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4 avril 2025
Politique
BARTH ET KHALIFA, UN DESTIN COMMUN
La radiation du maire de Dakar ouvre la voie à d'autres conséquences juridiques potentielles. L'homme politique pourrait notamment être exclu des listes électorales, conformément à l'article L.29 du Code électoral
L’Assemblée nationale a bouclé hier, vendredi 6 décembre, le processus d’installation de son bureau. S’exprimant lors cette plénière consacrée à la ratification de la liste des membres des 14 Commissions permanentes, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a annoncé la radiation de Barthélémy Toye Dias de la liste des députés, sur demande du ministre de la Justice.
La radiation du député-maire de la ville Dakar, Barthélémy Toye Dias, est désormais officielle. S’exprimant hier, vendredi 6 décembre 2024, devant ses collègues députés, lors de la plénière relative à la validation de la liste des membres de 14 commissions, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a informé que le bureau de l'Assemblée nationale, réunit le jeudi 5 décembre 2024, a procédé à la radiation de Barthélémy Toye Dias.
Le président de l’Assemblée nationale a précisé que cette décision fait suite à une demande du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, M. Ousmane Diagne, en application des dispositions du dernier alinéa de l’article 61 de la Constitution et du dernier alinéa de l’article 51 du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale.
Cette disposition constitutionnelle précise que «le membre de l’Assemblée nationale qui fait l’objet d’une condamnation pénale définitive est radié de la liste des parlementaires sur demande du ministre de la Justice». Quant au dernier alinéa de l’article 51 du Règlement intérieur il précise que «le membre «de l’Assemblée nationale» qui fait l’objet d’une condamnation pénale définitive est radié de la liste des parlementaires sur demande du ministre de la Justice.»
La raison de la demande de radiation
La radiation de Barthélémy Dias) était attendue depuis décembre 2023. D’ailleurs, certains des observateurs de la scène politique juridique, étonnés le silence et de la position adoptés par l’ancien régime du président Macky Sall dans cette affaire, n’avaient pas hésité à la classer parmi les dossiers que l’ex-chef d’Etat dit avoir «mis sous le coude»
Pour rappel, le 21 septembre 2022, la Cour d’appel du Tribunal de Grande instance hors classe de Dakar, statuant sur l’appel à la condamnation à deux ans de prison, dont six mois ferme pour « coups mortels» dans l’affaire dite «Ndiaga Diouf», introduit par les avocats de Barthélémy Toye Dias, 5 ans auparavant, avait confirmé cette condamnation. Non satisfait de cette décision du juge d’appel, Barthélémy Toye Dias, qui est devenu entretemps maire en janvier 2022 et puis député en juillet de la même année, s’était tourné vers la Cour suprême.
Dans son verdict, rendu le vendredi 22 décembre 2023, la Haute juridiction avait rejeté son pourvoi en Cassation, confirmant ainsi la décision du juge d’Appel dans cette affaire de la mort, par balle en 2011, de Ndiaga Diouf, lors de l’attaque de la mairie de Mermoz-Sacré Cœur. Barthélémy était le maire à l’époque.
Au lendemain de ce verdict de la Cour suprême, il revenait à l’actuelle présidente du Groupe parlementaire de l’opposition Takku-Wallu, Me Aïssata Tall, qui était ministre de la Justice d’alors mais aussi avocate du maire de Dakar lors de son procès en première instance, de faire exécuter cette décision, en demandant au bureau de l’Assemblée nationale sa radiation. Et ce, en application des dispositions du dernier alinéa de l’article 61 de la Constitution et du dernier alinéa de l’article 51 du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale. L’Assemblée nationale n’avait posé aucun acte allant dans ce sens. C’est ainsi que Barthélémy Dias a pu siéger pendant les deux années de mandature de la 14e législature.
Barthélémy Dias vers une radiation des listes électorales
Cette radiation de la liste des députés de la 15e législature ne semble être que le début des ennuis politico-judiciaires pour l’actuel maire de Dakar. En effet, si le ministre de la Justice, qui a saisi le bureau de l’Assemblée nationale pour demander l’application de la décision rendue le 22 décembre 2023 par la Cour suprême dans l’affaire Ndiaga Diouf, va au bout de la logique du droit dans cette affaire, Barthélémy Dias ne pourra plus candidater lors de futures élections au Sénégal. Une autre conséquence de l’application de cette condamnation définitive est sa radiation des listes électorales, dans les prochains jours, conformément aux dispositions du premier alinéa de l’article L.29 du Code électoral qui stipule : «Ne doivent pas être inscrits sur la liste électorale : les individus condamnés pour crime».
Barthélemy Dias, a pu diriger la liste de la coalition «Samm Sa Kaadu» et participer au scrutin des législatives anticipées du 17 novembre dernier, malgré sa condamnation définitive. Mais, prenant la parole, 6 mars 2024, lors de la plénière consacrée au vote d’une loi d’amnistie visant à couvrir les «événements liés aux manifestations politiques ou à visée politique entre 2021 et 2024», Barthélemy Dias avait interpellé Me Aïssata Tall Sall, alors ministre de la Justice et Garde des Sceaux: «Madame la ministre, je voudrais m’exprimer, en tant que maire de Dakar. Vous êtes au courant de ma situation puisque vous avez été mon avocate. Vous savez que je suis exclu des listes électorales pour cinq ans, car j’ai été définitivement condamné, suite à une attaque jugée lâche contre une institution de la République, attaque documentée par des vidéos. Je souligne être le seul jugé dans cette affaire, personne d’autre n’ayant été poursuivi », avait-il signalé. Avant de marteler, au sujet de sa radiation des listes électorales : « Cette exclusion signifie que je ne peux me présenter à aucune élection. Si une élection a lieu en 2029, je ne pourrai pas être candidat, et je ne peux plus briguer la mairie de Dakar. Le fait d’être l’unique personne attaquée et jugée, par des magistrats se prétendant indépendants, me prive du droit de participer aux élections, sous le prétexte de cette condamnation».
Taxawu Senegal de nouveau sans députés, comme en 2017
La radiation du maire de Dakar de la liste des membres de la 15e législature constitue également un coup très dur pour l’ancien maire de Dakar, Khalifa Ababcar Sall. En effet, sa plateforme politique «Taxawu Senegal» va se retrouve sans député, dans cette 15e législature. Barthélemy Dias, qui avait la confiance de Khalifa Sall pour confectionner la liste des candidats de la coalition «Samm Sa Kaddu», d’après son désormais ex-camarade, Abba Mbaye, était le seul candidat membre de «Taxawu Senegal» investi sur les dix premiers investis de la liste nationale de cette coalition qui après les élections législatives n’a obtenu que trois sièges
Cette situation rappelle celle de Khalifa Ababacar Sall, aux législatives de 2017. Investi à l’époque tête de liste de la coalition «Mankoo taxawu Senegal», alors qu’il était Maire de Dakar mais en détention préventive, dans le cadre de l’affaire de la Caisse d’avance, Khalifa Ababacar Sall, qui était également seul candidat de «Taxaw Senegal» élu à l’issu de ce scrutin, a été non seulement radié la liste des députés mais aussi révoqué de la tête de la mairie de Dakar, suite à la confirmation de sa condamnation par la Cour d’Appel de Dakar. A l’époque, il a été remplacé par Malick Gueye, responsable du Grand Parti de Malick Gakou.
QUE NOUS RAPPORTENT LES VOYAGES DE DIOMAYE ?
Le constat est que le Sénégal, sous la coupe de Diomaye et Sonko, se contente généralement de bons vœux de partenariat, aussi bien bilatéral que multilatéral. Hormis l’Allemagne, qui a consenti, fin septembre, un appui budgétaire de 44,6 milliards de FCFA
Comme dans une sorte de division du travail avec son tandem, le Premier ministre Ousmane Sonko, le président Bassirou Diomaye Faye est en train de prendre la pleine mesure de l’un de ses domaines régaliens : la diplomatie. Le chef de l'État s’est encore envolé, ce décembre, pour une nouvelle série de visites aux Émirats arabes unis et au Qatar, du 4 au 8 décembre 2024.
Parti dans ces pays à l’invitation de Sheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, président des Émirats, Diomaye y discutera de partenariat dans des secteurs tels que les infrastructures, la gestion portuaire et aéroportuaire, les énergies renouvelables et la sécurité régionale, selon les services de communication du Palais de Dakar. Encore des promesses de coopération dont les Sénégalais attendent les impacts sur le développement socio-économique, depuis 8 mois que Diomaye emprunte son avion présidentiel pour une vingtaine de fois !
Jusque-là, la seule sortie couronnée d’une annonce en espèces sonnantes et trébuchantes, dont a grandement besoin le budget sous tension aiguë, s'est produite lors du Forum Chine-Afrique, au cours duquel le président Xi Jinping a promis un don de 27 milliards FCFA au Sénégal. Cela a été assorti d’une signature entre Dakar et Pékin de 10 accords de partenariat dans des domaines comme les technologies de l’information et de la communication, la modernisation agricole, l’industrialisation et les nouvelles énergies. En fait, une continuité dans cette coopération entre les pays.
Le constat est que le Sénégal, sous la coupe de Diomaye et Sonko, se contente généralement de bons vœux de partenariat, aussi bien bilatéral que multilatéral. Hormis l’Allemagne, qui a consenti, fin septembre, un appui budgétaire d’un montant global de 44,6 milliards de FCFA dans le cadre du Programme pour le renforcement de la résilience fiscale, économique et climatique, les finances sénégalaises souffrent de l’expectative des partenaires externes face à un pouvoir qui entend faire œuvre de « souveraineté » sans en définir clairement les tenants et aboutissants.
RADIATION DE BARTHÉLÉMY DIAS, ABDOU MBOW DÉNONCE UNE FORFAITURE
Selon le député, cette décision fait partie d’une tentative de renforcer une “dictature” parlementaire.
Dans une déclaration musclée, Abdou Mbow a dénoncé la radiation de Barthélémy Dias comme une manœuvre politique illégale.
« Vous avez suivi, comme tout le monde, que le ministre de la Justice a demandé la radiation de Barthélémy Dias de notre liste. En tout cas, notre groupe Takku Walou Sénégal dénonce cette forfaiture », a-t-il déclaré.
Il a rappelé les nombreuses irrégularités qui entachent le fonctionnement de l’Assemblée nationale actuelle, notamment la violation des règles lors de la distribution des postes.
« La loi nous accorde un poste de vice-président, un poste octroyé par les électeurs sénégalais. Mais la majorité actuelle, notamment le pouvoir en place à savoir le parti Pastef, a usurpé ces postes, installant ainsi une dictature », a notamment ajouté Abdou Mbow.
Pour Mbow, cette décision s’inscrit dans une volonté de museler l’opposition et de renforcer une “dictature” parlementaire.
« Tout ce qui a été fait aujourd’hui est dans l’illégalité », a-t-il martelé.
Il a assuré que son parti, Takku Wallu Sénégal, engagerait toutes les voies de recours légales pour faire annuler cette décision.
par l'éditorialiste de seneplus, alymana bathily
LE MAUVAIS PROCÈS FAIT AU MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION
EXCLUSIF SENEPLUS - Certains acteurs du secteur de la presse poussent à la confrontation. Pour les uns, il s’agit de reprendre le combat de l’ancien régime en arrière garde. Rien ne doit plus être comme avant
Alymana Bathily de SenePlus |
Publication 06/12/2024
Mamadou Ibra Kane, le président du Conseil des Diffuseurs et Editeurs de la Presse (CDEPS) est, pour qui le connait, un homme d’habitude pondéré et courtois.
Il ajoute même : « ce 2 décembre 2024 est une date macabre pour la liberté de la presse au Sénégal. Toutes les appréhensions que nous avions depuis plus de huit mois du nouveau régime de Bassirou Diomaye se justifient aujourd’hui. Nous sommes scandalisés, abasourdis… »
Maimouna Ndour Faye de surenchérir : « Ce projet est sournois. Blocage de comptes bancaires, annulation des contrats avec l’Etat, gel des paiements et maintenant ça. Mais qu’ils sachent que nous ne céderons pas ».
Mandiambal Diagne lui, sonne carrément la mobilisation contre le gouvernement : « Nous refusons d’accepter une telle décision illégale. Ma sympathie et mon soutien à tous les acteurs des médias qui font les frais de l’arbitraire du gouvernement de Ousmane Sonko ».
La fronde des patrons
Notons d’abord qu’il s’agit d’une fronde des seuls patrons de presse, aucune organisation professionnelle ne s’y est associée.
Ni le Syndicat des Professionnels de l’Information et la Communication du Sénégal (SYNPICS), ni la Convention des Jeunes Reporters du Sénégal (CJRS), ni l’Association des Femmes des Médias du Sénégal (AFMS) ni le Conseil pour l'Observation des Règles d'Éthique et de Déontologie (CORED) ! En outre, ces patrons font au « gouvernement Sonko » un mauvais procès : celui de vouloir les liquider.
Il est vrai que ce dernier pourrait pour sa part soupçonner certains patrons, du fait de leur proximité, de leur « amitié » déclarée même avec l’ancien président, de vouloir prendre à leur compte le combat de l’ancien régime en alimentant la sédition. Quant au fond, convenons de ceci :
1-Dans un contexte de pluralisme médiatique, la régulation de la presse écrite tout comme de l’audiovisuel est bien évidemment une responsabilité du gouvernement. Le Code de la presse porte précisément sur les modalités de cette régulation notamment par les articles 80 à 93 concernant la presse écrite et les articles 94 à 117, la communication audiovisuelle.
Cette régulation est d’autant plus nécessaire que les acteurs de la presse ont, eux même, naguère appelé à des mesures d’assainissement consistant à « la nécessaire régulation du secteur par les autorités publiques, l’évaluation et la réforme du Code de la presse, le financement adéquat des entreprises de presse, l’adoption d’un Code de conduite pour les médias, la prise en charge de la formation dans les métiers des médias… ».
2-Les 112 entreprises de presse retenues par le ministère de tutelle sont celles qui sont déjà en règle au regard des articles précités du Code de la presse et de ce fait sont éligibles au Fonds d’Appui à la presse. Il ne s’agit nullement comme les patrons de presse font semblant de croire, « d’une liste d’entreprises de presse qui auraient le droit d’exercer sur le territoire sénégalais ».
3-La réglementation relative à la création des organes de presse écrite n’est pas remise en cause, on le sait bien : c’est toujours le principe déclaratif qui prévaut : il suffit d’une déclaration de parution adressée au ministère accompagnée d’un extrait du casier judiciaire du directeur de publication, les nom et adresses du directeur de publication et des propriétaires.
4- Quant à la liberté de la presse qui serait menacée par la régulation, on n’oublie que liberté de presse et responsabilité sociale de la presse vont de pair.
Ceci a été codifié en doctrine dès les années 1947, aux Etats Unis face à l’explosion de la presse, à cette époque. Voici ce qu’établissait dès lors la commission dite Commission Hutchins établie pour étudier comment sauvegarder la liberté de la presse tout en l’astreignant au contrôle : « Il y a contradiction entre l’idée traditionnelle de la liberté de la presse et sa nécessaire contrepartie de responsabilité…La responsabilité comme le respect des lois, n’est pas en soi une entrave à la liberté ; bien au contraire, elle peut être l’authentique expression d’une liberté positive. …Il est trop fréquent aujourd’hui que la prétendue liberté de la presse soit une forme d’irresponsabilité sociale. La presse doit savoir que ses erreurs et ses passions ont cessé d’appartenir au domaine privé pour devenir des dangers publics. Si elle se trompe, c’est l’opinion qu’elle trompe... »
Visiblement certains acteurs du secteur de la presse, au sein de la profession comme au sein de l’administration publique poussent à la confrontation. Pour les uns, il s’agit de reprendre le combat de l’ancien régime en arrière garde, pour les autres, il faut liquider définitivement ces gens qu’on assimile à des ennemis irréductibles.
Une presse indépendante et forte pour une démocratie forte
Ne les suivons pas dans l’escalade. Le Sénégal a besoin d’une démocratie forte pour faire face aux défis du développement tels que formulés par l’Agenda 2050. Une telle démocratie ne saurait bien entendu prospérer sans une presse indépendante et forte.
Convenons-en pourtant : rien ne doit plus être comme avant : le secteur de la presse doit être assaini, l’équité et la transparence doivent prévaloir aussi bien dans l’enregistrement des médias, que dans l’attribution et le contrôle de l’exploitation des fréquences, que dans l’attribution du Fonds d’Appui à la presse.
Les entreprises de presse doivent évidemment se conformer rigoureusement désormais aux prescriptions du Code de la presse notamment en ce qui concerne le profil et les qualifications de leurs responsables et la nécessité d’embaucher le nombre minimum de journalistes professionnels requis.
Elles doivent s’astreindre à reverser désormais les cotisations sociales de leurs employés et à régler leurs impôts. Toutes les prescriptions maintenant exigées des entreprises de presse ne mettent elles pas en cause leur viabilité économique ? Certainement !
Pour le renouveau de la presse
Peut-être doit on courageusement remettre en cause le modèle économique traditionnel ? Peut-être doit on plaider auprès des autorités publiques pour la mise à jour de l’organisation du secteur de la publicité dont la loi de référence date de plus de 40 ans (loi n° 81-58 du 9 novembre 1981) !
La presse a encore de beaux jours devant elle dans notre pays : le nouveau régime pour lequel les Sénégalais ont voté dès le premier tour de l’élection présidentielle du 24 mars 2024 et auquel ils ont donné la majorité des deux tiers aux législatives récentes, s’inscrit dans la continuité républicaine et démocratique.
Il entend renforcer le pluralisme médiatique : tout journal, radio, télévision et média en ligne est bien évidement libre de traiter et de présenter l’information selon sa ligne éditoriale pour peu qu’il le fasse dans le respect des lois et règlements de la République.
YANKHOBA DIÉMÉ APPELLE À UNE OPPOSITION CONSTRUCTIVE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE
Lors de la ratification des listes des commissions, il a plaidé pour un accompagnement législatif permettant de concrétiser les changements attendus par le peuple sénégalais.
Le gouvernement attend des députés de la 15e législature une opposition constructive, un refus motivé, a déclaré vendredi à Dakar, Yankhoba Diémé, ministre sortant du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions.
‘’Nous voudrions en tant que gouvernement insister sur le fait que nous espérons des députés, une opposition constructive, un refus motivé sur certaines choses mais [aussi] un encadrement et un accompagnement pour que ce changement intervienne’’, a-t-il dit lors de la séance consacrée à la ratification des listes des membres des commissions permanentes de la 15 e législature.
Il a souhaité ‘’un franc succès à la présente législature, une législature de challenge, d’attentes fortes pour le peuple sénégalais, une législature d’attente même pour le gouvernement’’.
Il considère que l’exécutif ne pourra pas gouverner comme il faut sans l’accompagnement et l’encadrement du législatifs à travers le vote des lois, le contrôle de l’action du gouvernement et l’action de représentation du peuple.
‘’Nous avons choisi et assumé le devoir de faire des ruptures profondes, un changement systémique. Nous savons que pour ce faire, nous devons prendre le courage d’accepter, de faire et de subir le mal sur nous mêmes d’abord’’, a-t-il fait valoir.
DÉTHIÉ FALL OFFICIALISE SA DÉMISSION DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE
Le leader du PRP a annoncé sa démission de l’hémicycle, respectant un engagement pris après son départ de la coalition Sam Sa Kaddu.
Déthié Fall, élu député de la 15e législature, a annoncé officiellement sa démission, respectant ainsi un engagement pris envers le peuple sénégalais après sa rupture avec la coalition Sam Sa Kaddu et son ralliement à Pastef, à la veille de la campagne électorale.
Dans un communiqué, l’ancien parlementaire a expliqué que sa décision fait suite à la radiation de la tête de liste Sam Sa Kaddu. « J’avais pris l’engagement que j’allais remettre ce poste s’il me revenait du fait de ma démission de cette coalition et de mon soutien à la liste Pastef dirigée par le Président Ousmane Sonko. Je tiens donc à respecter la parole donnée qui m’est très chère », a-t-il déclaré.
Déthié Fall a également profité de cette occasion pour féliciter le Président de l’Assemblée nationale et les nouveaux parlementaires pour leur mandat. Il a renouvelé son soutien indéfectible à Ousmane Sonko, qu’il décrit comme un compagnon de lutte pour la démocratie et les libertés, et à Bassirou Diomaye Faye, président de la République issu des rangs de Pastef.
« Avec Ousmane Sonko, j’ai partagé tous les combats politiques de ces trois dernières années pour la démocratie et les libertés, avec tous les sacrifices possibles », a-t-il souligné, réaffirmant son attachement aux idéaux de son parti.
VIDEO
PAPE DJIBRIL FALL OU DETHIE FALL, CELUI QUI DOIT REMPLACER BARTHELEMEY DIAS
À l’Assemblée nationale, Barthélémy Dias a été officiellement révoqué. À présent, qui pour le remplacer ?
À l’Assemblée nationale, Barthélémy Dias a été officiellement révoqué. À présent, qui pour le remplacer ?
Radié de la liste des députés sur demande du ministre de la Justice, Barthélémy Dias n’est plus député. Conformément à la loi, la coalition «Sam Sa Kaddu» qui avait remporté trois sièges (Barthélémy Dias, Anta Babacar Ngom et Cheikh Tidiane Youm) lors des élections du 17 novembre 2024, devra attribuer le siège vacant au suivant sur la liste.
Et donc, en principe, Déthié Fall, classé cinquième, devrait être le remplaçant. Cependant, avant l'ouverture de la campagne électorale, ce dernier avait quitté la coalition pour soutenir la liste de Pastef et avait publiquement promis de ne pas siéger sous la bannière de Sam Sa Kaddu. Si Déthié Fall maintient sa position, le poste reviendrait alors à Papa Djibril Fall, investi en septième position sur la liste.
Leader des Serviteurs, Papa Djibril Fall signerait ainsi son retour à l'Assemblée nationale, après son premier mandat durant In 14e Législature.
LE PROCESSUS DE RADIATION DE BARTHÉLEMY DIAS ENCLENCHÉ !
Barthélémy Dias pourrait officiellement perdre son poste de député dans les prochaines heures. Le processus de sa radiation a été enclenché par le ministre de la Justice.
Barthélémy Dias pourrait officiellement perdre son poste de député dans les prochaines heures. Le processus de sa radiation a été enclenché par le ministre de la Justice.
Barthélémy Dias vit-il ses derniers moments en tant que député ? En effet, la tête de liste de "Samm Sa kaddu" aux législatives est aujourd’hui sur siège éjectable. En cause : le principe juridique qui veut que tout élu ayant fait l’objet d'une condamnation pénale définitive perde son mandat. Pour un député, cette initiative revient au Garde des Sceaux, et dans le cas de Barthélémy Dias, c'est sa condamnation définitive dans l'affaire Ndiaga Diouf qui a été visée par le ministre de la Justice, Ousmane Diagne.
Selon L’observateur, le ministre de la Justice a adressé une correspondance au président de l'Assemblée nationale, Malick Ndiaye, pour l'informer de l'éviction de Barthélémy Dias de son mandat de député. Les membres du bureau de l'Assemblée nationale, récemment élus et réunis hier jeudi à l'Hémicycle, ont été mis au courant de cette décision.
Après cette communication, la notification officielle devait être transmise à Barthélémy Dias avant la fin de la soirée, sauf changement de dernière minute. Aujourd’hui, vendredi, les autres députés de la 15e Législature, installés lundi dernier, seront informés, à leur tour, de la révocation de leur désormais ex-collègue. L'annonce est prévue lors de la plénière consacrée à la ratification des commissions.
LES JEUNES BRISENT LE PLAFOND DE VERRE
Agés respectivement de 50 ans, 44 ans, et 42 ans, Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye, et El Malick Ndiaye incarnent aujourd’hui l’élite dirigeante du Sénégal. Ils ont ainsi mis à la retraite toute une génération d’acteurs politiques
Agés respectivement de 50 ans, 44 ans, et 42 ans, Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye, et El Malick Ndiaye incarnent aujourd’hui l’élite dirigeante du Sénégal. ils ont ainsi mis à la retraite toute une génération d’acteurs politiques qui voulait faire encore de la résistance
Jamais dans l’histoire du Sénégal, on n’a eu en même temps de si jeunes Présidents d’institutions. Bassirou Diomaye Faye a été porté à la magistrature suprême, à 44 ans, à l’issue de la présidentielle du 24 mars 2024. Une fois au pouvoir, il nomme son mentor en politique, Ousmane Sonko, 50 ans, Premier ministre. Neuf mois après, le nouveau régime organise des élections anticipées qu’il remporte haut la main. Avec 54, 97% de l’électorat, PASTEF se retrouve avec 130 députés à l’hémicycle. Ce qui lui a permis d’élire El Malick Ndiaye, à 42 ans, Président de l’Assemblée nationale. Ces trois hommes ont en commun d’être tous issus de PASTEF, le parti au pouvoir ; et personne parmi les trois ne dépasse la cinquantaine. Ils sont relativement jeunes comparés à ceux qui, jusque-là, occupaient ces positions-là au sein de l’architecture institutionnelle.
Avec ces nouveaux hommes forts de la République, une nouvelle ère politique s’ouvre au Sénégal.
Mieux, l’alternance générationnelle est définitivement actée. La présence de ces jeunes au sommet de nos institutions est perçue d’ailleurs par certains observateurs comme une exception. Or, cela doit être la norme au regard de la proportion des jeunes dans la population sénégalaise. En effet, selon les dernières statistiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), les personnes âgées de moins de 35 ans représentent 72,2% de la population.
Souvent, on disait que les jeunes n’étaient pas trop engagés en politique, qu’ils n’étaient pas suffisamment représentés dans les institutions ou qu’ils jouaient les seconds rôles dans les formations politiques. Mais avec l’avènement PASTEF, la tendance a été renversée. Les Patriotes ont à vrai dire bouleversé les codes établis dans les cercles politiques sénégalais.
«CETTE ALTERNANCE GENERATIONNELLE POURRAIT OUVRIR LA VOIE A UN CHANGEMENT SYSTEMIQUE …»
Cette alternance générationnelle réclamée depuis longtemps vient ainsi à son heure. En effet, les jeunes se voient facilement en Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye, ou El Malick Ndiaye. Et ces nouveaux leaders d’une autre génération ont plus de facilité à communiquer avec la jeunesse et à comprendre ses préoccupations.
Aussi, dans ce monde en perpétuel mutation, il est plus facile pour ces leaders Patriotes de se mouvoir dans le concert des nations. Ils sont en effet branchés sur les avancées technologiques et ils ne nourrissent aucun complexe d'infériorité envers les pays occidentaux ou les partenaires internationaux.
Par contre, ils ne sont pas très expérimentés dans la gestion d’un Etat. Ils sont taxés à tort ou à raison de stagiaires. Il demeure évident cependant qu’ils sont résolument déterminés à changer le pays avec tous les risques que cela peut comporter en termes d’engagement ou de prise de décision politique.
En outre, le spécialiste des questions politiques et de développement en Afrique de l'Ouest, Ousmane Faye a publié récemment une tribune pour dire que le Sénégal se trouve à un moment décisif de son histoire, marqué par l’émergence d’une nouvelle génération d’acteurs politiques. Selon lui, cette alternance générationnelle pourrait ouvrir la voie à un changement systémique attendu depuis longtemps par le peuple, qui exige des élus des actions concrètes et transparentes. Les jeunes, particulièrement impatients, dit-il, aspirent à un avenir meilleur dans leur pays, sans envisager de migrer vers d’autres horizons. “Ils ont besoin de formation et de compétences pour pouvoir eux aussi assurer l’élite de transition à venir. Ils représentent l’avenir du Sénégal et ont soif de changement”, a-t-il déclaré.
Toutefois, il souligne que la concrétisation de ces aspirations dépend, d’une part, largement de la volonté du gouvernement à promouvoir le progrès, surtout dans un contexte économique favorable, marqué par l’exploitation du gaz et du pétrole, qui propulsera le pays parmi les nations bénéficiant de ces ressources. D’autre part, ajoute-t-il, le changement tant attendu ne pourra avoir lieu que dans un environnement où la justice et les institutions sont indépendantes et justes.
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BARTH ÉVINCÉ DE L'HÉMICYCLE
Malgré les appels d'Alioune Tine dénonçant "un coup dur pour la démocratie sénégalaise" et ceux de Seydi Gassama plaidant pour "la voix forte et discordante" du maire de Dakar, ce dernier est déchu de son mandat de député
(SenePlus) - L'Assemblée nationale a officiellement prononcé ce vendredi 6 décembre 2024, la radiation de Barthélémy Dias de son mandat de député. Cette décision est intervenue lors de la séance plénière consacrée à l'installation des 14 commissions parlementaires.
Le président de l'Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a formellement annoncé la nouvelle devant l'hémicycle : "Sur demande du ministre de la Justice, garde des Sceaux et en application des dispositions de l'Article 61 de la Constitution, dernier alinéa et de l'Article 51 de notre Règlement intérieur, le bureau de l'Assemblée nationale, réuni le jeudi 5 décembre 2024, a procédé à la radiation de Barthélémy Dias."
Cette radiation trouve son origine dans l'affaire Ndiaga Diouf, un dossier judiciaire qui poursuit le maire de Dakar depuis plus d'une décennie. En effet, la Cour suprême du Sénégal, par son arrêt n°76 du 22 décembre 2023, avait définitivement confirmé la condamnation de Barthélémy Dias à deux ans d'emprisonnement, dont six mois ferme, pour "coups mortels" sur Ndiaga Diouf, ainsi qu'au paiement de 25 millions de francs CFA de dommages et intérêts.
Cette situation juridique complexe soulève d'importantes questions sur l'éligibilité de l'ancien député. Comme l'explique Mamadou Salif Sané, enseignant-chercheur en droit public cité par Le Soleil, Barthélémy Dias "ne fait plus partie du corps électoral, c'est-à-dire des personnes qui bénéficient juridiquement du droit de vote, même s'il n'est pas radié de la liste."
Avant cette radiation, plusieurs voix s'étaient élevées pour défendre le mandat de Dias. Alioune Tine, figure respectée de la société civile, avait notamment déclaré : "Ce serait un coup dur pour la démocratie sénégalaise que de chercher à liquider politiquement Barthélémy Dias." Dans le même sens, Seydi Gassama, directeur d'Amnesty International Sénégal, avait souligné que "l'Assemblée nationale a besoin, pour la qualité des débats, de la voix forte et discordante de Barthélémy Dias."
Il est à noter que le désormais ex-député n'avait pas assisté à la cérémonie d'installation des députés le 2 décembre, étant présent à Saint-Louis pour soutenir ses gardes du corps impliqués dans une affaire de violences électorales.
Cette radiation constitue un nouveau chapitre dans la vie politique mouvementée de Barthélémy Dias, figure majeure de l'opposition et tête de liste de la coalition Samm Sa Kaddu, qui conserve néanmoins son poste stratégique de maire de Dakar.