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4 avril 2025
Société
PAR L’ÉDITORIALISTE DE SENEPLUS, BOUBACAR BORIS DIOP
CE VIEIL HOMME, NOTRE ENFANT…
Wade a desservi Karim, renforcé la cote de popularité de Macky tout en donnant de lui-même une image négative. En somme, trois coups de pierre contre sa réputation et contre la libération de son fils
Boubacar Boris Diop, Éditorialiste de SenePlus |
Publication 24/03/2015
Des analystes pourtant peu suspects de passion partisane continuent à regretter que la Crei n’ait été apparemment réactivée que pour juger Karim Wade. Même si on peut leur reprocher de tenir pour quantité négligeable ses co-inculpés ou d’oublier trop vite les nombreux dossiers déjà instruits, leur trouble mérite la plus grande attention. Il nous rappelle qu’au Senegal l’autorité publique n’a jamais vraiment su quelle attitude adopter à l’égard des auteurs de crimes économiques. C’est peu de dire que ces derniers, du fait de leur forte capacité de redistribution, sont plus souvent admirés que stigmatisés.
Il se raconte du reste, sous forme de blague populaire, qu’à des détenus ordinaires se plaignant des faveurs accordées à ces prisonniers de luxe, un régisseur aurait répliqué, excédé : «Ecoutez, ce n’est pas pareil, vous, vous êtes des voleurs alors qu’eux ont détourné !» Cette complaisance à l’égard de ceux qui dilapident nos maigres ressources s’explique-t-elle par le fait que le même personnel politique se partage le pouvoir depuis l’Indépendance ? L’hypothèse peut être avancée sans risque.
Le plus fascinant, c’est que Me Abdoulaye Wade, alias le «pape du Sopi», a été élu, après une exceptionnelle mobilisation populaire, pour briser ce cercle vicieux de la gabegie et de l’impunité. Quel Sénégalais peut s’en souvenir aujourd’hui sans un formidable éclat de rire ? Sous son règne, le système est devenu complètement fou ! Dès ses premières heures au Palais, il déclare à Idrissa Seck, qui l’enregistre en secret– drôle de gens, n’est-ce pas ?- : «Nos problèmes d’argent sont désormais derrière nous», avant d’ajouter cette phrase hallucinante : «Même les gangsters savent s’en tenir a un strict code d’honneur quand vient l’heure de se partager le butin.»
Il n’est dès lors pas étonnant qu’au cours de ses deux mandats à la tête du pays, on ait eu l’impression d’un gigantesque foutoir financier. Bien des cadres ayant travaillé avec Me Wade, en particulier ceux qui venaient de la Gauche, n’étaient pas des corrompus, loin s’en faut. Mais ceux qui l’étaient ne se sont pas du tout gênés. Les affaires en tous genres– terrains, trafic de devises voire de drogue– ont sans cesse défrayé la chronique et des milliers de gens qui tiraient le diable par la queue, ont amassé en peu de temps une colossale fortune.
Dans un petit pays à l’élite aussi «compacte», tout finit par se savoir, même, et peut-être surtout, ce que les medias choisissent, pour diverses raisons, de taire. Et– ne soyons donc pas si oublieux– Karim Meissa Wade, à la tête de moult ministères stratégiques, était au centre de tout. La justice lui demande depuis juillet 2014 de justifier l’accroissement phénoménal de sa fortune à l’époque où son père était chef de l’Etat. Il n’en a pas été capable et cela lui a valu une peine ferme de six ans et une amende de 138 milliards de francs Cfa.
On peut certes entendre les critiques des ONG des Droits de l’homme qui voient dans la Crei une juridiction d’exception violant les normes du droit international mais on a aussi eu le sentiment que pour ses avocats leur client, lâché par certains de ses prête-noms et complices, confondu sur des points importants, était devenu indéfendable. On les a donc davantage entendus en conférence de presse qu’à la barre du tribunal qu’ils ont du reste finalement boycotté. Il est d’ailleurs difficile de savoir à quoi ont bien pu servir les avocats étrangers supposés plaider en faveur de Karim Wade.
Malgré le gros cafouillage sur le compte de Singapour– un point, il faut le souligner, non pris en compte par le juge Henri-Grégoire Diop–, personne n’a été surpris par le verdict du 23 mars. Il n’y a pas lieu de se réjouir qu’une personne encore dans la force de l’âge soit obligée de rester quatre années en prison mais des dizaines de milliers d’autres Sénégalais purgent la même peine sans que cela n’émeuve personne.
L’avertissement vaut pour tous nos futurs chefs d’Etat. Ce qui arrive à Karim Wade doit leur faire comprendre qu’il est inadmissible et dangereux de détourner les suffrages populaires au profit de sa famille.
L’ex-président Wade, naguère tout-puissant, n’a rien pu faire pour sauver son fils. Il n’a même pas pu trouver un hôtel pour y organiser ce que le politologue Mbaye Thiam a appelé sur Sud FM «la dévolution paternelle du parti». Cela en dit long sur la brutalité de la chute de Wade. Il s’était pourtant montré si agressif à maintes reprises que le pays a eu de sérieuses craintes pour la sécurité des biens et des personnes le jour du verdict. A l’arrivée il y a eu plus de peur que de mal.
Me Wade, conscient de son faible pouvoir de nuisance ces temps-ci, s’y était sûrement attendu et c’est sans doute pour cela qu’il a fait de son fils le candidat du PDS à la présidentielle de 2017. Le projet, c’est de lui faire porter les habits de lumière du prisonnier politique, si populaire que le régime n’aura d’autre choix que de ne pas le maintenir en détention. Est-ce bien sérieux ? En vérité, cela s’appelle raisonner la tête à l’envers.
Tout d’abord, Karim Wade, qui n’a jamais remporté le moindre scrutin, est un binational. On le voit mal renoncer à son passeport français pour briguer les suffrages des électeurs sénégalais. Et au fait, dans quelle langue leur demanderait-il de voter pour lui ? C’est un point central que tout le monde semble avoir oublié. Sauf, probablement, l’intéressé lui-même et son père. Me Wade, qui a affronté tous les présidents, de Senghor à Macky Sall, sait bien ce qu’élection veut dire dans notre pays. Il serait étonnant qu’il entretienne au fond de lui-même la moindre illusion quant aux chances de son fils pour l’élection de 2017.
Il sait bien, pour le dire familièrement, que les carottes sont cuites.
Wade aura en effet tout essayé mais les appels du pied à l’armée n’ont pas eu plus d’écho que sa menace insolite de prendre le maquis. Et pour faire monter la tension, il ne s’est interdit aucune grossièreté à propos de la famille Sall. Ce faisant, il a desservi Karim Wade, renforcé la cote de popularité de Macky Sall tout en donnant de lui-même une image encore plus négative qu’à l’ordinaire. En somme, trois coups de pierre contre sa réputation et contre une cause, la dernière d’un vieux combattant, qui lui tient tant à cœur : la libération de son fils.
Une fin de parcours aussi douloureuse– il est des moments où le vieil homme suscite en effet une vague compassion– rappelle, toutes proportions gardées, celle d’Alboury Ndiaye. La tradition rapporte qu’au soir de sa vie, affamé et au bord de l’épuisement, le Bourba Djoloff fut obligé de voler une écuelle de lait dans l’arrière-cour d’une maison de Dosso, dans l’actuel Niger. Surpris par la propriétaire, il n’eut d’autre choix que de nier avec véhémence. En vain : un enfant l’avait vu en secret, qui témoigna contre lui. Il aurait alors déclaré à son griot : « J’ai été tout-puissant au Djoloff et voilà à quoi je suis réduit. Tout est perdu et je sais que ma fin est proche.»
Alboury Ndiaye, immortalisé entre autres par le dramaturge Cheik Aliou Ndao, a été peut-être le moins ambigu, le moins controversé de nos héros nationaux mais un cruel destin avait pris avantage sur le guerrier errant, panafricaniste avant la lettre. Du célèbre politicien libéral aussi, on peut dire, mais hélas pour de moins glorieuses raisons, que tout est perdu aujourd’hui, même l’honneur.
Il ne lui reste plus qu’à solliciter la clémence de celui dont il a dit tout récemment que jamais il ne serait au-dessus de Karim Wade. Peut-être s’exprimait-il ainsi en surestimant ses capacités à infléchir le cours de la justice. En homme qui a toujours cru au seul rapport de force, il est bien conscient d’être à la merci du régime de Sall. La surenchère verbale va rester de mise pendant quelque temps pour sauver les apparences mais il est très probable qu’il va bientôt jouer, en coulisses, la seule carte qui lui reste raisonnablement : solliciter la grâce présidentielle. Et si Macky Sall venait à céder aux pressions, l’on n’entendra probablement plus parler ni de l’homme Karim Wade ni encore moins du candidat sans peur et sans reproche. On peut supposer qu’il sera aussi oublié des Sénégalais que l’est à l’heure actuelle sa sœur. Le président pourrait être tenté de se montrer magnanime après avoir su se montrer ferme.
Qu’adviendrait-il des Bibo Bourgi et autres Mamadou Pouye, condamnées en même temps que Karim ? La question n’est pas simple car une libération générale ferait désordre dans l’opinion.
Quoi qu’il arrive, gardons-nous de jeter trop vite la pierre à Me Abdoulaye Wade. Ce quasi centenaire au regard perdu, si tragiquement solitaire, c’est nous-mêmes qui l’avons librement enfanté dans l’allégresse générale il y a une quinzaine d’années. Au-delà du sort personnel de son fils, c’est de cela que nous devrons nous souvenir demain et après-demain.
Enlevés le 3 mai dernier à Kaïlou (Ziguinchor) par une faction du mouvement indépendantiste MFDC et emmenés au plus profond de la forêt casamançaise, les démineurs otages font part, pour la première fois, de leurs conditions de détention et exposent leur vœu ardent de rejoindre «le plus tôt possible» leurs familles respectives. Dans la forêt, ils pratiquent la chasse et la pêche. Le journaliste et Reporter d'Image Christian Thiam de SenePlus.Com s'est entretenu avec les otages et plusieurs chefs militaires du MFDC dont César Atoute Badiate. Dans les toutes premières minutes de la vidéo, César Atoute Badiate s'exprime en diola mais les réactions des otages sont toutes en français.
Le voyage est long pour accéder au cantonnement militaire. Après plusieurs heures de conduite, il faut encore plusieurs kilomètres à pied pour accéder à la zone d’influence de César Atoute Badiate au fin fond de la forêt de Casamance. Un fief qui se «trouve bel et bien en territoire sénégalais», comme nous le précise le reporter de SenePlus.Com Christian Thiam qui a effectué ce voyage avec Jean Michel Mathiam un employé de la société sud-africaine Mechem pour qui travaillaient les otages.
Au plus profond de cette forêt, ils sont faits otages depuis le 3 mai 2013, loin de leurs familles, de leurs proches et de leur environnement social habituel. Cet enlèvement porte la signature d'une des factions séparatistes du Mouvement des Forces démocratiques de la Casamance (MFDC) dirigé par César Atoute Badiate.
Depuis que la vie de ces démineurs a basculé, personne ne les avait vu, ni entendu s'exprimer publiquement.
Assis sur des bancs en plein milieu de la forêt, les otages de César Atoute Badiate semblent en bonne forme physique. Pour la première fois, ils ont eu l’occasion de faire part de leurs conditions de vie et leur vœu ardent de retrouver leurs familles respectives.
Tout s’est passé sous l’œil vigilant du chef d’Etat-major du maquis César Atoute Badiate. C’est lui en premier qui prend la parole et s’exprime dans sa langue maternelle, le joola. Fixant droit la caméra, par moments, il expliqué les circonstances de sa rencontre avec Christian Thiam ainsi que l’objet de la visite de ce dernier dans le maquis.
A la suite, du général maquisard, c’est Charles Coly un des otages qui prend la parole. Serein, il confesse que depuis leur enlèvement, ses compagnons et lui n’ont été victimes d’aucune forme de maltraitance, ni de terreur de la part de leurs ravisseurs. En d’autres termes, ils ont été bien traités. Charles parle même de liberté de circuler dans les environs immédiats alors même qu’ils sont retenus comme otages.
«On est libre ici, on se déplace comme on veut»
«Depuis que nous avons été arrêtés, nous n’avons eu aucun problème. On a un peu marché, et cela c’est normal », a-t-il dit. Poursuivant son propos, Charles explique également que même la nourriture n’a jamais été un problème pour eux. «Nous allons à la pêche et à la chasse. On se déplace comme on veut », a-t-il souligné en tentant de se débarrasser des insectes de la brousse qui bourdonnent dans ses oreilles. Personne dans le maquis n’a jamais pointé une arme sur un otage pour lui ordonner d’exécuter une action, assure Charles.
En revanche, ce qui reste pénible et insupportable pour eux, c’est la séparation d’avec leurs familles respectives. «Le seul problème que nous avons, dit-il, c’est qu’on n’a pas nos familles». Doucouré, qui semble le plus jeune des otages qui ont fait face à la caméra, ne semble pas apprécier le propos très apaisants tenu par son collègue Charles.
Et il a tenu à marquer son désaccord, en prenant la parole : «On tient ici des discours pour dire que tout va bien… Mais on sera mieux chez nous», rétorque Doucouré, très ému avec une voix grinçante et empreinte d’émotion. «C’est bien beau de dire oui on n’a pas de problème. Mais nous, nous voulons rentrer chez nous le plus rapidement possible», a poursuivi l’otage.
«C’est très dur de vivre ici »
Gilbert Tendeng corroborant les propos de Charles, se dit persuadé qu’ils n’auront pas de problème. Seulement, reconnait-il «c’est dur de vive ici». Gilbert Tendeng se préoccupe du sort qui leur sera réservé après leur libération du point de vue professionnel. En effet, il craint qu’après leur libération, leurs familles respectives les déconseillent de continuer à travailler comme démineurs pour la société sud-africaine Mechem, parce que cette activité sera perçue comme une activité bien trop risquée.
Pour rappel, ils étaient douze démineurs travaillant pour la société sud-africaine Mechem, à être enlevés par la faction séparatiste du MFDC de César Atoute Badiate. Ils exécutaient tranquillement leur tâche ce 3 mai au soir dans le village de Kaïlou, (département de Ziguinchor), quand les rebelles ont fait irruption et les ont kidnappés.
Le général Badiate qui a commandité ce rapt estime que le gouvernement du Sénégal n’a pas respecter son engagement à arrêter le déminage dans les zones que le chef rebelle considère comme zone contrôlée par le mouvement rebelle.
Le 28 mai 3 femmes faisant partie des 12 démineurs ont été libérées pour des raisons humanitaires après une médiation des autorités de Bissau, de la Croix Rouge, le groupe de réflexion pour la recherche de la paix en Casamance, entre autres acteurs.
Mais auparavant le chef de l’Etat, Macky Sall avait commis, ce que plusieurs observateurs de la vie politique sénégalais avaient considéré comme "une maladresse" en affirmant dans une série d’entretien accordé à l’AFP que les « otages seront libérés », et que ce n’était «pas un problème». Ainsi, le président Sall en minimisant cet enlèvement a peut-être donné l'occasion aux ravisseurs de faire monter les enchères, ajoutent des analystes interrogés par SenePlus.Com.
Depuis 1982 la Casamance, sud Sénégal, fait face à une rébellion indépendantiste qui entrave le développement économique de cette région dû à l’insécurité : braquages, enlèvements, et autres assassinats.
TRADUCTION DES PROPOS DE CÉSAR ATOUTE BADIATE, AU DÉBUT DE LA VIDÉO
"Charles, bonjour à toi et à tes amis. Comme vous le savez, d’habitude nous effectuons des voyages. Et Dieu a fait qu’au cours de notre dernier voyage, avant hier, nous avons eu l’occasion de rencontrer ce monsieur qui voulait voir dans quelles conditions vous vivez.
Il faut dire que cela fait un moment qu'il souhaitait vous rencontrer mais nous avions estimé que n’aviez pas un assez bon moral pour que nous puissions donner une suite favorable à cette demande. Nous avions donc préféré reporter cette rencontre.
Mais comme maintenant vous êtes un peu plus habitués aux conditions de vie ici, j'ai pensé que cette fois-ci, il n'y avait aucun obstacle à ce que vous le rencontriez aujourd'hui. "
LA PREVENTION ET LA REINSERTION SOCIALE AU CŒUR DE LA POLITIQUE PENALE
Dans un entretien accordé au Soleil, le directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’Inspecteur Aliou Ciss, est revenu sur les nombreux défis auxquels fait face son institution.
Dans un entretien accordé au Soleil, le directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’Inspecteur Aliou Ciss, est revenu sur les nombreux défis auxquels fait face son institution. Selon lui, la prévention et la réinsertion sont au cœur de la politique pénale.
Dans un monde en perpétuelle mutation marqué par l’apparition de nouvelles formes de menaces telles que le terrorisme et la criminalité organisée, l’Administration pénitentiaire fait face à de nombreux défis : la surpopulation carcérale, la vétusté et l’inadéquation des établissements pénitentiaires, les risques de radicalisation en milieu carcéral, la problématique de la réinsertion, l’insuffisance des effectifs et l’adaptation aux nouvelles technologies. L’Inspecteur Aliou Ciss, Directeur général de l’Administration pénitentiaire, a indiqué que ces enjeux appellent des « réformes systémiques » et une « approche centrée » sur la prévention de la criminalité par l’éducation, la formation ainsi que la promotion des modes d’aménagement des peines. « Si on ne change pas d’approche, on a beau construire de nouvelles prisons, on ne va pas régler la problématique de la surpopulation carcérale », a-t-il alerté, persuadé qu’il faudra davantage miser sur la prévention « pour éviter les cas de récidive ».
Même s’il admet que des « résultats probants » ont été obtenus avec l’introduction du bracelet électrique en 2020. « Nous devons davantage travailler dans le sens à éviter la commission des crimes et des délits », a insisté l’Inspecteur Ciss. Il a annoncé la construction de nouvelles prisons, des recrutements massifs de personnels et l’acquisition d’équipements de dernière génération. Dans la foulée, il a informé que sa structure a élaboré un plan de recrutement de 865 agents et d’équipement sur 10 ans.
Modernisation des infrastructures
Pour améliorer les conditions de vie des détenus et de travail des personnels, M. Ciss a fait part d’un vaste programme de modernisation des infrastructures notamment la construction de neuf établissements pénitentiaires et du démarrage des travaux de réhabilitation et d’extension des établissements pénitentiaires. Il a souligné que le Groupe d’intervention pénitentiaire (Gip) créé par le décret 2023-679 du 23 mars 2023, a pour objectif d’améliorer la sécurité en milieu carcérale. Il s’agit, a-t-il dit, d’une unité de réserve constituée d’Eléments pénitentiaires d’intervention (Epi) et d’une brigade canine avec des éléments des chiens de police.
Spécialisée dans le maintien de l’ordre, elle intervient pour le rétablissement de l’ordre en cas de troubles en milieu carcéral. Dans le cadre de la digitalisation, l’Administration pénitentiaire a mis en place un système d’informatisation appelé Système d’information et de gestion de la direction générale de l’Administration pénitentiaire (Sigdap) pour une meilleure gestion des dossiers des détenus. Selon lui, « ce système novateur permet une gestion plus efficace et transparente des établissements pénitentiaires ».
Fonds de réinsertion sociale
Concernant la réinsertion sociale, en plus des actions menées en milieu carcéral, l’Administration pénitentiaire dispose de deux boulangeries, d’un centre pénitentiaire de formation industrielle, d’une imprimerie, d’un garage mécanique et d’une unité de production de lait à Sébikotane, a-t-il informé. Sur le même registre, a ajouté M Ciss, il existe un fonds de réinsertion sociale des détenus pour le financement des activités de préparation à la réinsertion sociale.
Pour la célébration du 65è anniversaire de l’indépendance du Sénégal, l’inspecteur Aliou Ciss a indiqué que ses hommes vont prendre part aux défilés à pied et motorisé. Pour le défilé à pied, le détachement composé de 156 éléments sera commandé par le contrôleur de classe exceptionnelle, Moussa Diop. S’agissant du défilé motorisé, l’Administration pénitentiaire y participera avec un détachement de 15 voitures opérationnelles dont trois pick-up, 4 land cruiser, 4 bus Iveco, 2 camions citernes et 2 ambulances médicalisées sous le commandement du contrôleur Pathé Kane. À l’intérieur du pays, des détachements de l’Administration pénitentiaire seront engagés pour participer aux défilés organisés dans les chefs-lieux de région et de département. Après le défilé, un repas de corps sera organisé au Camp pénal de Liberté 6 au cours duquel des agents qui se sont particulièrement distingués dans le service seront décorés.
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LA FAMILLE DE MAMADOU DIA RETROUVE SA FIERTÉ
"On rend à César ce qui lui appartient" : pour sa fille Madeleine Dia, le Sénégal répare une injustice historique en honorant Mamadou Dia, sous les applaudissements de sa famille et des riverains
Le Sénégal a officiellement rebaptisé le boulevard Général-de-Gaulle au nom de Mamadou Dia, figure emblématique de l'indépendance nationale. L'annonce a été faite lors du Conseil des ministres du mercredi 2 avril 2025 par le président Diomaye Faye.
Cette décision historique intervenue à la veille du 65e anniversaire de l'indépendance, marque une étape importante dans la reconnaissance du rôle crucial joué par Mamadou Dia dans l'histoire du pays.
"Un contentement immense, une très grande joie," confie sa petite-fille Fatou Samb, visiblement émue. "Nous disons vraiment merci au président Diomaye. Il n'était pas obligé de le faire, on ne fait que le remercier."
Pour les proches de celui qu'on surnommait affectueusement "Maodo", cette reconnaissance est perçue comme un acte de justice historique : "On rend à César ce qui lui appartient," souligne Madeleine Dia, sa fille.
L'ancien boulevard Général-de-Gaulle, artère emblématique de Dakar, avait accueilli le deuxième défilé de l'indépendance le 4 avril 1962, une initiative prise par Mamadou Dia lui-même alors qu'il occupait la fonction de président du Conseil.
Les riverains saluent également cette initiative : "Donner le nom de ce boulevard à Mamadou Dia, c'est très bien. Il mérite même plus," témoigne l'un d'eux. "Je suis sûr que la majorité des Sénégalais sont contents."
Ce changement s'inscrit dans une démarche plus large des nouvelles autorités visant à impulser un mouvement de réappropriation de l'histoire nationale, après d'autres initiatives concernant les tirailleurs et les anciennes bases françaises.
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LA GENDARMERIE NATIONALE EN FORCE
Blindés ultramodernes, drones de surveillance et unités d'élite : la gendarmerie a déployé un dispositif impressionnant lors du défilé de la fête de l'indépendance ce 4 avril, témoignant d'investissements majeurs dans la sécurité nationale
À l'occasion de la célébration du 65ème anniversaire de l'indépendance du Sénégal ce vendredi 4 avril 2025, la gendarmerie nationale a présenté un impressionnant dispositif sécuritaire lors du défilé militaire traditionnel.
Le public a pu découvrir la Légion de Gendarmerie d'Intervention (LGI), une unité de réserve générale à la disposition du président de la République, articulée en 18 escadrons répartis en trois groupements. Cette formation polyvalente assure aussi bien le maintien de l'ordre que la défense opérationnelle du territoire.
L'accent a été mis sur les nouvelles acquisitions technologiques avec la présentation de véhicules blindés ultramodernes : les Cobra 2 d'une autonomie de 700 km, les MOS polyvalents et les VN3 équipés de systèmes stabilisateurs de tir de haute précision.
Le défilé a également mis en valeur des unités spécialisées comme la section cynophile avec ses chiens d'intervention, l'unité de protection de l'environnement et l'escadrille de drones d'appui, capable d'effectuer des missions de surveillance jusqu'à 120 km de distance.
La sécurité maritime n'est pas en reste avec la présentation de vedettes fluviales de 7 et 9 mètres, particulièrement mobilisées dans la lutte contre l'immigration irrégulière le long du littoral sénégalais.
Cette démonstration de force s'inscrit dans un contexte régional marqué par des menaces terroristes croissantes, le trafic de stupéfiants et les flux migratoires irréguliers.
RIGUEUR ET COHÉSION, LE QUOTIDIEN DES ARTILLEURS SÉNÉGALAIS
Réveil à l'aube, entraînement physique intense et discipline militaire forge l'esprit des soldats du bataillon d'artillerie, ces spécialistes du feu dont l'emblème, le dragon "Ninki Nanka", symbolise puissance et précision
Niché entre la plage de la Voile d’Or et les cimetières de Bel-Air, le camp général Mountaga Diallo semble à la fois veiller sur l’histoire et scruter l’horizon. Dos tourné à l’océan Atlantique, ce bastion stratégique de l’armée sénégalaise abrite le quartier du bataillon d’artillerie, une unité dite de réserve générale vouée au soutien exclusif des autres formations.
C’est dans ce cadre à la fois stratégique et martial que notre immersion a eu lieu, à la découverte d’une unité peu connue mais essentielle, dont la devise claque comme une promesse : ’’En tout temps, et en tous lieux’’.
A six heures, le froid matinal colle encore aux feuillages et aux visages. À l’entrée du camp, une silhouette imposante attire l’attention et le regard du visiteur. Il s’agit d’une pièce d’artillerie, la célèbre batterie de 155 mm, fièrement dressée comme une sentinelle, le canon tendu vers le ciel.
Un symbole fort pour une unité qui, à l’image du ”Ninki Nanka”, le dragon cracheur de feu qui leur sert d’emblème, se veut redoutable, invisible et décisive.
C’est l’adjudant Diallo de la DIRPA qui accueille l’équipe de l’Agence de presse sénégalaise. Après les formalités d’usage auprès du chef de poste, nous entamons, guidés par un soldat, une marche à travers un chemin sinueux bordé d’arbres.
Derrière le feuillage, apparaissent les bâtiments du quartier général : le poste de commandement, les dortoirs, et, plus loin, la messe, point névralgique de la vie communautaire.
‘’Jusqu’au dernier obus, nous combattrons’’
La messe, où nous rejoignent le commandant de bataillon et notre guide du jour, le lieutenant Seck, est un lieu chargé de symboles. ‘’Jusqu’au dernier obus, nous combattons’’ ; ‘’Couronnes de fer éternelles, nous poserons sur les tombes’’ ; ‘’Rideau de fer aux amis, rideau de feu aux ennemis ; ‘’La famille dans les airs, terreur et désarroi sur terre’’, lit-on sur les murs. Des citations qui témoignent de l’esprit de corps et de la détermination inébranlable des artilleurs
Le lieutenant Seck, jeune officier à la moustache fine et au regard déterminé, nous salue avec courtoisie et nous présente le programme du jour. Soudain, le clairon retentit, direction la place d’armes pour la levée des couleurs.
Un moment solennel, empreint de discipline et de respect, où chaque soldat, raide comme un piquet, fixe le drapeau montant au rythme de l’hymne national.
Rigueur physique et esprit de cohésion
L’ambiance change rapidement. Les cordialités cèdent la place au sport. Après un échauffement minutieux, le bataillon entame un parcours de quatre kilomètres à travers le camp, rythmé par des chants militaires. En tête du peloton, les voix résonnent : Fatigué ? Sergent fatigué ? Jamais ! Jamais, sergent fatigué ! Jamais !
La course se termine, symboliquement, au pied de la batterie 155. Des exercices de renforcement musculaire prennent le relais. Les visages transpirent, mais les esprits restent soudés. L’artilleur, avant d’être un technicien du feu, est un soldat complet, forgé dans l’endurance et la précision.
Nous poursuivons notre visite sur le terrain de volley, où s’entraîne l’équipe finaliste du tournoi militaire 2024. ‘’C’est la plus redoutée’’, glisse avec un sourire notre guide, fier de ses hommes.
Le terrain fait face au parcours du combattant. Là, quelques soldats franchissent avec agilité les obstacles qui simulent les conditions extrêmes du champ de bataille. Chaque épreuve franchie est un pas de plus vers la maîtrise de soi, une répétition silencieuse de ce qui pourrait, un jour, être réel.
La salle d’honneur et des traditions : mémoire vivante d’un bataillon de feu
En quittant le terrain de volley, le lieutenant Seck nous conduit vers un autre espace emblématique du camp, la salle d’honneur et des traditions du bataillon d’artillerie. Là, nous attend Pape Malick Sané, maréchal des logis(mdl)-chef et conservateur passionné de ce sanctuaire chargé de mémoire.
Ici, chaque photo, chaque insigne, chaque pièce exposée raconte une part de l’histoire, parfois méconnue, de cette unité mythique. Devant nous, un pan de mur est couvert de portraits dont certains en noir et blanc.
‘’Là, nous avons quelques photos de nos anciens, des anciens artilleurs. Ici, nos attributs esthétiques d’armes : l’insigne de corps, la patte de col, l’équipement de bras… (…)’’, dévoile-t-il à ses hôtes.
Pape Malick Sané entame alors un récit passionnant, retraçant les grandes étapes de l’unité, avec en sourdine, l’hymne des artilleurs joué par un baffle posé au coin de la salle.
Le Mdl-chef s’arrête devant une vieille photo. ‘’Il s’agit du colonel Pierre Faye du nom du premier chef de corps du bataillon. C’est ici que nous sommes en ce moment. Le bataillon porte ce nom en son hommage’’, explique-t-il.
Au centre de la salle trône une maquette du ”Ninki Nanka”, le fameux dragon cracheur de feu.
Il montre ensuite un canon exposé à l’intérieur. ‘’Celui-là, c’est un 105 SM2, un canon historique. Pendant [le conflit] en Casamance, en 1997, c’était le seul canon utilisé sur le terrain. Il est chargé d’histoire pour nous’’.
Deux filières, un même souffle
Sur un autre panneau, les missions du bataillon sont exposées. A ce propos, Pape Malick Sané précise que ce bataillon est composé de deux filières principales : sol-sol et sol-air.
‘’Les artilleurs sol-sol visent les cibles terrestres. Ceux du sol-air, ce sont les spécialistes de la lutte anti-aérienne. On les appelle les canonniers. Mais avant toute chose, il y a le renseignement. Si le renseignement est bon, la mission est réussie. Ça, c’est notre vérité’’, dit-il.
Il s’arrête ensuite devant un tableau soigneusement mis à jour. ‘’Là, ce sont tous les chefs de corps du bataillon, depuis sa création’’, nous lance-t-il, désignant deux figures majeures, le Chef d’état-major général actuel des armées, le général Mbaye Cissé, et le général de division Mountaga Diallo, dont le camp porte son nom.
Puis, il désigne un étendard dans une vitrine, le premier drapeau, reçu le 1er février 1977, représentant la reconnaissance officielle du bataillon comme unité à part entière.
Dans un coin de la salle, un mannequin arbore la tenue de cérémonie du canonnier. Des trophées sportifs sont aussi alignés sur une étagère. ‘’On ne fait pas que tirer au canon, hein !”, lance-t-il avec un clin d’œil. ‘’On sait aussi courir, jouer, gagner.’’
Après ces mots, on repart avec la certitude que derrière chaque manœuvre d’artillerie, chaque salve tirée, chaque entraînement, se trouvent des hommes et des femmes qui portent un héritage vivant. Un bataillon qui, fidèle à sa devise, veille en tout temps, et en tous lieux.
Le maniement des armes, tout une discipline
A quelques dizaines de mètres non loin, le regard ferme, la voix assurée, l’adjudant Emile Junior Sène, instructeur armement, donne des cours à la salle ”Ninki Nanka”. A ses côtés, le maréchal des logis Nouha Diémé, de la Batterie LRM (Lance-roquettes multiples).
Autour de lui, les visages se figent, l’attention est totale. Dans cette salle immense, le silence pèse plus que l’arme elle-même. Le Mdl Diémé poursuit son enseignement, les mains posées sur un fusil M16.
‘’Le M16 est une arme de précision, une extension de votre volonté sur le champ de bataille. Il ne s’agit pas seulement de tirer. Il s’agit de savoir pourquoi et comment tirer. Vous devez comprendre chaque pièce, chaque ressort, chaque cran de sûreté’’, lance-t-il à l’endroit des auditeurs
Il énumère les parties : le boîtier de culasse, la poignée pistolet, le canon, le levier d’armement, la hausse réglable, la bretelle, le chargeur. Les élèves prennent note, les traits tirés mais l’esprit en alerte.
L’adjudant Emile Junior Sène prend la relève et martèle : ‘’Le maniement des armes, ce n’est pas un rituel, c’est une discipline. Quand vous montez cette arme, quand vous la démontez, quand vous la nettoyez, c’est votre vie que vous préparez. Et celle de vos frères d’armes. Vous devez être capable de tirer juste, de tirer vite, et surtout de tirer quand il faut.’’
Les soldats en formation, exténués mais droits, acquiescent en silence. Dans leurs yeux, une même certitude, celle que cette arme, ils devront un jour s’en servir. Et ce jour-là, aucun doute ne devra venir troubler leur doigt sur la détente.
Historique et montée en puissance du 1er Bataillon d’artillerie
Ce récit nous est conté par l’adjudant-chef Babacar Ndour, retrouvé en pleine séance de formation à la salle des cadres
‘’Le 1er Bataillon d’Artillerie, véritable réserve générale, est né de la Compagnie d’armes lourdes. Il a été créé en septembre 1969, initialement équipé de canons de 105 mm, de 40 mm, de mortiers de 81 mm, et de groupes armés de mitrailleuses 12,7 mm’’, nous confie-t-il
Implanté d’abord au camp Lat Dior, le bataillon a connu plusieurs délocalisations : camp Arsenal en décembre 1969, camp Fédéro en mai 1970, puis camp des Mamelles en juin 1975.
Depuis sa création, le bataillon a été commandé par 20 chefs de corps. Le premier étant le lieutenant-colonel Pierre Faye, et le plus récent est le chef d’escadron Mohamed Moustapha Seck, en poste depuis juillet 2024.
Il a rappelé que ‘’le 1er bataillon d’artillerie a été de toutes les grandes opérations nationales dont dernièrement au Nord-Sindian en février 2022, dans la zone militaire numéro 5’’.
‘’Sur le plan international, le bataillon a participé à presque toutes les opérations extérieures : Congo-Zaïre (1978), Sud-Liban (1978), Fodé-Kaba (Gambie, 1981), Tempête du désert (Arabie Saoudite, 1990), Liberia (1992), et récemment, Gambie et Guinée-Bissau’’.
Dans le cadre des accords de défense de la CEDEAO, le bataillon constitue aujourd’hui l’artillerie de la force sous-régionale. Il a aussi contribué à des missions de l’Union africaine et de l’ONU, renseigne Babacar Ndour
Il a indiqué que la montée en puissance s’illustre par la création d’un deuxième bataillon à Louga.
A terme, ‘’chaque bataillon comptera cinq unités, ‘’une Batterie de commandement et de service (BCS), une batterie de 155 mm TF1 (acquis en 2017), une batterie de LRM (lance-roquettes multiples), une batterie de 105 mm LG1 (remplaçant la 105 HM2), et des systèmes sol-air’’, a-t-il ajouté.
‘’Les TF1 ont révolutionné les capacités opérationnelles avec une mise en batterie rapide, une portée de 24 km, étendue à 28 km avec kit RTC, tandis que le LRM offre une portée de 20 km. La 105 LG1, plus mobile et moderne, est parachutable et héliportable, avec une portée de 11 à 17 km’’, précise l’adjudant-chef.
En ce qui concerne la composante sol-air, il a indiqué que ‘’les anciens canons de 40 mm ont été progressivement remplacés, d’abord par des canons de 20 mm, ensuite les obus de 45 mm en 2000, et enfin, les missiles QW2 en 2023, mieux adaptés aux menaces modernes’’.
A la manœuvre du feu : rencontre avec la batterie 105
Alors que la matinée touche à sa fin, le lieutenant Seck nous propose un détour par la zone de stationnement des pièces d’artillerie. Là, trône l’imposante batterie 105, véritable pièce maîtresse du dispositif feu du bataillon. Près de l’un des canons, un groupe de soldats s’affaire dans un ballet rigoureux, répétant les gestes appris des centaines de fois.
Le chef de pièce, un sous-officier à la posture droite et au regard perçant, accepte de nous parler et partager avec passion la noblesse de sa fonction :
‘’Être chef de pièce, ce n’est pas juste commander un canon. C’est veiller à ce que chaque mouvement, chaque commande, chaque projectile soit exécuté avec rigueur et sécurité. Le 105 mm est une arme redoutable, mais elle ne pardonne pas l’erreur. Chaque tir, chaque réglage d’élévation, chaque orientation azimutale, doit être parfait”, tient-il à préciser.
Il pose la main sur la culasse, comme s’il saluait un compagnon fidèle. ‘’La batterie 105 est une arme très robuste. Elle a fait ses preuves sur tous les terrains. Quand elle parle, elle impose le silence. Sa portée, sa précision, sa cadence de feu en font une pièce d’appui incontournable’’, signale-t-il.
Le chef de pièce évoque aussi le lien fort entre les hommes de l’équipe ‘’Une batterie, c’est une famille”.
‘’Chacun joue un rôle, pointeur, chargeur, chef de pièce, conducteur (…) mais quand on est en position, il n’y a plus de grades. Il y a une seule chose qui compte : l’efficacité. Le tir doit partir, dans les temps, avec la précision d’une horloge suisse’’, dit-il, les yeux brillant de fierté.
Dans le souffle du dragon : déploiement tactique de la batterie LMR
Le soleil s’est levé haut dans le ciel de Bel Air lorsque nous rejoignons un vaste terrain dégagé situé à la lisière du camp. Là, trois impressionnants véhicules d’artillerie se tiennent prêts : Bouniack, Guilles et Niafena, les redoutables LRM (Lance-roquettes multiples).
La scène est réglée au millimètre. Un soldat en treillis impeccable s’avance vers nous. Il se présente d’un ton calme mais assuré. ‘’Je suis le chef de pièce LRM. LRM, c’est Lance-roquettes multiples. C’est un système d’origine ukrainienne. Il se compose de deux grandes parties : la partie automobile et la partie artillerie’’, explique-t-il.
Devant nous, l’engin dévoile ses lignes robustes, ses 40 tubes disposés en quatre rangées désordonnées, un désordre savamment orchestré.
‘’Les tubes ne sont pas numérotés de façon linéaire. C’est voulu. Cette disposition pêle-mêle assure la stabilité de l’engin pendant le tir. Le tube central, le numéro 28, est notre point de référence pour la précision’’, souligne le soldat.
Il poursuit, pointant tour à tour chaque membre de son équipe :’’Chaque pièce est servie par quatre personnels : un chef de pièce, un pointeur, un conducteur et un servant collimateur. Le pointeur est mon adjoint, le conducteur manœuvre le véhicule et déclenche le tir, tandis que le collimateur est responsable de l’alignement optique’’
A quelques mètres, l’exercice démarre. Les engins, précédés par une équipe de reconnaissance, se mettent en position selon un plan d’implantation précis. Les gestes sont rapides, coordonnés, presque chorégraphiés.
‘’Une fois la reconnaissance faite, l’équipe de topographie installe la position de batterie, oriente les pièces, et prépare la zone”, explique le chef de batterie, qui nous rejoint.
‘’C’est cette planification qui permet la rapidité et la précision. Une fois les pièces orientées, le poste de tir (PT) transmet les éléments à chaque chef de pièce. Et là, tout s’enchaîne : affichage, synchronisation (…) et le feu.’’, précise-t-il.
‘’On est réputés pour être rapides. C’est vrai. Mais cette efficacité vient du travail de l’ombre. De la reconnaissance, de la coordination, et surtout, de la confiance entre nous’’, fait-il valoir.
Incursion au pas de tir
Dans le même sillage, nous avons été conviés à une séance exceptionnelle sur le pas de tir, ce territoire sacré où le bruit des détonations se mêle à la concentration absolue des hommes en uniforme.
Là, les éléments du GIGN (Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale) s’exercent aux côtés de quelques canonniers du bataillon. L’atmosphère est tendue mais fraternelle, chacun concentré sur sa cible, sur sa respiration, sur son tir.
Après leurs enchaînements rigoureux, ils nous invitent à nous essayer à l’exercice. Mais pas avant une mise en condition sérieuse.
L’un des formateurs nous explique patiemment les différentes composantes de l’arme, le chargeur, le canon, l’organe de visée, puis les règles strictes de sécurité à savoir ”ne jamais pointer une arme chargée, doigt hors de la queue de détente jusqu’au dernier moment, toujours vérifier l’état de l’arme’’.
Ensuite viennent les bases du tir, ‘’position du corps, alignement des organes de visée, contrôle de la respiration, pression progressive sur la détente.’’
Puis, à notre tour. Je prends position, les genoux un peu fléchis, les bras tendus mais fermes. Premier tir. Puis un second. La tension monte, le bruit sec du tir me claque dans les oreilles. Résultat ? Quatre tirs sur cinq dans le corps de la cible. Petite satisfaction intérieure.
Mais la palme revient à ma collègue. D’un calme olympien, elle ajuste ses tirs et… trois impacts nets dans la tête du mannequin. Silence dans le groupe. Puis un cri, mi-blagueur, mi-sincère : ‘’Shoot head !’’, s’exclame un des soldats. Elle n’en revient pas. Nous non plus. Un des gendarmes lui dit dans le dos : ‘’toi, on t’emmène en mission !’’.
C’est dans cette ambiance à la fois électrique et bon enfant que nous avons quitté le pas de tir, direction la dernière étape de la journée.
Neutralisation d’une menace aérienne
L’adrénaline coulait encore dans nos veines lorsque fut entamée la dernière manœuvre de notre immersion. Elle était exécutée par l’unité sol-air, mettant en exergue des pick-up équipés de lance-missiles de type QW2.
Cette arme de dernière génération, récemment intégrée à l’arsenal, est dotée d’une caméra thermique avec vision nocturne. Redoutable et précise, elle est capable d’identifier et de traquer tout type d’aéronef en fonction de la chaleur qu’il dégage, assurant ainsi une défense antiaérienne efficace, même dans les conditions les plus obscures.
Dans le cadre de cet exercice tactique, l’unité sol-air a simulé une riposte à une attaque aérienne en remplaçant l’avion hostile par un drone, reproduisant fidèlement un scénario de menace asymétrique moderne. L’objectif est de démontrer la réactivité et l’efficacité du système de défense antiaérienne face à des cibles de petite taille et à basse altitude.
Le dispositif repose sur un pick-up équipé du lance-missiles QW2. Dès la détection du drone identifié grâce à la caméra thermique embarquée, le système entre en phase d’alerte. Le signal thermique du drone, bien que faible comparé à celui d’un avion de chasse, est suffisamment capté par la technologie du QW2.
La procédure s’enclenche avec l’acquisition de la cible, puis le verrouillage automatique. Une fois le feu autorisé, le missile est tiré avec une grande précision. La simulation se conclut par la destruction du drone, symbolisée par une explosion en altitude.
Cet exercice, exécuté en présence du sergent-chef à la retraite, Gana Ndour, souligne la capacité de l’unité sol-air à s’adapter aux menaces contemporaines, notamment les drones qui deviennent de plus en plus courants dans les théâtres d’opération modernes. Il met aussi en lumière la montée en puissance technologique du bataillon d’artillerie, capable désormais d’assurer une couverture anti-aérienne efficace en toute autonomie.
Témoignage du sergent-chef à la retraite, Gana Sène,
Grand de taille, toujours robuste, en veste de cuir et lunettes claires, le sergent-chef Gana Sène impressionne par sa prestance autant que par sa mémoire intacte des faits de guerre. A la retraite aujourd’hui, c’est avec émotion qu’il accepte de revenir sur son parcours et la place capitale de l’artillerie dans les grandes opérations de l’armée sénégalaise.
Incorporé dans l’armée le 1er septembre 1981, il suit sa formation à Dakar Bango avant d’être affecté au bataillon d’artillerie en 1982. Il y restera 37 ans, jusqu’à sa retraite en 2017. Durant cette période, il a servi dans toutes les unités du bataillon : artillerie sol-sol, artillerie sol-air, batterie de commandement et de service.
Gana Sène explique avec clarté le rôle stratégique de l’artillerie dans les opérations de grande envergure.
A travers ses récits, on comprend la complexité technique de l’artillerie, la topographie de précision, calculs balistiques, coordination millimétrée avec les unités au sol. ’’Il faut être très fort en topographie. Pour appuyer un ami à 20 kilomètres sans le voir, il faut avoir la tête sur les épaules, être lucide, compétent, méthodique’’, souligne-t-il.
Il raconte également les évolutions du métier, du calcul manuel des coordonnées à l’aide des sinus, cosinus et logarithmes, à l’usage d’ordinateurs modernes avec logiciels de tir qui donnent en quelques clics les éléments initiaux, les charges, les corrections balistiques.
Mais au-delà de la technique, ce sont les opérations marquantes qui restent gravées dans sa mémoire, autant de fronts où l’artillerie a joué un rôle décisif. En Casamance, au Libéria contre les milices de Charles Taylor, ou en Guinée-Bissau, lors d’un épisode resté célèbre.
‘’Les rebelles avaient placé leur base à 11,4 km, pensant que nos 105 ne pouvaient pas les atteindre (portée 11,1 km). Ce qu’ils ne savaient pas, c’est qu’une batterie de 155 mm venait d’arriver. Quand elle a ouvert le feu, ils ont cru que c’était la France. La presse parlait des “bateaux français” qui bombardaient. Mais non, c’était l’artillerie sénégalaise.’’, raconte-t-il ironiquement.
L’artilleur à la retraite termine avec une touche de fierté et de transmission. ‘’Ce que je faisais à l’époque avec des cartes, des calculs, des tables de tir, les jeunes aujourd’hui le font avec un logiciel. Mais il faut toujours l’esprit, le métier, la précision. C’est ça l’artillerie’’, martèle ainsi l’ancien canonnier.
MARCO RUBIO SALUE LE LEADERSHIP SÉNÉGALAIS
Le secrétaire d'État américain a adressé ses félicitations officielles au Sénégal pour l'anniversaire de son indépendance, soulignant l'importance du partenariat entre les deux nations
(SenePlus) - Marco Rubio, secrétaire d'État américain, a adressé ses félicitations au peuple sénégalais à l'occasion du 65e anniversaire de son indépendance célébré ce 4 avril 2025.
"Au nom des États-Unis d'Amérique, je tiens à exprimer mes sincères félicitations au peuple du Sénégal pour le 65e anniversaire de votre indépendance", a déclaré M. Rubio dans un communiqué officiel publié par le Département d'État.
Le chef de la diplomatie américaine a profité de cette occasion pour réaffirmer l'engagement des États-Unis envers leur partenariat avec Dakar. Il a également exprimé son désir de renforcer la coopération bilatérale : "Je me réjouis d'élargir notre étroite collaboration sur un large éventail d'initiatives qui renforcent les relations bilatérales pour le bénéfice mutuel de nos deux nations."
Le secrétaire d'État a particulièrement mis en avant l'importance du leadership sénégalais dans la région : "Les États-Unis apprécient énormément le leadership du Sénégal dans la protection des libertés fondamentales et la promotion de la sécurité régionale."
31 ENFANTS DE LA CEDEAO DÉFILERONT À ZIGUINCHOR
Ce défilé symbolique mettra en lumière l'importance de la coopération entre les quinze États membres, malgré le récent retrait du Niger, du Burkina Faso et du Mali
Quelque trente et un enfants de la CEDEAO issus de la Sénégambie méridionale (Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau), vont prendre part au défilé à Ziguinchor, à l’occasion du 65e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, pour montrer l’importance et la place de l’intégration régionale, a annoncé Alexandre Gomis, coordonnateur de la maison des citoyens de la CEDEAO.
“31 enfants de la CEDEAO vont défiler et arborer les drapeaux de leur pays ce vendredi à Ziguinchor l’occasion du 65e anniversaire de l’accession du Sénégal à la souveraineté” internationale, a indiqué le coordonnateur de la maison des citoyens de la CEDEAO, jeudi, soir, lors d’un point de presse.
“L’intégration est une chance. Il y a le retrait des trois pays (Niger, Burkina Faso et Mali) de la Communauté des Economique des Etats d’Afrique de l’ouest. Ce défilé des enfants de la CEDEAO a pour objectif de montrer l’importance et la place de l’intégration régionale”, a expliqué M. Gomis, en présence du directeur exécutif d’ENDA Tacid, Souleymane Barro.
“Il faut pousser les pays à revenir dans le bloc communautaire. Ils n’ont aucun intérêt à se départir”, a-t-il insisté, faisant savoir que ces enfants représentent les quinze États membres de la CEDEAO sans exception.
Pour lui, “l’intégration est un impératif, un levier du développement”.
Ces enfants ont dans une déclaration exprimé leurs “profondes” préoccupations aux chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO. Ils ont demandé d’interdire, proscrire, mettre hors la loi et/ou refuser définitivement et de manière définitive toute fermeture de frontières des Etats de la CEDEAO pour l’intérêt supérieur des populations.
Ils ont exhorté les chefs d’État et gouvernement de la CEDEAO à instituer les défilés des enfants de la CEDEAO lors de la célébration des fêtes d’indépendance dans tous les Etats membres de la CEDEAO.
Ils ont invité les Etats de l’AES (Alliance des Etats du Sahel), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, à rejoindre la maison CEDEAO pour une meilleure intégration des communautés et des peuples.
Les enfants de la CEDEAO ont aussi appelé les chefs d’Etat de la CEDEAO à sauvegarder l’institution pour, disent-ils, mieux renforcer la citoyenneté communautaire.
VERS LA PRODUCTION DE MUNITIONS ET L’ASSEMBLAGE DE VEHICULES MILITAIRES AU SENEGAL
Pour atteindre l’autonomie, les autorités sénégalaises sont en train de travailler pour l’installation d’une industrie de défense.
Pour atteindre l’autonomie, les autorités sénégalaises sont en train de travailler pour l’installation d’une industrie de défense. Selon le Directeur du Service du Matériel des armées, le colonel Birane Niang, une convention a été signée avec un partenaire pour l’assemblage de véhicules militaires KIA. Les discussions sont aussi avancées pour la mise en place d’une unité de fabrique de munitions pour l’armée sénégalaise.
Dans un monde de plus en plus mouvementé et face aux menaces diffuses dans la sous-région ouest-africaine, il est essentiel de travailler pour une autonomie pour ne pas dire souveraineté militaire. Ainsi, les autorités sénégalaises sont-elles en train de travailler sur une collaboration avec des entreprises pour la production de véhicules militaires mais aussi de munitions. Compte tenu du contexte sous-régional, le Directeur du Service du Matériel des armées, le colonel Birane Niang estime que « nos autorités ont résolument opté pour qu’on dispose de notre propre matériel ». Le Colonel Niang indique que le matériel le plus crucial pour notre État est de disposer de véhicules pour le combat, mais aussi de munitions et d’armes. « Pour le moment, ce sont ces trois domaines qui sont ciblés afin de mettre en place une petite industrie de défense », a-t-il dit.
Il révèle qu’une convention est déjà signée pour l’assemblage de véhicules militaires. Selon le directeur du Service du Matériel des Armées, cette dernière consistera, dans un premier temps, à l’assemblage des véhicules de transport des troupes, avec les véhicules « KIA » qui ont été fabriqués en Corée du Sud. Il est prévu ainsi de sortir les premiers véhicules avant fin 2025, notamment en novembre. La deuxième étape concerne les camions Mercedes qui seront montés sur place.
Les autorités discutent aussi avec les Turcs pour la mise en place d’une unité de fabrique de munitions. « Ces discussions aussi sont très avancées pour la mise en place d’une usine de fabrique de munitions avec la Turquie. Les produits de cette entreprise vont être destinés principalement à l’armée sénégalaise », a précisé le Colonel Birane Niang. Cette entreprise pourra, dans un long terme, en plus de fournir des munitions à l’armée sénégalaise, approvisionner des armées de la sous-région et de l’Afrique. Selon les mêmes sources, un site est déjà identifié pour la construction d’une unité de fabrique nationale de munitions dans la région de Thiès.
Les limites d’une politique d’armement avant 2000
Cela est un tournant majeur car, d’après le directeur du Service du Matériel des Armées, le Colonel Birane Niang, auparavant, l’armée sénégalaise n’avait pas d’autonomie dans l’acquisition de certains matériaux de défense. « On avait, dans la coopération avec la France, ce qu’on appelait l’entente directe qui consistait à fournir les matériaux de guerre, tous les véhicules de transport de troupes, les armes et les munitions ».
Le colonel Niang se rappelle que c’est à partir de 2000 que l’option du Gouvernement a changé avec la participation très intense aux opérations extérieures de maintien de la paix, notamment avec les déploiements au Congo, en République démocratique de Congo et en Côte d’Ivoire, etc. Selon le colonel Niang à partir de ce moment, le Sénégal déployait ses hommes avec son matériel, et donc, depuis reçoit directement les remboursements. Avec l’ancien système, le Sénégal envoyait des hommes lors des opérations extérieures, mais ils étaient équipés par la France dans le cadre d’un mémorandum. En retour, c’est le France qui recevait les remboursements de l’Onu. « À partir de ce moment, l’Armée a eu une petite ouverture en Chine où on a acquis les premiers engins blindés. Du matériel d’artillerie a aussi été acquis en Ukraine », a renseigné le Directeur du Service du Matériel des armées.
LES « JAMBARS », FIERTE DU SENEGAL
Régulièrement sollicitées pour des opérations de paix ou opérations extérieures (Opex), les militaires sénégalais y ont souvent assumé le leadership, démontrant ainsi leurs capacités opérationnelles et intellectuelles.
Régulièrement sollicitées pour des opérations de paix ou opérations extérieures (Opex), les militaires sénégalais y ont souvent assumé le leadership, démontrant ainsi leurs capacités opérationnelles et intellectuelles. Mieux, dans ces Opex ou théâtres sanglants, l’expertise sénégalaise a été très souvent sollicitée pour ramener la paix. D’envoyés spéciaux ou de représentants du Secrétaire général des Nations unies aux postes de commandants de Force onusienne ou africaine, d’illustres sénégalais, militaires ou non, se sont montrés à la hauteur. Et ont été largement appréciés.
L’autre mesure du professionnalisme et du caractère républicain de nos Armées est cette distanciation notée de l’appareil sécuritaire en général, et de l’Armée en particulier, de la politique. Faisant du Sénégal l’un des rares pays à ne pas avoir connu de coup d’Etat militaire. Ce qui crédite le Sénégal d’une Armée professionnelle qui adopte une démarche républicaine dans l’exécution de ses missions régaliennes.
Le succès des Armées sénégalaises se lit d’abord dans l’héritage des Anciens glorieusement préservé. Très tôt les pionniers ont compris la nécessité de doter la Nation naissante d’un appareil militaire solide. La formation est la principale force des Armées qui ont su miser sur de bonnes ressources humaines.
Au Sénégal, il faut être titulaire d’un bac plus quatre pour devenir officier. Le sous-lieutenant, quel que soit sa formation de base, va au 12è Bataillon d’infanterie (Dakhar Bango) pendant une année pour devenir lieutenant. Pour devenir capitaine, il devra justifier d’une certaine ancienneté et réussir au Cours des capitaines. Il lui faudra réussir au Diplôme d’aptitude au grade d’officier supérieur (Dagos) pour être commandant. L’officier supérieur sénégalais se bat donc pour réussir tous ses examens et réussir ses commandements. Il se fera ensuite une fierté d’être breveté de l’Ecole de guerre.
Les Pères fondateurs ont su opérer un bon maillage territorial de notre outil de défense, mais surtout faire en quelque sorte que l’Armée soit le creuset où l’on retrouve toutes les couches et ethnies du Sénégal, loin de certaines Armées dédiées à la protection du président membre de l’ethnie majoritaire qui pourvoit essentiellement le personnel de ces armées.
Le professionnalisme, ce sont également les entrainements, l’apprentissage du métier des armes qui se fait au quotidien dans les casernes. Les militaires sénégalais ont pu également transformer en un cercle vertueux Opint (opérations intérieures, essentiellement en Casamance) Opex-Vie de caserne.
Sur le terrain, les militaires ont toujours adopté des attitudes martiales allant dans le sens de la préservation de l’intérêt des populations, d’abord au Sénégal comme à l’étranger. Se remémorant toujours le concept Armée-Nation qu’ils portent en bandoulière. L’autre pendant de cette posture est matérialisé par les hôpitaux militaires, hôpitaux de campagne, centres médicaux de garnison et, très récemment, par la certification par l’Oms (Organisation mondiale de la santé) de l’Equipe médicale d’urgence (Emu) du Sénégal (premier pays africain à recevoir ce label), une Emu à même de se déployer rapidement. Vous verrez, dans ce cahier « Spécial 4 avril », l’expertise de nos médecins qui ont soulagé nombre de populations africaines dans les pays où ils ont été déployés.
Un remarquable article du médecin-colonel (Cr), Michel Thiakane, intitulé « Un bistouri a brillé de mille feux au pays des mille collines » est proposé dans ce Cahier. Ou encore l’histoire du Service de santé des armées (Ssa) qui revient sur leur grande marche. Les Opex sont abordées tout comme la création, l’organisation et les missions de nos différentes Forces de défense et de sécurité (Fds), militaires comme paramilitaires. Nous revenons également sur la grande montée en puissance de nos troupes tout comme leur modernité, en articulation avec le thème qui veut que nous allions « Vers la souveraineté industrielle et technologique des Forces armées ».
Une fête militaire certes pour rendre hommage à nos « Jambars » qui vont communier avec la Nation en ce jour anniversaire. Mais aussi une fête de la jeunesse avec ces Majorettes des lycées Kennedy et de Notre Dame, symboles de grâce et d’excellence, héritières de nos traditions et actrices, demain, d’un Sénégal meilleur.