SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
3 avril 2025
Politique
par l'éditorialiste de seneplus, Arona Oumar Kane
UNE FAILLE DE SÉCURITÉ DANS LA DÉMOCRATIE SÉNÉGALAISE
EXCLUSIF SENEPLUS - Un président par intérim avoué, un dauphin Premier ministre et une majorité écrasante : le Sénégal de 2024 rappelle 1981, quand Senghor transmit le pouvoir à Diouf de façon monarchique
Arona Oumar Kane de SenePlus |
Publication 03/12/2024
L’article 35 alinéa 2 de l’ancienne loi constitutionnelle no 76-27 du 6 avril 1976 de la République du Sénégal disposait :
“En cas de démission ou de décès du président de la République ou lorsque l'empêchement est déclaré définitif par la Cour Suprême, le Premier ministre exerce les fonctions de président de la République jusqu'à l'expiration normale du mandat en cours. Il nomme un nouveau Premier ministre et un nouveau gouvernement dans les conditions fixées à l'article 43”.
C’est cette fameuse loi constitutionnelle qui avait valu au Sénégal la transmission du pouvoir d'un président de la République à un autre, sans le passage obligé par la sacro-sainte élection présidentielle. Ainsi, le 1er janvier 1981, sur la simple volonté du président Senghor, qui avait démissionné la veille, Abdou Diouf devenait le nouveau président de la République du Sénégal pour le reste d’un mandat qui allait jusqu’en 1983.
Cette transmission du pouvoir, peu démocratique, s’était pourtant déroulée de manière pacifique, dans un climat social apaisé et n’avait fait l’objet d’aucune contestation populaire. Il faut dire que la perspective de voir un président, qui sentait le vent de l’impopularité commencer à lui souffler doucement dans le dos, partir de lui-même était suffisamment satisfaisante pour que le geste fût plutôt salué par les populations. A cela, il faut ajouter le fait que nous étions dans un contexte où les bouillantes et très actives organisations politiques et celles de la société civile n’avaient pas la force de mobilisation et l’influence qu’elles ont de nos jours.
On peut cependant noter quelques similitudes, avec le contexte actuel, qui questionnent sur la stabilité institutionnelle de notre système démocratique. Cette dévolution quasi-monarchique du pouvoir avait, en effet, été rendue possible grâce à une révision, quatre ans auparavant, de la Constitution de 1963, qui modifiait les règles de suppléance à la tête de l’Etat. Cette réforme majeure avait été simplement décidée par le président Senghor - après s’être choisi un dauphin - et votée par une Assemblée totalement contrôlée par son parti, le PS.
Le président Abdoulaye Wade avait également bénéficié d’une majorité qualifiée, soit trois cinquièmes des députés, et l’avait même utilisée pour créer un poste de vice-président, jamais pourvu. Il avait aussi un dauphin apparent, mais contrairement à Senghor, il s’était heurté à une résistance populaire farouche. Les présidents Diouf et Sall ont eux-aussi pu, à des moments de leurs magistères, disposer de cette majorité qualifiée mais ni l’un ni l’autre n’avait de dauphin apparent, encore moins la volonté de transmettre le pouvoir à un tiers.
Aujourd’hui, nous avons tous les ingrédients favorables à un retour à cette forme de dévolution du pouvoir. D’abord, un chef de l’Etat, M. Bassirou Diomaye Faye, élu dans des circonstances particulières qui en font un président par défaut, ce que l’intéressé reconnaît et assume volontiers. Lors d’un entretien avec la presse sénégalaise, il avait encouragé son premier ministre M. Ousmane Sonko, comme pour faire taire les détracteurs, “non pas à lorgner son fauteuil mais à le regarder clairement”. Il avait ajouté qu’il se bat depuis 10 ans pour que M. Sonko s’installe dans ce fauteuil, qu’il n’a pas renoncé à cette ambition et qu’il n’y renoncera jamais. Cela fait du Premier ministre un dauphin clairement déclaré.
En plus de cette volonté affichée du prince, nous avons un parti présidentiel qui vient de remporter une victoire écrasante aux élections législatives anticipées, sous la houlette du dauphin présidentiel, qui a encore une fois démontré son intelligence stratégique hors du commun. Quelle que soit l’opinion des uns et des autres sur les méthodes et la personnalité du leader du Pastef, force est de reconnaître qu’on a affaire à un véritable génie politique qui déroule, depuis 10 ans, une stratégie gagnante qui le rapproche de plus en plus de ce fameux fauteuil.
Cette nouvelle majorité qualifiée, remportée haut la main, est largement suffisante pour opérer le type de révision constitutionnelle dont il est question. Il suffit en effet que le président Faye soumette à la nouvelle Assemblée un projet de loi constitutionnelle reprenant la lettre de l’ancien article 35 et qu’il obtienne l’adhésion de seulement 99 des 130 élus Pastef pour qu’une telle loi soit adoptée. Sans avoir besoin de passer par un référendum, avantage d’une révision qui serait portée par le chef de l’exécutif. Autant dire que, sur le plan politico-législatif, cela passerait comme une lettre à la poste.
Ensuite, une promulgation de la nouvelle loi par le président de la République, après contrôle de conformité par le Conseil constitutionnel, suivie d’une démission dans la foulée, et le Premier ministre lui succéderait immédiatement. En toute légalité. Cela pourrait se faire dès après l’ouverture de la première session ordinaire et l’installation de la nouvelle assemblée, le 2 décembre 2024, ce qui avec les délais de rigueur pourrait nous amener à une prestation de serment dès janvier 2025 !
Le Conseil constitutionnel, qui serait probablement saisi à la vitesse de l’éclair par l’opposition parlementaire, pourrait toutefois retoquer une telle révision. Il pourrait le faire notamment grâce à une interprétation de l’alinéa 7 de l’article 103 de la Constitution actuelle, qui réaffirme la forme républicaine de l’Etat et stipule l’impossibilité de réviser le mode d’élection du président de la République. Le Conseil pourrait tout aussi valider cette hypothétique loi en arguant que l’article 103 traite de l’élection et pas de la suppléance. C’est tout le sens de la notion d’interprétation qui donne à l’instance juridictionnelle le pouvoir de trancher en dernier ressort.
Bien évidemment, tout cela n’est qu’un scénario de politique-fiction, car ni le président de la République, ni son Premier ministre, n’ont déclaré avoir ce projet de dévolution par voie législative. Ils avaient certes évoqué l’idée de la création d’un poste de vice-président, mais le candidat Diomaye Faye avait bien précisé que ce serait dans la perspective de l’élection de 2029. On peut penser, par ailleurs, que le combat démocratique durement mené par le duo Diomaye-Sonko, au nom de la souveraineté populaire et des valeurs de liberté qu’ils incarnent, les a probablement immunisés contre cette tentation. Mais, l’histoire récente de la vie politique sénégalaise montre, à suffisance, qu’on ne peut être sûr de rien en la matière. D’autres figures avaient porté un combat politique de haute lutte et fait avancer de façon substantielle la démocratie sénégalaise, pour ensuite céder progressivement à la tentation du tripatouillage institutionnel au service d’ambitions personnelles, claniques ou partisanes. La séquence de la dissolution de l’Assemblée nationale, la veille de la date fixée par décret pour la Déclaration de Politique Générale du Premier ministre, doit être considérée comme une alerte à cet égard. Il s’agissait clairement d’un cas de tripatouillage institutionnel à des fins partisanes.
Quelle que soit la part de réalité dans ce scénario hypothétique d’une transmission extra-électorale du pouvoir, le simple fait que notre corpus juridique actuel rende possible une telle opération pose problème. Cela s’apparente à une faille de sécurité, comme dans les systèmes informatiques, c'est-à-dire un élément constitutif du système pouvant servir à compromettre son intégrité. Une démocratie n’est pas une œuvre finie mais un effort de veille continue et de renforcement des fondations qui la soutiennent. Ces fondations doivent être suffisamment solides et complexes, pour qu’il soit impossible de remettre en cause l’architecture globale par la seule volonté d’un individu ou d’un groupe d’individus.
Cette forme de résilience institutionnelle existe ailleurs dans le monde et doit inspirer. L’exemple le plus emblématique est celui des Etats-Unis d’Amérique où la modification de la charte fondamentale est soumise à des conditions si difficiles à réunir qu’elles en font un texte inamendable en pratique. Pour toucher à un seul des articles et amendements de cette Constitution qui date de 1787, ou en introduire un nouveau, il faut d’abord un vote conjoint des deux tiers des deux chambres du Congrès - ou d’une convention réunissant les deux tiers des États. Ensuite, pour entrer en vigueur, la révision doit être ratifiée par un vote des trois quarts des législatures des 52 États - ou d’une convention équivalente. Avec un tel verrou, ce pays, pourtant figure de proue des innovations technologiques et des mutations sociétales perpétuelles, est régi par la même charte fondamentale depuis plus de deux siècles. La plus récente ratification remonte à 1992 et porte sur le 27e amendement proposé en … 1789, soit plus de deux cent ans auparavant !
Cette forme de stabilité constitutionnelle doit être recherchée ; elle doit être un objectif dans le projet de transformation porté par les nouvelles autorités. Il s’agit, pour reprendre la formule de l’ancien président ghanéen, Jerry Rawlings, de « faire en sorte que si le diable lui-même venait à se retrouver à la tête du pays, certaines procédures, certaines pratiques l'empêcheraient de faire ce qu'il veut. Il serait obligé de faire ce que le peuple attend de lui ». Tant qu’il sera possible, dans notre pays, de faire modifier la Constitution par une centaine de députés, sans passer par un référendum, nos institutions resteront bien loin de ce niveau de résistance au diable, indispensable à l'exercice d’une véritable démocratie.
ABASS FALL AU GOUVERNEMENT, UNE NOMINATION TRES POLITIQUE
La tête de liste victorieuse du Pastef pour le département de Dakar, lors des législatives du 17 novembre 2024 a été promu à la tête du ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions. Il y remplace Yankhoba Diémé.
Abass Fall entre au gouvernement. La tête de liste victorieuse du Pastef pour le département de Dakar lors des législatives du 17 novembre 2024 a été promu à la tête du ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions. Il y remplace Yankhoba Diémé. Ce dernier migre au ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et aériens lâché par El Malick Ndiaye après son élection comme président de l’Assemblée nationale du Sénégal.
Ces aménagements sont l’oeuvre du président de la République. Ils ont été rendus publics dans la soirée du 2 décembre 2024 par le ministre secrétaire général de la présidence Oumar Samba Ba en présence du premier ministre Ousmane Sonko.
La nomination d’Abass Fall comme ministre du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les institutions n’est pas neutre. Elle peut être lue sous trois angles.
En premier lieu, elle récompense la cheville ouvrière du parti Pastef-Les patriotes dans la circonscription électorale majeure qu’est Dakar. La bataille capitale des législatives remportée contre son adversaire d’opposition Barthélémy Dias le renforce dans cette posture. Le poste ministériel qui manquait dans son pedigree le propulse au rayon des poids lourds du parti présidentiel.
Ensuite, et dans la logique du point précédent, Abass Fall est quelque peu mis à l’essai dans un contexte qui va soit lui permettre de s’affirmer comme responsable politique incontournable du système Diomaye-Sonko, soit de se casser la figure dans un marigot impitoyable ou les erreurs et les trébuchement sont rarement sans conséquences.
Sur l’épineuse question de l’emploi, il va devoir porter le fardeau du pouvoir en traduisant en actes les promesses faites à la jeunesse du pays. Sa chance, c’est le principe de la « transformation systémique » qui met en synergie les efforts de tous les ministères et agences au service de la cause « emploi et travail ».
En tant que porte-voix du gouvernement face aux institutions, Abass Fall est également investi d’une autre mission : batailler avec et contre les adversaires politiques du pouvoir, en particulier au niveau de l’Assemblée nationale. Son expérience parlementaire récente agrémentée par les tensions permanentes qui ont secoué l’hémicycle ces derniers années, mais aussi son tempérament de feu seront utiles face à la vingtaine de députés de l’ancien régime dont certains restent de redoutables bretteurs…
In fine, le sang bouillant Abass Fall - vainqueur électoral et ministre de la République - s’offre une petite revanche après la perte de son titre de premier adjoint à la mairie de Dakar, un scénario pour lequel il avait accusé le maire…Barthélémy Dias d’en être l’auteur. Justement, cette expérience ministérielle qui débute ce 2 décembre pourrait lui ouvrir - ou fermer - l’horizon de janvier 2027 lorsque les Dakarois devront choisir - ou confirmer - leur maire. A moins que Pastef promeuve un autre profil pour aller à l'assaut de la ville-capitale.
LE CONSEIL DES MINISTRES CONVOQUÉ EXCEPTIONNELLEMENT CE MARDI
Le Premier ministre a expliqué qu’en raison d’un voyage à l’étranger du Président de la République, la session hebdomadaire de cette réunion aura lieu le 3 décembre 2024.
Habituellement tenu chaque mercredi, le Conseil des ministres se tiendra exceptionnellement 3 décembre 2024. L'annonce a été faite par le Premier ministre Ousmane Sonko, tard dans la nuit.
Lors de sa déclaration au palais présidentiel, suite au réaménagement du gouvernement après l'élection de Malick Ndiaye à la présidence de l'Assemblée nationale, le Premier ministre a expliqué qu'en raison d’un voyage à l’étranger du Président de la République, cette session du Conseil des ministres aura lieu ce mardi.
Ousmane Sonko en compagnie du ministre secrétaire général de la Présidence de la République a annoncé un réaménagement du gouvernement et la formation d’un nouveau.
Après avoir constaté la démission du ministre des infrastructures et des transports terrestres et aériens, Malick Ndiaye et celui du du Travail, de l'Emploi et des Relations avec les Institutions, Yankhoba Diémé, les mêmes têtes ont été reconduites.
Seul Abass Fall, élu député dans la région de Dakar a fait son entrée dans le gouvernement. Il occupe le poste du ministère du Travail, de l’Emploi et des Relations avec les Institutions.
Par Mohamed GUEYE
CULTIVER ENFIN LA TRANSPARENCE
Les promesses du nouveau régime sénégalais se heurtent à une réalité plus complexe que prévu. Les députés de Pastef s'agitent autour des nominations pendant que le pays s'interroge sur sa direction
Hier, au moment où les députés de Pastef captaient l’attention de l’opinion autour d’une guerre de postes et de nominations, le pays ne cessait de se perdre en conjectures sur la direction vers laquelle la gouvernance du président Diomaye Faye nous menait. Si le nouveau régime politique a promis bien de choses au peuple, personne n’a encore vraiment noté de changement véritable. Parfois même, on a plus l’impression que les choses sont en train de régresser.
Les pluies, l’agriculture, l’économie…
Juste pour illustrer, le pays a connu cette année des inondations parmi les plus terribles qu’il ait jamais connues au cours des deux dernières décennies. Une bonne partie de l’arrière-pays a été inondé, et on a compté même des morts, emportés par le débordement des eaux du fleuve Sénégal. Si la ville de Touba n’a pas été épargnée, c’est à peine si certains ont pu noter que la capitale Dakar a eu à se plaindre d’un trop-plein d’eaux de pluie cette année. Il aurait été délicat de le rappeler, si l’on ne voulait pas magnifier le travail accompli par le Président Macky Sall pour en finir avec les inondations. Au contraire, c’est beaucoup plus gratifiant de tourner en dérision les plus de 766 milliards de francs Cfa prétendument gaspillés sous le prétexte de lutte contre les inondations. Ce programme décennal de lutte contre les inondations avait été remis en cause il y a deux ans, après de fortes inondations dont la commune de Keur Massar avait été victime. Pourtant, il n’a pas fallu longtemps pour démontrer que les ouvrages d’assainissement avaient fait l’objet de sabotage. Des personnes malintentionnées avaient délibérément bloqué les ouvrages d’écoulement des eaux de pluie, afin manifestement de provoquer des inondations. Et cela avait été réussi. Maintenant que les motifs politiques de ces sabotages ont disparu, la commune n’a plus revécu cette année, la hantise de fortes pluies d’hivernage.
Mais dans les zones qui n’avaient pas été concernées par ce programme, l’histoire a été bien différente. Au point que le ministre de tutelle a dû sortir, sous forme de pirouette, que l’hivernage de cette année n’était «pas (leur) hivernage»… Les victimes ont dû apprécier.
Mais il n’y a pas que la gestion de la pluie. Dans ces colonnes, nous nous sommes intéressés plusieurs fois à la préparation et la gestion de l’actuelle campagne agricole, pour affirmer que les paysans ne se retrouvaient pas dans les déclarations triomphatrices de la tutelle. Tout le monde se rend compte maintenant, avec le démarrage de la compagne de commercialisation de l’arachide, que les prévisions les plus pessimistes sont en train d’être dépassées. Il suffit, pour s’en convaincre, de se rendre compte que le ministre de l’Agriculture et son homologue du Commerce sont revenus sur leur décision d’interdire l’exportation de l’arachide. La mesure aurait d’ailleurs été très difficile à mettre en œuvre, malgré la mobilisation des Forces de défense et de sécurité (Fds) dont ce n’est d’ailleurs pas le rôle.
Sonko et ses chiffres falsifiés
Ne parlons pas non plus des agrégats macro-économiques. Au mois de septembre dernier, le gouvernement, avec le Premier ministre Sonko en tête, a déclaré que les chiffres de l’économie, sur lesquels les prévisions budgétaires ont été établies, et qui ont été présentés à ce jour aux partenaires économiques et financiers, étaient tous «falsifiés», et que la situation économique du pays était profondément dégradée. La conséquence de ces déclarations ne s’est pas fait attendre. La grande partie des financements espérés des partenaires, même du Fonds monétaire international, a été gelée. Tout le monde retient ses fonds, le temps de voir la direction que le pays prend. Au point que l’on voit sur les réseaux sociaux une vidéo où M. Sonko reconnaît que ses déclarations alarmistes sur l’économie du pays «ont contribué à inquiéter les partenaires, et rendu la situation encore plus difficile». Sans doute un faible moment de lucidité…
Qui cache le rapport trimestriel d’exécution budgétaire du 3ème trimestre ?
La question qui se pose est qu’il faudra que la Cour des comptes publie bientôt son rapport sur la gestion budgétaire 2023, qui correspond à la dernière gestion du régime de Macky Sall. On verra alors si cette institution prendra le contre-pied des décisions qu’elle a annoncées durant les douze années du mandat de Macky Sall, et viendra renforcer les déclarations de l’actuel gouvernement. Ou si la Cour des comptes va réaffirmer son indépendance et produire un rapport en droite ligne de ce qu’elle a toujours produit, et qui traduit l’intégrité de la gestion des finances du pays.
En attendant d’en savoir plus, on se rend compte que le gouvernement actuel a décidé de verser dans le dilettantisme. Contrairement aux bonnes habitudes auxquelles on a été habitués à ce jour, il n’a toujours pas publié le Rapport trimestriel d’exécution budgétaire, pour le troisième trimestre. Le rapport aurait dû être publié depuis le mois de septembre dernier. A ce jour, sur les sites du ministère des Finances et du budget, aucune information n’est donnée sur cette lacune. Le dernier document du genre date de juillet dernier. Or, la publication de ce document est prévue par la loi. D’ailleurs, il est toujours indiqué que «le présent rapport est préparé en application de l’article 70 de la loi organique n° 2020-07 du 26 février 2020 relative aux lois de finances et publié conformément aux dispositions prévues au point 6.6 de l’annexe à la loi n° 2022-12 du 27 décembre 2022 portant Code de transparence dans la gestion des Finances publiques».
Les mauvaises langues diraient sans doute que le gouvernement a des choses qu’il ne souhaiterait pas communiquer au public en ce moment. Car si l’on se réfère au document précédent, on voit que le niveau d’exécution budgétaire n’est pas aussi catastrophique, pour une «économie en ruine», selon les termes du chef du gouvernement. On note en effet, dans le Rapport d’exécution du second trimestre, que «comparées au deuxième trimestre 2023, les ressources du budget général ont évolué à la hausse de 79, 14 milliards F Cfa en valeur absolue, soit 4, 3% en valeur relative. Cette hausse est imputable aux ressources internes (+99, 83 milliards F Cfa, soit +5, 7%) grâce au bon niveau de recouvrement des recettes fiscales (+121, 60 milliards F Cfa, soit +7, 5%), notamment des impôts directs et indirects qui ont respectivement augmenté de 77, 18 milliards F Cfa (soit 10, 7%) et 38, 00 milliards F Cfa (soit 4, 1%), par rapport à l’année précédente». Tout le reste du document est dans la même veine. Si dans l’intervalle, la situation s’est fortement dégradée, le gouvernement devra alors de bonnes explications au Peuple. Et même au contraire, si elle devenait encore plus dramatique, les pouvoirs publics pourraient toujours encore chercher à enfoncer leurs prédécesseurs, et trouveront toutes les explications qui leur passeront par la tête.
On peut imaginer que les choses leur seront rendues encore plus faciles, maintenant que l’Assemblée a pris fonction. Mais les députés savent aussi que leur priorité sera de voter rapidement le budget qui va accélérer la mise en œuvre de la Vision 2050, le Pse du tandem Diomaye-Sonko. Ils ne doivent pas traîner les pas, car ils connaissent les urgences du pays. Et surtout, s’il y a un conseil à leur donner, c’est de réellement encourager la promotion de la transparence, afin d’encourager le monde des affaires à retrouver la confiance en ce pays.
L’INTERPRÉTATION DE LA RÈGLE DE LA PARITÉ OBJET D’UN VIF DÉBAT À L'ASSEMBLÉE
Tout est parti d’un blocage né de la volonté du groupe Takku Wallu Sénégal (opposition) d’attribuer le poste de vice-président qui lui revenait de droit à Mohamed Ngom dit Farba. Ce à quoi le groupe majoritaire, Pastef-Les Patriotes s’est opposé.
L’élection du bureau de la nouvelle Assemblée nationale a été précédée lundi, tard dans la soirée, par un vif débat tournant autour de l’interprétation des règles encadrant la parité.
Tout est parti d’un blocage né de la volonté du groupe Takku Wallu Sénégal (opposition) d’attribuer le poste de vice-président qui lui revenait de droit à Mohamed Ngom dit Farba. Ce à quoi le groupe majoritaire, Pastef-Les Patriotes s’est opposé, arguant qu’il devait revenir à une femme conformément aux règles de la parité.
Aïssata Tall Sall, présidente du groupe de l’opposition a fermement défendu la position de son camp, rejetant les accusations de non-respect des droits des femmes. Elle a estimé que sa désignation à la tête des parlementaires de Takku Wallu Sénégal à l’Assemblée nationale était la preuve d’un attachement au respect des droits de la femme.
‘’Pour la première fois, notre groupe a investi une femme comme présidente. Cela illustre clairement notre engagement en faveur des droits des femmes”, a-t-elle tenu à faire valoir.
L’ancien ministre de la Justice n’a pas manqué de contester l’interprétation des articles 13 et 14 du règlement intérieur concernant la parité, précisant qu’aucune disposition ne l’impose dans ce contexte précis. “L’Assemblée nationale n’est pas un tribunal. Si une disposition est jugée violée, seuls les tribunaux peuvent en décider,” a-t-elle rappelé.
Concernant la proposition pour le poste de huitième vice-président, elle a souligné que son groupe avait déposé une liste complète dès 11 heures du matin, conformément aux exigences, et désigné leur candidat, M. Mohamed Ngom.
“Nous avons respecté la loi et déposé nos documents dans les délais. Le débat a uniquement porté sur l’application de la loi, qui doit être discutée dans un esprit de concertation et non d’accusation” a-t-elle ajouté.
De son côté, le président du groupe parlementaire de Pastef-Les Patriotes, Mohamed Ayib Salim Daffé, a souligné que la liste de candidats, déposée auprès du Secrétariat général, respecte scrupuleusement les exigences de parité conformément aux textes.
“Selon le calcul basé sur la méthode de la plus forte moyenne, les sept premières positions de vice-présidents nous reviennent, et nous avons respecté la parité sur cette liste,” a-t-il indiqué, en dénonçant ce qu’il considère comme des manœuvres visant à bloquer les travaux de l’institution parlementaire.
“Depuis ce matin, une autre liste de candidats ne respectant pas la parité a été déposée. Ce qui constitue une tentative délibérée de retarder le processus et de faire croire à l’opinion publique que c’est la majorité qui bloque,” a-t-il déploré.
Le poste de 8e vice-président de l’Assemblée nationale est finalement revenu à la députée du groupe Pastef-Les patriotes, Ramatoulaye Bodian après que le président de l’institution, Malick Ndiaye, a tranché en faveur du parti au pouvoir.
Les députés du groupe Takku Wallu Sénégal ont alors choisi de quitter l’hémicycle à la suite de ce qui commençait à prendre les allures d’une impasse.
VIDEO
LE GRAND TRI DANS LES MÉDIAS
Sur les 380 médias inscrits sur la plateforme nationale, seuls 112 répondent actuellement aux normes en vigueur. Les médias non conformes devront rapidement se mettre aux normes sous peine de sanctions, incluant l'interdiction d'exercer
Le ministre de la Communication, Aliou Sall, a tenu ce matin un point de presse pour annoncer la publication de la liste provisoire des médias conformes aux dispositions du Code de la presse. Cette initiative s’inscrit dans la dynamique du gouvernement visant à assainir le secteur des médias au Sénégal, à améliorer les conditions de travail des journalistes et des jeunes reporters, et à impulser une nouvelle dynamique dans le paysage médiatique du pays.
Avant de dévoiler la liste des médias conformes aux normes, le ministre a d’abord dressé un état des lieux du secteur, rappelant la volonté du gouvernement d’accompagner ce dernier. En 2023, 535 organes de presse ont exprimé leur intérêt pour accéder au Fonds d’Appui et de Développement de la Presse. Cependant, malgré cette forte demande, la situation demeure préoccupante. En effet, la loi sur la presse stipule que toutes les structures médiatiques doivent disposer d’une autorisation délivrée par le ministère de la Communication. À ce jour, aucune structure ne respecte cette exigence légale.
Cette absence d’autorisation a contribué à la déliquescence de l’environnement économique des médias. Les acteurs du secteur se trouvent dans une situation de précarité sociale et économique, alimentée par la prolifération de “mercenaires” de l’information qui ne respectent ni les standards professionnels, ni les règles éthiques.
Le ministre est également revenu sur la chronologie des concertations ayant abouti à la publication de la liste officielle des médias. Il a souligné qu’il s’agissait d’une démarche collégiale impliquant tous les acteurs du secteur.
Les efforts du ministère pour réguler et assainir le secteur
Dans ce contexte, Aliou Sall a réaffirmé la volonté du ministère de la Communication de réguler le secteur afin de le rendre plus transparent et professionnel. La publication de la liste provisoire des médias conformes s’inscrit dans une démarche de renforcement des normes, dans le but de garantir un environnement médiatique fiable et respectueux des normes en vigueur.
Parmi les 380 médias inscrits sur la plateforme de déclaration des médias du Sénégal, 112 ont été jugés conformes au Code de la presse. Cette liste comprend :
• 10 chaînes de télévision
• 14 journaux imprimés
• 17 stations de radio
• 11 radios communautaires
• 6 Web TV
• 54 sites d’information en ligne
Les médias non conformes auront la possibilité de se rapprocher des services du ministère pour se mettre en conformité, sous peine de sanctions sévères. Des mesures sont en effet prévues pour interdire leur fonctionnement, notamment l’interdiction d’impression pour la presse écrite, l’arrêt de diffusion pour les médias audiovisuels par la Commission Nationale de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA), ainsi que l’impossibilité d’accéder à la communication commerciale de l’État. Il est également recommandé aux entreprises privées de ne pas diffuser de publicités dans ces médias, sous peine de sanctions, y compris des poursuites en vertu de la loi sur le blanchiment d’argent.
Réformes en vue pour transformer le secteur des médias
Le ministre Aliou Sall a également mis en avant plusieurs réformes destinées à insuffler une nouvelle dynamique dans le secteur des médias. Parmi les initiatives annoncées figure la réforme du Code de la presse, visant à moderniser les lois et les pratiques en matière de liberté de la presse et de régulation. La révision du Code de la publicité fait également partie des priorités, afin de mieux encadrer la distribution des publicités et garantir une meilleure transparence dans le financement des médias.
Une autre mesure phare est la création d’un fonds de développement pour la production audiovisuelle, destiné à soutenir la production de contenu de qualité au Sénégal. Le ministère prévoit également de réorganiser les conventions entre l’État et les médias, afin de diriger le financement public vers la production de contenus médiatiques de qualité et de renforcer l’indépendance éditoriale des organes de presse.
Les réformes envisagées devraient aussi permettre la mise en place de leviers de financement additionnels, afin de diversifier les sources de financement et d’offrir un soutien tangible aux médias sénégalais. Cela inclut la révision des mécanismes d’accès au fonds d’appui à la presse, qui sera désormais destiné en priorité aux médias respectant les critères de conformité, en mettant l’accent sur la qualité de la production et la viabilité économique des structures médiatiques.
Le ministre a insisté sur le fait que l’État assume pleinement ses responsabilités pour garantir un environnement médiatique plus structuré, tout en encourageant les acteurs du secteur à se conformer aux normes afin de bénéficier des opportunités offertes par ces réformes.
BABACAR DIOP S’ACTIVE POUR UN ACCUEIL XXXL DE DIOMAYE À THIÈS
Le maire de la ville de Thiès, a réuni hier les chefs d’établissements scolaires, dans le cadre des préparatifs de la visite du président de la République le jeudi 12 décembre prochain, dans la matinée
Le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye est attendu à Thiès, dans la matinée du jeudi 12 décembre. C’est pour les besoins du dévoilement de la statue de Lat-Dior, conçue et réalisée par la ville de Thiès. Le maire Babacar Diop s’active pour un accueil XXXL. C’est ainsi qu’il a sonné hier la mobilisation et l’implication des élèves et des étudiants.
Dr Babacar Diop, maire de la ville de Thiès, a réuni hier les chefs d’établissements scolaires, dans le cadre des préparatifs de la visite du président de la République le jeudi 12 décembre prochain, dans la matinée. C’est pour les besoins de l’inauguration du mémorial du Damel du Cayor, Lat-Dior Ngoné Latyr Diop, qui sera marquée par le dévoilement de sa statue, conçue et réalisée par la ville de Thiès.
Dr Babacar Diop s’active, pour un accueil XXXL au président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Pour ce faire, il a annoncé la volonté de revenir à l’époque des visites du Président Léopold Sédar Senghor à l'intérieur du pays. En ces occasions, dit-il, les élèves étaient toujours en première ligne et c’était même devenu une tradition bien établie. C’est pour cette raison que cette rencontre a été initiée, pour aller dans le sens de l’implication directe des élèves, des étudiants, des enseignants, pour un accueil chaleureux et populaire, mais dans la discipline et dans le cadre républicain, pour permettre au président de la République de délivrer son message à la jeunesse de Thiès.
Selon lui, l’évènement est à la dimension du personnage du Damel qui, au-delà du fait qu'il a marqué l'imaginaire du Cayor, est un héros national qui incarne des valeurs, de la dignité. C’est d’ailleurs pourquoi «nous avons pensé qu’un tel projet ne pouvait être inauguré que par le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye, dont l'engagement pour la dignité des peuples africains, la souveraineté de notre peuple, est indiscutable», a-t-il insisté. Il ajoute que cela a été encore décliné dans son discours courageux, audacieux, à l’occasion de la cérémonie marquant le 80e anniversaire du massacre de Thiaroye 44. C’est dire à ses yeux que cet évènement d’inauguration à Thiès peut bel et bien entrer dans cette dynamique. «Qui parle de Lat Dior Ngoné Latyr Diop parle de dignité, de refus, de résistance, de souveraineté, à travers surtout son slogan «Gan du tabax» (un étranger ne construit pas)», a-t-il fait savoir.
C’est fort de cela qu’il a lancé un appel à la population de Thiès, dans sa diversité, dans ses différentes composantes, pour une mobilisation à l’échelle départementale, pour accueillir le premier des Sénégalais. Il a par ailleurs annoncé une invitation adressée à toute la classe politique, dans sa diversité aussi, pour une mobilisation autour de cet accueil qui sera républicain. Cette visite du président de la République à Thiès a lieu dans un contexte de mise en mouvement de la troisième phase du projet de modernisation de l’éclairage public d’un coût de 347 millions de Fcfa, avec la reprise du réseau dans les axes principaux et le recours au Led à la place du sodium. Il a pris l’engagement de l’achèvement et de la réception des travaux avant la fin de l’année.
D’ailleurs, dans certaines avenues, il a laissé entendre que l’heure était déjà aux tests de mise en service. C’est le cas sur l’Avenue Léopold Senghor où des tests concluants ont été opérés ces dernières heures. Pour les avenues Lat-Dior, Houphouët Boigny, Aynina Fall, il fait constater que tout est déjà fin prêt. Il est d’avis que ce projet a impulsé un changement radical au niveau de l’avenue Jean Collin, qui risque d’ailleurs d’être la grande attraction, en lieu et place de l’Avenue de Caen, malgré sa centralité. Il souligne qu’un programme particulier a été consacré à l’avenue Caen où des tests ont également été faits et au plus tard le 15 décembre, les travaux sur l’éclairage seront achevés et la décoration lancée, pour être bouclée avant le 24 décembre.
EL MALICK NDIAYE COMPLETE LE «TRIANGLE DES BERMUDES» DE L'ANCIEN SYSTEME
En devenant la deuxième personnalité de l'état, le désormais ex ministre des Transports complète le trio» qui a incarné au Pastef durant des années le combat contre le « système».
La boucle est bouclée. Après Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République, Ousmane Sonko à la Primature, c'est en effet au tour d'el Malick Ndiaye de prendre la présidence de l'Assemblée nationale. Et en devenant la deuxième personnalité de l'état, le désormais ex ministre des Transports complète le trio» qui a incarné au Pastef durant des années le combat contre le « système».
L'incipit de la nouvelle reconfiguration politique vient manifestement d'être acté avec El Malick Ndiaye qui devient le nouveau président de l'Assemblée nationale. Quarantenaire et novice à ce poste comme le président de la République Bassirou Diomaye Faye, El Malick Ndiaye dont l'élection sonne finalement comme une évidence complète ainsi le «Triangle des Bermudes» du système Macky Sall. En effet, même si les militants et cadres du Pastef pourfendeurs de l'ancien régime sont légion, El Malick était doute avant la victoire du Pastef, quasiment la troisième personnalité de cette formation politique en termes de présence médiatique, voire même la première avec Amadou Ba, après l'emprisonnement de ses camarades Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Polémiste de talent, le nouveau président de l'Assemblée nationale a su, en tant que garant de la communication du Pastef, «perfuser» et vulgariser des concepts comme «antisystème», «Projet» et autres référents communicationnels et politiques au sein de la doxa nationale. S'inspirant de la méthode du président de la France Insoumise Jean Luc Mélenchon (en 2022 et avec presque 2 millions d’abonnés sur Tik Tok, 1,3 million sur Facebook, et 750 000 sur sa chaîne YouTube, il était le numéro un de la politique sur les réseaux sociaux), le désormais ex ministre du Transport a bâti avec son équipe une stratégie de communication gagnante tendue vers le numérique et sur des plateformes digitales. Le tout avec des contenus très critiques à l'encontre de leurs adversaires politiques. Et dans le dédale des arrestations en cascade des militants du Pastef au plus fort des remous politiques qui ont secoué le pays, El Malick Ndiaye qui a soutenu Pr Ibrahima Fall en 2012 avait opté pour le bracelet électronique afin de continuer à avoir une prise certaine sur la communication du parti, notamment sur les réseaux sociaux. Avec son élection au perchoir, le treizième président de ́l'Assemblée nationale du Sénégal complète le trio avec Bassirou Diomaye Faye, à l'image du Triangle des Bermudes qui est une zone géographique de l’océan Atlantique qui aurait été, selon une croyance répandue, le théâtre d’un grand nombre de disparitions de navires et d’avions militaires ou civils, qui acte la fin d'une ère politique.
LE REPROCHE DE L'INEXPERIENCE : FAUX FUYANT OU VERITABLE GOULOT D'ETRANGLEMENT ?
Maintenant que le tour est joué avec ce trio à la tête de l'État, qui est véritablement le symbole d'un renouveau et d'un nouveau leadership dans la gouvernance du pays, il reste maintenant à relever les nombreux défis qui attendent ce pays. Et sur ce plan, certains s'appuient sur l'inexpérience étatique de ce trio pour avoir quelques appréhensions sur leur capacité à changer structurellement le Sénégal. Toutefois, pour le Premier ministre Ousmane Sonko, ces reproches sont des faux fuyants et qu'il n'existe pas une école qui apprend à devenir président de la République ou ministre. À l'en croire, l'essentiel est d'avoir la volonté et les compétences pour servir le pays. «C'est ceux qui ont de l'expérience qui ont détruit ce pays», a-t-il l'habitude de dire. Dans tous les cas, avec des jeunes de 44 et 41 ans respectivement à la présidence de la République et à la présidence de l'Assemblée nationale, on assiste visiblement à un changement de paradigme et à un nouveau frisson dans le management des politiques publiques. Reste à savoir si cette marée sera prise dans son flux ou l'inexpérience constituera avec le temps un véritable goulot d'étranglement. Ce qui est sûr, c'est qu’avec l'élection d'El Malick Ndiaye à la présidence de l'Assemblée nationale, une page de l'histoire politique se ferme et un nouveau chapitre s'ouvre. Inexorablement.
LES DEUX PATRIOTES SIAMOIS REFUSENT DE SE SÉPARER
La démission de Sonko de son poste de député témoigne d'un engagement résolu dans sa fonction de Premier ministre. Ce choix stratégique vient renforcer la stabilité du duo exécutif formé avec le président Diomaye
Lors de l’installation de la 15e législature hier, Ousmane Sonko a renoncé à sa fonction de député. Le leader des Patriotes n’a pas préféré troquer son poste de Premier ministre contre celui de tout puissant Président de l’Assemblée nationale. Son ultime défi certainement, c’est de montrer à leurs détracteurs que lui et Diomaye peuvent gouverner ensemble le pays sans la moindre anicroche.
Beaucoup d’observateurs prédisent une rupture inévitable entre les deux têtes qui incarnent l’Exécutif aujourd’hui, le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko. Pour éviter une telle projection, certains analystes avaient même développé la thèse selon laquelle le leader de Pastef devrait s’éloigner de l’Exécutif; et se caser au perchoir le temps de la prochaine présidentielle.
Mais cette option n’agrée point l'actuel Premier ministre qui veut garder son poste pour, ditil, rester proche du chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye qui a besoin de lui. Il considère cela d’ailleurs comme une charge à laquelle il ne peut pas se dérober. Ce choix peut également être perçu comme un défi à tous ceux spéculent en disant que le duo Sonko-Diomaye ne va pas tenir et qu’il subira le sort de Senghor et Dia ou de Wade et Macky.
Force est de constater que si Ousmane Sonko avait décidé d’aller à l’Assemblée nationale, il allait laisser Bassirou Diomaye Faye orphelin au sein d’un Exécutif où les défis sont immenses. A coup sûr, l’éloignement de Sonko de l’administration risquerait de déteindre sur la bonne exécution du Projet vendu aux Sénégalais et matérialisé aujourd’hui par la vision Sénégal 2050. Il faut dire que les deux hommes sont complices et ont tellement l’habitude de travailler ensemble qu’il leur serait difficile de se faire face en tant que pouvoir, l’un occupant l’Exécutif, l’autre le Législatif.
En gardant son poste de chef de gouvernement, Sonko montre encore une fois qu’il tient au Projet Pastef et qu’il se positionne en garde-fou. Mieux, il continuera d’être au cœur de la réflexion et de la prise de décision des changements qui seront apportés durant leur gouvernance.
Sonko ne veut pas créer la moindre distance entre lui et son ex poulain et permettre ainsi à des gens de s’incruster entre eux. Il ne veut pas aussi laisser Diomaye face à un système qui n’est pas complètement anéanti et une administration jalouse de son mode de fonctionnement et de ses usages qui perpétuent les tares du système. En effet, à deux, il est plus facile de relever ce challenge. En même temps, en tant que personne désireuse de prendre les rênes du pouvoir, le leader des Patriotes pourrait ainsi observer de près les rouages de l’Etat et se préparer à la fonction présidentielle.
Diomaye et Sonko, c’est dix ans de compagnonnage en politique et une loyauté sans commune mesure partagée. Fondateurs de Pastef, les deux hommes ne se sont jamais séparés depuis la création du parti en 2014. Quand Ousmane Sonko a senti sa candidature pour la présidentielle de 2024 menacée, il a choisi Diomaye parmi tous ses hommes de confiance. Au-delà de la politique, ils ont toujours été ensemble dans tous les combats pour la justice et l’équité. La preuve, ils ont été tous les deux des syndicalistes à l’inspection des impôts et des domaines. En plus de la politique et du professionnel, leur relation est devenue fraternelle. Bassirou Diomaye Faye a même surnommé son fils Ousmane en honneur de leur amitié.
RECONDUIT, LE PREMIER MINISTRE ANNONCE UN PLAN D’URGENCE
Aussitôt reconduit au poste de Premier ministre, Ousmane Sonko a annoncé un « plan » d’urgence face à la cherté de la vie, à la reddition des comptes, à la politique de jeunesse etc…
Le président de la république Bassirou Diomaye Faye a procédé nuitamment à un léger réajustement ministériel. Aussitôt reconduit au poste de Premier ministre, Ousmane Sonko a annoncé un « plan » d’urgence face à la cherté de la vie, à la reddition des comptes, à la politique de jeunesse etc…
Aussitôt reconduit à la tête du gouvernement, le Premier ministre Ousmane a annoncé une sorte de plan d’urgence face à la cherté de la vie. Une priorité des priorités qui consiste à baisser considérablement et de manière durable les prix des denrées de première nécessité. Et surtout de répondre aux aspirations et besoins des Sénégalais dans le domaine de la santé et du social pour une vie meilleure. Le Premier ministre Ousmane Sonko a également annoncé que les politiques de jeunesse restent et demeurent une priorité pour le gouvernement. Il s’agit de mettre en œuvre une politique de jeunesse qui ouvre l’avenir à chacun et à tous. Et donnant ainsi aux jeunes la chance d’exister et de survivre dans tous les domaines d’activités. Le Premier ministre Ousmane Sonko a promis que l’Etat ne ménagera aucun effort pour accompagner les jeunes vers l’autonomie, notamment par l’éducation, la formation, l’insertion sociale et professionnelle etc.
A l’occasion de sa reconduction au poste de Premier ministre, Ousmane Sonko a fait savoir que l’Etat est plus que jamais décidé et déterminé à procéder à la reddition des comptes. Et il semble être la voix la plus autorisée pour annoncer que l’heure de restituer les deniers publics a finalement sonné ! Et le chef du gouvernement de déclarer qu’il est temps de traduire devant la justice les responsables et complices des carnages financiers.