SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
3 avril 2025
Politique
LA CLAIRVOYANCE D’UN PATRIARCHE
Seize ans après sa disparition survenue le 25 janvier 2009, Mamadou Dia, président du Conseil du Sénégal indépendant, est une référence et ses idées irriguent les nouvelles générations d’hommes et de femmes politiques du pays
Par Henriette Niang KANDE |
Publication 25/01/2025
Seize ans après sa disparition survenue le 25 janvier 2009, Mamadou Dia, président du Conseil du Sénégal indépendant, est une référence et ses idées irriguent les nouvelles générations d’hommes et de femmes politiques du Sénégal. En hommage à cette figure emblématique de l’histoire politique du Sénégal, Sud Quotidien remet au goût du jour des instants de réflexion sur la trajectoire, la pensée et l’œuvre du Grand Maodo.
Dans une interview accordée à Babacar Touré, publiée dans le numéro 3 de Sud Magazine (octobre 1986) Mamadou Dia répondait à la dernière question posée : « Quelle image voudrez-vous que la postérité garde de vous » ? Réponse : « Oh, ça c'est m'est égal. L'image qu'elle voudra, mais l'essentiel pour moi, c'est de lui donner suffisamment d'informations qui lui permettent, n'est-ce pas, de se faire l'image la plus correcte. Ce que je souhaite tout simplement c'est qu'elle puisse choisir objectivement l'image qu'elle veut bien se faire de ma personne » .
Aujourd’hui, l’image que la jeune génération d'hommes politiques sénégalais a de lui, est que Mamadou Dia est une référence, pour plusieurs raisons, principalement, en lien avec ses valeurs, sa vision politique, et son rôle historique dans la construction du Sénégal indépendant. Les points qui expliquent cet attrait son un modèle d’intégrité politique, un leader visionnaire et progressiste, un engagement inébranlable en faveur du peuple et un symbole de rupture avec les pratiques politiciennes.
Pendant longtemps, l'histoire de Mamadou Dia a été reléguée au second plan. Cependant, une réhabilitation de sa mémoire a eu lieu à travers des livres, des documentaires, des témoignages et des débats politiques. Pourla jeune génération, donc, ilreprésente une figure historique marquante à (re)découvrir. Son nom évoque une trajectoire unique. Éducateur, militant, et homme d’État, il a incarné avec constance des principes inébranlables, au prix de sacrifices personnels immenses. Mamadou Dia a traversé son temps en témoin privilégié, marquant son époque par son rôle de pionnier et sa fidélité à ses idéaux. De l’école à la politique, son chemin fut tracé par un profond désir de justice sociale et d’émancipation.
Entré en politique grâce à son mentor, Léopold Sédar Senghor, dès 1948, il participe à la création du Bloc Démocratique Sénégalais (BDS) et contribue à son implantation à travers le pays. Il conduit le parti de victoire en victoire électorale, devenant en 1957 vice-président du Conseil de Gouvernement, sous le régime de l’autonomie interne.
Toutefois, des divergences profondes avec Senghor émergèrent à propos du référendum de 1958 sur l’indépendance. Dia, fervent partisan du « non » à toute forme d’allégeance envers la France, s’opposa à la position plus modérée de Senghor. Finalement, un compromis en faveur du « oui » fut trouvé, mais Dia resta convaincu que cette décision compromettait la souveraineté nationale.
Premier ministre du Sénégal indépendant, Dia entreprit de profondes réformes visant à moderniser l’économie et à libérer la paysannerie de l’économie de traite. Son projet d’« économie de participation collective » reposait sur l’autogestion et l’animation rurale. Mais cette vision, jugée trop progressiste, attira des ennemis puissants, tant à l’intérieur qu’à l’étranger
En 1962, des tensions avec Senghor dégénérèrent en une crise politique majeure. Accusé de tentative de coup d’État, Dia fut condamné à une déportation perpétuelle et emprisonné à Kédougou. Pour la première fois dans l’histoire de l’Afrique post-indépendance, un affrontement éclate, dépassant le simple conflit de tempéraments, personnalités ou styles. L’incompatibilité d’humeur laisse place à un divorce ancré dans des divergences politiques profondes. Tout le reste relève de l’anecdotique, que l’Histoire ne retiendra qu’en marge, comme des détails accessoires. Aux dirigeants d’hier et d’aujourd’hui, aux générations d’Africains marginalisées par les manœuvres politiciennes et privées de leur potentiel décisif, aux alliés et adversaires du continent, le témoignage de Mamadou Dia rappelle que, dans une ère marquée par des ruptures inévitables, seules les idées ont un véritable poids
Malgré plus d’une décennie d’emprisonnement, Dia resta fidèle à ses convictions. Il qualifia cette période d ’« ermitage pieux et studieux », durant laquelle il approfondit sa réflexion sur la justice sociale et le développement participatif. Libéré en 1974, il poursuivit son combat politique, publiant plusieurs ouvrages d’analyse et de propositions.
Critique avéré des présidences de Senghor et de Diouf, il ne le fut pas moins quand Abdoulaye Wade, qu’il avait soutenu en 2000, arriva au pouvoir. Dans une de ses chroniques « L’œil du Patriarche », il dénonça les atteintes à la démocratie et appela à une opposition vigoureuse. Il fait partie des rares leaders politiques à s’être distingué par son opposition frontale lors du référendum constitutionnel du 7 janvier 2001. Ce scrutin, décrit comme un « plomb dans les ailes de l’Alternance balbutiante », l’a poussé à qualifier le projet de Constitution wadiste de « chef-d'œuvre d'hérésie [et] de nid d'artifices de bas étage ».
La suite de son combat s’intensifie après la présidentielle du 25 février 2007, marquée par ce qu’il désigne comme un « pickpocket électoral sans précédent ». Dans une déclaration solennelle, il dresse un parallèle saisissant entre les autocrates d’hier et les dirigeants de l’époque : « Naguère, on a eu la génération Bokassa, Amin Dada, Mobutu. Assiste-t-on à un remake de cette ère lugubre pour l’Afrique avec Mugabe, Conté et Wade ? »
Critiquant fermement les dérives du pouvoir de Wade, il dénonce un climat d’impunité : « Sous le Sénégal de l’alternance, on absout les crimes politiques, on tente d’assassiner les opposants et on les agresse - eux et d’autres- en toute impunité. » Il fustige également le comportement de Wade : « Lorsque le gardien de la Constitution, et donc de la légitimité républicaine, se met hors la loi de façon éhontée […] il n’y a plus de place pour l’illusion d’un formalisme juridique quelconque. »
Appelant à une riposte courageuse, il exhorte l’opposition à prendre les devants : « La riposte doit être à la mesure de la provocation. Il n’y a pas d’autre solution que l’action sur le terrain, en acceptant sans hésiter les risques possibles et imaginables. »
Il conclut sur une note déterminée, reprenant la célèbre devise du capitaine chouan : « J’avance, suivez-moi. Si je meurs, vengez-moi. Si je recule, tuez-moi !
Aujourd’hui, Mamadou Dia laisse l’image d’un homme politiquement intègre, ayant traversé les tumultes de l’histoire politique sénégalaise sans jamais trahir ses principes. Il laisse en héritage une vision audacieuse d’un pays souverain et démocratique.
VIDEO
L'ÉLITE SILENCIEUSE DE LA POLICE SÉNÉGALAISE
La Brigade d'Intervention Polyvalente, fleuron des forces spéciales, forme ses agents à l'excellence opérationnelle dans le secret. Entre entraînements intensifs et missions sensibles, plongée dans le quotidien de ces gardiens méconnus de la paix
La Brigade d'Intervention Polyvalente (BIP), unité d'élite de la police sénégalaise, opère depuis 1975 dans l'ombre de la sécurité nationale. Cette force spéciale, directement rattachée à la présidence de la République et à la Direction Générale de la Police Nationale, constitue le fer de lance de la lutte antiterroriste et du combat contre le grand banditisme au Sénégal.
Dans leurs installations ultramodernes à Dakar, les agents de la BIP suivent un programme d'entraînement intensif quotidien. Leur journée commence invariablement par des exercices physiques rigoureux, suivis de séances tactiques comprenant tir de précision, simulation d'interventions et neutralisation d'engins explosifs. Le centre dispose notamment d'un simulateur de tir laser unique en Afrique de l'Ouest, permettant un entraînement réaliste tout en économisant les munitions.
La formation des agents couvre un large spectre de compétences. Les arts martiaux occupent une place prépondérante, avec la pratique du taekwondo, de l'aïkido, de la boxe et de la lutte. Ces disciplines s'avèrent cruciales lors d'interventions où l'usage d'armes à feu n'est pas approprié. L'unité excelle également dans la détection et la neutralisation de colis piégés, démontrant une expertise technique de haut niveau.
Rompant avec les stéréotypes, la BIP intègre des femmes dans ses rangs. Ces agentes suivent la même formation exigeante que leurs homologues masculins et participent à l'ensemble des missions, prouvant que la compétence prime sur le genre dans cette unité d'élite.
La BIP maintient une disponibilité permanente, ses membres restant mobilisables 24 heures sur 24. L'unité cultive une culture du secret, symbolisée par le port systématique de cagoules lors des interventions, préservant l'anonymat nécessaire à l'efficacité de leurs missions sensibles.
Entre protection rapprochée des hautes personnalités nationales et internationales, interventions antiterroristes et assistance aux autres services de police, la BIP incarne l'excellence opérationnelle de la police sénégalaise. Son professionnalisme et sa discrétion en font un maillon essentiel de la sécurité nationale.
par Birane Diop
LE TEMPS LONG DONNE RAISON À SENGHOR
Du Théâtre national Daniel Sorano aux écoles d'infirmiers, il a créé les institutions essentielles du pays. Son œuvre, aujourd'hui contestée, témoigne pourtant d'une vision universaliste plus que jamais d'actualité
En ces temps formidables marqués par l’ère de la post-vérité sans limites, il m’arrive de discuter avec des compatriotes de l’héritage de nos devanciers, notamment Cheikh Anta Diop et Léopold Sédar Senghor. Deux figures majeures de notre histoire intellectuelle, culturelle, sociale et politique, dont tout Sénégalais devrait être fier au regard de leur trajectoire, bien que leurs visions du monde fussent antagonistes, voire opposées. J’ai lu leurs œuvres et compris leurs désaccords ainsi que leurs petites querelles. Cheikh Anta prêchait la renaissance africaine, tandis que Senghor, dans la même veine que ses amis Damas et Césaire, militait en faveur de la négritude. Cependant, j’ai constaté que l’héritage de Senghor est parfois analysé avec un excès de mauvaise foi, peut-être lié à l’ignorance.
Certains affirment, sans nuance ni recul – des qualités pourtant nécessaires à toute analyse sérieuse et exempte de biais –, que Senghor était un suppôt de la France, un aliéné, un renégat, que sa vision du monde était bidouillée et qu’il serait la principale cause de notre « retard économique ». Pourtant, l’économiste et penseur décolonial sénégalais Felwine Sarr nous dit dans son essai Afrotopia (Philippe Rey, 2016) : « L’Afrique n’a personne à rattraper. » On impute aisément à Senghor une part démesurée de nos échecs. Quelle époque singulière !
Léopold Sédar Senghor était un grand homme d’État. Il a placé le Sénégal, petit pays niché en Afrique de l’Ouest, sur la carte du monde grâce à deux piliers : la culture et l’éducation. Il a fondé les premières institutions culturelles sénégalaises, notamment le Théâtre national Daniel Sorano et la Manufacture nationale de Tapisserie, et fut l’initiateur du Festival mondial des arts nègres. Il a également créé les écoles des agents sanitaires de Saint-Louis ainsi que celles des infirmiers et infirmières d’État, contribuant ainsi à renforcer les infrastructures éducatives et sanitaires du pays. Il avait compris, avant tout le monde, que la culture et l’éducation sont essentielles pour façonner des vies.
C’est pourquoi, durant son magistère, Senghor avait consacré plus d’un quart du budget de l’État à l’éducation et à la culture, convaincu que ces deux domaines constituaient les fondations indispensables d’une nation, qui irait au « rendez-vous du donner et du recevoir », par l’entremise de ses filles et fils bien instruits et éduqués. Le natif de Joal, ancien maire de Thiès – la ville rebelle –, profondément enraciné dans son royaume d’enfance, le pays sérère, mais ouvert aux influences du monde libre, savait que la construction de l’homme total, voire universel, passait par ces deux mamelles. À ce titre, je puis affirmer sans réserve qu’il était en avance sur son temps et sur son monde.
Face aux crises qui assaillent l’humanité et aux impasses de la mondialisation et du néolibéralisme, à la montée de la xénophobie et des passions tristes – ici comme ailleurs dans le corps social –, l’œuvre de Senghor nous invite à monter en humanité en plaçant l’humain au cœur de l’action publique afin qu’il accède au bonheur et au bien-être, quelle que soit sa langue, son origine, sa couleur de peau, son sexe ou sa religion. La pandémie de Covid-19 nous l’a appris à nos dépens. Revisiter son œuvre, bien qu’imparfaite – comme toute œuvre humaine –, nous arme pour résister aux discours de haine, aux assignations identitaires et aux ressentiments.
Par ailleurs, l’œuvre foisonnante de Senghor nous enseigne ceci : le Sénégalais est un être qui s’empêche. Il bâtit des ponts, mais n’érige jamais de barrières. Le Sénégalais est un citoyen du monde, qui a pour seule boussole l’altérité et doit toujours emprunter les voies de la créolisation. Les actualités géopolitiques, notamment ce qui se déroule à Gaza sous nos yeux, rappellent la portée de cette vision universaliste. Senghor, catholique mais avant tout Sénégalais, avait accordé à Yasser Arafat, alors président de l’Autorité palestinienne, un passeport diplomatique lui permettant de voyager sans entraves dans les aéroports du monde libre. Ce geste illustre sa conception d’un humanisme transcendant les frontières religieuses, culturelles et politiques.
L’autre leçon magistrale que nous prodigue le vieux savant sérère est celle-ci : le Sénégalais est animé par une mystique républicaine profondément enracinée en lui. Comme l’avait si bien formulé le philosophe catholique Charles Péguy, « la République est une mystique avant d’être une politique ». Ainsi, la République laïque doit être pour le Sénégalais sa seule patrie, sa seule certitude et le socle inébranlable de son unité.
Aujourd’hui, certains individus sans mesure ni retenue, prompts à invectiver devant l’éternel, s’acharnent encore dans une entreprise abjecte de diffamation, autrement dit, d’outrager sa mémoire. Senghor n’était pas parfait. Il était un simple homme, avec ses failles, ses zones d’ombre et ses erreurs. Cette humanité complexe et imparfaite avait d’ailleurs été mise en lumière lors de l’exposition « Senghor et les arts : réinventer l'universel », qui s’était tenue au Musée du quai Branly. J’ai eu la chance de visiter cette exposition un samedi matin ensoleillé d’août 2023, et elle m’a permis de mieux appréhender la richesse de son héritage, au-delà des critiques souvent réductrices dont il fait l’objet. Mais une chose demeure irréfutable : Senghor a construit l’État-nation, forgeant une identité nationale unifiée malgré la diversité linguistique, religieuse et ethnique qui caractérise le Sénégal. C’était cela, Senghor : un bâtisseur de ponts, un homme de vision. De surcroît, il n’était ni un démagogue, ni une élite désincarnée surfant sur les affects en politique.
Birane Diop est diplômé de l’Université Cheikh Anta Diop, de l’Université Jean Moulin Lyon 3 et du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM Paris).
UNE AUTORITÉ UNIQUE POUR CONTRÔLER MEDIAS ET RÉSEAUX SOCIAUX
La future instance aura pour mission de superviser l'ensemble des supports de diffusion, qu'ils soient physiques ou numériques. L'objectif affiché est d'assurer des "contenus de qualité respectueux des normes éthiques et du droit à l'information"
(SenePlus) - Le ministère de la Communication (MCTN) franchit une étape décisive dans la régulation du paysage médiatique. Lors d'une journée de concertation organisée à Dakar le 24 janvier 2025, le ministre Alioune Sall a présenté un avant-projet de loi visant à créer une autorité administrative indépendante aux compétences élargies.
D'après les initiateurs, cette réforme s'impose face aux limites du système actuel. En effet, depuis 2006, le Conseil National de Régulation de l'Audiovisuel (CNRA) ne couvre ni la presse traditionnelle, ni les médias en ligne, ni les réseaux sociaux. Une lacune d'autant plus problématique que le paysage médiatique a profondément évolué avec la révolution numérique.
"En l'absence de régulation efficace, les plateformes numériques, les réseaux sociaux et l'intelligence artificielle peuvent être sources de menaces sérieuses", a averti le ministre Sall lors de la présentation. Il a notamment pointé du doigt "la prolifération des discours de haine, de défiance, de désinformation, de manipulation et de déstabilisation sociale, politique et économique, nuisibles à tous."
La future instance aura pour mission de superviser l'ensemble des supports de diffusion, qu'ils soient physiques ou numériques. L'objectif affiché est d'assurer des "contenus de qualité respectueux des normes éthiques et du droit à l'information", selon les termes du ministre.
Cette initiative a reçu le soutien du président du CNRA, Mamadou Oumar Ndiaye, qui s'est félicité de voir les compétences de régulation étendues aux plateformes numériques ainsi qu'à la presse écrite et en ligne. Il a insisté sur un principe fondamental : "aucun média, y compris les plateformes numériques, ne devrait échapper à la régulation."
Ce projet ambitieux, présenté devant les organisations faîtières de la Coordination des Associations de Presse, marque un tournant dans la gouvernance des médias au Sénégal. Il vise à adapter le cadre réglementaire aux défis de l'ère numérique, tout en renforçant les mécanismes de contrôle existants.
VIDEO
LES PROCHAINES ÉTAPES APRÈS LA LEVÉE DE L'IMMUNITÉ PARLEMENTAIRE DE FARBA NGOM
La justice est désormais libre de poursuivre son travail dans l’affaire issue du rapport de la Centif. Daouda Mine a détaillé les étapes suivantes, notamment la transmission du dossier au parquet et l’éventuelle saisine d’un juge d’instruction.
iGFM - TV Après la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom quelle étape va suivre dans la procédure ? Une question à laquelle Daouda Mine a donné une réponse détaillée sur le plateau de iGFM – Tv.
L’immunité parlementaire de Farba Ngom a été levée ce vendredi. À présent, la justice peut faire son travail sur l’affaire découlant du rapport de Centif.
Selon Daouda Mine, chroniqueur judiciaire, après cette étape, l’Assemblée nationale notifiera au ministre de la Justice la levée de l’immunité du député.
Puis, le ministre le répercutera au parquet. «Et à partir de ce moment, il n’y a plus de barrage pour engager des poursuites contre Farba Ngom», explique Daouda Mine.
Puis, l’autre étape pourrait être l’établissement d’un réquisitoire introductif adressé au Juge d’instruction pour engager des poursuites en visant les infractions précises.
Le Juge d’instruction pourra convoquer le prévenu (et ses avocats) et procéder à l’inculpation au besoin.
VIDEO
FARBA NGOM PERD SON IMMUNITÉ
Malgré le retrait spectaculaire des députés de l'APR et de Takku Wallu, le vote pour la levée de l'immunité parlementaire du député s'est tenu. Le résultat est sans appel : 130 voix pour, contre seulement 3 oppositions et 3 abstentions
Ce vendredi 24 janvier 2024, l'Assemblée nationale a procédé à la levée de l'immunité parlementaire du député Mouhamadou dit Farba Ngom, lors d'une séance marquée par des tensions et des départs.
La session a été particulièrement mouvementée avec le retrait des députés de l'Alliance pour la République (APR), qui ont quitté l'assemblée sur instruction de leur collègue Abdou Mbow. Ce dernier a qualifié l'initiative d'« escroquerie politique » visant à écarter Farba Ngom. De même, les députés de Takku Wallu ont également choisi de ne pas participer aux délibérations en quittant l'hémicycle.
Malgré ces absences notables, le vote s'est tenu avec 136 participants, dont 10 par délégation. Les résultats sont sans appel : 130 pour la levée de l'immunité, 3 voix contre et 3 abstentions.
Cette décision intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. La séance s'est conclue avec le renvoi à la Conférence des présidents pour la fixation du calendrier des prochains travaux parlementaires.
La levée de l'immunité parlementaire de Farba Ngom ouvre désormais la voie à d'éventuelles poursuites judiciaires contre le député dans le cadre d'une affaire portant sur une somme de 125 milliards de FCFA.
Par Serigne Saliou DIAGNE
LETTRE À HAMIDOU ANNE, CE CAPITAINE COURAGE
Quand tout le monde hurlait avec les hyènes pour refuser de voir les vérités en face, Hamidou Anne aura su se dresser par ses idées et aller en rupture de ban pour donner résonance à la parole vraie et surtout à la parole contraire
«Quand tu aimes, il faut partir», «Traverses» prend ici donc fin. Je m’engage désormais en politique pour poursuivre ma réflexion, en y adjoignant désormais l’action du terrain, au service des valeurs qui fondent ma vie : la République, la liberté, la démocratie et la laïcité.» Ces derniers mots de Hamidou Anne, lus ce début de semaine, dans les colonnes du Quotidien ont soulevé en moi beaucoup de tristesse, mais également beaucoup de fierté. Hamidou Anne est cet intellectuel sénégalais d’un courage des dieux qui, face à l’adversité et aux critiques, n’a jamais battu en retraite. Pour la République, pour la justice, pour le bien de son Peuple, il a toujours trempé sa plume afin d’exorciser nos maux, de professer une lucidité et une retenue, d’appeler au dialogue avec l’autre. Dans une ère où les insultes, menaces et quolibets ont pris le dessus sur les idées et arguments sensés dans le débat public, il a su se dresser en chantre de la parole libre et en adversaire de toutes les entreprises de terrorisme intellectuel qui pullulent partout, mais avec une voracité terrible dans notre pays.
«Vos insultes sont nos médailles», ce fort mot de Hamidou Anne, beaucoup de gens pouvant émettre des avis dans l’espace public ont pu se l’approprier pour en faire un bouclier, voire une carapace contre toutes les attaques barbares et en-dessous de la ceinture qu’on a vu émerger dans notre pays depuis la séquence folle de mars 2021. Quand tout le monde hurlait avec les hyènes pour refuser de voir les vérités en face, Hamidou Anne aura su se dresser par ses idées et aller en rupture de ban pour donner résonance à la parole vraie et surtout à la parole contraire. C’est dans cette belle terre de démocratie, dans ce pays qui aura à travers des décennies, exploré le modèle d’un Etat républicain dans ses plus beaux atours et étant au service de tous, qu’une horde de fascistes imposera une dictature des idées et une censure des questions. Cela, jusqu’à ce qu’ils soient rares les intellectuels qui osent se mettre au travers de cette roue ou pourraient avoir le courage de la briser. Avec l’absence totale de nombreux de nos intellectuels du débat public, malgré toutes les manœuvres attentatoires aux libertés publiques et à la démocratie que le nouveau régime mène sans relâche, on peut dire que le temps aura donné raison à Hamidou Anne pour avoir interpellé toutes les impostures qui ne cessaient ces dernières années de pilonner les tenants précédents de notre Etat à coups de tribunes conjointes, pamphlets et pétitions. Aujourd’hui, leur silence enseigne bien que la partisannerie aveugle, en rentrant à l’université, dans nos administrations et dans le monde des médias, finira par causer la perte de ce pays.
De Hamidou Anne, il faudra également retenir que ces chroniques auront toujours été un voyage intime où il aura donné à tous, une part de lui avec une sincérité déconcertante. Je l’ai souvent lu en me disant qu’il est trop transparent, sincère et vrai pour un public souvent assez tortueux et prêt à donner à nos écrits, l’interprétation qui sied le mieux à ses émotions et affiliations du moment. Dans la chronique «Traverses», Hamidou aura parlé pour les petites gens, pour le Sénégalais lambda et toute personne dotée d’une compassion humaniste sur le sort de nos peuples, sur l’organisation de notre vivre-ensemble et sur la confrontation de nos pouvoirs publics à leurs responsabilités dans la noble mission de servir. Il aura su ériger des ponts et passerelles, contribuant à une consolidation du modèle laïc sénégalais en ne manquant pas de le comparer aux errements d’ailleurs.
C’est un enfant de Pikine, fier fils des Chemins de fer sénégalais, qui nous aura fait voyager pendant quatre années dans ces colonnes. Il nous aura montré l’étendue des possibles pour tout citoyen du monde. Il aura plaidé pour les femmes, pour les opprimés, il aura défendu la veuve et l’orphelin. Il aura mis en garde contre la tentation diabolique du populisme, il aura critiqué les excès de tous nos Léviathans modernes présidant à nos destinées communes. Il aura rappelé aux serviteurs de nos administrations et aux gens de nos métiers des armes, l’obligation de retenue et l’impératif de faire passer les intérêts du Sénégal au-dessus de tout. Sa voix aura également résonné à l’international pour donner une certaine idée du Sénégal, tant dans les idées, l’élégance discursive et la rigueur intellectuelle qui, au train actuel des choses, finiront par se perdre. A Hamidou Anne, mes sincères encouragements et remerciements pour avoir aidé à hisser si haut le débat d’idées dans ces colonnes, en toute liberté et indépendance. Face à l’immensité de la faille et de l’effondrement de toute une Nation comme il le dit si bien, il est bien que des hommes forts et courageux s’engagent. La survie de la République, la préservation des libertés et le plaidoyer perpétuel pour un humanisme franc et sincère valent tous les sacrifices. Bon vent cher Hamidou, que tu restes le timonier exemplaire dans tes nouvelles initiatives, afin de mener ta barque à bon port. L’intérêt général, tu le connais, nul besoin de te dire que ta barque sera nôtre et celle de bien de gens nourris des mêmes valeurs.
VIDEO
LA FACTURE CACHÉE D'AIR SÉNÉGAL
Les dettes atteindraient 500 milliards de francs CFA, soit cinq fois plus que le montant officiel. Une gouvernance défaillante et des choix stratégiques contestables ont poussé la compagnie nationale dans l'abîme
Invité à l'émission Soir d'Info de la TFM ce jeudi 23 janvier 2025, le Commandant Malick Tall, ancien pilote d'Air Afrique et ex-directeur des opérations d'Air Sénégal International, a dressé un tableau alarmant de la situation financière d'Air Sénégal.
Selon cet expert qui cumule plus de 20.000 heures de vol, la dette réelle de la compagnie nationale avoisinerait les 500 milliards de francs CFA, soit cinq fois plus que les 100 milliards officiellement déclarés. Cette situation critique trouve ses racines dans des décisions stratégiques contestables prises depuis 2018, notamment l'abandon d'un business plan initial qui avait été validé dès par la RAME.
Le Commandant Tall pointe particulièrement du doigt le contrat avec la société américaine Carline, dont les avions âgés de 20 à 25 ans grèvent lourdement le budget de la compagnie en frais de maintenance et de carburant. Il préconise leur retrait immédiat de la flotte.
Malgré ce constat sévère, l'ancien directeur des opérations insiste sur la nécessité de maintenir une compagnie aérienne nationale, élément crucial pour le développement du tourisme et de la logistique au Sénégal. Il propose une série de mesures d'urgence : audit des anciennes directions, établissement de comptes d'exploitation certifiés, et recrutement de professionnels compétents aux postes clés.
Ces révélations interviennent alors que le gouvernement sénégalais a annoncé lors du dernier Conseil des ministres, une restructuration globale de la compagnie, avec deux réunions interministérielles prévues en février.
FARBA NGOM MOBILISE LE FOUTA
Visé par une enquête du parquet financier, le député dont la levée de l’immunité parlementaire sera à l’ordre du jour ce vendredi 24 janvier, lors d’une session plénière à l’Assemblée nationale, mobilise de plus en plus de soutiens
« Touche pas à Farba » ! C’est le slogan répété hier, jeudi 23 janvier par plusieurs personnes qui s’étaient mobilisés à Agnam (departement de Matam) pour soutenir le député Mouhamadou Ngom dit Farba. Des responsables politiques et militants de l’Alliance pour la République (APR), des populations de la région de Matam se sont érigés en bouclier du maire de Agnam dont la levée de l’immunité parlementaire est en passe d’être levée parce que visé par une enquête.
Visé par une enquête du parquet financier, le député Farba Ngom, dont la levée de l’immunité parlementaire sera à l’ordre du jour ce vendredi 24 janvier, lors d’une session plénière à l’Assemblée nationale, mobilise de plus en plus de soutiens à son endroit. Outre les soutiens parlementaires et judiciaires, plusieurs militants se sont regroupés hier, jeudi 23 janvier dans son fief à Agnam lors d’un grand rassemblement. La manifestation qui a drainé beaucoup de jeunes, de femmes, d’enfants qui ont arboré des brassards rouges, s’est distinguée par la présence de plusieurs délégations notamment celles en provenance du niveau national et de la diaspora.
A l’occasion, on remarquera la présence de plusieurs anciens ministres, d’anciens directeurs généraux, des hautes pontes de l’Alliance pour la République qui ont partagé la tribune avec plusieurs maires de la région de Matam et les présidents de conseil départemental. Dans la tumulte des interventions, c’est le maire de Ourossogui Me Moussa Bocar Thiam qui a cristallisé la détermination des populations à soutenir le député-maire de Agnam.
Au nom des alliés, le député Abdou Karim Sall oppose un « refus catégorique » contre la levée immunitaire de Farba Ngom. Saluant la mobilisation des militants et sympathisants, l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Mame Diop qui a fait le déplacement avec les anciens ministres Mansour Faye, Augustin Tine, Pape Malick Ndour, Abdoulaye Saydou Sow, entre autres, a renouvelé son soutien à Farba Ngom. Prenant la parole au nom des femmes de la région de Matam, la députée Racky Diallo a traduit la détermination de ses consœurs à s’ériger en boucliers de leur responsable politique. Les jeunes également, par la voix de Abdoul Aziz Diop ont montré leur engagement et leur soutien.
Prenant la parole en dernier lieu, le député-maire de Agnam a salué la forte mobilisation des populations. « Le président Macky Sall qui est mon mentor politique, m’a enseigné le respect de la justice », a-t-il déclaré.
Avant d’ajouter, « je suis serein face à ce qui se passe, et cela ne peut amoindrir mon engagement et mon idéologie politique ».
REVELATIONS SUR LES CONCLUSIONS DE LA COMMISSION AD-HOC RELATIVE À L'AFFAIRE FARBA NGOM
Le député Mouhamed Ayib Salim Daffé, président du groupe parlementaire Pastef Les Patriotes, a abordé, jeudi soir, la question de la levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom.
Le député Mouhamed Ayib Salim Daffé, président du groupe parlementaire Pastef Les Patriotes, a abordé, jeudi soir, la question de la levée de l’immunité parlementaire du député Farba Ngom. Ce sujet sera discuté lors de la prochaine séance plénière prévue ce vendredi.
Selon lui, l’importance de respecter rigoureusement les procédures légales par la commission ad hoc et l’Assemblée nationale. Selon lui, après examen du dossier, la commission a recommandé la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom, précisant que l’Assemblée nationale n’est ni un tribunal ni un lieu de jugement, mais un organe chargé de vérifier la conformité de la demande aux lois, au règlement intérieur et à la Constitution. Il a assuré que toutes les étapes procédurales ont été respectées.
« La commission ad hoc a fait son travail. Elle recommande la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom, et nous nous sommes assurés que toutes les étapes ont été respectées. Le député n’est pas au-dessus des lois. Nous sommes dans un État de droit, et il est de notre responsabilité de respecter ce cadre », a-t-il notamment martelé sur la Rts.
Il a également rappelé que, en tant que représentants du peuple, les députés ne sont pas au-dessus des lois. « Nous qui votons les lois, nous devons aussi accepter de répondre aux institutions judiciaires », a-t-il insisté, soulignant que l’essentiel réside dans le respect des droits et l’absence de règlements de comptes.
Mouhamed Ayib Salim Daffé a précisé que la procédure suit un cadre légal strict, notamment les récentes lois sur le blanchiment de capitaux. Il a insisté sur l’importance d’une justice indépendante, à l’abri des considérations partisanes. « La commission a fait son travail, elle recommande la levée de l’immunité, et nous avons veillé à ce que toutes les étapes aient été respectées », a-t-il martelé, réaffirmant que personne n’est au-dessus des lois dans un État de droit.
Si la levée de l’immunité est validée, elle pourrait permettre des poursuites judiciaires contre Farba Ngom, selon les recommandations de la commission. La séance plénière de vendredi sera donc décisive, envoyant un message fort en faveur de la justice et de la transparence.