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3 avril 2025
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LES DEUX VISAGES DU TIRAILLEUR
En qualifiant les tirailleurs de « traîtres », Cheikh Oumar Diagne ravive un lointain débat. L'histoire de ces hommes, faite de loyauté et de trahisons, de courage et de compromissions, dépasse largement les jugements manichéens. Décryptage !
L'histoire des tirailleurs sénégalais se lit comme un roman à double face, où chaque page révèle une contradiction plus profonde que la précédente. D'un côté, des soldats valeureux qui ont versé leur sang pour la France. De l'autre, les instruments volontaires d'une colonisation qui a bouleversé l'Afrique.
Le premier visage du tirailleur naît en 1857, dans l'ombre de la conquête coloniale. La France, confrontée à l'inadaptation de ses soldats au climat africain, trouve une solution pragmatique : recruter parmi les populations locales. Les premiers tirailleurs sont d'anciens esclaves, pour qui l'engagement militaire représente un chemin vers la liberté. Quatorze années de service contre la promesse d'une vie nouvelle. Un marché qui ressemble à s'y méprendre à un simple changement de maître.
Pourtant, ces hommes deviennent rapidement indispensables. Leur connaissance du terrain, leur maîtrise des langues locales et leur capacité à négocier font d'eux bien plus que de simples soldats. Les officiers français, ignorants de tout des royaumes africains, dépendent entièrement de leur expertise. C'est là que se dessine le paradoxe : essentiels mais jamais égaux, respectés pour leurs compétences mais systématiquement maintenues dans des positions subalternes par un racisme institutionnel qui interdit toute promotion au-delà d'un certain grade.
Le deuxième visage du tirailleur apparaît lors des deux guerres mondiales. Face au besoin urgent d'hommes, la France fait miroiter aux Africains la promesse d'une citoyenneté pleine et entière. Des milliers répondent à l'appel, convaincus que leur sacrifice leur ouvrira enfin les portes de l'égalité. Ils se battent avec bravoure, notamment à Verdun, où leur courage devient légendaire. Mais la reconnaissance ne suit pas. Pire encore, pendant l'occupation nazie, alors que les soldats français sont envoyés en Allemagne, les tirailleurs sont parqués dans des camps en France, dans des conditions inhumaines.
Le massacre de Thiaroye en 1944 cristallise cette dualité tragique. Des tirailleurs démobilisés, qui ont risqué leur vie pour libérer la France, sont abattus par l'armée française au Sénégal pour avoir simplement réclamé leurs soldes impayées. C'est le point de rupture où les deux visages se confrontent : celui du soldat loyal et celui de l'homme trahi.
L'après-guerre révèle une nouvelle dimension de cette dualité. Certains tirailleurs, profondément désillusionnés, deviennent les fers de lance des mouvements indépendantistes. D'autres continuent de servir la France dans ses dernières guerres coloniales, en Indochine puis en Algérie, perpétuant malgré eux un système qu'ils ont contribué à maintenir.
Cette histoire à double face se poursuit jusqu'à nos jours dans la mémoire collective. La France contemporaine peine à réconcilier ces deux visages : celui du héros de guerre, célébré dans les commémorations officielles, et celui de l'homme pris dans les rouages de la machine coloniale. Ce n'est qu'en 2022 que les derniers tirailleurs ont obtenu une reconnaissance élargie de leurs droits, comme si la nation tentait tardivement de regarder en face cette histoire complexe.
Les tirailleurs sénégalais nous rappellent qu'il n'existe pas de vérité simple dans l'histoire coloniale. Leurs deux visages nous montrent que l'héroïsme et la tragédie peuvent coexister dans les mêmes uniformes, que la loyauté et la trahison peuvent se confondre dans les mêmes destins. Leur histoire nous invite à dépasser les jugements manichéens pour comprendre la complexité des choix individuels face aux forces de l'Histoire.
LES PRÊTRES AFRICAINS, NOUVEAUX PILIERS DES PAROISSES FRANÇAISES
Dans les presbytères de l'Hexagone, les accents du continent résonnent de plus en plus. Ces prêtres, venus du Bénin, du Sénégal, du Congo, du Cameroun ou encore du Burkina Faso, constituent désormais l'épine dorsale de nombreuses paroisses
(SenePlus) - Un phénomène devenu incontournable dans les églises de France, comme le révèle une enquête approfondie du Point. Nombre d'entre les fidèles ont sans suivi la messe célébrée par un prêtre venu d'Afrique. Une réalité qui illustre la transformation profonde du clergé français.
Les chiffres sont éloquents : selon Le Point, sur les 3 000 prêtres étrangers exerçant en France, entre 70 % et 80 % sont originaires d'Afrique, représentant environ un tiers des prêtres actifs de moins de 75 ans. À ces effectifs permanents s'ajoutent 600 à 700 prêtres assurant des remplacements saisonniers, ainsi que 300 ecclésiastiques poursuivant leurs études dans les Instituts catholiques.
Cette présence croissante répond à un besoin urgent. Le journal rappelle qu'en à peine deux décennies, le nombre total de prêtres en France a chuté drastiquement, passant de 25 353 en 2000 à 11 644 en 2022. Plus significatif encore, les prêtres diocésains ont vu leurs effectifs fondre de 19 243 à 9 336 sur la même période, tandis que le nombre de séminaristes s'est réduit de 976 à 709.
Ces religieux, qui viennent principalement de la République démocratique du Congo, du Bénin, du Congo Brazzaville, du Togo, du Cameroun, du Sénégal, du Burundi, du Rwanda, de Madagascar, de Côte d'Ivoire et du Burkina Faso, exercent leur ministère grâce à l'encyclique Fidei Donum de 1957. Comme le souligne la sociologue Corinne Valasik, citée par Le Point : "Ce mouvement du Sud vers le Nord a commencé dans les années 1980-1990, et s'est accéléré au cours des années 2000."
L'adaptation de ces prêtres ne va pas toujours de soi. La sociologue, qui a mené une étude approfondie sur le sujet, révèle au quotidien français les différents obstacles qu'ils rencontrent. Les contraintes liturgiques françaises, comme la limitation des homélies à sept minutes, peuvent dérouter. L'un des prêtres interrogés confie : "Une homélie chez vous, c'est si court qu'on dirait un tweet ou un pense-bête."
Le quotidien présente également ses défis. Ces hommes d'Église doivent s'adapter à un mode de vie plus solitaire, assumant des tâches domestiques inhabituelles pour eux. La baisse de statut social par rapport à leur pays d'origine, la barrière de la langue, et parfois même des expériences de racisme constituent autant d'épreuves à surmonter.
Cette réalité, devenue incontournable dans le paysage religieux français, a même été évoquée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin qui déclarait, comme le rapporte Le Point : "Il faut le dire au Rassemblement national : si on devait virer tous les étrangers qui travaillent en France, il n'y aurait plus beaucoup de curés dans les paroisses !"
par Birane Diop
SEMBÈNE, L’INSOUMIS ET DÉFENSEUR DES GRANDES CAUSES
Autodidacte, ancien syndicaliste, écrivain, cinéaste et militant politique, il demeure une grande conscience du monde libre, où fleurit l’insoumission. Toute sa production artistique possède une dimension politique, à bien des égards
À Paris, le mois de décembre annonce la fin de l’année sous différentes facettes et couleurs. La mystique qu’apporte décembre enveloppe la Ville Lumière de tout ce que l’humanité porte en elle de magnifique, comme le rituel des cadeaux de Noël : ces présents qui s’amassent sous le sapin et qui sont offerts aux gens qu’on aime, surtout aux enfants, ces êtres qui nous bouleversent par leur sourire et leur regard innocent.
C’est dans cette atmosphère de fête et de joie simple que je me suis rendu à la librairie Présence Africaine, lieu de sens et de mémoire niché rue des Écoles, pour me faire plaisir en achetant le livre Ousmane Sembène – Le Fondateur, édité par la maison Vives Voix, sous la direction de Ghaël Samb Sall et Baba Diop.
Quoi de plus magique que de terminer cette année marquée par des tensions sur une note qui immortalise l’œuvre majeure de l’un des plus illustres Sénégalais, voire Africains ? Car, quand tout s’effacera dans l’hiver fasciste qui s’annonce, il ne restera que le cinéma et la littérature — et, par ricochet, l’œuvre foisonnante du père de Mame Moussa et d’Alain.
Quand la libraire m’a annoncé que le livre coûtait soixante euros — une somme assez conséquente en ces temps de fêtes marqués par une explosion des dépenses —, ma réponse lui a arraché un sourire : « Madame, je mettrais cent euros rien que pour l’avoir dans ma bibliothèque. C’est Sembène, le meilleur de tous les temps. Hier, aujourd’hui et demain. Il est et restera la figure majeure du cinéma africain. Il n’y a pas débat. »
Ce livre, à la fois souvenir et marque de gratitude, retrace la trajectoire magistrale d’un homme pluriel, celui qu’on surnomme affectueusement le père du cinéma africain, artiste majuscule et défenseur des grandes causes : Ousmane Sembène.
Autodidacte, ancien syndicaliste, écrivain, cinéaste et militant politique, Ousmane Sembène demeure une grande conscience du monde libre, où fleurit l’insoumission. Depuis le 9 juin 2007, il repose dans le pays sans fin de Yoff, mais son œuvre continue de nourrir des millions d’âmes à travers le monde. En ce sens, je peux dire sans réserve que l’homme qui nous a offert Moolaadé, Émitaï, Guelwaar, Le Docker noir, Xala, etc., était un internationaliste, un bâtisseur ouvert aux vents féconds de toutes les aires géographiques. Personnellement, son œuvre immense — films comme livres — m’a profondément bouleversé et a durablement nourri mon imaginaire.
Il m’arrive souvent de la redécouvrir. Je ne peux pas dire combien de fois j’ai regardé Moolaadé, Camp de Thiaroye, Le Mandat, etc. Et chaque fois, je reçois une belle claque. C’est ça, Sembène.
Toute sa production artistique possède une dimension politique, à bien des égards. De plus, il avait ce don particulier de mettre en lumière les hypocrisies et les conservatismes qui traversent la société sénégalaise, une société ballottée entre une religion venue d’ailleurs et le spiritualisme ceddo. Il en maîtrisait les ressorts sociologiques avec une lucidité sans pareille.
Homme sensible au poids des inégalités sociales et au malheur des dominés, Sembène était aussi un fervent militant de l’émancipation, des causes justes qui portent en elles des valeurs essentielles : la dignité, le refus et la liberté. En un mot, il était un homme debout, profondément progressiste et féministe. Féminisme : ce joli mot ne lui faisait pas peur, bien au contraire. Tous ses films sont des chefs-d’œuvre, mais Moolaadé est celui qui m’a le plus bouleversé, eu égard à sa thématique. C’est un film éminemment politique, car il aborde sans faux-semblants l’excision et toutes les pratiques culturelles qui marquent de blessures le corps des femmes et sapent leur dignité. Autrement dit, il s’attaque à la tyrannie qu’exercent les hommes biberonnés au patriarcat sur les femmes, au nom de l’islam.
Sur un autre versant, notamment dans Xala, Sembène considérait la polygamie comme une pierre d’achoppement à l’évolution de la femme. Dans cette institution qu’est la polygamie, les femmes ne sont pas traitées d’égal à égal. Les lois reposent sur le non-respect de la transparence et des règles qui ceignent l’amour.
Dans son film Ceddo, Sembène fait un réquisitoire de l’islam et du christianisme, ces deux religions monothéistes qui ont pénétré le corps social et qui veulent effacer les spiritualités africaines. Ce film, qui fâche, a été censuré par Senghor. Selon le président et homme de culture, Sembène n’avait pas respecté la sémantique : Ceddo s’écrit avec un seul « d » (Cedo). En réalité, ce n’était qu’un prétexte fallacieux. Le film dérangeait tout simplement les esprits sans hauteur, car Sembène y dénonçait les oppressions religieuses. La figure de l’imam et les guerriers ceddos sont parlants. Et comme le dit brillamment Clarence Delgado, gérant de la Société Filmi Domireew de feu Sembène : « La polémique sur Ceddo avec Senghor était superficielle sur l’orthographe du nom, mais ce que dénonçait Sembène dans ce film, c’était les religions importées, car il était très intègre, très africain. Il n’aimait pas qu’on vienne lui imposer une culture. Voilà ce qui a posé problème à Senghor. »
L’œuvre cinématographique de Sembène est vaste et traverse les âges et les époques. Elle nourrit des millions de gens éparpillés dans le monde et qui ont l’insoumission en partage. Lecteur discipliné de Jack London, intellectuel organique et homme du refus, Sembène était un artiste qui a documenté et filmé, durant toute sa vie, les quotidiens difficiles des petites gens, des invisibles, ceux et celles que la bourgeoisie toise et insulte.
NOËL AU SÉNÉGAL, UNE HARMONIE ISLAMO-CHRÉTIENNE FASCINANTE
Qu’ils soient musulmans ou chrétiens, les Sénégalais savourent cette fraternité islamo-chrétienne avec beaucoup de fierté. Une harmonie qu’ils espèrent voir résister à la montée des extrémismes religieux
Comme chaque année, l’esprit Noël s’est emparé du Sénégal. Le pays vit au rythme des festivités, on se croirait même dans un pays chrétien alors que les musulmans représentent plus de 95% de la population. Mais, les Sénégalais se sentent bien dans cette communion que beaucoup trouvent fascinante.
Julie Atia, est une ressortissante gabonaise au Sénégal. Elle est émerveillée car pour elle, « Au Sénégal, il y a quelque chose de particulier, c'est que pendant les fêtes de Noël, on le ressent. Tout le monde est impliqué ; la ville est décorée, tout le monde est dans la fête, que ce soit des chrétiens, que ce soit des musulmans. »
Et c’est une particularité bien sénégalaise. Ici, la communion dans la célébration des fêtes religieuses n’a presque pas d’égal. En cette période de Noël, difficile de deviner que nous sommes dans pays à plus de 95% de musulmans tant il vit au rythme de la fête. Au « Sénégal, il y a quelque chose de particulier, c'est que pendant les fêtes de Noël, on le ressent, tout le monde est impliqué, tout le monde est dans la fête, que ce soit des chrétiens, que ce soit des musulmans, et c'est quelque chose qui me fascine à chaque fois et chaque année. Donc, je le vis bien, je vis bien Noël au Sénégal. », affirme Julie Atia qui vit au Sénégal depuis 22 ans.
Cette communion en période des fêtes religieuses est l’un des symboles de la solidité du brassage religieux au Sénégal. Inviter un ami ou un voisin d’une autre religion relève presque du sacré. Didier Forbis habite à Sicap Baobabs, un quartier à forte concentration chrétienne. Assis devant sa maison, ce père de famille a déjà tout prévu pour un retour de l’ascenseur. « Avant, dans les temps, il n'y avait que les familles catholiques qui fêtaient ça. Mais il y a 25 ans, il y a 30 ans, c'est devenu plus ouvert. Moi, je suis catholique, mais tu vois un musulman qui m'invite chez lui pour Noël. Et moi, si je prends un autre copain musulman, je l'amène chez moi. C'est normal, hein, parce qu’eux, pendant les tabaski, ils nous invitent ou bien ils font un repas copieux, ils nous servent à la maison ou bien nous invitent, ils nous donnent à manger. On fête les fêtes de tabaski ensemble, comme on fête Noël ensemble, et la fête de fin d'année ensemble »., dit-il.
Et cette concorde fait du Sénégal un pays presque à part. Une exception que le frère Julien Mati Manga, vicaire dans une paroisse de Dakar, considère comme une bénédiction. Pour lui, « c'est quelque chose de profond, qui vient même des origines, je veux dire, de Dieu. Parce que c'est Dieu qui a voulu qu'on soit frères et sœurs, étant des religions différentes. Donc, c'est fondamental pour qu'étant des religions différentes, ayant le même ancêtre Adam et Ève, nous nous réunissons pour célébrer ensemble. Ce n'est pas seulement Noël, vous voyez, tabaski, c'est comme ça aussi. Vous sentez dans toute la ville que tout le monde est en fête. Ça, c'est une réalité du Sénégal, et c'est une grâce que Dieu nous a donnée. Et nous devons continuer d'entretenir, et même partager cela avec d'autres qui ne connaissent pas, cette fraternité islamo-chrétienne qui nous lie et qui nous renforce. »
Qu’ils soient musulmans ou chrétiens, les Sénégalais savourent cette fraternité islamo-chrétienne avec beaucoup de fierté. Une harmonie qu’ils espèrent voir résister à la montée des extrémismes religieux.
PLACE DE L’INDÉPENDANCE, LE CŒUR BATTANT DES FESTIVITÉS DE FIN D’ANNÉE
La célèbre place s’est ornée de ses plus belles décorations pour célébrer la fin d’année. Illuminations scintillantes, ornements colorés et ambiance festive attirent une foule nombreuse, venue partager des moments inoubliables avec ses proches.
Dakar est en fête, et la place de l’Indépendance en est le cœur battant. Cette année encore, la célèbre place s’est parée de ses plus belles décorations pour marquer la fin d’année. Illuminations scintillantes, décorations colorées et ambiance festive attirent une foule nombreuse, venue partager des moments uniques avec ses proches.
La place de l’Indépendance à Dakar, lieu emblématique et habituellement empreint d’histoire, se métamorphose en un écrin féerique à l’approche des fêtes de fin d’année. Cette transformation annuelle attire une foule considérable, venue s’immerger dans une atmosphère festive unique. Dès la tombée de la nuit, la place s’illumine d’une myriade de lumières scintillantes, avec des guirlandes colorées, des décorations somptueuses et une étoile géante trônant au centre, créant un spectacle enchanteur.
L’ambiance festive attire également les résidents de différentes contrées de Dakar et de ses environs. Mamy et Zidath Fall, dans la vingtaine, originaires de Rufisque, sont venues pour changer d’air et profiter d’un décor qu’elles ne trouvent pas chez elles. Les deux sœurs visitent régulièrement la place de l’Indépendance pour profiter de cette ambiance festive.
« Nous sommes venues ici pour changer d’air, passer un bon moment et découvrir les lieux. À Rufisque, l’espace est très restreint, et nous n’avons pas ce genre de décor. C’est pour cela que nous avons décidé de nous déplacer. De plus, décembre est un mois de fête », explique Mamy. Ce n’est pas la première fois pour les deux sœurs. Zidath Fall précise que cela fait deux ans qu’elles visitent régulièrement la place pour profiter de l’ambiance festive.
À l’instar des deux Rufisquoises, Ibrahima et Matar, venus de Pikine Guinaw Rail, apprécient l’espace pour se détendre après une période de stress, déplorant le manque de tels aménagements dans leur banlieue. Ibou, comme l’appelle son ami, explique les raisons de leur déplacement de la banlieue à la ville : « Nous sommes venus ici pour profiter de l’espace et nous détendre après une période de stress. À Pikine, nous n’avons pas d’endroits aménagés comme celui-ci. Nous aimerions que de tels espaces soient créés dans la banlieue pour que nous puissions également en profiter. »
Les familles et les couples se promènent sur la place, profitant des décorations et des illuminations. Beaucoup se font photographier par les photographes présents, souhaitant immortaliser ces moments précieux. Des passants se laissent émerveiller par la féérie des lieux et se promènent dans une atmosphère conviviale, à l’image de Monsieur Mbengue. Ce jeune père de famille est venu célébrer l’anniversaire de son fils aîné en famille. Il souligne que l’endroit est bien décoré et que c’est un lieu idéal pour profiter des festivités.
Une effervescence économique
L’affluence sur la place de l’Indépendance représente une opportunité économique pour de nombreux commerçants. Abdoulaye, vendeur de jouets, exprime sa gratitude pour les ventes accrues pendant cette période. Il explique que la décoration de la place attire beaucoup de visiteurs, ce qui est bénéfique pour son commerce.
Cependant, Oumou Sy, vendeuse de jouets qui étale sa marchandise sur le sol, ressent les effets de la conjoncture économique, avec des ventes plus lentes que les années précédentes : « À cette période, les années passées, nous avions déjà vendu une grande partie de nos produits et en avions racheté d’autres. Cette année, nous devons patienter. Peut-être que la situation s’améliorera d’ici le 31 décembre. » Ils ne sont pas les seuls. Le commerce est bien présent sur les lieux.
Photographes et flâneurs : capturer la magie
Parmi les nombreux visiteurs, des photographes professionnels, comme Cheikh Diagne, sont présents pour capturer l’atmosphère unique de cet événement. Cheikh, photographe professionnel, explique qu’il s’investit pleinement dans son travail et qu’il a été engagé pour photographier des œuvres liées à la création culturelle, notamment pour l’exposition Expo Décembre.
Il a choisi de se déplacer dans un espace plus ouvert pour travailler dans des conditions plus agréables. Birane, également photographe, scénariste et réalisateur, confie que l’attrait de l’espace l’a attiré. Il était venu à l’origine pour photographier un ami, mais l’ambiance et les décors l’ont inspiré à capturer des images uniques.
PRÈS DE DEUX MILLIONS D'ENFANTS NE SONT PAS SCOLARISÉS
Dr Tomoko Shibuya, conseillère régionale pour l’Éducation de l’UNICEF en Afrique de l’Ouest et du Centre, revient sur les principaux enjeux éducatifs en Afrique, en particulier au Sénégal, après la conférence sur l’éducation organisée par l'UA et l'UNICEF
Docteure Tomoko Shibuya est la conseillère régionale pour l'Éducation du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre de l’UNICEF, basé à Dakar, couvrant 24 pays dans la sous-région. Diplômée des universités d'Oxford et de Cape Town, elle possède 25 ans d'expérience dans l'éducation à travers plusieurs pays d'Afrique, notamment au Mozambique, au Niger, au Burkina Faso et en Guinée-Bissau en tant que chef éducation de l’UNICEF. Elle aborde ici les enjeux de l'éducation en Afrique et au Sénégal en particulier, en pointant les failles et en relevant les maigres avancées.
Vous venez de terminer la conférence continentale sur l'éducation organisée par l'Union africaine, en collaboration avec l'UNICEF. Quels sont les axes majeurs de cette conférence ?
Je reviens tout juste de Mauritanie où s'est tenue une conférence continentale sur l'éducation passionnante, réunissant environ 400 participants, près de 30 ministres, vice-ministres et directeurs de l'éducation, plus de 100 experts et leaders d'opinion ainsi que des défenseurs des jeunes venus de tout le continent. Organisée par l'Union africaine, en collaboration avec l'UNICEF, l'événement, qui a eu lieu à Nouakchott, le 9 décembre 2024, a mis en lumière un engagement fort pour élargir les solutions innovantes et garantir une éducation de qualité et équitable, répondant ainsi aux défis du XXIe siècle en Afrique. Les principaux points abordés incluent l'accès à une éducation publique gratuite et obligatoire pour chaque enfant, l'apprentissage fondamental, y compris l'éducation de la petite enfance, la priorité à l'accès et à l’apprentissage des enfants affectés par les urgences ainsi que le financement et la gouvernance de l'éducation.
Cette conférence a enregistré la présence de plusieurs chefs d'État. Peut-on avoir une idée sur les décisions prises ainsi que la suite ?
Effectivement, la présence de plusieurs chefs d'État à cette conférence, dont les présidents de l'Algérie, de la Mauritanie, du Rwanda et du Sénégal ainsi que celle du président de la Commission de l'Union africaine et du directeur exécutif adjoint de l'UNICEF, Ted Chaiban, a été un moment fort. Leur engagement a souligné l'importance cruciale de l'éducation inclusive et de qualité pour chaque enfant et jeune en Afrique.
Parmi les recommandations formulées, il a été proposé de déclarer la prochaine décennie comme une "Décennie de l’éducation", afin de concentrer les efforts sur l'amélioration et l'expansion de l'accès à l'éducation à travers le continent. La suite consistera à mettre en place des actions concrètes pour faire de cette vision une réalité, en collaborant avec les gouvernements et les partenaires internationaux.
Justement, où en êtes-vous avec l'agenda 2065 ? Est-ce que l'Afrique sera au rendez-vous ?
D'ici 2050, l'Afrique devrait avoir la population la plus jeune du monde. Les implications sont immenses et nous devons saisir l'opportunité du dividende démographique. Cependant, les États de la région n’investissent pas autant que leur croissance démographique l’exigerait. Cela risque de devenir dramatique : on estime qu’il y aura près d’un milliard d’enfants en 2050 en Afrique et si nous continuons au même rythme d’investissement insuffisant, nous aurons près de 160 millions d’enfants hors de l’école. L'Union africaine s'est engagée à promouvoir un développement inclusif sur l'ensemble du continent, grâce à des stratégies ciblées et concrètes. Le moment est venu de veiller à ce que ces stratégies soient pleinement mises en œuvre au profit de chaque Africain.
À cet égard, la décennie d'accélération pour l'éducation et les compétences sera essentielle pour réussir cette transition.
Le constat est que malgré les efforts, certains pays traînent les pieds dans le cadre de l'éducation pour tous. Quel est l’état des lieux en Afrique et au Sénégal en particulier ?
Aujourd’hui, plus de 100 millions d’enfants ne sont pas scolarisés en Afrique, représentant 40 % des enfants non scolarisés du monde, alors que le continent compte à peine un quart de la population scolarisable globale. Entre 2015 et 2024, malgré une augmentation de plus de 30 % du nombre d’enfants scolarisés, le nombre absolu d'enfants non scolarisés a augmenté de 13,2 millions. Les situations de fragilité, de conflit et de violence impactent dramatiquement l’accès à l’éducation et sa qualité. Par exemple, le taux d’enfants non scolarisés au Sahel central est trois fois plus élevé que dans le reste du monde. En Afrique de l’Ouest et du Centre, plus de 14 000 écoles ont été fermées en raison de l’insécurité, affectant 2,8 millions d’enfants. En Afrique subsaharienne, près de 90 % des enfants de 10 ans ne parviennent pas à lire et comprendre un texte simple, et ce taux dépasse même 95 % dans certains pays affectés par la violence et les conflits.
Au Sénégal, près de deux millions d’enfants (36 %) ne sont pas scolarisés et parmi ceux qui sont scolarisés dans l'enseignement formel, 67 % ont les compétences minimales en lecture et en calcul.
Le Sénégal est-il un bon élève, selon vous, en matière de progrès pour l'éducation ? Dans le cas contraire, que lui reste-t-il à faire ?
Le Sénégal a fait des progrès notables en matière d’éducation, maintenant les niveaux d’investissement dans le secteur entre 22 et 23 %, dépassant la norme internationale de 20 % du budget national.
Cependant, plus de 90 % de cet investissement est consacré aux salaires, laissant très peu à allouer de manière ciblée pour garantir un réel impact et l’équité. Pour réussir la transformation du système éducatif, il est essentiel d’améliorer l’efficacité et l’impact des dépenses consacrées à l’éducation à tous les niveaux.
Le Sénégal a considérablement amélioré les résultats d'apprentissage, passant de 39 % des enfants acquérant des compétences minimales en lecture et en calcul en 2014, à 67 % en 2019 lors de l'évaluation du Pasec. L'engagement du pays en faveur de l'apprentissage fondamental pour tous les enfants a été récemment réaffirmé par la présence active du gouvernement lors du deuxième échange continental sur l'apprentissage fondamental à Kigali, au Rwanda.
Les deux millions d'enfants hors de l'école ont un droit fondamental à l'éducation. Il est crucial d’offrir davantage de voies alternatives de qualité aux enfants et adolescents non scolarisés, comme l’éducation de la deuxième chance, les programmes d’apprentissage accéléré, l’enseignement à distance ou d’autres modalités alternatives ainsi que des cours d’alphabétisation et de calcul dans les écoles coraniques.
TENSION AUTOUR D’UNE CONSTRUCTION ILLÉGALE AU POINT E
Depuis quatre ans, les habitants de la rue de Diourbel s’opposent à la construction controversée d’un immeuble de 15 étages dans une impasse, un projet qu’ils jugent contraire aux règles d’urbanisme.
Un conflit oppose les riverains de la rue de Diourbel sise à Point E à un promoteur immobilier, depuis maintenant quatre ans. En cause, la construction d’un immeuble de 15 niveaux situé dans une impasse, une situation jugée inacceptable par les habitants du quartier. En conférence de presse ce mardi 24 décembre, ils ont dénoncé le silence des autorités face à cette situation.
Selon Serigne Diagne, vice-président du conseil de quartier du Point E et également vice-président de l’association « Mon quartier autrement », le litige remonte à 2019. Les riverains avaient alors « saisi le tribunal qui avait mandaté un expert ». D’après le sieur Diagne, Le rapport de l’expert avait clairement stipulé qu’un immeuble de 15 étages était hors de question dans cette impasse, la limite étant fixée à trois niveaux en raison de « calculs liés à la surface et aux normes d’urbanisme ».
Malgré une première interruption des travaux suite à des investigations qui ont révélé une « fausse adresse sur la demande d’autorisation initiale », le promoteur a repris la construction. Cette fois, il a obtenu une autre autorisation en utilisant une adresse différente, « rue de Diourbel, angle canal 4 ». Cependant, comme le souligne Serigne Diagne, cette adresse est également fallacieuse. « Rue de Diourbel, angle canal 4, ça n’existe pas parce que souvent le subterfuge qu’ils font, c’est quand ils font angle 4. Angle, ça veut dire qu’il se trouve sur la route, alors que vous pouvez constater de vous-mêmes qu’ici l’immeuble n’est pas sur la route ». Les riverains estiment donc que le promoteur contourne délibérément les règles d’urbanisme pour mener à bien son projet.
Face à cette situation, les riverains ont multiplié les actions. Ils ont commencé par sensibiliser le promoteur par des vidéos et des échanges, avant d’écrire une lettre pour tenter de trouver une réconciliation. « Nous, de notre part, du côté du conseil de quartier, on avait écrit au promoteur pour essayer de trouver une réconciliation entre lui et les riverains », explique Serigne Diagne. Le promoteur a toutefois ignoré ces tentatives d’après Diagne. Les résidents de Point E ont ensuite organisé des mobilisations qui n’ont pas abouti.
Face à l’absence de réponse, ils envisagent un sit-in comme prochaine étape. Comme l’explique Serigne Diagne, l’objectif est « d’interpeller, se faire entendre pour que les autorités puissent venir et constater de vue ce qui est en train de se passer ». Il a ajouté qu’ils pourraient même en arriver à « brûler des pneus » si nécessaire pour faire entendre leur voix. Leur principal objectif est que les autorités prennent conscience de la situation et fassent respecter les règles d’urbanisme.
PAR Jean Pierre Corréa
MULTIPLE PHOTOS
UNE VIE ENGAGÉE POUR LA JEUNESSE DE SON PAYS, LE SÉNÉGAL
L'histoire de Marie Louise Corréa, récemment élevée au rang de Grand-Croix de l'Ordre National du Lion, est celle d'un engagement total, porté par une conviction inébranlable : les jeunes sont le plus précieux des trésors
Le Sénégal a tenu à honorer la semaine passée, des hommes et des femmes qui, de par leurs vies et les forts engagements qui ont jalonné leurs parcours, sont devenus des exemples et des références pour les citoyens de ce pays, ce pays dont ils ont en partage l’amour qu’ils lui portent, profondément. Marie Louise Corréa, a été élevée au rang de Grand-Croix de l’Ordre National du Lion, en témoignage de sa vie exemplaire au service de notre jeunesse. Son petit frère que je m’honore d’être, vous révèle cette grande dame, envahi de cette émotion non retenue.
Docteur Marie Louise Corréa : « Akéla» est toujours en jeunesse.
Il m’est agréable de vous offrir ce portrait de Marie Louise Corréa, qui a consacré toute sa vie à la jeunesse, à travers une activité formatrice à souhait, qu’est le scoutisme, mouvement qu’elle a traversé de la base à son plus haut niveau de responsabilité. Elle porte à merveille le nom donné à tous les chefs de meutes, AKELA, et ce rôle lui va à merveille, elle qui aime tant couver et diriger avec douceur ceux qu’elle aime et dont elle ne supporte pas de ne pas en tirer le meilleur, Portrait forcément intimiste.
Marie Louise Corréa naît à Ziguinchor le 26 novembre 1943, de Daniel Corréa et d’Antoinette Carrère. Son père est éducateur, enseignant et surtout, il pose les jalons des mouvements de jeunesse, qui engendreront le scoutisme. Marie Louise Corréa aura la jeunesse et sa nécessaire éducation naturellement comme fil conducteur de sa vie sociale.
A 12 ans, elle est déjà cheftaine des âmes vaillantes au Lycée Faidherbe, avant de venir poursuivre ses études au Lycée Van Vollenhoven, d’intégrer la JEC, et de diriger une meute de louveteaux, à la Cathédrale de Dakar, et d’intégrer la hiérarchie du Scoutisme Sénégalais, puis plus tard les instances du Mouvement Scout Africain.
Date aussi importante pour elle, est la disparition de son père, Daniel Corréa, le Jeudi 11 avril 1968. Nous sommes en plein milieu de la Semaine nationale de la Jeunesse qu’il avait avec d’autres, instituée. Le président Senghor décida, du fait de ses importantes fonctions au ministère de la Jeunesse et des Sports, d’interrompre son déroulement, en guise d’hommage. Elle gardera de son père en héritage ce dévouement permanent à la jeunesse de son pays.
D’autres dates repères marquent la vie au service de la jeunesse de Marie Louise Corréa. Elle est à la tête du Scoutisme Sénégalais de 1983, à 1997, du Scoutisme Africain de 1992 à 1998, accède au Comité Mondial du Scoutisme en 1999 à Durban, et d’en assurer la présidence de 2002 à 2005. Elle est la première femme et la première noire à occuper cette responsabilité.
Dans le même temps, elle mène avec rigueur sa carrière de médecin généraliste, avant d’être appelée au gouvernement, sous Abdou Diouf, comme ministre de la Recherche et de la Technologie en 1995, et d’être reconduite en 1998 comme ministre du Travail et de la Fonction publique.
Elle a été distinguée déjà comme Commandeur de l’Ordre National du Lion de la République du Sénégal, et Officier de la Légion d’Honneur Française.
En dehors de son père Daniel Corréa, sa référence absolue, elle a du respect pour Senghor, Abdou Diouf, le Pape Jean Paul 2 qui a initié les Journées Mondiales de la Jeunesse, et aussi tous ceux qui, enseignants professeurs et éducateurs qui ont concouru à son développement personnel. Marchant dans le sillage de ce père vénéré, sa vie dédiée au service de la jeunesse n'empêchera pas Marie Louise Corréa de poursuivre de brillantes études de médecine et d'élever en mère attentive ses quatre enfants. C'est en effet le 13 juillet 1976 qu'elle obtient son diplôme d'Etat de Docteur en Médecine après une brillante thèse passée sous la direction du Professeur Marc Sankalé.
La visite du Pape Jean Paul 2 à Dakar, en 1992, sera un de ses plus beaux souvenirs, autant que son élection au Comité Mondial du Scoutisme.
Marie Louise Corréa participe au relais de Flamme Olympique aux « Jeux Olympiques » d’Athènes en 2004. Souvenir qui lui procure encore aujourd’hui une vive émotion.
Une vie de devoirs
Son viatique pour la vie correspond aux trois piliers du scoutisme : Devoirs envers Dieu, Devoirs envers Autrui, Devoirs envers soi-même.
La pensée qui la motive et qui est le message qu’elle compte délivrer à la jeunesse, se résume en quatre principes :
L’autonomie, qui offre le choix aux jeunes, la Solidarité, qui vous amène à vous soucier des autres, la Responsabilité, qui vous fait assumer vos propres actes, l’Engagement, qui commande de s’affirmer par rapport à des valeurs.
Les jeunes sénégalais, tiennent en Marie Louise Corréa une belle icône qui aura fait de la jeunesse un moyen d’excellence, et qui la marque tellement qu’elle garde éternellement ce sourire qui lui confère un air de perpétuelle jouvence. Comme on dit : « Scout un jour… Scout toujours ».
LA COUR DES COMPTES DÉMENT TOUTE DEMANDE DE REPORT DU RAPPORT SUR LES FINANCES PUBLIQUES
La cour souligne que l’adoption du rapport se fait selon les procédures internes et les règles en vigueur à la Cour, établies par la loi organique n°2012-23 du 27 décembre 2012 et le décret n°2013-1349 du 13 novembre 2013.
La Cour des Comptes a réagi à la parution de l’édition du 24 décembre 2024 du journal Le Quotidien, qui annonçait la publication du Rapport sur la situation des Finances publiques pour la période 2019-2024. Selon le journal, cette publication serait reportée jusqu’au 31 décembre 2024, à la demande du Gouvernement. Cette information a rapidement été démentie par la Cour des Comptes, qui a apporté des précisions importantes à travers un communiqué officiel.
La Cour des Comptes tient à rappeler que le rapport, actuellement en cours d’élaboration, n’a fait l’objet d’aucune demande de report de la part du Gouvernement. Elle souligne que l’adoption du rapport se fait selon les procédures internes et les règles en vigueur à la Cour, établies par la loi organique n°2012-23 du 27 décembre 2012 et le décret n°2013-1349 du 13 novembre 2013.
Par ailleurs, la Cour des Comptes précise que le rapport sur la situation des finances publiques repose sur les données fournies par le Gouvernement, mais que sa production et sa publication sont régies par des principes d’indépendance, de contradictoire et de collégialité. Le document sera publié une fois qu’il aura été adopté par les instances compétentes de la Cour, dans le respect des normes du Code de transparence dans la gestion des finances publiques.
DIAS-ASSEMBLÉE, LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL SE DÉFILE
La haute juridiction se déclare incompétente pour statuer sur la demande d'annulation de radiation de Barthélémy Dias de l'Assemblée. Les sages rappellent que leur rôle se limite essentiellement au contrôle de la constitutionnalité des lois
(SenePlus) - Le Conseil constitutionnel du Sénégal a rendu ce mardi 24 décembre 2024 sa décision concernant la requête introduite par Barthélémy Toye Dias. Dans sa décision n°6/C/2024, la haute juridiction s'est déclarée incompétente pour statuer sur la demande d'annulation de l'arrêté n°00079/ANS/SG/AD/GEN du 6 décembre 2024 relatif à sa radiation de la liste des députés.
La requête, déposée le 16 décembre 2024 et enregistrée sous le numéro 109, visait à contester la décision du Président de l'Assemblée nationale. Dans leurs mémoires en réponse respectifs des 17 et 18 décembre 2024, tant l'Agent judiciaire de l'État que le président de l'Assemblée nationale ont souligné que cette requête n'entrait pas dans le champ de compétence du Conseil constitutionnel.
Le Conseil constitutionnel a fondé sa décision sur l'article 92 de la Constitution qui dispose en son alinéa 3 que "Le Conseil constitutionnel connaît de la constitutionnalité des lois". La haute juridiction a précisé que "le contrôle de la légalité d'un acte administratif ne relève pas de sa compétence", ajoutant qu'elle ne peut connaître ce type de contentieux que "dans le cadre d'une élection nationale, lorsque l'acte participe directement à la régularité du processus électoral et est propre à ce scrutin".
Cette décision, qui sera publiée au Journal officiel de la République du Sénégal, a été délibérée sous la présidence de Mamadou Badio Camara, en présence de la Vice-présidente Aminata Ly Ndiaye et des membres Youssoupha Diaw Mbodj, Awa Dieye, Cheikh Ndiaye et Cheikh Ahmed Tidiane Coulibaly, avec l'assistance du chef du greffe, Maître Ousmane Ba. Le Conseil a par ailleurs noté qu'il pouvait valablement délibérer malgré l'empêchement d'un de ses membres, conformément aux dispositions de l'article 23 de la loi organique de 2016.