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4 avril 2025
Opinions
PAR L’ÉDITORIALISTE DE SENEPLUS, BOUBACAR BORIS DIOP
CE VIEIL HOMME, NOTRE ENFANT…
Wade a desservi Karim, renforcé la cote de popularité de Macky tout en donnant de lui-même une image négative. En somme, trois coups de pierre contre sa réputation et contre la libération de son fils
Boubacar Boris Diop, Éditorialiste de SenePlus |
Publication 24/03/2015
Des analystes pourtant peu suspects de passion partisane continuent à regretter que la Crei n’ait été apparemment réactivée que pour juger Karim Wade. Même si on peut leur reprocher de tenir pour quantité négligeable ses co-inculpés ou d’oublier trop vite les nombreux dossiers déjà instruits, leur trouble mérite la plus grande attention. Il nous rappelle qu’au Senegal l’autorité publique n’a jamais vraiment su quelle attitude adopter à l’égard des auteurs de crimes économiques. C’est peu de dire que ces derniers, du fait de leur forte capacité de redistribution, sont plus souvent admirés que stigmatisés.
Il se raconte du reste, sous forme de blague populaire, qu’à des détenus ordinaires se plaignant des faveurs accordées à ces prisonniers de luxe, un régisseur aurait répliqué, excédé : «Ecoutez, ce n’est pas pareil, vous, vous êtes des voleurs alors qu’eux ont détourné !» Cette complaisance à l’égard de ceux qui dilapident nos maigres ressources s’explique-t-elle par le fait que le même personnel politique se partage le pouvoir depuis l’Indépendance ? L’hypothèse peut être avancée sans risque.
Le plus fascinant, c’est que Me Abdoulaye Wade, alias le «pape du Sopi», a été élu, après une exceptionnelle mobilisation populaire, pour briser ce cercle vicieux de la gabegie et de l’impunité. Quel Sénégalais peut s’en souvenir aujourd’hui sans un formidable éclat de rire ? Sous son règne, le système est devenu complètement fou ! Dès ses premières heures au Palais, il déclare à Idrissa Seck, qui l’enregistre en secret– drôle de gens, n’est-ce pas ?- : «Nos problèmes d’argent sont désormais derrière nous», avant d’ajouter cette phrase hallucinante : «Même les gangsters savent s’en tenir a un strict code d’honneur quand vient l’heure de se partager le butin.»
Il n’est dès lors pas étonnant qu’au cours de ses deux mandats à la tête du pays, on ait eu l’impression d’un gigantesque foutoir financier. Bien des cadres ayant travaillé avec Me Wade, en particulier ceux qui venaient de la Gauche, n’étaient pas des corrompus, loin s’en faut. Mais ceux qui l’étaient ne se sont pas du tout gênés. Les affaires en tous genres– terrains, trafic de devises voire de drogue– ont sans cesse défrayé la chronique et des milliers de gens qui tiraient le diable par la queue, ont amassé en peu de temps une colossale fortune.
Dans un petit pays à l’élite aussi «compacte», tout finit par se savoir, même, et peut-être surtout, ce que les medias choisissent, pour diverses raisons, de taire. Et– ne soyons donc pas si oublieux– Karim Meissa Wade, à la tête de moult ministères stratégiques, était au centre de tout. La justice lui demande depuis juillet 2014 de justifier l’accroissement phénoménal de sa fortune à l’époque où son père était chef de l’Etat. Il n’en a pas été capable et cela lui a valu une peine ferme de six ans et une amende de 138 milliards de francs Cfa.
On peut certes entendre les critiques des ONG des Droits de l’homme qui voient dans la Crei une juridiction d’exception violant les normes du droit international mais on a aussi eu le sentiment que pour ses avocats leur client, lâché par certains de ses prête-noms et complices, confondu sur des points importants, était devenu indéfendable. On les a donc davantage entendus en conférence de presse qu’à la barre du tribunal qu’ils ont du reste finalement boycotté. Il est d’ailleurs difficile de savoir à quoi ont bien pu servir les avocats étrangers supposés plaider en faveur de Karim Wade.
Malgré le gros cafouillage sur le compte de Singapour– un point, il faut le souligner, non pris en compte par le juge Henri-Grégoire Diop–, personne n’a été surpris par le verdict du 23 mars. Il n’y a pas lieu de se réjouir qu’une personne encore dans la force de l’âge soit obligée de rester quatre années en prison mais des dizaines de milliers d’autres Sénégalais purgent la même peine sans que cela n’émeuve personne.
L’avertissement vaut pour tous nos futurs chefs d’Etat. Ce qui arrive à Karim Wade doit leur faire comprendre qu’il est inadmissible et dangereux de détourner les suffrages populaires au profit de sa famille.
L’ex-président Wade, naguère tout-puissant, n’a rien pu faire pour sauver son fils. Il n’a même pas pu trouver un hôtel pour y organiser ce que le politologue Mbaye Thiam a appelé sur Sud FM «la dévolution paternelle du parti». Cela en dit long sur la brutalité de la chute de Wade. Il s’était pourtant montré si agressif à maintes reprises que le pays a eu de sérieuses craintes pour la sécurité des biens et des personnes le jour du verdict. A l’arrivée il y a eu plus de peur que de mal.
Me Wade, conscient de son faible pouvoir de nuisance ces temps-ci, s’y était sûrement attendu et c’est sans doute pour cela qu’il a fait de son fils le candidat du PDS à la présidentielle de 2017. Le projet, c’est de lui faire porter les habits de lumière du prisonnier politique, si populaire que le régime n’aura d’autre choix que de ne pas le maintenir en détention. Est-ce bien sérieux ? En vérité, cela s’appelle raisonner la tête à l’envers.
Tout d’abord, Karim Wade, qui n’a jamais remporté le moindre scrutin, est un binational. On le voit mal renoncer à son passeport français pour briguer les suffrages des électeurs sénégalais. Et au fait, dans quelle langue leur demanderait-il de voter pour lui ? C’est un point central que tout le monde semble avoir oublié. Sauf, probablement, l’intéressé lui-même et son père. Me Wade, qui a affronté tous les présidents, de Senghor à Macky Sall, sait bien ce qu’élection veut dire dans notre pays. Il serait étonnant qu’il entretienne au fond de lui-même la moindre illusion quant aux chances de son fils pour l’élection de 2017.
Il sait bien, pour le dire familièrement, que les carottes sont cuites.
Wade aura en effet tout essayé mais les appels du pied à l’armée n’ont pas eu plus d’écho que sa menace insolite de prendre le maquis. Et pour faire monter la tension, il ne s’est interdit aucune grossièreté à propos de la famille Sall. Ce faisant, il a desservi Karim Wade, renforcé la cote de popularité de Macky Sall tout en donnant de lui-même une image encore plus négative qu’à l’ordinaire. En somme, trois coups de pierre contre sa réputation et contre une cause, la dernière d’un vieux combattant, qui lui tient tant à cœur : la libération de son fils.
Une fin de parcours aussi douloureuse– il est des moments où le vieil homme suscite en effet une vague compassion– rappelle, toutes proportions gardées, celle d’Alboury Ndiaye. La tradition rapporte qu’au soir de sa vie, affamé et au bord de l’épuisement, le Bourba Djoloff fut obligé de voler une écuelle de lait dans l’arrière-cour d’une maison de Dosso, dans l’actuel Niger. Surpris par la propriétaire, il n’eut d’autre choix que de nier avec véhémence. En vain : un enfant l’avait vu en secret, qui témoigna contre lui. Il aurait alors déclaré à son griot : « J’ai été tout-puissant au Djoloff et voilà à quoi je suis réduit. Tout est perdu et je sais que ma fin est proche.»
Alboury Ndiaye, immortalisé entre autres par le dramaturge Cheik Aliou Ndao, a été peut-être le moins ambigu, le moins controversé de nos héros nationaux mais un cruel destin avait pris avantage sur le guerrier errant, panafricaniste avant la lettre. Du célèbre politicien libéral aussi, on peut dire, mais hélas pour de moins glorieuses raisons, que tout est perdu aujourd’hui, même l’honneur.
Il ne lui reste plus qu’à solliciter la clémence de celui dont il a dit tout récemment que jamais il ne serait au-dessus de Karim Wade. Peut-être s’exprimait-il ainsi en surestimant ses capacités à infléchir le cours de la justice. En homme qui a toujours cru au seul rapport de force, il est bien conscient d’être à la merci du régime de Sall. La surenchère verbale va rester de mise pendant quelque temps pour sauver les apparences mais il est très probable qu’il va bientôt jouer, en coulisses, la seule carte qui lui reste raisonnablement : solliciter la grâce présidentielle. Et si Macky Sall venait à céder aux pressions, l’on n’entendra probablement plus parler ni de l’homme Karim Wade ni encore moins du candidat sans peur et sans reproche. On peut supposer qu’il sera aussi oublié des Sénégalais que l’est à l’heure actuelle sa sœur. Le président pourrait être tenté de se montrer magnanime après avoir su se montrer ferme.
Qu’adviendrait-il des Bibo Bourgi et autres Mamadou Pouye, condamnées en même temps que Karim ? La question n’est pas simple car une libération générale ferait désordre dans l’opinion.
Quoi qu’il arrive, gardons-nous de jeter trop vite la pierre à Me Abdoulaye Wade. Ce quasi centenaire au regard perdu, si tragiquement solitaire, c’est nous-mêmes qui l’avons librement enfanté dans l’allégresse générale il y a une quinzaine d’années. Au-delà du sort personnel de son fils, c’est de cela que nous devrons nous souvenir demain et après-demain.
DE LA PRISON À LA PRÉSIDENCE…POUR UNE AUBE NOUVELLE SALVATRICE (?)
EXCLUSIF SENEPLUS - Il y a assez de signes annonciateurs de ruptures. Ce n’est ni la néo-opposition qui s’adonne à attaquer de manière crypto personnelle Ousmane Sonko, ni les pseudo chroniqueurs indécents qui ébranleront ce pouvoir
À la question, sans réponse, de Yakham Mbaye au président finissant Macky Sall de ce qui allait leur advenir après son départ, ce dernier a trouvé une parade en faisant voter une loi d’amnistie, taillée pour être… amnésique.
Pastef qui n’était pas preneur de cette loi, si tant est qu’elle excluait les forfaitures telles que les disparitions forcées, les tortures, les assassinats et autres traitements inhumains dégradants, s’est abstenu de ne pas la voter en promettant qu’une fois au pouvoir elle la retirerait.
Un an jour pour jour après sa victoire incontestée à l’élection présidentielle de mars 2024 suivie de celle des élections législatives anticipées de novembre 2024 remportées, haut la main, il lui fallait à présent passer à l’acte en tenant l’une des ses promesses électorales capitales consistant à se départir de cette loi scélérate.
Seulement, voilà que ceux-là même qui avait voté cette loi inique ont braqué des quatre fers pour son abrogation totale pour ainsi asseoir une impunité de fait.
Comment s’y prendre ? Abroger, totalement ou partiellement, annuler ou interpréter la loi ?
L’exercice était, on ne peut plus, complexe. Si elle est abrogée expressément, il faudrait qu’elle soit explicitement énoncée dans un texte nouveau ; tacite ou implicite, elle pourrait l’être en raison de l’introduction, dans un nouveau texte, de dispositions incompatibles avec la disposition antérieure. Le dilemme est sacrément cornélien.
Au finish, la loi fut interprétée en délimitant clairement son champ d’application. La nouvelle loi d’amnistie ainsi interprétée, ne léserait pas les tiers, tous les tiers, tout en rendant justice aux disparus de force (Didier Badji et Fulbert Sambou) au torturé à mort (Francois Mancabou) et à la soixantaine, voire plus, de morts et de traumatisés à vie aux fins de mettre fin à ce cycle barbare précédant les élections au Sénégal. Plus Jamais !
Flasback…
Après avoir été réélu en 2019 de manière illégitime et avec un score annoncé à l’avance, Macky Sall, au lieu de mieux gouverner s’est plutôt attelé à « réduire l’opposition à sa plus simple expression ». Le parti est devenu prébendier en prenant le pas sur la patrie et la gouvernance sobre et vertueuse.
Pour ne rien y arranger la morbide Covid fit son apparition 2020 et la paix des braves s’est imposée aux acteurs de la classe politique via une loi d’habilitation qui donnait ainsi un blanc-seing au gouvernement de Macky Sall. Un couvre-feu fut installé et les citoyens qui ne le respectaient pas furent violentés. Pendant qu’ils étaient cloitrés chez eux, les forbans se remplissaient les poches et la bedaine. Sous la pression des bailleurs, un rapport a établi que plus de 1000 milliards de nos francs ont été détournés sans que l’on puisse, jusqu’à présent, exiger des coupables de rendre compte.
Alors que Macky Sall et Idrissa Seck étaient en mode « je t’aime moi non plus », le Pastef avec son leader charismatique Ousmane Sonko traçaient leur sillon et jouaient les empêcheurs de tourner en rond avec leur « Projet » porteur de rupture, vendu et accepté par une bonne partie des Sénégalais. Pendant que Macky Sall caressait l’idée d’un troisième et improbable mandat, Ousmane Sonko avait fini de convaincre les plus sceptiques avec ses ouvrages : « Solutions pour un Sénégal nouveau », « Pétrole et gazau Sénégal : Chronique d’une spoliation » et celui co-écrit avec son frère de parti, Balla Moussa Fofana « Les territoires du développement ».
À cette fin, il lui fallait liquider Ousmane Sonko et les siens. Un complot se tramait. Il vit le jour par un frais matin d’harmattan du mois de mars 2021. Complot trop gros pour être vrai. Ousmane Sonko, dans un lieu où il aurait pu se garder de s’y rendre, aurait violé une fille. Adji Sarr qu’elle s’appelle. Dakar s’embrase. Trois années de braise en perspective. Entre la levée de l’immunité d’Ousmane Sonko et les convocations pour se rendre au tribunal et les procès, Dakar et le Sénégal s’enflamment. Il y aura une accalmie temporaire. Le pouvoir de Macky Sall était dans la rue. Pastef pouvait le prendre. Suite à la médiation du Khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké, Ousmane Sonko a accepté sa requête, affirmant que le légaliste qu’il est souhaiterait que Macky Sall termine son mandat, non sans lui exiger des gages dont la libération de la centaine de ses militants et sympathisant déjà emprisonnées. Macky s’y plie en affirmant qu’il a « compris ». Pure diversion. Il revient à la charge, en achetant armes et munitions de manière indue et en recrutant davantage d’hommes dans les FDS. Dakar et ses points névralgiques sont occupés par des chars de combat et des FDS encagoulés. En attendant le procès pour « viols répétitifs avec menaces de mort », Ousmane Sonko se retranche sur Ziguinchor, dont il est entretemps devenu maire. Pendant qu’il s’y trouve, on le juge in absentia. Verdict : Il fut blanchi à grandes eaux par un prétoire qui s’est prêté au voyeurisme et à des propos scabreux. Ousmane Sonko sera donc condamné pour le délit désuet et obsolète de « corruption de la jeunesse ». Une jeunesse massivement en phase avec lui pour faire aboutir le « Projet » salvateur (?). Cette jeunesse est traquée, brutalisée et arrêtée par milliers. Certains ont donné de leur vie. Pour le gouvernement de Macky Sall et de ses juges, ces jeunes sont considérés comme étant des forces spéciales et/ou occultes.
De retour sur Dakar Ousmane Sonko fera face à un procès en diffamation contre Mame Mbaye Niang. Il perd le procès. La sentence ne lui permettra plus d’être éligible aux élections. Entre temps, il est mis sous arrêt, barricadé, chez lui pour près de deux longs mois. Quand il s’en sort, ce sera pour être accusé de « vol de téléphone portable » et emprisonné. Son parti est dissous et ses camarades les plus en vue sont embastillés. Il s’adonne à une grève de la faim graduelle et très médiatisée. De sa cellule, stratège qu’il est, il prépare des plans alternatifs à sa candidature qu’il sait qu’elle sera invalidée. Macky quant à lui s’astreint, difficilement, mais finalement à renoncer à son troisième mandat et…reporte les élections à quelques heures de l’ouverture de la campagne électorale pour les présidentielles. Mobile du report ? Le Conseil Constitutionnel ayant décidé que Karim Wade n’étant pas exclusivement Sénégalais, lui dénie sa participation à l’élection présidentielle. Se sentant irrité, le sieur Wade a accusé deux juges du Conseil d’avoir été corrompu. Et que le corrupteur serait… Amadou Ba candidat à la succession de Macky Sall. Vite fait, une Commission d’enquête parlementaire est mise sur pied avec les députés de l’APR et du PDS. Toute cette manœuvre avait pour but, non pas seulement, de ramener Karim Wade dans la course mais surtout Ousmane Sonko. Hélas c’était mal connaitre Ousmane Sonko fervent adepte du « don de soi pour la patrie ». Dans la solitude de son domicile où il fut, de force, barricadé il avait déjà concocté des plans alternatifs en mettant en orbite une diversité de candidatures qui ont tous passé le filtre du parrainage. Du fond de sa cellule, il attendait le moment propice pour abattre sa carte maîtresse : Bassirou Diomaye Diakhar Faye, l’élu du choix clairvoyant du généreux Ousmane Sonko qui devrait porter le projet.
Libérés tous les deux avec des milliers d’autres patriotes, à moins de dix jours du démarrage de la campagne, Ousmane s’effaça pour propulser Diomaye en faisant comprendre aux Sénégalais et à ses troupes que Sonko moye Diomaye et que Diomaye moye Sonko. Telle une osmose fusionnelle, la mayonnaise a pris. Dakar et le Sénégal étaient en liesse. La victoire en chantant. Elle s’est matérialisée dès la fin du crépuscule le 24 Mars comme pour sonner le départ des crapules. La messe était dite. Le lendemain 25 mars, présage du sort, Bassirou Diomaye Diakhar Faye fête son anniversaire et devient, à 44 ans le cinquième Président de la République du Sénégal. Ousmane Sonko est son Premier ministre. Un duo inédit prend les rênes du Sénégal.
Une aube nouvelle s’est levée. Sera-t-elle salvatrice ?
De quoi le Projet est-il le nom ? Dénommé Vision Sénégal 2050, il devrait s’arrimer sur un « pacte national fondé, d’une part sur la probité et l’intégrité des détenteurs de l’autorité publique » d’où le slogan, sous forme du tryptique, « Jub, Jubal, Jubbanti », que l’on pourrait traduire en français par « Dresser, Corriger et Redresser ». Tâche titanesque, mais pas impossible s’il en est, lorsque l’on considère le rapport du Sénégalais à la discipline, à l’argent, à la rigueur et à la préservation de son environnement.
En décidant dès le début de leur magistère de convoquer les Assises de la Justice, il y a lieu de s’attendre à ce que ses conclusions soient adoptées avec célérité aux fins de réconcilier les Sénégalais avec leur justice, longtemps perçue comme une justice aux ordres de l’exécutif en place. Si la justice fait diligemment sa mue, elle sera une composante significative, voire essentielle, pour accompagner la mise en œuvre ordonnée des quatre axes principaux contenus dans la Vision Sénégal 2050 que sont : la bonne gouvernance, une économie compétitive et pas extravertie, une durabilité, le renforcement du capital humain et l’équité sociale.
Seulement, la matérialisation de ces axes pour assurer un développement durable exige un changement structurel et systémique aussi bien dans le management de l’Administration centrale que dans les modes de gestion des secteurs primaire, secondaire et tertiaire tout comme dans les chaînes de valeurs y afférent.
Un an à l’épreuve du pouvoir le duo Diomaye-Ousmane a-t-il eu les coudées franches pour mettre en œuvre la Vision Sénégal 2050 en initiant sa phase quinquennale 2024-2029 au regard du legs des douze années de Macky Sall?
En formant un gouvernement volontariste et pas pléthorique avec à la clef des ministres « apolitiques » titulaires de Départements de souveraineté (Justice, Forces armées, Intérieur, Souveraineté alimentaire) le ton était donné pour faire face aux innombrables défis qui sont les leurs. La volonté politique est affirmée mais ne saurait, à elle seule, suffire. Il va falloir sérieusement se retrousser les manches pour y parvenir en travaillant de manière conséquente. Les conclusions des Assises de la justice étant actées, il est attendu qu’elles soient mises en œuvre. Le président de la République départi de son boubou de membre du Pastef, semble de par les actes qu’il pose être au-dessus de la mêlée... même s’il demeure toujours dans le Conseil Supérieur de la Magistrature. L’on pourrait toujours s’en accommoder. Par contre, il faudrait impérativement donner corps aux réformes approuvées dont le toilettage du corpus du Code pénal et du Code de Procédure Pénale surtout dans leurs dispositions portant sur la loi anti-terroriste promulguées en 2021 et décriées de tous. C’est d’un impératif catégorique en attendant de construire d’autres lieux plus humains pour la population carcérale et matérialiser la mutation promise pour la Justice. Cette justice chamboulée, mais pas encore totalement refondée devrait à bien mener la reddition des comptes en toute impartialité et sans acharnement aucun. En clair, ceux qui ont fauté devront rendre compte selon les dispositions de la loi en la matière. Car, transiger avec la reddition des comptes aurait des conséquences sérieuses sur ce premier quinquennat. Le nouveau Pool (Pôle ?) judiciaire financier de même que l’Ofnac sont attendus sur ce terrain. Quoiqu’à l’Ofnac à défaut de ne pouvoir démettre, pour l’heure, son patron Serigne Bassirou Gueye il serait prudent de revisiter ses prérogatives.
L’autre mammouth à abattre est l’Administration centrale, voire la fonction publique. Fortement politisée au cours des deux dernières décennies, elle doit être assainie et requinquée par des profils qui servent avec loyauté la République. C’est certainement fort de cela que lors de la tenue de la toute première Conférence des Administrateurs et Managers publics (CAMP), le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a donné un signal fort ambitieux pour la transformation de la fonction publique avec comme objectif, la « rationalisation des dépenses de l’État et l’amélioration de ses marges de manœuvre budgétaires, dans le cadre d’un assainissement durable et d’une gestion vertueuse des finances publiques ». Ce faisant, « l’affairisme d’État » ne saurait plus prospérer en matière notamment de la commande publique qui gagnerait à être centralisée le plus tôt possible car, pour l’heure, l’administration est certes « républicaine » mais, elle manque de cohérence tout en étant « figée dans des schémas dépassés, alors même que les réalités socio-économiques évoluent rapidement, marquées notamment par la transformation numérique et l’essor de l’intelligence artificielle ».
À cette fin, le temps est également venu d’accélérer la transformation numérique de nos administrations. La dématérialisation des formalités et leur accessibilité simplifiée représenteront des gages de transparence, de redevabilité et de bonne gouvernance.
La stratégie « New Deal Technologique » qui repose sur trois piliers fondamentaux que sont : la souveraineté numérique, la modernisation de l’administration et le développement de l’économie numérique et du savoir devront satisfaire à cette exigence des temps modernes.
Mais comment s’atteler à ces urgences si l’on sait que dès sa prise de fonction le gouvernement du Sénégal par la voix de son Premier ministre, Ousmane Sonko, a déclaré tout de go que sa gouvernance sera une de vérité et que les fondamentaux macroéconomiques sont désastreux et qu’il avait hérité d’un « pays en ruine ».
Comme pour confirmer ses déclarations, l’Inspection Générale des Finances (IGF), en Septembre 2025, faisait état de manquements criants dans la gestion de la comptabilité publique. Manquements confirmés par la Cour des Comptes trois mois plus tard qui évoquait des « falsifications ». Le FMI après s’être imprégné dudit rapport parlera de « dettes cachées » du fait de « misreporting » ou en français, pas facile de « faussification des faits ». Par qui et pour qui? En interne déjà, il y avait des gens qui savaient. L’ancien directeur pays de la BCEAO l’aurait affirmé. Au sein du FMI aussi on le savait. Mieux, les autorités actuelles avant d’être au pouvoir avaient tiré sur la sonnette d’alarme quant au manque d’orthodoxie dans la tenue de la comptabilité publique. Au total, la Cour des Comptes évoque la « possibilité de référés ou de déférés » car, ces faits peuvent non seulement constituer des fautes de gestion, mais des infractions pénales.
Malgré tout, les salaires sont régulièrement payés, les dettes cumulées dûs au paysans honorées et des baisses significatives sur les denrées de première nécessité opérées.
En clair, le Sénégal fait face à des défis budgétaires importants. Des réformes audacieuses et rapides, notamment la suppression des exonérations fiscales indues et la réduction des subventions énergétiques aux plus riches, sont cruciales pour assurer la viabilité des finances publiques pour ainsi placer la dette sur une trajectoire descendante. Mieux, Il serait judicieux pour l’État du Sénégal d’ajuster sa fiscalité en tenant compte surtout du secteur informel majoritaire qui, pour l’essentiel, échappe au paiement de l’impôt. C’est le lieu de rappeler que la dette n’a jamais développé un pays et qu’un pays souverain devrait compter sur ses ressources endogènes et des mécanismes internes innovants internes pour asseoir les bases de son développement.
En faisant de la souveraineté son viatique pour développer le Sénégal, voilà que, comme une aubaine, le début de la gouvernance de Pastef a coïncidé avec l’exploitation du pétrole et du gaz. Avec l’exploitation desdites ressources couplée surtout à la transformation de leurs dérivés que sont entre autres, le diesel, le kérosène, l’essence et le gaz butane, l’espoir est quasi permis de s’attendre à ce qu’elle ait un effet d’entrainement pour développer principalement les secteurs primaire et secondaire.
La production bien que modeste est très stratégique. Les revenus attendus de ces ressources devraient atteindre des milliards de dollars. Ces revenus pourraient jouer un rôle clé dans l'accélération du développement économique du Sénégal, notamment en soutenant des projets d'infrastructure et en favorisant la diversification industrielle.
Ce développement pourrait également générer des bénéfices économiques en optimisant la chaîne de valeur locale. Au total, Le Sénégal ferait mieux d’opter pour la construction d'un secteur intermédiaire afin de raffiner sa propre part de brut et, très probablement, de signer un droit de préemption sur le coût et le bénéfice du pétrole du partenaire d'exploitation, de sorte qu'elle puisse cesser d'importer des combustibles avec des devises rares, améliorer sa balance commerciale et ses paiements et renforcer ses fondamentaux macro-économiques.
Alors que le Sénégal importe quasiment l’essentiel des aliments de base et de produits finis dont il a besoin, engendrant ainsi une balance commerciale extrêmement déficitaire supérieure à 4000 milliards FCFA en 2023, l’exploitation du pétrole et du gaz devraient contribuer, en partie, à asseoir les bases d’une politique agricole pour atteindre l’autosuffisance et booster l’industrialisation.
Il est tout à fait possible qu’au bout de la fin du premier quinquennat du Pastef au pouvoir, que des céréales comme le riz, des fruits, des produits maraichers et autres pommes de terre, carottes et oignons dont les Sénégalais sont de grand consommateurs ne puissent plus être importés et que les jeunes Sénégalais au lieu de s’inscrire en masse pour être ouvriers agricoles en Espagne ou en Italie demeurent chez eux pour être des entrepreneurs agricoles qui produisent et transforment localement les dits produits agricoles.
Il en va de même pour l’industrialisation à commencer par les produits rudimentaires de la modernité. En 2018, 0,98% était la part allouée au ministère de l’Industrie. Il faudrait chercher l’erreur… Voici un secteur-niche générateur de milliers d’emplois significatifs et durables que le « vrai secteur privé, celui qui veut et sait entreprendre, qui veut travailler sérieusement et honnêtement » aux dires du Premier ministre Ousmane Sonko, devrait prendre en charge.
Il n’est pas concevable aujourd’hui que les outils de la modernité, dont nous ne pouvions nous passer au quotidien, soient toujours importés. Qu’est-ce qui nous empêche de produire localement, en interdisant en amont leur importation, couteaux, cuillère, fourchettes, ampoules électriques, articles de plomberie, robinetterie, aiguilles, dés à coudre, seringues médicales ? Et, la liste est longue. Ce faisant, il est quasi certain que le problème de l’emploi et de l’employabilité des jeunes, formés convenablement, sera définitivement résolu.
Avec la volonté politique affichée des nouvelles autorités, il n’est pas si difficile d’industrialiser le secteur secondaire si les prérequis nécessaires sont édictés.
Au total et à la veille de la célébration de la fête nationale, sous le magistère du duo fusionnel Ousmane-Diomaye il y a assez de signes annonciateurs de ruptures. Ce n’est ni la néo-opposition qui s’adonne à attaquer de manière crypto personnelle Ousmane Sonko, ni les pseudo chroniqueurs indécents qui ébranleront ce pouvoir. En cas de dérives, ce pouvoir sera contenu par ses propres électeurs. C’est le moindre mal qu’on leur souhaite. Ils nous ont séduits en nous annonçant la fin de la dépendance. Bonne fête d’indépendance sur le Boulevard Mamadou Dia.
Gilles Eric Foadey est journaliste, consultant media, et interprète-traducteur de conférence. Il réside à Johannesburg, Afrique du Sud, et travaille à Addis-Abéba, en Éthiopie. Il fut responsable de la Communication du NEPAD de 2009 à 2016.
PAR THIERNO BOCOUM
LE JOUR OÙ LE PRÉSIDENT BASSIROU DIOMAYE FAYE ASSUMERA PLEINEMENT SA DÉSIGNATION...
"Il nous contraint à suivre les traditionnels messages solennels, sans pour autant élever la solennité à la hauteur de sa fonction présidentielle. Les déclarations d’intention et les formules diplomatiques, certes élégantes, restent vides de sens"
Le jour où le Président Bassirou Diomaye Faye assumera pleinement sa désignation par ALLAH SWT en tant que chef de l’État sénégalais, il saura structurer ses discours de manière plus cohérente et réfléchie.
Il sera alors en mesure de définir des actions concrètes et d’aborder les véritables défis du pays avec clarté, sans hésiter à s’attaquer aux problématiques profondes.
Pour l’heure, il nous contraint à suivre les traditionnels messages solennels, sans pour autant élever la solennité à la hauteur de sa fonction présidentielle.
Les déclarations d’intention et les formules diplomatiques, certes élégantes, restent vides de sens et ne répondent pas aux aspirations profondes de nos concitoyens.
La baisse de certains prix, qui résulte en grande partie de la dynamique économique mondiale, est certes importante, mais elle ne constitue qu’un aspect parmi d’autres. L’enjeu principal réside dans la relance de l’emploi et dans la mise en place de stratégies durables pour lutter contre la perte d’emplois qui érode le pouvoir d’achat.
Le lien est simple : sans pouvoir d’achat, il n’y a pas de consommation. Et sans maîtrise des coûts de production, il est illusoire de prétendre maîtriser les prix. Se concentrer uniquement sur des solutions ponctuelles, sans aborder les causes profondes des difficultés économiques, revient à gaspiller du temps et de l’énergie.
Le populisme, aussi séduisant soit-il, ne pourra masquer l’essoufflement de cette approche lorsqu’il faudra rendre des comptes.
Le financement des initiatives individuelles annoncé ne peut, et ne doit, se faire sans un diagnostic sérieux. Il convient de prendre en compte plusieurs décennies de financements étatiques qui, malheureusement, n’ont produit que des résultats politiques éphémères et peu probants.
Monsieur le Président de la République doit comprendre que nous vivons désormais dans un contexte où la mobilisation des ressources est primordiale pour faire face à une dette publique élevée et à des charges fixes croissantes.
Mais qu’en est-il de la promesse de suppression des fonds politiques, ou plutôt des réformes associées, ainsi que de la réduction du train de vie de l’État et de la rationalisation de ses structures ?
Quelles sont les stratégies pour élargir l’assiette fiscale sans alourdir davantage le fardeau fiscal d’une minorité déjà exsangue ?
Enfin, quelle est la stratégie pour renforcer les relations bilatérales et multilatérales, afin de permettre à nos compatriotes d’accéder à de nouveaux marchés, attirer les investissements étrangers et renforcer les partenariats économiques ?
Bref, il est évident que ce sont des mesures structurelles et diversifiées et non des solutions superficielles, qui permettront de rétablir une véritable stabilité économique et de répondre aux attentes profondes du peuple sénégalais.
PAR CHEIKH TIDIANE MBAYE
LE SÉNÉGAL, ENTRE ILLUSION D'INDÉPENDANCE ET QUÊTE DE SOUVERAINETÉ RÉELLE
Comme chaque année, cette célébration sera ponctuée de défilés militaires, de discours officiels... Mais au-delà du faste et du symbolisme, une question essentielle s'impose : où en sommes-nous réellement sur le chemin de la souveraineté ?
Le 4 avril 2025 marque le 64e anniversaire de l'indépendance du Sénégal. Comme chaque année, cette célébration sera ponctuée de défilés militaires, de discours officiels et de manifestations culturelles. Mais au-delà du faste et du symbolisme, une question essentielle s'impose : où en sommes-nous réellement sur le chemin de la souveraineté ?
Une indépendance juridique, mais une dépendance structurelle
L'indépendance politique acquise en 1960 n'a pas signifié une rupture effective avec les structures coloniales. L'État postcolonial a perpétué des rapports de dépendance à plusieurs niveaux :
Économique : Le FCFA demeure un symbole de la tutelle monétaire exercée par la France. L'économie reste largement extravertie, dépendante des exportations de matières premières et vulnérable aux fluctuations du marché international.
Politique : Le système néocolonial a pris la forme d'une élite politique et administrative qui gère l’État souvent dans une logique clientéliste et sous influence d'intérêts étrangers.
Culturelle et intellectuelle : L'enseignement et la recherche scientifique restent largement modelés par des paradigmes occidentaux, limitant le développement d'une pensée autonome en phase avec les réalités locales.
La souveraineté réelle : un chantier inachevé
Revendiquée par plusieurs mouvements politiques et intellectuels, la souveraineté du Sénégal suppose une transformation profonde des structures de l’État et de l’économie. Elle repose sur plusieurs axes majeurs :
1. Souveraineté économique et monétaire : Une réflexion sur une monnaie nationale ou une réforme radicale du FCFA est incontournable. Il faut également favoriser la production locale et réduire la dépendance aux importations.
2. Indépendance énergétique et industrielle : Le Sénégal entre dans l'ère du gaz et du pétrole. La question est de savoir si ces ressources serviront à renforcer l'autonomie énergétique et industrielle ou si elles seront gérées dans la logique extractiviste qui a ruiné d'autres pays africains.
3. Décolonisation de l’éducation et de la culture : Un système éducatif fondé sur nos langues nationales et une production scientifique enracinée dans nos réalités est nécessaire pour une véritable autonomie intellectuelle.
4. Souveraineté alimentaire : L’autosuffisance alimentaire est cruciale. Le modèle agricole doit être repensé en faveur des exploitations familiales et de l'agriculture écologique.
5. Réforme institutionnelle profonde : Le Sénégal ne pourra atteindre une souveraineté réelle sans une refonte structurelle de ses institutions. Une transformation systémique ne peut pas se résumer à des changements symboliques ou à des réformes partielles. Il faut un sursaut national et des concertations nationales pour dégager des consensus forts. Tant que le pays fonctionnera sous les mêmes paradigmes qu'à l'époque coloniale, avec de simples modifications de surface, il ne pourra pas se reconstruire sur des bases solides. On ne peut pas transformer un bâtiment en ruine en se contentant juste de le peindre.
6. Souveraineté technologique et intelligence artificielle : À l'ère de l'intelligence artificielle, le Sénégal ne peut pas se permettre d'être un simple spectateur. L'IA transforme déjà les modèles économiques, l'emploi et la gouvernance à l'échelle mondiale. Si nous ne prenons pas part à son développement et à sa régulation, elle risque d'être exploitée davantage au détriment de notre société que pour son bien. Le pays doit investir dans la formation, la recherche et la création d'une stratégie nationale pour l'IA afin de ne pas subir cette révolution, mais d'en tirer profit pour son développement.
L'indépendance ne doit plus être une simple commémoration, mais un projet en perpétuel accomplissement. La véritable souveraineté exige une réforme institutionnelle profonde et une mobilisation nationale. Le Sénégal a besoin de politiques audacieuses, d'une vision claire et de mesures concrètes pour bâtir une nation véritablement maîtresse de son destin.
Par Ibou FALL
MOSS DEM, IL SERA UNE FOIS…
La ritournelle qui circule sur les réseaux sociaux résume la situation tragicomique du président Diomaye, candidat par défaut devenu chef d'État par procuration, à qui le "Projet" semble déjà préparer la sortie
Magistrature suprême : le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, peut-il raisonnablement penser à se présenter comme candidat de Pastef en 2029 ? «Moss dèm» est déjà l’une des ritournelles de nos réseaux sociaux qui montent en puissance…
Il sera notre premier chef d’Etat de l’histoire à ne faire qu’un mandat. La rupture, c’est aussi cela ?
Au regard du scénario des législatives qui voit le parti des «Patriotes» enterrer la Coalition «Diomaye Président» en plus d’effacer tout ce qui renvoie au Président élu depuis quelques mois, aucune chance… Résultat des courses : l’Assemblée nationale, sur cent-cinquante députés, en compte cent-trente triés sur le volet et prêts à mourir pour Ousmane Sonko, le Premier ministre ci-devant président de Pastef, mais qui ne se lèveraient même pas à l’aube rien que pour plaire au chef de l’Etat.
Que peut-il bien se passer dans la tête d’un président de la République, élu comme le candidat par défaut de son parti, qui avoue une marge de manœuvre réduite par l’état des finances publiques, et semble en une année perdre pratiquement toutes ses prérogatives au profit de son encombrant Premier ministre ?
Dès son installation, Bassirou Diomaye Faye prend même la précaution de préciser au micro de confrères chanceux d’en entendre une aussi grosse, qu’il «encourage le Premier ministre à lorgner le fauteuil présidentiel». Avec une Assemblée nationale sur laquelle il ne peut absolument pas compter si le Premier ministre se rebiffe, que lui reste-t-il d’autre, hormis l’Etat ?
Et là, ça commence à chanceler…
Peut-il compter sur une administration qui falsifie les chiffres officiels, des fonctionnaires priés de chercher du travail ailleurs, ou des Forces de défense et de sécurité qu’une loi interprétative de la loi d’amnistie, ouf, s’apprête à conduire au bûcher, accompagnée de son silence ? Que peut-il attendre d’une Magistrature qu’il entend réformer parce que soupçonnée de compromissions avec l’ancien régime, au point d’avoir, via sa Cour des comptes, validé de drôles de calculs, fermé les yeux sur des dettes abyssales, fait jeter en prison d’innocents militants de la juste cause, comprenez le «Projet» ?
Dans la foulée de son élection triomphale le 24 mars 2024, affublé des prérogatives que la République décerne à son président, le taiseux Bassirou Diomaye démissionne de ses fonctions à Pastef pour se contenter du modeste statut de militant. Un acte assez peu habituel dans un pays qui voit, depuis les indépendances, le chef de l’Etat s’agripper avec la dernière énergie au poste de patron de son parti, sa machine électorale ; la règle, jusque-là, consiste à se maintenir à la tête des cohortes capables d’aller à l’assaut des urnes.
On a des arrière-pensées ou l’on n’en a pas ?
Certes, c’est une coalition dénommée «Diomaye Président» qui le porte au pouvoir dont le gros de la troupe est à chercher dans les rangs des «patriotes» autoproclamés. En pleine campagne, c’est à peine si son mentor, Ousmane Sonko, lui laisse le micro face à la foule des inconditionnels du «Projet».
Scène impérissable : le candidat Diomaye debout devant une marée humaine et n’a rien d’autre à lui proposer qu’un cri d’extase teinté d’étonnement : «Mahaza !»…
A-t-il vraiment besoin de déployer des trésors d’ingéniosité, multiplier les promesses électorales ? Son principal rival, Amadou Ba, a du plomb dans l’aile, fusillé dans le dos par son propre camp. Ceux-là mêmes qui votent une loi d’amnistie scélérate, et font reporter les élections aux calendes grecques. Macky Sall ne s’en arrêtera pas là : les informations qui fuitent depuis un an font état de rencontres nocturnes, d’accords secrets, d’appuis logistiques et financiers, de consignes de votes clandestines.
La totale en matière de traîtrise…
D’ailleurs, lors de leur première sortie médiatique à la sortie de prison, le ton de Ousmane Sonko change vis-à-vis du «mackyavélique» chef d’Etat qui complote jusqu’à les jeter en prison sans jugement. Le duo fraîchement élargi indique la nouvelle tête de Turc : c’est Amadou Ba, le chef de gouvernement d’alors, qui serait à l’origine de leurs déboires. Macky Sall devient comme par enchantement leur ange gardien qui les sort de prison et auquel ils font même l’accolade au moment de la passation du témoin.
Lors de sa prestation de serment, devant le monde entier et ses deux épouses, le nouvel impétrant se contente de remercier sa famille et le Peuple sénégalais. Le nouveau président sénégalais cultive la modestie, et même la sobriété, avouant préférer les chants de coq et les coups de pilon matinaux de son natal Ndiaganiao à l’enfer bruyant de Dakar, quand bien même depuis le Palais de l’avenue Senghor, il serait au bord de la mer, face à la rustique Gorée et l’infini azuréen.
Le Sénégal, géant diplomatique malgré son économie à la ramasse et sa démographie insignifiante, dans la longue tradition senghorienne qui imposera son respect aux quatre coins de la planète, aurait pu, pour le président de la République, aller lui chercher des soutiens dans le monde entier. Seulement voilà : Yassine Fall est-elle vraiment sortable ?
Et puis, avec la France qui dégage depuis moins d’un an, dont la justice passe sous silence l’assassinat d’un grand argentier sénégalais, le Fmi qui ne doit pas apprécier qu’un pays sous-développé déclare le couillonner depuis plusieurs années, ça va lui être difficile de glaner des soutiens étrangers. Certes, au cours d’un de ses nombreux périples à travers le monde, il pose avec Karim Wade au Qatar. Oui, mais après ? Apparemment, Bassirou Diomaye Faye n’aura pas grand-monde avec lui à l’orée de 2029.
Vous me direz que deux épouses, c’est déjà beaucoup pour un seul homme ?
Par Alioune SOUARE
LOI INTERPRETATIVE OU LOI D’INTERPRETATION ?
Depuis que la proposition de loi sur l’amnistie a été annoncée, elle a défrayé la chronique. Tantôt loi interprétative, tantôt loi d’interprétation, tantôt amendement dont le contenu fait penser à un contre-projet !
Depuis que la proposition de loi sur l’amnistie a été annoncée, elle a défrayé la chronique. Tantôt loi interprétative, tantôt loi d’interprétation, tantôt amendement dont le contenu fait penser à un contre-projet ! L’utilisation de ces concepts n’a pas manqué hier mercredi 2 avril 2025, dans l’hémicycle au cours des débats consacrés au vote de la proposition de loi.
Il est important que l’on s’accorde un peu sur ces concepts pour voir leurs sens et leurs portées juridiques, surtout la façon dont ils sont employés dans certains pays. Et, pour ce qui concerne la loi interprétative, il convient de revisiter le droit français avec la définition donnée par la Cour de cassation. Ainsi, soutient-elle que « la loi peut être considérée comme interprétative lorsqu’elle se borne à reconnaître, sans rien innover, un droit préexistant qu’une définition imparfaite a rendu susceptible de controverse ». La Cour de cassation admet également, dans sa jurisprudence, pour la loi interprétative, que si le juge la considère comme telle, elle fait corps avec la loi antérieure et bénéficie d’un effet rétroactif, en prenant pour date d’entrée en vigueur la loi qu’elle interprète. II y a cependant la délibération de l’Assemblée nationale, en sa séance plénière du 23 janvier 2004, intégrant les dispositions de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme. Elle apporte des changements qui font évoluer la position de la Cour par rapport à la rétroactivité de la loi interprétative. Celle-ci, note-t-on, ne s’applique que si le législateur l’a voulu ou s’il y a un motif impérieux d’intérêt général.
Ce n’est pas fortuit que l’ancien Président de la Cour de cassation, Guy Canivet, prenne sa plume et publie une belle contribution dans la revue intitulée « Justice et Cassation» édition Dalloz, parlant ainsi de la problématique de la rétroactivité, sous la réflexion de « l’apport de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme à la théorie des conflits d’application de la loi dans le temps». Pour rappel, l’art. 6 de la Convention européenne des droits de l’homme dit ceci : «Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bienfondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle».
En droit français, la loi interprétative trouve sa place dans la hiérarchie des normes. Elle intervient généralement pour clarifier des textes législatifs ayant suscité des interprétations divergentes ou des contestations. La jurisprudence peut également jouer un rôle dans la reconnaissance de la nécessité d’une loi interprétative, lorsque les tribunaux éprouvent des difficultés à appliquer une loi en raison de son ambiguïté.
Des pays dits de tradition parlementaire britannique, à l’instar du Canada, connaissent la loi interprétative. Même s’il reste attaché à sa tradition bijuridique, c’est-à-dire, la coexistence de la common law (règle d’application de la décision juridique précédente) et le droit civil français.
Pour tous ces pays, la définition juridique de la loi interprétative n’a pas varié, elle est alors ! conçue pour clarifier le sens et la portée d’une loi antérieure sans la modifier, ni l’innover. Elle se limite simplement à expliquer ou à préciser la disposition législative existante afin de dissiper toute ambiguïté ou controverse. La loi interprétative n’est pas promulguée comme les autres lois, elle rétroagit dès son adoption à la date de l’entrée en vigueur de la loi qu’elle interprète.
L’intérêt de la loi interprétative, c’est qu’elle apporte une précision juridique sur le sens et le contenu d’une loi antérieure. Cela facilite la compréhension et assure une bonne application. La loi interprétative contribue également à la réduction des litiges et permet au moins d’éviter des contestations. Mais, elle a aussi des inconvénients, notamment avec la rétroactivité, elle peut être source de confusion et d’insécurité pour les justiciables s’ils ont des acquis par rapport à la loi initiale. Le fait de recourir à l’initiative parlementaire pour les lois interprétatives, peut également être perçu comme un signe de faiblesse et d’imprécision du législateur mais aussi comme sa volonté de se substituer au juge.
Habituellement, la loi interprétative est courante dans des domaines complexes comme le droit fiscal, le droit du travail et d’autres secteurs où les dispositions législatives peuvent prêter à des interprétations variées
Et maintenant, s’agissant de loi d’interprétation, elle a la même finalité que la loi interprétative, c’est-à-dire, celle d’interpréter la loi, mais avec la seule différence qu’elle réserve au législateur, la faculté de pouvoir modifier ou abroger la loi antérieure.
Dans un document que le professeur Louis Philippe Pigeon, chaire de rédaction juridique - Université Laval, a écrit sur l’interprétation des textes législatifs et règlementaires, nous trouvons d’ailleurs très intéressant et pourquoi nous le partageons (voir l’extrait cidessous) «L’interprétation des textes juridiques est une activité quotidienne pour le juriste. Pourtant, le phénomène demeure difficile à cerner et à définir. Plusieurs conceptions de l’interprétation juridique coexistent. Certains y voient la recherche d’une signification totalement préexistante alors que d’autres considèrent que le sens des textes juridiques est entièrement créé à travers le processus d’interprétation. Plusieurs théories de l’interprétation juridique se situent entre ces deux extrêmes. L’interprétation des textes législatifs et réglementaires, de même que celle des contrats, mobilisent une panoplie de procédés différents mais complémentaires : les méthodes, les principes, les règles et les présomptions d’interprétation ainsi que les arguments logiques. Il est fréquent que l’interprète ait recours à plus d’un procédé pour interpréter une même disposition législative, réglementaire ou contractuelle
Une « méthode » d’interprétation est une conception générale du travail d’interprétation des lois. Les principes, les règles et les prés o m p t i o n s d’interprétation peuvent tous être associés à une méthode ou une autre.
Les différentes méthodes d’interprétation témoignent des multiples conceptions intellectuelles de l’interprétation juridique. Certaines méthodes mettent l’accent sur le texte de la loi interprétée alors que d’autres insistent davantage sur son objet ou le contexte.
Les principales méthodes d’interprétation des lois sont : la méthode littérale ou grammaticale, la méthode systématique, la méthode psychologique ou historique, la méthode téléologique, la méthode contextuelle et la méthode pragmatique
La catégorie des « principes » d’interprétation regroupe des procédés d’interprétation qui se situent sur un plan plus pratique que les méthodes et qui revêtent une force contraignante plus grande. Issus de la jurisprudence, parfois consacrés par la loi, les principes d’interprétation sont pluriels et parfois contradictoires.
Les principes classiques de l’interprétation des lois sont : le principe du sens clair (Literal Rule), la « règle d’or » (Golden Rule), le principe de l’interprétation selon le but de la loi (Mischief Rule).
La troisième catégorie de procédés d’interprétation regroupe les « règles » d’interprétation. Les règles sont plus précises que les méthodes et les principes et ont, du moins en théorie, une force contraignante plus grande que les présomptions d’interprétation.
Les règles d’interprétation sont nombreuses: la règle de l’interprétation libérale des textes attributifs de droit, la règle de l’interprétation restrictive des textes privatifs de droit, la règle de l’unité du texte, la règle de l’harmonisation avec les lois connexes, la règle de la primauté du texte spécial, la règle de la primauté du texte postérieur, les règles relatives à l’historique de la législation, les règles relatives aux travaux préparatoires. La catégorie des « présomptions » d’interprétation regroupe des règles précises quant à leur objet, mais auxquelles n’est attribuée qu’une valeur relative.
Les présomptions d’interprétation les plus couramment invoquées sont : la présomption de rationalité du législateur, la présomption du sens courant des mots, la présomption de conformité au droit international et aux traités, la présomption de conformité à la Constitution et aux lois fondamentales, la présomption de conformité au droit commun, la présomption de modification du droit antérieur, la présomption de l’effet utile».
Pour toutes ces illustrations qui renseignent suffisamment sur les règles et définitions juridiques de la loi interprétative et de la loi d’interprétation, on retient que la proposition de loi initiée par le député de la majorité ne correspond pas à la loi interprétative. La loi initiale a été modifiée, l’auteur reconnait avoir dans son texte réduit le champ d’application de l’amnestie et il a ajouté à l’art.3 de nouvelle dispositon « ni aux droits des victimes à une indémnisation». II y a aussi le principe de la rétroactivité que l’on ne peut pas être appliqué dans de pareille situation. Et si, les FDS étaient les cibles, le combat est perdu d’avance, sauf sur les cas avérés de torture réprimés par le droit international. Pour rappel, la loi ne dispose que de l’avenir, à l’exception des lois rétroactives qui sont au nombre de trois (3), à savoir : la loi interprétative, la loi de validation et la loi expressement rétroactive.
En tout état de cause, la proposition de loi du député de la majorité ne peut qu’être considérée comme une loi d’interprétation et non interprétative! D’ailleurs, dans son amendement à l’article premier, l’auteur lui-même écrit : « le titre est intitulé Proposition de loi portant l’interprétation de la loi 2024 - 09 du 13 mars 2924 portant amnistie».
Par Alioune SOUARE spécialiste du droit parlementaire
PAR OUMAR FÉDIOR
L’APPEL PUBLIC À L’ÉPARGNE POUR FINANCER L’INVESTISSEMENT
Que gagne celui qui répond à l’appel public à l’épargne ? Le prêteur est rémunéré par des coupons. D’abord, il faut préciser qu’une obligation a une valeur de 10 000 francs. Si quelqu’un en achète 1 000, cela veut dire qu’il prête 10 millions de FCfa
Dans le cadre de sa stratégie de mobilisation des ressources internes, l’État du Sénégal cherche de l’argent par tous les moyens. Cette fois-ci, il a jeté son dévolu sur le marché financier. Il vient de lancer un emprunt obligataire par appel public à l’épargne pour un montant total de 150 milliards de FCfa.
Dans le document partagé par les services du ministère des Finances, il est d’ailleurs précisé que cette opération « offre aux particuliers et aux institutionnels une solution d’investissement sécurisée et rémunératrice ». Mais en quoi consiste l’appel public à l’épargne ? Qui épargne quoi et où ? Pourquoi souscrire ? Essayons d’abord de comprendre l’appel public à l’épargne ? D’après le document du trésor, les obligations d’État représentent un placement fiable, garanti par le Sénégal, avec des taux d’intérêt fixes et compétitifs allant de 6,40% à 6,95%, selon la durée choisie.
Les fonds collectés serviront à financer des projets d’investissement publics, contribuant ainsi au développement économique du pays. Mamadou Ngom, économiste, rappelle qu’il s’agit déjà d’un retour sur la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), parce que le Sénégal avait dernièrement fait plutôt recours aux eurobonds. Cette fois-ci, dit-il, l’État émet des obligations à la Brvm. Ce qui change, c’est que les investisseurs, c’est-à-dire ceux qui achètent ces titres, sont les potentiels prêteurs. Ces investisseurs peuvent être établis dans les 8 pays de l’Uemoa et les obligations sont rémunérées jusqu’à la fin de leur durée de vie par des intérêts appelés coupons. Pour acheter des titres, la personne physique ou morale doit passer par un courtier de bourse. Pour la Brvm, ils sont appelés Sociétés de gestion et intermédiation (Sgi).
Mais que gagne celui qui répond à l’appel public à l’épargne ? D’après notre économiste, le prêteur est rémunéré par des coupons. D’abord, il faut préciser qu’une obligation a une valeur de 10 000 francs. Si quelqu’un en achète 1 000, cela veut dire qu’il prête 10 millions de FCfa. Si la durée de vie de l’obligation est de 5 ans, chaque année tu reçois un intérêt sur le montant prêté. Si on prête par exemple 10 millions de FCfa, on reçoit chaque année pendant toute la durée de l’opération.
D’après Mamadou Ngom, si le taux est de 7% par exemple, c’est 700 000 FCfa d’intérêt à recevoir pendant toute la durée de vie. Si la durée est de 5 ans, chaque année pendant 5 ans on reçoit 700 000 FCfa actualisés, sans compter les remboursements des 10 millions qui se font par tirage au sort, explique l’économiste. Il estime d’ailleurs que si les États font recours à l’appel public à l’épargne, c’est que les banques classiques ne sont pas forcément liquides. L’appel public apparaît comme l’outil le mieux indiqué. Et autre avantage non négligeable pour le souscripteur, c’est que pour cet emprunt obligataire de 150 milliards, les intérêts sont payés semestriellement.
Par Baba DIENG
365 JOURS D’AFFAISSEMENT DU SÉNÉGAL
Dans un embrouillamini incompatible avec le silence et la sobriété qu’exige le travail, Pastef a célébré ses 365 jours aux commandes de ce rafiot qu’est le Sénégal légué par Macky Sall et sa bande de faussaires
L’accession du parti Pastef au pouvoir est une victoire de la démocratie sénégalaise et de ses institutions républicaines. Ce parti frondeur, faut-il le rappeler, a choisi la voie insurrectionnelle pour conquérir le pouvoir politique. Appels à l’insurrection, bravades envers les institutions de la République, menaces et insultes du soudard, populisme… ont rythmé notre quotidien plusieurs années durant. Mais le Sénégal est ce grand pays africain -ou en Afrique- dont la maturité démocratique a fait que le vote est l’unique moyen d’accéder au pouvoir. Au soir du 24 mars 2024, 54% de nos concitoyens, armés de leur carte d’électeur, et horripilés par les exactions du tyran Macky Sall, ont donc décidé de confier les rênes du pays au tandem Diomaye-Sonko. Les grandes promesses électorales, qui ont fait imaginer un Sénégal où coulent du lait et du miel, tardent à se concrétiser ou à donner de bons signaux. Mais la majorité, prête à tout pour défendre son «Projet», patiente. Les 46%, eux, s’enorgueillissent d’avoir vu juste, ricanent…
Dans un embrouillamini incompatible avec le silence et la sobriété qu’exige le travail, Pastef a célébré ses 365 jours aux commandes de ce rafiot qu’est le Sénégal légué par Macky Sall et sa bande de faussaires. Comme un mandat passe vite ! Il a juste fallu quelques actes et incartades pour que leur incompétence et leur immaturité sociale soient exposées sur la place publique. Le doute n’est plus permis : notre navire est cornaqué par de piètres timoniers -ces deux amis dont l’amitié se fortifie chaque seconde.
Le président de la République Bassirou Diomaye Faye semble inaugurer les chrysanthèmes. Il n’a visiblement pas les coudées franches pour diriger ce pays. Catapulté incidemment à la Magistrature suprême grâce au choix de son mentor, et détenteur du pouvoir de nommer à tous les emplois civils et militaires, ses nominations sont publiquement contestées par des gens qu’il a luimême nommés. L’autorité du chef en a pris une fameuse raclée. Des directeurs généraux, harangués par le Premier ministre, ont dirigé la rébellion contre lui sans être matraqués par des décrets les défenestrant illico presto. La campagne électorale pour les Législatives, qui ont été grandement remportées par Pastef, a été le théâtre d’actes saugrenus visant à torpiller le pouvoir du président de la République. L’on se souvient des déclarations ubuesques de son Premier ministre à son encontre. Les illustrations sont légion. Et une seule vérité éclate au grand jour : le Président Diomaye est en manque d’autorité. Il n’a pas un «sol plus ferme sous ses pieds» (pour reprendre l’expression de l’écrivain Boubacar Boris Diop) afin de mieux se parer des atours de chef de l’Etat.
Sur le plan économique, le pays agonise. Tout est à l’arrêt. C’est le Premier ministre Ousmane Sonko qui, devant le monde entier, a accusé son Administration de vulgaires faussaires qui passent leur journée à maquiller des chiffres. Les conséquences économiques de cette accusation -qui est une discussion sur le sexe des anges- ont été dramatiques pour le pays. A cela s’ajoute le discours effarouchant du chef du gouvernement, qui menace tout ce qui gesticule. La confiance, fondement de l’économie, en a pris une bonne flagellation. Les hommes d’affaires, pour des règlements de comptes, sont traqués et jetés en prison. C’est le misérabilisme : ce régime cherche non pas à multiplier les riches, mais il ambitionne d’appauvrir beaucoup plus de Sénégalais. Dans ce climat économique marqué par l’arbitraire, les investisseurs préfèrent se terrer, car, dans ce pays, toute réussite est devenue suspecte. Tous les nantis sont des voleurs, des corrompus, des menaces pour le pouvoir...
Dans ces colonnes, Hamidou Anne, qui est très légitime pour parler de diplomatie, a souligné la manière dramatique dont notre appareil diplomatique est en train de s’effondrer. Au bout d’un an, le leadership sénégalais, surtout en Afrique, est en train d’être supplanté par d’autres pays. Avec tout l’arsenal de diplomates rompus à la tâche que nous avons, notre force diplomatique s’affaisse en raison des lubies du tandem Diomaye-Sonko. On a l’impression que ces gens-là, à cause de leurs discours infantiles d’hier, ne sont pas suffisamment en contact avec les flux financiers, culturels, économiques, politiques… de notre monde. Leur souverainisme forcené risque de ruiner tout le prestige de ce grand pays. Dans son édition en date du lundi 24 mars 2025 intitulée «Diplomatie sénégalaise : d’un leadership affirmé à un recul perceptible», le journal Sud Quotidien écrit : «Malgré cet héritage prestigieux [les grands succès de la diplomatie sénégalaise], plusieurs observateurs constatent un recul de l’influence sénégalaise sur la scène diplomatique. Aujourd’hui, peu de Sénégalais occupent des postes clés dans les grandes institutions internationales. Le pays semble moins actif dans les initiatives de médiation diplomatique, un domaine où il était autrefois incontournable, notamment dans la résolution des conflits en Afrique de l’Ouest.»
Avec l’élection du président Bassirou Diomaye Faye (candidat sans grande envergure au parcours riquiqui), les Sénégalais ont préféré tenter l’aventure. Sauf que celle-ci, pour le moment, tourne au cauchemar. En 365 jours aux affaires, le pays est devenu prosaïque, avec une économie d’une atonie dramatique. Cette situation de morosité économique ne peut pas continuer. Il faut que le Premier ministre, enfin ramené à la raison, change de discours, pour que la confiance revienne dans l’environnement économique. Ce fameux «pacte de stabilité sociale» est juste une manière de différer le problème qui, s’il n’est pas résolu à temps, risque de plonger ce pays dans un chaos inimaginable.
Par Thierno MONENEMBO
RIEN DE PLUS BEAU QUE DE MOURIR POUR LA LIBERTÉ
Il y a des moments où l’écrivain doit abandonner sa table de travail pour descendre dans l’arène. Non, je ne reculerai pas. Non, je ne me méfierai pas. Non, je ne n’adoucirai pas mes propos. Je continuerai à dire merde à ce régime
Depuis quelques jours, des Etats-Unis, de France, du Sénégal, de Côte d’Ivoire, du Mali et d’ailleurs, des bonnes âmes soucieuses de ma liberté et de ma vie m’adressent des messages d’alerte : il paraît que ma vie est en danger. Je devrais me méfier, baisser le ton, adoucir mes propos et peut-être même quitter le pays.
Eh bien non, je ne me méfierai pas, je ne baisserai pas le ton et surtout, surtout, surtout, je ne quitterai plus jamais mon pays sauf pour les besoins d’une conférence, d’un Salon du Livre ou d’un check-up médical. Je suis d’ici moi. Mon père est enterré au cimetière de Coléah, ma mère, à celui de Dixinn, mes aïeux reposent à Porédaka.
Déjà, à la fin des années 60, ceux de ma génération avaient commis la grave erreur de fuir le régime bestial de Sékou Touré. Aujourd’hui encore, le pays entier continue d’en payer le prix. Les dictatures, on ne les fuit pas, on les confronte, on leur crache dessus, on les abat. Cette magistrale leçon de l’Histoire, je l’ai parfaitement assimilée à présent. Je ne reculerai plus jamais devant un despote. La liberté a un prix et ce prix, je suis prêt à le payer comme l’ont déjà fait nombre de nos compatriotes.
Les Guinéens en ont jusque-là. Ils sont tous prêts à mourir pour recouvrer leur liberté. Ils sont prêts à consentir les sacrifices qu’il faut, cela prendra le temps que cela prendra. Ils savent que le despotisme est déjà derrière eux.
Pour ma part, non seulement je ne quitterai pas le pays, mais je suis prêt à mourir. Rien de plus beau que de mourir pour la liberté ! Il y a des moments où la plume ne suffit pas. Il y a des moments où l’écrivain doit abandonner sa table de travail pour descendre dans l’arène. Le romancier ne doit pas se contenter de prendre la parole, il doit aussi prendre la rue, se tapir dans les tranchées ou se jucher sur les barricades.
« Un poème dans la poche, un fusil dans la main », disait d’ailleurs mon ami congolais, Emmanuel Dongala. De Garcia Lorca à Paul Eluard, de Tahar Djaout, à Ken Saro Wiwa, c’est quand le poète tombe sous les balles des barbares que la littérature prend tout son sens. Et qu’est-ce que la littérature sinon, ce bataillon armé de mots qui depuis la nuit des temps occupe les avant-postes du combat pour la liberté : liberté d’être, liberté de penser, liberté de dire, liberté d’aller et de venir, liberté de créer, liberté de rêver.
Non, je ne reculerai pas. Non, je ne me méfierai pas. Non, je ne n’adoucirai pas mes propos. Je continuerai vaille que vaille à dire merde à ce régime de merde.
Advienne que pourra !
Par Chérif Salif SY
LE FMI À L’ÉPREUVE DES CRITIQUES
Les fausses notes du Fonds révèlent une culture de l'impunité. Ses projections erronées sur l'inflation au Sénégal et l'absence d'enquête sur les erreurs commises au Mozambique illustrent un système où les échecs ne génèrent ni corrections ni sanctions
Depuis sa création en 1944, le Fonds Monétaire International (FMI) a été un acteur central de la gouvernance économique mondiale, mais aussi la cible de critiques persistantes. Ces remises en cause, particulièrement vives depuis l’avènement des programmes d’ajustement structurel (PAS) dans les années 1980, interrogent sur sa légitimité, son efficacité et ses priorités géopolitiques. En Afrique, ces critiques se cristallisent autour d’un modèle d’ajustement perçu comme unilatéral, déconnecté des réalités locales et au service d’intérêts extérieurs.
Contrairement à une idée répandue, le fonds ne produit pas lui-même les statistiques nationales des États membres. Son travail consiste à analyser les données fournies par les gouvernements, à en évaluer la cohérence et à élaborer des projections dans le cadre de ses programmes de surveillance ou d’assistance financière ainsi que pour la publication de ses « perspectives annuelles ». Cette nuance, essentielle pour appréhender ses limites et ses responsabilités, invite à réexaminer les critiques récentes à son égard, notamment dans le cas du Sénégal, sous un angle plus équilibré.
1. Les ajustements structurels : un modèle uniforme aux conséquences dévastatrices Les programmes d’ajustement structurel (PAS), emblématiques du « consensus de Washington », ont imposé aux économies africaines un triple carcan : austérité budgétaire drastique, privatisations massives et libéralisation forcée des marchés. Conçues comme des remèdes universels aux déséquilibres macroéconomiques, ces mesures ont fréquemment aggravé les crises qu’elles prétendaient résoudre. La réduction abrupte des dépenses publiques, présentée comme un gage de rigueur, a précipité l’effondrement des services essentiels – santé et éducation en tête – tout en approfondissant la paupérisation de la société. Au Sénégal, dès les années 1980, les PAS ont engendré une contraction économique durable, avec sept années de croissance négative sur les seize années qui ont suivi l’accès à la souveraineté internationale. Loin de stimuler un développement inclusif, ces politiques ont enfermé les États dans un cycle de dépendance : entre 2019 et 2023, le Sénégal a vu sa dette publique bondir de 74 % à 99 % du PIB, selon le récent rapport de la cour des comptes, en partie à cause de décaissements du FMI conditionnés à des critères de performance mal évalués. Parallèlement, la suppression des subventions agricoles et l’ouverture précipitée aux importations ont sapé les bases productives locales. En Côte d’Ivoire et à Madagascar, les PAS ont accentué la spécialisation dans l’exportation de matières premières, fragilisant les industries naissantes et verrouillant les économies dans un rôle de pourvoyeurs de ressources brutes. 2. Une gouvernance asymétrique au service des puissances historiques Le système de quotes-parts, hérité des accords de Bretton Woods en 1944, institutionnalise la domination des économies occidentales : les ÉtatsUnis et l’Europe détiennent collectivement plus de 45 % des droits de vote au FMI, contre moins de 5 % pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Ce déséquilibre structurel se traduit par des pratiques discriminatoires. Alors que des pays comme la Grèce ont bénéficié de marges de manœuvre lors de la crise de la dette de 2010, les États africains se voient imposer des conditionnalités strictes, même face à des chocs exogènes majeurs tels que les pandémies ou les catastrophes climatiques. Cette asymétrie nourrit des conflits d’intérêts patents : lors de la crise financière asiatique de 1997, les plans de sauvetage du FMI ont priorisé le remboursement des créanciers occidentaux, sauvant des banques étrangères au détriment des populations locales, précipitant des récessions profondes et des émeutes sociales. Par ailleurs, l’opacité des négociations entre le FMI et les gouvernements africains, souvent conduites sans consultation des parlements nationaux ni de la société civile, alimente un sentiment d’ingérence économique. Ce déficit démocratique, couplé à une concentration du pouvoir décisionnel entre les mains des pays riches, perpétue un néocolonialisme financier où les intérêts des créanciers priment sur les besoins des populations. 3.Un héritage social délétère et l’étouffement des alternatives Les programmes d’ajustement structurel (PAS) ont systématiquement alimenté une spirale d’inégalités et d’affaiblissement démocratique, comme en attestent plusieurs décennies d’expériences continentales. Au Sénégal, les coupes budgétaires imposées entre les années 1980 et 1990 ont drastiquement réduit l’accès aux services de santé et d’éducation, creusant un fossé socioéconomique entre zones urbaines et rurales (un apartheid silencieux sanctionné par les conditionnalités du FMI). Ces mesures d’austérité ont égale ment servi de catalyseur à des crises politiques aiguës : en Jamaïque, durant les années 2010, l’application rigide des PAS s’est traduite par une augmentation de 20 % du taux de pauvreté, provoquant des mobilisations sociales historiques contre le pouvoir en place. Parallèlement, le FMI a ignoré les modèles de développement alternatifs, pourtant éprouvés en Asie de l’Est, où l’interventionnisme étatique et une libéralisation progressive ont permis une croissance inclusive. Ces approches, jugées incompatibles avec l’orthodoxie néolibérale, ont été écartées au profit de réformes standardisées, privant les économies africaines de trajectoires adaptées à leurs réalités locales. 4. Des erreurs stratégiques récurrentes et une culture de l’impunité Le FMI cumule les critiques pour son incapacité persistante à anticiper les crises et à adapter ses prescriptions aux réalités complexes. Son aveuglement analytique historique, illustré par l’impréparation face à la crise des subprimes (2008) et à la débâcle asiatique (1997), découle d’une sous-évaluation systématique des risques liés à la financiarisation des économies (une lacune méthodologique dénoncée par des experts internes et externes). Les projections erronées, comme celles concernant l’inflation au Sénégal (-13,4 % prévu en 2025 contre 0,8 % réel fin 2024), révèlent des déficiences chroniques dans le traitement des données, malgré des alertes répétées sur leur fiabilité. Ces approximations s’inscrivent dans un cadre plus large d’irresponsabilité institutionnelle : le FMI ne rend aucun compte des impacts socio-économiques de ses programmes, comme en témoigne l’absence d’enquête approfondie sur les erreurs commises au Mozambique en 2016, où 10 % du PIB en « dette cachée » avaient été ignorés. Cette impunité systémique, protégée par son statut juridique, perpétue un cercle vicieux où les échecs ne génèrent ni corrections ni sanctions, fragilisant davantage les pays déjà vulnérables. 5 - Une légitimité érodée et des réformes en demi-teinte Malgré les critiques persistantes, les réformes engagées par le FMI peinent à restaurer sa crédibilité, tant elles évitent les remises en cause structurelles. La démocratisation limitée de sa gouvernance en est l’illustration : la révision des quotes-parts en 2010 n’a pas corrigé la surreprésentation des économies occidentales, qui conservent un monopole sur la direction générale, marginalisant l’Asie et l’Afrique malgré leur poids économique croissant
La persistance de l’austérité comme réponse universelle souligne cette inertie : après la pandémie de Covid-19, le FMI continue d’exiger des excédents budgétaires drastiques, à l’image du projet controversé visant à imposer au Sénégal un surplus primaire de 4 % du PIB en 2024 (un objectif inatteignable pour un pays déjà étranglé par une dette représentant 99 % de son PIB).
Enfin, les alternatives progressistes portées par la société civile, telles que la taxation des transactions financières ou l’annulation des dettes illégitimes, sont systématiquement écartées au profit d’une orthodoxie néolibérale. Ce refus d’innover, malgré l’urgence climatique et sociale, confirme l’emprise des logiques de marché sur l’institution, au détriment d’un multilatéralisme réellement inclusif.
“Si les critiques structurelles à l’égard du FMI – gouvernance archaïque, austérité dogmatique, responsabilité éludée – restent pleinement légitimes, elles ne sauraient occulter la co-responsabilité des élites africaines dans l’échec des réformes. Des exceptions notables, comme le Botswana des années 1990 ou le Rwanda post-2000, démontrent que des États visionnaires peuvent négocier avec le FMI des ajustements socialement inclusifs, combinant rigueur budgétaire et investissements prioritaires dans l’éducation ou la santé. À l’inverse, dans des contextes marqués par la prédation des ressources (Angola, Congo Brazzaville), les PAS ont souvent servi de caution à des politiques clientélistes, soulignant combien l’absence de volonté politique locale peut pervertir même les outils techniques les mieux conçus. Ainsi, l’émancipation économique de l’Afrique exige une double exigence : une réforme radicale du FMI pour rompre avec le néolibéralisme autoritaire, et une refondation des pactes sociaux nationaux, où les dirigeants assumeraient enfin leur devoir de reddition envers les peuples plutôt qu’envers les créanciers.
SOURCES ET RÉFÉRENCES
Remarque : Certains documents internes du FMI cités (exemple : certains rapports sur le Mozambique ou le Sénégal) ne sont pas accessibles au public, mais ont été évoqués dans des audits nationaux ou des travaux de chercheurs affiliés à l’institution. Les analyses critiques s’appuient sur des études universitaires et des rapports d’ONG reconnus pour leur expertise sur les politiques publiques africaines.
1. Banque mondiale (1981). Rapport sur les ajustements structurels en Afrique subsaharienne. Document de travail sur les impacts socio-économiques des PAS.
2. FMI (2016). Évaluation ex post du programme mozambicain : le cas de la dette cachée. Rapport interne non publié, mentionné dans les audits publics de 2017.
3. Sylla, N. S. & Doyle, P. (2024). Erreurs de projection et opacité : le cas du Sénégal. International Development Economics Associates (IDEAs).
4. Stiglitz, J. (2002). La Grande Désillusion. Fayard. Analyse critique des conditionnalités du FMI et de la Banque mondiale.
5. Cour des comptes sénégalaise (2024). Audit des comptes publics 2019-2023. Rapport officiel commandité par le gouvernement sénégalais.
6. Oxfam International (2020). L’austérité, un choix politique : impacts des PAS sur les services publics en Afrique. Rapport sur les coupes budgétaires en santé et éducation.
7. Nkrumah, K. (1965). Le Néocolonialisme, dernier stade de l’impérialisme. Réflexions prémonitoires sur la dépendance économique postcoloniale.
8. Nations Unies (2021). Rapport sur la dette insoutenable en Afrique. Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).
9. Mkandawire, T. (2005). “Maladjusted African Economies and Globalization”. African Development Review. Critique des politiques d’ajustement et alternatives.
10. FMI (2010). Réforme des quotes-parts : enjeux et limites. Document de réflexion sur la gouvernance institutionnelle.
11. Hussain, I. (1999). La Crise asiatique de 1997 : échecs et leçons pour le FMI. Brookings Institution.
12 Guttal, S. (2007). “La Mondialisation des inégalités”. Focus on the Global South. Analyse des impacts des prêts conditionnés.
13. Ghana Statistical Service (1995). Effondrement des subventions agricoles postPAS. Étude de cas sur la désindustrialisation.
14. Transparency International (2018). Corruption et opacité dans la certification des dettes publiques. Rapport annuel sur l’Afrique de l’Ouest.
15. Pigeaud, F. & Sylla, N. S. (2018). L’arme invisible de la Françafrique. La Découverte. Décryptage des liens entre politiques françaises et conditionnalités du FMI.
16. CNUCED (2023). Pour un New Deal financier africain. Plaidoyer pour l’annulation des dettes illégitimes.
17. FMI (2023). Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne. Données sur la croissance post-Covid et l’endettement.
18. Médicins Sans Frontières (1990). Impact des PAS sur les systèmes de santé en Côte d’Ivoire. Témoignages et données sanitaires.
19. Rodrik, D. (2006). “Goodbye Washington Consensus, Hello Washington Confusion?”. Harvard University. Critique des modèles économiques uniformisés.
20. African Union (2022). Stratégie de développement alternatif pour l’Afrique. Proposition de mécanismes régionaux d’ajustement.