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5 avril 2025
LA CEL/VA PLOMBE L’ELAN DE LA VILLE DE RUFISQUE
Le rétrécissement de ces ressources provenant de la contribution économique locale/Valeur ajoutée, va porter un sacré coup à l’élan de développement de la ville de Rufisque.
Le rétrécissement de ces ressources provenant de la contribution économique locale/Valeur ajoutée, va porter un sacré coup à l’élan de développement de la ville de Rufisque. Mais des pistes alternatives sont initiées par le maire avec l’impôt sur un partenariat avec la SOCOCIM. Oumar Cissé s’est exprimé sur la question à l’occasion d’une session du conseil municipal consacré au vote du budget, ce samedi.
Avec cette réforme instituée en 2019, la ville de Rufisque a vu ses recettes connaitre une chute drastique. En passant de 1 milliard quatre cents en 2020 à 17 millions en 2024, c’est source de financement des projets de développement de la ville qui tarit profondément. Le maire de la ville l’a souligné à l’occasion d’un conseil municipal tenu ce samedi dans la salle de réunion de l’hôtel de ville de Rufisque. « Rufisque est une ville qui a un potentiel industriel qui expliquait qu'on avait une grosse patente. Maintenant, il y a eu la réforme de 2019 qui a fait que cette patente a été éclatée en deux. Une part qui nous est réservée. Il y en a une autre qui est collectée à l'instar de toutes les autres communes du Sénégal. Dès que cette réforme a été commencée a mise en œuvre, Rufisque avait jusqu'à 1 milliard 700 de CEL/Va... Entre 2020 et 2024, CEL/Va a quitté 1 milliard 750 millions à 17 millions » a dit le maire de la ville pour s’en désoler.
Une baisse qui ne manque pas de susciter des inquiétudes du premier magistrat de la ville de Coumba Lamb. A en croire Oumar Cissé, si cela n’est corrigé, la ville risque de renoncer à un certain nombre de volets dans le programme de développement urbain durable élaboré par l’équipe municipale.
« La municipalité est en difficulté financière, elle consacre 50% de ses revenus habituels à des salaires. Si elle doit arrêter tous ses projets, si elle ne parvient qu'à régler ses emprunts, elle devient inefficace. Si cette injustice ne se résout pas, nous serons obligés uniquement de régler nos emprunts et les salaires de nos employés. Le mal est que nous étions sur une excellente lancée mais avec ce que nous aurons comme revenus pour 2025, c’est 5/6 du budget qui vont nous servir que payer les salaires de nos agents et éponger les déficits. Ainsi, cette situation aura des répercussions défavorables sur la mise en œuvre du programme municipal, notamment pour les Rufisquois. Nous serons obligés d’arrêter des chantiers de la voirie d’un montant de 700 millions de francs, de la suspension de l’appui sur l’éducation et d’autres postes d’investissements sociaux», a dit le maire. Aujourd’hui face à cette nouvelle situation, les autorités municipales travaillent sur des alternatives pour trouver de nouvelles sources de financement, après avoir soutenu que «la loi qui a été votée en 2019 pour la Cel, n'est pas bonne » et « qu’ aujourd'hui la ville n'est pas viable financièrement ». Les niches de ressources ciblées sont entre autres la mobilisation de l’impôt sur le foncier bâti avec l’appui des agents pour un recensement exhaustif de ce foncier bâti ».
Il y a aussi une convention avec la SOCOCIM. Une convention à travers laquelle, la cimenterie de Rufisque va apporter une contribution conséquente qui sera complétée par un apport de la mairie pour investir dans la réalisation des voiries et autres infrastructures. « On travaille sur une convention de partenariat autour des problématiques qui nous paraissent les plus aiguës de la ville… Ils amènent 70 nous 30. On est parti sur la base d'un milliard par année pour 5 milliards consacrés aux secteurs de l'assainissement, de la voirie et à la construction d'un centre de formation. On a la chance parce que on avait déjà un terrain pour ça » a annoncé le maire. Le budget 2024/2025 a été adopté par le conseil pour un montant de 9.939.821.438 CFA.
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L'ENDOGÉNEISATION DES RESSOURCES BUDGÉTAIRES EN QUESTION
Invité de l'émission objection de la radio Sudfm hier, dimanche 22 décembre, le directeur du Centre de recherche économique appliquée (CREA) de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar a pointé les limites de la structure économique
Selon Thierno Thioune l’option d’endogénéisation des ressources du budget 2025 par l’augmentation des recettes fiscales (de 3 620 milliards en 2024 à 4 795 en 2025) avec à la clé l’élargissement de l’assisté fiscale des ménages et le renforcement des sociétés qui paient l’impôt sur les revenus est un « couteau à double tranchant ». Invité de l'émission objection de la radio Sudfm (privée) hier, dimanche 22 décembre, le directeur du Centre de recherche économique appliquée (CREA) de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a pointé les limites de la structure économique sénégalaise qui selon lui, est « macrocéphalique informelle ou l'informalité pour l'essentiel est pourvoyeur d'emploi, mais ne contribue pas assez ».
L a stratégie du régime en place d’endogénéiser les ressources du budget 2025 par l’augmentation des recettes fiscales avec à la clé l’élargissement de l’assiette fiscale des ménages et le renforcement des sociétés qui paient l’impôt sur les revenus ne rassure pas le directeur du Centre de recherche économique appliquée (CREA) de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Invité de l'émission Objection de la radio Sudfm (privée) hier, dimanche 22 décembre, Thierno Thioune a tenu à alerter sur les risques de cette stratégie marquée par l’augmentation des recettes fiscales qui passent ainsi de 3 620 milliards en 2024 à 4 795 en 2025. Qualifiant cette démarche des nouvelles autorités de « couteau à double tranchant », Thierno Thioune a évoqué « la structure économique sénégalaise » qui selon lui est « macrocéphalique informelle où l'informalité pour l'essentiel est pourvoyeur d'emploi, mais ne contribue pas assez ».
Sous ce rapport, l’invité de notre confrère Baye Oumar Gueye fait remarquer qu’« il faut faire attention pour que cette pression fiscale qui atteint aujourd'hui 19 quelques % soit maîtrisée pour ne pas également tuer ». « C'est véritablement un défi énorme compte tenu de nos rapports culturels et cultuels avec l'impôt. Donc, il est important sur ce plan-là, de voir, aujourd'hui, que cette stratégie est un défi majeur compte tenu des enjeux énormes. L'impôt est relié à l'activité économique. Il faut que l'activité économique soit dense, prospère pour que l'État puisse avoir des ressources qui sont générées à partir des impôts tirés de ces activités. Ce qui requiert beaucoup de pédagogie en la matière » a-t-il souligné.
Poursuivant ainsi son analyse, le directeur du Centre de recherche économique appliquée de préconiser aux nouvelles autorités, au-delà du secteur informel, d’explorer également le potentiel fiscal estimé par une étude de l’Agence nationale de la statistique et de la démographique (Ansd) à plus de 26% en se tournant vers les unités de production recensées par cette étude et qui n’existent pas dans les registres de l'administration fiscale. « Aujourd'hui, l’ANSD a pu recenser plus de 500 000 unités de production dans le pays. Alors que moins de 100 000 existent dans les registres de l'administration fiscale. Donc, il faut aller voir où piocher dans les 400 000 autres unités de production pour pouvoir augmenter. Et ce, en faisant usage d’une panoplie de mesures comme cela se fait dans tous les pays qui ont des niveaux de mobilisation des recettes », a-t-il souligné en précisant que cette éducation fiscale doit être soutenue par une bonne politique de gestion des ressources publiques.
Ceci pour dit-il, « que le citoyen qui a cette propension élevée à payer l'impôt puisse sentir véritablement les répercussions de ces ressources en termes de niveau de qualité de service public beaucoup plus élevé ». Citant le cas de la France, il a indiqué que, « malgré son niveau d'endettement, elle ne cesse d'être un pays où la pression fiscale ou le matraquage fiscal est réel.
PLUS 170 000 FONCTIONNAIRES SE PARTAGENT 1430 MILLIARDS DES 6347 MILLIARDS DE RECETTES
Par ailleurs, en plus de cette démarche, le directeur du Centre de recherche économique appliquée (CREA) de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) suggère également une politique de réduction des dépenses de l’Etat au niveau central. Car, selon lui, c'est un paradoxe, que sur les 6347 milliards de recettes destinées aux dépenses, les dépenses de personnel soient estimées à plus de 1430 milliards pour un pays qui ne compte que 170 000 fonctionnaires.
« Le Sénégal est une économie sous smicardisée. Autrement dit, une économie où peu de citoyens touchent le smic, où ceux qui travaillent même sont en dessous du smic. Cela veut dire qu'aujourd'hui, il est assez paradoxe assez impensé que le niveau de dépenses en matière, en tout cas de masse salariale de ce niveau soit quand même énorme ».
QUAND LES ÉCOLES PRIVÉES SAIGNENT LES PARENTS D’ÉLÈVES
Frais d’inscription et de scolarité « exorbitants », contributions à des fêtes, les études en maternelle plus chères que les études universitaires… les parents d’élèves lancent un cri de cœur face à ce qu’ils qualifient de business des écoles privées
Soucieux de donner un enseignement de qualité à leur progéniture, des parents inscrivent leurs enfants dans les établissements d’enseignement privé. Tout de même, certains se plaignent de la cherté des services offerts. Frais d’inscription et de scolarité « exorbitants », contributions à des fêtes, les études en maternelle plus chères que les études universitaires… les parents d’élèves lancent un cri de cœur face à ce qu’ils qualifient de business des écoles privées. Ils se désolent des dépenses interminables et parfois « inutiles » dans ces écoles qui sont imposées aux élèves.
Certains parents d’élèves les choisissent pour la régularité des cours, d’autres pour les conditions d’études ou encore pour la rigueur dans les études. Mais les écoles privées sont devenues un véritable casse-tête pour eux. Pour cause, les dépenses ne finissent jamais dans ces établissements privés et ce, du début jusqu’à la fin de l’année scolaire. En plus des frais d’inscription et de scolarité qui sont jugés « exorbitants » et qui varient d’une école à une autre, il y a les achats de fournitures scolaires, les contributions pour les fêtes, et bien d’autres frais que les parents d’élèves considèrent comme « inutiles ». Si certains établissements privés annoncent de but en blanc leur augmentation des tarifs mensuels en début d’année, d’autres l’appliquent de façon « détournée » en les imputant aux frais de transport, de fêtes, d’inscription ou autres.
Face à cette situation, beaucoup de parents d’élèves s’interrogent sur les raisons de ces dépenses interminables. Selon eux, toute une stratégie est mise en œuvre pour leur soutirer de l’argent. « Les écoles privées nous sucent. Chaque année, je débourse près de 700 mille FCFA pour mon unique fille. Mais je vous jure que presque chaque semaine, elle rentre avec des notes pour nous dire qu’elle doit payer ceci ou cela. Parfois, ce sont des choses qui n’ont aucune importance mais en tant que parent, je suis obligé de payer pour elle. Les écoles privées n’ont aucune pitié pour les parents. Je vous assure. On est soumis à tous les sacrifices qu’on soit aisés ou pas », se désole un parent d’élève du nom de Lamine Sy rencontré à côté d’une librairie à Grand Yoff.
Un autre parent d’élève embouche la même trompette. A son avis, les écoles privées sont devenues un business qui ne dit pas son nom. « Chaque année, l’école me coûte la peau des fesses. C’est difficile même si j’avoue que dans l’école privée où j’ai inscrit mes trois enfants, on étudie bien. L’année me revient presque à deux millions de FCFA sans compter les autres dépenses », fait savoir Moussa Diop. De quoi se poser une question. «Je me demande même si tous mes enfants resteront toujours dans le privé », s’interroge-til ? Pour sa part, Abdou Guèye, parent d’élève, affirme que tous ses enfants sont scolarisés dans des établissements privés. Tout de même, il se dit épuisé par des dépenses. « Les études en maternelle sont plus chères que les études universitaires. C’est une incongruité sénégalaise. En plus des frais d’inscription, on me demande de cotiser pour les fêtes de Pâques, de Noel, de payer même des photos d’album qui n’ont presque plus de valeur aujourd’hui à cause des smartphones. En début d’année, la liste des fournitures scolaires pour les enfants parfois composées de clés et/ou de fascicules exclusivement conçues par des établissements est tellement longue et on t’exige de tout acheter », a-t-il indiqué
Face à la cherté des services offerts dans les écoles privées, les parents d’élèves appellent le gouvernement à exercer un contrôle sur les écoles privées, en prenant des mesures pour fixer les prix en fonction du niveau et de la capacité de l’école. Pour d’autres, l’Etat doit également refonder l’éducation publique. « L’Etat doit prendre des dispositions. Si les gens envoient leurs enfants dans les écoles privées, c’est parce qu’il n’y a pas une bonne formation dans les écoles publiques. Les grèves sont récurrentes. Sans oublier le déficit d’enseignants. Donc, c’est à l’Etat de renforcer l’enseignement de masse. Avant, il n’y avait pas d’écoles privées mais la formation était de taille. On avait de grands intellectuels », a fait savoir Lamine Sy. Même si les parents d’élèves rencontrés se plaignent de la facture « salée » des écoles privées, ils soutiennent ne pas avoir de choix. Et pour cause, l’école de la République qui a produit nos cinq Chefs d’État, Leopold Sédar Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Macky Sall et aujourd’hui, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, est laissé à l’abandon.
UN TAXIMAN CONDAMNE A 2 ANS FERME POUR AVOIR CARESSE UNE PASSAGERE
En 10 mn, de Colobane à la rue 9 de la Médina, M. Mbengue a trimbalé sa main entre les jambes de la passagère J. D. Seka, selon la version de cette dernière
En 10 mn, de Colobane à la rue 9 de la Médina, M. Mbengue a trimbalé sa main entre les jambes de la passagère J. D. Seka, selon la version de cette dernière. Le taximan a écopé de deux ans ferme pour attentat à la pudeur sans violences.
Manœuvre dangereuse et déplacée. Alors que la passagère J. D. Seka était assise à l’arrière de son véhicule, M. Mbengue, taximan, s’est permis de balader sa main droite entre ses jambes. La jeune fille qui a filmé la scène, a porté plainte pour attentat à la pudeur sans violences. M. Mbengue a écopé de 2 ans ferme. Les faits se sont déroulés dans la matinée du 1er décembre dernier vers 12 h. J. D. Seka, de nationalité ivoirienne, a quitté Colobane pour se rendre à la rue 9 de la Médina. C’était un dimanche.
La circulation était fluide et le trajet n’a pas duré plus de 10 mn. Mais Mbengue a trouvé le temps de satisfaire sa libido. Lorsqu’il a commencé à lui faire un brin de cour, demandé son numéro de téléphone et voulu savoir si elle avait un petit ami, la dame Seka a trouvé les questions du taximan déplacées, mais a préféré négocier pour qu’il ne l’entraîne pas plus loin pour abuser d’elle.
Elle a donc joué le jeu. Sorti du véhicule dès qu’ils sont arrivés à destination, elle a pris le soin de relever le numéro d’immatriculation et a déposé une plainte.
Devant les enquêteurs, Mbengue a présenté ses excuses, manifesté son regret, disant qu’il était sous l’emprise d’une force irrésistible. À la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar vendredi dernier, en l’absence de la partie civile, il a nié les faits.
«Comment pouvais-je la caresser alors que j’étais au volant et elle assise à l’arrière ? Nous avons sympathisé. Je lui ai demandé son numéro de téléphone. C’est tout ce qui s’est passé», a tenté de se défendre le mis en cause.
La représentante du parquet a noté qu’en 10 mn, Mbengue a «fait tout cela. Si elle allait plus loin et durant la nuit, vous l’auriez violée. Si vous continuez de nier, on va publier la vidéo.
La passagère peut avoir l’âge de votre fille. Votre comportement est indigne d’un père de famille», a sermonné la représentante du parquet. Elle a requis 2 ans ferme et a été suivie par le tribunal qui a réservé les intérêts de la partie civile.
MULTIPLE PHOTOS
HUIT FEMMES «ACCOUCHENT» DE PLURIELLES, UN RECUEIL DE NOUVELLES
Ce livre, écrit par huit femmes, met en lumière leurs perspectives uniques et leurs récits personnels. Le projet a débuté par une résidence d’écriture d’une semaine à Ngor, où les bases de la rédaction de nouvelles ont été établies.
Par Cheikh Tidiane NDIAYE |
Publication 23/12/2024
Ce dimanche 22 décembre, en marge du Salon du livre féminin tenu au Musée des civilisations africaines, les autrices du recueil de nouvelles Plurielles ont présenté leur ouvrage collectif, un recueil de huit textes inspirants explorant la condition féminine. Ce livre, écrit par huit femmes, met en lumière leurs perspectives uniques et leurs récits personnels.
Le projet a débuté par une résidence d’écriture d’une semaine à Ngor, où les bases de la rédaction de nouvelles ont été établies. Selon Madjiguene Kane, journaliste et slameuse engagée, cette résidence a été cruciale pour structurer le travail littéraire. Elle ajoute que l’idée du livre est née de son désir d’écrire, mais qu’un appel à candidatures l’a amenée vers ce projet collectif pour faire passer un message. L’ensemble du processus, incluant la relecture, a pris environ une année de travail.
Les nouvelles abordent des thématiques variées, mais toutes centrées sur les réalités sociales féminines. Arame Ndiaye, journaliste au quotidien national Le Soleil, souligne que Plurielles aborde plusieurs thématiques comme la perte d’un enfant, les mariages précoces, la recherche de paternité, les effets des réseaux sociaux et les problèmes de droits d’auteur…
Dans la même veine, Fatou Ndiaye, étudiante en droit et journalisme, explique avoir traité les thèmes de la trahison et des droits d’auteur dans sa nouvelle, en soulignant que ces problématiques affectent les femmes. Elle précise : « C’est un peu pour ça que j’ai abordé cette thématique dans la nouvelle et je me dis que ces deux choses-là se succèdent dans un milieu où plus on évolue, plus il y a les gens qui sont là à s’approprier le travail des autres pour se faire un nom ».
Les textes de Plurielles témoignent des expériences de déception et d’espoir. Aissatou Touré, étudiante en sociologie, confie que sa nouvelle est autobiographique et lui a permis d’extérioriser des sentiments qu’elle n’aurait pas pu exprimer autrement. Elle explique que l’écriture a été un exercice à la fois douloureux et libérateur : « C’était une occasion pour moi d’exprimer tous ces sentiments à travers la nouvelle… Cela m’a permis de faire ressortir mes douleurs ».
La voix des femmes au cœur de Plurielles
Un fil rouge relie toutes les nouvelles : la volonté de donner la parole aux femmes. Madjiguene Kane affirme : « il n’y a pas mieux que la femme pour parler des maux de la femme ». De même, Arame Ndiaye remarque : « qui mieux que la femme elle-même pour parler de ses sœurs et des mères et toutes les autres ». Elle ajoute également que l’écrivain est un spectateur de sa société et qu’elle est également sa première source d’inspiration.
Les autrices de Plurielles espèrent que ce recueil de nouvelles permettra de faire entendre les souffrances féminines au Sénégal et dans le monde. Elles aspirent aussi à poursuivre leur passion pour l’écriture et à publier leurs premiers romans. Ce recueil de nouvelles s’inscrit comme une initiative importante pour donner de la visibilité aux expériences féminines et susciter la réflexion sur des enjeux sociaux cruciaux.
A PROPOS DE LA GROSSESSE EXTRA-UTERINE
Daouda Ciss, gynécologue : Une femme qui a déjà fait une grossesse extra-utérine a plus de risques d'en refaire une
La grossesse extra-utérine est le développement et la nidation de l’œuf en dehors de la cavité utérine. Plusieurs facteurs peuvent être à l’origine de cette complication.
Entretien
Quelles sont les causes d’une grossesse extra-utérine ?
Il n’y a pas de cause évidente. Il n’y a que des facteurs de risques. Les plus fréquentes sont d’abord la contraception, les antécédents de grossesse extra-utérine. Une femme qui a déjà fait une grossesse extra-utérine a également plus de risques de refaire une Geu. Il y a aussi le tabagisme, les causes tubaires comme une malformation au niveau de la trompe. La fécondation in-vitro ainsi que l’endométriose peuvent aussi être des causes. Il y a également les causes compressives à savoir toutes les tumeurs ovariennes, pelviennes, utérines et qui peuvent comprimer la trompe, les dispositifs intra-utérins c’est-à-dire la pose du stérilet. Dans certains cas, on ne trouve pas la cause. C’est idiopathique.
Quand apparaissent les signes d’une Geu ?
Cela varie d’une femme à une autre. Ce sont des signes de grossesse à savoir des vomissements, des nausées. Le premier signe est le retard des règles. Il peut y avoir des saignements vulvaires en cas de complications. On peut également avoir des douleurs abdominales ou pelviennes surtout dans le cas d’une grossesse rompue. Mais quand ce n’est pas rompu, on n’a pas de signe. On constate le retard des règles, on fait un test de grossesse, une échographie et on voit qu’il y a une grossesse en dehors de l’utérus. Hormis ces complications, les signes sont latents.
Ces signes permettent-ils de détecter une grossesse extra-utérine ?
Nous nous basons sur les signes, le test de grossesse positif, l’échographie. A l’issue de l’échographie, s’il n’y a pas de sac intra-utérin, on demande le dosage des hormones. C’est ce qu’on appelle le Beta HCG. S’il est élevé en taux c’est-à-dire supérieur à 1500 unité et qu’il n’y a pas de sac dans l’utérus, on conclut à une Geu. On se base sur le taux hormonal de Beta HCG. Dans ces cas de figure, on fait un traitement médical. On surveille la décroissance du Beta HCG par les médicaments. C’est lorsqu’elle est détectée tôt. Si le diagnostic est précoce, on n’opère pas. C’est en cas de complications qu’on opère. Lorsque c’est une grossesse extra-utérine rompue, il y a une complication. On peut enlever la trompe, elle aura une chance de grossesse sur deux. Il peut y avoir également des risques d’hémorragies, d’anémie aiguë, sévère, de cardiopathie. Elle peut mourir à cause du degré d’anémie sévère. Il faut donc éviter la cigarette, les infections sexuellement transmissibles et certaines contraceptions qui sont des facteurs de risques.
HABIB DIARRA, LA MONTEE EN PUISSANCE DU JEUNE LION
En Ligue 1 française, Habib Diarra (20 ans), capitaine de Strasbourg, impressionne. Avec les « Lions », il commence une montée en puissance qui pourrait faire de lui un futur leader.
En Ligue 1 française, Habib Diarra (20 ans), capitaine de Strasbourg, impressionne. Avec les « Lions », il commence une montée en puissance qui pourrait faire de lui un futur leader.
Puissant, offensif, audacieux, Habib Diarra est en train de briller de mille feux en Ligue 1 française. International sénégalais, il fait aussi partie de la génération de « Lions » sur qui le pays compte pour s’installer à nouveau sur le toit de l’Afrique et tutoyer les cimes mondiales. Mais, avant de s’imposer comme l’un des meilleurs espoirs du football mondial, le jeune Habib a dû ramper. Fils de l’ancien international Samba Diarra, il a vu le jour le 3 janvier 2004, à Guédiawaye. Il y a vécu jusqu’à l’âge de 5 ans avant de rejoindre la France avec son père.
À 14 ans, il signe dans le plus grand club d’Alsace, Strasbourg. Focalisé sur sa progression et ses performances, Habib, grâce à son caractère bien trempé, devient un leader. L’international sénégalais signe son premier contrat professionnel le 1er juillet 2021 avec Strasbourg et dispute sa première rencontre professionnelle lors d’un succès 5-1 sur Saint-Étienne. Milieu très utilisé sur les côtés, le natif de Guédiawaye a besoin de mouvements et de liberté. Son style box to box, sa percussion, sa facilité à se projeter et son volume de jeu sont des atouts de taille pour la formation strasbourgeoise. Une progression fulgurante qui attire aussi d’autres équipes en quête de talent. Arrivé à l’âge de 14 ans à Strasbourg en 2018, Habib Diarra devient un titulaire indiscutable. La folle progression du droitier était loin d’être terminée. L’été dernier, avant l’ouverture de la saison, il est bombardé capitaine par le coach britannique de Strasbourg, Liam Rosenior, alors qu’il ne comptait que 64 matches, 6 buts et 3 passes décisives en Ligue 1.
Futur pilier des « Lions » ?
À l’aise comme milieu défensif, offensif, Habib Diarra joue aussi attaquant excentré droit où sa grosse percussion et ses centres de qualité sont un grand atout pour son équipe. Malgré l’entame assez compliquée des Alsaciens qui occupent la 13e place du classement avec 17 points, Habib Diarra, auteur de 3 buts et d’une passe décisive, tire son épingle du jeu. Il suscite de plus en plus l’intérêt de grosses écuries comme la Juventus, Everton… Ayant passé l’essentiel de son enfance en France, Habib Diarra, talent précoce, a été naturellement sélectionné avec les équipes de jeunes de la France.
Ancien international U20 avec le maillot floqué du coq, il compte aussi 3 sélections avec les espoirs français. En mars 2024, il est sélectionné pour la première fois pour les rencontres amicales face au Gabon (3-0) et contre le Bénin (1-0). «Habib Diarra est un joueur bien connu et de qualité, et j’ai tout fait pour le ramener en équipe nationale. Il est né à Guédiawaye, sa place est en équipe nationale du Sénégal », déclarait Aliou Cissé. Après avoir effectué son baptême du feu en jouant 17 minutes face aux « Panthères » gabonaises, il est titularisé face aux « Guépards » béninois. Cependant, la façon dont Aliou Cissé l’utilise ne lui permet pas encore de s’éclater et de donner la pleine mesure de son talent. Pape Thiaw, son successeur, le fait d’abord entrer à la place de Formose Mendy contre le Malawi (4-0, 11 octobre 2024).
Entré en jeu dans la finale du groupe à Bamako face aux «Étalons », à la place d’Ismaïla Sarr (61e), il donne la victoire et la première place aux « Lions » avec un magnifique but. Définitivement lancé, Diarra réalise sa prestation la plus aboutie contre le Burundi (2-0, 19 novembre 2024). Son magnifique doublé montre le potentiel impressionnant du joueur. Nouveau chouchou du public, Habib Diarra bouscule la hiérarchie dans un entrejeu déjà garni avec Idrissa Gana Guèye, Lamine Camara, Pape Guèye. Sur le côté droit, il se présente comme une excellente solution à un Ismaïla Sarr trop souvent sur courant alternatif. Tel un couteau suisse, Habib Diarra est un joueur « multi-usages » que tout coach aimerait avoir à sa disposition. À tout juste 20 ans, il a une grosse marge de progression qui pourrait le mener dans le gotha des meilleurs au monde.
DIAGNOSTIC DES 12 ANS DE MACKY SALL AU POUVOIR
Mody Niang dresse un jugement sans complaisance sur les « manquements » de Macky Sall concernant la bonne gouvernance et le maintien de l’État de droit
La cérémonie de dédicace du livre « Sept longues années du Président politicien à la tête du Sénégal, février 2012-février 2019 » et du Tome II intitulé « Le second et dernier mandat du Président politicien à la tête du Sénégal, 2 avril 2019-2 avril 2024 » de Mody Niang a été l’occasion pour l’auteur de dresser un jugement sans complaisance sur les « manquements » de Macky Sall concernant la bonne gouvernance et le maintien de l’État de droit.
La cérémonie de dédicaces du livre de Mody Niang titré « Sept longues années du Président politicien à la tête du Sénégal, février 2012-février 2019 » et du Tome II intitulé « Le second et dernier mandat du Président politicien à la tête du Sénégal, 2 avril 2019-2 avril 2024 » a eu lieu à L’Harmattan Sénégal samedi dernier. Les différents intervenants ont tous salué un travail d’analyse critique sur les deux mandats de Macky Sall, dont il met en lumière les dérives dans la gouvernance, l’emploi de la corruption et le népotisme. Sans oublier, soulignent les panélistes, les nombreuses violations des libertés publiques et les menaces sur l’État de droit durant ses 12 ans de pouvoir. Rappelons que ces deux ouvrages qui sont une compilation de ses contributions publiées dans la presse, entre 2012 et 2024, mettent en avant diverses pistes de réflexion concernant le rapport de nos élites politiques à la chose publique, la conscientisation des citoyens sur le civisme et le respect des principes démocratiques. Le premier livre, « Sept longues années du Président politicien à la tête du Sénégal, février 2012-février 2019 », porte sur le premier mandat de Macky Sall. Dans cet ouvrage de plus de 600 pages, l’auteur revient sur les contradictions entre les engagements initiaux du président Sall et sa politique marquée par le manque de transparence.
Quant au « Second et dernier mandat du Président politicien à la tête du Sénégal, 2 avril 2019-2 avril 2024 », qui compte 473 pages, il porte, comme son nom l’indique, sur le dernier quinquennat de Macky Sall. À travers cette œuvre, Mody Niang, souligne le préfacier, Mamadou Abdoulaye Sow, ne cherche pas à orienter le lecteur, mais l’invite à réfléchir sur les questions relatives à la gestion publique. Ce livre, rapporte-t-il, amène le citoyen à s’interroger sur l’État de droit et le rapport de nos élites politiques et administratives à la chose publique. Selon le Professeur Babacar Diop dit Bouba, les analyses de Mody Niang permettent d’aider à trouver des réponses à certaines questions concernant la bonne marche de notre démocratie et de la bonne gouvernance. « On peut retrouver, dans le second ouvrage, la sincérité et l’ouverture de l’auteur ainsi que ses appels à la vigilance, à l’optimisme, malgré les avertissements, les coups de sabre contre les détournements d’objectifs.
Gestion des deniers publics
L’analyse de la centaine d’articles rassemblés dans cet ouvrage permet de constater que l’auteur fait le lien entre divers aspects touchant à la gouvernance politique, économique et sociale depuis l’avènement du président Abdoulaye Wade », déclare l’historien. Au-delà de la politique, souligne l’égyptologue, les livres de Mody Niang nous invitent à la réflexion autour d’autres thématiques comme l’éducation, les relations entre intellectuels et pouvoirs religieux ainsi que les questions internationales comme le conflit israélo-palestinien. Pour sa part, le commissaire divisionnaire à la retraite Boubacar Sadio, qui a fait la présentation des deux livres, salue la forme et la texture des deux ouvrages qui, d’après lui, respectent la promesse d’une présentation synthétique axée sur des thématiques comme l’incivisme et l’indiscipline que l’auteur qualifie de plaie béante au cœur de notre République.
« Il faut reconnaître d’ailleurs que tous les régimes qui se sont succédé ont échoué sur le formatage d’une mentalité citoyenne et d’une conscience civique. En outre, Mody Niang, à travers ses écrits, ouvre quelques pistes de réflexion concernant ces problématiques », souligne M. Sadio. « Par ailleurs, les deux livres nous éclairent aussi sur le climat de terreur qui a prévalu à la fin du dernier mandat de Macky Sall, marqué par une répression violente exercée par les forces de défense et de sécurité sur les populations ainsi que la présence illégale des nervis aux côtés de ces derniers pour réprimer l’opposition. Sans oublier la kyrielle de scandales concernant les fonds Covid-19, l’affaire des 94 milliards de FCfa et la prédation foncière », affirme-t-il. Selon l’ancien directeur de la Police municipale de Dakar, l’auteur, au-delà de l’aspect critique contre l’ancien Président en ce qui concerne son bilan immatériel, veut, de manière déterminante et incontestable, contribuer à l’éveil des consciences, à la révolution des mentalités de nos compatriotes, ajoute Boubacar Sadio.
UN BONHEUR ÉTOUFFÉ DANS L’ŒUF
L’annonce d’une grossesse est souvent source de bonheur chez les futures mamans. Mais elle ne se passe pas toujours comme prévu
L’annonce d’une grossesse est souvent source de bonheur chez les futures mamans. Mais elle ne se passe pas toujours comme prévu. Des complications peuvent pointer le bout de leur nez comme c’est le cas dans une grossesse extra-utérine (Geu) où l’ovule fécondé s’implante dans les tissus à l’extérieur de l’utérus menaçant le fœtus et la santé de la mère.
Khady Mbengue a fait deux grossesses extra-utérines sur les deux trompes de Fallope. Elle a subi une première intervention en 2017 et une autre en début d’année 2022. C’est en 2017 qu’elle va entendre le terme de Geu pour la première fois. En effet, ce qu’elle considère être comme une première grossesse ne va pas se passer comme prévu. Après un retard de règles de sept jours, Khady se rend à l’hôpital. Le test revient positif. Un début de grossesse qui va se passer sans accroche. Mais c’est à dix semaines que la femme au foyer ressent de petites douleurs. Au bout de quelques jours, la douleur s’intensifie et s’accompagne de petits saignements. Après consultation, la sage-femme lui demande de faire une échographie d’urgence pour vérification. « Le gynécologue me confirme que c’était une Geu. C’était la première fois que j’entendais ce terme », lâche-t-elle plongée dans ses souvenirs.
«Je n’étais pas au bout de mes peines car je devais me faire opérer d’urgence », poursuit celle qui se languissait de devenir mère pour la première fois. Khady Mbengue va subir une ablation de la trompe. Cette douloureuse épreuve ne va pas l’empêcher de retomber enceinte en début 2022. « J’avais fait un malaise et j’ai eu la confirmation de la grossesse. Cependant il était très tôt pour faire une échographie », se remémore-t-elle. La trentenaire reprend alors ses activités. Au bout de quelques jours, elle commence à avoir de petits saignements. Ce qui n’est pas alarmant selon la sage-femme. Méfiante, Khady décide de se faire consulter par un gynéco. « Je n’avais pas l’esprit tranquille. Après consultation, j’avais encore une Geu sur la trompe droite », dit-elle avec une pointe d’amertume. Rebelote ! La jeune femme va se faire opérer à nouveau et va s’ensuivre une ablation de la trompe. « On m’a dit que je ne pourrais plus contracter une grossesse », se souvient-elle peinée. Khady Mbengue a défié les diagnostics et est devenue la maman de deux petites filles. « J’ai beaucoup appris et ça m’a permis de raffermir ma foi », dit-elle guillerette.
Entre douleurs et incompréhensions
Alimatou Niang a à peine eu le temps de savourer la nouvelle de sa grossesse. Entre l’annonce et son opération d’urgence, tout s’est enchaîné très vite. « Je n’étais pas au courant. J’étais sous stérilet et après de fortes douleurs, je suis allée aux urgences où j’ai découvert que j’étais enceinte », dit-elle revenant sur ce jour fatidique. Après une échographie, ils ont vu qu’il y a une hémorragie et la femme de 43 ans a perdu beaucoup de sang. « J’ai dû être opérée d’urgence et on m’a retiré une trompe », se souvient-elle d’un air triste. En bon croyante, la mère de deux enfants finit par encaisser le coup grâce au soutien de son époux.
L’histoire de Coumba Sène ressemble à quelques détails près à celle de Alimatou. La femme de 31 ans a su son état 30 min avant de passer sur le billard pour interrompre la grossesse. Coumba a été alertée par des maux de ventre et des saignements qu’elle met sur le compte de règles douloureuses. Mais cette dernière finit par se rendre à l’hôpital. « Je ne comprenais pas vraiment ce qui m’arrivait. Tout était nouveau pour moi », avoue-t-elle. Cette dernière prit peur sur le coup. « J’étais terrifiée à l’idée de ne plus revoir les siens », confie la trentenaire. Après l’intervention, on lui annonce qu’elle a perdu une trompe. Depuis cette mésaventure, Coumba Sène révèle avoir peur de refaire une autre Geu. En convalescence depuis un mois, elle espère retomber enceinte au plus vite.
« Je suis en quête de bébé depuis 8 ans »
Agnès Ndour a déjà eu la chance de connaître les joies de la maternité. Cette dernière est la maman d’un petit garçon né en 2015.Après cet heureux évènement, elle décide de ne prendre aucun moyen de contraception. Mais au bout d’un an, Agnès commence à s’inquiéter de ne pas tomber enceinte. « Je l’ai mis sur le compte de l’allaitement exclusif que je pratiquais. Par ailleurs, j’ai fait des consultations chez le gynéco mais rien à signaler», dit-elle peinée. Durant six ans, la mère de famille n’arrive toujours pas à tomber enceinte. « Rien ne m’empêchait de contracter une grossesse et il n’y avait rien à signaler également du côté de mon mari », explique Agnès. C’est finalement en fin janvier 2020, après examens, analyses, échographies qu’elle finit par tomber enceinte. «J’étais aux anges et j’avais hâte de revivre à nouveau l’expérience de la grossesse», avoue-t-elle. Mais deux jours après, un samedi, la jeune femme commence à se plaindre de légers maux de ventre.
« C’est à l’hôpital que j’ai appris pour ma grossesse extra-utérine. C’était tout nouveau pour moi et je ne pouvais m’arrêter de pleurer », confie-t-elle. Agnès avoue avoir pleuré ces années passées à espérer un nouveau bébé. «J’ai subi une intervention en urgence. Durant l’opération, j’ai eu un début d’hémorragie. J’ai cru que j’allais y laisser ma vie», dit-elle revenant sur cet épisode. Agnès révèle avoir beaucoup souffert après cette intervention. Elle en ressort avec une ablation de la trompe et l’ovaire gauche. Une dépression s’ensuivit «Mes proches me réconfortaient en me disant que j’avais au moins un fils. Mais ils ne comprenaient pas ma détresse », dit-elle d’un air triste. En dépit de sa Geu, la femme de 34 ans tente de retomber enceinte. « Je suis en quête de bébé depuis 8 ans. Je suis un traitement», informe-t-elle. Cette dernière confie aimer avoir plus tôt des informations sur la grossesse extra-utérine.
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LE RECIT APOCALYPTIQUE DU PRESIDENT DES SENEGALAIS A MAYOTTE
La voix encore marquée par cette nuit cauchemardesque du samedi 14 au dimanche 15 décembre, lorsque Mayotte a été balayée par le cyclone Chido, Yacouba Diakité fait le récit glaçant d’une semaine en enfer dont il ne voit toujours pas la fin.
Son traumatisme se mêle à l’insécurité ambiante et à la putréfaction des corps ensevelis sous les décombres. La voix encore marquée par cette nuit cauchemardesque du samedi 14 au dimanche 15 décembre, lorsque Mayotte a été balayée par le cyclone Chido, Yacouba Diakité fait le récit glaçant d’une semaine en enfer dont il ne voit toujours pas la fin.
« C’était une nuit comme les autres. À 2 h 15 du matin, des pluies soutenues ont commencé à s’abattre sur Mayotte », raconte, au téléphone, Yacouba Diakité, président de l’association des Sénégalais de Mayotte, arrivé en octobre 2017 dans ce département français de l’océan Indien. Âgé de 49 ans, ce Sénégalais, également titulaire de la nationalité française, ne s’est pas immédiatement inquiété. « On s’est dit que ce n’était rien de grave », reconnaît-il. Mais au petit matin, la situation a empiré.
« À 7 heures, le vent s’est levé, et les éléments se sont déchaînés. Les branches se brisaient, les arbres se déracinaient. Devant ma maison, deux cocotiers sont tombés. Mon plafond s’est envolé. L’électricité a été coupée. Dehors, de nombreuses maisons ont été balayées. Quand je suis sorti, c’était le chaos total. Les scènes apocalyptiques se succédaient alors que les vents ont soufflé sans relâche pendant trois heures. C’était comme dans un film catastrophe. Les vents continuaient à souffler à 250 km/h. Puis, avec les bourrasques, la vitesse a atteint 340 km/h. Rien ne résistait. La tour de l’aéroport s’est effondrée. Un morceau de béton de 1,5 mètre s’est détaché de la maison de mon voisin pour venir s’encastrer chez moi. On aurait dit une sculpture », raconte-t-il d’une voix calme, presque irréelle.
Un traumatisme collectif
Après ce cataclysme, tout est à reconstruire. « Les gens sont traumatisés. Nos enfants ne sont épargnés. Mes jumeaux de 7 ans, accompagnés par mon épouse, sont repartis en France. Nous sommes dans une situation de survie à Mayotte », poursuit Yacouba Diakité. « Nous, Sénégalais de naissance ou d’origine, avons toujours été stigmatisés parce que nous venons d’Afrique. À Mayotte, nous avons été victimes de racisme : « Sales Africains, retournez chez vous. » Maintenant que la situation est difficile, ces mêmes personnes nous pointent du doigt et exigent que nous quittions leur territoire. Tout le monde est à bout de nerfs. »
L’insécurité s’est considérablement aggravée sur cette île de 374 km². Bien que la population officielle soit estimée à 350 000 habitants, en réalité, elle dépasserait les 500 000. « Les cambriolages se multiplient. Des jeunes en situation précaire s’introduisent chez les gens pour voler ce qu’ils peuvent. Les agressions sont fréquentes. Nous avons besoin de l’aide des autorités sénégalaises pour nous écouter, nous soutenir et nous rapatrier », insiste-t-il.
Un appel à l’aide
Actuellement, 300 Sénégalais vivent à Mayotte, parmi lesquels des enseignants, des travailleurs de la marine marchande, du génie civil, et des médecins, ainsi que des binationaux employés dans la fonction publique française. « Quarante et un d’entre nous demandent à être secourus et rapatriés au Sénégal », affirme Yacouba Diakité.
« Nous avons créé un groupe WhatsApp pour échanger des nouvelles. Après le passage du cyclone, nous avons vérifié que tout le monde allait bien. Heureusement, aucun Sénégalais n’a perdu la vie, alhamdoulilah. Nous nous rendons dans des zones moins touchées pour accéder à Internet et rassurer nos familles au Sénégal. » Yacouba Diakité conclut avec une urgence palpable : « Ce n’est pas dans une semaine ou un mois que nous avons besoin d’aide, c’est maintenant. L’insécurité et des maladies comme le choléra nous menacent. »
Mayotte dépend des représentations diplomatiques et consulaires sénégalaises de Paris. Depuis le départ, en septembre dernier, d’Amadou Diallo, Mme Sawaré assure l’intérim au Consulat du Sénégal à Paris. « Je l’ai contactée, et elle m’a dit qu’elle en parlerait aux autorités compétentes », explique-t-il sobrement.