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3 avril 2025
Société
UN ACCIDENT SUR LA RN1 A TAMBA FAIT 14 BLESSES DONT SEPT EN ETAT CRITIQUE
Un accident de la circulation s'est produit ce vendredi 07 mars sur la route nationale numéro 1, entre Sinthiou Malème et Koussanar, dans le département de Tambacounda. Un mini-car en provenance de Dakar et à destination de Manda Douane s'est renversé...
Un accident de la circulation s'est produit ce vendredi 07 mars 2025 sur la route nationale numéro 1, entre Sinthiou Malème et Koussanar, dans le département de Tambacounda. Un mini-car en provenance de Dakar et à destination de Manda Douane s'est renversé, faisant 15 blessés, dont six grièvement touchés.
Un grave accident de la circulation a eu lieu ce vendredi matin 07 mars 2025 aux alentours de 8 h 50 sur la route nationale numéro 1 (RN1), entre Sinthiou Malème et Koussanar, dans le département de Tambacounda.
Un mini-car en provenance de Dakar et en direction de Manda Douane s'est renversé sur la chaussée, provoquant un bilan de 14 blessés, dont sept en état grave. Les victimes ont été rapidement évacuées à l’hôpital régional de Tambacounda pour une prise en charge médicale.
La gendarmerie a ouvert une enquête pour déterminer les causes de l’accident. Cet énième drame relance une fois de plus la question de la sécurité routière sur cet axe très fréquenté.
A suivre
L'INQUIÉTANT ESSOR DE L'OBÉSITÉ
Dakar voit fleurir les enseignes de restauration rapide sur ses avenues. Les traditionnels repas en famille cèdent la place aux sandwichs consommés à la hâte, avec des conséquences graves sur la santé publique
(SenePlus) - D'après un reportage du journal La Croix, le Sénégal fait face à une inquiétante progression de l'obésité et du surpoids, particulièrement en zone urbaine, où les habitudes alimentaires traditionnelles cèdent progressivement la place à la restauration rapide.
Ironiquement, dans ce pays où "le riz au poisson est une fierté nationale et même un art culinaire classé au patrimoine immatériel de l'Unesco, la malbouffe ne cesse de gagner du terrain", rapporte le journal. À Dakar, la capitale, on observe une prolifération des établissements de restauration rapide : "Du 'burger local' vendus par l'échoppe de quartier au poulet frit des grandes chaînes, il est devenu difficile d'y échapper."
Cette évolution des habitudes alimentaires touche principalement "les classes moyenne et aisée" qui "troquent de plus en plus le traditionnel plat de riz pour des repas sur le pouce, hypercaloriques et trop salés."
Selon les données de la dernière enquête nationale de 2015 citées par La Croix, "15% de la population est en surpoids et 6% obèse" au Sénégal. Bien que ces chiffres soient inférieurs à ceux observés dans d'autres pays africains comme "l'Égypte, l'Afrique du Sud ou encore le Gabon", la tendance à la hausse préoccupe les spécialistes.
Binetou Cheikh Seck, nutritionniste interrogée par le journal, alerte : "Le nombre de cas ne cesse de se multiplier, ça devient un véritable problème de santé publique". Elle anticipe d'ailleurs "une augmentation de la prévalence dans la prochaine étude qui doit être publiée cette année".
Plusieurs facteurs contribuent à cette évolution préoccupante. D'abord, les transformations urbaines et professionnelles ont bouleversé les habitudes alimentaires traditionnelles. Comme l'explique au journal Abdoulaye Samb, professeur et médecin physiologiste à l'université Cheikh-Anta-Diop de Dakar : "Avant, on rentrait déjeuner en famille autour du même bol, mais avec l'instauration des journées continues, les écoliers et les travailleurs ont moins de temps et achètent à manger dehors."
La Croix souligne également l'influence de la mondialisation alimentaire : "En ville, la multiplication des supermarchés et des grandes enseignes françaises a aussi fait déferler les produits transformés. Sodas, biscuits, chips…" Ces nouveaux produits sont parfois entourés de croyances erronées, comme l'explique la nutritionniste Binetou Cheikh Seck : "Les Sénégalais consomment beaucoup plus de sucre ajouté et de matière grasse au détriment des céréales locales et des légumes. Il y a aussi tout un tas de fausses croyances autour des aliments transformés importés selon lesquelles ils seraient meilleurs pour la santé ou encore le mythe du burger américain."
L'attrait pour ces nouveaux modes de consommation est illustré par le souvenir qu'évoque cette spécialiste concernant "l'inauguration, en 2019, du premier restaurant KFC du pays, 'digne d'un musée', réunissant 300 invités, VIP et ministres."
La question de l'obésité au Sénégal révèle des disparités socio-économiques importantes. Comme le résume le Dr Ousmane Kâ, chirurgien spécialiste de cette pathologie : "L'obésité, c'est la maladie des pauvres dans les pays riches et la maladie des riches dans les pays pauvres."
Des facteurs culturels entrent également en jeu. La Croix rapporte qu'"au Sénégal, où les canons de beauté valorisent les rondeurs en signe d'opulence, la mode des produits pour grossir, pilules ou pommades, se répand dangereusement." Binetou Cheikh Seck précise : "Ce sont des anabolisants qui font gonfler le corps, c'est très mauvais pour le cœur. Certaines femmes pratiquent aussi le gavage face à la pression sociale."
L'article souligne l'impact sanitaire croissant de cette évolution : "Diabète, hypertension, cholestérol… Le coût de l'obésité commence à peser sur les structures de santé. Les maladies cardiovasculaires sont désormais la deuxième cause de mortalité après le paludisme."
Face à cette situation, le Dr Ousmane Kâ lance un appel à l'action : "Il est urgent d'agir, en commençant par faire la promotion d'une alimentation saine. La prévalence de la maladie augmente en milieu scolaire, ces enfants sont les adultes de demain."
Pourtant, selon le reportage, les mesures de santé publique semblent insuffisantes puisqu'"il n'existe pas de taxation sur les boissons sucrées, ni de système d'étiquetage des produits industriels."
Le Sénégal se trouve ainsi confronté au "double fardeau" évoqué par La Croix : gérer simultanément les problèmes de sous-alimentation qui persistent dans certaines régions rurales et la montée de l'obésité dans les zones urbaines.
TRAIN EXPRESS RÉGIONAL, L’ÉTAT RENFORCE LE PARC AVEC SIX NOUVELLES RAMES
Le gouvernement du Sénégal poursuit ses efforts pour moderniser et optimiser le Train Express Régional (TER) en annonçant l’arrivée imminente de six nouvelles rames.
Le gouvernement du Sénégal poursuit ses efforts pour moderniser et optimiser le Train Express Régional (TER) en annonçant l’arrivée imminente de six nouvelles rames. Cette initiative, confirmée par le ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, M. Yankhoba Diémé, vise à améliorer la fréquence des trains et réduire les temps d’attente, notamment en cette période de Ramadan marquée par une forte affluence.
Lors d’une visite dédiée au TER, le ministre a précisé que « six des sept rames commandées ont déjà été réceptionnées, tandis que cinq autres sont en cours d’acheminement pour renforcer davantage le parc ferroviaire ». Il a souligné que ces nouvelles acquisitions permettront d’atteindre un total de 27 rames en circulation, avec une mise en service progressive. Le premier lot de ces nouvelles rames sera opérationnel avant la fin du Ramadan, marquant une avancée significative dans le renforcement du réseau ferroviaire national.
Cette décision s’inscrit dans le cadre des préparatifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) prévus à Dakar, qui nécessitent une capacité accrue du réseau de transport. En outre, M. Diémé a mis en exergue l’importance de repositionner le TER dans sa vocation régionale, rappelant que « l’exploitation actuelle ne couvre que 60 % des dépenses, occasionnant un déficit annuel de 18 milliards de FCFA supporté par l’État ». Depuis son lancement, le TER a ainsi représenté un investissement de 50 à 54 milliards de FCFA pour le Trésor public, justifiant l’urgence de réformes pour assurer sa viabilité économique.
Pour faire face à ces défis, le gouvernement envisage une extension du réseau ferroviaire vers l’intérieur du pays, notamment avec le projet Dakar-Tambacounda. « Le TER doit devenir un véritable outil de développement régional, capable de relier les territoires et de stimuler l’économie locale », a déclaré le ministre. Une révision du modèle économique du TER est également à l’étude pour optimiser les coûts et garantir un fonctionnement durable.
Depuis sa mise en service, le TER a déjà transporté 24 millions de voyageurs sans enregistrer d’accident, ce qui en fait l’une des solutions de transport les plus sûres et écologiques du pays. « C’est une performance exceptionnelle qui démontre que le TER est l’alternative idéale aux transports routiers, tant sur le plan de la sécurité que de la réduction des émissions de carbone », a affirmé M. Diémé.
Ronan Nicot, directeur adjoint de la Société d’Exploitation du Train Express Régional (SETER), a partagé des chiffres clés sur la fréquentation du TER. « Nous avons atteint une moyenne d’environ 80 000 voyageurs par jour, ce qui témoigne de l’importance croissante du TER dans le quotidien des Sénégalais », a-t-il indiqué. Il a également tenu à dissiper les rumeurs d’une baisse de la fréquentation, expliquant que « certaines périodes, comme le Ramadan, enregistrent des pics d’affluence ».
L’arrivée de nouvelles rames et l’extension du réseau ferroviaire renforcent ainsi le rôle central du TER dans la mobilité urbaine et régionale. Le gouvernement réaffirme son engagement à faire du TER un pilier essentiel du développement économique et social du Sénégal, en réponse aux besoins croissants de la population en matière de transport moderne et fiable.
LES PRÉOCCUPATIONS ET ATTENTES DES SÉNÉGALAISES MISES EN LUMIÈRE EN PERSPECTIVE DU 8 MARS
Dans le cadre des célébrations de la Journée internationale des droits de la femme, le ministère de la Famille et des Solidarités a initié une semaine nationale dédiée aux femmes, marquée par des visites et des échanges à travers plusieurs localités ...
Dans le cadre des célébrations de la Journée internationale des droits de la femme, le ministère de la Famille et des Solidarités a initié une semaine nationale dédiée aux femmes, marquée par des visites et des échanges à travers plusieurs localités du Sénégal. Oumar Samb, conseiller technique numéro un du ministère, a dressé un bilan de cette semaine lors de son passage dans l’émission Salam Sénégal sur Radio Sénégal.
Dakar étant souvent le centre des activités liées à la Journée internationale des droits de la femme, le ministère a voulu cette année élargir l’initiative aux autres régions. Les équipes ont ainsi parcouru plusieurs localités, notamment Thiès, Fatick, Foundiougne, Médina Yero Foula, Tambacounda et Louga, afin de mieux comprendre les réalités vécues par les femmes sénégalaises.
« Cette semaine nous a permis de rencontrer les femmes sur le terrain, d’écouter leurs préoccupations et d’identifier les moyens de les accompagner », a déclaré Oumar Samb.
Parmi les principales préoccupations évoquées figurent les droits des femmes, l’accès aux financements pour leurs projets et l’accompagnement de l’État dans leurs initiatives économiques. M. Samb a souligné l’importance du soutien aux femmes dans leurs activités génératrices de revenus, qui pourrait contribuer de manière significative à la réduction de la pauvreté.
En outre, les femmes ont exprimé leur besoin d’infrastructures de base, notamment des postes de santé et des écoles. La question des mutilations génitales féminines et de leurs répercussions a également été largement discutée, ouvrant la voie à des mesures renforcées pour l’éradication de ces pratiques.
Cette année, la thématique de la Journée internationale des droits de la femme s’est inscrite dans le cadre du projet Sénégal 2050. Selon M. Samb, la femme y occupe une place centrale dans les quatre axes du programme, notamment en matière de compétitivité et de capital humain. « Les femmes sont très actives dans le secteur informel et jouent un rôle clé dans le développement économique du pays », a-t-il expliqué.
À l’issue de cette semaine, un cahier de doléances a été élaboré et sera remis au président de la République. Lors de la cérémonie officielle du 8 mars, chaque région enverra une délégation qui prendra la parole devant le chef de l’État.
Malgré l’existence de nombreuses lois pour protéger les femmes contre les violences, leur application reste un défi majeur. Oumar Samb a rappelé que la criminalisation du viol et de la pédophilie en 2020 n’a pas encore permis de réduire significativement ces actes. Il insiste sur l’importance de la sensibilisation comme outil de prévention : « La prévention doit toucher tous les domaines : les maisons, les marchés, les mosquées. Nous devons intensifier nos efforts pour faire comprendre à la population comment prévenir ces violences. »
Concernant l’autorité parentale et la révision du Code de la Famille, le ministère se dit prêt à engager un dialogue avec toutes les parties prenantes. M. Samb rappelle que les discussions sont en cours, mais qu’un consensus national est nécessaire avant toute modification législative. « Nous sommes dans une société en évolution, et certaines réalités doivent être prises en compte. Cependant, toute réforme doit passer par un dialogue inclusif avant d’être soumise au président de la République. »
LA TRIADE DU CARÊME CATHOLIQUE
Le Carême est un temps de conversion et de renouveau spirituel, rythmé par trois piliers fondamentaux : le jeûne, la prière et l’aumône.
Le Carême est un temps de conversion et de renouveau spirituel, rythmé par trois piliers fondamentaux : le jeûne, la prière et l’aumône. Cette triade, instituée par le Christ lui-même, constitue un véritable chemin de purification et d’élévation intérieure durant les quarante jours de préparation à Pâques.
Dans la tradition catholique, il ne s’agit pas d’agir indépendamment de l’amour du Christ, mais de permettre à cet amour de se déployer pleinement à travers nos efforts. Ces trois pratiques ne doivent donc pas être envisagées séparément, comme un choix parmi plusieurs options, mais comme un ensemble harmonieux et complémentaire. À l’image d’un tabouret reposant sur trois pieds, l’équilibre de notre vie spirituelle devient précaire si l’un d’eux vient à manquer.
Le jeûne : une pratique souvent mal comprise
Parmi ces trois piliers, le jeûne mérite une attention particulière, tant il est sujet à des interprétations variées. Chez les chrétiens, sa pratique semble parfois moins codifiée que dans d’autres traditions religieuses. Pourtant, selon l’Église catholique, jeûner ne signifie pas une privation totale de nourriture, mais consiste à limiter son alimentation à un seul repas par jour, éventuellement accompagné d’une légère collation si nécessaire. Bien que certains évoquent un « jeûne de télévision » ou un « jeûne de téléphone », il convient de rappeler que, dans son essence première, le jeûne concerne avant tout l’abstinence alimentaire. Cette privation physique joue un rôle fondamental dans la vie spirituelle, car elle engage l’être humain dans son intégralité.
Le corps au cœur de la spiritualité
La modernité tend parfois à réduire la vie spirituelle à une simple réflexion intellectuelle ou intérieure. Or, selon la foi chrétienne, l’homme est un être unifié, où corps et esprit sont indissociables. Le corps ne doit pas être perçu comme un obstacle ou un poids, mais bien comme un instrument permettant d’exprimer notre foi et notre engagement. Les gestes corporels traduisent d’ailleurs la profondeur de nos sentiments : une demande en mariage effectuée à genoux n’a pas la même intensité que celle prononcée de manière désinvolte, les mains dans les poches. De même, un pèlerin ayant parcouru des centaines de kilomètres à pied vivra son arrivée bien différemment de celui ayant simplement pris un bus. Dans cette perspective, le jeûne constitue un moyen privilégié d’engager pleinement notre corps dans notre démarche spirituelle. Il ne s’agit pas d’une simple privation, mais d’un acte signifiant un désir profond de conversion et de communion avec Dieu.
Un jeûne juste et mesuré
Toutefois, le jeûne doit être pratiqué avec discernement. Saint Jean Chrysostome mettait en garde contre une ascèse mal orientée, rappelant que le jeûne peut devenir un danger lorsqu’il est appliqué de manière excessive. L’histoire a montré que certaines privations extrêmes pouvaient engendrer des dommages tant physiques que psychologiques. Le père Régamé, dominicain du début du XXe siècle, proposait cinq critères permettant d’ajuster cette pratique afin d’en conserver toute la valeur spirituelle.
Un effort significatif
Le jeûne doit impliquer une véritable privation et ne peut se réduire à un simple renoncement symbolique.
Un respect des devoirs quotidiens
La privation ne doit pas compromettre nos responsabilités. Un médecin, par exemple, ne doit pas mettre en péril la vie de ses patients en raison d’une faiblesse due au jeûne.
Un adoucissement du caractère
Bien vécu, le jeûne ne doit pas nous rendre irritables, mais au contraire nous aider à reconnaître notre fragilité et à développer l’humilité.
Une liberté d’esprit
Si l’on passe la journée obsédé par la nourriture, on manque l’objectif essentiel du jeûne, qui est de se détacher du matériel pour mieux s’ouvrir à Dieu.
Un accompagnement spirituel
Partager cette démarche avec un guide ou un ami chrétien permet d’éviter toute dérive orgueilleuse et d’être encouragé dans un esprit de charité.
Un jeûne au service de la charité
Le jeûne ne constitue pas une fin en soi, mais un moyen d’approfondir notre amour pour Dieu et pour notre prochain. Il doit être pratiqué avec sagesse, humilité et ouverture du cœur. Jésus lui-même rappelait que ces pratiques ne devaient pas être accomplies dans un esprit de démonstration ou de recherche de reconnaissance. Le véritable jeûne ne réside pas dans la rigidité de l’ascèse, mais dans la sincérité du cœur et le désir profond d’une transformation intérieure authentique.
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LES ENNEMIS DE L'ÉGALITÉ AU POUVOIR
Edwy Plenel évoque les connexions entre le régime de Poutine, l'administration Trump et l'extrême droite européenne. Il rappelle les crimes coloniaux commis par la France dont l'héritage pèse encore sur le présent
Dans une interview percutante accordée à TV5 Monde ce jeudi 6 mars 2025, Edwy Plenel, cofondateur de Mediapart, a dressé un tableau sombre des défis géopolitiques actuels, établissant des liens entre les crises en Ukraine, à Gaza, et la montée de l'extrême droite mondiale.
"Monsieur Poutine c'est monsieur Trump", a affirmé Plenel, dénonçant l'émergence d'un "pacte des oligarques" et d'un "capitalisme mafieux à la face du monde". Le journaliste a qualifié le président russe de "mafieux", dirigeant "un régime criminel" qui menace "non seulement son propre peuple mais les libertés du monde".
Concernant la réponse européenne au conflit ukrainien, le cofondateur de Mediapart s'est montré particulièrement critique: "Ce qu'a dit monsieur Macron hier, c'est à la fois trop tard et trop peu". Selon lui, l'Europe aurait dû "mettre le paquet" dès le début de l'agression russe contre l'Ukraine, "un peuple souverain agressé par un impérialisme".
Plenel a également dénoncé l'application à "géométrie variable" du droit international, soulignant le paradoxe d'une défense des principes en Ukraine tout en soutenant "inconditionnellement monsieur Netanyahou dans sa guerre de vengeance avec ses crimes de guerre" à Gaza.
L'interview a pris une dimension particulière lorsque le journaliste a établi des liens entre ces conflits et les dynamiques politiques intérieures: "Monsieur Poutine et monsieur Trump, c'est l'extrême droite européenne, c'est Orban, c'est nos extrêmes droites", a-t-il déclaré, évoquant une "droite trumpisée" en France qui "parle comme l'extrême droite".
La France face à son passé colonial
Évoquant son livre "Palestine notre blessure", Plenel a développé une analyse qui replace le conflit israélo-palestinien dans la continuité du colonialisme européen. Il n'a pas hésité à aborder frontalement l'histoire coloniale française, rappelant que "la France avait commis en Algérie des dizaines de milliers de crimes".
"Le laboratoire des crimes européens a été la colonisation", a-t-il affirmé avec force, en élargissant son propos aux autres territoires colonisés par la France. "C'est le cas des Kanaks", a-t-il précisé, mentionnant également la pratique consistant à couper les têtes des colonisés et à les conserver.
Le journaliste a évoqué des épisodes particulièrement violents de l'histoire coloniale, citant notamment le cas d'un responsable français qui aurait préconisé "d'exterminer tous" les habitants au-dessus de sept ans dans certaines situations, allant jusqu'à utiliser "des chiens mangeurs d'esclaves" importés de Cuba.
Sur la situation actuelle du débat public, Plenel a dénoncé les tentatives de censure visant ceux qui rappellent ces faits historiques, évoquant le cas récent de son confrère Jean-Michel Aphatie, "banni pour quelques jours d'une antenne de radio privée pour avoir simplement fait le propre du métier de journaliste, c'est-à-dire énoncer des vérités de fait".
Face à ces défis multiples et à ces héritages douloureux, Edwy Plenel a lancé un appel solennel: "Nous sommes dans un moment où il faut être au-dessus de nous-même. Nous avons rendez-vous avec notre humanité."
GRAND MALAISE AU TRÉSOR
Entre les révélations du rapport de la Cour des comptes, l'affaire des 125 milliards de francs de transactions suspectes, et les critiques acerbes des experts-comptables, l'administration du Trésor fait face à une crise de confiance majeure
Acculés de toutes parts, dans le viseur de Dame Justice sur certains dossiers, les comptables publics avaient prévu d'organiser un point de presse, avant d'y sursoir, en raison, soulignent-ils, “d'impératifs de dernière minute”.
Le cout est déjà très amer pour la population. Il l'est presque autant pour les fonctionnaires du Trésor public, voués aux gémonies par beaucoup d'observateurs, qui trouvent que leur responsabilité est pleine et entière dans les différents scandales qui secouent la République.
Dans un communiqué, le Syndicat unique des travailleurs du Trésor (SUTT) informait vouloir organiser un point de presse. La structure prévoyait ainsi une mise au point sur le rapport de la Cour des comptes. “Cette rencontre avec la presse est une occasion pour le SUTT de faire une mise au point, suite à la publication du rapport de la Cour des comptes sur la situation des finances publiques”, pouvait-on lire dans le document.
Contre toute attente, la rencontre, initialement prévue hier à 15 h dans un hôtel de la place, a été reportée jusqu'à lundi, “en raison d'impératifs de dernière minute”, informe la source qui a tenu à présenter ses excuses pour les désagréments. Mais qu'avez donc à dire les agents du Trésor sur le rapport de la Cour des comptes ? Jusqu'où ces fonctionnaires vont-ils se délier de l'obligation de réserve qui les tient pour laver l'honneur de leur corps gravement souillé par les derniers scandales sur la gestion des deniers publics ? L'histoire va-t-elle se répéter comme dans l'affaire Tahibou Ndiaye en 2012-2013 ?
Tabaski Ngom, rapport Cour des comptes, Tahirou Sarr, ces dossiers qui éclaboussent le Trésor
À l'époque, pour défendre un des leurs, c'est tous les syndicalistes de l'administration des impôts qui s'étaient levés pour s'ériger en bouclier. Ousmane Sonko en tête en tant que figure de proue de cette structure. À ceux qui les reprochaient de corporatistes et de pression exercée sur la justice, il répondait : “Un syndicat, il a vocation à défendre les intérêts matériels et moraux de ses membres. Monsieur Ndiaye a été parmi nous pendant 36 ans ; il est membre du syndicat, détenteur d'une carte de membre, cotisant. Même s'il avait commis une faute, nous serions à ses côtés, pour lui témoigner notre solidarité, assister les siens. Mais là, on constate des manipulations de l'institution judiciaire à des fins politiques et nous allons le démontrer.”
Aujourd'hui, les agents des impôts se retrouvent au pouvoir. Leurs cousins du Trésor au cœur de la clameur populaire. Depuis la publication du rapport de la Cour des comptes et surtout l'ouverture de poursuites judiciaires, ils sont l'objet de toutes sortes de critiques. Comment ont-ils pu laisser passer toutes ces malversations et fraudes présumées sur les deniers publics ? La question est sur toutes les lèvres.
Dernièrement, le député Tahirou Sarr est monté au créneau pour interpeller directement le ministre de la Justice, garde des Sceaux.
Selon lui, il faut situer les responsabilités dans les transactions suspectes issues du Trésor public, notamment dans l'affaire Farba Ngom-Tahirou Sarr. “Monsieur le Garde des Sceaux, fulmine le parlementaire dans une question écrite, il a été porté à la connaissance de l'opinion publique, à travers un communiqué du procureur de la République financier, que la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif) a transmis un rapport faisant état de transactions suspectes d'un montant total estimé à 125 milliards de francs. Dans cette procédure, il a été aussi relevé des virements du Trésor public au bénéfice d'individus n'occupant aucune fonction officielle, ne disposant d'aucune activité connue justifiant de tels paiements et n'ayant accompli aucune prestation pour le compte de l'État. Face à la gravité des faits rapportés, il est impératif d'établir la chaîne des responsabilités et d'identifier les hautes autorités administratives et politiques qui ont permis ces opérations manifestement irrégulières”.
Mor Dieng Onecca : “On parle du secteur informel, mais la comptabilité publique est aussi informelle”
Tout en soulignant l'obligation du gouvernement à donner des explications au peuple, le député non-inscrit pose une kyrielle de questions sur la responsabilité des comptables publics. Ci-après la liste de ses interrogations : “Le ministre des Finances en fonction à l'époque de ces transactions a-t-il été informé de ces virements massifs ? Si oui, répondra-t-il de ses responsabilités ? Comment ces paiements ont-ils pu être effectués sans pièces justificatives ni prestations en contrepartie ? Qui a signé les ordres de paiement ? Répondront-ils devant la justice ? Ces montants figuraient-ils dans une ligne budgétaire spécifique ? Si oui, laquelle et qui a validé ces engagements ? Quels sont les fonctionnaires de haut rang qui, par leur signature, leur négligence ou leur complicité, ont facilité ces transactions ? Répondront-ils de leurs responsabilités respectives ? Quels mécanismes le gouvernement entend-il mettre en place pour éviter que de tels détournements ne se reproduisent ?”.
À défaut de réponses claires du gouvernement, il a promis “d'introduire une demande de commission d'enquête parlementaire auprès du bureau du président de l'Assemblée nationale, afin de statuer sur la crédibilité du Trésor public et d'établir toutes les responsabilités dans cette affaire”.
Comme si cela ne suffisait pas, les experts-comptables agréés sont venus, il y a quelques jours, en rajouter une couche. Lors de la cérémonie de prestation de serment des nouveaux membres de l'Ordre national des experts-comptables et comptables agréés (Onecca), le président de la structure a jeté de grosses pierres dans le jardin des comptables publics du Trésor. Pour lui, on parle beaucoup de secteur informel, mais avec les révélations du rapport de la Cour des comptes, ils se sont rendu compte que “la comptabilité publique de l'État du Sénégal reste informelle”.
À l'en croire, les griefs décelés dans le rapport de la Cour des comptes pourraient être regroupés en deux catégories. Il y a, d'une part, un problème de système d'information, d'autre part, un problème de comptabilité. “Concernant la comptabilité, c'est le non-respect des dispositions comptables. C'est aussi parce que le Conseil national de la comptabilité ne fonctionne pas. Si le conseil fonctionnait et que les règles ont été respectées, on n’en serait pas là”, soulignait le président de l'Onecca. Ce qui s'est passé, selon lui, est inquiétant. “Si c'est comme ça que les choses se passent, c'est-à-dire que c'est plus informel que les entreprises informelles de la place”, a-t-il renchéri, avant de laisser entendre que tout cela, c'est parce que les experts-comptables ne sont pas impliqués dans cette gestion, alors qu'ils sont les garants de l'information financière fiable.
Les non-dits sur le point de presse reporté du Syndicat des travailleurs du Trésor
Cette sortie a rendu la coupe pleine. Alors que depuis l'éclatement de l'affaire Tabaski Ngom, les agents étaient divisés dans la posture à avoir, entre ceux qui militaient pour la jurisprudence Ousmane Sonko dans l'affaire Tahibou Ndiaye et les légalistes qui estiment qu'il faut laisser la justice faire son travail sans pression.
Cette fois-ci, une bonne partie a jugé nécessaire de monter au créneau pour remettre les pendules à l'heure. Ce, d'autant plus que le rapport de la Cour des comptes a beaucoup contribué à jeter l'opprobre sur cette administration. C'est pour apporter des réponses à ces graves accusations du président de l'Ordre national des experts-comptables qu'il a finalement été décidé d'organiser ce point de presse. “Il faut avouer qu'il y a eu beaucoup de tractations pour que le point de presse ne se tienne pas, comme cela se passe souvent d'ailleurs. Mais je pense que le syndicat est déterminé à le faire. Vous savez, cette administration est dirigée par de très hauts fonctionnaires dont l'honneur est injustement trainé dans la boue. Malheureusement, ils ne peuvent pas se défendre, mais le syndicat, lui, il peut bien rétablir la vérité sur certains points. Il ne s'agit nullement de défendre l'indéfendable”, confie une des sources à ‘’EnQuête’’.
Outre les questions évoquées (sortie de Tahirou Sarr, du président de l'Onecca, rapport de la Cour des comptes), il était aussi question de revenir sur la fameuse confusion relative au compte du trésorier général. “Je pense que parfois, il y a beaucoup d'amalgames. Il faut savoir que le comptable public ne paie que sur pièces. Ce qu'il y a après le paiement, ce n'est pas son problème”, soutient notre interlocuteur revenant sur les questionnements du député Tahirou Sarr.
À propos de la comptabilité de l'État, il rappelle qu'il y a, depuis quelques années, un grand changement de paradigme et les comptables publics ont dû faire des efforts énormes pour se mettre aux normes. Les agents comptables soupçonnent une volonté des experts-comptables de vouloir juste capter de nouvelles parts de marché, ce qui justifierait leurs attaques virulentes.
PLUS DE 13 MILLIARDS DE L'UE EN APPUI AU DEVELOPPEMENT INTEGRE EN AFRIQUE
L’Union africaine et l’Union européenne ont signé, mercredi à Addis Abeba (Ethiopie), un accord de financement d’un montant de 20 millions d’Euros, plus de 13 milliards de francs Cfa, destiné à promouvoir le développement intégré et le renforcement ...
L’Union africaine et l’Union européenne ont signé, mercredi à Addis Abeba (Ethiopie), un accord de financement d’un montant de 20 millions d’Euros, plus de 13 milliards de francs Cfa, destiné à promouvoir le développement intégré et le renforcement des capacités de plusieurs pays du continent africain, a appris l’APS de source officielle.
L’accord de financement va notamment permettre de renforcer la mise en œuvre du Programme d’accélération des performances du partenariat UE-Union africaine (AUPPAP), rapporte un communiqué publié sur le site officiel de l’organisation panafricaine.
‘’Le programme, doté de 20 millions d’euros, sera mis en œuvre sur une période de deux ans et se concentrera sur des résultats mutuellement convenus dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’UA, de ses programmes phares et du partenariat conjoint UA-UE’’, souligne le document qui a été paraphé Fathallah Sijilmassi, le directeur général de la Commission de l’Union africaine (UA) et l’ambassadeur de l’Union européenne auprès de l’Union africaine, Javier Niño Pérez.
Cet appui financier vise à ‘’promouvoir le développement intégré et le renforcement des capacités à travers l’Afrique’’ vient compléter ‘’le soutien existant fourni par l’UE et ses États membres dans le cadre du partenariat UA-UE qui célèbre 25 ans cette année’’, ajoute le texte.
Le nouveau programme liant l’Union africaine à l’Union européenne ambitionne l’accélération des projets phares de développement de même que le renforcement des capacités institutionnelles.
Il va permettre notamment de ‘’relever des défis communs tels que la croissance économique, le numérique, la connectivité et l’énergie, rapporte un communiqué publié sur la page de l’institution continentale’’, indique la source.
Cette initiative qui vise à favoriser un avenir prospère, durable et mutuellement bénéfique pour l’Afrique et l’Europe s’inscrit en droite ligne de la vision de l’Agenda 2063, le cadre stratégique de l’UA pour la transformation socio-économique du continent, ainsi que de la Vision commune UA-UE pour 2030.
‘’Ce partenariat consolide notre coopération et contribuera à l’approfondissement de l’intégration africaine et du développement durable, comme le prévoient la mission et la vision de l’Union africaine’’, a déclaré le directeur général de la Commission de l’Union africaine (CUA).
Selon lui, cette coopération entre les deux structures sera bénéfique à la CUA, et aux autres organes et agences de l’UA, aux États membres de l’UA et aux citoyens africains.
Dans son discours, l’ambassadeur de l’Union européenne auprès de l’Union africaine, Javier Niño Pérez a rappelé la place prioritaire du continent africain dans la politique de son organisation.
‘’Notre partenariat unique est axé sur la solidarité, la paix et la sécurité, le développement durable et la prospérité, avec pour fondements l’ordre international fondé sur des règles et le multilatéralisme’’, a-t-il fait valoir.
M. Pérez estime que ce programme va permettre de réaliser les principales priorités de l’Agenda 2063 en relation avec la CUA et les différents organes de l’UA tels que l’AUDA-NEPAD et la ZLECA.
FUITE DE GAZ SUR LE CHAMP GTA, GREENPEACE DÉNONCE UNE MENACE POUR L’ENVIRONNEMENT
Exploité par BP au large du Sénégal et de la Mauritanie, GTA est au cœur d’une controverse après la détection d’une fuite de gaz. Tandis que l’entreprise minimise l’incident, Greenpeace Afrique alerte sur les risques pour l’écosystème marin.
Une fuite de gaz a été détectée sur le champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé au large du Sénégal et de la Mauritanie, et exploité par le géant pétrolier BP. L’incident, reconnu par l’entreprise, suscite une vive réaction de Greenpeace Afrique, qui dénonce un « mépris total » pour l’environnement et les communautés locales.
BP a minimisé l’incident, évoquant un « faible débit » et un impact « négligeable ». Une version rejetée par l’ONG, qui alerte sur les dangers de l’exploitation offshore. « Cette fuite n’est pas un simple accident, mais la conséquence logique d’une industrie qui privilégie ses profits au détriment des écosystèmes et des populations locales », fustige Dr Aliou Ba, responsable des campagnes océans de Greenpeace Afrique.
Le champ GTA abrite l’un des plus grands récifs coralliens en eau profonde, un écosystème unique menacé par cette pollution. « Un seul déversement peut anéantir des décennies de biodiversité, contaminer la chaîne alimentaire et bouleverser l’équilibre écologique de toute la région », avertit Greenpeace.
L’ONG pointe également du doigt le manque de transparence de BP, accusé de ne pas communiquer clairement avec les populations locales. « Les habitants ont un droit inaliénable à l’information sur les risques qui menacent leur environnement et leur survie », insiste Dr Ba, appelant les gouvernements sénégalais et mauritanien à exiger des comptes et à renforcer la surveillance des activités pétrolières.
Face à cette nouvelle menace écologique, Greenpeace assure rester mobilisé et réclame des mesures strictes pour éviter une catastrophe environnementale.
par Ibou Fall
L’ABÉCÉDAIRE DU CATASTROPHISME
Lorsque l’on parvient à vendre la haine à une faune en colère, il faut bien lui justifier le pourquoi du comment par qui, n’est-ce pas ? Le catastrophisme a simplement changé de camp, servant désormais d'excuse à ceux qui promettaient la lune hier
Lorsque l’on parvient à vendre la haine à une faune en colère, il faut bien lui justifier le pourquoi du comment par qui, n’est-ce pas ? Le catastrophisme se présente comme l’explication logique au misérabilisme que l’actuel régime distille depuis une dizaine d’années, depuis les réseaux sociaux incendiaires jusqu’aux meetings exaltés d’une opposition définitivement va-t-en-guerre…
L’ennemi du peuple : le régime de Macky Sall, qui ne s’encombre pas de scrupule. La preuve par les embastillements de Khalifa Sall et Karim Wade, tous deux coupables de juste lorgner le fauteuil présidentiel. Si ce n’était que ça : ce gang non seulement verse le sang des Sénégalais, mais il pille le pays, comme dirait l’autre, «il arrose son couscous de leur sueur».
Passons sur ce qui relève de la gnognotte : les partages écœurants de terres à coups de lotissements sauvages, l’avion présidentiel qui fait la navette entre Dakar et La Mecque pour que la Camorra puisse aller y déposer son sac de péchés…
Bref, le train de vie agaçant de ces épicuriens qui nous gouvernent alors… Les scandales à milliards se suivent sans se ressembler, entre les six mille milliards Cfa de Aliou Sall, qui vend notre pétrole avant même le premier forage (devenant de la sorte le débiteur de chaque Sénégalais à hauteur de quatre cent mille francs), et les vingt-neuf milliards de Mame Mbaye Niang, s’intercalent les mille milliards du fonds Covid et les quatre-vingt-quatorze milliards de Mamour Diallo et Tahirou Sarr…
Et quand l’héroïque peuple se rebiffe pour sauver son «Projet», ça le canarde comme un tir aux pigeons de kermesse : cinquante-et-un Sénégalais meurent alors par balles entre mars 2021 et février 2024. La «mackyavélique» ploutocratie est doublée d’une dictature sanguinaire qui charrie des rivières d’hémoglobine. Voilà la catastrophe dont le duo «Sonko môy Diomaye» sauve les Sénégalais par la magie des urnes le 24 mars 2024, une semaine après être sorti de prison par on ne sait quelle pirouette. Bien sûr que ce tandem qui échange les petites attentions l’un envers l’autre est capable de miracles. Il pilote un projet que quatre mille cadres, d’authentiques Sénégalais, peaufinent depuis une décennie. Retrouver notre souveraineté perdue depuis plusieurs siècles, en sortant du Cfa en virant la France, et les bailleurs de fonds ; ils vont faire mieux : rendre à la justice son véritable lustre et jeter en prison toute cette mafia qui suce le sang du pauvre Sénégalais.
Ça va démarrer au quart de tour après la passation de pouvoir entre l’imberbe rondouillard Macky et le barbu svelte Diomaye. On change de planète, en résumé, mais que d’émotions pour en arriver à ça…
Et puis, patatras, une fois aux commandes du navire Sénégal, qui ressemble de loin à un majestueux yacht, ça se rend compte que l’héritage est un rafiot rafistolé qui prend l’eau de toutes parts.
Alerte : c’est la cata !
Il ne faut pas attendre longtemps pour que le tandem commence à étaler ses états d’âme sur la place publique. Sortez les mouchoirs, snif : c’est le Premier ministre qui ouvre le feu, annonçant urbi et orbi que la mafia qu’ils viennent de virer du pouvoir est de surcroît un repaire de faussaires qui truquent les chiffres comme un compteur de casino, et que la dette crève les plafonds. On ne vous dit pas, les institutions budgétivores à dissoudre dans de l’acide parlementaire, les recrutements fantaisistes dans les sociétés nationales, les salaires mirobolants aux copains…
Bien entendu, le Fmi, qui compte jusque-là poursuivre sa collaboration avec l’Etat sénégalais, est pris subitement d’un doute ; il faudra réfléchir et attendre que les vrais chiffres sortent ; sur les marchés financiers également, la signature du Sénégal devient sujette à caution ; les bailleurs traditionnels deviennent plus regardants, surtout après avoir découvert que l’Etat sénégalais «aura emprunté alors qu’il n’en avait pas vraiment besoin»… Sur cette délicate question, la demande d’explication tarde à obtenir une réponse convenable. Et puisqu’on est dans le redressement de torts, dans la foulée, ça dédommage tous les braves casseurs de mars 2021 à janvier 2024, les rescapés du massacre, tout de même victimes des exactions des Forces de l’ordre. Quant aux proprios des biens saccagés, ils peuvent s’estimer heureux de ne pas être poursuivis pour détention de biens mal acquis.
En attendant, la traque aux Rapetous est lancée avec comme principal repère le délit de sale gueule : ils sont quelques-uns à vite se retrouver au cachot, pour avoir commis l’impardonnable péché d’arborer des mines trop réjouies et de l’embonpoint en ces temps d’austérité.
En attendant que le «chef de gang», comprenez Sa Rondeur Macky Sall, se retrouve devant la Haute cour de Justice ?