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7 avril 2025
Éducation
TERMINER LES CHANTIERS DE L’UNIVERSITÉ ASSANE-SECK EST UNE URGENCE ABSOLUE, SELON EL HADJI ABDOURAHMANE DIOUF
‘’Nous avons fait le diagnostic de la situation. Nous savons où se trouvent les goulots d’étranglement. Nous avons discuté avec l’entrepreneur. Et nous savons que nous sommes en mesure de résoudre le problème assez rapidement’’.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, El Hadji Abdourahmane Diouf, a estimé, vendredi, à Ziguinchor (sud), qu’il était une ‘’urgence absolue’’ pour le gouvernement de veiller à la finition des chantiers de l’université Assane-Seck, ‘’dans les plus brefs délais’’.
‘’Au terme de cette visite, j’ai retenu essentiellement qu’il est d’une urgence absolue de […] terminer les chantiers de l’université Assane-Seck de Ziguinchor dans les plus brefs délais’’, a assuré M. Diouf.
Il a visité cet établissement d’enseignement supérieur, en compagnie du gouverneur de Ziguinchor, Mor Talla Tine.
Lundi dernier, les étudiants de ladite université ont organisé une marche de protestation contre la suspension des chantiers.
Ils ont réclamé l’achèvement de la construction de 12 amphithéâtres en chantier depuis 2015.
Les étudiants ont dénoncé, par ailleurs, la qualité des services de restauration.
El Hadji Abdourahmane Diouf dit avoir constaté que l’université Assane-Seck est confrontée à ‘’un déficit de pavillons’’ et à un nombre insuffisant de lits.
Un programme d’installation de 1.000 lits sera bouclé ‘’dans les deux prochains mois’’, a promis M. Diouf.
‘’Nous avons fait le diagnostic de la situation. Nous savons où se trouvent les goulots d’étranglement. Nous avons discuté avec l’entrepreneur. Et nous savons que nous sommes en mesure de résoudre le problème assez rapidement’’, a assuré le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Il constate aussi qu’‘’il y a une insuffisance de places dans les restaurants universitaires’’.
‘’Nous allons aider la direction du [centre régional des œuvres universitaires sociales de Ziguinchor] à trouver des solutions de transition en cherchant des abris provisoires, qui permettront d’accueillir environ 400 étudiants supplémentaires pour les repas’’, a promis M. Diouf.
Cette mesure sera prise en attendant l’achèvement de la construction d’un restaurant de 750 places, a-t-il dit aux étudiants.
El Hadji Abdourahmane Diouf reconnaît que le centre régional des œuvres universitaires sociales de Ziguinchor est en train de faire des efforts pour le bien-être des étudiants.
‘’Il y a beaucoup de problèmes, concernant les salles de classe et les laboratoires. Ici, la construction des salles de classe est assez avancée. Nous allons faire les recommandations nécessaires pour que le chantier soit achevé le plus vite possible’’, a ajouté M. Diouf.
Il signale que la construction des laboratoires progresse également.
‘’Il manque un certain nombre d’outils techniques. Et nous prendrons les dispositions nécessaires pour régler le problème le plus rapidement possible’’, a promis le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
‘’L’université Assane-Seck de Ziguinchor doit être […] continentale’’, a-t-il poursuivi.
M. Diouf a visité aussi l’institut supérieur d’enseignement professionnel de Bignona, dans la même région.
2e ÉDITION DU PRIX DES YVELINES : LE LYCÉE DE MADINA NDIATHBÉ SUR LE TOIT DU MONDE FRANCOPHONE
Le lycée Aného de la commune Lac 1 du Togo, 2e, a reçu le Prix Partenaire et le Collège Poissy Chant de la France est 3e.
Le premier Prix de l’édition 2024 du Prix des Yvelines de la Francophonie a été remportée par le duo Malick Ndiath et Ramata Sy du lycée de Madina Ndiathbé. 10 autres groupes étaient en compétition.
Le lycée Aného de la commune Lac 1 du Togo, 2e, a reçu le Prix Partenaire et le Collège Poissy Chant de la France est 3e. La finale se jouait ce jeudi à Podor entre 11 établissements du moyen-secondaire des départements de Kanel, Matam, Podor du Sénégal, de la commune de Lac 1 du Togo, du département de Mono du Bénin et du département des Yvelines. Malgré la forte chaleur d’après-midi, toute la population de Madina Ndiathbé est sortie pour réserver un accueil chaleureux à ceux qui ont «représenté dignement les écoles du département de Podor et hissé leur lycée sur le toit du monde francophone».
CHEIKH MBOW AU TABLEAU
Cheikh Mbow, Directeur exécutif de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), analyse, dans cet entretien réalisé avant les instructions du chef de l’État relatives à l’éducation, en conseil des ministres
Cheikh Mbow, Directeur exécutif de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep), analyse, dans cet entretien réalisé avant les instructions du chef de l’État relatives à l’éducation, en conseil des ministres ce mercredi, la situation de l’école qui est «impactée par la dernière crise politico-électorale», interpelle les autorités sur les grands défis, constate l’absence de l’école aux Assises de la Justice. M. Mbow estime aussi que l’école doit être «plus résiliente, plus robuste face à des chocs exogènes». Les nouvelles autorités, à ses yeux, doivent faire la différence dans ce domaine. D’où son vœu de voir ces dernières démontrer qu’elles ont «bien compris les messages des communautés durant cette dernière décennie».
Avec l’avènement du nouveau pouvoir, quelles pourraient être les attentes pour le secteur éducatif ?
Nos attentes vis-à-vis de ces nouvelles autorités sont, d’abord, qu’il est important de commencer par faire l’état des lieux. Il y a eu beaucoup de questions, qui ont fait l’objet de polémiques. Et, il est important, à notre avis, qu’on puisse débuter par un état des lieux objectif, qui puisse nous permettre de savoir où est-ce que nous en sommes et d’identifier les lacunes, les gaps et les défis pour pouvoir avancer. L’état des lieux devrait nous conduire vers l’évaluation de tous les réformes et autres programmes que nous avons vécus dans la période. Il y a eu des réformes, à travers le système Lmd, au niveau de l’université, Uvs, sur la mise en œuvre des recommandations issues des Assises nationales de l’éducation et de la formation, de la Concertation nationale pour l’enseignement supérieur, le Paquet. Donc, il y a une série de programmes, d’innovations, de réformes qui méritent aujourd’hui d’être bien évalués pour pouvoir prendre en compte des suggestions ou recommandations qui pourraient en être issues. La deuxième attente, c’est de voir les nouvelles autorités démontrer qu’elles ont bien compris les messages des communautés durant cette dernière décennie. C’est une décennie où nous avons eu une Société civile assez audible, des citoyens qui ont montré qu’ils sont les principaux bénéficiaires du système éducatif, mais aussi qu’ils devraient en être les principaux commanditaires ; les demandes liées à l’introduction des langues nationales, à la question de la diversification des offres d’enseignement, notamment les daraas, la problématique de la formation professionnelle, de l’éducation inclusive, la prise en compte de nouvelles questions telles que le numérique, la petite enfance, qui a été un sous-secteur qui a été pendant longtemps négligé, la question des valeurs, la problématique de l’insertion et de l’emploi sont des demandes qui ont été fortement exprimées par les communautés. Et, nous espérons que les nouvelles autorités vont aider à trouver les réponses, les initiatives et les orientations qu’il faut pour pouvoir adresser justement ces aspects.
Les premiers pas de ces nouvelles autorités vous rassurent-ils à propos du secteur éducatif ?
En termes de premiers pas, ce que nous avons constaté et qui nous rassure, c’est évidemment le fait que nous avons eu des autorités qui semblent mettre en avant le dialogue et la concertation. Le nouveau ministre de l’Education, par exemple, a eu à recevoir presque toutes les catégories d’acteurs ; ce qui est un signal important. Ils ont organisé un Conseil interministériel sur la problématique des examens et concours ; ce qui est aussi à saluer. Donc, tant qu’ils sont dans une perspective de privilégier le dialogue, la concertation dans le secteur, qu’on ait un ministre qui se positionne plus en animateur, manager, coordonnateur du secteur, il pourrait, bien évidemment, valoriser chaque acteur du secteur, bénéficier des apports multiformes de chaque acteur du secteur. Dès le début, nous avons dit que notre attente principale, quand on était à l’écoute du nouveau gouvernement, c’était de retourner à l’orthodoxie quant à l’organigramme ou l’organisation-même du système. Nous rêvions du retour du grand ministère de l’Education. Nous pensons, jusque-là, que nous devons agir en système. Parce que les connexions existent entre les différents ministères et au niveau interne. A propos de l’éducation, dans son sens large, pour nous, il nous faudrait avoir l’audace de retourner à ce grand ministère. Ce qui nous permettrait de garantir la cohérence d’ensemble et même de régler des questions de ressources. Et nous avions dit, à défaut, qu’on devrait au moins avoir deux ministères : un qui est en charge de l’éducation et de la formation, et un autre de l’enseignement supérieur. Mais, bref, nous sommes restés dans la même structuration avec les trois ministères. Nous sommes à l’écoute des directions et agences. Si vous prenez l’exemple de la petite enfance, qui était très sous financée, moins d’1%, et qui se retrouvait dans la Direction de la petite enfance et du préscolaire dans l’Agence nationale de la case des tout-petits… Pour nous, cette approche dispersée ne pouvait pas nous permettre de rationaliser nos ressources.
L’école a connu une année mouvementée, avec les violences politiques qui se sont soldées par des morts, de nombreux arrêts de cours, des attaques contre l’Ucad (instituts de formation et facultés), mais aussi l’élection présidentielle. Les examens vont se tenir aux dates prévues. Que vous inspire cela ?
L’école a été effectivement bien secouée. On se rappelle ce qui s’est passé au Sud du pays. Il y a eu des établissements, des Cem, des écoles et instituts qui ont été saccagés, des matériels scolaires qui ont été aussi détruits. L’université Cheikh Anta Diop a connu une fermeture d’une année académique (presque 8 mois) à cause des turbulences politiques, cela montre aussi que l’éducation a été secouée. A Saint-Louis, à l’Université Gaston Berger (Ugb), nous avons enregistré 3 morts à cause des violences, l’année scolaire a été perturbée. Peut-être que nous n’avons pas connu des perturbations endogènes, venant du système lui-même, de grèves d’enseignants comme on a eu à les vivre, liées à des facteurs exogènes… Le jeu politique a impacté négativement le système éducatif. Il y a eu des vacances forcées. On a anticipé sur des vacances scolaires parce que simplement on craignait qu’il y ait telle ou telle turbulence. Cette crise politique a bien secoué le secteur de l’éducation et de la formation. Et cela s’est produit de manière inéquitable, puisque certaines zones ont été plus secouées que d’autres, alors qu’à l’heure du bilan, ils vont subir tous les mêmes évaluations. Maintenant, nous avons toujours dit qu’on peut comprendre que le système éducatif, qui est une société en miniature, puisse subir les soubresauts de la société. Mais nous considérons que, plus que cela, nous devons être un laboratoire qui construit des réponses pour la société. Nous pouvons vivre les violences, mais nous devons apporter des réponses à ces violences.
Sur quoi devrait-on se projeter au sujet des perspectives pour l’école ?
C’est d’abord de demander que la question en lien avec ces perturbations et en lien avec ce que nous avons vécu avec la crise sanitaire et toutes les autres menaces, que ce soient des crises environnementales -à Saint-Louis, des écoles sont détériorées, des fois même délocalisées, des situations particulières, dans les îles du Saloum, à Fatick, la question de la salinisation, au niveau des frontières où il y a la menace sécuritaire-, tout cela nous amène, en termes de perspectives, à renforcer la résilience du système. En tout cas, nous y croyons. Le système éducatif doit être plus résilient, plus robuste pour pouvoir faire face à des chocs exogènes. Renforcer la résilience signifie concrètement qu’on puisse améliorer l’environnement des apprentissages. Des écoles doivent être clôturées. Une école clôturée, avec un gardien, ne peut être facilement atteinte par des manifestants. On doit y avoir de l’eau pour des sanitaires qui sont fonctionnels ; le cadre d’apprentissage doit être convivial. Il y a un minimum qu’il faut assurer. Or, si on regarde l’architecture de notre pays, ce qui est réservé à l’investissement, donc pour renforcer la résilience, est très faible. Donc, la résilience est une attente forte pour nous. Et, nous espérons que ces nouvelles autorités montrent la différence dans ce sens-là. Le deuxième élément, pour nous, c’est la vision. Il faut qu’on puisse stabiliser cette vision, montrer que l’école devrait continuer à être ce socle de développement, l’école devrait pouvoir écouter les autres acteurs. Actuellement, on est en train de vivre les Assises de la Justice, mais l’on se rend compte que le secteur de l’éducation n’y a pas été convié. Si nous n’avons pas une perception de répression par rapport à la Justice, nous devrions justement penser que les réponses qui seront sorties de ces assises devraient être portées par l’école, l’éducation, les lieux d’apprentissage, pour que les enfants grandissent avec des valeurs, pour que justement plus on avance d’ailleurs, qu’on soit dans une perspective de remplacer des prisons par des écoles. Il est temps qu’on ne soit plus dans cette perspective de répression.
SENGHOR AVAIT LE PROJET DE CONSTRUIRE LA BIBLIOTHEQUE NATIONALE DEPUIS 1976
Le Professeur Bernard Dione est le Directeur du Centre national de documentation scientifique et technique (Cndst) au ministère l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation (Mesri).
Le Professeur Bernard Dione est le Directeur du Centre national de documentation scientifique et technique (Cndst) au ministère l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation (Mesri). Il est aussi Professeur à l’Ebad et Directeur du Laboratoire de recherche en sciences de l’information et de la communication (Larsic). Il nous livre sa vision d’une future Bibliothèque nationale.
Vous militez pour la mise en place d’une bibliothèque nationale. Quelle serait la plus-value d’une telle institution par rapport à la BU ?
Une bibliothèque nationale est porteuse de sens pour une nation. Elle incarne l’identité de cette dernière. Recenser, conserver et diffuser tous les documents imprimés ou numériques, audios ou vidéos produits sur le territoire national et tous les documents traitant du Sénégal, Google ne peut pas le faire à notre place. Nous devons le faire. Nous devons conserver en un lieu physique et virtuel les œuvres des intellectuels et érudits sénégalais depuis le traité sur la jurisprudence (Tanbh almutashil) de Maxtaar Ndumbe Joob (m. 1753), fondateur du foyer islamique de Koki jusqu’aux derniers ouvrages de Mamadou Diouf, de Souleymane Bachir Diagne et de leurs suivants en passant les œuvres de El Hadj Omar, Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadj Malick, etc. Je fais souvent, en classe, un petit test avec mes étudiants bibliothécaires en leur demandant de me citer un seul livre de El Hadj Omar Tall. Ils disent la plupart du temps qu’ils pensaient qu’il était juste un guerrier ! En fait, la reconquête de notre identité passe par la maitrise des savoirs que nous ont légués les générations précédentes.
Une bibliothèque nationale aurait-elle pu accueillir la bibliothèque de Senghor ?
Je rappelle que M. Le Président L. S. Senghor avait le projet de construire la Bibliothèque nationale du Sénégal (Bns) depuis 1976. Si cela avait été fait depuis, il est clair que ses documents auraient été déjà conservés dans la collection patrimoniale de celle-ci dans le «Fonds Léopold Sédar Senghor». Au lieu de cela, l’État du Sénégal, osons le dire, en est à subir du chantage ! Je vais paraphraser une discussion que j’ai eue avec un de mes maitres à l’Ebad, le professeur Ibrahima Lo, Directeur du Livre et de la Lecture : il faudrait, qu’au-delà du Président Senghor, que nous nous penchions sur le patrimoine que nous ont légué des femmes et des hommes natifs de ce pays et dont la contribution est essentielle dans la construction de notre devenir commun. Le projet de construction de la Bibliothèque nationale du Sénégal constitue le premier jalon dans cette démarche.
Justement à propos de Senghor, le Sénégal a dû racheter sa bibliothèque. Qu’est-ce qui peut être fait pour qu’à l’avenir ce genre de patrimoine ne soit pas mis en vente et qu’il revienne directement à la nation ?
Le Sénégal, dans le cadre des échanges culturels avec la France, doit négocier un droit de préemption lui permettant, à l’avenir, d’acquérir en priorité tout objet relevant du patrimoine du Président Senghor et d’autres personnalités sénégalaises illustres. Nous devons également mettre en place des équipes d’experts chargés de faire la veille sur tous les objets du patrimoine documentaire du Président Senghor afin d’anticiper les situations comme celles que nous venons de vivre.
Quel avenir pour les Bibliothèques universitaires ?
Historiquement la bibliothèque située au centre de l’université était une vision commune dans le milieu académique. Cette perception peut être illustrée par cette citation de Albert Einstein : «La seule chose que vous devez absolument savoir, c’est l’emplacement de la bibliothèque». Mais l’ère numérique est en train de brouiller le concept de localisation physique au sein des universités. De nos jours avec le eLearning et l’externalisation, l’objectif de toutes les BU est de fournir des services d’information à distance. Elles restent encore incontournables dans la fourniture de services d’information et dans la valorisation des publications des chercheurs. Chez nous, nous aimons souvent dire de manière péremptoire que telle chose est dépassée. Mais, vous le savez l’histoire n’est pas souvent linéaire. Les bibliothèques sont en train de théoriser «l’espace» comme service. Offrir l’espace comme un service n’est pas aussi absurde que cela. Surtout dans nos pays, où travailler à domicile ou dans les résidences universitaires peut relever d’une gageure. Chaque fois que j’entends mes collègues se plaindre de n’avoir pas de bureau, je me dis qu’ils ne connaissent peut-être pas le service de cabines individuelles (les box) de la BUCAD. Je ne sais pas si vous le savez, mais les bibliothèques explorent de nos jours la possibilité d’offrir aux usagers des espaces de sommeil (bed & books), de relaxation, de détente et de convivialité !
LE CŒUR BATTANT DU TEMPLE
Si l’Ucad était un corps humain, la Bu en serait le cœur tandis que les facultés, écoles et instituts de l’Ucad seraient les autres organes irrigués en savoirs conçus au cœur de la Bibliothèque universitaire (Bu)
D’après le classement UniRank 2023, l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) est la meilleure en Afrique noire francophone et la 21ème au niveau du continent. Parmi les facteurs ayant contribué à cette performance, figure en bonne place la Bibliothèque universitaire (Bu). Si l’Ucad était un corps humain, la Bu en serait le cœur tandis que les facultés, écoles et instituts de l’Ucad seraient les autres organes irrigués en savoirs conçus au cœur de la Bu. A l’occasion de la Journée mondiale des Archives, Bés bi choisit de mettre en lumière cette institution vieille de près de 60 ans et riche d’une collection d’un demi-million de documents. Il sera aussi question du projet de bibliothèque nationale défendu par le Pr Bernard Dione de l’Ebad. Enfin, cette célébration des archives coïncidant avec le 1er anniversaire de la destruction d’archives de l’Ucad, Bés bi est retourné sur la «scène du crime».
La métaphore du cœur
La Bibliothèque universitaire (Bu) peut être vue comme le cœur battant de l’Université. Tel un cœur qui pompe le sang pour nourrir les organes, Elle diffuse la connaissance vers les facultés, écoles et instituts de l’Université. Les chercheurs, les enseignants et les étudiants se rendent à la Bu pour puiser dans les ressources disponibles et s’en servent pour produire de nouvelles idées et découvertes. Ces nouvelles connaissances développées et vérifiées sont ensuite publiées et déposées à la Bu. Ainsi, le cycle se poursuit, avec la Bu et l’Université s’enrichissant mutuellement, tout comme le cœur enrichit continuellement le corps en pompant du sang pour approvisionner les organes en nutriments et en oxygène. En résumé, la Bu joue un rôle central dans la circulation de la connaissance, comme le cœur dans la circulation du sang, permettant à l’Université de grandir et de prospérer grâce à un échange de savoirs.
Des chiffres vertigineux
Cette métaphore illustre l’importance de la Bu qu’on peut considérer comme un organe vital de l’Ucad qui lui doit en partie sa place de première Université francophone d’Afrique noire. Il faut dire que les chiffres de la Bu donnent le tournis : Une collection riche de 500 000 documents, 6 122 visiteurs par jour, 1 323 181 visites par an. Le tout géré par 77 agents. Parmi le demi-million de documents rangés sur les étagères ou stockés à la Bu, figurent des œuvres au programme dans les différentes facultés, écoles et instituts, mais aussi des monographies, des périodiques, des thèses et mémoires. La Bu dispose également d’une collection d’ouvrages rares et précieux. On y trouve des cartes et manuscrits anciens dont certains remontent au 16ème siècle. Des documents inédits et des documents épuisés sur le marché complètent cette collection rare et ancienne constituée de 1050 documents en tout. Comme dans la plupart des bibliothèques, les adhérents peuvent emprunter et emporter certains documents tandis que d’autres peuvent juste être consultés sur place. D’après le Rapport d’activités 2016-2018, le budget de l’institution s’élevait à près de 255 millions de FCFA en 2018. Cet argent était alloué au fonctionnement de l’institution et à la documentation. Durant la même période, les recettes collectées atteignent un total de près de 45 millions de FCFA répartis comme suit : 37 millions issus des inscriptions, près de 5 millions issus des amendes (pour livres perdus, endommagés ou rendus en retard ?) et près de 3 millions issus de la location.
Impressionnant mais est-ce suffisant ?
C’est au début des années 2000 que la Bu s’est dotée de sa structure actuelle constituée de deux bâtiments bleus rectangulaires et parfaitement symétriques encadrant une bâtisse rouge surmontée d’une toiture en forme de livre ouvert vers le ciel. En face, se trouve l’immensité de l’Océan Atlantique. L’ensemble offre une surface disponible de 14 200 m2 qui accueille le demi-million de documents dont certains sont rangés sur les étagères et d’autres stockés et précieusement conservés. La Bu contient aussi des espaces de lecture et d’études, des salles de conférences, des box individuels, une salle-cyber, etc. En tout, 1729 places assises sont disponibles. Impressionnant mais est-ce suffisant ? En 1999, l’Ucad comptait 25 000 étudiants. En 2023, on est passé à 89 589 étudiants ; or le nombre de places offertes par la Bu est restée presque inchangé. La mise en place d’une bibliothèque numérique permet non seulement d’accommoder ce surplus d’étudiants mais aussi et surtout de protéger les collections de l’usure ou du vol.
Une bibliothèque à l’assaut du numérique
La bibliothèque numérique de l’Ucad permet un libre accès à une partie de sa collection incluant thèses et mémoires, articles scientifiques, publications de l’Université et documents rares. Pour l’instant, probablement à cause de problèmes de droits d’auteur, une majorité de livres disponibles à la Bu ne sont pas numérisés. Les étudiants et chercheurs doivent donc les acquérir eux-mêmes ou emprunter les quelques exemplaires disponibles à la Bu. Toutefois, il faut noter que la bibliothèque est abonnée à des revues scientifiques internationales telles que Scholar Vox et Cairn. Les étudiants inscrits peuvent donc accéder en ligne à des publications scientifiques dans différents domaines du savoir. Autant le bien-être du corps dépend de la santé du cœur, autant la performance de l’Ucad est inévitablement liée à l’état de la Bu. C’est le cœur battant du temple ou serait-ce le puits qui désaltère le sanctuaire ?
DIOMAYE LIVRE UNE CLE DU PROJET
En Conseil des ministres qu’il a présidé hier, mercredi 5 juin 2024, le chef de l’Etat a relevé la place de l’école dans le PROJET de transformation systémique du Sénégal
Une politique éducative basée sur le renouveau et le repositionnement stratégique de l’Ecole dans les valeurs et ambitions de notre société, avec des enseignements adaptés aux réalités nationales et prenant en compte les langues nationales, ainsi que l’introduction de l’anglais dès le cycle élémentaire. C’est entre autres, la volonté exprimée du président de la République, Bassirou Diomaye Faye pour un «PROJET de transformation systémique du Sénégal».
En Conseil des ministres qu’il a présidé hier, mercredi 5 juin 2024, le Chef de l’Etat a relevé la place de l’école dans le PROJET de transformation systémique du Sénégal. «Abordant la question de l’éducation nationale, le Président de la République a relevé que le PROJET de transformation systémique du Sénégal passe par le renouveau et le repositionnement stratégique de l’Ecole dans les valeurs et ambitions de notre société», informe le communiqué du Conseil.
Ainsi, le président Bassirou Diomaye Diakhar Faye «a demandé l’évaluation du système éducatif dont les programmes sont en inadéquation avec les réalités nationales, les enjeux du numérique et les besoins de l’économie nationale. A cela s’ajoutent le phénomène de la déperdition scolaire, le manque d’infrastructures et le déficit d’enseignants face à des effectifs d’élèves sans cesse croissants».
En outre, le président de la République «a appelé au renforcement du rôle et de la place de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Education et de la Formation (FASTEF), de l’UFR des Sciences de l’Education, de la Formation et du Sport (UFR SEFS) ainsi que des écoles nationales de formation d’instituteurs, en vue de l’amélioration continue de la qualité des enseignements»
Aussi a-t-il souligné «l’urgence d’évaluer et de restructurer selon les orientations du PROJET, le Programme d’Amélioration de la Qualité, de l’Equité et de la Transparence dans le secteur de l’Education et de la Formation (PAQUET), au regard de la nécessaire prise en compte des langues nationales, de la généralisation de l’enseignement de l’anglais dès l’élémentaire et de l’intégration continue et pragmatique des «Daaras» dans le système éducatif».
Dans la même lancée, le Chef de l’Etat a demandé au Premier ministre «d’accorder une attention particulière : – au développement systémique du Numérique à l’école avec l’impératif d’accentuer la digitalisation intégrale du système éducatif ; à la planification, sur les cinq (5) prochaines années, des recrutements d’enseignants dans toutes les matières face aux besoins exprimés et aux postes budgétaires arbitrés ; à l’éradication des «abris provisoires» et à la mise en œuvre avec les Ministres concernés (Education nationale, Formation professionnelle, Urbanisme et Collectivités territoriales, Finances et Budget) d’un programme concerté de réalisation d’infrastructures scolaires adaptées et d’amélioration de l’environnement pédagogique dans toutes les Académies du pays».
Poursuivant, le président Faye a également demandé au Premier Ministre «d’engager une réflexion surle financement durable et soutenable du système éducatif avec l’implication des Ministres concernés et de toute la communauté éducative». De même, il a «insisté sur l’urgence de régulerl’implantation, l’ouverture et le contrôle du fonctionnement des établissements scolaires privés qui exercent, sur autorisation de l’Etat, une mission de service public». Il a indiqué dans le même sens «que les tarifications de la scolarité dans les établissements scolaires privés méritent une réglementation rigoureuse». Par ailleurs, le président de la République a invité le ministre de l’Education nationale «à veiller à la bonne organisation du Concours général».
Dans un autre registre, le Premier ministre, Ousmane Sonko a également évoqué «la nécessité de résoudre la problématique de l’accès au logement dans les campus universitaires, au regard du nombre important d’étudiants recourant à la location auprès de privés».
DETTE AUX ÉTABLISSEMENTS PRIVÉS, L’ÉTAT TRAINE ENCORE 9 MILLIARDS DE F CFA
Les responsables de ces écoles qui approuvent la décision des nouvelles autorités d’orienter à nouveau les nouveaux bacheliers attendent que le gouvernement solde la dette.
Neuf milliards de F Cfa. C’est ce que l’Etat doit aux établissements privés d’enseignement supérieur. Les responsables de ces écoles qui approuvent la décision des nouvelles autorités d’orienter à nouveau les nouveaux bacheliers attendent que le gouvernement solde la dette.
Les nouveaux bacheliers seront de nouveau ventilés dans les écoles privées. Cela fait partie des sept mesures prises lors du séminaire de Saly sur l’Enseignement supérieur. Une décision saluée par les responsables de ces écoles. Seulement, ils rappellent aux nouvelles autorités le passif, une dette de neuf milliards francs Cfa.
Le porte-parole du Cadre unitaire des organisations des établissements privés d’enseignement supérieur du Sénégal, Daour Diop affirme que toutes les dispositions ont été prises à leur sein pour recevoir de nouveaux bacheliers de l’Etat. Parce que, rappelle Daour Diop, les nouvelles autorités, dans leur démarche inclusive, ont reçu les responsables des organisations des établissements privés d’enseignement supérieur du Sénégal et les ont rassurés par rapport au nouveau partenariat. Selon lui, l’Etat a reconnu qu’il doit aux écoles privées de l’argent. Et il s’engage à payer la dette qui tourne aujourd’hui, autour de neuf milliards de francs Cfa.
D’ailleurs, Daour Diop précise qu’il y a quatre milliards 500 millions qui sont prévus dans la loi de finance initiale de 2024. Et dans le courant du mois de juin, le processus devant conduire au paiement de cet argent aux établissements privés va démarrer. «Cela nous rassure. Lors du séminaire organisé par le ministère de l’Enseignement supérieur, la proposition a été faite de solder le reliquat de la dette d’ici le mois de décembre», explique Daour Diop.
Ce dernier fait savoir que les instituts privés sont prêts à prendre de nouveaux étudiants. «Lors de ce conclave, nous avons évalué le programme notamment les points forts et les points faibles. Et nous nous sommes rendus compte qu’il y avait beaucoup plus de points forts que ceux faibles. Ce qui est sûr, c’est que l’Etat a intérêt à retravailler avec les établissements privés d’enseignement supérieur à y envoyer des bacheliers».
Selon lui, la situation actuelle est que l’Etat du Sénégal ne peut pas se passer des établissements privés d’enseignement supérieur. Parce que parmi les bacheliers de 2023, une bonne partie n’a pas démarré encore l’année 2023-2024. Certains le feront peut-être d’ici juillet alors que dans quelques jours les nouveaux bacheliers de 2024 vont arriver. Compte tenu de la situation et même des universités publiques, explique-t-il, il est quasiment impossible de se passer des établissements privés d’enseignement supérieur. «Nous sommes des patriotes et nous sommes dépositaires d’une mission régalienne de service public, nous sommes prêts à accompagner l’Etat et le ministre a insisté pour dire qu’il compte sur nous en tant que partenaires pour développer l’Enseignement supérieur. Et nous ne pouvons qu’accepter cette main tendue de l’Etat du Sénégal», assure Daour Diop.
LE PROJET «SENEGAL DIGITAL EDUCATION» VOIT LE JOUR
Dans le souci de soutenir l’innovation dans le secteur éducatif, Sénégal Numérique Sa et Tooshare avaient signé au mois de février dernier une convention.
Après la signature d’une convention entre Sénégal Numérique SA et Tooshare, au mois de février dernier, le projet «Sénégal Digital Éducation» voit enfin le jour. L’objectif est de transformer les méthodes d’enseignement en intégrant des approches technologiques et numériques dans le secteur éducatif sénégalais.
Dans le souci de soutenir l’innovation dans le secteur éducatif, Sénégal Numérique Sa et Tooshare avaient signé au mois de février dernier une convention. Et en ce début de mois de juin, le projet ‘’Sénégal Digital Education’’ voit enfin le jour. Ce, à la grande satisfaction de la communauté éducative sénégalaise. En s’engageant dans cette collaboration prometteuse, les deux parties visent à moderniser les méthodes d’enseignement et à favoriser l’inclusion numérique dans tout le pays. En effet, c’est du temps du Directeur général de Sénégal Numérique que cette convention avait été signée, rappelle le communiqué. Ce partenariat avec Tooshare, disait Cheikh Bakhoum, «illustre notre engagement continu à soutenir l’innovation dans le secteur éducatif». Une occasion qu’il avait saisie pour montrer toute sa détermination à fournir des solutions numériques de qualité pour renforcer l’accès à l’éducation au Sénégal. Senum S.A, entité majeure dans la transformation numérique de l’État, dispose d’une solide expérience pour la mise en œuvre d’un projet de cette envergure, en s’appuyant sur Sénégal Digital Academy.
Fondateur de Tooshare, Abdoulaye Mbengue a montré toute sa satisfaction de travailler avec Sénégal Numérique S.A. Une collaboration qui, selon lui, «ouvre de nouvelles perspectives pour l’éducation numérique au Sénégal et va permettre de concrétiser notre vision d’une éducation plus accessible et interactive grâce à la technologie». Ce projet ambitieux s’articulera autour de 14 modules, couvrant entre autres, des sujets tels que le management stratégique des collectivités territoriales, le rôle et le fonctionnement des collectivités territoriales, la cybersécurité en entreprise, la passation des marchés publics, les règles d’hygiène de la cybersécurité pour les organisations et les individus, la sécurité des systèmes d’information, la gouvernance des données, l’intelligence artificielle, le marketing digital, la communication digitale…
LE SAES APPROUVE LE RECRUTEMENT ANNUEL DE 500 ENSEIGNANTS…MAIS EN PRIVILEGIANT LES VACATAIRES
Le ministère de l’Enseignement supérieur, de le Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, a promis un recrutement de 500 enseignants chaque année dans les universités sénégalaises.
L’Etat annonce un recrutement annuel de 500 enseignants à l’université. Une décision saluée par le Saes (Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur) qui dit attendre l’effectivité de la mesure visant à soulager le ratio enseignants-étudiants (1 sur 80) qui est assez déséquilibré. Il plaide surtout pour le recrutement d’enseignants permanents parmi les 6500 vacataires que comptent nos universités.
Le ministère de l’Enseignement supérieur, de le Recherche et de l’Innovation, Dr Abdourahmane Diouf, a promis un recrutement de 500 enseignants chaque année dans les universités sénégalaises. Une mesure qui vient répondre à l’une des revendications portées par le Saes (Syndicat autonome de l’Enseignement supérieur) depuis quelques années. Selon son secrétaire général, Pr David Célestin Faye, le dernier recrutement date de 2019 après celui de 2015 avec respectivement 210 postes puis 200 postes. Pour dire que les autorités déchues n’ont pu pourvoir que 410 postes en près de 10 ans.
Une sorte de recrutement gelé pendant quatre longues années depuis 2019 ! Au moment où l’université a cruellement besoin d’enseignants. Le nombre est presque insignifiant par rapport aux besoins. Surtout que chaque année, il y a des enseignants qui vont à la retraite au moment où le besoin est déjà là. «Il faut voir que le gouvernement en 2015, n’a fait que 210 postes, et 200 postes en 2019. Soit 410 postes en presque un peu moins de 10 ans alors que le nombre est à exploser», dixit le responsable du Saes. Il pense que cet engagement pris va se concrétiser pour pouvoir aider à recruter beaucoup plus d’enseignants permanents. Ils sont en effet plus de 6500 vacataires dans les universités sénégalaises «qui attendent d’être recrutés». «Aujourd’hui, 73% des enseignants sont des vacataires, des enseignants journaliers qu’on paye à la tâche dans cette université sénégalaise pour plus de 200.000 étudiants, c’est quand même extraordinaire. Rien qu’à l’université Sine Saloum Elhadj Ibrahima Niasse de Kaolack, on a 93% de vacataires, et seulement 7 permanents», a-t-il révélé. En plus clair, dans ce temple du savoir, officie un enseignant permanent sur 10. Les 9 sont pratiquement des vacataires.
Mais le mal est plus profond. Vu que l’offre en termes d’enseignants est presque insignifiante par rapport à la demande. D’où un recrutement beaucoup plus soutenu pour soulager le ratio enseignants-étudiants qui est assez déséquilibré. «Le ratio aujourd’hui, c’est un enseignant pour 80 étudiants. Alors que pour l’Unesco, la norme, c’est 1 sur 20 alors qu’on est à 1 sur 80 au Sénégal. Imaginez qu’on veuille avoir les mêmes résultats que les universités des autres pays du monde. C’est impossible. C’est intenable», selon le professeur Faye. Pour lui, «on ne peut pas développer l’enseignement supérieur en ayant des enseignants journaliers qui sont dans la précarité. Il nous faut recruter. On a plus de 6500 vacataires au Sénégal qui attendent d’être recrutés», a-t-il estimé.
Il pense surtout que, «si le gouvernement avait respecté ses engagements depuis ces dernières années, on en serait pas là. Il aurait fallu continuer le recrutement de 200 postes chaque année. Si on avait continué le recrutement de 200 postes chaque année, on n’en serait pas là. On est là face à un problème. Ce qui fait que les années académiques ne finissent pas. C’est des enseignants qui se démultiplient pour faire les cours partout. Il nous faudrait recruter des jeunes docteurs qui sont là, qui ont été formés et bien formés. Qui sont là ou dans la Diaspora et qui peuvent venir nous appuyer. Ce qui n’a pas été fait malgré les engagements pris par le gouvernement avec les différents accords signés avec le Saes», a-t-il dénoncé.
Justement pour étoffer le personnel des universités, et surtout répondre aux besoins dans le domaine de l’enseignement supérieur, -et surtout rectifier le tir-, le ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Dr Abdourahmane Diouf, annonce un recrutement de 500 enseignants chaque année. Une annonce qui a certes réjoui le Saes, particulièrement son secrétaire général, Pr David Célestin Faye, qui plaide surtout pour le recrutement des vacataires qui dispensent déjà des cours dans nos universités. Il espère surtout que cette nouvelle décision ne sera pas un «simple effet d’annonce». «C’est pour nous une déclaration qu’on attende qu’elle se matérialise. Des promesses, on en a vu et entendu. On espère que ce ne sera pas un effet d’annonce seulement. Ce qui nous intéresse, c’est qu’elle soit matérialisée», a-t-il laissé entendre.
DÉPART DU RECTEUR DE L’UCAD, LE SUDES DÉNONCE LE RETARD DANS L’APPEL À CANDIDATURE
Alors que le mandat d'Ahmadou Aly Mbaye arrive à échéance le 20 juillet 2024, ces enseignants estiment que ce retard constitue une «violation flagrante» du décret n° 2021-846 du 24 juin 2021 relatif aux modalités de nomination.
Le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal-Enseignement supérieur et recherche (Sudes-Esr), section Ucad, trouve «inacceptable» le retard dans l’appel à candidature pour la succession du recteur Ahmadou Aly Mbaye.
Alors que le mandat de ce dernier arrive à échéance le 20 juillet 2024, ces enseignants estiment que ce retard constitue une «violation flagrante» du décret n° 2021-846 du 24 juin 2021 relatif aux modalités de nomination du Recteur dans les Universités publiques.
«Ledit décret, en son article 2, stipule que 90 jours avant le terme du mandat du Recteur en fonction, ou, au plus tard, 30 jours après la fin de son mandat pour une raison autre que la fin légale de son mandat, un comité de validation et de sélection des candidatures pour la nomination d’un nouveau recteur est mis en place», ont rappelé, dans un communiqué, le Professeur Sylvestre Konakou et ses collègues.