SenePlus | La Une | l'actualité, sport, politique et plus au Sénégal
3 avril 2025
Culture
DANS LA BOITE SECRETE DE TITI
Titi « La Lionne » revient sur scène après un break de 3 ans. Invitée du groupe Emedia la semaine dernière, dans l’émission « Sama Sénégal » de ItV, elle s’est livrée à quelques confidences sur sa vie privée.
Elle a le vent en poupe actuellement dans le milieu du showbiz. Ce, grâce à son nouvel album intitulé « Live Performance », qui connaît un succès énorme sur la toile, mais aussi sur la bande Fm. Titi « La Lionne » revient sur scène après un break de 3 ans. Invitée du groupe Emedia la semaine dernière, dans l’émission « Sama Sénégal » de ItV, elle s’est livrée à quelques confidences sur sa vie privée.
Surnommée Titi « La lionne », Ndèye Fatou Tine à l’état civil est revenue sur la scène musicale avec punch. Après un break de 3 ans, elle vient de mettre sur le marché un album « Live Performance », avec la maison de production Prince Arts. Un opus qui a été vite adopté par les Sénégalais. Connue pour ses thèmes engagés et instructifs, elle n’a pas dérogé à la règle avec cet album de 8 titres, considéré déjà comme une œuvre musicale de haute facture et caractérisé par des lives. D’où son titre « Live Performance ». Mais tout le reste est sur une sonorité Mbalax.
Ce choix pourrait se justifier, à l’en croire, par ses prestations en live qui séduisent le public. Les mélomanes aiment bien voir Titi sur scène avec sa belle voix et ses belles chorégraphies. D’où sans doute le succès que connaît déjà son nouveau produit sur le marché qui est en train de faire le tour du monde, étant au top sur la plateforme Youtube. La reine du groupe « Bari bagass » a tenu à détailler le contenu de son album lors d’une émission sur Iradio avec Dj Boub’s. Et parmi les thèmes développés, il y a une invitation à la jeunesse pour un retour à nos valeurs. « Nous commençons à les perdre les valeurs qui ont fondé la société sénégalaise. Telles le « Jom », le « Sutura », le « kersa », aujourd’hui en voie de disparition », s’est-elle désolée comme dans le titre « Jikko », alors que « Gen Gui Dekk », « Bul Ma Fire » sont une ode à l’amour. Sur le plan spirituel, elle rend aussi hommage aux érudits sénégalais notamment à travers « Mame Saliou », « Abdou Aziz Dabakh », « Cheikh Mahi Niasse », « Ndindy », (…).
« La jalousie, le mensonge et la méchanceté gagnent du terrain »
Aux flamboyants locaux du groupe Emedia pour la promotion de son album, elle a lancé un appel pour la paix sociale, surtout la tolérance. Et sans langue de bois. « Je ne reconnais plus mon pays, le Sénégal. Les valeurs commencent à disparaître, les gens sont devenus de plus en plus faux. La jalousie, le mensonge et la méchanceté gagnent du terrain, ils sont même devenus un trophée pour certains. Pis, il y en a même qui n’aiment pas voir les gens heureux, ça perturbe même leur sommeil », regrette l’ex-danseuses. « C’est pourquoi, j’ai repris le titre « Jikko » dans l’album. Il faudrait que l’on fasse revenir l’humanisme dans notre société », exhorte la diva.
Au cours de cette émission fun et fluide, « La Lionne » s’est laissée aller en faisant même quelques confidences sur sa vie privée, particulièrement sur son enfance. Ce qui a surpris même les internautes. Car, Titi n’a pas l’habitude de se confier. Ainsi, en répondant à la question de l’animateur sur son amour pour la famille de Serigne Touba, elle s’est évertuée à faire quelques révélations sur son premier mariage. La chanteuse de confesser avoir été victime d’un mariage forcé, alors qu’elle était très jeune.
« Je ne voulais pas de ce mariage à Touba… »
« Quand j’étais jeune, mon père m’a donnée en mariage à un homme qui habitait à Touba. Mais, je ne voulais pas de ce mariage. Je suis restée là-bas contre mon gré. Car, à cette époque, tout ce que le père ou la mère dit, on l’exécute sans broncher », explique-t-elle, avant d’ajouter : « Comme je ne voulais pas rester dans ce mariage, mais que je n’avais pas le choix. Il y avait une photo de Serigne Touba accrochée au mur dans ma chambre, et on dirait que je discutais avec lui. Je lui disais : Mame je suis là contre mon gré, je veux rentrer, mais je n’ai pas de transport, je ne veux pas rester ici », révèle l’artiste.
Toujours face à l’animateur vedette, Dj Boub’s, la chanteuse de revenir sur les péripéties de cette odyssée. « Comme par hasard, il y avait des « talibés » qui venaient faire leur Ziar et qui me donnaient de l’argent. Mais à chaque fois que je quittais mon domicile conjugal, mon père me renvoie chez mon mari. Un jour, j’ai marché de Darou Miname jusqu’au garage tout en jetant un coup d’œil partout pour voir si les gens ne me reconnaissaient pas. J’ai fait la connaissance d’une belle dame, une vraie drianké, je lui ai dit que je veux rentrer à Dakar, mais que je n’ai pas de transport. Elle m’a offert une somme de 20.000 francs CFA », raconte Titi dans un éclat de rires. Avant de poursuivre : « Je n’ai pas l’habitude de parler de ma vie privée. Mais il est bon, de temps en temps, de partager certaines choses. Pour dire nous sommes des personnes comme tout le monde. C’est ce qui explique mon adoration envers la famille de Serigne Touba, ma première chanson lui est dédiée ».
VIDEO
LES OEUFS POURRIS DE L'ANCIEN PALAIS DE JUSTICE
L’artiste égyptien Karem Ibrahim a proposé une installation sur la thématique de l'œuf. Pour l'artiste, l''œuf c'est aussi bien la fragilité que la rigidité. Rigidité en parlant notamment de la membrane qui protège l'ensemble.
Un jour, une création. «Les œufs pourris ». C’est le titre de l’installation proposée, l’artiste égyptien Karem Ibrahim lors de la dernière biennale de l’art africain contemporain de Dakar, à l'ancien palais de Justice de Dakar.
Un œuf c’est à la fois de la fragilité et la rigidité (de la membrane de protection). Autant le contenu de l'œuf est liquide et visqueux, autant la coquille est solide. Et quand on veut la briser, rien qu’avec sa main on peut le faire. C'est une question de volonté.
C'est là le sens de cette installation. Il en est de même dans la vie. Avec la volonté, on peut faire bien de choses qu'on ne soupçonne pas.
Chaque pièce de l’installation fait de métal dont chaque pièce représente un œuf, est le principal matériau, mais curieusement cassé et l'installation a été aspergée d'œufs frais.
VIDEO
DES OS ET DES SERINGUES D'OBINNA MAKATA
De la matière de récupération comme les os et les seringues, on peut produire une oeuvres d'art attractive. C'est ce qu'a fait l'artiste nigérien, Obinna Makata qui avait pris part à la 14è édition de la biennale de l'art africain contemporain de Dakar
La biennale de l’art africain contemporain de Dakar nous montre chaque année une infinie diversité de créations et d’inspirations des artistes du continent. Ceux-ci peuvent traduire toute sorte de réalités dans leurs créations.
C’est le cas de cette œuvre de l’artiste nigérian Obinna Makata. Un fusils fait d’os et de seringues comme le dit le titre de l’exposition.
L'arme à feu pointée sur un squelette, celui ci s'écroule littéralement au sol sous l'effets nourris des rafalles par les balles. AfricaGlobe vous propose de revoir cette œuvre à laquelle est ajoutée son, le crépitement des armes.
MEXICO ACCUEILLE UNE CONFERENCE MONDIALE SUR LA CULTURE
Selon les chiffres de l’Unesco, le secteur culturel et créatif représente plus de 48 millions d’emplois dans le monde, soit 6,2% du total des emplois existants et 3,1% du Produit intérieur brut (Pib) mondial.
Du 28 au 30 septembre 2022, une centaine de ministres de la Culture seront réunis dans la capitale mexicaine pour la 4ème Conférence mondiale sur les politiques culturelles. Organisée par l’Unesco, Mondiacult 2022 vise à «affirmer la culture comme bien public mondial».
Selon les chiffres de l’Unesco, le secteur culturel et créatif représente plus de 48 millions d’emplois dans le monde, soit 6,2% du total des emplois existants et 3,1% du Produit intérieur brut (Pib) mondial.
Alors que l’humanité est entrain de dépasser la phase délicate de la gestion de la pandémie, la culture a un rôle majeur à jouer dans le développement de nos sociétés, dans la réduction des inégalités, comme dans l’épanouissement et le bien-être des individus.
Après la première Conférence mondiale sur les politiques culturelles, Mondiacult, tenue à Mexico en 1982, et 24 ans après la Conférence mondiale de l’Unesco sur les politiques culturelles pour le développement, qui s’est déroulée à Stockholm en Suède en 1998, c’est à nouveau la capitale mexicaine qui va accueillir la Conférence Mondiacult 2022.
Prévue du 28 au 30 septembre 2022, la Conférence de Mexico visera à répondre aux grands défis contemporains autour de quatre axes de débats : comment renouveler et renforcer les politiques culturelles ? Quelle place pour la culture dans le développement durable ? Comment répondre à la crise du patrimoine et de la diversité culturels ? Quel avenir pour l’économie créative ?
Des sujets comme la lutte contre le trafic illicite de biens culturels, la restitution d’œuvres à leurs pays d’origine, le statut de l’artiste, la liberté d’expression, la révolution numérique, le tourisme culturel durable ou encore le rôle de la culture pour le climat, seront au cœur des réflexions.
Dans un communique de presse, l’Unesco informe que l’évènement réunira, fin septembre, les représentants de ses 193 Etats membres dont une centaine de ministres de la Culture. Et il est prévu au terme des débats, l’adoption, par les ministres de la Culture, d’une déclaration commune.
Cette Conférence mondiale dédiée aux politiques culturelles, vise à «affirmer la culture comme bien public mondial, en ce qu’elle fonde notre humanité commune, et à définir l’avenir des politiques publiques dans ce domaine», souligne l’organisation internationale.
MUSIQUE ARABE, LA RENAISSANCE DE OUM KALTHOUM ?
«La Dame», «La Voix des Arabes», «L’Astre d’Orient». Autant de surnoms donnés à la mythique Oum Kalthoum. Mais peut-on faire revivre un mythe ?
«La Dame», «La Voix des Arabes», «L’Astre d’Orient». Autant de surnoms donnés à la mythique Oum Kalthoum. Mais peut-on faire revivre un mythe ? C’est le pari de la société dubaïotte NDP, qui a ressuscité la diva, en hologramme, en un concert au Palais des Congrès de Paris le 9 juillet dernier. Rencontre avec le chef d’orchestre égyptien, Mostafa Fahmy, directeur artistique de ce projet.
Pour beaucoup, Oum Kalthoum incarne la fu¬sion avec le public durant des concerts de légende. Le fait de la faire revivre virtuellement peut sembler paradoxal…
C’est vrai, entendre la voix de Oum Kalthoum suffit à nous faire rêver et à nous transporter dans une ambiance de transe. L’hologramme et l’orchestre renforcent cet effet et apportent une dimension humaine réelle. Ce concert permet de voyager dans le temps.
Cela exprime une nostalgie ?
Bien sûr ! Surtout en France, le seul pays d’Europe où Oum Kalthoum s’est produite ! Pour beaucoup d’Arabes, revivre cela en 2022, c’est très important. On reçoit beaucoup de lettres enthousiastes, surtout de femmes, qui disent qu’elles viendront avec leurs parents ou leurs grands-parents.
Pourquoi surtout les femmes ?
C’est un symbole féministe. Oum Kalthoum a été très forte dans une époque très masculine, c’est pourquoi on l’appelait «La Dame». Elle a été présidente du Syndicat des musiciens, côtoyé des Présidents, a chanté pour son pays (notamment en versant tous les cachets de ses concerts à l’Egypte après la défaite de la Guerre des Six jours, Ndlr). Cela a contribué à en faire une idole pour les femmes.
Pourquoi la faire revivre en hologramme ?
Ses concerts étaient un moment sacré dans le monde arabe. Beaucoup ont rêvé d’y assister et n’ont jamais pu le faire. Cela permet aussi de voir le travail technique effectué pour avoir l’impression d’une chanteuse réelle en face de soi. Le visage a été reconstitué à partir de celui de Oum Kal-thoum. Pour son corps, c’est Sabreen, une actrice qui a joué son rôle dans une série à grand succès, qui a mimé sa gestuelle.
Vocalement, comment cela va-t-il se passer ?
La voix originale de Oum Kalthoum est travaillée avec des techniques de son particulières pour être synchrone avec l’hologramme et l’orchestre qui jouera en live. NDP a déjà organisé des concerts avec des hologrammes de Oum Kalthoum et de Abdel Halim Hafez.
En France, la veuve de Johnny Hallyday s’était montrée réticente à l’utilisation de l’hologramme de son époux, déplorant l’absence de jurisprudence sur l’utilisation d’hologrammes de défunts…
Je crois que c’est lié aux intentions. La famille de Oum Kalthoum a donné son accord parce qu’il s’agit d’honorer sa mémoire et de la faire vivre. Il faut utiliser les nouvelles technologies de la bonne manière, en ne faisant revivre que des moments qui ont existé.
Dans Oum Kalthoum, l’âge d’or à Dubaï, vous dirigiez un orchestre et une chanteuse qui l’interprétait. Ici, c’est un hologramme. Qu’est-ce que ça change ?
Ce sont deux missions très différentes. En comédie musicale, c’était très proche de l’opéra. Là, je dirige les musiciens et je fais aussi le lien entre eux et la voix de Oum Kalthoum. Je travaille avec des partitions minutées, très précises pour être en harmonie avec sa voix.
Pourquoi mélanger votre orchestre «Les Cordes croisées» à la vraie voix de Oum Kalthoum ?
Les quinze musiciens des Cordes croisées viennent d’Egypte. Ce sont des spécialistes de la musique de Oum Kalthoum. Une partie du spectacle sera chantée par Sanaa Nabil, son arrière-petite-nièce. C’est un honneur symbolique d’avoir la vraie voix de l’Astre de l’Orient sur scène et celle de son arrière petite-nièce de dix-neuf ans. Elle chantera une chanson de Oum Kalthoum. Elle a une voix et un talent incroyables ! C’est une étoile montante qui a déjà un succès énorme dans les pays arabes. Cela fait quatre ans qu’elle interprète des chansons de Oum Kalthoum, c’est une école très exigeante. C’est son premier concert en France. J’aimerais que cela soit le premier pas pour la découvrir en Europe.
Est-ce qu’elle incarne la vivacité musicale de l’Orient ?
Bien sûr, parce qu’elle a 19 ans, qu’elle chante divinement et ne va pas chanter que des chansons de Oum Kalthoum ! Mais Sanaa fait aussi le lien entre le passé et le présent. J’ai découvert la passion pour la musique arabe en France grâce à celle du public qui a toujours soif de ces musiques classiques égyptiennes. D’où l’idée de créer l’orchestre des Cordes croisées pour faire un lien entre la France et l’Egypte. Pour nous, c’est très important de jouer à Paris. Cet évènement sera musical et magique.
LA SATIRE RENAIT AVEC «LE POLITICIEN»
Après 25 ans d’hibernation, le journal «Le Politicien» est réapparu sur le marché le 29 juillet dernier, relançant ainsi ses activités.
Après 25 ans d’hibernation, le journal «Le Politicien» est réapparu sur le marché le 29 juillet dernier, relançant ainsi ses activités. Couplé à un site internet qui n’est pas la réplique du journal mais son complément, d’après son directeur de publication, Pape Samba Kane, le premier numéro de l’hebdomadaire satirique est déjà en ligne sur Le Politicien.sn mais aussi dans les kiosques.
«La réapparition du Politicien dans l‛espace médiatique à la veille de la fin de la campagne des Législatives du 31 juillet 2022, dans une ambiance rappelant le contexte historique de l‛émergence des précurseurs de la liberté dans les médias populaires, annonce la renaissance d‛un journal qui fut un des organes de presse les mieux informés de son époque, les plus craints des hommes et femmes exerçant le pouvoir, et de franges importantes de l‛opposition », a écrit Mamadou Sy Albert, Conseiller éditorial du nouvel hebdomadaire satirique, dans son numéro 000 du vendredi 29 juillet 2022, qu’il a intitulé «La renaissance du Politicien. Préserver l’héritage.» Ce journal, précurseur de la presse libre, indépendante et de l’analyse du champ de la politique, fondé en 1977 par Mame Less Dia, a connu beaucoup de péripéties avant de s’arrêter définitivement, il y a 25 ans. Aujourd’hui, Le Politicien réapparaît à nouveau dans le paysage médiatique sénégalais.
25 ans après…
L’histoire de ce journal semble être assez singulière. Elle peut se confondre avec la personnalité de son directeur de publication, qui se trouve être aujourd’hui, Pape Samba Kane, journaliste de la presse satirique et politique, écrivain et essayiste. Son nom a été un temps synonyme de portraits corrosifs qu’il brossait des hommes politiques dans les pages du Cafard libéré. Selon lui, ce pays mérite un pareil journal pour animer davantage le débat public. «Nous pensons et nous ne sommes pas les seuls, que ce pays a besoin d’un journal satirique. C’est un pays démocratique, multi-partisan et où la presse est plurielle, libre et indépendante depuis très longtemps», soutien Pape Samba Kane qui a fait ses premières armes de journaliste dans cette rédaction du Politicien à partir de 1980 avant de fonder le Cafard libéré avec des amis.
Hommage à Mame Less Dia
PSK comme on l’appelle familièrement, rappelle qu’au Sénégal, depuis 1977, de nombreux journaux satiriques ont été créés (Le Politicien, Le Cafard libéré, La Vache qui rit), mais ils n’ont pas vécu longtemps. «On s’est retrouvés aujourd’hui avec une démocratie devenue plus vieille et beaucoup plus expérimentée. Comment nous sommes-nous retrouvés avec un pays sans journal satirique depuis plus de 25 ans ?», s’interroge-t-il. Selon lui, la demande existait parce que le manque était là et ce vide-là, dit-il, il fallait le combler.
Reçu sur Le Politicien.sn jusqu’au prochain numéro où il sera crypté en iBook et vendu dans les kiosques en tant que papier, Le Politicien a trouvé son slogan : «La démocratie commence par la liberté de la presse.» Pour le journaliste Pape Samba Kane, le journal est sorti avec l’idée de faire comme le faisait Mame Less Dia. L’esprit demeure le même. «Nous avons la même tonalité satirique ouverte pour faire le même journal dans un contexte différent. Donc nous avons fait recours au passé mais nous ne sommes pas dans un retour au passé. Et le premier signe de cela, c’est que ce journal est couplé à un site internet qui n’est pas la réplique du journal mais qui est son complément», explique-t-il.
A travers ce journal qui est aussi en version électronique, sur internet où les lecteurs peuvent accéder à des dessins, à des textes plus ou moins amusants, PSK rend un hommage à Mame Less Dia. «J’ai autant de raisons que de rendre hommage à Mame Less Dia. Sans lui, je ne serais pas entré dans cette profession qui m’a donné beaucoup de satisfaction», a-t-il évoqué. Ce journal raille les hommes de pouvoir, donc les politiciens. «Ce que nous voulons faire, c’est d’amener dans le débat public, un autre discours que celui qui l’a envahi et qui nous mène à des événements sanglants», témoigne-t-il.
AUDIO
BILL RUSSEL OU LA DISPARITION D'UN GÉANT
René Lake revient au micro de VOA, sur la carrière de basketteur hors pair et le militantisme en faveur des minorités, de l'ancien pivot des Boston Celtics, décédé dimanche à 88 ans
René Lake revient au micro de VOA, sur la carrière de basketteur hors pair et le militantisme en faveur des minorités, de l'ancien pivot des Boston Celtics, décédé dimanche à 88 ans.
«IL FAUT DONNER UN VISAGE PLUS HUMAIN A L’EMIGRATION»
Mame Diarra Diop raconte le récit du voyage de Badu, Djibril, Mor et Lady dans son premier ouvrage, «Retour à Ceuta et Melilla».
Les sables du désert malien ont été les témoins muets des nombreuses souffrances qu’y ont vécues les migrants. Parfois, ils s’en sortent et font le récit de leurs calvaires. D’autres fois, ce sont des parents meurtris par la perte de leur enfant qui crient leur souffrance. Par-delà les frontières du Sahel, la romancière et journaliste sénégalo-malienne, Mame Diarra Diop, se fait l’écho de cette peine. Elle raconte le récit du voyage de Badu, Djibril, Mor et Lady dans son premier ouvrage, «Retour à Ceuta et Melilla».
D’où est venue l’idée de ce roman ?
L’idée de ce roman est venue après les assauts de Ceuta et Melilla il y a quelques années, en 2006 je crois. Plusieurs migrants ont trouvé la mort en tentant le passage. Ensuite, en 2009, il y a eu un jeune sénégalais, Alioune, le fils de Yayi Bayam Diouf, qui a embarqué dans une pirogue avec 80 jeunes et ils sont tous morts. Ces deux évènements m’ont vraiment marquée et m’ont donné envie d’écrire cette histoire de migrants qui tentent l’aventure, qui quittent leur pays et es¬saient d’arriver jusqu’en Eu-rope. D’abord, ils tentent par les Îles Canaries et ils échouent, ensuite, ils prennent la route du désert. L’idée du roman était de raconter leur périple de Dakar jusqu’à ces deux enclaves.
Une partie des bénéfices a été donnée à Yayi Bayam Diouf à qui le roman est dédié. Quels liens avez-vous avec elle ?
Effectivement, on a décidé de remettre une partie des bénéfices à Yayi Bayam Diouf. Parce que d’abord le roman lui est dédié et c’est aussi une façon de lui reconnaître son action autour de cette association qu’elle a montée, le Collectif des femmes contre la migration clandestine (Coflec) et qui emploie des jeunes et des femmes dans la transformation du poisson local, qui fait des formations dans des activités génératrices de revenus. Je n’ai aucun lien particulier avec elle si ce n’est que son histoire m’a profondément marquée et que j’ai suivi son parcours, et comment elle se bat au quotidien pour retenir les jeunes en Afrique. Ça m’a tellement émue que j’ai décidé de lui dédier le livre et de donner une partie des bénéfices pour soutenir son association. Une partie lui a été reversée pendant mon séjour à Dakar et nous reviendrons lui remettre encore une autre partie de la vente des livres. C’est simplement une manière de la soutenir et c’est purement symbolique.
Le roman a été écrit à la manière d’une enquête journalistique. Avez-vous suivi vous-même le parcours de ces migrants ?
C’est vrai que c’est écrit comme une enquête journalistique avec une sorte de road trip. Les quatre personnages quittent Dakar et prennent la route. On a Alain qui est journaliste, qui est un peu le fil conducteur. Il les suit pendant un moment et raconte son périple avec son carnet de notes. C’est une manière de comprendre le trajet que ces migrants font d’un pays A à un pays B avec tous les risques que cela comporte. Je n’ai pas suivi des migrants dans le désert, mais j’ai été aux Iles Canaries où j’ai rencontré beaucoup de migrants et j’ai essayé de comprendre comment ça se passait à leur arrivée là-bas dans les pirogues. J’ai aussi rencontré pas mal d’organisations comme la Croix-Rouge, des migrants sur place qui m’ont raconté comment ils ont réussi à arriver sur place en Espagne et pour le désert, j’ai interrogé beaucoup de rapports, fait de la documentation et parlé avec des journalistes, lu des articles de presse, appelé des organisations comme l’Oim, le Croissant-Rouge mauritanien et Médecins sans frontières. J’ai vraiment fait un travail de documentation très poussé et la géographie des pays, les villes que je mentionne, je les ai étudiées. Je me suis basée sur des faits et des chiffres pour pouvoir écrire et habiller la trame du roman.
Particularité de vos personnages, tous avaient une activité professionnelle avant d’aller à l’aventure. Que dit ce choix sur les motivations des jeunes migrants ?
Tous ces migrants avaient effectivement un métier. Il y a Badu qui était tailleur, Djibril qui travaillait comme mécanicien dans un garage, Mor qui travaillait dans les décharges publiques. Et il y a Lady qui est une jeune artiste qui rêve de se fixer à l’étranger. Ils ont tous des motivations personnelles. C’est pour dire que le profil des migrants est variable. Nous avons toutes sortes de gens qui un jour, ont envie de changer d’horizon, en ont marre de leur condition et rêvent à un mieux-être. Et ils se disent pourquoi ne pas tenter notre chance en Europe. Je pense qu’ils ne sont pas conscients des risques et même ce qu’ils voient à la télé et dans les médias, ne les démotive pas. Mais jusqu’où peut-on risquer sa vie pour atteindre cet eldorado quand on sait à quel point c’est difficile et comment les gens sont refoulés. Dans le désert, il y a des rapports effrayants de migrants qui sont rejetés, qui sont emprisonnés. Des migrants qui subissent des souffrances, des femmes qui sont violées. Quelque part, est-ce que cette jeunesse est consciente du danger qu’il y a à traverser un désert ou essayer d’embarquer dans une pirogue ? Les choix des migrants sont variables, les motivations sont variables et donc, je voulais un peu élargir à tout ça et aussi avec la forme, romancer mon récit parce que les personnages ont d’autres motivations. Et c’est un choix que je fais en tant qu’écrivaine. C’est moi qui dicte le destin de mes personnages.
Quelle leçon avez-vous apprise sur la migration dans nos pays en écrivant cet ouvrage ?
La leçon que j’apprends, c’est que ce phénomène migratoire n’est pas encore bien maîtrisé. Et par nos Etats et par les jeunes eux-mêmes. Je pense qu’il y a beaucoup de «on-dit», beaucoup de non-dits. Des non-dits de la part de ceux qui sont partis et qui sont revenus ou bien de la part de ceux qui sont en Europe et qui peut-être, ne décrivent pas assez la réalité. Il y a aussi beaucoup de «on-dit» sur les passeurs, les conditions. Ceux qui vous racontent comment il faut y aller, qui il faut contacter. C’est véritablement un phénomène qui doit être mieux compris par la jeunesse. Et les Etats doivent s’en saisir parce qu’en dessous de tout ça, il y a des problèmes de gouvernance, de pauvreté, de chômage, de perspectives d’avenir pour les jeunes. Parce que si on se sentait bien là où on était, on n’aurait pas envie d’aller voir ailleurs. Aujourd’hui, il faut créer le débat davantage et ne pas laisser ce débat aller sur les sphères internationales. Ce débat doit aller dans les quartiers, dans les télévisions, partout. Les journalistes doivent s’en saisir, même s’ils le font déjà, mais ce débat doit arriver dans l’oreille des plus jeunes. On a des petits frères qui sont tentés de partir et il faut leur expliquer ce phénomène migratoire et quels sont ses composantes, dangers et risques. Il est important que chacun se saisisse de ces questions pour éviter ces drames qui surviennent davantage.
Il y a quelques semaines, au moment où votre ouvrage sortait au Mali, il y a encore eu des évènements tragiques à Ceuta et Melilla ! Que faut-il en penser ?
J’ai moi-même été surprise par ces évènements de Ceuta et Melilla. Et je me dis que plus que jamais, la question est d’actualité. Ce qu’il faut savoir, c’est que ces migrants sont terrés depuis des mois et des mois autour de Ceuta et Melilla en attendant le moment propice pour passer. Les autorités marocaines et espagnoles sont débordées. La question mérite d’être posée sur la table. Si ça s’est produit et qu’aucun de nos Etats ne réagit, il y a un problème. Cela veut dire que ces jeunes ne se sentent pas soutenus. Il y a vraiment un problème et les causes n’ont pas été attaquées. Il y a eu plusieurs assauts ces dernières années. Et il faut espérer que ça ne se reproduise pas. Mais que faut-il faire ? Il faut espérer que les pays africains se saisissent de cette question de la migration. De tout temps, les hommes ont migré mais il faut donner un visage plus humain à l’émigration et la rendre moins clandestine.
Quels espoirs avez-vous pour votre pays le Mali qui vit une situation compliquée ?
Mon espoir, c’est que le Mali retrouve sa stabilité très vite. Nous sommes dans une période de transition et qui dit transition, dit changements. Je prie pour que le pays retrouve sa stabilité parce que le Mali fait partie des pays sahéliens qui sont confrontés à beaucoup de défis. Défis sécuritaires, de gouvernance mais aussi pour les jeunes parce que parmi les migrants, il y a beaucoup de Maliens. Mon vœu, c’est que cet ensemble qui constitue le Sahel, retrouve sa stabilité. Mais les grands défis du Mali, ce sont la sécurité, la paix et le développement. Et c’est ce que je souhaite à ce pays qui est celui de ma mère.
VIDEO
MULTIPLE PHOTOS
CES SOMPTUEUSES TOILES DE KONATÉ
La magnificence de ses toiles ne laissaient personne indifférent lors de la dernière biennale de l’art africain contemporain de Dakar. Abdoulaye Konaté est selon toute vraisemblance un génie parmi les génies. Regardez ces toiles
Un jour, une création. Nous vous proposons de revoir les splendides toiles de l’artiste malien Abdoulaye Konaté, quelques semaines après la dernière biennale de l’art africain contemporain de Dakar.
Les organisateurs de la biennale lui avaient réservé un espace à la dimension de la grandeur de son art à l’ancien palais de justice de Dakar. Ainsi Abdoulaye Konaté, l’artiste malien, dit « le maitre » avait pu exposer ses somptueuses toiles dans l’enceinte de la cour suprême aux allures d’une imposante cathédrale et au silence bruyant. C’était majestueux !
Ses différentes pièces auront marqué les esprits de beaucoup de visiteurs de l'un des grands sites d’expo de la dernière biennale de l’art africain contemporain de Dakar. La plupart des personnes interrogées sur leur coup de coeur, n'hésitaient pas à donner son nom.
Ces toiles de grandes tailles faites de textile, notamment du Bazin et d’une rare beauté, exposent diverses thématiques comme le fanatisme religieux, au couple dogon du Mali, en passant par un couple royal Ashanti du Ghana. Lauréat de plusieurs prix dans son pays comme sur le plan internationale Abdoulaye Konaté est un des poids lourds de l’art africain
CEEBU JËN À L’ÉCRAN CE 12 AOUT
Papis Niang, artiste, producteur et réalisateur est encore sorti des sentiers battus. Il dévoile toutes les facettes de ce plat à travers son film documentaire, intitulé « Ceebu jën l’art de Penda Mbaye
Un nouveau plat culinaire fait son entrée au patrimoine immatériel de l’Unesco le 14 décembre dernier. Il s’agit du ceebu jën, un plat typique du Sénégal. Pour mieux expliquer ce plat tant convoité, Papis Niang, artiste, producteur et réalisateur est encore sorti des sentiers battus. Il dévoile toutes les facettes de ce plat à travers son film documentaire, intitulé « Ceebu jën l’art de Penda Mbaye ». Ce long métrage dont la marraine est la Première Dame Marième Faye Sall, sera porté à l’écran le 12 août prochain à l’hôtel King Fahd Palace de Dakar.
En effet, l’animateur de Itv/ Iradio présente une image assez explicite montrant déjà toute la culture sénégalaise, avec une Penda Mbaye (Saint-Louisienne) qui faisait si bien plat d’où le nom de « Ceebu Jën Penda Mbaye ». Ce qui veut dire d’après lui, que « le Ceebu jën est une spécialité sénégalaise qui nous est propre, et très envié par les autres pays ».
Ainsi, le promoteur dudit évènement appelle les Sénégalais à suivre ce film- documentaire qui va nous édifiera davantage sur la manière de faire du cordon bleu Penda Mbaye qui a beaucoup fait jaser avec cette si précieuse spécialité sénégalaise. Pour la campagne de com, le monde de l’art et de la culture appelle à la mobilisation, à travers des vidéos. Il s’agit des artistes comme Wally Seck, Pape Diouf, Roumba Seye, Abdou Guité Seck, etc.