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3 avril 2025
Politique
RÉVISION ORDINAIRE DES LISTES ÉLECTORALES PRÉVUE ENTRE FÉVRIER ET JUILLET
Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique annonce la révision ordinaire des listes électorales conformément aux dispositions du Code électoral (article L.37 du Code électoral, article R.28 du décret n° 2021-1196 portant partie réglementaire..
Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique annonce la révision ordinaire des listes électorales conformément aux dispositions du Code électoral (article L.37 du Code électoral, article R.28 du décret n° 2021-1196 portant partie réglementaire du Code électoral). Les opérations qui entrent dans le cadre de la mise à jour du fichier électoral se dérouleront du 1er février au 31 juillet 2025, informe le quotidien Le Soleil.
La révision ordinaire des listes électorales 2025, d’une durée de six mois, démarre le 1er février prochain. Selon la source, l’information est confirmée par la Direction générale des élections (Dge) du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique.
« La Dge annonce la publication imminente du communiqué officiel sur la question. Cette opération qui s’inscrit dans le cadre des efforts pour renforcer la transparence et l’inclusivité du processus électoral sera clôturée le 31 juillet 2025 conformément aux dispositions du Code électoral. Son article 37 dispose que « les listes électorales sont permanentes », renseigne la source.
« Elles font l’objet d’une révision annuelle initiée par l’administration. Sauf cas de force majeure, cette révision dite ordinaire se déroule dans les délais fixés par le présent Code (…) ». Durant cette période de révision ordinaire ouverte à tous les citoyens électeurs ayant atteint la majorité électorale, soit 18 ans, les Sénégalais auront la possibilité de s’inscrire. Les inscriptions (primo-votants) et mises à jour (changement d’adresse électorale, correction d’éventuelles erreurs sur les données personnelles), pourront être réalisées dans les différentes commissions administratives ouvertes sur l’ensemble du territoire national », a-t-elle ajouté.
Celles-ci sont composées d’un président et d’un suppléant désignés par le préfet ou le sous-préfet, du maire ou de son représentant ainsi que d’un représentant de chaque parti politique légalement constitué ou coalition de partis politiques déclaré à cet effet auprès de l’autorité compétente. La dernière révision ordinaire des listes électorales remonte à 2016.
Depuis lors, seules des révisions extraordinaires ont été organisées. Et pourtant, conformément à l’article L.37 du Code électoral, le gouvernement ne peut recourir qu’à l’article R.28 du décret n° 2021-1196 qui dispose : « une révision dite « ordinaire » a lieu, sauf cas de force majeure ou de révision exceptionnelle en perspective, chaque année, du 1er février au 31 juillet inclus ». En outre, l’article 37 précise qu’avant chaque élection générale, une révision exceptionnelle peut être décidée par décret qui détermine alors la durée des opérations et les délais des contentieux.
« Dans ce cas, il n’y aura pas de révision ordinaire. Toutefois, la révision exceptionnelle peut être décidée dans la même forme en cas d’élection anticipée ou de référendum. Si les délais d’organisation d’une élection anticipée ou d’un référendum ne permettent pas le déroulement normal d’une révision exceptionnelle, l’élection ou la consultation est faite sur la base de la liste électorale révisée dans l’année en cours ».
FARBA NGOM LIVRE A LA PLENIERE
La levée de l'immunité parlementaire de Farba Ngom, membre du Groupe Takku Wallu (opposition), est désormais entre les mains des 165 députés de la quinzième législature.
La levée de l'immunité parlementaire de Farba Ngom, membre du Groupe Takku Wallu (opposition), est désormais entre les mains des 165 députés de la quinzième législature. La commission ad-hoc chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité du député a bouclé ses travaux hier, mardi, à l’Assemblée nationale, en votant pour une plénière. La réunion de la commission ad hoc s’est tenue à l’absence de Farba Ngom mais aussi de sa représentante, Me Aïssata Tall Sall, qui a quitté les travaux, en guise de protestation.
L a procédure de levée de l'immunité parlementaire de Farba Ngom a franchi un autre palier hier, mardi 21 janvier 2025, à l’Assemblée nationale. La commission ad-hoc chargée de statuer sur la demande de levée de cette immunité du maire des Agnams a décidé, à l’issue de ses travaux, d’envoyer le député membre du Groupe Takku Wallu (opposition) devant la plénière. En adoptant cette demande de levée de l'immunité parlementaire, la commission ad-hoc composée de 11 membres dont 9 de Pastef, un de l’opposition et un député non-inscrit, a choisi d’activer, en rapport avec le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la plénière pour décider de la levée ou non de cette immunité. Il faut dire que la réunion de la commission ad hoc s’est tenue sans la présence du principal concerné qui a décidé de se faire représenter par sa collègue présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, Me Aïssata Tall Sall, conformément à l’article 52 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale en son alinéa 2: « La Commission doit entendre le député intéressé, lequel peut choisir, comme défenseur, un de ses collègues… ».
Seulement, Me Aïssata Tall Sall n’a pas pu continuer la réunion car, dira-t-elle lors d’une déclaration à la presse, elle n’a pas été informée des éléments de faits pour lesquels son collègue Farba Ngom a été visé. «Depuis qu’on parle, c’est seulement sur des hypothèses. Personne n’a encore vu le dossier pour lequel notre collègue est pointé du doigt. Quelle est la difficulté à nous donner les faits pour que notre présence au sein de la commission puisse être pertinente. J’avais même écrit au président de la commission pour lui demander de m’imprégner des faits qui sont reprochés à Farba Ngom pour pouvoir le défendre dans cette commission. Mais il ne m’a envoyé que les courriers entre les différents procureurs. Je regrette mais dans ces lettres de transmission ne se trouvent pas les faits qui sont reprochés à notre collègue », a dénoncé la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal qui a opté en conséquence de quitter la réunion de la commission ad hoc.
Pour rappel, le 10 janvier 2025, le ministre de la Justice a envoyé un courrier au président de l’Assemblée nationale, sollicitant la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom. Cette démarche faisait suite à la demande du Procureur général près la Cour d’appel de Dakar, formulée à travers une correspondance datée du 3 janvier 2025. Le procureur de la République financière du pool judiciaire financier (PJF) est à l’origine de l’enquête qui vise à élucider une affaire de blanchiment d’argent dans laquelle Farba Ngom serait impliqué. Selon les premiers éléments de l’enquête, des transactions financières douteuses auraient permis le transfert et le blanchiment d’une somme impressionnante, estimée à 125 milliards de francs CFA.
LE RÉVEIL CITOYEN BOUSCULE LES URNES
René Lake dresse sur VOA Afrique, le bilan d'une année 2024 charnière pour la démocratie en Afrique. Selon lui, la simple tenue d'élections ne suffit plus à satisfaire une jeunesse de plus en plus exigeante
Dans une intervention approfondie sur VOA Afrique lors de l'ultime édition de l'émission Washington Forum, René Lake, analyste politique, dresse un bilan nuancé de l'année 2024 et esquisse les perspectives pour 2025, mettant en lumière les défis de la démocratie contemporaine.
"La démocratie électorale semble être une réalité sur le continent, mais elle n'est pas synonyme de démocratie effective, de démocratie citoyenne, de démocratie participative", observe Lake, soulignant une crise démocratique qui dépasse les frontières africaines. Selon lui, ce déficit de participation explique largement le mécontentement populaire et les bouleversements politiques observés à travers le monde.
La question de l'Alliance des États du Sahel (AES) et son retrait de la CEDEAO illustre les tensions régionales actuelles. Lake qualifie cette décision d'"incompréhensible", tout en reconnaissant que "les critiques des pays de l'AES vis-à-vis de la CEDEAO sont ressenties par les populations". Il place ses espoirs dans les efforts diplomatiques, notamment ceux du "professeur Abdoulaye Bathyli, diplomate chevronné et grand pan-africaniste".
Sur le plan international, l'analyste évoque la surprise de la réélection de Donald Trump aux États-Unis, survenue après la campagne éclair de Kamala Harris. "Il y a six mois, personne n'envisageait un tel scénario", note Lake, attribuant ce résultat à "la persévérance de Donald Trump, qui lui s'est préparé pendant quatre années sans répit".
Pour 2025, Lake identifie plusieurs enjeux majeurs pour l'Afrique francophone : l'avenir du franc CFA, la situation sécuritaire au Sahel, l'avenir de la CEDEAO, et les développements politiques au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Concernant le conflit en Ukraine, il anticipe une possible résolution sous l'administration Trump, probablement "au détriment des Européens et de l'Ukraine en particulier".
L'analyste conclut sur une note d'espoir, évoquant l'émergence d'une jeunesse africaine "de plus en plus informée" et "très déterminée". "Les jeunesses veulent participer au développement et elles ont une exigence de transparence, de moralité, de décence qui est très élevée", affirme-t-il, suggérant un changement de paradigme nécessaire dans la conception même de la démocratie.
PAR Vieux Savané
LA FOLIE DES JEUX D’ARGENT
Voilà une enquête journalistique minutieuse où l’auteur paye de sa personne pour nous plonger dans l’univers impitoyable des jeux électroniques
C’est un jeu, une activité à laquelle on se prête avec insouciance et légèreté. Seulement, on finit souvent par s’enliser tout doucement, profondément, dans le sable mouvant du jeu, jusqu’à se retrouver dans une posture de dépendance absolue. Tombé en addiction, le joueur convulsif voit ainsi sa capacité à décider par lui-même s’estomper peu à peu, à force d’avoir du mal à surseoir voire à différer une irrépressible envie. En d’autres termes l’adepte aux jeux électroniques court le risque de ne plus être maître de ses actes. Il se retrouve par contre, « à l’insu de son plein gré» à ne plus agir mais à être agi par un ensemble de pulsions qui le plongent dans le jeu. A son corps défendant, il passe ainsi du jeu qui aère l’esprit, d’un moment de détente donc, à ce qui ressemble à une descente aux enfers. Happé qu’il est dans une spirale qui le fait balloter entre l’espoir le plus fou de gagner le jackpot et la chute la plus brutale de constater avoir tout perdu.
Fort de ces désastres qu’il a constatés au cours de sa minutieuse enquête journalistique opérée dans le milieu des casinos dakarois, l’auteur de l’ouvrage trouve que les nouveaux jeux d’argent électroniques, « dont le pari sportif a adopté et adapté le mécanisme », bouleversent la vie quotidienne de gens qui ont joué et tout perdu. L’auteur égrène des cas d’école qui épousent le visage d’un homme, d’une femme, qui portent leurs projets en bandoulière et les voient se déliter et se fracasser sur le rocher de leurs désillusions. Des exemples sont donnés pour dire que l’addiction dont il est question est chair et d’os. Elle fausse tout, met tout en l’air, déshumanise, parce qu’elle expulse la raison de son champ de vision, pour ne laisser place qu’à une sorte de compulsion pour le jeu. Un état d’esprit qui entraîne dans une détresse et une terrible angoisse la personne qui, tout d’un coup, se retrouve défaite de toute sa richesse. Brutalement, jusque ne plus en avoir, au risque de basculer dans la délinquance, dans la folie. Surtout lorsqu’elle se retrouve face aux urgences à régler : se nourrir, payer le loyer, la scolarité des enfants, les dettes. Selon l’auteur, « Naar bi », en référence au précurseur Libano-Syrien qui l’a disséminé dans les quartiers aura ainsi contribué à beaucoup de drames personnels voire familiaux. Cela a par conséquent ruiné et conduit de nombreux joueurs vers « la déchéance par l’accoutumance, la marginalisation professionnelle et sociale, la prostitution, la délinquance ».
C’est ainsi qu’il dénonce « le jeu d’argent », comparé à un « tueur silencieux » qui plus est, se développe « un peu partout dans les villes » avec ses « kiosques » qui « se sont intégrés au paysage et ont recréé les ambiances des Fortune’s club ». Aussi l’auteur de militer pour la suppression des jeux d’argent électroniques et d’appeler à la vigilance des parents. S’y ajoute qu’ils fragilisent l’économie nationale par le biais de fraudes fiscales et constituent un danger mental pour les jeunes utilisateurs.
Edition réactualisée de l’enquête intitulée « Le poker menteur des hommes politiques », publié en 2006 aux « Editions Sentinelle », ce livre raconte la détresse d’hommes et de femmes qui ont perdu beaucoup d’argent puisqu’ils étaient emprisonnés dans les mailles du filet des jeux. Aussi, très tôt, l’auteur avait dénoncé un projet de mise en place de « machines à sous » par des Corses alliés à des politiques locaux. Ils comptaient implanter des milliers de machines à sous dans « les bas quartiers de Dakar » après avoir sévi dans différents pays d’Afrique centrale : Gabon, Congo, Cameroun, notamment. Ce livre est donc né d’une idée de reportage de l’auteur, alors qu’il était à l’époque, directeur de publication du quotidien « Taxi ».
Il s’est aussi intéressé aux dessous économiques, juridiques et politiques de cette activité commerciale.
Par le biais d’une enquête menée avec ténacité, l’auteur essaie de débrouiller les fils de l’écheveau ‘ou démêler l’écheveau) empêtrée dans des imbrications dans lesquelles pataugent des personnalités, des prêtes noms avec l’obsession tenace de profiter de leur situation pour se faire créer un espace de business.
Voilà une enquête journalistique minutieuse où l’auteur paye de sa personne pour nous plonger dans l’univers impitoyable des jeux électroniques.
Et il ressort clairement de cette enquête la fragilité des joueurs qui n’arrivent pas à asseoir leur lucidité et à couper le cordon, abimés qu’ils sont dans une dépendance déstabilisante qui n’épargne aucune couche sociale.
Par Henriette Niang KANDE
QUAND L’ÉTAT RAME, ÇA MOULINE DANS LE VIDE
Quand un chef d'État avoue n'avoir « aucune marge de manœuvre », on pourrait se demander s’il ne manque pas aussi de marge pour une bouffée d’air. Un cri d’alerte ou l’aveu qu’il aurait mieux fait de rester aux Impôts et Domaines ?
Le chef de l’Etat a présidé, lundi dernier, la première Conférence des Administrateurs et Managers Publics (CAMP). Dans son évaluation de l’Administration sénégalaise, il a déclaré en gros qu’après neuf mois aux commandes, le bilan fait tousser
1. D’abord, un État fauché comme les blés, avec des finances qui font grise mine et des marges de manœuvre aussi vastes qu’une boîte de sardines.
2. Ensuite, une Administration républicaine, certes, mais qui tourne encore sous Windows 95, alors qu’on parle d’intelligence artificielle et de révolution numérique à chaque coin de rue.
3. Puis, un secteur parapublic gonflé comme un ballon de baudruche, qui coûte un bras tout en doublonnant les services centraux, avec des dividendes qui se font désirer comme des vacances en première classe.
4. Enfin. Des services publics aussi simples qu’un casse-tête chinois, avec des coûts qui grimpent plus vite qu’un chat sur un rideau, et une image de l’État qui prend la poussière.
Bref, il faut un bon coup de balai pour dépoussiérer tout ça, moderniser, rapprocher l’administration des citoyens et la rendre plus efficace. C’est justement tout l’enjeu de cette Conférence des Administrateurs et Managers publics (CAMP) : causer stratégie, solutions, et surtout éviter la panne sèche.
Quand un chef d’État annonce qu’il n’y a « aucune marge de manœuvre » pour sortir son pays d’une crise, on pourrait se demander s’il ne manque pas aussi de marge pour prendre une bouffée d’air. Est-ce un cri d’alerte sincère, une manière d’éviter le stress des attentes, ou simplement l’aveu qu’il aurait peut-être mieux fait de rester aux Impôts et Domaines ? Explorons cette déclaration avec un brin d’humour.
Quand on parle de « contraintes systémiques », cela sonne un peu comme une excuse que l’on sort à l’école pour ne pas avoir fait ses devoirs. « Ce n’est pas moi, c’est la crise énergétique, la dette et le pays pillé par nos devanciers », semble-t-on entendre. Certes, les chefs d’État, surtout dans les pays en développement, jonglent souvent avec des problèmes qui semblent taillés pour un super-héros… mais sans le costume.
Reste que dire pudiquement « je ne peux rien faire » ressemble à une stratégie curieuse. S’agit-il de transparence pour préparer la population à de futurs sacrifices ? Ou simplement d’un moyen de baisser les attentes, parce qu’après tout, à quoi bon décevoir si tout le monde est déjà déprimé ?
Évidemment, une telle déclaration ouvre la voie à des critiques. Et si le véritable problème était une incompétence bien dissimulée ? Certains diront qu’un bon leader trouverait toujours une solution, même si elle implique de transformer des citrons en limonade. Mais quand on ne voit que des citrons, le casse-tête est qu’il faut choisir entre ceux qui ont des pépins et ceux qui n’en n’ont pas.
Pourtant, il faut bien admettre que tout ne peut pas être imputé à une seule personne. Quand un pays traîne un boulet depuis plusieurs décennies, le dirigeant actuel ressemble davantage à quelqu’un qui tente de réparer un avion en plein vol. Mais bon, si on a promis des réformes miracles et que l’on finit par lancer un SOS, il faut s’attendre à des critiques.
Si le chef d’État évoque une absence de marge de manœuvre, il y a peut-être une logique derrière. C’est un peu comme quand on dit à ses amis qu’on est fauché juste avant qu’ils ne demandent qu’on paye la prochaine tournée. En mettant en avant les contraintes extérieures, il déplace l’attention : ce n’est pas lui, ce sont les gens d’avant.
Mais attention, cette stratégie peut avoir un effet boomerang. Si la population sent que tout est de la faute des autres, elle pourrait finir par se demander pourquoi elle écoute encore quelqu’un qui n’a visiblement pas les commandes.
Les citoyens, eux, oscillent entre l’espoir d’une solution et une envie grandissante d’éclater de rire devant l’absurdité de certaines situations. Entendre qu’il n’y a pas de marge de manœuvre peut sembler honnête, mais cela risque aussi de ressembler à un abandon. Pourtant, l’art du leadership consiste justement à trouver un moyen de transformer une impasse en opportunité. Un peu comme ces gens qui, coincés dans un ascenseur, finissent par inventer un jeu pour passer le temps
Quand un chef d’État affirme qu’il n’y a pas de marge de manœuvre, cela peut être le reflet d’un contexte véritablement difficile, ou une manière astucieuse de réduire les attentes. Mais pour beaucoup de citoyens, cela reste une pirouette rhétorique qui pourrait bien résumer toute la situation : « On est dans le même bateau, mais moi, je ne rame pas. » Au final, la véritable question reste : qui prendra les rames et, surtout, où est-ce qu’on va ?
DEPUIS MARRAKECH, MACKY SALL PRÉPARE SA RIPOSTE
L'ancein président peut compter sur l’appui d’un collectif de poids lourds du monde judiciaire pour organiser sa défense et celle de ses proches, dont certains sont déjà dans le viseur de la justice sénégalaise
Exilé au Maroc depuis son départ du pouvoir en avril 2024, Macky Sall reste au cœur des enjeux politiques sénégalais. Depuis la Palmeraie de Marrakech, l’ancien président suit de près les vagues de poursuites qui visent ses proches, à l’instar de Farba Ngom, député-maire des Agnams, au centre d’une affaire de blanchiment d’argent. Craignant que la justice sénégalaise ne s’oriente vers des mesures le visant directement, Macky Sall s’appuie sur un réseau d’experts juridiques et politiques, tant au Sénégal qu’à l’international, pour organiser sa défense.
Redoutant une vendetta politique menée par l'administration de son successeur, Macky Sall peut compter sur l’appui d’un collectif de poids lourds du monde judiciaire pour organiser sa défense et celle de ses proches, dont certains sont déjà dans le viseur de la justice sénégalaise, renseigne des sources d’Africa Intelligences.
Depuis Marrakech, où il s’est installé après son départ du pouvoir en avril 2024, Macky Sall suit de près la situation politique sénégalaise. En contact régulier avec les cadres de l’Alliance pour la République (APR), l’ancien chef d’État s’inquiète des vagues de poursuites judiciaires qui ciblent ses fidèles lieutenants. Parmi eux, Farba Ngom, député-maire des Agnams et grand argentier de l’APR, se retrouve au centre d’une procédure pour blanchiment d’argent impliquant plus de 190 millions d’euros. L’Assemblée nationale a d’ailleurs engagé un processus visant à lever son immunité parlementaire, une première sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye.
Face à cette situation, Macky Sall a mobilisé un réseau d’experts juridiques pour anticiper d’éventuelles actions judiciaires le visant directement. Il est notamment en contact avec El Hadj Amadou Sall, ancien ministre de la Justice sous Abdoulaye Wade, qui s’était illustré dans la défense de Karim Wade lors de son procès pour enrichissement illicite. Dès septembre 2024, ce ténor du barreau a mis sur pied un collectif d’avocats chargé de défendre les personnalités de l’ancien régime.
Un collectif d’avocats en ordre de bataille
Baptisé ‘’Collectif des avocats républicains’’, cette structure a déjà dénoncé les restrictions de circulation imposées à plusieurs anciens ministres et dignitaires du régime Sall. Certains, comme l’ex-ministre des Sports Lat Diop, se sont vu interdire de quitter le territoire sénégalais.
Ce collectif, qui compte parmi ses membres des figures influentes du barreau comme Omar Youm, El Hadj Moustapha Diouf et Bassirou Ngom, s’emploie à décrédibiliser les procédures en cours, les qualifiant de ‘’justice des vainqueurs’’. En coulisse, Macky Sall s’active également sur le plan international, multipliant les consultations avec des avocats étrangers. Le médiatique avocat français Antoine Vey, connu pour ses dossiers sensibles, a été mandaté pour préparer une éventuelle contre-offensive judiciaire en Europe.
Si l’ex-président de la République lui-même ne fait pas encore l’objet de poursuites, la multiplication des affaires impliquant ses proches alimente les spéculations. Outre Farba Ngom, plusieurs anciens ministres et hauts fonctionnaires sont cités dans des enquêtes pour détournement de fonds publics et blanchiment d’argent. Le parquet financier sénégalais aurait déjà ouvert plusieurs dossiers dont les ramifications pourraient remonter jusqu’à l’ancien président.
En exil discret au Maroc, Macky Sall évite pour l’instant de rentrer au Sénégal, préférant suivre les évolutions judiciaires à distance. Il reste toutefois actif sur la scène internationale : il serait présent le 20 janvier aux États-Unis à la cérémonie d’investiture de Donald Trump, un déplacement qui devrait lui permettre de consolider des appuis politiques et diplomatiques.
Dans ce climat de tensions croissantes, l’issue des procédures en cours pourrait bien redéfinir l’avenir politique de Macky Sall et de son entourage. Une chose est certaine : l’ancien président n’a pas dit son dernier mot et prépare déjà sa riposte.
PAR Ibrahima Dia
PROPOSITION POUR LA FORMALISATION DES CONDUCTEURS DE MOTOS JAKARTA
EXCLUSIF SENEPLUS - Le statut d'entreprenant, pierre angulaire de cette stratégie, permettrait aux conducteurs d'accéder à la formalité sans frais initiaux tout en bénéficiant d'une reconnaissance légale de leur activité
La formalisation des conducteurs de motos taxis et livreurs, communément appelés "Jakarta", est devenue un enjeu crucial et urgent au Sénégal. Les récentes décisions étatiques exigeant une mise en conformité ont exacerbé les tensions dans un secteur qui, bien qu’informel, joue un rôle vital dans l’économie. Ce problème n’est pas nouveau. Déjà sous un précédent régime, des tentatives de régulation avaient provoqué une forte opposition malgré les efforts pour simplifier les démarches et alléger les coûts. Cette situation a permis au phénomène des motos Jakarta de prospérer de manière incontrôlée et les risques de sécurité publique deviennent plus importants.
Ces tensions soulignent l'importance de solutions inclusives et durables pour intégrer ces acteurs dans le cadre légal et économique formel et de traiter cette question structurelles en dehors de toutes considerations politiciennes partisanes. Ce défi s'inscrit dans une dynamique plus large visant à moderniser l'économie et à répondre à la problématique de l'emploi des jeunes, particulièrement marquée par une forte dépendance au secteur informel. En 2016, 97 % des unités économiques étaient informelles, contribuant à 54 % du PIB national, mais affichant une faible productivité et une couverture sociale quasi inexistant
Le succès de ce mode de transport repose sur une forte demande de mobilité rapide, des trajets courts et à bas coût et sur des besoins croissants en livraison, notamment grâce à l’essor du e-commerce. En parallèle, l’offre est alimentée par une main-d’œuvre abondante composée de jeunes sans emploi qui arrivent de plus en plans nombreux sur le marché, d’étudiants et d’autres individus cherchant à accumuler des revenus pour divers objectifs, pour un métier peu exigeant en qualification et avec presque pas de barrières d’entrée. On estime qu’entre 300 000 et 400 000 personnes travaillent dans ce secteur et ce chiffre risque de croitre d’avantage et plus rapidement que prévu.
Défis et enjeux de la formalisation des motos jakarta
Bien que tout le monde s'accorde sur l'importance de réguler l'activité, notamment par l'obtention de documents administratifs et l'immatriculation des motos, plusieurs obstacles majeurs continuent de constituer de fortes barrières si l’on se réfère aux déclarations des acteurs.
Le premier obstacle réside dans le coût élevé des procédures et les contraintes financières qu'elles imposent. Les frais administratifs sont jugés prohibitifs, d'autant plus qu'ils doivent être réglés en une seule fois, ce qui constitue un défi pour des acteurs dont les revenus, souvent modestes et instables, dépendent d'une activité quotidienne.
Ensuite, la complexité des démarches représente un frein significatif. Les étapes à suivre, souvent longues et exigeantes en termes de temps et de ressources, découragent de nombreux individus qui peinent déjà à répondre aux besoins immédiats de leur quotidien.
Enfin, l'achat informel des motos constitue un autre obstacle de taille. Beaucoup de ces véhicules, acquis sans documents officiels, rendent difficile la présentation de preuves de propriété, (avec des soupçons que certains ont fait l’objet de vols), ce qui complique davantage leur intégration dans un cadre formel.
Ces défis appellent des réponses structurelles, intelligentes et pérennes. Des solutions ponctuelles ou conjoncturelles ne suffiront pas à surmonter ces obstacles profondément enracinés. Une approche globale et adaptée est nécessaire pour favoriser une régulation effective et inclusive de ce secteur dans un climat de sérénité.
Une approche structurelle via le statut d’entreprenant
Conceptuellement, les conducteurs de motos Jakarta sont des autoentrepreneurs. Ils travaillent pour leur propre compte, génèrent leurs revenus directement à partir de leur activité et, dans la majorité des cas, possèdent leur outil de travail. Même lorsqu’ils ne sont pas propriétaires, ils ne sont pas des salariés au sens classique, mais partagent les recettes avec les propriétaires des motos. Cette situation les positionne naturellement dans la catégorie des autoentrepreneurs, tels que définis par la loi d’orientation sur les PME et le cadre OHADA.
Le statut d’Entreprenant, introduit par l’Acte Uniforme de l’OHADA et renforcé par le cadre légal national (loi d’orientation n°2020-02 sur les PME et le décret n°2022-1190 du 03 juin 2022 portant statut de l’entreprenant), constitue une opportunité pour formaliser les conducteurs de motos Jakarta. Ce statut, destiné aux entrepreneurs individuels travaillant pour leurs propres comptes, offre une procédure simple et accessible
Caractéristiques du statut d’entreprenant
Le statut d'entreprenant se distingue par sa simplicité et son accessibilité. Toute personne physique majeure peut y prétendre par une simple déclaration, sans frais, à condition de présenter une pièce d’identité et des informations de base sur son activité. Ce statut offre des plafonds de chiffre d’affaires annuels adaptés, variant entre 30 et 60 millions de FCFA selon le type d’activité exercée. Une carte d’Entreprenant est alors délivrée, valable pour une durée de trois ans et renouvelable.
Ce statut garantit également la reconnaissance formelle de l’activité, permettant à ses bénéficiaires de sortir de l’informalité. En parallèle, il ouvre l’accès à des mesures d’accompagnement, incluant des incitations spécifiques, dont la définition est encore en cours.
Cependant, ce statut implique certaines obligations. Les bénéficiaires doivent tenir une comptabilité simplifiée et se conformer aux réglementations sectorielles, notamment en matière de licences pour des activités spécifiques comme le transport. Ces exigences visent à assurer la viabilité et la conformité des activités déclarées tout en favorisant leur développement.
Propositions de mesures opérationnelles
Pour lever les blocages actuels et encourager la formalisation des conducteurs de motos, les mesures suivantes sont préconisées :
Encourager l’enregistrement des conducteurs de motos Jakarta au statut d’entreprenant :
Pour encourager les conducteurs de motos à adhérer au statut d’Entreprenant, plusieurs mesures stratégiques peuvent être mises en œuvre :
D’abord, il est essentiel de faciliter la procédure de déclaration. En collaboration avec les greffes du ministère de la Justice, des guichets uniques mobiles pourraient être déployés pour faciliter les inscriptions directement sur le terrain. Cette approche rapprocherait le service des bénéficiaires et réduirait les obstacles logistiques et administratifs.
Ensuite, une campagne de sensibilisation ciblée devrait être menée pour mettre en avant les avantages du statut notamment l’accès au crédit, la protection sociale et des opportunités d’accompagnement entrepreneurial. Ce travail de sensibilisation, réalisé en partenariat avec les associations de conducteurs de motos, permettrait de mieux informer ces derniers sur les bénéfices concrets de la formalisation.
Enfin, la mise en place d’un dispositif spécifique au sein de la Direction de l’Encadrement et de la Transformation des Entreprises Informelles, relevant du Ministère du Tourisme et de l’Artisanat, serait cruciale. Ce dispositif en intelligence avec le ministère en charge du transport, serait chargé de soutenir et d’encadrer les associations de conducteurs. Il pourrait également faciliter la mise en place d’équipes d’assistance dédiées, aidant les membres à accomplir les démarches nécessaires pour accéder au statut d’Entreprenant. Une telle initiative renforcerait la proximité et l’efficacité des services proposés.
Mise en place de financements adaptés
Pour soutenir les conducteurs de motos dans leur transition vers la formalisation, des actions concertées avec le ministère en charge de l'Économie Sociale et Solidaire (ESS) pourraient être mises en place. Une première initiative consisterait à mobiliser les institutions de microfinance (IMF) pour leur accorder des crédits dédiés, inspirés des nanocrédits de la DER-FJ. Ces financements permettraient de couvrir les frais liés à l’immatriculation, les plaques, les licences, les assurances, et autres démarches administratives nécessaires.
Pour rendre ces crédits accessibles et adaptés aux réalités économiques des bénéficiaires, des modalités de remboursement flexibles seraient proposées. Cela inclurait des échéanciers souples, avec des paiements journaliers ou hebdomadaires, étalés sur une période de 6 à 12 mois. Ces conditions tiendraient compte des habitudes de cotisation déjà pratiquées par les conducteurs dans leurs garages, facilitant ainsi une intégration progressive au processus de formalisation sans alourdir leurs charges financières immédiates. Cette approche inclusive renforcerait leur capacité à s’organiser et à évoluer dans un cadre économique plus stable, plus serein et plus structuré.
Perspectives de développement post-formalisation
La formalisation des conducteurs de motos ouvre la voie à de nouvelles opportunités de développement économique et social, tout en renforçant leur inclusion dans un cadre structuré et sécurisé. Au-delà des étapes initiales d’enregistrement et de mise en conformité, il est crucial d’explorer des mécanismes qui permettent de maximiser les bénéfices de cette transition. C’est le meilleur moyen d’avoir leur adhésion
Les perspectives préconisées visent non seulement à améliorer les conditions de travail des conducteurs, mais aussi à stimuler leur contribution à l’économie locale et à renforcer leur résilience face aux aléas sociaux et économiques.
Pour promouvoir l’inclusion financière et le développement durable des conducteurs de motos, plusieurs mesures stratégiques peuvent être mises en œuvre. D’abord, l’ouverture de comptes bancaires serait encouragée pour une gestion transparente des revenus et une tenue simplifiée de la comptabilité. Cette initiative renforcerait la capacité des conducteurs à gérer efficacement leurs finances tout en facilitant leur accès à des services financiers formels.
En parallèle, des opportunités d’accès au crédit seraient offertes pour financer des investissements essentiels. Ces crédits pourraient couvrir le renouvellement ou l’acquisition de motos, notamment en soutenant la transition vers des modèles électriques, ainsi que l’achat d’équipements divers et la consommation de base. La protection sociale serait également intégrée de manière progressive en liant le paiement des cotisations sociales aux crédits octroyés. Ce mécanisme assurerait une meilleure couverture sociale, incluant l’assurance maladie, pour les conducteurs et leurs familles. Enfin, un appui spécifique serait apporté aux conducteurs pour les aider à créer et à structurer des sociétés coopératives. Ces coopératives seraient en mesure de mettre en place des centrales d’achat pour réduire les coûts liés aux équipements, ainsi que des unités de production de plaques d’immatriculation. Cette perspective renforcerait leur pouvoir économique et leur autonomie.
Gouvernance et suivi pour une formalisation durable
Pour garantir le succès de la formalisation des conducteurs de motos, il est essentiel de mettre en place des mécanismes de gouvernance solides et inclusifs, ainsi que des outils de suivi et d’évaluation performants pour coordonner les efforts entre les différents acteurs impliqués et de mesurer l’impact économique et social des initiatives engagées.
Une première mesure clé consiste à créer un comité national chargé de la mise en œuvre sur le terrain des mesures préconisées. Ce comité, composé des ministères concernés (en charge de l’Économie Sociale et Solidaire, de la formalisation, des PME et du transport, entre autres), des associations de conducteurs, des collectivités territoriales aurait pour mission de piloter les actions stratégiques, d'assurer leur cohérence et d’évaluer leur pertinence.
Par ailleurs, il est crucial de renforcer le comité existant de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre du statut de l’Entreprenant pour superviser cette initiative et l’inscrire dans sa feuille de route. En collaboration étroite avec les partenaires techniques et financiers, ce comité pourrait intégrer des indicateurs de performance spécifiques et favoriser des retours réguliers sur l’évolution du processus. Cela permettrait d’adapter les stratégies en temps réel et de garantir que les objectifs initiaux, tels que l’inclusion financière, la protection sociale et le développement entrepreneurial, soient effectivement atteints.
Transformer une crise en opportunité
La situation des conducteurs de motos Jakarta ne doit pas être perçue uniquement comme une contrainte, une crise, une menace à la paix sociale et la sécurité par les gouvernants, un risque par les travailleurs mais comme une opportunité stratégique. Ce secteur constitue une illustration concrète des mutations de l’emploi au Sénégal et des opportunités qu’offre la transition vers une économie plus inclusive et structurée.
La formalisation des conducteurs de motos Jakarta représente donc une opportunité stratégique pour transformer un secteur informel dynamique mais vulnérable en un moteur de développement économique durable. En intégrant ces travailleurs au cadre du statut d’entreprenant, le Sénégal peut non seulement améliorer la régulation du secteur du transport et la sécurité, mais aussi promouvoir l'inclusion financière, sociale, et économique d’une couche importante de la population. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie nationale visant à moderniser l'économie informelle, renforcer la protection sociale et créer des emplois décents pour les jeunes.
Cette démarche peut également servir de modèle pour d’autres initiatives visant à intégrer les travailleurs informels dans le secteur formel, tout en promouvant un cadre favorable au développement de l’entrepreneuriat individuel.
La mise en œuvre de cette proposition ambitieuse nécessite un engagement fort des parties prenantes, une coordination efficace et une volonté de transformer les défis actuels en opportunités durable.
Ibrahima Dia est Sociologue-Environnementaliste, expert en politiques de protection sociale, de développement des PME, et de développement rural.
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AÏSSATA TALL SALL BOUDE LA COMMISSION AD HOC ET DÉNONCE LES ACCUSATIONS CONTRE FARBA NGOM
Désignée pour défendre son collègue député devant la commission Ad Hoc, elle a tenu un point de presse au cours duquel elle a dénoncé les bases de l’accusation. "J’ai décidé de ne pas m’associer à cette parodie de commission".
Aïssata Tall Sall, désignée pour défendre le député Farba Ngom devant la commission Ad Hoc, a tenu un point de presse au cours duquel elle a dénoncé les bases de l’accusation. Selon elle, « le dossier d’accusation de Farba Ngom repose uniquement sur quatre lettres de transmission du parquet ». Cette situation l’a poussée à « quitter la salle », elle l’a fait savoir cet après-midi au siège de l’APR.
« J’ai décidé de ne pas m’associer à cette parodie de commission Ad Hoc », a-t-elle déclaré avec fermeté. Aïssata Tall Sall a également affirmé ne pas avoir connaissance des faits reprochés à son collègue, ce qui l’a empêchée de le défendre sur le fond. Pendant ce temps, la commission avait convoqué le député Farba Ngom pour l’auditionner ce mardi.
Pour rappel, une procédure visant la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom a été lancée à la demande du ministre de la Justice, saisi par le parquet financier.
LA FRONDE S'ORGANISE CONTRE LE RETOUR DES VISAS
Le patronat et les opérateurs du tourisme, secteur clé du PIB, s'activent auprès des autorités contre cette initiative annoncée par Ousmane Sonko. L'échec coûteux de 2013-2015 reste gravé dans les mémoires
(SenePlus) - Une levée de boucliers s'organise contre le projet de rétablissement de la réciprocité des visas annoncé par le Premier ministre Ousmane Sonko le 27 décembre devant l'Assemblée nationale, révèle Jeune Afrique.
Les acteurs économiques, échaudés par l'expérience désastreuse de 2013-2015, se mobilisent activement pour faire avorter cette initiative. Selon le magazine panafricain, une coalition regroupant les opérateurs du tourisme et le patronat sénégalais mène actuellement un lobbying intense auprès des plus hautes autorités de l'État, ciblant aussi bien le Premier ministre que la ministre des Affaires étrangères Yassine Fall et le président Bassirou Diomaye Faye.
"Nous ne sommes pas dans le secret des dieux, et nous avons appris la mesure comme tous les Sénégalais", confie à JA un acteur économique de premier plan, qui exige des "véritables concertations" avant toute décision. Cette réaction traduit l'inquiétude d'un secteur touristique qui représente 7% du PIB national et qui garde en mémoire l'échec cuisant de la précédente tentative.
Le "mauvais souvenir" de 2013-2015 reste en effet vivace. À l'époque, rappelle le magazine, l'État avait dû verser 12 milliards de F CFA (18,29 millions d'euros) d'indemnités à la société Snedai pour abandonner le système après seulement deux ans, face à la chute drastique de la fréquentation touristique.
La résistance s'étend même au sein du parti au pouvoir, Pastef, et parmi ses alliés, selon un fonctionnaire du ministère de l'Intégration africaine et des Affaires étrangères cité par Jeune Afrique. Cette opposition interne s'explique notamment par l'impact négatif que la mesure avait eu sur la diaspora sénégalaise et les binationaux, contraints eux aussi de demander des visas pour rentrer au pays.
Le projet semble d'ailleurs loin d'être mûr. Le même fonctionnaire affirme qu'il n'est "même pas encore à l'état de projet", tandis que ni la primature ni le ministère des Affaires étrangères n'ont souhaité réagir aux sollicitations du journal.
Face à cette mobilisation, le Premier ministre tente de rassurer. "Il s'agit, tenant compte de l'expérience précédente, de bien cerner les faiblesses avant toute décision", a-t-il déclaré, évoquant notamment la possibilité d'exemptions pour préserver le tourisme et le secteur des affaires. Mais ces garanties ne semblent pas suffisantes pour apaiser les inquiétudes des acteurs économiques, déterminés à éviter une répétition de l'échec de 2013-2015.
NOUS DEVRONS LA TRANSFORMER COUTE QUE COUTE
Le Premier ministre sénégalais a assuré les usagers des services publics, lundi 20 janvier 2025 à Diamniadio, de sa détermination à mener ‘’vaille que vaille’’ les réformes attendues, même s’il reconnaît que la transformation visée ne sera pas aisée...
Le Premier ministre sénégalais a assuré les usagers des services publics, lundi 20 janvier 2025 à Diamniadio (ouest), de sa détermination à mener ‘’vaille que vaille’’ les réformes attendues, même s’il reconnaît que la transformation visée ne sera pas aisée. « Et pourtant, nous devrons (la) réaliser, coûte que coûte, vaille que vaille » en dépit des difficultés liées à « l’histoire, (aux) habitudes et (à) leurs conséquences » sur l’administration publique nationale.
Ousmane Sonko clôturait la Conférence des administrateurs et managers publics (CAMP) en présence de membres du gouvernement, des directeurs généraux et des membres de conseils d’administration de sociétés nationales, de fonctionnaires et d’agents du secteur parapublic.
‘’Les ruptures que nous voulons voir advenir nous demanderont beaucoup d’efforts’’, a tenu à préciser d’abord Ousmane Sonko. Il a relevé ‘’une prévalence et une persistance nocives des pratiques malsaines de corruption, de détournements’’, etc., au sein de l’Administration publique sénégalaise.
Il a signalé, parmi les défauts des secteurs public et parapublic du pays, l’‘’absence d’une vision et d’une direction stratégique claires et partagées pour une administration au service du développement et, notamment, d’un secteur privé productif et conquérant’’.
« L’urgence d’un ajustement »
Le but de la conférence des administrateurs et managers publics étant de ‘’renforcer la cohérence et l’efficacité de l’action publique’’, dans le contexte qu’il a déjà décrit, M. Sonko estime qu’‘’il est urgent que notre gouvernement et notre administration s’ajustent’’.
‘’Pour y parvenir, je veillerai personnellement, avec mon gouvernement, à la mise en place du cadre de gouvernance du changement, à la neutralisation des obstacles au changement et au respect strict de la déontologie’’, a-t-il assuré.
Ousmane Sonko estime, pour l’atteinte des objectifs de la conférence des administrateurs et managers publics, qu’‘’il nous faudra (…) identifier, combattre et neutraliser les obstacles au changement’’.
‘’Toutes les tentatives de réforme, de transformation systémique des structures et de l’infrastructure de l’État se sont toujours soldées par des échecs, en totalité ou en partie. La faute certainement à la faiblesse des volontés politiques qui les ont portées’’, a-t-il déclaré.
‘’Mais la faute aussi et surtout aux vives réticences au changement, au conservatisme bureaucratique et aux lobbies de préservation d’intérêts de groupes professionnels ou occultes’’, a poursuivi le chef du gouvernement.
Il s’est engagé à faire en sorte que l’‘’administration suive le processus enclenché dans la plus stricte discipline’’. ‘’Le contraire conforterait l’idée, souvent émise, de la présence à côté de l’État apparent, d’un État profond et souterrain, d’une hiérarchie parallèle et informelle, qui détiendrait secrètement le pouvoir décisionnel, survivant aux alternances politiques…’’
‘’Mon gouvernement agira avec toute l’énergie nécessaire, contre toute entrave vicieuse au processus de transformation’’, a promis Ousmane Sonko, exhortant les administrateurs et les managers publics ‘’à bannir et à combattre radicalement toute forme de déviance et manquement à l’éthique et la déontologie’’.
‘’A l'ère de la tolérance zero’’
‘’Je voudrais vous confirmer que, depuis le 24 mars 2024, avec l’élection du président Bassirou Diomaye Faye, nous sommes entrés désormais dans l’ère de la tolérance zéro, aussi bien pour la détection que pour la sanction de ces pratiques occultes, conformément à nos engagements en matière de reddition des comptes devant le peuple…’’
Il estime que ‘’le renouveau du Sénégal passe par une Administration publique efficace, capable de déconstruire les mauvais choix, de remettre en cause les agencements organisationnels et d’inscrire son action dans une dynamique de performance, le tout dans un cadre institutionnel moderne’’.
A l’ouverture de la CAMP lundi matin, le président de la République a relevé plusieurs faiblesses de l’Administration publique.
Bassirou Diomaye Faye a parlé d’une administration ‘’figée dans des schémas’’ hérités de l’histoire coloniale, d’un ‘’secteur parapublic hypertrophié’’, de ‘’services publics complexes et coûteux’’, etc.