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3 avril 2025
International
COMME UNE ALLIANCE DE PARIAS
Jean-Baptiste Placca tance des putschistes qui "assimilent leur orgueil à l'honneur de leur patrie", évoquant la rupture entre l'AES et la CEDEAO. "L'interdépendance est telle que les considérations d'amour-propre ne devraient pas y prévaloir"
(SenePlus) - Dans son éditorial de ce samedi 21 décembre 2024 sur RFI, Jean-Baptiste Placca analyse sans concession la sortie du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). L'éditorialiste y voit une décision aux conséquences dramatiques pour les populations, portée par des régimes militaires qui confondent "leur orgueil personnel avec l'honneur de leur patrie".
Cette rupture intervient alors même que la CEDEAO tente de maintenir ces trois pays dans l'organisation régionale. Le chef de la junte nigérienne a d'ailleurs rejeté cette semaine toute tentative de médiation, confirmant le caractère "irréversible" de leur départ. Une position que Jean-Baptiste Placca qualifie de "manœuvre grotesque", particulièrement dans leur décision d'accorder des exemptions de visa aux ressortissants des pays de la CEDEAO.
"Pourquoi n'appliquent-ils donc pas ces exemptions à toute l'Afrique ?", s'interroge l'éditorialiste, qui y voit une tentative de "quémander, par la force, une réciprocité" et d'anticiper "la réprobation de leurs concitoyens, qui ne manqueront pas de leur reprocher cette rupture, lorsqu'elle commencera à leur compliquer singulièrement l'existence".
L'analyse est d'autant plus sévère que le bilan des régimes militaires reste peu reluisant. "Plus de quatre ans après le renversement d'Ibrahim Boubacar Kéita, près de trois ans après le renversement de Roch Marc Christian Kaboré, et bientôt un an et demi après le coup d'État qui a renversé Mohamed Bazoum, ni les Maliens ni les Burkinabè et encore moins les Nigériens ne vous diront qu'ils sont un peuple heureux, en sécurité, à l'abri des privations et de la vie chère", souligne Jean-Baptiste Placca.
L'éditorialiste pointe également le manque de vision politique claire de ces régimes, dont les discours ne sont que "des tâtonnements truffés d'extraits picorés chez Rawlings, Sankara, ou même Sékou Touré". Une différence notable avec les putschistes historiques comme Rawlings au Ghana ou Sankara au Burkina Faso, qui "avaient une idée claire de ce qu'ils pensaient, et ce dont ils rêvaient pour leur peuple".
Si la CEDEAO n'est pas exempte de critiques - l'organisation s'étant "beaucoup discréditée aux yeux des populations" ces dernières années selon l'éditorialiste - la décision de ces trois pays apparaît comme "une diversion" particulièrement préjudiciable. "L'interdépendance est telle que les considérations d'amour-propre ne devraient pas y prévaloir", conclut Jean-Baptiste Placca, rappelant qu'"on ne quitte pas une organisation parce qu'elle vous applique les textes qui la fondent".
Par Fadel DIA
MAYOTTE-EN-FRANCE !
Le cyclone Chido révèle aux Français l'existence d'un département méconnu dont même la population reste un mystère. 'À Mayotte, confie une députée, on sous-estime autant les vivants que les morts
Il y a près de cinquante ans la France opérait ce qui n’était rien moins qu’un holdup territorial, en détachant l’ile de Mayotte des autres composantes de ce qui constituait les Comores, pour en faire une dépendance ultra marine. Si cet évènement nous interpelle encore, c’est qu’il suit d’autres rapts qui ont eu des fortunes diverses.
L e premier nous concerne de près, puisque c’est la tentative de détacher la presqu’ile du Cap Vert du reste du Sénégal en faisant miroiter à la collectivité léboue un projet de protectorat indigène sous l’ombrelle française, alors que le motif principal de l’ancienne métropole était de conserver à son usage, la base militaire stratégique et le port de Dakar qui était alors le premier de la sous-région. Pour son malheur, elle avait affaire à un nationaliste intransigeant, Mamadou Dia, qui a paré au coup en transférant la capitale du Sénégal de Saint-Louis à Dakar, au risque de mécontenter les populations de la vieille ville. Le deuxième coup a mieux réussi et nous ne nous en sommes pas encore relevés puisqu’il est à l’origine de la balkanisation des anciennes fédérations d’AOF et d’AEF. Le succès fut mitigé puisque si le projet a empêché la création d’une grande fédération du Mali avec 4 ou 5 membres, il a permis à la Guinée d’accéder à l’indépendance dès 1958 et qu’au bout de quelques années, la communauté franco-africaine a volé aux éclats.
Le rapt de Mayotte n’a évidemment aucun fondement historique, l’ile n’était pas seulement une partie intégrante d’un seul archipel, mais c’est autour d’elle que s’était créée une colonie française dont elle abritait la capitale et en l’en soustrayant, c’est comme si on coupait la tête des Comores. S’il y a une Grande Comore c’est parce qu’il y en avait de petites, dont Mayotte, qui constituaient un archipel peuplé par les mêmes populations venues des côtes d’Afrique orientale ou de Madagascar qui avaient les mêmes cultures et partageaient la même foi. La France est régulièrement condamnée aux Nations Unies pour y avoir cautionné un référendum sécessionniste et comme l’histoire se répète quelquefois, c’est elle aujourd’hui, et l’Union Européenne en général, qui vouent la Russie aux gémonies pour avoir usé du même procédé en Crimée et dans l’est de l’Ukraine.
Les Mahorais qui avaient cédé aux sirènes françaises rêvaient de voir leur territoire transformé en ile des Maldives du Canal de Mozambique, grâce à ses 1100km2 de lagons, ses 195 km de barrière récifale, ses 170 plages de sable, ses 200 km de sentiers, sans compter son incomparable richesse d’espèces végétales. Cinquante ans plus tard Mayotte a le visage d’une Haïti du nord de l’Océan Indien, y compris en insécurité. Le taux de pauvreté est de 86%, le niveau de vie y est sept fois plus faible que la moyenne française et son seul titre de gloire est de posséder « le plus grand bidonville d’Europe ! » Sa superficie n’est pourtant que la moitié de celle de la commune d’Arles, en France, mais il y a encore, faute de routes praticables, des villages inaccessibles aux secouristes et dont les habitants n’ont encore reçu aucune aide alimentaire, cinq jours après une catastrophe qui est la plus grave que l’ile ait connue depuis un siècle.
Le cyclone Chido a au moins le mérite d’avoir fait découvrir aux Français un petit territoire érigé en département français il y a treize ans mais dont personne ne connait le chiffre exact de la population : 320.000 ? 520.000 ? Personne ne sait car à Mayotte, dit une de ses députées, « on a toujours sous-estimé aussi bien les vivants que les morts ! ». Gaza peut faire chaque jour le bilan des personnes tuées par les bombardements israéliens tandis qu’à Mayotte, cinq jours après le passage de Chido, on en est encore à de vagues estimations, jamais réactualisées, du nombre des victimes : une trentaine selon les chiffres officiels, alors que selon certains habitants des centaines de corps restent ensevelis sous les décombres et dégagent une odeur de putréfaction.
La vérité c’est que près de cinquante ans après son annexion, un malentendu demeure sur les relations de l’ile avec la France, le statut de ses habitants, la nature et la dimension de ses besoins. Pour le Premier Ministre, François Bayrou, Mayotte se trouve « hors du territoire national ». Pour le président Macron, qui lors d’un précédent voyage avait ironisé lourdement sur les kwasa- kwasa, les bateaux de pêche locaux qui « ne ramènent pas du poisson mais du Comorien ! », les Mahorais ne sont que des gens qui ont la chance de vivre en France. C’est le sens de ses paroles tenues par un homme qui aime les bains de foules mais qui contrairement au Roi d’Espagne ne sait pas tenir ses nerfs et qui était en plein délire face à des Mahorais qui criaient leur détresse : « Vous êtes contents d’être en France… Si ce n’était pas la France, vous seriez 10.000 fois plus dans la merde ! » Un président de la République devrait-il s’exprimer ainsi face à tant de détresse. Puisque la Corse et Mayotte ont été acquises par la France par le même procédé, Macron oserait-il tenir un tel discours devant des manifestants Corses ?
Pourtant les Mahorais ne réclament ni autoroutes ni piscines, ce qu’ils demandent c’est de l’eau, un repas, un abri pour se protéger. Quand le président de la République croit pouvoir tout régler en 4 heures de visite, quand il se vante d’avoir débarqué avec 4 tonnes d’aliments et de médicaments, quand la ministre de la Santé promet de pré positionner 10.000 doses de vaccins contre le choléra, quand le Premier Ministre annonce qu’il va tout reconstruire en deux ans, on peut se poser la question de savoir si en France on a une idée de l’ampleur des besoins des Mahorais qui sont plus de 300.000 sur un territoire de moins de 400 km2, pour lesquels trouver de l’eau à boire est depuis des années, un combat de tous les jours, dont les habitations sont détruites à 80% et dont le pays n’est pas à reconstruire mais à construire ! « Je ne peux plus regarder mon ile » a crié un Mahorais impuissant face au désastre. Espérons que les autorités françaises regarderont enfin Mayotte les yeux dans les yeux !
Pour terminer par une note optimiste, saluons le formidable élan de solidarité envers les sinistrés qui se propage en France, porté par des Français qui ne sont pas seulement d’origine mahoraise, par des communes ou des institutions. C’est une chose que nous ne savons pas faire et dans des cas similaires nous nous contentons souvent, dans le meilleur des cas, de dire « ndeysaan » et de nous en tenir là. Il y a quelques semaines la Gambie, la Falémé, le Sénégal ont débordé de leurs lits comme jamais ils ne l’ont fait depuis 1958, détruisant des centaines d’habitations, inondant des champs et jetant dans le désarroi des dizaines de milliers de personnes et pourtant, à quelques rares exceptions près, nous n’avons rien fait qui soit à la hauteur de cette catastrophe. Pas même une journée de deuil national !
UN PREMIER CONTINGENT DE SOLDATS FRANÇAIS A QUITTÉ N'DJAMENA
120 éléments ont quitté le Tchad vendredi midi, trois semaines après l'annonce surprise de la suspension de l'accord militaire entre Paris et N’Djamena, a annoncé le ministère tchadien des Armées.
Un premier contingent de 120 soldats français a quitté le Tchad vendredi midi, trois semaines après l'annonce surprise de la suspension de l'accord militaire entre Paris et N’Djamena, a annoncé le ministère tchadien des Armées.
"Ce midi, 120 soldats français ont décollé de l'aéroport militaire de N'Djamena à bord d'un Airbus A330 Phoenix MRTT, à destination de la France", selon un communiqué publié sur la page Facebook du ministère tchadien des Armées.
Interrogée par l'AFP à Paris, l'armée française, qui compte près de 1.000 personnels dans le pays, n'a pas commenté cette annonce. Ce premier mouvement de soldats, dix jours après le départ des avions de chasse français, fait suite à la décision de ce pays du Sahel de mettre fin à soixante ans de coopération militaire en rompant les accords qui le liaient à la France depuis la fin de la colonisation.
Maillon clé de la présence militaire française en Afrique, ce pays désertique a constitué le dernier point d'ancrage de Paris au Sahel après les retraits forcés de ses troupes au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Vendredi matin, le départ des troupes s'est déroulé en présence des autorités militaires tchadiennes, dont la présence "témoigne de l'intensité de la coopération entre les deux pays dans le domaine de la sécurité", précise le communiqué.
La France a déjà été contrainte d'évacuer ses troupes du Mali, du Burkina Faso et du Niger entre 2022 et 2023 après l'arrivée au pouvoir de juntes militaires qui se sont rapprochées de Moscou. Le Sénégal a fait part de son souhait de voir la France fermer ses bases militaires. La décision de N'Djamena de dénoncer l'accord de défense avec son vieil allié a pris Paris de court, alors que l'influence d'autres puissances - notamment russe - croît au Sahel.
Des troupes et des avions de combat français ont été stationnés au Tchad quasiment sans discontinuer depuis l'indépendance en 1960, servant à la formation et l'entraînement des militaires tchadiens. Les avions constituaient un appui aérien qui s'est avéré primordial à plusieurs reprises pour stopper des rebelles cherchant à s'emparer du pouvoir.
L'armée française compte près de 1.000 personnels sur trois emprises au Tchad - dont une majorité sur le camp Kossei. La France avait prévu de réduire ces effectifs dans le cadre d'une reconfiguration de sa présence militaire sur le continent africain. "Des tonnes d'équipements militaires, soigneusement conditionnés et entreposés à l'aéroport militaire de N'Djamena, seront transportés par un Antonov 124 prévu pour les jours à venir" précise le ministère des Armées tchadien dans une publication sur Facebook vendredi après-midi.
"Les véhicules militaires provenant des bases françaises de Faya Largeau, Abéché et N'Djamena seront également rapatriés en France via le port de Douala, avec une échéance attendue d'ici janvier", "le trajet maritime prendra environ trois semaines" selon un responsable de l'armée française cité dans cette même publication par le ministère.
par l'éditorialiste de seneplus, Benoit Ngom
DIOMAYE, DIOUF ET LE SOFT POWER DU SÉNÉGAL
EXCLUSIF SENEPLUS - Les similitudes entre les deux présidents éclairent d'un jour nouveau la diplomatie sénégalaise. Leur rencontre de juin dernier signe la fin d'une tradition où chaque nouveau régime prétendait réinventer le pays
La visite que le président Diomaye Faye a rendu à Paris, au mois de juin dernier, à l'ancien président Abdou Diouf mérite d'être saluée comme une marque de respect, de considération, mais aussi comme l’expression de la reconnaissance d'une sorte de "droit d'ainesse " ancrée dans nos traditions, et enfin et surtout une affirmation solennelle du principe républicain de la continuité de l'Etat.
Ce faisant, le président Faye a voulu rompre avec cette désastreuse "tradition" qui voulait que chaque nouveau régime se soit senti presque dans l'obligation d'agir comme si l'histoire du pays commençait avec lui.
Cette pratique dommageable et contre-productive a fait de beaucoup de nos compatriotes des citoyens dépourvus de tout souvenir. Or, une société composée de citoyens qui ont oublié leurs traditions et qu’une mauvaise pratique politique empêche de pouvoir se référer à leur mémoire historique immédiate n'a aucune chance de fonder des valeurs de civilisation sur les quelles ancrer son destin. En vérité, croire que l'arrivée d'une nouvelle personne a la magistrature suprême du Sénégal peut à elle seule, quelle que soit sa valeur, expliquer le prestige international de notre pays, c’est refuser de voir la vérité en face. C’est aussi empêcher à la jeune génération de comprendre que les grandes civilisations que nous admirons aujourd'hui ont été construites pierre après pierre.
Le prestige et l'influence du Sénégal, la réalité de son Soft Power, nous le devons à la clairvoyance de nos dirigeants qui ont su inspirer à des diplomates chevronnés des actions fondées sur nos valeurs fondamentales de civilisation. Le prestige du Sénégal au niveau mondial, nous le devons aussi à la sagesse de sa Nation, à la lucidité de sa classe politique, à la conscience élevée de ses citoyens qui, en l'espace d'une génération, ont pu montrer leur maturité en réalisant trois alternances de régimes, avec panache, dans un continent où l’instabilité politique est la règle. Le prestige du Sénégal, nous le devons enfin à la perception qu’a son peuple de l'enseignement et de la pratique des différents guides historiques et actuels des communautés religieuses du pays.
Pour toutes ces raisons, nous devons accepter, avec lucidité, que chacune des différentes personnalités qui ont présidé aux destinées du Sénégal, en fonction des réalités économiques et politiques du moment, a essayé de maintenir le pays sur les rails de la stabilité sans laquelle aucun espoir de développement n'est possible. Ainsi de Senghor à Abdou Diouf en passant par Abdoulaye Wade et Macky Sall, la volonté de garder le Sénégal debout et fier parmi les nations a été le massif d'ancrage de leurs politiques respectives. C’est pourquoi, au nom d'un sursaut intellectuel et patriotique, essayons de reconnaître à chacun d'entre eux sa contribution au développement culturel, politique et humain de notre nation.
L'amnésie sélective, le snobisme de la contestation tous azimuts, sont un danger pour tout peuple qui aspire à jouer dans la cour des grands. A ce sujet, l'ouvrage collectif que des juristes sénégalais et étrangers ont rédigé, en hommage à Abdou Diouf, que vient de publier les "éditions Librairie juridique africaine *" nous a inspiré quelques remarques et réflexions sur les similarités entre les présidents Diomaye Faye et Abdou Diouf en termes de parcours, visions, postures et convictions, qui témoignent de leur engagement pour un leadership politique et diplomatique du Sénégal au niveau africain et international.
A cet égard, il convient de noter que les deux présidents ont appartenu à la haute administration, et que si le président Faye, à l’âge de 44 ans, est incontestablement le plus jeune président élu du Sénégal, le président Diouf, au moment où il succède à Senghor, qui volontairement avait écourté son mandat électif, avait 45 ans. L'acte le plus significatif du président Faye dès son élection a été de se démettre de toute responsabilité dans son parti Pastef qui venait de le porter avec brio à la tête du Sénégal. Rappelons, que malgré le contexte tumultueux de l'époque, Abdou Diouf avait jugé en 1996 que si le Sénégal voulait être un Etat démocratique moderne et jouer dans la cour des grands, le président de la République ne devait plus être un chef de parti. En ce sens, c’est tout heureux que le président Faye, après une longue parenthèse, ait repris à son compte cette marque de fabrique des grandes démocraties.
La volonté de consacrer l'Etat de droit, afin que la justice sauvegarde les droits et libertés du citoyen a été immédiatement affirmé par le nouveau gouvernement de Faye et Sonko en organisant comme sa première manifestation d’envergure, les "Assises de la Justice "et en proclamant la redevabilité et la lutte contre l'impunité comme les deux faces de la médaille du nouveau régime. Sur ce point, si le président Diouf n’a pas réussi à atteindre ses objectifs avec la CREI, il a tenu à ce que le Sénégal fut le premier pays à ratifié le statut de Rome qui fonda la Cour Pénale Internationale.
Les deux hommes se rejoignent aussi dans leur ferme volonté d'être mus par de seules considérations patriotiques, dès lors qu'il s'agit de porter au niveau de l'arène internationales les fils du Sénégal les plus méritants qui sollicitent leur soutien. C'est comme cela que j'ai compris toute la solennité avec laquelle Mme Yacine Fall, ministre de l’intégration africaine et des Affaires Étrangères a entouré le soutien de l'ancien ministre, Amadou Hott, candidat à la présidence de la BAD, en invitant à joindre l’équipe de campagne des personnalités qui ont fait leurs preuves dans les anciens régimes.
Cette démarche peut être l'expression d'une volonté de redynamiser une diplomatie sénégalaise au long cours, dont le rappel de ses hauts faits nous paraît utile dans cette période, où notre continent cherche les moyens de parler d'une voix forte pour être entendu là où le sort du monde se décide, au Conseil de Sécurité de l'ONU. En ce sens, il convient de rappeler à la jeune génération les prouesses de la diplomatie sénégalaise dans le temps.
En 1974, Amadou Mactar Mbow fut le premier africain élu à la tête de l'Unesco. Que l'ouverture de Cour Internationale de Justice aux Juristes Africains se fera avec l'élection du magistrat sénégalais Isaac Forster en 1964. Ce qui ne sera qu'une étape dans les manifestations des capacités des diplomates du Sénégal qui réussiront à faire élire une deuxième fois un Sénégalais en la personne du juge Kéba Mbaye en 1981 à cette même Cour. Ce qui pour un pays de la taille du Sénégal était incontestablement une prouesse.
Le Sénégal, pays en majorité musulmane, qui a donné de grands érudits à la Ummah Islamique devait être selon ses dirigeants, plus visible dans la gouvernance internationale du monde Islamique et assurer plus de présence dans ses activités culturelles et politiques. Grace à de l’entregent de sa diplomatie, le Sénégal réussira à élire en 1975 son ancien ministre des Affaires Étrangères Karim Gaye en qualité Secrétaire Général de l'OCI avant d'organiser quelques années plus tard, en 1991, le Sommet de l'Organisation de la Conférence Islamique au Sénégal.
Cette détermination à placer les Sénégalais dans la galaxie des Administrateurs de la société internationale va être réaffirmée par l'élection en 1993 de Jacques Diouf en qualité de Directeur Général de la FAO.
Enfin, le nouveau président Faye a fait remarquer, dès son accession au pouvoir sa détermination à mobiliser sa diplomatie au service de la consolidation de l'intégration africaine comme le montre son engagement à sauvegarder l’intégrité de la CEDEAO, organisation dont l'un des acquis les plus importants, le Protocole sur la libre circulation des biens et des personnes, a été signé en 1979 à Dakar. Cet engagement digne du rôle que le Sénégal a toujours voulu jouer en faveur de l'unité et du développement de l'Afrique mérite d'être soutenu.
La volonté panafricaine de soutenir les grandes causes de notre continent en réarmant intellectuellement et moralement nos compatriotes grâce à l’incarnation d'une autodétermination, et d'une souveraineté fondées sur la réappropriation de notre histoire, explique certainement, les initiatives du président Faye et son gouvernement par rapport au massacre de Thiaroye ou de l’inauguration à Thiès de la statue de Lat dior Damel du Cayor.
C'est au nom du triomphe de la cause des Noirs, que le Sénégal fut le premier pays en 1976 à soutenir les revendications du gouvernement provisoire de Papouasie Nouvelle Guinée. Ce qui fit dire au Prix Nobel Wole Soyinka, que ce soutien faisait de Senghor un président qui "méritait une place d’honneur".
C’est cette même fibre patriotique qui amena le Sénégal à se dresser contre le régime de l'Apartheid qui permit à une minorité de blancs soutenus par certains pays occidentaux de perpétuer une féroce domination sur la majorité noire.
Ainsi quand Mandela visita le Sénégal avant son arrestation par le régime sud-africain, Senghor décida de reconnaître son mouvement, l'ANC en octroyant à son bureau de représentation au Sénégal un statut Diplomatique. Abdou Diouf suivra cette voie de la continuité de l'Etat et de la pérennisation des valeurs de solidarité active et de Téranga en offrant, pour la première fois aux membres de l'ANC et aux libéraux blancs, l’opportunité d'engager le dialogue, à Dakar en 1987. Cette rencontre valut au Sénégal beaucoup de prestige international et d'amitié de la part de Nelson Mandela.
L'orientation que le président Faye et son premier ministre Ousmane Sonko ont commencé à imprimer aux relations internationales du Sénégal mérite d'être consolidée par la mobilisation des patriotes expérimentés et de bonne volonté, car elle peut à n'en point douter, renforcer le Soft Power du pays en permettant un redéploiement très significatif d’une diplomatie sénégalaise fondée sur la continuité de l'Etat et sur le patriotisme au service de le l’intégration africaine.
Le tandem Diomaye-Sonko, l'étoile la plus brillante de la constellation des nouvelles forces souverainistes africaines, dont la réussite du "Projet" pourrait être le premier jalon vers la renaissance de l'Afrique, doit essayer de fonder son action sur les acquis glorieux légués par les anciens, sur la compétence et la bonne volonté d'une jeunesse patriotique.
Benoit S Ngom est président de l’Académie Diplomatique Africaine.
Hommage à Abdou Diouf, éditions librairie juridique africaine, décembre 2024.
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LA SORTIE CONTROVERSÉE DE MACRON À MAYOTTE
"Sans la France, vous seriez dans une merde beaucoup plus profonde", a lancé le président français aux habitants réclamant de l'eau potable. De quoi raviver les tensions dans ce territoire d'outre-mer pourtant moins aidé que les autres
(SenePlus) - Une vive altercation a éclaté entre Emmanuel Macron et des habitants de Mayotte lors de sa visite dans l'archipel dévasté par le cyclone Chido, rapporte Reuters. Face aux critiques sur la gestion de la crise, notamment concernant l'accès à l'eau potable, le président a eu une réponse cinglante qui fait polémique.
"Sept jours et vous n'êtes pas capables de donner de l'eau à la population !", a lancé un habitant au président selon l'agence de presse. La réplique présidentielle ne s'est pas fait attendre : "Vous êtes contents d'être en France. Sans la France, vous seriez dans une merde beaucoup plus profonde, 10 000 fois plus, il n'y a aucun endroit dans l'océan Indien où les gens reçoivent plus d'aide."
Cette sortie présidentielle s'inscrit dans une série d'échanges tendus lors de sa visite du quartier Pamandzi. "Ne dressez pas les gens les uns contre les autres. Si vous dressez les gens les uns contre les autres, on est foutu", a également déclaré le président à la foule, selon Reuters.
L'opposition n'a pas tardé à réagir à ces propos jugés déplacés. Sébastien Chenu, député du Rassemblement National, a estimé que "le président ne trouve pas exactement les bons mots de réconfort pour nos compatriotes mahorais qui, avec ce genre d'expression, ont toujours le sentiment d'être traités différemment". Le député de la gauche radicale Eric Coquerel a quant à lui qualifié ces commentaires de "complètement indignes".
Face à la polémique, Emmanuel Macron s'est défendu dans un entretien accordé à MayotteLa1ere, accusant certains manifestants d'être des "militants politiques du RN". Il a également tenu à contrer le récit selon lequel "la France ne fait rien", expliquant que "le cyclone n'a pas été décidé par le gouvernement. La France fait beaucoup. Nous devons être plus efficaces, mais les discours de division et d'agitation ne vont pas aider."
Cette controverse intervient dans un contexte particulièrement dramatique pour l'archipel, qui fait face à la pire tempête depuis 90 ans. Selon Reuters, si les autorités n'ont confirmé que 35 décès, certains craignent que le bilan ne s'élève à des milliers de morts, notamment dans les bidonvilles des collines qui n'ont pas encore pu être atteints par les secours.
L'État français consacre environ 1,6 milliard d'euros par an à Mayotte, soit environ 8% du budget des territoires d'outre-mer et 4 900 euros par habitant, précise Reuters. Un chiffre qui reste inférieur aux 7 200 euros par habitant à La Réunion ou aux 8 500 euros en Guadeloupe.
MACRON ACCUSÉ DE TENIR DES PROPOS RACISTES
Le Monde rapporte que le président français aurait déclaré : "le problème des urgences dans ce pays, c'est que c'est rempli de Mamadou". Alors que la gauche s'indigne unanimement, l'Élysée tente d'éteindre l'incendie en opposant un démenti ferme
(SenePlus) - Une vive controverse secoue la sphère politique française après la publication d'une enquête du quotidien Le Monde attribuant des propos polémiques au président de la République. L'affaire, qui met en lumière des déclarations à caractère discriminatoire, suscite de vives réactions au sein de la gauche française et un démenti formel de l'Élysée.
Selon l'enquête du Monde, Emmanuel Macron aurait, en 2023, tenu des propos controversés devant son ministre de la Santé de l'époque, Aurélien Rousseau. Le président aurait notamment déclaré que "le problème des urgences dans ce pays, c'est que c'est rempli de Mamadou". Cette déclaration, dont l'authenticité est contestée par l'Élysée, a immédiatement provoqué une onde de choc dans la classe politique.
Le sénateur communiste de Paris, Ian Brossat, a été parmi les premiers à réagir sur le réseau social X, qualifiant sans détour ces propos de "racistes" et d'"accablants". Dans la même veine, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a dénoncé "une insulte à la République" et "une honte absolue".
L'enquête du Monde ne s'arrête pas là. Elle révèle également que l'Élysée aurait surnommé Matignon "La cage aux folles" pendant le mandat de Gabriel Attal comme Premier ministre. De plus, le président aurait qualifié de "cocottes" Marine Tondelier, dirigeante des Écologistes, et Lucie Castets, proposée par le Nouveau Front populaire pour Matignon.
Ces révélations successives ont suscité de multiples réactions indignées. Le député de la Somme François Ruffin a ainsi fustigé ce qu'il considère comme une accumulation de "racisme, homophobie, sexisme", dénonçant un président "enfermé dans un palace doré, loin du regard des Français". Marine Tondelier elle-même a réagi sur X, condamnant des "propos homophobes extrêmement choquants" concernant Gabriel Attal, suivis de "propos sexistes".
Face à cette polémique grandissante, l'Élysée a publié un démenti catégorique le vendredi 20 décembre au matin, affirmant que ces propos rapportés "n'ont fait l'objet d'aucune vérification auprès de la présidence avant publication". Le quotidien Le Monde, de son côté, maintient ses affirmations.
APPLE DIT AVOIR SUSPENDU SES APPROVISIONNEMENTS EN MINERAIS EN PROVENANCE DE LA RDC ET DU RWANDA
Apple « conteste fermement » les allégations contenues dans les plaintes déposées contre ses filiales en France et en Belgique, les 16 et 17 décembre, par des avocats mandatés par la République démocratique du Congo (RDC)
Après le dépôt de plaintes en France et en Belgique contre ses filiales pour recel de crimes de guerre, blanchiment de faux et tromperie des consommateurs, la société californienne annonce avoir instruit ses fournisseurs dans ces deux pays de cesser leurs exportations.
Apple « conteste fermement » les allégations contenues dans les plaintes déposées contre ses filiales en France et en Belgique, les 16 et 17 décembre, par des avocats mandatés par la République démocratique du Congo (RDC), qui l’accusent de recel de crimes de guerre, blanchiment de faux et tromperie des consommateurs.
L’entreprise indique par ailleurs avoir pris soin d’informer ses fournisseurs qu’ils « devaient suspendre l’approvisionnement en étain, tantale, tungstène et or en provenance de la RDC et du Rwanda », mais sans préciser clairement quand ces instructions ont été données, expliquant seulement l’avoir fait « alors que le conflit dans la région s’intensifiait plus tôt cette année ». « Nous avons pris cette mesure car nous craignions qu’il ne soit plus possible pour les auditeurs indépendants ou les mécanismes de certification du secteur d’effectuer les contrôles requis pour respecter nos normes élevées », explique le communiqué de la firme de Cupertino.
Cette décision d’un des géants des nouvelles technologies pourrait avoir un effet considérable sur le secteur. La RDC et le Rwanda sont parmi les principaux producteurs de certains des minerais essentiels à la fabrication des composants électroniques des ordinateurs et téléphones portables. Mais extraits dans l’est de la RDC, frontalier du Rwanda, zone de guerre depuis près de trente ans, ceux-ci portent l’étiquette infamante de « minerais de sang » car leur commerce alimente les groupes armés.
Avant de déposer plainte, les avocats de l’Etat congolais avaient mis en demeure Apple aux Etats-Unis et en France en avril sur les mêmes faits. Le 3 juin, Apple disait déjà prendre ses « responsabilités » et des mesures « lorsque nos normes strictes ne sont pas respectées » et expliqué avoir retiré quatorze fonderies et raffineries de sa chaîne d’approvisionnement. Il n’était pas encore question de suspendre son approvisionnement dans toute cette région.
« SATISFACTION ET PRUDENCE »
Les conseils de l’Etat congolais, les cabinets Amsterdam, Bourdon et Marchand, accueillent donc la dernière déclaration d’Apple « avec satisfaction et prudence » et parlent d’un « revirement déclaré ». Ils demandent que cette annonce soit vérifiée « dans les faits, sur le terrain, chiffres à l’appui ». « Les déclarations d’Apple ne changent rien au passé et aux crimes qui auraient été commis », commentent-ils encore dans un communiqué commun.
En Belgique, la plainte a déjà réuni les conditions de recevabilité, ajoute Me Christophe Marchand. « Désormais, nous sommes sûrs qu’un juge d’instruction belge mènera une enquête à laquelle les parties civiles pourront contribuer », souligne ce dernier.
Jean-Claude Mputu, porte-parole de la coalition anticorruption « le Congo n’est pas à vendre », est aussi d’avis que cette annonce d’Apple « n’exonère pas » la société. « Cela fait des années que la société civile interpelle Apple et les autres entreprises sur leurs responsabilités dans les crimes en RDC sans qu’elles agissent », insiste-t-il, appelant l’entreprise américaine à rendre public la liste de tous ses fournisseurs.
Depuis 2021 surtout, le système de certification des minerais dits 3 T – étain, tantale, tungstène – mis en place mis en place par l’association mondiale des producteurs d’étain, l’Initiative internationale de la chaîne d’approvisionnement de l’étain (Itsci), fait l’objet de nombreuses mises en cause des Nations unies et d’ONG. Global Witness l’a ainsi qualifié de « blanchisseuse ».
MENACE D’UN EMBARGO
« Apple aurait dû réagir. La leçon à tirer pour les autres entreprises est que la diligence raisonnable implique de prendre des mesures appropriées lorsque de nouvelles informations sont révélées, et non de garder le silence et d’espérer que tout ira pour le mieux », juge Gregory Mthembu Salter, un ancien du groupe d’experts de l’ONU, chargé d’enquêter sur l’exploitation illégale des ressources naturelles congolaises. Il ajoute que la décision d’Apple pourrait être suivie par d’autres sociétés, entraînant un « embargo de facto mais qui sera difficile à maintenir » sur les exportations venues de RDC et du Rwanda, du fait des richesses minérales de ces deux pays.
« Pour l’étain et le tungstène, c’est possible de s’approvisionner ailleurs, mais la contribution congolaise dans la production de tantale est plus déterminante sur le marché, même si elle reste surestimée dans le discours public », explique Christophe Vogel, un autre ancien expert de l’ONU, tout en précisant que chaque embargo « impacte les communautés de certains territoires car il y a toute une économie qui découle de cette exploitation artisanale et qui ne bénéficie pas qu’aux groupes armés ».
La menace d’un embargo inquiète de nombreux opérateurs économiques en RDC. L’un d’eux explique avoir déjà entendu parler de cette mesure conservatoire d’Apple il y a quelques mois, suite à la mise en demeure des avocats de l’Etat congolais et, plus encore, après un communiqué du département d’Etat américain en juillet exprimant ouvertement sa préoccupation au secteur privé sur la fraude entourant cette chaîne d’approvisionnement. « Il n’y a pas qu’Apple qui ne veut plus acheter. Au niveau des fonderies et raffineries, il n’y a plus d’engouement sur les minerais 3 T de notre région à cause de toutes les accusations publiques », relate la source précédemment citée.
Soucieux de préserver son image, le géant de la tech affirme que désormais « la majorité des minerais utilisés dans les produits Apple sont recyclés, y compris le tungstène recyclé à 99 % dans tous les produits et (…) du cobalt recyclé à 100 % dans les batteries conçues par Apple sur toute la gamme d’iPhone 16 ».
LE SECTEUR MINIER AU SCANNER
La Société des Mines du Sénégal lance un audit financier de toutes les sociétés opérant dans le pays. L'initiative intervient après le constat alarmant d'une sous-valorisation chronique des participations de l'État dans ces entreprises
(SenePlus) - La Société des Mines du Sénégal (SOMISEN) vient d'annoncer le lancement d'un audit financier approfondi de l'ensemble des sociétés minières opérant dans le pays, selon un communiqué de presse publié le 19 décembre 2024 à Dakar.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre des prérogatives conférées à la SOMISEN par la loi n°2020-31 du 06 novembre 2020, qui lui confie notamment la gestion et l'évaluation des participations de l'État dans le secteur minier. Une première phase d'analyse, entamée en juin 2024, a permis d'identifier 14 sociétés minières dans lesquelles l'État détient des parts.
Le panorama révélé est particulièrement instructif : l'État sénégalais possède des participations de 10% dans la majorité des sociétés, notamment dans six sociétés aurifères, deux entreprises de phosphates, et deux cimenteries. Une exception notable est sa participation de 98% dans la Société des Mines de fer du Sénégal Oriental (MIFERSO), et de 15% dans les Industries Chimiques du Sénégal (ICS).
Le constat établi par la SOMISEN est préoccupant : malgré ces participations, l'État ne perçoit que peu ou pas de dividendes de ces exploitations minières. Face à cette situation, l'organisme a sollicité l'ensemble des documents nécessaires auprès des sociétés concernées pour mener son audit.
Cette démarche s'inscrit dans une volonté de valoriser le patrimoine minier national, conformément à l'article 25-1 de la Constitution qui stipule que "les ressources naturelles appartiennent au peuple." Un premier rapport d'évaluation, assorti de recommandations stratégiques, sera prochainement soumis aux autorités pour améliorer la gouvernance et la rentabilité du portefeuille minier de l'État.
Cette initiative marque une étape importante dans la nouvelle politique de gouvernance des ressources naturelles du Sénégal, visant à optimiser les retombées économiques du secteur minier au bénéfice de la population.
LIBÉRATION DE QUATRE RESSORTISSANTS FRANÇAIS RETENUS À OUAGADOUGOU
Ces otages ont été libérés grâce à une médiation du roi Mohamed VI, selon le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains.
Dakar, 19 déc (APS) – Le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger a annoncé, jeudi, que le roi Mohamed VI a obtenu la libération de quatre ressortissants français, retenus à Ouagadougou depuis le mois de décembre 2023, a-t-on appris de source officielle.
‘’Suite à la médiation de Sa Majesté le Roi, Son Excellence Monsieur Ibrahim Traoré, Président de la République du Burkina Faso, a répondu favorablement à Sa demande de libération de quatre ressortissants français, retenus à Ouagadougou depuis le mois de décembre 2023’’, a indiqué le ministère des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger dans un communiqué parvenu à l’APS.
Selon la même source, leur élargissement a été rendu possible grâce à l’excellence des relations entre Ouagadougou et Rabat.
‘’Cet acte humanitaire a été rendu possible grâce à l’excellence des relations qui lient Sa Majesté le Roi, au Président Traoré et aux bonnes relations unissant de longue date le Royaume du Maroc et la République du Burkina Faso’’, précise le ministère des Affaires étrangères du royaume chérifien dans son communiqué.
NICOLAS SARKOZY, LE BRACELET AU PIED
Hier, 18 décembre 2024, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, (2007-2012), a été condamné à porter un bracelet électronique. Une décision qui a fait l’objet d’un « breaking news » sur plusieurs chaînes de télévision.
Hier, 18 décembre 2024, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française, (2007-2012), a été condamné à porter un bracelet électronique. Une décision qui a fait l’objet d’un « breaking news » sur plusieurs chaînes de télévision. Cette sanction sans précédent dans l’histoire politique de la France, a frappé l'opinion publique et alimente plus largement, le débat sur la probité des responsables politiques. Retour sur les faits et les éléments qui ont conduit à cette sanction sans précédent dans l’histoire politique récente de la France.
Les ennuis judiciaires de Nicolas Sarkozy remontent à plusieurs années, lorsqu'il a été mis en cause dans diverses affaires liées à son mandat présidentiel : l’affaire Paul Bismuth (ou affaire des écoutes), l’affaire Bygmalion (dépassement du budget de campagne), affaire du financement libyen, affaire Bettencourt, affaire Bernard Tapie-Crédit Lyonnais, affaire des sondages de l’Elysée, affaire Khazakhgate (en cours).
L’affaire dite des « écoutes », qui s’inscrit dans ce contexte, a joué un rôle central dans sa condamnation. En 2013, alors que des juges d’instruction enquêtaient sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, les autorités ont mis sur écoute, les conversations téléphoniques de Sarkozy et son avocat de toujours, Thierry Herzog.
Les écoutes révèlent que Sarkozy et Herzog utilisaient une ligne secrète, enregistrée sous le pseudonyme de « Paul Bismuth », pour éviter la surveillance judiciaire. Ces discussions laissent entendre que Sarkozy aurait tenté d'obtenir des informations confidentielles sur une autre affaire judiciaire le concernant, en échange d'un « coup de pouce » pour un poste de prestige à Monaco destiné à Gilbert Azibert, alors magistrat à la Cour de cassation.
En mars 2021, le tribunal correctionnel de Paris condamne Nicolas Sarkozy à trois ans de prison, dont deux avec sursis, pour corruption active et trafic d'influence dans cette affaire. Cette décision marque un tournant : c’est la première fois qu’un ancien président français est condamné à une peine privative de liberté pour des actes commis après ou pendant son mandat. Bien qu’il ait fait appel, la Cour d'appel de Paris a confirmé en mai 2023 la peine de prison ferme, tout en adaptant ses modalités d’exécution : le port d’un bracelet électronique en lieu et place de l'incarcération.
La condamnation repose sur deux éléments majeurs : d’une part, les écoutes ont établi que Sarkozy avait bien tenté de corrompre un haut magistrat. D’autre part, les juges ont estimé que ces actes étaient d’une gravité exceptionnelle pour un ancien chef d’État, dont la fonction suppose une exemplarité absolue. L'affaire a provoqué un vif débat en France. Pour ses partisans, Sarkozy est victime d’un acharnement judiciaire et médiatique. Lui-même n’a cessé de clamer son innocence, qualifiant les accusations de « mensongères » et affirmant que les écoutes étaient une atteinte à la confidentialité entre un avocat et son client. En revanche, ses détracteurs estiment que cette condamnation montre que nul n’est au-dessus des lois, y compris les anciens présidents. Même si le port d’un bracelet électronique lui évite la prison, cette décision restera une tâche sur son héritage politique. En effet, la mise en place effective du bracelet électronique suit une procédure précise. Dans un délai compris entre 15 jours et un mois, Nicolas Sarkozy sera convoqué par le juge d’application des peines qui lui signifiera les modalités de l’exécution de la peine, notamment les horaires de sortie autorisés et les restrictions de déplacement. Ainsi, l'installation du dispositif pourrait intervenir entre fin décembre 2024 et mi-janvier 2025. Toutefois M. Sarkozy (bientôt 70 ans) pourra solliciter une libération conditionnelle en vertu de la loi française qui autorise des aménagements de peine pour les personnes de cet âge. Il pourrait même être dispensé du port du bracelet électronique après un période relativement courte.
Le site français linternaute nous apprend par ailleurs, que M. Sarkozy a annoncé son intention de saisir la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour contester sa condamnation. Cependant, cette démarche n'a pas d'effet suspensif sur l'exécution de sa peine, et le processus d'installation du bracelet électronique suivra son cours en attendant une éventuelle décision de la CEDH.
Si le port du bracelet électronique évite à Nicolas Sarkozy de se retrouver derrière les barreaux, l'impact symbolique de cette décision reste immense. Elle rappelle que la justice, en dépit des pressions et des controverses, peut frapper jusqu'aux plus hauts sommets de l’État. Ce fut le cas de Jacques Chirac (président de 1995 à 2007) qui avait été reconnu coupable de détournement de fonds publics et d’abus de confiance dans une affaire datant de l’époque où il était maire de Paris (1977-1995) et condamné en 2011 à deux ans de prison avec sursis. François Hollande quant à lui, n’a jamais été inquiété par la justice après son départ de l’Elysée
Au-delà du cas Sarkozy, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la responsabilité et la transparence des dirigeants politiques. Ces affaires judiciaires témoignent d’une évolution de la perception du statut présidentiel. Longtemps considérés comme intouchables, les anciens chefs d’État sont désormais soumis à un contrôle judiciaire accru. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de demande de transparence et de responsabilité de la part des citoyens.