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3 avril 2025
LIONCEAUX ET LIONCELLES SUR LA DERNIERE LIGNE DROITE
Les deux sélections masculine et féminine du Sénégal préparent activement le Tournoi de la Zone 2 U16 de la Fiba, prévu du 27 au 29 décembre 2024, à Thiès.
Avec deux sélections engagées pour le Tournoi international U16 de la Zone 2 FibaAfrique (Du 27 au 29 décembre), les staffs des Lioncaux et Lioncelles entament la dernière ligne droite de leur préparation, à Marius Ndiaye et au Cneps de Thiès. Le tournoi débute ce vendredi à Thiès.
Les deux sélections masculine et féminine du Sénégal préparent activement le Tournoi de la Zone 2 U16 de la Fiba, prévu du 27 au 29 décembre 2024, à Thiès. En pleine préparation au Stadium Marius Ndiaye depuis la semaine dernière, les Lionceaux et Lioncelles abordent la dernière ligne droite en direction de la compétition. Sans véritablement beaucoup de temps de préparation, avec une compétition confirmée à la dernière minute, les Lionceaux et Lioncelles ont eu seulement moins d’une semaine de rassemblement. Trop insuffisant pour programmer des matchs amicaux afin d’aborder la compétition dans les meilleures conditions.
Face aux difficultés, les staffs techniques ont préféré des séances en régime externat, avec un groupe au Stadium Marius Ndiaye et un autre au Cneps de Thiès. Ce tournoi devrait permettre aux jeunes de se frotter aux réalités des compétitions internationales.
Malgré le manque de temps de préparation, le Sénégal entend vendre chèrement sa peau. Un pari loin d’être gagné. Pour rappel, la compétition va réunir 7 pays de la Zone 2. Outre le Sénégal, il y a la Mauritanie, la Guinée-Bissau, la Guinée, la Gambie, la SierraLeone, le Cap-Vert. Par contre, le Mali ne sera finalement pas de la partie. A noter que certains pays vont engager deux équipes, alors que d’autres vont préparer soit équipe féminine, soit une équipe masculine.
Le tournoi débute ce vendredi et les matchs se joueront au Cneps et au terrain Lat Dior de Thiès. Certaines délégations, comme la Guinée, auraient déjà rallié la Cité du Rail, alors que les autres sont attendues dans les prochaines heures.
Par Cheikh Anta BABOU
LES SOUBRESAUTS DE LA GRANDE MUETTE
Le patriotisme, le professionnalisme et la loyauté de l’Armée sénégalaise aux autorités civiles, dans une Afrique de l’Ouest qui bat le record mondial de coups d’Etat militaires, en font un modèle respecté à travers le monde
L’affectation du Général de brigade Souleymane Kandé comme attaché militaire à l’ambassade du Sénégal à New Delhi en mai 2024 et la contreverse qu’elle a soulevée nous donnent l’opportunité de revisiter une dimension de l’histoire militaire du Sénégal rarement discutée. Le patriotisme, le professionnalisme et la loyauté de l’Armée sénégalaise aux autorités civiles, dans une Afrique de l’Ouest qui bat le record mondial de coups d’Etat militaires, en font un modèle respecté à travers le monde. Cependant, il est important de reconnaître que l’Armée est un corps social vivant composé d’hommes et de femmes talentueux et ambitieux. Sous ce rapport, il est tout à fait compréhensible que le choc des ambitions crée, parfois, des soubresauts. Dans cette brève contribution, j’analyse quelques soubresauts qui ont secoué l’Armée entre l’année de sa formation en 1960 et durant la Présidence de Abdou Diouf.
Une exploration de l’histoire de l’Armée sénégalaise dans la longue durée révèle que l’affaire Général Kandé est loin d’être un cas isolé. Avant le Général Kandé, deux officiers supérieurs de l’Armée ont été affectés, contre leur gré, comme attachés militaires au niveau d’ambassades du Sénégal. Les raisons évoquées pour justifier leur affectation sont similaires à celles relevées dans le cas du Général Kandé. Elles concernent principalement des rivalités et des conflits de personnalité entre officiers supérieurs. Pour le cas du Général Kandé, plusieurs théories ou plutôt spéculations sont mises en avant. Pour certains, le Général est la victime d’une cabale d’officiers supérieurs plus anciens que lui et qui sont jaloux de son ascension fulgurante. Pour d’autres, il a payé le prix de son outrecuidance lorsque, avec le soutien du Président Macky Sall, il ignora les instructions de son supérieur hiérarchique, le Chef d’Etat major général des Armées (Cemga), Birame Diop, aujoud’hui ministre des Forces Armées, pour lancer une offensive d’envergure contre les rebelles en Casamance. D’autres encore l’accusent d’être un opposant encagoulé du nouveau régime et même insinuent qu’il préparait un coup d’Etat.
Avant le Général Kandé, deux officiers supérieurs de l’Armée du Sénégal ont été affectés, contre leur gré, comme attachés militaires au niveau d’ambassades du Sénégal. La stature de ces officiers et leur volonté de contester publiquement la décision prise contre eux, avaient, en son temps, représenté une menace réelle pour la cohésion de la jeune Armée nationale.
Le Lieutenant-colonel (Lc) Mademba Sy est le premier officier supérieur sénégalais à être nommé attaché militaire contre sa volonté. Lc Mademba Sy était, avec le Lc Jean Alfred Diallo, l’un des deux seuls officiers de ce rang dans l’Armée sénégalaise lorsque le Sénégal acquiert son indépendence en 1960. Le Lc Mademba Sy qui, comme Lc Jean Alfred Diallo, a servi dans l’Armée française, était un officier particulièrement brillant et populaire parmi les officiers et les militaires du rang. Les archives coloniales offrent de lui l’image d’un soldat très ambitieux qui ne cachait pas sa volonté de devenir un jour Cemga et peut-être même chef de l’Etat. On le soupçonnait d’être de connivence avec un groupe d’officiers qui travaillaient pour lui et qui s’activaient à saper l’autorité du Lc Jean Alfred Diallo, son rival, nommé Cemga lors de la crise de 1962. Ces officiers, dit-on, l’admiraient parce qu’il était un fantassin et un meneur d’hommes sur le champ de bataille, alors que le Lc Diallo était un officier du genie, plus préoccupé par les questions de logistique.
Le Président Senghor, conscient de cette rivalité et le danger qu’elle représentait pour la jeune Armée nationale, avait éloigné Lc Sy en le faisant nommer Chef de l’Etat Major de l’Union Africaine et Malgache de Défense (Uam/D) dont le quartier général était à Ouagadougou. Lorsque le Lc Diallo fut promu Cemga, le Lc Sy demanda son affectation à Dakar pour, dit-il, aider son camarade dans l’effort de construction de la nouvelle Armée nationale, mais il n’a pas reçu l’approbation du Cemga. Ses relations avec ce dernier n’ont cessé de se détériorer. Il acceptait mal sa tutelle, se considérant comme l’officier le plus qualifié pour diriger l’Armée sénégalaise. Il manifesta ouvertement sa colère lorsque le Cemga omit d’inscrire son nom sur le tableau d’avancement dans l’Armée pour1965, arguant qu’il n’avait pas accompli un temps de commandement dans son grade. Après avoir démissionné de son poste à l’Uam/D, Lc Sy, qui souhaitait retourner au Sénégal, fut affecté à Paris comme attaché militaire à l’ambassade du Sénégal. Il sera plus tard muté a Kinshasa. En 1963, son nom a été associé à des rumeurs de coup d’Etat implicant vingt officiers et sous-officiers dont le présumé leader, un des officiers les plus populaires de l’Armée et un de ses plus grands admirateurs, mourut dans un mystérieux accident de voiture.
La même année (1963) que le Lc Mademba Sy a été affecté à l’ambassade du Sénégal à Paris, le Président Senghor prit la même décision concernant un autre cadre de l’armée, le Commandant (cmdt) Faustin Pereira. Le Cmdt Pereira, qui avait des états de service impeccables dans l’Armée française, a joué un rôle crucial pendant la crise de 1962. Il commandait alors le Bataillon de Parachutistes basé a Rufisque. En ce jour fatidique du 17 décembre 1962, qui a marqué le point culminant de la crise au sommet de l’Etat opposant le président de la République Léopold Sédar Senghor et le président du Conseil Mamadou Dia, la gendarmerie, la garde nationale et l’Armée, répondant aux ordres des deux protagonistes de la crise, se faisaient face au niveau du Palais présidentiel, du bâtiment de l’Assemblée nationale et de la Radio nationale. Le soutien de l’Armée en général et surtout des parachutistes commandés par le Commandant Pereira au Président Senghor a été décisif pour éviter une guerre fratricide au sein des Forces de sécurité et pour la victoire finale du président de la République sur le président du Conseil.
Le Cmdt Pereira, comme son camarade Lc Mademba Sy, acceptait mal la tutelle du Cemga Diallo. Lorsque, après sa nomination, ce dernier lui envoya un soldat pour servir de liaison entre son unité et l’Etat-Major, il refusa de le recevoir. Cet acte d’insubordination lui coûtera son commandement et 45 jours d’arrêt de rigueur. Après avoir purgé sa peine, le Président Senghor le nomma attaché militaire à l’ambassade du Sénégal à Washington.
Mais au contraire du Lc Mademba Sy, qui semble avoir rejoint son poste à contre-cœur mais sans résistance apparente, le Commandant Pereira remua ciel et terre pour ne pas quitter le Sénégal. Il aurait demandé à plusieurs personnalités d’intercéder en sa faveur, y compris le Khalife général des Mourides, Serigne Falilou Mbacké, un proche du Président Senghor. Il a tenté également de mobiliser certains sous-officiers pour sa cause et même aurait donné au président de la République, qui avait en charge le ministère des Forces Armées, un ultimatum de trois jours pour le réintégrer dans son commandement du Groupement des Parachutistes. Cet activisme aurait irrité le Président Senghor qui lui intima l’ordre de rejoindre son poste le 18 octobre 1963 à3h 30 et il obtempéra. Il sera mis à la retraite en 1969 après son retour de Washington.
Cependant, même dans la vie civile, le Commandant Pereira restera sous le radar des autorités. En décembre 1969, il a été arrêté à la suite d’une dénonciation par le Général Amadou Fall, ancien Cemga qu’il aurait contacté pour lui demander de prendre la tête d’un complot contre le président Senghor. Une liste de personnalités devant former un nouveau gouvernement en cas de réussite du complot dit de Noël aurait été retrouvée chez lui. Le Commandant Pereira et son complice, le lieutenant Coly, seront jugés le 19 décembre et condamnés respectivement à 5 ans et 8 ans de prison malgré l’absence de preuves tangibles. Il semble que les autorités voulaient réduire au silence un ancien militaire connu pour ses critiques acerbes contre la politique gouvernementale et le chef de l’Armée.
La tentative de coup d’Etat qui aurait été conçue par le Cemga Joseph-Louis Tavarez de Souza en 1988 et que le Président Abdou Diouf évoque dans ses mémoires aurait sans doute constitué la plus grande crise de l’histoire politique du Sénégal indépendant si elle s’était materialisée. Cette affaire, étouffée dans l’œuf, n’a pas encore fini de révéler tous ses secrets. Le Président décrit, en détail, comment la magistrate Andresia Vaz lui a révélé une conversation qu’elle avait eue avec une de ses amies, femme du Colonel Gomis, chef des parachutistes, qui a été contacté par le Cemga de Souza pour participer au coup. Le Général de Souza avait été promu Cemga par le Président Abdou Diouf en 1984 en remplacement du général Idrissa Fall qui a éte nommé par le Président Senghor.
Président Diouf décrit les relations entre le Général de Souza et un mystérieux français qui l’encourageait à prendre le pouvoir. Tout ceci se passait en 1988, l’année où le Sénégal vivait l’une des crises politiques les plus sérieuses de son histoire. Abdoulaye Wade, le chef de l’opposition, était en prison. Et pour la première fois, des voitures piègées avaient explosé à Dakar. Le Français aurait convaincu le Cemga que la situation était quasi insurrectionnelle et le coup d’Etat était le seul moyen pour faire revenir l’ordre. Président Diouf réussit à déjouer la tentative de coup d’Etat, mais s’abstint d’amener devant la justice les présumés coupables. Plus étonnant, le Cemga reçut le même traitement que ses prédécesseurs. Il a été nommé ambassadeur du Sénégal à Bonn. Mais, l’année suivante, le Président démit De Souza de ses fonctions et mit à la retraite le Colonel Oumar Ndiaye, ancien Intendant général de l’Armée et le Lieutenant-colonel Joseph Bampassy, ancien chef des troupes commandos. Ils ont été sanctionnés pour «fautes graves dans le service et contre la discipline». D’autres sources indiquent, cependant, qu’ ils auraient été punis pour avoir émis des réserves sur l’utilisation de la troupe pour des tâches de maintien de l’ordre lors des émeutes post-électorales de 1988.
Il faut souligner que De Souza a toujours nié son implication dans une tentative de coup d’Etat. Dans une interview avec le journal Sud Quotidien datant du 29 novembre 2014, il réaffirmait son innocence et insistait sur son opposition de principe aux coups d’Etat. Il mourut le 3 juillet 2017. Dans l’article annonçant sa mort, le journaliste écrit : «Apprécié par ses pairs et détesté par ses supérieurs, autorités civiles…» Cette observation s’accorde avec les temoignages que j’ai reçus d’un officier supérieur à la retraite. Ce dernier considère Cemga De Souza comme le meilleur chef ayant dirigé l’Armée sénégalaise. Il était proche de la troupe dont il a amélioré de façon considérable les conditions de vie et de travail. Il a créé la Coopérative militaire de construction (Comico) qui a permis à beaucoup de soldats de se doter d’un toit. Il est donc bien possible que le Général De Souza aurait été victime de sa popularité et de la crainte et jalousie de ses pairs et chefs.
Ces événements que je viens de décrire n’altèrent en rien l’identité fondamentale de l’Armée sénégalaise qui se definit comme une Armée-Nation. Elle n’est certes pas un long fleuve tranquille, mais durant plus de soixante ans d’éxistence elle a démontré qu’elle a des resources pour gérer ses contradictions internes sans nuire la stabilité de la République.
Cheikh Anta BABOU Professeur d’histoire University of Pennsylvania
GMS TV DISPONIBLE SUR LE CANAL 39 DE LA TNT
Installé à Ziguinchor, Gms est un groupe de presse composé d’une radio, d’un quotidien d’informations «Helloo» dont le premier numéro est paru le samedi, d’un site web et d’une télévision Gms Tv.
Installée à Ziguinchor, Gms Tv est désormais disponible sur le bouquet de la Tnt au niveau du canal 39. Il faut savoir que Gms est un groupe de presse composé d’une radio, d’un quotidien d’informations «Helloo» dont le premier numéro est paru le samedi, d’un site web et d’une télévision.
Le Groupe médias du sud est désormais inscrit sur le bouquet canal 39 de la Tnt. Le médium a été officiellement lancé le week-end dernier. Devant un parterre d’autorités locales et chefs de service, projet et programme. Avec ce cadeau de Noël pour la population de Ziguinchor, c’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour Gms, qui est la première télévision numérique de la Casamance. «Gms se veut un outil de rassemblement, un outil d’union des cœurs, de fraternité et de paix. Un creuset d’échange et de dialogue fertile déterminant pour le développement de cette belle Casamance qui, avec ses potentialités diverses et variées, n’attend que d’être la locomotive du développement de notre cher pays, le Sénégal», a déclaré le Président directeur de Gms, Alassane Sarr, à la cérémonie de lancement.
Le groupe de presse est composé d’une radio, d’un quotidien d’informations Helloo dont le premier numéro est paru le samedi, d’un site web et d’une télévision accessible désormais sur la Tnt. «Il s’agit là de supports dominants dans l’audiovisuel à l’heure actuelle. C’est un choix remarquable qui traduit de la part de ses initiateurs, un pari fort, un engagement puissant et pertinent en faveur d’un service public aussi vital que l’information et la communication», a dit le Préfet de Ziguinchor.
Pour Ahmed Tidiane Thiaw, le mérite des promoteurs de Gms Tv est énorme
«Tellement les enjeux du projet sont multiformes : création d’emplois décents dans le secteur de la presse, opportunités de formation ou de mise à niveau pour les jeunes qui s’intéressent aux métiers de l’information et de la communication à travers des outils professionnels de dernière génération, offres de visibilité large et juste sur les réalités territoriales de la Casamance à toutes les échelles d’audiences locale, régionale, sous régionale, nationale et internationale, contribution volontariste à l’éducation de masse, à la promotion des valeurs civiques et d’une conscience citoyenne avec des contenus d’éveil et de réveil choisis à dessein, soutien aux pouvoirs publics, notamment dans les domaines de la santé, du social, de la sécurité et de l’économie, entre autres, grâce à une offre de programmes appropriés sur les politiques nationales et territoriales en cours ou en perspective», a listé le Préfet de Ziguinchor. La cérémonie de lancement a été précédée d’un panel sur le rôle des médias dans la paix et le développement dans le contexte casamançais. Le prétexte a permis de revenir sur l’historique des médias dans la gestion de l’information pendant les années difficiles que la Casamance a connues, en partant des médias publics jusqu’à l’avènement des médias privés.
La télévision Gms Tv arrive sur le canal 39 de la Tnt à une période de post-conflit.
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AMINATA TOURE COMMENTE LES FAITS POLITIQUES MARQUANTS DE 2024
« Rétro Viseur »: Aminata Touré commente les faits politiques marquants de 2024
COMMENT LE SENEGAL COMPTE DIVERSIFIER SES SOURCES DE FINANCEMENT
Stratégie de dette à moyen terme 2025-2027, Le Sénégal vise, à l’horizon 2027, un mix de nouveaux financements extérieurs et domestiques à hauteur de 41 et 59 % respectivement.
Le Sénégal vise, à l’horizon 2027, un mix de nouveaux financements extérieurs et domestiques à hauteur de 41 et 59 % respectivement.
Dans le cadre de la Stratégie de dette à moyen terme (Sdmt 2025-2027), le Sénégal ambitionne de mobiliser les ressources concessionnelles disponibles auprès des bailleurs classiques à travers une sélection rigoureuse de projets à financer (en s’appuyant sur le Comité de sélection des projets et programmes d’investissement mis sur place en 2024). L’objectif stratégique est de recourir davantage au financement domestique et aux financements innovants afin d’augmenter la part des financements libellés en monnaie locale. Il est ainsi visé ; à l’horizon 2027, un mix de nouveaux financements extérieurs et domestiques à hauteur de 41 et 59 % respectivement.
« Sous ce rapport, il sera recouru aux Diaspora bonds comme source de diversification de l’endettement en monnaie locale. Il faut relever cependant que la mise en œuvre de cette option nécessite d’ores et déjà un travail de benchmarking, de sensibilisation ainsi qu’une étude approfondie des profils de la cible pour réussir une bonne structuration de projets suffisamment attractifs pour capter les flux », indique le document publié par le ministère des Finances et du Budget. Ces ressources des Diaspora bonds, conjuguées à la bonne capacité d’absorption des titres du Sénégal sur le marché domestique (par adjudication et par appel public à l’épargne), estimée à plus de 1500 milliards de FCfa, « permettront, sur le moyen long terme, de substituer à la domination des ressources d’origine externe dans le portefeuille la prééminence de dette en monnaie locale avec tous les avantages en termes de réduction de l’exposition au risque de change et au risque de taux d’intérêt variable ».
Toutefois, l’orientation de la stratégie vers la constitution d’une dette dominée par la monnaie locale n’exclut pas le bénéfice des opportunités offertes par les autres types de financements innovants, comme les financements portés vers l’Environnement, le social et la gouvernance (Esg), qui ont été expérimentés en 2024. Le document-cadre de financements durables du Sénégal, élaboré en 2023 et aligné, en la matière, aux principes de l’Association internationale des marchés de capitaux (Icma) et de l’Association des marchés de prêt (Lma), « ouvre de belles opportunités pour capter les liquidités orientées vers les projets visant à soutenir le développement durable », indique le ministère des Finances.
Pour le département de Cheikh Diba, il est également primordial d’opérer une large diversification géographique des sources en explorant les zones du Moyen-Orient et de l’Asie qui présentent actuellement d’immenses possibilités en termes de liquidités disponibles. « La modalité de financement relative aux contrats de Partenariat public-privé (Ppp) est fortement encouragée dans cette stratégie », précise le document. Il s’agira pour le privé de prendre le relais de l’État qui s’est vigoureusement engagé ces dernières années. La création de l’Unité nationale d’appui aux partenariats public-privé (Unappp) et la mise en place des textes encadrant les contrats de Ppp « constituent une opportunité dont il faudra tirer pleinement parti ». Le plan de financement de l’année 2025 qui découle de cette stratégie donne la répartition par devise, par nature et par type de taux des ressources qui seront mobilisées pour combler le besoin de financement qui sera dégagé dans le budget.
74,3 % de dette extérieure en 2023
À fin 2023, la mise en œuvre de la stratégie 2023-2025 a révélé que les ressources extérieures dominaient encore dans les sources de financement (à hauteur de 51,8 % des mobilisations pour une cible de 34 % définie dans la stratégie). La durée moyenne de la nouvelle dette extérieure ressort à 13,9 ans avec un différé moyen de 3,8 ans pour un coût moyen de 4,5 % en 2023. « Sur le 1er semestre 2024, ces indicateurs se situent à 13 ans avec un différé moyen de 5,5 ans et un coût moyen de 5,5 %. Sur le marché domestique, notamment le marché des titres publics, les ressources de court et moyen terme ont été plus disponibles ; les maturités au-delà de 5 ans ont été obtenues à travers les Appels publics à l’épargne (Ape) », mentionne le document.
La durée moyenne de cette dette est de 3,4 ans avec un différé moyen de 2,4 ans pour un coût moyen de 6,7 % en 2023. Sur le 1er semestre 2024, ces indicateurs ressortent à 3,5 ans avec un différé de moins de 6 mois pour un coût moyen de 6,93 %. L’encours de la dette à fin 2023 est constitué à 74,3 % de dette extérieure, dont près de 30 % de dette libellée en dollar. La durée moyenne de l’encours de la dette extérieure ressort à 8,9 ans ; elle est de 3,4 ans pour la dette intérieure. Le taux d’intérêt moyen pondéré de l’encours de la dette extérieure est de 3,7 % contre 6 % pour la dette intérieure. La dette à taux variable représente 15 % de l’encours à fin 2023.
UNE ENTITE D’ANALYSE DES STATISTIQUES SERA CREEE
Elle sera constituée par des représentants du président de l’Assemblée nationale, des députées, de la Cour des comptes, de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe)...
Les statistiques des finances publiques ont connu d’importants décalages, constate le ministre des Finances et du Budget. « Les écarts les plus importants ont été notés sur le déficit budgétaire et l’endettement », a précisé Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget lors de son passage à l’Assemblée nationale.
Sur ce, il a annoncé la création d’une entité d’analyse des finances publiques. Elle sera constituée par des représentants du président de l’Assemblée nationale, des députées, de la Cour des comptes, de la Direction générale de la planification et des politiques économiques (Dgppe), de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd), etc.
Au chapitre des performances des régies fiscales et douanières, le gouvernement va bientôt procéder à une interopérabilité entre le Trésor public, les Impôts et domaines et les Douanes grâce à la digitalisation. « Nous allons également introduire le civisme fiscal à l’école. Cela permettra d’améliorer la capacité de mobilisation de nos recettes. Celles-ci ont augmenté de 8 % en 2024 par rapport à 2023. Mais, du point de vue des projections que nous avions faites, les objectifs n’ont pas été atteints », a expliqué M. Diba. « Nous allons mettre en place des centres de gestion agréée qui auront pour mission d’aider les opérateurs économiques à formaliser leurs activités, non pas pour les alourdir de contraintes, mais pour permettre une meilleure visibilité de leurs opérations. Ce processus vise à les intégrer dans l’économie formelle et à les encourager à contribuer à l’effort national de consolidation fiscale », a ajouté le ministre.
Meilleure gestion de la dette et de la masse salariale
Le ministre des Finances et du Budget a jugé la dette du Sénégal très élevée, voire lourde. Face à cette situation, il dit qu’il faut agir. « Le gouvernement adopte une stratégie de gestion active de la dette. Il s’agit d’un refinancement de maturités plus courtes vers des maturités plus longues. En pratique, cela implique de racheter les obligations arrivant bientôt à échéance grâce aux fonds obtenus d’un nouvel emprunt à long terme », a fait savoir Cheikh Diba. La masse salariale a également dépassé les critères de convergence de l’Uemoa. Ainsi, l’option de l’État est de limiter les recrutements aux postes urgents et de reporter les embauches moins prioritaires. Cette approche, selon le ministre, vise à préserver les finances publiques tout en assurant un fonctionnement optimal des services majeurs.
5 milliards de FCfa destinés aux victimes des manifestations
Dans le projet de budget de 2025, la somme de 5 milliards de FCfa est inscrite pour l’indemnisation des victimes des manifestations politiques préélectorales. Selon Cheikh Diba, 112 dossiers ont déjà été approuvés. Sur ce lot, « 99 dossiers ont été pris en charge pour 108 millions de FCfa à travers l’identification des dossiers les plus urgents sur le plan médical et social », précise l’argentier de l’Etat pour qui un travail minutieux doit être fait pour indemniser « chaque victime à hauteur de ce qu’elle a subi comme dommage et éviter des infiltrations ». Pour le moment, il y a 1 875 personnes identifiées. À en croire M. Diba, 250 millions de FCfa de transferts monétaires sont prévus pour ces personnes dans le Registre national unique de l’Ansd, en plus d’une prise en charge psychologique.
UNE BAISSE DES RECETTES DE 840 MILLIARDS DE FCFA
La Loi de finances rectificative (Lfr 2024), adoptée mardi, intègre de nouvelles dépenses liées au soutien au secteur agricole, à la prise en charge des inondations, à l’organisation des élections et à la baisse de 800 milliards de FCfa des recettes
La Loi de finances rectificative (Lfr 2024), adoptée mardi, intègre de nouvelles dépenses liées au soutien au secteur agricole, à la prise en charge des inondations, à l’organisation des élections et surtout à la baisse de 800 milliards de FCfa des recettes par rapport aux prévisions initiales.
L’Assemblée nationale a adopté, mardi, la Loi de finances rectificative (Lfr) pour le budget 2024. Cet exercice apporte des modifications à la Loi de finances initiale (Lfi) selon les évolutions en recettes ou en dépenses. Défendant la loi devant les députés, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a exposé les motivations de la Lfr. D’après ce dernier, les changements majeurs notés dans le budget de 2024 sont liés principalement aux charges des intérêts sur la dette, qui nécessitent une provision supplémentaire de 245,9 milliards de FCfa, en raison du renchérissement des conditions d’emprunt, mais aussi aux indemnisations des victimes des manifestations politiques préélectorales.
Ainsi, la Lfr intègre des dépenses urgentes d’investissement estimées à 9 milliards de FCfa ; des mesures de soutien aux coûts des denrées de première nécessité par le biais de la régulation des prix, pour un montant de 140 milliards de FCfa. Parmi les nouvelles dépenses intervenues au cours de l’exercice budgétaire qui s’achève, il y a aussi le soutien au secteur agricole, avec un règlement d’arriérés d’un montant de 73,67 milliards de FCfa ; ainsi que la subvention au secteur de l’énergie pour un montant additionnel de 289 milliards de FCfa.
Cette subvention était destinée à soutenir les compensations tarifaires pour la Senelec et aux pertes commerciales liées au blocage des prix à la pompe des hydrocarbures. Il y a également la gestion des inondations à la suite du débordement du fleuve Sénégal après les fortes pluies, avec une mobilisation de 8 milliards de FCfa, pour les régions du nord et de l’est du pays. « Les autres facteurs sont l’organisation des élections législatives anticipées du 17 novembre 2024, pour un montant de 20 milliards de FCfa, et des tirages sur les prêts projets pour un montant additionnel de 668 milliards de FCfa du fait des engagements antérieurement contractés », a précisé le ministre Cheikh Diba.
Ainsi, compte tenu de tous ces changements, les recettes du projet de Lfr 2024 sont réajustées à 4.075 milliards de FCfa, soit une baisse de 840,2 milliards de FCfa par rapport aux prévisions de la Lfi. Quant aux dépenses, elles sont réévaluées à 6.437,2 milliards de FCfa, soit une augmentation de 681,8 milliards de FCfa. Sur le plan macroéconomique, le cadrage budgétaire de la loi de finances rectificative 2024 table sur un taux de croissance du Pib de 6,7 %, contre 9,2 % initialement prévu ; un déficit budgétaire de 11,6 % du Pib, avec l’objectif de le ramener à 3 % du Pib d’ici à 2027, conformément aux critères de l’Uemoa et sur un taux de pression fiscale révisé à 17,8 %, contre 19,4 % dans la Lfi 2024.
Miser sur la transparence
La transparence a été l’un des termes les plus utilisés lors de la session plénière. Dans son intervention, le député Cheikh Thioro Mbacké a exhorté l’État à promouvoir la sincérité afin de régler les problèmes des Sénégalais. « Il faut redresser le pays en promouvant la sincérité budgétaire tout en veillant à satisfaire les doléances des populations. Aujourd’hui, les demandes et besoins sont énormes. La bonne gouvernance, c’est également la réparation de toutes les injustices », a déclaré le député. Aïssata Tall Sall a, de son côté, indiqué que le projet de loi de finances rectificative est plein d’incohérences et de contradictions.
« Ce projet n’est pas sincère. Nos gouvernants dépensent tout l’argent et viennent nous demander une autorisation. Leur méthode est en contradiction avec toutes les normes de gouvernance économique et financière », a déploré la présidente du groupe parlementaire de l’opposition, « Takku Wallu ». Répondant aux différentes interpellations, le ministre des Finances et du Budget a souligné que l’ambition du gouvernement est de garantir la transparence et l’application rigoureuse des textes. « C’est pour cette raison que nous avons tenu cette Lfr. L’audit des finances publiques entre également dans le cadre des lois et règlements nationaux ou intracommunautaires à travers le Code de transport des finances publiques. Chaque nouveau régime a trois mois pour faire la situation de ses finances et la transmettre ensuite à la Cour des comptes », a-t-il expliqué.
IL FAUT UN TEMPS POUR FAIRE LA PAIX ET CE TEMPS EST ARRIVE
L’évêque du diocèse de Ziguinchor, Monseigneur Jean-Baptiste Valter Manga, qui a célébré la messe de Noël hier à Kaguite, n’a pas manqué de prier pour la paix des cœurs.
L’évêque du diocèse de Ziguinchor, Monseigneur Jean-Baptiste Valter Manga, qui a célébré la messe de Noël hier à Kaguite, n’a pas manqué de prier pour la paix des cœurs. Sans cette paix, les habitants de la Casamance auront du mal à se débarrasser de l’image ternie que certains en ont.
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Tel est le joyeux cri de Noël. Hier, les fidèles catholiques du village de Kaguite, dans la commune de Nyassia, ont célébré la Nativité du Messie divin dans la joie et l’allégresse, en présence de leur Pasteur. Récemment ordonné évêque du diocèse de Ziguinchor, Mgr Jean-Baptiste Valter Manga a choisi de se rendre à l’autre bout de son diocèse, à la rencontre de son troupeau, dans les forêts derrière le village d’Etafoune. Il a été accueilli par sa famille diocésaine, dont une jeune et dynamique chorale. C’est à Kaguite, à quelques pas de la République de Guinée-Bissau, que Mgr Manga s’est rendu pour célébrer avec les habitants la venue du fils unique de Dieu, venu dans ce monde pour sauver l’humanité. Ce fut sa première sortie officielle en tant qu’évêque de Ziguinchor pour célébrer la messe de Noël en dehors du territoire urbain. Un choix symbolique, car Kaguite fait partie des villages de la Casamance qui ont été durement touchés par le conflit armé. Mgr Jean-Baptiste Valter Manga estime que les populations de Kaguite méritent de vivre dans la joie et surtout la paix.
Ce mercredi, lors de la célébration eucharistique, qui a commencé à 10 h 45 et s’est terminée à 13 h 20, le pasteur de Ziguinchor a, dans son homélie, souligné la nécessité de cultiver le pardon pour retrouver la paix tant désirée en Casamance. « Ma prière de ce matin, ici à Kaguite, c’est que toute cette jeunesse grandisse dans la paix. 42 ans de conflit, ça suffit maintenant. Il faut un temps pour faire la paix et ce temps est arrivé. Ce temps de la paix nous est donné par Dieu lui-même », a-t-il prêché. Mgr Jean-Baptiste Valter Manga a rappelé que le temps de Noël symbolise la joie des cœurs, car c’est Dieu qui nous rend visite à travers son fils unique. Il a aussi recommandé aux fidèles et à toutes les populations de la Casamance de ne jamais cesser de prier et de rendre grâce à Dieu, sans qui rien n’est possible. « Dieu nous a déjà donnés ce temps de la paix. Il nous appartient à tous de faire régner cette paix dans nos cœurs en cultivant davantage le pardon. Sans le pardon, on n’obtiendra pas cette paix », a-t-il ajouté.
Réparer l’image de la Casamance
La Casamance, plongée dans un conflit armé dès le début des années 1980, a traversé des périodes de violence. Son image en a souffert et, au fil du temps, la région a dû se relever, retrouvant petit à petit le sourire. Ordonné évêque le 23 novembre 2024, Mgr Jean-Baptiste Valter Manga considère également qu’une de ses missions est de réparer l’image de la Casamance. Le Pasteur, qui est chargé de toute la communauté catholique de Ziguinchor, affirme qu’il ira jusqu’au bout de cette logique. « La Casamance n’est pas un territoire violent. Cette région est souvent vue comme violente. Beaucoup de gens ont peur de venir ici, car ils imaginent que la Casamance est toujours un lieu de violence. Je peux leur assurer qu’il n’en est rien. Je suis venu pour réparer l’image de notre Casamance. Et c’est possible », a déclaré Mgr Manga devant la communauté catholique de Kaguite, qui a chanté l’Emmanuel avec enthousiasme en sa présence.
Poursuivant sur cette lancée, le successeur de Mgr Paul Abel Mamba a invité chacun à se défaire de cette image négative de la Casamance, de Kaguite et des autres villages de la région. « Nous ne devons pas continuer à garder cette image négative de la Casamance, de Kaguite et de l’ensemble des villages de ce territoire », a insisté Mgr Jean-Baptiste Valter Manga. S’adressant aux habitants de Kaguite en ce jour de Noël, le fils de feu Ampa Éloudia Étienne Manga et de Lucie Assine leur a demandé de continuer à vivre dans la paix. Il a aussi prié pour que le Seigneur Jésus-Christ ramène toutes les filles et les fils de ce village qui ont dû quitter Kaguite à cause du conflit armé. Ces enfants, a-t-il souligné, souhaiteraient revenir dans leur village, mais avaient été contraints de fuir en raison de la situation. La veille, lors de la messe de minuit, Mgr Manga avait insisté sur la nécessité de promouvoir le sacrement de la réconciliation, menant à la confession et aux chemins de l’espérance.
Un Noël islamo-chrétien
Si un village dans la commune de Nyassia incarne véritablement l’harmonie et la paix, c’est bien Kaguite. Dans ce village, le dialogue islamo-chrétien est plus qu’un concept : il est vécu au quotidien. Cela a été démontré lors de la célébration de Noël. Ce 25 décembre, l’imam Adama Diallo et le chef de village Oumar Ndiaye, tous deux musulmans, ont pris part à la messe présidée par Mgr Valter Manga. Un geste salué par le successeur de l’évêque actuel du diocèse de Tambacounda. « Je suis heureux que parmi l’assistance, il y ait des musulmans. Nous avons l’imam de Kaguite qui est parmi nous, ainsi que des délégués de quartier non chrétiens. Ils sont venus communier avec nous. Cela prouve nettement que nous devons nous accepter dans la différence et vivre dans la paix. Quand on entend la chorale chanter, on sent qu’il y a la paix à Kaguite », a exprimé l’ancien vicaire dominical de la paroisse Marie-Reine de l’univers de Nyassia. S’exprimant devant l’assemblée, l’imam de la mosquée de Kaguite, Adama Diallo, a souligné qu’à Kaguite, les habitants ne font pas de distinction entre musulmans et chrétiens. Pour lui, tous constituent un seul et même peuple.
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE JEUDI 26 DECEMBRE 2024
Walf Quotidien, Vox Populi, Le Soleil, Le Verdict News, Yoor-Yoor Bi, L'Observateur, Le Quotidien, L'As Quotidien, Libération
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par El Hadj Ibrahima Thiam
MASSACRE D’OUTRE-TOMBE
Quel bouleversement intérieur a embrouillé Cheikh Omar Diagne au point de l’amener à charger si violemment les Tirailleurs sénégalais ? Voudrait-il gêner aux entournures le chef de l’État qu’il ne s’y prendrait pas autrement
Il est des gens comme ça. Du haut de leur morgue, ils pensent être plus sachants et savants que l’ensemble de leurs compatriotes réunis. Face au micro ou devant la foule, leur hubris se manifeste de la plus insoutenable des manières. Incapables de tenue, de retenue et de discernement. Ils sont la vérité, en détiennent l’exclusivité.
Ils remettent tout en question, même les vérités que la décence et la morale commandent d’étouffer au nom de la cohésion sociale, du vivre ensemble. Hélas, mille fois hélas ! Torse bombé, allure fière et dignité en bandoulière, les Tirailleurs sénégalais sont tombés sous les balles du colon à Thiaroye. Pour cela, on les a célébrés, sanctifiés, portés au pinacle parce que la cause qu’ils défendaient était des plus nobles : le respect de leur dignité. Aujourd’hui, on les traite de traîtres, de prébendiers, de gens cupides uniquement préoccupés par le grisbi. Sacrilège ! Ils viennent de subir un deuxième massacre, encore plus pernicieux et plus violent que celui du 1er décembre 1944.
Parce qu’il est d’outre-tombe, relève de la lâcheté, souille la mémoire de ces braves gens et écorche le récit collectif de toute une nation. Ignorance ? Besoin de se démarquer pour flatter un ego personnel ? Quel bouleversement intérieur a embrouillé Cheikh Omar Diagne au point de l’amener à charger si violemment les Tirailleurs sénégalais ? Cette balle perdue partie d’une langue fourchue a fini d’installer un gros malaise.
Malaise à la hauteur de tout le travail de devoir de mémoire que des générations d’historiens sénégalais et étrangers ont abattu depuis toutes ces années, couronné par la cérémonie d’hommage d’une grande solennité voulue par le président de la République le 1er décembre passé, à l’occasion du 80e anniversaire de ce triste événement. Que cherche l’auteur de cette inacceptable sortie en jetant un pavé… dans la mémoire, éclaboussant ainsi tout un narratif mémoriel par des raccourcis désinvoltes, des confusions malheureuses et des amalgames regrettables ?
Aurait-il fait cette déclaration en d’autres temps, comme il en a fait par le passé avec son lot de polémiques, que personne ne trouverait à redire. Mais là, c’est drapé du manteau de ministre-conseiller, qu’il a fait cette sortie.
Voudrait-il gêner aux entournures le chef de l’État qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Lorsqu’on occupe certains postes de responsabilité au plus haut sommet de l’État, la logique voudrait qu’on ne fasse rien qui puisse mettre mal à l’aise celui par la volonté de qui on occupe ce poste. Et si on tient tant à exprimer des opinions allant à rebours des positions du chef, la sagesse recommande de rendre le tablier. Mais c’est peut-être trop demander à quelqu’un qui croit en ses propres billevesées. Aujourd’hui, la seule question que l’on peut se poser est celle-ci : à quand la prochaine sortie de piste ?
Qui sait, peut-être que la glissade nous mènera jusqu’à l’endroit où sont cachées les têtes d’ogives nucléaires après qu’il nous a appris que Yaya Jammeh en détenait trois valises.