux qui ont aidé Pastef à résister face au régime de Macky Sall. À l'époque, Khalifa Sall et Barthélémy Dias étaient considérés comme les ennemis à abattre par Pastef. À ce moment-là, Déthié Fall et Cheikh Tidiane Youm étaient proches d'Ousmane Sonko. Or, comme le dit l'adage, "l'ami de mon ennemi est mon ennemi."
Il faut noter aussi que pour battre l’actuel régime, il faudra compter sur la coalition Jamm ak Njariñ qui regroupe principalement la Nouvelle Responsabilité de Amadou Ba, le Parti Socialiste (PS), l'Alliance des forces de progrès (Afp) de Moustapha Niasse, le Parti socialiste (Ps) dirigé par Aminata Mbengue Ndiaye ainsi que la Ligue démocratique (LD), entre autres. Ici, ce sont d’anciens membres de la coalition Benno Bokk Yaakaar (BBY) qui se liguent. Mais ce qui est bizarre, c’est que la cette coalition composée en grande partie d’anciens membres du régime Macky Sall sera en intercoalition avec la coalition TakkuWallu et And Samm Sa Kaddu dans les 46 départements. Chaque coalition a sa propre liste nationale comme l'avait fait l'inter-coalition Yewwi-Wallu lors des élections législatives du 31 juillet 2022 dans les 46 départements du Sénégal. Ceci révèle ainsi le grand paradoxe du champ politique sénégalais. Souvent, pour la plupart des hommes politiques, “l’essentiel, c’est de participer”.
Par Hamidou ANNE
LE SEUL PROJET DE PASTEF EST L’ABAISSEMENT DU SÉNÉGAL
Soutenir urbi et orbi que les comptes du pays sont maquillés pose plusieurs problèmes de forme et de fond. Soit la personne qui a parlé ne comprend rien à l’économie - ce qui est probable -, soit elle verse dans la manipulation grossière...
Soutenir urbi et orbi que les comptes du Sénégal sont maquillés pose plusieurs problèmes de forme et de fond. Soit la personne qui a parlé ne comprend rien à l’économie -ce qui est probable-, soit elle verse dans la manipulation grossière, ce qui est tout aussi soutenable. De plus, tenir de tels propos pour un responsable public c’est inaugurer un nouveau chapitre dans l’entreprise d’abaissement national, qui est la marque déposée du parti Pastef. Le Sénégal dispose de fonctionnaires sérieux et compétents ; parmi eux d’éminents spécialistes des finances publiques, qui ont travaillé d’arrache-pied pour redresser notre économie dont les taux de croissance n’ont cessé de tendre à la hausse depuis l’entrée en vigueur du Pse.
Si sa croissance a été erratique entre 2000 et 2011 (3,3% en moyenne), le Sénégal a été déclaré pays à la plus régulière moyenne de croissance économique pour la décennie 2011-2021. Il s’y ajoute une gestion remarquable du Covid-19, qui a permis l’atténuation des chocs et la relance plus rapide grâce aux mécanismes mis en œuvre et surtout à la résilience de l’agriculture et de l’industrie. Outre une économie placée sur les rails de l’émergence, le Sénégal dispose d’une administration sérieuse que M. Sonko et son cheptel politique ne cessent de vilipender et d’accuser de complots divers depuis une décennie. Les propos de M. Sonko, pour tout Sénégalais avec un peu de jugeote, n’ont aucune crédibilité tant l’homme est en indélicatesse naturelle avec la vérité. Mais que le chef de l’administration dise de celle-ci qu’elle est une machine de faussaires est le summum de l’irresponsabilité. En plus, les déclarations sont fausses pour la simple raison que le Sénégal n’évolue pas en vase clos. Nous sommes au sein de l’Uemoa et en étroite collaboration avec le Fmi et d’organisations multilatérales. Le budget est connu, les dépenses et les recettes retracées, les lois de finances rectificatives publiquement votées. Mieux, la Cour des comptes a déjà validé les lois de règlement des rapports de gestion 2020, 2021 et 2022. Le Sénégal ne saurait cacher ses données au Fmi, à la Banque mondiale, à la Banque centrale, etc.
Pire, le régime se dédit et publie des chiffres différents en une semaine. En effet, ils viennent de publier une Stratégie nationale de développement basée sur un déficit de 4,9%. Les mêmes viennent nous annoncer une semaine plus tard que le déficit est à hauteur de 10,4%.
Lors de deux missions récentes, le Fmi a donné ses chiffres et ses notes de perspective sur notre économie, qui n’ont du reste pas été démentis par le gouvernement. L’urgence par conséquent pour ce régime est de trouver des pistes de solution aux problèmes graves que soulève le Fonds, à l’issue de la dernière revue. Après avoir exprimé sa satisfaction sur le bilan du régime précédent, le Fonds revient trois mois plus tard peindre un tableau sombre de l’actuel régime. Le déficit en un trimestre est passé de 3,9 % à 7,5 % du Pib. La croissance, elle, a baissé, passant de 7,1 à 6,0 %. Le Fmi donne même les raisons de ce climat morose, relatives aux mesures incohérentes et tapageuses sur les Btp, les mines et l’industrie.
Ce gouvernement affirme vouloir miser sur le secteur privé, avec un volume de financement projeté à 12 000 milliards de F Cfa mais s’acharne à étouffer les entreprises par une politique fiscale confiscatoire et irréfléchie, et des tracasseries politiciennes puériles. Qu’ils nous disent quelle est la cohérence de compter sur le secteur privé tout en mettant nos capitaines d’industrie en prison et en versant dans l’acharnement fiscal. Miser sur le secteur privé tout en tenant un discours qui ferait reculer n’importe quel investisseur relève d’une curieuse manière de faire. Car dans les faits, suite aux propos hallucinants du 26 septembre, les marchés s’affolent et le crédit du Sénégal s’est à nouveau aminci selon un article de Bloomberg largement relayé. L’incompétence de Ousmane Sonko nuira à terme au prestige de l’Etat et à la sécurité nationale
Les perspectives sont sombres pour notre économie avec un volume de mobilisation des ressources en baisse contrairement aux années précédentes, des taux d’intérêt qui explosent et un déficit creusé après seulement six mois de gestion. La confiance s’est effritée et l’incertitude gagne les milieux d’affaires du fait de l’imprévisibilité du Premier ministre le plus incompétent de l’histoire de notre pays. Tout ceci nous oblige à interpeller M. Sonko, entre deux déplacements au Grand Théâtre, au sujet du coût de la vie, des drames de l’émigration irrégulière, des inondations, du chômage et de l’isolement progressif du Sénégal sur la scène internationale.
Un autre aspect du problème réside même dans la méthode cavalière ponctuée d’affabulations, de manipulations et d’absence de tenue pour des gens qui sont censés diriger un Etat. Car aux termes de l’article 1.7 de la loi 2012-22 du 27 décembre 2012 portant Code de transparence dans la gestion des finances publiques, «dans les trois mois suivant chaque nouveau mandat présidentiel, la situation globale des finances publiques, et en particulier la situation du budget de l’Etat et de son endettement, fait l’objet d’un rapport préparé par le gouvernement. Ce rapport, audité par la Cour des comptes, est publié dans les trois mois suivants».
Or la Cour des comptes n’a toujours pas publié le rapport portant situation globale des finances publiques. Donc d’où viennent les chiffres distribués à des journalistes qui les relaient sans veiller à l’exigence basique de vérification qui est au cœur de leur métier ? Je n’accorde pour ma part aucun crédit aux chiffres, propos, promesses et engagements d’un individu habitué aux falsifications et aux déclarations outrancières.
Après les gendarmes, les policiers, les magistrats, les militaires traités de mercenaires à la solde de la France, les fonctionnaires du ministère des Finances prennent leur part de dénigrement. L’entreprise est constante : désacraliser les institutions, se soustraire aux vrais débats et à la confrontation d’idées comme la Dpg le prévoyait. Il préfère s’adresser à une masse informe excitée et à une presse peu rigoureuse voire complice. M. Sonko est tout sauf constant dans son parcours peu enviable. Je lisais la semaine dernière dans Le Quotidien, un texte d’un de nos compatriotes. Ses paroles terribles de justesse m’ont glacé le sang. Parlant à M. Sonko, il lui dit : «Vous avez fait haïr et détester tout ce qui est grand, bon et beau dans ce pays.»
Je repensais à cette phrase en écrivant cette chronique, et je ne peux me résoudre à accepter que mon pays aille vers l’abîme avec la complicité d’universitaires, de cadres, de militants, qui jadis rivalisaient d’ardeur dans la signature de tribunes pour soi-disant défendre l’Etat de Droit. Le Sénégal s’abaisse sous leurs yeux et ils font mine de regarder ailleurs. Cette année, nous commémorons la 22ème année du traumatisme national qu’a été le chavirement du Joola et la disparition d’environ 2000 personnes. Ce 26 septembre avait une saveur particulièrement désagréable, car le parti Pastef, dans son entreprise de destruction de tout ce qui peut fédérer la communauté nationale, a encore sévi. Le Sénégal a envoyé une délégation dirigée par un ministre pour le Débarquement de Provence, à 6000 km de nos côtes. Ce même gouvernement décide de rompre avec la tradition de la commémoration nationale du 26 septembre. Son chef a décidé de polluer le moment de la sacralité et du recueillement de toute la Nation en organisant un show politicien. Ce personnage rustique s’acharne à répéter son exercice favori : dire du mal de ses compatriotes et ridiculiser notre pays devant les yeux du monde.
Il a seulement le bon goût de ne pas convier Baba Wone pour chanter ses louanges, en guise d’oraison funèbre. Mais c’est désormais une affaire de temps.
SAMM SA KAADOU MISE SUR BARTH
La coalition d'opposition a jeté son dévolu sur l'édile pour mener la bataille des législatives. Ce choix place le maire de Dakar, connu pour son franc-parler et sa capacité à galvaniser les foules, en première ligne face au pouvoir
(SenePlus) - La coalition Samm Sa Kaadou frappe un grand coup en désignant le maire de Dakar, Barthélémy Dias, tête de liste pour les élections législatives du 17 novembre prochain.
Samm Sa Kaadou rassemble un éventail de forces politiques, allant de la gauche progressiste aux mouvements religieux, en passant par des figures de la société civile.
Parmi les poids lourds de cette coalition, on retrouve Taxawu Sénégal de Khalifa Sall, ancien maire de Dakar, ainsi que le Parti de l'Unité et du Rassemblement (PUR) de Serigne Moustapha Sy. Le Parti Républicain pour le Progrès (PRP) de Déthié Fall et Gëm Sa Bopp de Bougane Gueye Dany apportent également leur expérience politique et leur base électorale.
Samm Sa Kaadou intègre également des mouvements émergents tels que "Les Serviteurs" de Pape Djibril Fall, l'Alliance pour la République et la Citoyenneté (ARC) d'Anta Babacar Ngom et le mouvement AGIR de Thierno Bocoum.
Le choix de Barthélémy Dias comme tête de liste n'est pas anodin. Maire de Dakar depuis 2022, il s'est imposé comme une voix forte et critique du pouvoir. Son style direct et sa capacité à mobiliser les foules en font un candidat redoutable pour le camp présidentiel.
AMADOU BA FAIT CAVALIER SEUL
L’inter-coalition aurait pu maximiser les chances de l’opposition de gagner les Législatives. Les ambitions, notamment l’intransigeance de Samm sa kaddu à Dakar et Takku wallu Senegaal dans le Nord, n’ont pas permis de pousser l’entente jusqu’au bout
L’inter-coalition aurait pu maximiser les chances de l’opposition de gagner les Législatives. Les ambitions, notamment l’intransigeance de Samm sa kaddu à Dakar et Takku wallu Senegaal dans le Nord, n’ont pas permis de pousser l’entente jusqu’au bout. Amadou Ba va faire cavalier seul avec sa coalition.
Ce fut un lundi de discussions et de compromis. Finalement, l’inter-coalition Takku wallu Senegaal-Samm sa kaddu et Jamm ak nrajin a volé en éclats dès les premières poses de la fondation. Il n’y aura pas de triumvirat, car Takku wallu Senegaal et Samm sa kaddu ont décidé de continuer ensemble sur les 46 départements. Et Jamm ak nrajin poursuit son chemin seule après qu’elle a buté sur les ambitions des uns et des autres, notamment à Dakar et dans le Nord du pays, du fait que certains considèrent que ces zones sont leurs pré-carrés ou leurs bassins électoraux. Donc, les deux autres coalitions de l’opposition ont décidé d’aller à la chasse des voix sous bannière unique.
Il reste que les incertitudes sont réelles sur le poids réel des différents pôles politiques… en pole position durant une élection organisée à la va-vite. Cette séparation montre que les rancœurs de la Présidentielle ne sont pas effacées des cœurs. Amadou Ba dont la candidature a été sabotée par ses partisans à l’Apr et qui n’a pas bénéficié d’un soutien public de Macky Sall et accusé par le Pds d’avoir corrompu des juges du Conseil constitutionnel, a été éjecté de l’inter-coalition de manière diplomatique par le bloc des Libéraux avec l’aide des autres membres de l’inter-coalition.
Aujourd’hui, les jeux restent ouverts pour les deux grands blocs constitués pour les Législatives du 17 novembre 2024. Takku wallu Senegaal-Samm sa kaddu, constituée de la famille libérale et Khalifa, Déthié Fall, Bougane, Pape Djibril Fall, et Jamm ak nrajin, portée sur les fonts baptismaux par Amadou Ba, qui partent à la chasse à Pastef qui jouit d’une nouvelle légitimité politique après sa victoire en mars dernier. Cette fissure avec l’exclusion de l’ancien candidat à la Présidentielle arrivé 2ème avec plus 35% des voix, va compter au moment du décompte des voix.
Comment bloquer l’ascension du parti Pastef, qui escompte rafler la majorité des sièges pour offrir à Bassirou Diomaye Faye une majorité pour gouverner ? Des têtes de liste, Amadou Ba à Barth, en passant par Macky Sall, il y a des identités remarquables dans les différentes listes de l’opposition, qui ont eu un passé politique marqué par des victoires électorales dans leurs fiefs. Est-ce que les vérités d’hier sont toujours valables aujourd’hui ? Même Pastef est soumis à ce même filtre si on analyse le pari gigantesque de son fondateur d’aller à l’assaut des Législatives en faisant cavalier seul. Si d’autres ont essayé de se greffer à sa liste, Sonko cherche à consolider son leadership après avoir privilégié sa structure en délaissant la Coalition Diomaye Président. C’est un pari à la fois risqué et stimulant : s’il gagne, il va hisser son aura plus haut. S’il perd, elle va s’étioler à cause de ses prétentions ou ambitions démesurées.
SONKO N’EST PAS DIMENSIONNÉ POUR UN POSTE DE PREMIER MINISTRE
Dans un entretien accordé à Aljazeera, le chef de l’Etat s’est exprimé sur ses rapports avec son "puissant" premier ministre, Ousmane Sonko. Il a surtout répondu à ceux qui disent que le chef du gouvernement usurpe certaines de ses prérogatives
Dans un entretien accordé à Aljazeera, le chef de l’Etat s’est exprimé sur ses rapports avec son "puissant" premier ministre, Ousmane Sonko. Il a surtout répondu à ceux qui disent que le chef du gouvernement usurpe certaines de ses prérogatives.
«Le premier ministre Ousmane Sonko n’est pas dimensionné pour un poste de premier ministre. Donc il est tout à fait normal qu’il occupe une place importante dans l’architecture gouvernementale en en étant le chef, et qu’en déroulant, qu’il prenne toute la place qui est la sienne dans le cadre de l’exécution de ses missions. Il ne va pas au-delà. La loi et la constitution ne lui permettent pas d’usurper mes prérogatives et il ne le fait pas. Tan qu’il se déploie de façon efficace dans le cadre de la mise en œuvre du ‘‘Projet’’ il aura mon satisfécit. Et il est en train de le faire en toute loyauté avec toute l’engagement et l’abnégation qu’il faut.»
Le poste de vice-président
«Quand j’évoquais le poste de vice-président, il était question qu’il soit élu à l’occasion d’une présidentielle dans le cadre d’un ticket entre le président et le vice-président. La prochaine élection avec cette hypothèse d’élection se déroulera en 2029. J’ai prône cette réforme pour la simple raison que le pouvoir du président, au Sénégal, telle que la constitution le répartit entre lui et les autres institutions, est exorbitant. Mais aujourd’hui, cette réforme n’est pas une priorité, puis que le cadre dans lequel il va arriver va arriver en 2029. »