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4 avril 2025
Femmes
VERS UN PROCESSUS DE DECONSTRUCTION DES REALITES ET CROYANCES
À en croire la professeur à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, Tatiana Faye, "les femmes peuvent réussir, au même titre que les hommes, dans le milieu de l'audiovisuel."
Les femmes peuvent bel et bien réussir dans le milieu de l'audiovisuel au même titre que les hommes. C'est du moins l'avis de la sociologue Tatiana Faye qui animait une conférence à l'école des Métiers du Son et de l'Image de Saint-Louis en marge de la célébration de la Journée de la Femme. Sa communication a porté sur le regard de la société sénégalaise sur les femmes évoluant dans le milieu de l'audiovisuel majoritairement occupé par la gente masculine.
À en croire la professeur à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, Tatiana Faye, "les femmes peuvent réussir, au même titre que les hommes, dans le milieu de l'audiovisuel." La sociologue qui prenait à la conférence organisée par la Direction de l'École des Métiers du Son et de l'Image (EMSI) de Saint-Louis, marquant la célébration de la journée internationale de la femme. Sa communication a porté sur le regard de la société sur les femmes évoluant dans le milieu de l'audiovisuel qui est majoritairement occupé par les hommes.
En effet, le thème qui a été retenu pour cette conférence est "La place de la femme dans le milieu de l’audiovisuel". Une occasion pour la Direction de cette école, ouverte, il y a trois ans, pour célébrer la femme en bouclant ainsi en beauté ce mois de mars qui est dédié aux femmes. D’éminents intellectuels et acteurs du milieu de l’audiovisuel sénégalais dont des professeurs de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, des producteurs, des artistes, des photographes professionnels, entre autres ont tous pris part à la conférence.
«Il faut briser ce miroir parce que les femmes peuvent bel et bien occuper leur place dans le paysage de l’audiovisuel. Ces dernières commencent à déconstruire certaines tâches qui leur étaient destinées par la société pour s’occuper à celles jadis réservées aux hommes. Grâce à leur potentiel et aux métiers qu’elles peuvent exercer, les femmes peuvent désormais devenir des agents de socialisation à même de déconstruire certaines croyances limitantes et de pouvoir devenir des femmes aspirantes», a fait savoir la sociologue Tatiana Faye.
Selon elle, de par leur présence et de leur technicité, les femmes peuvent changer les choses. Pour sa part également, le docteur en Arts du spectacle, Delphe Kifouani, y a démontré que la femme a sa place dans le milieu de l’audiovisuel au Sénégal. "Les pionnières ont montré le chemin et rivalisé avec les hommes dans la qualité de leurs productions audiovisuelles. Même s’il reste encore du chemin à faire, le fossé se rétrécit de plus en plus. Donc, c’est aux femmes surtout avec la nouvelle génération d’élever le niveau pour pouvoir occuper les tâches jadis assignées aux hommes", a soutenu Delphe Kifouani.
Pour rappel, cette école forme des techniciens en son et des techniciens en opérateur vidéo sur une durée de 06 mois. «Et la majeure partie de ses étudiants sont financés par le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique (3FPT)», a renseigné Mirabelle Kifouani, Directrice de cette école par ailleurs Directrice du Centre Culturel Habib Faye de SaintLouis. La conférence a été clôturée par un concert ayant vu la participation de l'artiste saint-louisien Souleymane Faye.
AUCUNE PEUR, AUCUNE HONTE À REVENDIQUER LA FEMME QU'ON VEUT ÊTRE
La lauréate du Concours général en 2018 et 2019 donne de ses nouvelles, deux mois après son retour au Sénégal. Diary Sow a participé jeudi au « Forum exclusivement féminin » qui s’est tenu à Saint-Louis
La lauréate du Concours général en 2018 et 2019 donne de ses nouvelles, deux mois après son retour au Sénégal. Diary Sow a participé jeudi au « Forum exclusivement féminin » qui s’est tenu à Saint-Louis. Lors de la cérémonie, la jeune romancière a revendiqué sa « féminité » et a déclaré qu’« il n’y a aucune peur, aucune honte à avoir à revendiquer la femme qu’on veut être ».
Diary Sow, qui n’a pas évoqué clairement les raisons de sa disparition qui avait suscité l’émotion et une très forte mobilisation au Sénégal et dans la diaspora, a juste révélé ce qui l’a motivé à devenir écrivaine.
D’emblée, elle a déploré le regard de la société envers celles qui revendiquent leur féminité. « Quand il y a certaines qui veulent se lancer, vivre leur vérité, et non celle qu’on leur impose, on minimise leur légitimité. C’est à peine si on nous accepte encore dans notre société, devenant ainsi les ’’occidentales’’, les ’’genn xeet’’ (marginalisées). Mais c’est un risque à prendre. Il n’y a aucune peur, aucune honte à avoir à revendiquer la femme qu’on veut être. Ce culot, ce sursaut, n’annule pas la féminité. Au contraire, il la sublime. Il ne diminue pas la valeur non plus, ne rend pas moins vertueuse », a-t-elle pesté.
Et de poursuivre : « la revendication féminine, arrivée tard au Sénégal, a encore du chemin à parcourir. On est loin du monde où les femmes pourraient jouir librement de leur sort, de leurs biens, prendre une place dans les instances de décision, sans pour autant rendre compte de leur habillement, leur idée, leur vie sexuelle ».
Diary Sow a précisé qu’elle n’avait jamais rêvé d’être écrivaine. « Je n’ai jamais songé à m’engager pour une quelconque cause ou à sauver l’humanité. J’ai écrit pour la première fois pour une satisfaction personnelle. Parce que je pensais tout d’abord à ma propre consolation, à mon propre plaisir », a-t-elle fait savoir.
Mais, explique-t-elle, les observations qu’elle a faites sur la société sénégalaise et les romans qu’elle a lus et « qui peignaient la femme comme objet sexuel, caritatif, objet de commerce, pour mieux nous émouvoir », lui ont poussé à s’engager à écrire pour « améliorer les conditions de la femme ».
Par Yoro DIA
ADJI SARR, LA DOUBLE PEINE
La notion de complot politique lancée par Sonko dès le début de l’affaire a produit les mêmes effets que celle de «propagande ennemie» en devenant un mur entre les Sénégalais et la raison ou le simple bon sens
Le Dr Joseph Goebbels, ministre de l’Education, du peuple et de la propagande de l’Allemagne nazie (1933- 1945), avait un immense talent. Dr Goebbels avait convaincu les Allemands que tout ce qui n’était pas pro Hitler, et surtout quand ça venait de l’étranger, était «propagande ennemie».
Cette notion de propagande ennemie était devenue un réflexe mental chez les Allemands, et avait fini par être un mur entre les Allemands et la raison ou le bon sens, parce que la Grande Allemagne, le pays de la pensée, secrétait par réflexe des «mécanismes du soupçon» pour tout ce qui ne venait pas des officines du Dr Goebbels.
Au Sénégal, toute chose étant égale par ailleurs, la notion de complot politique lancée par Sonko dès le début de l’affaire Adji Sarr a produit les mêmes effets que celle de «propagande ennemie» en devenant un mur entre les Sénégalais et la raison ou le simple bon sens. C’est de bonne guerre parce qu’étant redoutablement efficace. Par réflexe, l’idée du complot a développé des mécanismes du soupçon contre toute parole et même contre le bon sens ou l’empathie.
Si la notion de complot politique n’était pas devenue un rempart contre la raison et le bon sens, on comprendrait vite que Adji Sarr, la petite Niominka, n’est pas une nouvelle Mata Hari et encore moins Judith de Bethulie de l’ancien testament décapitant le Général Holopherne, scène immortalisée par le Caravage à la Galerie d’art ancien de Rome. Judith, après avoir séduit et enivré le Général assyrien, le décapita pour sauver son Peuple de l’offensive que se préparait à lancer ce bourreau.
La petite Sérère Niominka que j’ai vue à l’écran n’a pas le sens de l’intrigue d’une Mata Hari ou le cran de Judith. Cette jeune fille est doublement victime et le rempart contre le bon sens que renferme la théorie du complot politique nous empêche de le voir. Elle est victime physiquement, moralement, pour avoir été condamnée avant d’être entendue, avec une présomption de culpabilité et surtout socialement (c’est dur à l’âge de l’insouciance de devoir trimer pour survivre).
Vingt ans, c’est le bel âge, l’âge de l’insouciance, de la Fac, des grands rêves, pas un âge pour être l’agnelle de sacrifice d’un pays en transes. Je ne pense pas que Adji Sarr, qui n’est ni Mata Hari, encore moins Judith, puisse pousser la logique du complot jusqu’à attraper une grossesse. Celle qui appelle naïvement Sonko à venir jurer sur le Coran ne peut pas être aussi cynique ou machiavélique. Nous assistons à l’éternel combat entre David et Goliath.
Si Adji Sarr est dans cette situation, c’est en grande partie parce qu’elle est la fille de personne ; d’où cette succession d’abus de faiblesse sur le plan professionnel, sur le plan social. On est en train de transformer une pauvre petite victime en coupable de tous les péchés d’Israël. Comme dit le proverbe africain, «quand deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui en souffre».
La petite Niominka qui est l’herbe dans cette bataille d’éléphants est forcément une victime, quel que soit le schéma. Les féministes du pays de la Téranga et de la parité avaient une grande cause, mais ont déserté à cause de la terreur intellectuelle ou du caractère infranchissable du mur de la notion du complot politique qui nous déconnecte du bon sens et des grands principes.
Même si Adji Sarr a fait tomber un pan du mur de la notion du complot politique qui nous séparait de la raison, du bon sens, de l’empathie et même de la pitié, il est peu probable que nos féministes s’y engouffrent.
A l’ère et l’heure de Me Too, nos féministes ont manqué d’audace. Ça aussi, c’est une exception sénégalaise
FATOUMATA SISSI NGOM, PARCOURS D’UN APÔTRE DE LA RESTITUTION DES ŒUVRES D’ART
Passionnée d’art et des musées, L'auteure du roman “Le silence du totem’’, revient sur la passionnante et délicate problématique de la restitution des œuvres d’art aux pays africains
La tête bien faite. Le corps bien frêle. Le teint caramel. Fatoumata Sissi Ngom est loin des projecteurs. Pourtant, elle est l’une des plus brillantes écrivaines de sa génération. Née en 1986, la jeune dame a été auditionnée à l’Assemblée nationale et au Sénat français, dans le cadre du projet de loi pour la restitution du sabre d’El Hadj Omar Tall, grâce au magnifique livre qu’elle a écrit sur la thématique de la restitution des œuvres d’art. Un livre dont la rédaction a démarré bien avant le discours d’Emmanuel Macron à Ouagadougou. Lequel discours a placé cette thématique au cœur de l’actualité franco-africaine.
De sa voix fluette, elle déclare : “On me dit très souvent que j’ai eu une prémonition. Je crois que c’est vrai (rires) ; j’ai commencé à écrire ’Le silence du totem’ des années avant ce discours. Je suis ravie que mon roman ait contribué et continue de contribuer au débat sur la restitution des œuvres d’art africain. C’est un sujet qui me tient à cœur.’’
Dès sa sortie (en avril 2018), alors que le débat commençait vraiment en France et en Afrique, “Le silence du totem’’ a eu un accueil ouvert et bienveillant de la part d’intellectuels et d’experts culturels, se réjouit l’auteure, en citant l’administrateur du musée des Civilisations noires, Hamady Bocoum, et aussi beaucoup d’intellectuels de la diaspora et du monde entier. Pragmatique, rigoureuse et tournée vers l’avenir, elle déclare : “Je veux surtout éviter de me dédire dans le futur et selon la direction du vent. Ce serait intellectuellement dramatique. Par exemple, malgré la sensibilité du débat et l’orthogonalité de nos positions, le musée du Quai Branly a mis en vente mon roman dans sa librairie et ce dès sa sortie.”
Passionnée d’art, visitant musée après musée, la jeune dame n’a eu de cesse de se poser certaines questions substantielles sur les œuvres détenues dans les musées occidentaux, particulièrement français. Quelle est la signification véritable des œuvres d’art exposées dans les musées ? Qu’est-ce qu’elles ont représenté pour ces peuples qui les ont façonnées ? Comment ces œuvres ont-elles été acquises ? Est-ce par le sang, par le vol, le pillage, la manipulation ? Tant de questions sans réponse. “Même si le comment de leur captation est généralement indiqué quand il s’agit, par exemple, d’un don. Au surplus, sur les cartels d’exposition, figurent des informations relatives notamment aux origines géographiques, à l’année d’entrée en France... Mais pas grand-chose sur l’être ontologique des œuvres, leur signification véritable...’’.
Surgit ainsi dans le cœur de Fatoumata Sissi Ngom une sorte de frustration, un sentiment de manque et de mise au silence. “En sortant du musée du Quai Branly cet après-midi-là, émue aux larmes, j’avais en tête l’intrigue de mon futur roman. Il ne me restait plus qu’à l’écrire. Révélation ? Oui ça en fut une’’, a-t-elle confié.
Née à Dakar d’un père sérère originaire de Khalambass – une autre ressemblance avec Sitoé - et d’une mère halpulaar, Fatoumata Sissi a, à l’instar de son héroïne, fait des prépas pas du tout faciles, mais en série mathématiques et physique dans les lycées français, et non à Hypokhâgnes comme Sitoé. Très forte, brillante étudiante, elle a très vite gravi tous les échelons. Elle est aujourd’hui analyste de politiques climatiques et économiques et a déjà fait deux ans à l’OCDE. Auteur d’études sur le changement climatique, le bien-être et la croissance économique, elle est également une brillante ingénieure en mathématiques financières et en informatique, et a travaillé dans le domaine de la modélisation mathématique et la gestion de risques de marché et biométriques de produits d’assurance-vie complexes.
Bien que purement scientifique, elle est fascinée par la littérature et l’art. Elle explique : “J’ai une grande sensibilité artistique et je pense que mon premier roman n’aurait pu être écrit dans un domaine autre que l’art.’’
Revenant sur le débat de la restitution, l’auteure met l’accent sur les perspectives diamétralement opposées entre Occidentaux et Africains. Pendant que les premiers ont une vision assez mercantiliste et esthétique des œuvres, les seconds peuvent, parfois, avoir une vision plutôt spirituelle, existentialiste avec ces œuvres. “Pour les peuples qui les ont fabriquées, ces œuvres n’ont pas une valeur monétaire, elles ont une valeur essentiellement symbolique et rituelle’’.
Bien qu’elle soit esthète, bien qu’elle soit anthropologue, Sitoé sait que le totem-pangol n’est pas un objet d’art au sens premier du terme. Il n’a pas été façonné pour être contemplé, admiré devant une vitre... Pour elle, la problématique de la restitution des œuvres est d’une importance capitale. Elle espère, à ce titre, que le Sénégal saura profiter au maximum de cette opportunité. “Je suis confiante que la commission nationale qui va se charger de la liste des œuvres d’art et documents à réclamer à la France travaillera avec méthode et parcimonie, et une grande dignité. Le retour de certaines œuvres dans nos musées constitue une formidable opportunité pour éveiller les consciences sur l’importance de l’art, ancien ou contemporain, dans notre société, et surtout pour la garde de notre histoire’’.
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LE CHOC DES MAUX
Janggat de Abdoulaye Cissé : Adji Sarr/Ousmane Sonko - Infos du matin du 18 Mars 2021
SORTIE D’ADJI SARR : LE JUGE D’INSTRUCTION, SAMBA SALL, INTERPELLÉ
Le consultant en Droits humains et membre de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH), Denis Ndour, dit ne pas comprendre qu’Adji Sarr ait brisé le silence en pleine instruction du dossier.
La sortie d’Adji Sarr, l’accusatrice d’Ousmane Sonko, de viols répétés et menaces de mort, passée au crible. Le consultant en Droits humains et membre de la Ligue sénégalaise des droits de l’homme (LSDH), Denis Ndour, dit ne pas comprendre qu’Adji Sarr ait brisé le silence en pleine instruction du dossier.
La jeune masseuse a en effet livré sa version des faits, hier. L’un des invités de la Matinale d’iRadio se demande pourquoi la masseuse a pris la parole au moment où le dossier est en instruction. D’ailleurs, il interpelle le juge d’instruction, Samba Sall, sur la question.
"Ce qu’on a entendu c’est qu’une fois que le dossier est déjà en instruction, plus personne ne devait parler de ça. Est-ce que cela concernait seulement Ousmane Sonko ou Adji Sarr ? C’est le juge d’instruction qui peut nous donner des éclaircissements."
Son vis-à-vis, le journaliste Soro Diop soutient le contraire, estimant que la jeune masseuse avait besoin d’exprimer la frustration accumulée. "C’est un exutoire, à mon niveau, de frustration, d’insultes emmagasinées et d’accusations parfois sordides, d’insanités et tout ça autour d’une jeune fille. Je pense en même temps que c’est une sortie qui manifeste l’exigence de l’éclatement de la vérité", commente-t-il.
Les deux sont formels : la justice doit faire son travail
"C’est de son droit de dire sa version des faits, mais je pense pour nous, que ce qui est important, ce n’est pas ce qu’elle a dit, encore moins ce que Sonko a dit. Mais ce qui est important, c’est ce qu’ils vont dire devant le juge, et qui va trancher en ayant tous les éléments plausibles dans un procès équitable où personne ne dira que c’est un procès politique", tranche Ndour.
"De toutes les façons Adji Sarr et Ousmane Sonko se sont retrouvés dans un salon de massage. Qu’est-ce qui s’est passé exactement ? Lui, elle et Dieu seuls connaissent. Le reste, c’est la Justice qui peut trancher", ajoute Diop.
Contacté par iRadio, le juriste spécialisé en Droit pénal, Iba Barry Camara, ne serait pas surpris qu’un rappel à l’ordre soit fait aux parties prenantes, si le Bâtonnier ne se signale pas.
"En vérité, on s’attendait à ce que les affaires se tassent et que l’on laisse le soin au juge justement de conduire son instruction. Mais ce qu’elle a fait, en vérité, je suis presque sûr de ça, le juge va devoir l’interpeller pour lui faire un rappel à l’ordre mais également par rapport surtout à son avocat qui devait savoir également que c’est une attitude qui n’est pas du tout normale", a-t-il expliqué.
En l’état, la masseuse, qui persiste et signe dans ces accusations, a défié l’opposant politique : "que Sonko jure sur le Coran qu’il n’a jamais eu de rapports sexuels avec moi. S’il le fait, je retire ma plainte".
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LA MASSEUSE ADJI SARR SE DÉVOILE ET CHARGE OUSMANE SONKO
A visage découvert, elle confirme ses accusations de viols répétés et de menaces de mort - Vêtue d’une tunique ample et d’un voile serré sur la tête, elle parle en fixant un papier sur lequel sont griffonnés quelques noms
La masseuse la plus célèbre du Sénégal a enfin parlé à visage découvert. Un mois et demi après sa plainte contre l’opposant Ousmane Sonko, qu’elle accuse de viols répétés et de menaces de mort, la jeune Adji Raby Sarr s’est, pour la première fois, prononcée en public.
Jusqu’ici, elle ne s’était confiée qu’à travers les auditions devant les enquêteurs de la Section de Recherches et devant le Juge d’instruction du 1er Cabinet, le doyen des juges d’instruction, Samba Sall. Ce mercredi, 17 mars 2021, l’accusatrice s’est enfin dévoilée...
Mais, sous une apparence totalement à l’opposée de celle par laquelle le public l’avait découverte via ses photos partagées à grande échelle sur la toile. Chez un de ses avocats, en l’occurence Me El Hadji Diouf, Adji Sarr a fait face à quelques caméras, dont la nôtre, pour revenir sur cette affaire qui secoue le pays. Vêtue d’une tunique ample de couleurs jaune, noire et blanche, un voile bien serré sur la tête, elle parle en fixant un bout de papier posé sur la table et sur lequel sont griffonnés quelques noms.
D’abord, sur demande de son avocat, elle ne voulait faire qu’une déclaration. Mais, face à notre insistance, Me Diouf consentira finalement à laisser quelques questions, non sans jeter quelques piques : « Pourquoi quand vous allez chez Sonko, vous acceptez de vous contenter de simples déclarations, il parle et s’en va et là vous insistez pour des questions ? Mais puisque nous ne cachons rien, nous avons intérêt à ce que la vérité éclate, nous allons quand même vous laisser poser quelques questions. »
Dans son propos, Adji Sarr sera par moments évasive, parfois elle insiste sur certains détails, quelques fois pudique, d’autres fois crue... mais elle persistera sur le fait que selon elle, l’opposant Ousmane Sonko l’aurait contrainte à des rapports sexuels, parfois contre nature, qu’elle serait en état de grossesse de lui, que son ex patronne lui aurait conseillé d’avorter avec du coca-cola et trois cuillerées de café...
Nous vous proposons la vidéo intégrale de ses déclarations, en Wolof.
À la fin de son discours, elle est sortie sous forte escorte, à un endroit qui nous est inconnu.
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HONORABLE SEYNABOU !
Première femme à soutenir une thèse en droit constitutionnel, Ndèye Seynabou Diop Dione impulse le changement. Celui d’une génération de femmes inspirantes, pour qui la carrière vient à peine de débuter.
A l’occasion du mois de la Femme, Emedia vous fait découvrir le parcours de Ndèye Seynabou Dione. Une pionnière, une femme de justice. La première a signé une thèse en droit Constitutionnel au Sénégal.
Première femme à soutenir une thèse en droit constitutionnel, Ndèye Seynabou Diop Dione impulse le changement. Celui d’une génération de femmes inspirantes, pour qui la carrière vient à peine de débuter. À seulement 36 ans, mariée et mère d’une petite fille de 5 mois, Seynabou Dione a passé la thèse avec brio. Mention honorable devant un parterre de personnalités, telles que l’ancien ministre de la Justice, éminent constitutionnaliste, Serigne Diop.
Travailleuse acharnée, Ndèye Seynabou Dione est aussi une personne touchante et modeste, à la fois forte et fragile, qui peine à lever les yeux pour s’expliquer face caméra. Sa thèse, l’apport des femmes dans la justice, le 3e mandat de Macky Sall. Zoom sur les débuts de cette jeune pionnière, qui continue à taper aux portes pour décrocher son premier job.
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DES OBSÉDÉS AU CŒUR DE L'ADMINISTRATION
Le harcèlement en milieu professionnel dans le pays semble ‘’encouragé’’ par l’absence d’une répression pénale efficiente. Ce calvaire est vécu souvent en silence par ses victimes dont certaines se sont confiées à «L’As»
Chaque jour et son lot de faits divers sur divers types d’agressions sexuelles. Mais c’est le harcèlement sexuel en milieu professionnel qui est le plus répandu. Cet acte semble ‘’encouragé’’ par la présence remarquable de la femme dans les différents secteurs d’activités économiques du pays, la saturation du marché de l’emploi, l’apparition de statuts précaires de recrutement mais aussi et surtout par l’absence d’une répression pénale efficiente. Ce calvaire est vécu souvent en silence par ses victimes dont certaines se sont confiées à «L’As».
Tapoter les fesses. Un regard discourtois. Un câlin volé. Ces attitudes, répétées ou non dans les services, portent gravement atteinte à la dignité, à l’intégrité physique et psychologique ainsi qu’à la sécurité des victimes. L’auteur de ces violences sexuelles particulières peut être un supérieur hiérarchique ou tout simplement un collègue. C’est pourquoi, si certains salariés, en congé reprennent le travail, le cœur léger, pour d’autres femmes, la reprise est synonyme de souffrance. Elles ont la peur au ventre de revoir leurs bourreaux. Dans la plupart des cas, ce sont les femmes qui subissent le harcèlement sexuel (90%). Il est prouvé que la femme ne se livre à de telles pratiques que si elle jouit d’un réel pouvoir. En effet, le harceleur commence souvent ses attaques par un langage obscène, des blagues à double sens, des observations gênantes sur l’aspect physique, des allusions aux préférences sexuelles, des avances, sollicitations ou propositions déplacées faites verbalement, par téléphone ou mail. La seconde phase se caractérise par des regards osés, des gestes ou des mouvements sexuels en présence de l’employée.
CLERC DANS UN CABINET D’AVOCAT : «J‘AI FAILLI DIVORCER A CAUSE DU HARCELEMENT D’UN AVOCAT»
Clerc dans un cabinet d’avocat de la place, Adama Ba a accepté de raconter sa mésaventure. Teint clair, sourire radieux, formes généreuses, elle vient toujours au tribunal de Grande Instance de Dakar, en étant sur son 31. Cette dame au sourire radieux n’a pas échappé au harcèlement. Fréquemment cible des mâles obsédés par ses rondeurs, elle n’entend pas changer de style vestimentaire. Moulée dans un ensemble tailleur (jupe mini trois quarts) de couleur bleue, perchée sur de hauts talons, la jeune dame a failli voir son ménage voler en éclats à cause du harcèlement dont elle a fait l’objet de la part de son exboss. «Mon ex-patron est un avocat très célèbre. Mais, il n’y a pas plus pervers que lui», affirme notre interlocutrice pour décrire l’homme qui était censé guider ses pas dans le métier d’avocat. Au lieu de lui donner les rudiments du métier, il cherchait plutôt à assouvir ses pulsions. «Un jour, il a tenté de m’embrasser à la bouche, je me disais qu’il l’avait fait sans arrière-pensée. A mes débuts, je percevais 100.000 Fcfa en tant que stagiaire. Pendant 3 mois, le patron me chouchoutait et m’amenait avec lui à ses séminaires. Un jour, un collègue m’a rapporté les bruits de couloir qui couraient dans le cabinet et selon lesquels j’étais la maîtresse de Me… malgré ma situation matrimoniale. Les jeudis, il m’obligeait à rester avec lui en salle d’audience jusqu’à 00 heures. Du coup, à la fin du travail, il me déposait chez moi. Mon mari se plaignait tout le temps, mais je me disais qu’il s’habituerait de la situation», poursuit cette dame de 28 ans et mère d’une fille de 2 ans. Son patron a franchi le Rubicon en la draguant ouvertement après avoir vanté son élégance et ses formes. «Chaque fois, il disait que je suis élégante et classe. Parfois, il ajoutait que je devais être douce au lit compte tenu de ma manière de travailler. J’étais gênée, mais je ne pipais mot. Un jour, il m’a appelée dans son bureau pour me montrer un film porno. Ce jour-là, je l’ai remis à sa place. Déterminé à briser mon ménage, tard dans la nuit, il m’a envoyé ses photos intimes», informe la victime. Manque de chance pour elle, c’est son mari qui est tombé sur les messages. «Il m’a traitée de tous les noms d’oiseaux et m’a demandé de quitter la maisons. C’est ainsi que je suis retournée chez ma mère. J’ai démissionné de ce cabinet», raconte la jeune dame avant d’ajouter que son patron est allé auprès de sa mère pour demander sa main. «Ma mère lui a intimé l’ordre de ne plus remettre les pieds chez elle. J’ai porté plainte contre lui, pour qu’il arrête de me persécuter, mais le dossier a été classé sans suite. Après 6 mois de calvaire, mon mari m’a pardonnée après que je lui ai montré ma plainte et ma lettre de démission. Depuis lors, je ne cherche pas à avoir un ami», souligne Adama Ba.
BANDIARE NDOYE : «J’AI CEDE ET JE SUIS DEVENUE L’ESCLAVE DE MON DIRECTEUR DE PUBLICATION»
La quarantaine révolue, Bandiaré Ndoye (nom d’emprunt) gère maintenant sa propre entreprise en communication. Ayant connu la promotion canapé, elle nourrit beaucoup de regrets elle a fait l’objet de harcèlement sexuel de la part de son directeur de publication. Au tout début, elle a tenté de résister avant de céder finalement aux avances de son patron. Elle n’avait que 22 ans et faisait ses débuts dans la presse en tant que stagiaire. Pour mieux l’appâter, le patron lui confiait des reportages où elle percevait tous les jours de per diem colossaux. Un jour, son dirpub lui a fait des avances qu’elle a déclinées. Ce fut le début de son calvaire. Repoussé, le directeur de publication décide de ne lui confier plus de reportages. Ainsi, elle restait à la rédaction à se tourner les pouces. Pendant trois mois, il l’a ignorée tout en refusant de lui remettre le transport auquel elle avait droit. « Un jour, il m’a appelée dans son bureau. Dès je suis entrée, il m’a plaquée contre le mur et a commencé à me faire des attouchements. Il a tenté en vain de m’embrasser. Il s’est arrêté en me disant que ce n’était que le début du commencement. J’avais peur de lui et je n’osais pas me confier à quelqu’un. Mais comme j’étais soutien de famille, j’ai cédé à ses désirs. Un jour, il m’a demandé de lui faire la fellation en échange d’un Contrat à Durée Indéterminée (CDI). Inexpérimentée, j’ai cédé», raconte dépitée notre consœur. Et depuis lors, elle est devenue son esclave sexuel. «Cela fait 13 ans, mais je ne parviens pas à oublier cela. Toutefois, cette mésaventure m’a aidée à découvrir le monde», dit-elle.
SIDI DIAKHATE : «SUITE AU REFUS DES AVANCES DE MON AMI HOMOSEXUEL, J’AI SUBI LE HARCELEMENT ET UNE MENACE DE MORT»
En effet, pour le harcèlement, les hommes ne sont pas en reste. Sidy Diakhaté en est la preuve parfaite. L’étudiant à «Iface» était loin de se douter qu’un homme pouvait être attiré par un autre homme. Mais ce doute s’est dissipé quand il a été abordé dans ce sens par un camarade de classe qu’il croyait être son meilleur ami et le plus brillant de la classe. Tout est parti de l’isolement dont cet étudiant faisait l’objet. Les gens se moquaient de son look et de son accoutrement. Pour se dissocier des autres, il s’est approché de lui et est devenu son ami. « On était devenus de bons amis. Il me filait ses notes lors des examens. Parfois, je lui offrais des habits. On sortait des fois ensemble pour aller au resto les weekends. Il me parlait de ses envies de tuer des gens et je l’ai mis en rapport avec ma tante psychologue. Le problème était que lorsqu’il me voyait avec d’autres amis, il devenait rouge de colère. Parfois, il me suivait quand j’étais avec d’autres amis. Il créait des scènes de jalousie en classe en disant que je lui appartenais et que je ne devais pas avoir un autre ami. Moi, je mettais ses agissements sur le compte de ses troubles psychiques. Un jour, il m’a envoyé une vidéo où deux hommes étaient en train de faire l’amour. Il a écrit en bas du message : « J’ai envie de le faire avec toi », tonne Diakhaté qui lui répond par des insultes. Ainsi, c’est le début du harcèlement. Ce jeune homme bien bâti, qui est le chouchou des filles, a eu une peur bleue le jour où son ami l’a regardé droit dans les yeux pour lui faire savoir qu’il avait envie de le tuer pour l’avoir abandonné. « Ne se limitant pas là, il venait chez moi tout le temps pour me rendre visite. A chaque fois que je le foutais dehors, il revenait. Tout en continuant de m’envoyer des vidéos salaces. Sachant que ma vie était en danger, j’ai déménagé avant de porter plainte contre lui », dit l’apprenant.
HABIBOU MALOU, MEDECIN : « MA PETITE AMIE ME HARCELAIT SEXUELLEMENT. UN JOUR, ELLE M’A RENDU VISITE A 7 HEURES TOUT EN SACHANT QUE JE SUIS MARIE»
Aucune catégorie de travailleurs n’est épargnée par les harceleurs. Le médecin Habibou Malou qui est infidèle à sa femme en a fait les frais. « Vu que j’aime fouiner de gauche à droite, je suis tombée sur une nymphomane que je n’oublierai jamais de ma vie. En effet, ma femme n’habite pas avec moi car elle est affectée dans la sous-région. A mes heures perdues, je suis en compagnie de ma petite amie qui aime le sexe comme pas possible. J’entendais dire qu’il y a des nymphomanes, mais je ne le croyais pas à 100%. Elle m’appelait 24 heures sur 24. A la fin, elle me terrorisait car elle voulait me voir tous les jours. Même si je l’insultais et lui demandais de me laisser tranquille, elle revenait toujours. Un jour, en sachant que ma femme n’était pas chez moi, elle m’a réveillé à 7 heures pour me faire savoir qu’elle avait envie d’entretenir une relation sexuelle avec moi avant de partir au boulot. Je l’en ai dissuadé mais elle m’a fait savoir que si je refusais, elle allait passer la journée devant la porte. Par la suite, je l’ai fait entrer pour la satisfaire. Sachant que si cela continuait mon ménage serait brisé, j’ai porté plainte à la police. C’est ainsi qu’elle m’a laissé tranquille », nous renseigne l’homme de l’art, sourire aux lèvres. Il confirme qu’il y a des obsédés dans ce pays comme on le constate chez les Blancs. Le but recherché dans le harcèlement sexuel n’est pas seulement l’obtention de faveur sexuelle mais la chosification de la victime, son abdication, en lui reniant le droit d’exprimer son refus. En un mot, le but recherché est sa destruction.
lu bees avec Paap seen et anta fall
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IMMIXTIONS DANS DES DOSSIERS TROUBLES
EXCLUSIF SENEPLUS : La mysogynie qui étouffe la voix d'Adji Sarr condamne la parole des victimes de viol. La cooptation de Motsepe à la tête de la Caf par la Fifa entache l'image de l'Afrique
Lu Bees avec Paap Seen à Dakar et Anta Fall à Paris.
La youtubeuse et étudiante de Sciences Po Paris parle des récentes manifestations consécutives à l'arrestation de l'opposant Ousmane Sonko. Anta interroge la mysogynie, qui étouffe la voix d'Adji Sarr, l'accusatrice du député de Pastef. Elle estime qu'Adji Sarr est une citoyenne sénégalaise qui de ce fait, a des droits. Il revient donc à la Justice, même imparfaite, de décider de l'issue de cette affaire.
L'éditorialiste de SenePlus, Paap Seen, aborde quant à lui, la question de la souveraineté du sport africain. L'élection, la semaine dernière, du président de la CAF (Confédération africaine de football), a montré une fois de plus l'incapacité des élites du continent à prendre leurs responsabilités pour décider seules des affaires intra-africaines, sans l'igérence des puissances étrangères.
Lu Bees est un talk hebdomadaire de SenePlus, réalisé et monté par Boubacar Badji.