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5 avril 2025
Politique
AFFAIRE FARBA NGOM, LES VÉRITÉS DE ME AMADOU SALL
Les avocats de Farba Ngom ont fait face à la presse, ce mercredi à Dakar, pour évoquer l'affaire de leur client accusé de blanchiment d’argent à la suite d’un rapport de la CENTIF (Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières).
Les avocats de Farba Ngom ont fait face à la presse, ce mercredi à Dakar, pour évoquer l'affaire de leur client accusé de blanchiment d’argent à la suite d’un rapport de la CENTIF (Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières).
Face aux journalistes, Me Amadou Sall, l’un des avocats de la défense, est allé droit au but. "Si un député membre de l’Assemblée nationale explique à l’opinion comment la CENTIF a pu cerner Farba Ngom, cela veut dire qu’il a eu accès au dossier. Et c’est là tout le problème. Pendant ce temps, notre client n’a jamais été convoqué ni par la police, ni par la gendarmerie, ni au parquet, ni même par la CENTIF", a-t-il déploré aux côtés de ses collègues, Me El Hadji Diouf, Me Oumar Youm...
"Farba Ngom est privé de ses droits fondamentaux"
Comme ses collègues Me Doudou Ndoye et Me Baboucar Cissé qui étaient les premiers avocats à s'exprimer sur cette affaire, Me Amadou Sall s’est aussi indigné du fait que Farba Ngom n’ait jamais eu l’occasion de prendre connaissance du dossier qui pèse contre lui. "L’Assemblée nationale semble se baser uniquement sur ce que notre amie et députe Aïssata Tall Sall a pu déclarer. Or, notre client n’a eu aucune opportunité de se défendre. Son immunité sera levée, il sera convoqué, et des sanctions pourraient suivre, sans qu’il ait pu s’expliquer une seule fois", a-t-il dénoncé, indiquant des démarches visant à lever l'immunité parlementaire de son client seraient déjà en cours.
Évoquant toujours cette affaire de 125 milliards qui secoue le paysage politique sénégalais, Me Sall relève : "Dans notre pays, nous sommes tous soumis à la Constitution, mais force est de constater que cette égalité de droits, que nous devrions tous partager, est mise à mal. Farba Ngom, notre camarade, notre militant, et notre responsable, est privé de ses droits fondamentaux".
PASTEF RÉPOND À AISSATA TALL SALL
Le Groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes a réagi aux accusations de dénigrement formulées par le Groupe Takku Wallu, affirmant que la procédure de levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom respecte les textes en vigueur
Le groupe parlementaire Pastef-Les Patriotes a publié un communiqué pour répondre à la campagne de dénigrement menée, selon lui, par le Groupe Takku Wallu à propos de la procédure de levée de l’immunité parlementaire du député Mouhamadou Ngom, alias Farba. L’objectif est d’apporter des éclaircissements sur une procédure qu’il estime strictement conforme aux textes en vigueur.
Pastef-Les Patriotes déplore une confusion entretenue volontairement par le Groupe Takku Wallu entre les missions d’une Commission ad hoc, en charge de la levée de l’immunité parlementaire, et celles d’une Commission d’enquête parlementaire. Le communiqué insiste sur le respect des dispositions de la Constitution et de l’article 52 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale tout au long de cette procédure.
Le dossier a été transmis par le ministre de la Justice le 10 janvier 2025, à la suite d’une demande du Procureur de la République financier. Cette demande se fonde sur des rapports de la Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF) pointant plusieurs infractions reprochées au député. Parmi celles-ci figurent notamment des soupçons de blanchiment de capitaux, des violations du Code général des impôts et des pratiques contraires à la législation sur les sociétés commerciales.
Depuis cette date, les étapes procédurales ont été scrupuleusement respectées : réunion du Bureau de l’Assemblée et de la Conférence des Présidents le 14 janvier, création et organisation de la Commission ad hoc les 16 et 17 janvier, puis communication du dossier complet à la défense du député, représentée par Mme Aissata Tall, Présidente du Groupe Takku Wallu.
Cependant, Pastef-Les Patriotes souligne le refus du député Mouhamadou Ngom de collaborer. Ce dernier aurait refusé de recevoir la convocation à son domicile, obligeant la Commission à recourir à un huissier pour déposer le courrier à la mairie de sa commune, conformément à la loi. Pire, le député ne s’est pas présenté devant la Commission ad hoc lors de l’audition prévue le 21 janvier 2025. Son défenseur, Mme Aissata Tall, a demandé la suspension des travaux sous prétexte de nécessiter un complément d’informations, alors que le dossier avait été communiqué dans son intégralité.
Pastef-Les Patriotes invite l’Assemblée nationale à poursuivre son travail dans le respect des principes républicains. Le groupe parlementaire rappelle que cette démarche vise à concilier la présomption d’innocence et la dignité du député avec les exigences de transparence, de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption, conformément aux valeurs inscrites dans la Constitution.
Dans ce contexte tendu, ce communiqué se veut une réponse claire aux accusations de manquements dans la procédure. Le Groupe Pastef-Les Patriotes insiste sur sa volonté de garantir un processus impartial et transparent tout en respectant les droits des parties concernées.
LES AVOCATS DE FARBA NGOM DÉNONCENT UNE PROCÉDURE QU’ILS JUGENT ARBITRAIRE ET POLITIQUE
Lors d’une conférence de presse, Me El Hadj Amadou Sall et ses collègues ont fustigé la levée d’immunité parlementaire de leur client et pointent des violations des principes fondamentaux de l’État de droit.
Le Collectif des avocats de Farba Ngom, composé notamment de Me El Hadj Amadou Sall, Me Oumar Youm et Me El Hadj Diouf, a tenu une conférence de presse pour dénoncer les conditions dans lesquelles leur client fait face à des accusations qu’ils jugent arbitraires et politiquement motivées.
Dans une déclaration liminaire lue par Me Oumar Youm, les avocats ont fustigé la demande de levée d’immunité parlementaire de leur client, qualifiant cette démarche d’injuste et contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit. Ils pointent du doigt des procédures menées sans transparence ni respect des droits de la défense.
Les avocats estiment que la procédure engagée contre Farba Ngom résulte d’une volonté de « purge » politique. Me Youm a rappelé que le député a été publiquement menacé dans son fief d’Agnam par le Premier ministre Ousmane Sonko et que certains partisans de ce dernier auraient ouvertement exprimé leur opposition à la présence de « milliardaires opposants » au Sénégal.
Selon le collectif, la demande de levée d’immunité émane du parquet financier, rattaché au ministère de la Justice, et non d’une institution judiciaire indépendante. Les avocats dénoncent une intrusion de l’exécutif dans le judiciaire, créant un précédent grave et une entorse à la séparation des pouvoirs.
Autre point soulevé : des perquisitions auraient été menées dans le verger de Farba Ngom à Diamniadio en avril-mai 2024, bien avant que les rapports de la CENTIF soient transmis au parquet en décembre 2024. Les avocats s’interrogent sur l’autorité ayant autorisé ces perquisitions qu’ils qualifient d’illégales et de contraires aux règles de loyauté.
Me El Hadj Amadou Sall a également déploré le fait que Farba Ngom n’ait jamais été convoqué ni par la police, ni par le parquet, ni par un juge d’instruction. « Il n’a pas eu accès à son dossier et n’a jamais été mis en position de se défendre », a-t-il martelé, dénonçant une atteinte aux droits fondamentaux garantis par la Constitution sénégalaise.
Le collectif a rappelé que, selon la Constitution, les droits de la défense sont sacrés et absolus. « Chaque citoyen, qu’il soit sénégalais ou étranger, a droit à la stricte observation de ses droits lorsqu’il est poursuivi », a souligné Me Sall, appelant à une justice équitable et respectueuse des principes démocratiques.
LE COUP DE GUEULE DE LA RÉPUBLIQUE DES VALEURS DE THIERNO ALASSANE
Face aux arrestations et de convocations dans les rangs des activistes et hommes politiques, le parti monte au créneau
Face aux arrestations et de convocations dans les rangs des activistes et hommes politiques, la République des Valeurs vient de monter au créneau.
«La vague d'arrestations arbitraires utilisée par le pouvoir Pastefen comme arme pour museler toute voix discordante ne saurait prospérer dans ce pays». C’est là, l’avis de la République des Valeurs (Rv).
Thierno Alassane Sall et ses camarades de parti disent condamner l'arrestation de Abou Diallo. Celle-ci, indiquent-ils, fait suite à la vague qui a «emporté injustement de nombreux sénégalais, particulièrement Moustapha Diakhaté, dont le seul tort est d'exprimer publiquement une opinion à l'opposé de celle du binôme Diomaye/Sonko.» Pour la République des valeurs donc, «Trop c'est trop !»
La formation politique déclare que depuis l'installation du pouvoir actuel, le musellement des oppositions est en train de devenir «une politique publique». Ce qui, de son avis, glisse le pays vers un État policier.
Et face à une telle situation, «chaque citoyen épris de justice doit faire face et se dresser contre cette dérive, faute de quoi le silence des démocrates serait compris par le nouveau régime comme une autorisation de poursuivre les arrestations en série.»
Ainsi, la République des Valeurs exhorte le Gouvernement à mettre toute son énergie dans la création d'un environnement favorable au développement socio-économique du Sénégal et plus particulièrement dans la lutte pour l'emploi et l'insertion de la jeunesse sénégalaise.
LA FRANCE REND SES CLÉS AU SÉNÉGAL EN SEPTEMBRE
Cette échéance aurait été évoquée lors d'une visite de courtoisie du général Pascal Ianni, chef du commandement pour l'Afrique, auprès du chef d'état-major sénégalais, le général Mbaye Cissé, la semaine dernière
(SenePlus) - Le Sénégal s'apprête à fermer définitivement les dernières bases françaises sur son territoire. Selon les informations de RFI, cette décision majeure prendra effet en septembre 2025, marquant ainsi la fin d'une présence militaire permanente française dans ce pays d'Afrique de l'Ouest.
Cette échéance a été évoquée lors d'une visite de courtoisie du général Pascal Ianni, chef du commandement pour l'Afrique, auprès du chef d'état-major sénégalais, le général Mbaye Cissé, la semaine dernière. Bien que le calendrier ne soit pas encore définitivement arrêté, septembre 2025 apparaît comme l'horizon privilégié pour la remise du camp Geille, dernière base militaire française d'importance au Sénégal, aux forces armées sénégalaises.
La présence militaire française au Sénégal compte actuellement plus de 200 militaires et leurs familles stationnés au camp Geille, situé dans le quartier de Ouakam au centre-ville de Dakar, ainsi qu'une vingtaine de personnels sur la base de Rufisque, en périphérie de la capitale. Comme l'explique une source militaire française citée par RFI, le choix de septembre s'explique par des considérations pratiques : "Les mouvements de mutation au sein de l'armée se font à l'été" et des "raisons familiales et logistiques" justifient cette période.
Le processus de désengagement est déjà en cours, puisque trois autres emprises militaires françaises - les bases Maréchal et Saint-Exupéry près du port, ainsi que la base Protet dans l'enceinte navale sénégalaise - sont déjà vides et fermées depuis le premier semestre 2024, selon les déclarations de l'armée française à RFI.
L'avenir des relations militaires franco-sénégalaises reste à définir. Des discussions techniques doivent reprendre prochainement, même si aucune date n'a encore été fixée. Les deux parties se disent confiantes, mais le principal enjeu réside désormais dans la définition des futures modalités de coopération militaire entre les deux pays.
Cette décision s'inscrit dans un contexte plus large de reconfiguration de la présence militaire française en Afrique, marquant un nouveau chapitre dans les relations entre la France et ses anciens territoires sur le continent africain.
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SAIF AL-ISLAM KADHAFI ACCABLE NICOLAS SARKOZY
Le fils de l'ancien dirigeant libyen révèle avoir supervisé personnellement le versement de cinq millions de dollars au clan de l'ex-président français. Il détaille pour la première fois depuis 2011 les dessous de ce financement présumé
(SenePlus) - Dans une interview accordée à Radio France Internationale (RFI), Saif al-Islam Kadhafi, fils de l'ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, brise plus d'une décennie de silence sur l'affaire du financement présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Ces déclarations interviennent alors que l'ancien président français et onze autres prévenus comparaissent actuellement devant la justice à Paris.
Dans cet échange écrit, sa première prise de parole sur le sujet depuis 2011, Saif al-Islam Kadhafi fait des révélations particulièrement détaillées sur le montant et les modalités du financement présumé. Il affirme avoir personnellement supervisé le transfert de 5 millions de dollars en espèces au "clan Sarkozy". Selon ses déclarations à RFI, la moitié de cette somme, soit 2,5 millions de dollars, aurait été destinée au financement de la campagne présidentielle de 2007, en contrepartie d'accords et de projets favorables à la Libye.
Le fils de l'ancien guide libyen précise que l'autre moitié du versement aurait servi à obtenir l'arrêt des poursuites dans l'affaire de l'attentat du DC-10 d'UTA, survenu le 19 septembre 1989, qui avait fait 170 victimes et pour lequel Abdallah Senoussi, beau-frère de Mouammar Kadhafi, avait été condamné par contumace en 1999.
Plus troublant, Saif al-Islam révèle à RFI avoir fait l'objet de trois tentatives d'approche distinctes depuis 2021 visant à lui faire modifier sa déposition auprès des juges français. La première approche aurait été effectuée en 2021 par l'intermédiaire de Souha Al Badri, une consultante basée à Paris. Une seconde tentative aurait eu lieu fin 2022 via Noël Dubus, qui aurait contacté Hannibal Kadhafi, emprisonné au Liban depuis 2015, promettant sa libération en échange d'un changement de témoignage. Une troisième tentative aurait été menée par un Français d'origine arabe, dont l'identité n'a pas été révélée.
Contacté par RFI, Me Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, rejette catégoriquement ces allégations, les qualifiant de "fausses", "fantaisistes" et "opportunistes". Il souligne que ces déclarations surviennent au moment précis où s'ouvre le procès et y voit "le cadre d'une vengeance objective", ajoutant que "le dossier est vide".
FACE A TRUMP, L’AFRIQUE N’EST PAS MIEUX PRÉPARÉE QU’IL Y A 8 ANS
Le continent est-il mieux préparé face à Trump II ? L’historien sénégalais Mamadou Diouf, enseignant à Columbia University, aux États-Unis, analyse les enjeux
Entretien réalisé par Seydou KA |
Publication 22/01/2025
Durant son premier mandat, Donald Trump avait traité l’Afrique avec mépris, prenant de court ses dirigeants. Le continent est-il mieux préparé face à Trump II ? L’historien sénégalais Mamadou Diouf, enseignant à Columbia University, aux États-Unis, analyse les enjeux.
À quoi l’Afrique doit-elle s’attendre pour ce deuxième mandat de Donald Trump ?
Le président Trump n’a pas fait mention de l’Afrique dans son discours d’investiture. Il a plutôt insisté sur ses thèmes favoris de politique intérieure : l’immigration, la lutte contre les cartels de la drogue (bien sûr latino-américains), le contrôle de la frontière avec le Mexique, l’imposition de tarifs élevés sur les produits importés… Des politiques dont l’objectif est de mettre fin au déclin de l’Amérique, de «restaurer l’hégémonie (Make America great again (Maga movement) et la souveraineté américaines», dans un monde qu’il décrit comme «en colère, violent et imprévisible».
Quelle est la place de l’Afrique dans ce monde qu’il décrit en termes énergétique, technologique et de matières premières ?
L’absence de l’Afrique dans le discours de Trump traduit-elle une marginalisation continue dans la nouvelle économie internationale dominée par les nouvelles technologies ? La présence de Musk, Bezos et Zuckerberg aux premières loges de la cérémonie d’investiture signale-t-elle une réorientation des choix économiques et financiers ?
L’Afrique n’apparait nullement dans ce paysage, d’autant plus que le cri de ralliement («drill baby drill») d’une exploitation de «l’or liquide sous les pieds des Américains» va assurer l’autosuffisance énergétique et une position d’exportateur majeur des États-Unis, en concurrence avec les pays africains producteurs de pétrole et de gaz.
Les dirigeants africains sont-ils mieux préparés qu’il y a 8 ans ?
Je ne pense pas. La réflexion indispensable à une préparation de l’Afrique pour faire face à la nouvelle présidence de Trump doit d’abord faire un état des lieux des effets produits par le premier mandat de Trump (2016-2020). L’Afrique était décrite comme «un trou à m…».
Le positionnement de l’Afrique sur la scène mondiale et la défense de la souveraineté et des intérêts africains ne doivent pas être compris comme une réponse/réaction aux interventions des grandes puissances économiques et politiques. Les engagements africains doivent être proprement déterminés par les situations africaines tout en tenant en compte les effets de la compétition économique sur le continent (Chine, États-Unis et Europe). Aujourd’hui, l’énorme déficit en termes d’infrastructures et de recherches sur les questions relatives aux relations internationales indique la non-préparation de l’Afrique, tant au niveau des États que des institutions régionales et continentales. L’Afrique est à la traîne ; exclue qu’elle est des sites où les décisions relatives aux questions économiques, politiques et financières sont prises. Trump a promis d’expulser des millions de migrants.
À votre connaissance, y a-t-il beaucoup de Sénégalais qui sont concernés ?
Il est difficile de procéder à une évaluation numérique du nombre de Sénégalais légalement ou illégalement présents aux États-Unis. Pour les Africains au sud du Sahara, les estimations tournent autour d’un peu plus de deux millions de personnes (2018), soit 4 % des 43 300 000 migrants. Les Africains ne représentent donc qu’une infime minorité.
Les ressortissants du Nigeria, de l’Éthiopie, du Kenya, de la Somalie, du Ghana et de la République démocratique du Congo font 54 %.
Selon les études menées par le Migration policy institute (Carlos Echeverria-Estrada & Jeanne Batalova, «Sub-Saharan African immigrants in the United States», Nov. 6 2019), 50 % des Africains sont naturalisés Américains et à peu près 97 800 sont des résidents permanents légaux (titulaires de la « carte verte »/green card).
Les sans-papiers (undocumented migrants), à peu près, 900 000, complètent cette population. L’immense majorité de cette population, venant de l’Amérique du Sud et du centre, est la cible principale de Trump. Il est vrai que l’apparence physique (la couleur) et les activités dans l’espace public (livreurs, marchands ambulants…) rendent les Africains plus visibles et plus vulnérables. La conséquence la plus terrible de l’expulsion des migrants africains est la chute draconienne des transferts de fonds des migrants vers leurs pays d’origine et leurs communautés.
Des transferts qui ont été multipliés par 13 depuis 2000 et qui s’élèvent à un peu plus de 45 milliards en 2018, soit 3 % du Gdp de l’Afrique au sud du Sahara (World bank prospects group. 2018, Annual remittance data. Révision, avril 2019).
Dans votre perspective, comment Trump va aborder la compétition avec la Chine sur le continent ?
Le continent africain n’est pas, pour le moment, le terrain principal de la compétition entre la Chine et les États-Unis. L’Amérique latine, l’Asie et l’Europe sont les régions où les deux puissances économiques dominantes vont engager une bataille féroce. Il est clair que les États-Unis, sous Trump, vont tenter de s’assurer le contrôle exclusif du continent américain. L’Afrique deviendra probablement le terrain de la lutte économique et géopolitique entre l’Europe, la Russie et la Chine.
Il est impératif et urgent que les Africains fourbissent les armes dans les registres intellectuels, politiques et économiques, pour s’accorder sur une vision à long terme et une politique commune. Il faut toujours garder à l’esprit que les approches de Trump sont pragmatiques, opportunistes et sans considération éthique. Il est donc indispensable d’accorder une grande place à la flexibilité et à l’innovation.
Trump va-t-il détricoter le système multilatéral et quelles en seraient les conséquences pour le monde et pour l’Afrique ?
Le multilatéralisme est absent de l’arsenal des relations internationales de Trump. Son objectif est de rétablir l’hégémonie américaine (influence politique) et l’hégémonie économique grâce à des méthodes transactionnelles et de désengager les États-Unis des guerres et bases militaires à l’étranger. Ne proclame-t-il pas avec force que son pays ne défendra plus les frontières des pays étrangers (sans le nommer, il fait allusion à l’Ukraine), mais ses propres frontières. Son appel à reconsidérer les rôles et missions de l’Otan est le signe d’un repli géostratégique.
Dans tous les cas, son discours d’investiture ne mentionne pas les Nations unies et son évocation de «l’esprit de la frontière» pour rétablir «la dignité, le pouvoir et la puissance» des États-Unis est un désengagement du multilatéralisme. Les pays qu’il privilégie dans les relations internationales, comme en témoignent les chefs d’État et de gouvernement invités à la cérémonie d’investiture, sont des pouvoirs autoritaires de droite.
Si on se réfère à ce qu’il dit sur le canal de Panama et le Canada, faut-il s’attendre à un retour de l’impérialisme ?
Je pense que dans le cas du Canada, il faut plutôt parler de provocation pour acculer le voisin du Nord à faire des concessions politiques et économiques et à maintenir le pays dans le giron américain en termes de coopération. En revanche, son traitement de la question du canal du Panama relève doublement de la référence impériale. D’une part, Trump dénonce la décision de Jimmy Carter de remettre le canal à l’État de Panama (Torrijos-Carter treaties, 1977). Trump va très certainement évoquer, en cas d’intervention militaire, le premier «Traité concernant la neutralité permanente et le fonctionnement du canal de Panama» qui stipule que «les États-Unis conservent le droit permanent de défendre le canal contre toute menace susceptible d’entraver la poursuite de son service neutre pour les navires de toutes les Nations».
Il peut ainsi évoquer la menace chinoise pour dénoncer le second «Traité du canal de Panama» qui a transféré le contrôle du canal à l’État panaméen à partir du 31 décembre 1999.
Trump a l’intention de le reprendre, car il est une possession américaine. Les Américains, selon lui, ont payé un prix très élevé en ressources financières et vies humaines. D’autre part, il s’élève avec véhémence contre «le contrôle du canal» par les Chinois au détriment des intérêts américains.
RÉVISION ORDINAIRE DES LISTES ÉLECTORALES PRÉVUE ENTRE FÉVRIER ET JUILLET
Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique annonce la révision ordinaire des listes électorales conformément aux dispositions du Code électoral (article L.37 du Code électoral, article R.28 du décret n° 2021-1196 portant partie réglementaire..
Le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique annonce la révision ordinaire des listes électorales conformément aux dispositions du Code électoral (article L.37 du Code électoral, article R.28 du décret n° 2021-1196 portant partie réglementaire du Code électoral). Les opérations qui entrent dans le cadre de la mise à jour du fichier électoral se dérouleront du 1er février au 31 juillet 2025, informe le quotidien Le Soleil.
La révision ordinaire des listes électorales 2025, d’une durée de six mois, démarre le 1er février prochain. Selon la source, l’information est confirmée par la Direction générale des élections (Dge) du ministère de l’Intérieur et de la sécurité publique.
« La Dge annonce la publication imminente du communiqué officiel sur la question. Cette opération qui s’inscrit dans le cadre des efforts pour renforcer la transparence et l’inclusivité du processus électoral sera clôturée le 31 juillet 2025 conformément aux dispositions du Code électoral. Son article 37 dispose que « les listes électorales sont permanentes », renseigne la source.
« Elles font l’objet d’une révision annuelle initiée par l’administration. Sauf cas de force majeure, cette révision dite ordinaire se déroule dans les délais fixés par le présent Code (…) ». Durant cette période de révision ordinaire ouverte à tous les citoyens électeurs ayant atteint la majorité électorale, soit 18 ans, les Sénégalais auront la possibilité de s’inscrire. Les inscriptions (primo-votants) et mises à jour (changement d’adresse électorale, correction d’éventuelles erreurs sur les données personnelles), pourront être réalisées dans les différentes commissions administratives ouvertes sur l’ensemble du territoire national », a-t-elle ajouté.
Celles-ci sont composées d’un président et d’un suppléant désignés par le préfet ou le sous-préfet, du maire ou de son représentant ainsi que d’un représentant de chaque parti politique légalement constitué ou coalition de partis politiques déclaré à cet effet auprès de l’autorité compétente. La dernière révision ordinaire des listes électorales remonte à 2016.
Depuis lors, seules des révisions extraordinaires ont été organisées. Et pourtant, conformément à l’article L.37 du Code électoral, le gouvernement ne peut recourir qu’à l’article R.28 du décret n° 2021-1196 qui dispose : « une révision dite « ordinaire » a lieu, sauf cas de force majeure ou de révision exceptionnelle en perspective, chaque année, du 1er février au 31 juillet inclus ». En outre, l’article 37 précise qu’avant chaque élection générale, une révision exceptionnelle peut être décidée par décret qui détermine alors la durée des opérations et les délais des contentieux.
« Dans ce cas, il n’y aura pas de révision ordinaire. Toutefois, la révision exceptionnelle peut être décidée dans la même forme en cas d’élection anticipée ou de référendum. Si les délais d’organisation d’une élection anticipée ou d’un référendum ne permettent pas le déroulement normal d’une révision exceptionnelle, l’élection ou la consultation est faite sur la base de la liste électorale révisée dans l’année en cours ».
FARBA NGOM LIVRE A LA PLENIERE
La levée de l'immunité parlementaire de Farba Ngom, membre du Groupe Takku Wallu (opposition), est désormais entre les mains des 165 députés de la quinzième législature.
La levée de l'immunité parlementaire de Farba Ngom, membre du Groupe Takku Wallu (opposition), est désormais entre les mains des 165 députés de la quinzième législature. La commission ad-hoc chargée de statuer sur la demande de levée de l’immunité du député a bouclé ses travaux hier, mardi, à l’Assemblée nationale, en votant pour une plénière. La réunion de la commission ad hoc s’est tenue à l’absence de Farba Ngom mais aussi de sa représentante, Me Aïssata Tall Sall, qui a quitté les travaux, en guise de protestation.
L a procédure de levée de l'immunité parlementaire de Farba Ngom a franchi un autre palier hier, mardi 21 janvier 2025, à l’Assemblée nationale. La commission ad-hoc chargée de statuer sur la demande de levée de cette immunité du maire des Agnams a décidé, à l’issue de ses travaux, d’envoyer le député membre du Groupe Takku Wallu (opposition) devant la plénière. En adoptant cette demande de levée de l'immunité parlementaire, la commission ad-hoc composée de 11 membres dont 9 de Pastef, un de l’opposition et un député non-inscrit, a choisi d’activer, en rapport avec le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la plénière pour décider de la levée ou non de cette immunité. Il faut dire que la réunion de la commission ad hoc s’est tenue sans la présence du principal concerné qui a décidé de se faire représenter par sa collègue présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, Me Aïssata Tall Sall, conformément à l’article 52 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale en son alinéa 2: « La Commission doit entendre le député intéressé, lequel peut choisir, comme défenseur, un de ses collègues… ».
Seulement, Me Aïssata Tall Sall n’a pas pu continuer la réunion car, dira-t-elle lors d’une déclaration à la presse, elle n’a pas été informée des éléments de faits pour lesquels son collègue Farba Ngom a été visé. «Depuis qu’on parle, c’est seulement sur des hypothèses. Personne n’a encore vu le dossier pour lequel notre collègue est pointé du doigt. Quelle est la difficulté à nous donner les faits pour que notre présence au sein de la commission puisse être pertinente. J’avais même écrit au président de la commission pour lui demander de m’imprégner des faits qui sont reprochés à Farba Ngom pour pouvoir le défendre dans cette commission. Mais il ne m’a envoyé que les courriers entre les différents procureurs. Je regrette mais dans ces lettres de transmission ne se trouvent pas les faits qui sont reprochés à notre collègue », a dénoncé la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal qui a opté en conséquence de quitter la réunion de la commission ad hoc.
Pour rappel, le 10 janvier 2025, le ministre de la Justice a envoyé un courrier au président de l’Assemblée nationale, sollicitant la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom. Cette démarche faisait suite à la demande du Procureur général près la Cour d’appel de Dakar, formulée à travers une correspondance datée du 3 janvier 2025. Le procureur de la République financière du pool judiciaire financier (PJF) est à l’origine de l’enquête qui vise à élucider une affaire de blanchiment d’argent dans laquelle Farba Ngom serait impliqué. Selon les premiers éléments de l’enquête, des transactions financières douteuses auraient permis le transfert et le blanchiment d’une somme impressionnante, estimée à 125 milliards de francs CFA.
LE RÉVEIL CITOYEN BOUSCULE LES URNES
René Lake dresse sur VOA Afrique, le bilan d'une année 2024 charnière pour la démocratie en Afrique. Selon lui, la simple tenue d'élections ne suffit plus à satisfaire une jeunesse de plus en plus exigeante
Dans une intervention approfondie sur VOA Afrique lors de l'ultime édition de l'émission Washington Forum, René Lake, analyste politique, dresse un bilan nuancé de l'année 2024 et esquisse les perspectives pour 2025, mettant en lumière les défis de la démocratie contemporaine.
"La démocratie électorale semble être une réalité sur le continent, mais elle n'est pas synonyme de démocratie effective, de démocratie citoyenne, de démocratie participative", observe Lake, soulignant une crise démocratique qui dépasse les frontières africaines. Selon lui, ce déficit de participation explique largement le mécontentement populaire et les bouleversements politiques observés à travers le monde.
La question de l'Alliance des États du Sahel (AES) et son retrait de la CEDEAO illustre les tensions régionales actuelles. Lake qualifie cette décision d'"incompréhensible", tout en reconnaissant que "les critiques des pays de l'AES vis-à-vis de la CEDEAO sont ressenties par les populations". Il place ses espoirs dans les efforts diplomatiques, notamment ceux du "professeur Abdoulaye Bathyli, diplomate chevronné et grand pan-africaniste".
Sur le plan international, l'analyste évoque la surprise de la réélection de Donald Trump aux États-Unis, survenue après la campagne éclair de Kamala Harris. "Il y a six mois, personne n'envisageait un tel scénario", note Lake, attribuant ce résultat à "la persévérance de Donald Trump, qui lui s'est préparé pendant quatre années sans répit".
Pour 2025, Lake identifie plusieurs enjeux majeurs pour l'Afrique francophone : l'avenir du franc CFA, la situation sécuritaire au Sahel, l'avenir de la CEDEAO, et les développements politiques au Sénégal et en Côte d'Ivoire. Concernant le conflit en Ukraine, il anticipe une possible résolution sous l'administration Trump, probablement "au détriment des Européens et de l'Ukraine en particulier".
L'analyste conclut sur une note d'espoir, évoquant l'émergence d'une jeunesse africaine "de plus en plus informée" et "très déterminée". "Les jeunesses veulent participer au développement et elles ont une exigence de transparence, de moralité, de décence qui est très élevée", affirme-t-il, suggérant un changement de paradigme nécessaire dans la conception même de la démocratie.