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4 avril 2025
Santé
DETENUS VIVANT AVEC LE VIH/SIDA : PLAIDOYER POUR UN AMENAGEMENT DES PEINES
Selon Massogui Thiandoum, Directeur technique de l’Ancs, les consommateurs de drogues sont souvent condamnés à des peines lourdes. « Ils ont parfois des problèmes d’accès à des services de santé. Surtout s’il s’agit de personnes vivant avec le Vih/Sida
Dans la lutte contre le Vih/Sida, les consommateurs de drogues sont une cible prioritaire. Mais, en détention, il est souvent compliqué de leur faire appliquer un traitement approprié. C’est dans ce sens que l’Alliance nationale des communautés pour la santé (Ancs) mène le plaidoyer auprès des autorités judiciaires afin de leur trouver des aménagements.
Selon Massogui Thiandoum, Directeur technique de l’Ancs, les consommateurs de drogues sont souvent condamnés à des peines lourdes. « Ils ont parfois des problèmes d’accès à des services de santé. Surtout s’il s’agit de personnes vivant avec le Vih/Sida. C’est pour leur trouver un assouplissement, afin qu’ils puissent avoir un accès convenable aux soins, que l’Ancs intervient auprès des acteurs judiciaires pour porter le plaidoyer », a expliqué M. Thiandoum.
La structure a réuni, jeudi 13 janvier, à la Somone, dans le département de Mbour, les agents de la chaîne judiciaire, en particulier les juges d’application des peines, les médecins mais aussi les acteurs communautaires. Ces échanges sont destinés à discuter ensemble et voir comment il serait possible d’améliorer les dispositions de la loi pour que les personnes condamnées puissent accéder à des services de santé. Un plaidoyer en faveur des consommateurs de drogues où le taux de prévalence est supérieur à 9 %.
Le président du Tribunal départemental de Linguère, Mamadou Ndiaye, a promis de soutenir les actions visant à améliorer les conditions sanitaires des prisonniers vivant avec le Vih/Sida.
MALGRE SES SYMPTOMES MOINS SEVERES, OMICRON RESTE DANGEREUX POUR LES PERSONNES NON VACCINÉES
Il y a de quoi sensibiliser davantage les personnes non vaccinées.
La nouvelle vague de Covid19 n’épargne aucun pays dans le monde. Et l’apparition d’Omicron, plus contagieux, ne facilite pas les choses. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OmS), même si ce variant est jugé moins sévère, il demeure cependant dangereux pour les personnes non vaccinées.
Il y a de quoi sensibiliser davantage les personnes non vaccinées. Si ces dernières ont échappé, jusque-là, à la maladie du coronavirus, cela ne signifie pas pour autant qu’elles soient sorties de l’auberge face à la nouvelle vague de Covid-19 et particulièrement son variant Omicron, présenté comme plus contagieux mais moins sévère. En conférence de presse hier, le Directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus s’est voulu très clair en déclarant ceci : «Bien qu’Omicron provoque des symptômes moins sévères que Delta, il reste un virus dangereux, en particulier pour ceux qui ne sont pas vaccinés.»
Pour l’OMS, le variant Omicron n’est pas bénin et c’est une maladie que l’on peut prévenir avec les vaccins. « Ce n’est pas le moment d’abandonner, ce n’est pas le moment de baisser la garde, ce n’est pas le moment de dire que c’est un virus qui est le bienvenu, aucun virus n’est le bienvenu », a prévenu pour sa part Michael Ryan, le Directeur des situations d’urgence à l’OMS. Cette mise en garde intervient alors que la planète signale près de 50 000 décès par semaine et ce sont, selon l’OMS, 50 000 décès de trop. « Apprendre à vivre avec ce virus ne signifie pas que nous pouvons ou devons accepter ce nombre de décès », a insisté le Dr Tedros, ajoutant que l’énorme pic d’infections est alimenté par le variant Omicron, qui remplace rapidement Delta dans presque tous les pays.
Toutefois, d’après l’OMS, si le nombre de patients hospitalisés augmente dans la plupart des pays, il n’atteint pas le niveau observé lors des vagues précédentes. « Cela est peut-être dû à la gravité moindre d’Omicron et à une immunité généralisée due à la vaccination ou à une infection antérieure », a détaillé le Chef de l’agence onusienne qui invite dans la foulée la communauté internationale à ne pas « laisser le champ libre à ce virus ni agiter le drapeau blanc, en particulier lorsque tant de personnes dans le monde ne sont pas vaccinées ». Surtout en Afrique où plus de 85% des personnes n’ont pas encore reçu une seule dose de vaccin. Toujours, selon l’OMS, 90 pays n’ont toujours pas atteint l’objectif de 40%, et 36 d’entre eux ont vacciné moins de 10% de leurs populations.
Des chiffres préoccupants alors que « l’écrasante majorité des personnes admises ces dernières semaines dans les hôpitaux du monde entier ne sont pas vaccinées ». « Si les vaccins restent très efficaces pour prévenir les maladies graves du coronavirus et les décès, ils ne préviennent pas totalement la transmission », a fait valoir le Chef de l’OMS. L’agence onusienne s’est montrée « très attentive sur l’impact d’Omicron sur les vaccins ». Elle souligne l’urgence d’élargir l’accès aux vaccins ; non sans indiquer qu’il faudrait d’autres vaccins ayant un impact plus important sur la prévention de l’infection et de la transmission.
En définitive, l’OMS informe que plus de 15 millions de personnes ont contracté le nouveau coronavirus la semaine dernière dans le monde, ce qui constitue un nouveau record depuis le début de la pandémie. Toujours d’après l’organisation, le nombre de nouveaux cas dans le monde a augmenté de 55% la semaine dernière et les nouveaux décès ont progressé de plus de 3%.
DÉCLIN DES ACTIVITÉS ET PETITS BUSINESS AUTOUR DU TOURISME
Les activités au Lac Rose connaissent un ralentit, depuis l’avènement de la Covid-19, notamment au Sénégal, qui a tout chamboulé.
La pandémie de la Covid-19 a beaucoup impacté les activités au Lac Rose, notamment la vente d’objets d’art, les services et autres travaux. Ces conséquences de cette crise sanitaire, qui a touché de plein fouet toutes ces activités, se sont empirées avec la fraicheur qui est en train de finir par les mettre à genoux. Vendeurs et travailleurs qui, autrefois, ne se plaignaient pas de leurs conditions financières, grâce à la floraison de la vente ou de services proposés aux touristes, se rendent à l’évidence. Maintenant, ils sont obligés de courir derrière les rares passants, espérant qu’on leur achète un article ou accepter leur service.
En ce jour de week-end, le Lac Rose est quasi désert, excepté les quelques touristes venus effectués une petite visite et des passants admirant le lac. L’odeur qui se dégage de l’eau chatouille les narines ; la bise marine fraiche berce passants, visiteurs et résidents. la vue est attrayante et une bonne atmosphère règne avec une absence de soleil. Les ramasseurs de sels sont aux abonnés absents et les touristes, en retraite. Des vendeurs assis sous leur tente guettent l’arrivée des clients qu’ils abordent avec beaucoup de courtoisie. Ce constat confirme une réalité vécue depuis plus d’un an, voire plus encore.
Les activités au Lac Rose connaissent un ralentit, depuis l’avènement de la Covid-19, notamment au Sénégal, qui a tout chamboulé. Mais, les choses se sont empirées avec la fraicheur qui vient s’y ajouté. Faisant parti des lieux touristiques les plus visités au Sénégal, grâce à la couleur de son eau qui fait sa particularité, le Lac Rose était parmi les plus convoité des visiteurs et autres étrangers débarquant à dans la capitale sénégalaises, et mêmes des nationaux. A cet effet, il enregistrait le passage de milliers de personnes venues des quatre coins du monde.
Des touristes, investisseurs, acheteurs et vacanciers, tous y trouvaient leur compte. Les vendeurs d’articles pouvaient se remplir les poches, sans la moindre difficulté, au même titre que les guides touristiques ou navigateurs de pirogues et autres embarcations utilisées pour les déplacements dans le cours d’eau. Cependant avec la Covid-19, les activités sont au ralentit. Et, comme si cela ne suffisait pas, la fraicheur ne joue pas à leur faveur. Baïla Diop, un vendeur d’articles de décoration, nous explique leur galère. «Comme vous pouvez le constater, la Covid-19 a fini par nous gagner car il n’y a pratiquement plus de touristes à qui nous vendons nos articles. Nous pouvons être ici, du matin au soir, et n’avoir que trois (3) ou quatre (4) clients. Nous ne vendons plus comme avant où nous ne pouvions pas compter le nombre de clients», se lamente Baïla qui estime que la Covid-19 a gâché leur business.
Au bord de la berge, des barques sèches, témoignant le temps assez long de leur arraisonnement à quai, des dunes de sel marin couvertes par une couche de sable, campent le décor. Interpellé, Seydou Konté, navigateur de pirogue dira : «les activités ne marchent plus. Tout est au repos, rien ne bouge. Proposer des balades en pirogue, c’est tout ce que je sais faire. Depuis 6 ans je suis ici ; mais je n’ai jamais connu des moments aussi pires. La Covid ne nous a pas épargné parce que les touristes ne viennent plus, comme il fut un temps où ils prenaient d’assaut le lac. Ils payaient généreusement et on ne se plaignait pas», soutient-il.
Avant de poursuivre : «je suis toujours ici pour proposer mes services aux quelques visiteurs. Et, franchement, c’est dur parce qu’il y a peu de personnes qui sont intéressées par la ballade en pirogue», déplore Seydou. De l’autre côté, Aymérou Sy, vendeur de tableaux d’art propose ses articles aux passants. «Venez que je vous vende de magnifiques portes à clé ou des tableaux», taquine-t-il les passants qui répondent par la négation : «non, merci !».
Selon Aymérou, en dehors de la Covid-19 qui a perturbé leur vente, la fraicheur à sa part de responsabilité dans le déclin de leurs activités, en cette période. «C’est vrai que la Covid a impacté nos vente ; mais la fraicheur aussi car, en cette période, on ne voit presque personne. Pendant l’été, le lac est rempli de monde et on en profite pour vendre tous nos articles. Les touristes adorent tout ce qui est lié à l’art. Donc, j’écoulais rapidement mes marchandises. Ils achètent souvent des tableaux, en guise de cadeau ou de souvenir», fait-il savoir. Le constat est le même partout et dans tous les secteurs d’activité ou presque. Au-delà du Tourisme, les activités de vente et petit business autour du tourisme au Lac Rose n’ont pas été épargnées par la Covid-19 qui a tout perturbé. Mais en dehors de la Covid-19, il faudra noter la fraicheur qui participe actuellement à ralentir ces activités, ce qui fait perdre le Lac son illustre d’autan
Par Madiambal DIAGNE
ON LAISSE OMICRON FAIRE, DIEU SAUVERA LE SÉNÉGAL
Qui, dans cette campagne électorale qui s’est ouverte le week-end dernier pour les élections locales du 23 janvier 2022, se soucie tant soit peu de la montée des statistiques de contamination au Covid-19 ?
Le Sénégal a jeté à la poubelle plus de 400 mille doses de vaccins contre le Covid-19. Faute d’utilisation, ces doses sont devenues périmées ; les populations ayant rechigné à aller se faire vacciner. On peut être en colère devant une telle situation, mais on préfèrerait rester quelque peu circonspect.
En effet, la vaccination n’étant pas obligatoire, les autorités de l’Etat ne pouvaient que constater la situation, en dépit de campagnes assidues d’incitation des populations à se faire vacciner pour endiguer la pandémie. Chacun est libre de se faire vacciner ou pas. Mais, la vaccination à grande échelle était apparue comme la panacée pour venir à bout de ce mal, qui pollue l’atmosphère de la vie du monde depuis la fin de l’année 2019.
Ainsi, au Sénégal, la demande avait été forte d’exiger du gouvernement, de tout mettre en œuvre pour trouver des vaccins pour sa population. Le casse-tête avait été d’arriver à dégotter de rares doses de vaccins pour les populations, des doses chèrement vendues par les laboratoires qui étaient assaillis par des demandes pressantes. C’est ainsi que le gouvernement du Sénégal a pris l’initiative de passer commande de lots de vaccins en quantité importante et à un coût qui a pu mettre à mal le budget de l’Etat, déjà assez éprouvé par les contrecoups de la pandémie, avec leur lot de baisses des recettes fiscales et de dépenses exceptionnelles pour la prise en charge des malades et surtout, les actions en vue de la préservation du tissu économique. La solidarité mondiale a été invoquée pour aider les pays pauvres à pouvoir trouver des vaccins dans une période de course avec des pays plus nantis, qui ont semblé avoir fait mainmise sur les grosses quantités de vaccins.
Ainsi, n’a-t-on pas accusé les pays riches d’un certain égoïsme et l’opinion publique a préconisé une certaine équité ou justice sanitaire. Des doses de vaccins ont été offertes, çà et là, à des pays pauvres, dans le cadre d’une coopération bilatérale ou sur un modèle multilatéral avec l’initiative Covax, de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), coordonnée par l’Alliance pour le vaccin (Gavi). Le Sénégal a bénéficié de dons de la part de la France, de la Chine, des Etats-Unis d’Amérique, du Royaume-Uni, de l’Inde, du Portugal, de l’Oms et de l’Union africaine. Des ressources budgétaires ont été réaffectées en urgence pour acheter des vaccins. Le Sénégal, dont la gestion de la pandémie par les autorités publiques a été citée en exemple à travers le monde, a bénéficié d’une certaine «prime» dans la distribution des dons de vaccins. Malgré tout cela, le scepticisme des populations a été grand devant la perspective de se faire inoculer des doses de vaccins.
Des théoriciens du complot ont alimenté la rumeur d’une dangerosité des vaccins fournis aux pays africains. Des considérations religieuses ont été invitées dans le débat, jusqu’à ce que la suspicion eût fini de gagner la majorité de la population. Le scepticisme a d’autant été renforcé au Sénégal que des leaders politiques et non des moindres, avec une posture de se mettre en situation d’opposition systématique à toute politique gouvernementale, ont fait douter de la pertinence de la vaccination ou de la bonne qualité des produits distribués au Sénégal. L’opposition sénégalaise doutait dans un premier temps de la capacité du gouvernement à pouvoir fournir les vaccins demandés.
Le Président Sall, sans doute excédé par de tels propos et procédés, a eu à montrer son exaspération par une déclaration qui aura créé un vacarme quand il disait, au moment du lancement de la campagne de vaccination en février 2021, que «si les Sénégalais ne voulaient pas des vaccins», il allait «les donner à d’autres pays qui en auraient le plus besoin».
Aujourd’hui, il peut être triste de constater que le Président Macky Sall a finalement eu raison sur ses nombreux détracteurs ou pourfendeurs. Il aurait été sans doute plus judicieux de donner des vaccins à des populations d’autres pays, qui auraient souhaité se faire vacciner et qui malheureusement n’en ont pas eu l’opportunité. Des personnes ont sans doute pu mourir du Covid-19 dans des pays proches du Sénégal, faute d’avoir pu accéder à la possibilité de se faire vacciner. Qu’à cela ne tienne, le Président Macky Sall n’en a pas moins pris l’initiative de la création d’une unité industrielle de production de vaccins. Ainsi, le Sénégal et le Rwanda se mettent à implanter des usines de fabrication de vaccins pour le continent africain, en partenariat avec la firme pharmaceutique BioNtech. Seul 1% des vaccins utilisés en Afrique est produit sur son sol et l’objectif est de porter ce taux à 60%, à l’horizon 2040. La même firme BioNtech, qui vient en outre de mettre au point un vaccin contre le paludisme, se positionne favorablement sur ce créneau.
Qu’avons-nous fait pour nous épargner du pire ?
Toutefois, on ne devrait pas jeter la pierre qu’aux seules personnes réfractaires à la vaccination. La relative désorganisation des opérations de vaccination contre le Covid, avait quelque part pu être la cause de certains manquements, qui ont conduit à la situation de devoir en arriver à jeter à la poubelle des doses de vaccins. On se rappelle que des personnes ont été éconduites des centres de vaccination, en application d’une procédure aveugle de catégorisation des âges pour la vaccination. A titre d’exemple, le Sénégal n’avait pas autorisé la vaccination des personnes âgées de moins de 18 ans, et ainsi, des personnes adolescentes ont été refusées au niveau des centres de vaccination. La colère des parents a pu être forte quand ces enfants ont, par la suite, chopé le virus. Force est de dire que la vaccination aurait pu les préserver ou, à tout le moins, leurs cas auraient été moins virulents si ces enfants avaient bénéficié préalablement d’une vaccination.
En outre, le dispatching des vaccins entre les différents districts de santé du pays, a pu être hasardeux car on a observé, qu’au moment où des vaccins ont été jetés à la poubelle quelque part, il existait par ailleurs des régions médicales où des responsables ont eu à élever la voix pour protester contre la rareté des vaccins, face à une affluence de candidats à la vaccination. L’absentéisme et le laxisme des personnels de santé ont également été un handicap pour le bon déroulement des opérations de vaccination.
Il reste qu’il sera désormais bien difficile à des pays comme le Sénégal, de faire la morale aux pays riches pour n’avoir pas fait montre de générosité pour aider les populations à se protéger de la pandémie grâce à la vaccination. A quoi bon leur donner des vaccins qui ne serviront pas ?
Au demeurant, l’appréciation unanime des médecins et autres spécialistes des problèmes de santé publique, est que les personnes ayant été vaccinées font mieux face à la pandémie. Une recrudescence de la pandémie est observée dans tous les pays et ainsi, au Sénégal, on commence à dénombrer des cas qui peuvent inquiéter sur la capacité de résilience de notre système de santé. Les services des urgences de certaines structures hospitalières commencent à être débordés et la prise en charge efficace des patients souffrant d’autres pathologies, devient de plus en plus improbable. Certes, cette nouvelle vague, portant l’empreinte du variant Omicron, semble moins létale que ses devancières, mais le trop-plein de patients au niveau des structures hospitalières pourrait causer à terme, des dommages imprévisibles. Les espoirs de relance économique s’en trouveraient compromis et les économies des pays africains, qui ne sont pas encore sortis de l’ornière, seraient encore davantage éprouvées.
Le débat ne se posera pas au Sénégal, comme c’est déjà le cas en France par exemple, où on discute de la question de la prise en charge ou non des personnes malades du Covid-19 et qui avaient refusé de se faire vacciner convenablement. Ce débat procède d’une réflexion par l’absurde, car nul ne saurait envisager de ne pas porter secours et assistance à des malades qui se présenteraient devant un service de santé, encore que refuser de traiter les malades équivaudrait aussi à exposer à la contamination toute autre personne.
C’est dire qu’il est de notre responsabilité à nous tous, pour n’avoir pas assez fait contre la pandémie. Déjà, le respect des gestes barrières et des mesures de prévention a fait défaut partout. Qui s’est soucié autant du Covid-19 dans nos baptêmes, deuils et autres cérémonies familiales ? Quel responsable politique ou étatique s’est réservé d’éviter des rassemblements de populations en tenant compte de risques certains de propagation des virus ? Qui, dans cette campagne électorale qui s’est ouverte le week-end dernier pour les élections locales du 23 janvier 2022, se soucie tant soit peu de la montée des statistiques de contamination au Covid-19 ? Quel procès public n’a-t-on pas fait contre toutes les velléités de fermer les lieux de culte pour préserver la santé des populations ? Les bars, restaurants, boîtes de nuit et autres lieux accueillant du public restent ouverts à tous les vents et virus. En fin de compte, le Sénégal en revient à la formule tant chahutée, de devoir «vivre avec la maladie».
Les nouvelles statistiques sont galopantes. Le variant Omicron gagne du terrain et presque tout le Sénégal se trouve subitement pris d’un petit rhume, d’une petite grippe, de petites migraines, de quelques courbatures, d’un mal de gorge, d’une éruption de fièvre ou d’on ne sait encore quel autre problème de santé. Peut-être que l’intérêt de tout cela est qu’on finira par en arriver à une immunité collective que la vaccination n’a pas pu offrir. N’est-ce pas que nous sommes un peuple élu de Dieu et qu’on arrive toujours en nous en sortir ? Les voies du Seigneur demeurent impénétrables !
Le Dr Robert Malone, qui a fini de faire sa réputation pour être un des inventeurs du vaccin Arn, affirme que «Omicron est tellement infectieux et peu pathogène qu’il est l’équivalent d’une vaccination mondiale gratuite à virus atténué. C’est le plus beau cadeau de Dieu et signera la fin de l’épidémie». Finalement, on peut se demander si véritablement Omicron viendrait d’Afrique du Sud et non du Sénégal ?
COVID-19 : DEUX DECES ET 666 NOUVELLES INFECTIONS, CE DIMANCHE
Les services du ministère de la Santé et de l’Action sociale ont recensé dimanche, 666 nouveaux cas positifs sur un échantillon de 2517 tests effectués, soit un taux de positivité de 26,46%. Il s’agit de 32 cas contact, trois cas importés et 631 autres issus de la transmission communautaire. Ces derniers sont identifiés comme suit: 449 dans la seule région de Dakar et 182 dans les autres régions.
Le ministère de la Santé informe également qu’il y a eu 02 nouveaux décès liés au Covid-19 hier, samedi et 04 patients actuellement en réanimation.
Aussi, 197 patients ont été contrôlés négatifs et déclarés guéris dans la journée d’hier.
A ce jour, le Sénégal compte 79.290 cas ont été déclarés positifs, dont 73.882 guéris, 1898 décédés, et 3509 malades sous traitement de Covid-19.
Depuis le début de la campagne de vaccination, 1 371 318 de personnes qui ont reçu au moins une dose de vaccin.
«TERANGA PHARMA» LIVRE SES PRODUITS
Le Sénégal détient sa marque de fabrique pharmaceutique. Une quinzaine de produits est désormais disponible dans les rayons des officines privées. Ils ont été produits par des nationaux privés sous le label de « teranga pharma »
Le Sénégal détient sa marque de fabrique pharmaceutique. Une quinzaine de produits est désormais disponible dans les rayons des officines privées. Ils ont été produits par des nationaux privés sous le label de « teranga pharma ».
Le marché pharmaceutique sénégalais représente 150 milliards de F Cfa en 2019, soit 1 à 2% du marché africain et à plus de 200 milliards en 2020. Ce marché est dominé à 80% par le secteur privé et 20% par le public. Ayant eu une croissance de 12% par an en 2014-2019, le marché devrait continuer sur une dynamique, avec une croissance projetée de plus de 10% par an d’ici 2024. Pour booster la production locale, des Sénégalais se sont investis dans le domaine de l’industrie pharmaceutique. Depuis le mois de septembre, leurs produits sont désormais présents dans les rayons pharmaceutiques allant des anti-douleurs, aux antibiotiques entre-autres. Il s’y ajoute que tous les médicaments pour la prise en charge du coronavirus sont aussi fabriqués au Sénégal par l’industrie pharmaceutique Terranga pharma qui appartient à des Sénégalais.
Selon son directeur général, Docteur Mouhamadou Sow, les problèmes de rupture de médicaments dans le traitement de cette pathologie restent un mauvais souvenir. « Nous avons mis sur le marché sénégalais au mois de septembre, 15 représentations pharmaceutiques et attendons 09 autres au cours du premier trimestre 2022 » a-t-il laissé entendre.
Et de poursuivre : « Ceci marque le début de la grande et longue marche vers la réalisation de la souveraineté pharmaceutique pour 17 des 18 molécules jugées prioritaires par le gouvernement sénégalais à l’horizon 2030 ».
Rappelons que « Teranga Phama » est une nouvelle industrie pharmaceutique qui appartient à plus de 670 actionnaires sénégalais dont 90% de pharmaciens et de médecins et membres du Conseil national du patronat et du Club des investisseurs sénégalais. Avec un investissement de 1, 6milliard de nos francs, les actionnaires comptent aller à 6milliards dans les deux ans à venir selon Dr Sow. Avec comme vision d’assurer la souveraineté pharmaceutique du Sénégal à l’horizon 2030 pour sa gamme de produits.
Très présent dans les produits génériques, « Teranga pharma » n’exclut pas dans le futur de produire un médicament qui va porter l’entreprise. « Notre industrie a l’ambition d’être un champion sénégalais et sous régional pouvant répondre à tout besoin actuel et futur des populations sénégalaises et ouest africaines en produits pharmaceutiques abordables et de qualité requise et de constituer ainsi une infrastructure résiliente pour toute nouvelle épidémie », a déclaré Dr Sow.
COVID-19 : 519 NOUVELLES INFECTIONS, CE JEUDI, 2014 PATIENTS SOUS TRAITEMENT
Les services du ministère de la Santé et de l’Action sociale ont recensé jeudi 519 nouvelles contaminations au coronavirus enregistrées au cours des dernières 24h.
Les services du ministère de la Santé et de l’Action sociale ont recensé jeudi 519 nouvelles contaminations au coronavirus enregistrées au cours des dernières 24h. Ces infections proviennent des résultats de 1862 tests réalisés, soit un taux de positivité de 27,87 %, a précisé le ministère dans son bulletin quotidien sur l’évolution de la pandémie au Sénégal.
Ces nouvelles contaminations concernent 29 cas contacts suivis et 490 cas issus de la transmission communautaire localisées à Dakar (349) et dans les autres régions (141).
Le ministère a signalé que 163 patients suivis ont été déclarés guéris alors que 5 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation.
Aucun décès n’a été enregistré, mercredi.
Depuis l’apparition de la pandémie en mars 2020, le Sénégal comptabilise 77272 cas dont 73365 guéris, 1892 décès et 2014 sous traitement.
Au total, 1.367.541 personnes ont été vaccinées.
LE PROFESSEUR DAOUDA NDIAYE DÉPARASITE
Dans quelques mois, le Sénégal va inaugurer le Centre international de recherche et de formation en génomique appliquée et de surveillance sanitaire (Cigass)
Dans quelques mois, le Sénégal va inaugurer le Centre international de recherche et de formation en génomique appliquée et de surveillance sanitaire (Cigass). Construit sur 2 000 m2, ce bébé du parasitologue professeur Daouda Ndiaye, est une première en Afrique. Dans cet entretien, le nouveau lauréat du Prix francophone de l’Académie nationale de pharmacie française fait un diagnostic médical en passant par la vaccination contre la Covid-19, le vaccin antipaludique et les mutants.
Vous êtes lauréat du Prix francophone de l’Académie nationale de pharmacie française. Comment est décerné ce prix ?
Cette académie regroupe des académiciens de la France et des académiciens (correspondants) qui sont dans beaucoup de pays francophones, mais également alliés à la Francophonie. C’est un prix qui récompense le travail des chercheurs, de spécialistes de la santé, d’enseignants issus de pays francophones qui aura apporté beaucoup à la communauté mondiale dans la lutte contre les différentes maladies. Il aura également fait de telle sorte que des pays francophones où affiliés à la Francophonie, que ce soit en Europe, en Afrique en Amérique, en Asie, puissent avoir un impact dans l’amélioration des conditions de santé des populations, à travers la personne qui a été primée.
En d’autres termes, il faut avoir réalisé, pendant au moins une quinzaine ou vingtaine d’années, des performances en matière médicale, scientifique, en mettant en place des dispositifs, des techniques qui améliorent la santé des populations et de façon palpable. C’est-à-dire sur quelque chose qu’on peut vraiment mesurer et évaluer.
Pour moi, cela a été lié par le travail concernant, d’abord, le paludisme, depuis une vingtaine d’années, mais surtout des techniques que nous avons mises en place. Notamment en 2010, alors que j’étais aux Etats-Unis, à l’université de Harvard en tant que chercheur, une technique qu’on appelle le Tapiac qui permettait d’évaluer la sensibilité des médicaments antipaludiques sur le plasmodium.
Après cela, nous avons, avec l’université de Harvard, développé des techniques de génomique. Ils permettaient de ratisser et de voir le profil génétique des souches qui circulent. La dernière, c’est Illumigene Malaria qui a été une technique de pointe qui a guidé beaucoup de pays. A travers cela et notre expertise, il fallait démontrer qu’au-delà des techniques créées, vous avez aidé des pays à pouvoir lutter efficacement contre les pandémies. De 2016 à 2019, nous avons accompagné l’Algérie pour éliminer le paludisme. Nous avons accompagné d’autres pays tels que le Burundi, Madagascar, la RD Congo, la Mauritanie, la Guinée, le Bénin, y compris le Sénégal, à mettre en place des stratégies de lutte contre le paludisme, mais également les aider à améliorer leur succès.
Donc, c’est un travail qui est évalué ?
C’est un ensemble de processus qui est parachevé par les publications scientifiques. C’est un prix qui est décerné au-delà de ça à des chercheurs non seulement par rapport à ce qu’ils ont créé, fait, mais également ce qu’ils représentent à travers le monde par rapport aux maladies. Nous avons joué un rôle fondamental dans le développement de nouveaux outils. Nous avons, durant Ebola avec Broad Institute et l’université Harvard et l’université du Nigeria, aidé à la mise en place d’une technique qui permettait de diagnostiquer Ebola à travers notre consortium. Nous avons mis en place des plateformes pour séquencer des virus nouveaux. Ce qu’on appelle la Meta génomique. C’est un prix qui doit récompenser la présence de la personne dans les grandes institutions de ce monde. Je suis membres de l’OMS, en tant que conseil paludisme, sur des questions de résistance, de diagnostic.
Nous faisons partie, aujourd’hui, des rares experts du monde à avoir été choisis pour s’occuper de l’élimination du paludisme à l’échelle mondiale. En 2020, l’OMS nous a cooptés pour intégrer le groupe des experts de Covid en charge de la pharmacopée.
Partant de tout cela, ils ont vu que notre dossier était le meilleur. C’est une consécration pour l’ensemble des efforts que nous avons pu mener pour aider le monde dans la lutte contre le paludisme.
Quel sera l’apport de ce prix dans votre carrière et surtout pour le Sénégal ?
Quand vous recevez ce prix, vous êtes reconnu par l’Académie française. Dans toutes les disciplines du monde, les décideurs veulent coopérer avec les meilleurs experts. Parce qu’ils veulent vendre un produit, défendre un programme, mettre en place un processus. Dans tous les pays du monde, dans le cadre de la santé, si vous proposez un programme, quelle que soit la maladie, ils vont demander qui a validé ce processus. Pour preuve, quand il s’agissait d’évaluer la Chine, il ne s’agit pas de choisir des experts par-ci. Il fallait choisir des experts qui devaient aller en Chine et qui devaient montrer ce qui se passe là-bas et certifier.
A l’issue de cette certification, il ne doit pas y avoir de doute, parce qu’on va voir qui a évalué, si cette personne est une reconnaissance mondiale. Ce que nous gagnons déjà, c’est une reconnaissance par nos pairs. C’est aussi un meilleur appui de nos pays. Nous pouvons aider les payer à aller vers l’élimination et à faire venir de l’argent. Parce que, comme je l’ai dit, que ça soit les politiques, les financiers, pour pouvoir sortir de l’argent, il faut des personnes crédibles. Si nous sommes dedans pour faire venir des partenaires, des bailleurs de fonds, c’est évident. C’est aussi une reconnaissance de l’école sénégalaise, parce qu’au temps, pour aller dans un autre pays pour apprendre, on vous dit, il faudra revoir le diplôme. Maintenant, s’ils reconnaissent qu’ici la formation est l’une des meilleures au monde, on ne demandera plus à nos jeunes de faire une validation, entre autres. Cela va faire forcément venir les partenaires financiers, ouvrir des portes aux investisseurs. Cela va permettre une crédibilité des formations qui seront faites à Dakar par rapport à ce que nous sommes en train de faire. Il n’y a pas de limites. Cette consécration ouvre des portes.
Pensez-vous développer des relations nationales et internationales avec les pharmaciens ?
C’est vrai que c’est un excellent point. Nous avons eu à développer beaucoup de relations à travers le monde. Mais pas un focus avec les pharmaciens. Nous avons ouvert beaucoup de portes par rapport à cela, mais bien entendu nous pouvons essayer de voir comment on peut mieux renforcer cela. Même si l’on n’exclut rien aujourd’hui. Que ça soit la pharmacie, la médecine, la chirurgie dentaire, la recherche de la formation. Chaque fois qu’on pensera pouvoir intervenir dans un secteur ou dans un autre, on va tout faire pour qu’il y ait un apport pour que nos jeunes collègues, nos compatriotes puissent bénéficier de cette nouvelle position.
Il y a beaucoup de limites sur la technologie se rapportant à la médecine au Sénégal. Pensez-vous qu’on peut arriver un jour à son perfectionnement ?
Oui. D’ailleurs, c’est une raison pour laquelle le Centre international de recherche et de formation en génomique appliquée et de surveillance sanitaire est né. Ce prix est décerné, il y a quelques mois. Dès que les gens ont eu écho de ça, les partenaires se sont rués au Centre international de recherche et de formation en génomique appliquée et de surveillance sanitaire et sont venus nous accompagner. Au moment où je vous parle, ce centre a fait un mois. Il y a trois institutions qui sont placées pour prendre le centre à leur disposition, afin d’en faire un hub africain. En le faisant, ils apportent une plateforme. Tous les partenaires qui ont voulu investir ici, qui ont voulu avoir une mainmise au niveau de ce centre, il y a des conditions. Vous ne venez pas les mains vides. Il faut apporter une plateforme, et ça c’est les nouvelles générations de machines qui existent à travers le monde. Ce que nous avons aujourd’hui dépasse les frontières.
Nous n’envions personne aujourd’hui. On ne va pas se limiter à la recherche scientifique médicale. J’ai des collègues avec qui j’ai commencé à travailler en cancérologie sur comment aider ces disciplines à ne plus aller en France, en Europe ou aux Etats-Unis pour faire des tests ou des analyses. L’objectif, c’est de tout faire à Dakar. On fait un centre multidisciplinaire. Dans tous les secteurs de la santé humaine et animale, dans le cadre de la formation, de la recherche, du diagnostic, de la prise en charge pour lutter efficacement contre les maladies non transmissibles comme transmissibles. Mais également, pour lutter contre les maladies émergentes et non émergentes qui gangrènent le monde. On peut anticiper sur beaucoup de choses par rapport à la compréhension de ces microbes qui circulent et mieux peaufiner des stratégies de prise en charge de lutte, aussi bien au niveau hospitalier que communautaire.
Comment est né ce Centre international de recherche et de formation en génomique appliquée et de surveillance sanitaire (Cigass) ?
Ce projet est né d’un acte citoyen en 2016. Après Illumigene Malaria, j’ai tout de suite compris qu’il y aura de l’argent et des portes ouvertes. Dès que j’ai eu cette certification, la première chose, j’ai parlé au doyen de la faculté de Médecine d’alors, Doyen Amadou Diouf, d’un projet pour créer une chose à Dakar. Avec le recteur d’alors, le professeur Ibrahima Thioub, qui ont tout de suite compris l’ampleur, ils m’ont dit que c’est faisable. Je leur ai dit que les moyens ne sont pas aujourd’hui réunis, mais j’ai de quoi commencé et avec les retombées des activités scientifiques et de mon statut, je pourrais gagner quelque chose. Je suis un pur produit de l’école sénégalaise, qui a tout obtenu de Dakar, avant d’arriver à l’étranger. Il est important pour moi de créer une sorte de legs pour les générations futures. Quelque chose de vraiment extraordinaire qui permet, demain, à ces jeunes de rester ici et faire tout à Dakar. J’ai voulu rendre à l’université ce que l’université m’a donné. C’est un projet ambitieux. Je me suis enfermé trois semaines pour le rédiger. J’ai été aidé par des collègues pour peaufiner la vision stratégique de ce centre, afin que ça soit un centre multidisciplinaire. J’avais aussi l’ambition d’en faire un centre accrédité OMS.
Donc, le centre est aujourd’hui accrédité OMS pour le diagnostic, parce que c’était anticipé. Au moment où on rédigeait le projet, l’OMS avait déjà octroyé ça. Des institutions comme CDC étaient d’accord pour m’accompagner, de même que Harvard et Broad Institute. La première chose que nous avons faite, c’est d’envoyer une masse critique de jeunes chercheurs sénégalais, tous diplômés à Dakar, en formation à l’université de Harvard. Il y a au moins une vingtaine de jeunes chercheurs déjà préparés. C’est pourquoi, dès que le centre est ouvert, le travail a démarré. Pas plus tard qu’hier, le CDC et la Fondation Bill et Melinda sont prêts à lancer d’autres équipements au centre. C’est une vision d’un citoyen qui a voulu faire en sorte que ce qu’il a gagné en termes de prestige sur le plan financier puisse impacter le vécu des Sénégalais, d’abord, par leur formation et un appui par rapport à la prise en charge. Récemment, il y a eu vraiment l’appui du chef de l’Etat. Dès qu’il a été au courant de ce centre, il a donné son appui considérable.
Le centre est accrédité OMS. On a vu que, parfois, les décisions de l’OMS sont controversées. N’y a-t-il pas de contraintes ?
Toutes les décisions prises par nos ministères de la Santé sont des décisions OMS. Ce sont les gens qui parlent seulement. Nos ministères fonctionnent sur la base des décisions de l’OMS. Les gens doivent savoir que l’OMS, c’est nous et d’autres experts. Par rapport à la Covid, avec tout ce qui a été dit, finalement, c’est la décision de l’OMS qui est appliquée. C’est les experts accrédités qui décident pour l’OMS. Si le Sénégal arrive à éliminer le paludisme en 2030, c’est l’OMS qui viendra pour signer cela. Si elle ne vient pas, il n’y aura pas de certification. Les vaccins qu’on dit homologués, c’est l’OMS qui signe. Si elle ne signe pas, le vaccin ne passe pas. Les médicaments qu’on boit au-delà de la Covid-19, si l’OMS ne signe pas le médicament ne rentre pas, parce que, c’est la police du monde en matière de Santé.
C’est vrai que les autres critiquent l’OMS, c’est normal, parce que des décisions aussi importantes parfois c’est difficile à prendre. Pour avoir ce prix, il fallait que je sois à l’OMS en tant qu’expert, pour prouver que je suis là où on décide. Le fait d’avoir un centre accrédité en matière de diagnostic, pour le moment, c’est le diagnostic microscopique du paludisme. C’est une chance pour le Sénégal. Chaque année à Genève, il y a une réunion de l’OMS, un pays qui ne va pas à la réunion est exclu. Quand tu es exclu, les bailleurs de fonds ne vont plus t’appuyer. A l’OMS, contrairement à ce qui est dit, c’est du sérieux. Les grands prix Nobel, les experts de ce monde, leur rêve c’est d’arriver à l’OMS pour être crédibles. C’est là où les décisions sont prises. Mieux vaut être à l’OMS que de ne pas être à l’OMS. Tous les spécialistes de la Santé savent qu’avoir un papier de l’OMS ou être écouté ou reconnu par l’OMS, c’est une porte ouverte à tout, par rapport aux financements et à la crédibilité.
Comment va se faire la gestion du centre ?
C’est un centre universitaire. Mais avec le recteur, nous avons discuté qu’il soit international. C’est-à-dire où il y aura un conseil d’administration. N’oublions pas que les Américains ont beaucoup investi dans ce centre. C’est la matière grise. Ils m’ont donné beaucoup d’équipements ; ils veulent continuer à appuyer la recherche. La recherche coûte trop cher et nos pays ne peuvent pas le financer. Ce sont des milliards en matière de financement, en matière de formation continue, de maintenance des équipements, nos pays ne peuvent pas le faire. Nous avons l’université de Harvard qui a une mainmise ici.
Ce centre est une sorte de succursale de l’université de Harvard en Afrique. C’est une chose importante pour la gestion. Cela permet à notre université d’avoir un produit qui appartient au Sénégal et géré financièrement depuis les Amériques. Il y aura un conseil scientifique. Il y a un personnel médical pour le moment représenté par les universitaires que nous sommes. Il y a au moins 6 universitaires qui sont en fonction. Il y a un personnel scientifique la plupart est pris en charge par des projets. Ce centre va non seulement jouer le rôle de centre, mais également pour faire le diagnostic de routine. Nous avons planifié d’avoir un personnel permanent, mais qu’une partie puisse être recrutée par l’université, notamment, l’Etat pour que les retombées puissent servir à tout le monde. Le personnel scientifique a été préparé, depuis au moins 10 ans. C’est la partie scientifique qui est la plus importante. Ce qu’il faudra, c’est de faire en sorte qu’il soit recruté complètement par l’université et non pas pris en charge par des projets. Ce que je veux éviter, c’est la fuite de cerveaux. Parce qu’aujourd’hui, quand on est expert de ce centre, ça ouvre toutes les portes.
Demain, d’autres bailleurs de fonds vont demander ; ils sont prêts à doubler le salaire de ce personnel. Maintenant, s’ils sont quelque part où ils sont sécurisés, quel que soit le prix, parce qu’ils sont en train de vivre leur art, ils vont rester. Ils sont épanouis ici. Quand on dit à un jeune, je veux des découvertes, on va réfléchir. Chaque semaine, on a des réunions pour réfléchir sur des stratégies. Il faudra tout faire pour sécuriser ce personnel, pour qu’il n’y ait pas de fuite de cerveau et pour qu’il n’y ait pas de danger financier. Parce que ce personnel est une sorte de convoitise vers le monde. Il y a le mercato, partout. Les gens sont capables d’aller chercher une personne dans une équipe de haut niveau pour une équipe moyenne en triplant le salaire. L’argent, c’est le nerf de la guerre.
Pour le moment, je me débrouille pour payer les salaires. Il y a au moins une vingtaine de personnes pour lesquelles je m’occupe de leur salaire.
Quel est le coût de ce centre ?
Il y a des équipements en route. Parce que dans deux mois, il y aura au moins 600 millions qui seront en route. L’équipement seul va coûter pratiquement 2 milliards 500 millions à 3 milliards. Je ne parle même pas du bâtiment. Je ne donne pas les chiffres, parce que le Sénégalais aime les chiffres. Mais c’est beaucoup d’argent. Peut-être que, d’ici six mois, quand tous les équipements seront là, on vous dira le coût. Je veux éviter le fait que, demain, un autre pays veut ouvrir un centre, ou veut le faire au niveau du pays, on va dire que tel montant va suffire. Alors que ça ne suffira pas. Je veux arriver au top pour faire un bilan global. Au-delà de l’infrastructure bâtie sur 2 000 m2, au-delà des équipements, il y a une partie capitale qu’il fallait gérer. C’est la formation du personnel qui devait travailler ici. C’est beaucoup d’argent, depuis 2010. Cette masse critique de chercheurs qui se sont rendus à Harvard, au CDC Atlanta à l’Institut Broad, c’est une masse extrêmement importante d’argent et de préparation.
C’est pourquoi, pour moi, l’aspect financier est minime par rapport à l’aspect global du coût de ce centre. Parce que sinon, une institution va vous dire : on va créer ce centre-là demain. Ils vont le créer, mais ça ne fonctionnera pas. Ils seront obligés de se fier ici ou qu’on déploie une partie du personnel là-bas. Parce qu’on ne forme pas un expert en génomique en cinq ans. C’est minimum 10 ans. Ces gens qui sont là, je ne suis pas prêt à les libérer. A la limite, on peut aider temporairement, de loin. Parce que c’est un processus très long d’investissement de matière grise. Le coût dépasse même ce que les gens peuvent imaginer. Le centre est devenu physique, mais, il a été virtuel depuis 2014 avec Ebola. C’est l’image du pays qui est rehaussé à travers ce centre.
C’est pourquoi, au-delà de l’aspect travail, il y a des logements. Un expert qui quitte son pays n’a pas besoin d’aller dans un hôtel. Il peut loger dans le centre et faire son travail. Comme dans les hôtels, on a voulu en faire vraiment un local qui n’envie vraiment pas un hôtel par rapport au standing. On a mis la barre très haut.
Vous êtes connu pour avoir fait vos preuves dans la lutte contre le paludisme. Un vaccin antipaludique pour les enfants est trouvé. Est-il efficace ?
On le souhaite. Mais pour le moment, ce qu’on peut dire par rapport à ce vaccin RTSS qui a été testé dans beaucoup de pays comme le Malawi, le Kenya et le Ghana : c’est que les premiers résultats qui sont sortis, parce que cet essai a commencé depuis 2018-2019, prouvent que ce vaccin est efficace à plus de 60 à 70 %. C’est vraiment une première pour un vaccin contre le paludisme. Le paludisme, depuis combien d’années on n’a jamais eu un vaccin en miniature ou à gérer ? Même si ce vaccin était efficace à 30 %, c’est bon pour le moment. Parce que mieux vaut sauver 10 personnes que de ne sauver personne. Ce vaccin va sauver des vies.
Tous les jeunes qui ont eu à prendre ce vaccin, plus de la moitié est sauvée contre un paludisme grave et au décès. Donc, pour le moment, ce vaccin est efficace, mais à un certain degré. Pour le moment, ça ne peut pas protéger tout le monde, mais le niveau de protection est vraiment très acceptable pour être donné aux populations. C’est pourquoi les pays vont se battre pour avoir les vaccins en premier. Nous sommes convaincus que le vaccin est efficace et surtout qu’il est toléré. Parce qu’il est testé sur des enfants de bas-âge où on sait qu’il n’y a aucune immunité. Si ce vaccin a pu les protéger, que sera-t-il pour un enfant de 10 ans ?
Tous les pays sont en train de se battre pour avoir le vaccin. Est-ce qu’au Sénégal vous êtes dans cette dynamique ?
Je ne sais pas ce que l’Etat est en train de faire. J’ai une réunion demain (aujourd’hui) avec le programme. Mais rassurez-vous, le Sénégal est très bien encadré par rapport à cela. Les bailleurs de fonds nous appuient, nous sommes très présents dans toutes les commissions. J’ai discuté avec quelqu’un qui est dans la Commission mondiale de décision ; je ne vais pas révéler notre discussion. Mais si on devait faire une compétition, le Sénégal va être choisi en premier. Parce qu’ils savent le sérieux qu’il y a au Sénégal en matière de lutte. Au Sénégal, les partenaires ont aidé le programme, et le programme a fait un excellent travail. Le mercredi dernier, on a eu une réunion du Comité d’élimination du paludisme au Sénégal. C’est une première au Sénégal.
Donc, les gens sont convaincus qu’on peut aller vers l’élimination. On ne peut pas se permettre de faire un comité, si on ne peut même pas contenir le paludisme. Mais avec le niveau contrôle, on est sûr qu’on maitrise la pandémie et tout le monde veut aller vers l’élimination. Je reste convaincu que si les efforts consentis jusqu’ici sont maintenus, si l’Etat renforce son dispositif, comme on est en train de le faire à travers la Covd-19 et que les bailleurs accompagnent financièrement, nous irons vers l’élimination. Parce que techniquement, nous sommes prêts.
Le vaccin contre le paludisme a montré ses preuves dans beaucoup de pays. Aujourd’hui, on parle de troisième dose de vaccin contre la Covid-19. Est-il nécessaire, au moment où nous sommes en train de continuer la vaccination ?
Oui. Je suis formel. C’est important. Je préfère avoir une protection limite, minime, que de ne pas avoir une protection. Surtout que, pour la Covid-19, les gens sont en train d’écrire les publications. Depuis Omicron, les gens sont Covid, mais ne décèdent pas, pour le moment. Au début, on entendait tant de mille de décès par jour. Là, vous avez des trentaines de milliers de cas, mais pas de décès. C’est parce que les vaccins ont joué leur rôle et c’est ça la vérité.
Maintenant, des mutants (variants) sont naturellement présents. Aujourd’hui, c’est parce que la Covid-19 est très médiatisée, c’est normal, mais ces mutants ont existé chez tous les pathogènes. Quand il y a pression médicamenteuse, c’est-à-dire quand on donne des médicaments ou des vaccins, il y a toujours une forme d’échappement mise en place par l’agent pathogène (le microbe). Cette Covid ne va pas se laisser faire. Elle va muter. Tant qu’il est là, il va continuer à muter. Il mutera avec des séquences coriaces qui vont pouvoir échapper à l’individu et qui vont créer des problèmes à l’individu. Parfois, il peut muter et devenir inoffensif. Omicron, comparé à Delta, mute 30 fois plus et plus rapide, mais est fragilisé. C’est vrai que le virus a tendance à perdre sa puissance. Mais je reste convaincu que c’est parce que les vaccins ont joué leur rôle. Tant qu’on n’aura pas découvert de façon formelle une mutation qui rendrait ces vaccins inefficaces, ils doivent être maintenus.
Donc, si on parvient à voir que le virus qui est là par rapport aux mutants a pu surmonter ce vaccin, ce vaccin n’aurait plus sa raison d’être. Mais jusqu’à présent, il n’y a pas de preuve que ces mutants contournent les vaccins. Donc, il faut aller vers le vaccin. De plus, ceux qui font les vaccins ne dorment pas. Ils savent que le virus est en train de réfléchir pour contourner le vaccin ; eux aussi sont en train de renforcer la puissance du vaccin. Même s’ils ne changent pas le processus du vaccin, mais en mettant des dispositifs à l’intérieur qui rendraient le vaccin beaucoup plus efficace.
A ce rythme, est-ce qu’on ne va pas arriver à quatre, voire six doses de vaccin ?
Aujourd’hui, vous avez été vaccinée contre le tétanos. Si demain, vous êtes piqué par une aiguille, on vous dit d’aller prendre le sérum antitétanique. Mettons-le à l’échelle de médicaments. Si vous avez le paludisme, aujourd’hui, vous vous traitez, dans un mois, vous pouvez refaire le palu. Vous allez prendre encore les médicaments. Ceux qui vivent avec des maladies métaboliques prennent les médicaments tous les jours.
Il y en a qui prennent l’insuline injectable tous les jours. Donc, pourquoi les gens pensent que le fait de prendre les vaccins, c’est beaucoup ? Heureusement, le commun des Sénégalais a compris. Si on arrive à plusieurs doses, où est le problème ? Tant que cela ne crée aucun problème à l’individu, il faut se vacciner. Vous voyez ce qui a été dit, au début, que cela va créer des problèmes. Depuis un an, les gens se sont vaccinés, il n’y a pas eu de problème. Ce qui m’importe, c’est de sauver l’individu. Ce qui nous intéresse, c’est de faire en sorte que la population soit protégée. C’est pourquoi, autant les gens vont dire non, nous, nous dirons oui, parce que c’est ça la solution, la vérité. Si on sait ce que le vaccin peut nous rapporter, qu’on ne le fasse pas faire et qu’on laisse faire, nous avons failli à une mission. C’est facile de dire, comme certains le veulent, ne prenez pas le vaccin. Mais la responsabilité nous oblige, par rapport à ce que nous savons, par rapport à ce que nous avons compris et devant Dieu, de dire la vérité. Je ne regarde pas la population en disant la vérité. Nous avons prêté serment devant les hommes, certes.
Mais c’est au nom du Seigneur que nous avons prêté serment de ne dire que la vérité et de ne faire que la vérité et ce qui est important pour la communauté. Pourquoi les gens ciblent les vaccins ? Mais un médicament est plus dangereux ! Il est éliminé par le rein et métabolisé par le foie. Beaucoup de problèmes qu’on voit au niveau hépatique parfois sont liés aux médicaments. Beaucoup de personnes qui prennent un médicament à vie, finalement, ils ont un problème de reins. Beaucoup de problèmes au niveau du foie, c’est parce qu’il y a des molécules qui sont métabolisées au niveau du foie. Et pourtant, les gens prennent les médicaments. Si certains disent non aux vaccins, parce qu’en réalité ils ont peur, ça se comprend. Ce que je ne peux pas comprendre, c’est que certains qui se lèvent pour contredire les scientifiques dans le domaine scientifique. Et quel est leur argument : ‘’Le Blanc a dit.’’
LA COVID CONFINE L’AVION DES LIONS
Le vol spécial qui devrait s’envoler dans la soirée d’hier, mardi 4 janvier, ne partirait qu’en fin d’après midi ce mercredi 5 février
La covid-19 risque de donner des cheveux blancs aux 24 sélectionneurs engagés pour la conquête de la 33ème trophée continental dont le coup d’envoi sera donné le 9 janvier prochain au stade d’Olembe de Yaoundé. Au Sénégal, elle a retardé le vol des Lions à cause des tests positifs réalisés sur Saliou Ciss, Habib Diallo et Loum Ndiaye.
Selon des sources dignes de foi, le vol spécial qui devrait s’envoler dans la soirée d’hier, mardi 4 janvier, ne partirait qu’en fin d’après midi ce mercredi 5 février. «Effectivement, nous avons quelques cas de covid19, notamment Saliou Ciss, Habib Diallo et Loum Ndiaye. Il ne fallait pas prendre le risque d’embarquer. On a décidé de refaire des tests pour tout le monde. Sans exception ! Et les résultats étant attendus dans la matinée de demain (ce mercredi, Ndlr), l’avion ne pourrait décoller qu’en fin de matinée», confie à Sud Quotidien une source médicale.
Rappelons que Cheikhou Kouyaté et Alfred Gomis n’ont d’ailleurs pas pu rejoindre le regroupement de Dakar à cause des tests positifs à la covid-19. Les deux joueurs vont rejoindre l’équipe nationale, directement au Cameroun, pays hôte de la CAN2021.
CENTRES RÉGIONAUX DE FORMATION PROFESSIONNELLE, INFIRMERIES CONNAISSENT PAS
Dans les lycées d’enseignement technique et de formation professionnelle, beaucoup d’accidents de travail surviennent souvent. Des enseignants ont perdu des mains et des doigts, d’autres s’en sont sortis avec des fractures
A part l’Ecole nationale de formation en économie familiale qui dispose d’une infirmerie avec une enseignante contractuelle, dans presque tous les centres régionaux de formation professionnelle, on ne voit pas l’ombre d’une infirmerie pour la prise en charge des élèves et enseignants qui travaillent dans des ateliers à haut risque d’accidents de travail
Dans les lycées d’enseignement technique et de formation professionnelle, beaucoup d’accidents de travail surviennent souvent. Des enseignants ont perdu des mains et des doigts, d’autres s’en sont sortis avec des fractures. A Thiès, le formateur en menuiserie Bois, Papa Demba Fall, a perdu des doigts. Son collègue de Saint –Louis, Djiby Guèye, a connu le même sort. Un autre enseignant de la ville-aux-deux-gares a eu une fracture à la cheville après avoir glissé alors qu’il dispensait aux élèves la pratique de la soudure sur un échafaud…La liste est loin d’être exhaustive. Hélas, ces accidents se produisent dans des endroits qui ne disposent pas d’infirmeries fonctionnelles. Et là où il y en a, il n’y a souvent pas d’infirmiers... C’est l’exemple du lycée technique André Peytavin de Saint Louis où il y avait une infirmière recrutée par l’Etat dans les années 80 et qui a pris sa retraite. «Mais on n’a pas jugé nécessaire de la remplacer», se désole le secrétaire général du syndicat de l’enseignement technique et la formation professionnelle, Amar Kane. Aujourd’hui, trois véhicules dont un bus et deux 4x4 sont à la disposition du lycée. « Quand on a un cas de malaise ou crise, on peut le transporter à l’hôpital ou au centre de santé. Mais il arrive aussi qu’un enseignant disposant d’une voiture le fasse parce que les véhicules de l’école sont déjà en mouvement», confie Cheikh Seck, enseignant au lycée André Peytavin de Saint Louis. La situation est plus préoccupante au Sud du pays où aucun centre de formation professionnelle ne dispose d’un service médical. « J’ai été témoin de deux cas d’enfants en transe, mais il n’y avait pas d’infirmerie pour les prendre en charge.
Dans toute la zone sud, il n’y a pas d’infirmerie, or les étudiants évoluent dans des endroits à risque. C’est la soudure métallique, des machines de découpages etc. De ce fait, il suffit d’une petite erreur pour perdre des membres ou des organes. Des enseignants ont ainsi perdu des doigts... », poursuit notre interlocuteur. Des dangers que le secrétaire régional de Dakar du Syndicat de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, Cheikhouna Guèye, classe en quelques catégories qui tournent autour des glissades, des intoxications et infections, des coupure, des brûlures, de l’électrocution et l’électrisation. « Les risques de brûlures, de glissade et d’intoxication sont très nombreux dans les ateliers de formation professionnelle. Il y a surtout les maladies infectieuses en coiffure à cause des produits chimiques, des problèmes de respiration parce qu’il y a un manque d’équipement et de protection comme à Niague. Ceux qui sont dans la restauration sont souvent confrontés à un environnement qui n’est pas adapté. Il n’y a pas d’équipement de protection individuelle, les lieux ne sont pas clôturés. Ce qui fait que les apprenants sont exposés à des dangers avec les postes de travail du fait de la mauvaise qualité dans l’installation », souligne encore Cheikhouna Guèye.
L’enseignement technique et la formation professionnelle demeurent les parents pauvres
Notre interlocuteur est formel. L’enseignement technique et la formation professionnelle demeurent les parents pauvres des écoles de formation au Sénégal en termes d’équipements individuels, de protection, de prise en charge et surtout de travail. Parlant de la prise en charge sanitaire en cas de pépin, c’est parfois la croix et la bannière pour ceux qui n’ont aucune prise en charge par l’Etat ou l’employeur. Papa Demba Fall, victime d’accident de travail à l’école, explique. «Certains adhèrent aux postes de santé, d’autres sont inscrits par leurs employeurs à la caisse de sécurité sociale à condition qu’ils respectent les cotisations pour les soins et les médicaments avec les pharmacies partenaires. Ils ont des carnets à présenter à la pharmacie après prescription d’une ordonnance par un médecin. Hélas, il y en a qui n’ont pas de prise en charge. Or l’inscription pour une prise en charge est très importante. Il y a un certain nombre de conditions à remplir dans un atelier de formation professionnelle. J’ai été pris en charge à la caisse de sécurité sociale », explique-t-il. Son secrétaire général, Amar Kane, considère qu’en cas d’accident, la prise en charge est individuelle. «Si vous n’avez pas de mutuelle, vous êtes foutu. Car tout enseignant est sensé ‘’mutualisé » » avec 100 % pour la prise en charge et 50% pour les médicaments. Encore faudrait-il que la mutuelle fonctionne...», relève-t-il avec malice en conclusion.