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3 avril 2025
Opinions
Par Baba DIOP
CHARCUTERIE
Le péché mignon de Ton’s, c’est la charcuterie, mais il insiste en appuyant bien, sur le mot Halal pour ne point créer de confusion, surtout en ce temps de Ramadan
Le péché mignon de Ton’s, c’est la charcuterie, mais il insiste en appuyant bien, sur le mot Halal pour ne point créer de confusion, surtout en ce temps de Ramadan. Son penchant pour la charcuterie, lui vient de sa vie d’étudiant au pays des Blancs, mais il ne faisait pas de différence entre Halal et non Halal. Il était dans le tout-venant : charcuterie italienne, charcuterie board, anglaise, corse et tutti quanti. Il ne faisait point mystère de son attrait pour la charcuterie de porc. Il adorait surtout : le jambon blanc, cuit ou sec, saucisson sec ou cru, boudin blanc, andouille, rillette et terrine. Ton’s connaissait du bout des doigts les différentes sortes de charcuteries. Rien qu’à l’odorat, il pouvait donner et le nom et le label du produit.
Mais une fois de retour au pays, Ton’s creusa un énorme trou et y enterra ce passé en claironnant urbi et orbi : « Il fallait que jeunesse se fasse ». Son futur se plaça dès lors sous le sceau de l’Islam. Il ouvrait et refermait les portes de la mosquée, après de bons et loyaux services à la Poste. En ce vendredi, après la prière de tisbar, il passa devant une charcuterie bien achalandée. Ton’s fit de la lèche vitrine devant la charcuterie, passant et repassant. Comme « cheytan dafa baré dolé », Ton’s saliva, resaliva. Il fouilla dans sa poche, se rendit compte que charité bien ordonnée commence par soi-même. Il avait tout donné aux mendiants. Subitement il se sentit vertigineux et s’écroula. Quand on vint lui prêter assistance, Ton’s désigna le rayon des saucissons et murmura : « socisson momay ximali » et une femme qui passait par là se contenta d’un « xalass ma waru » !
Par MMAH AÏSSATA BANGOURA
GERMAINE ACOGNY, REINE DE LA DANSE CONTEMPORAINE AFRICAINE
En ce 8 mars, Journée internationale des Droits des femmes, nous avons choisi de rendre hommage à la mère de la danse contemporaine africaine, Germaine Pentecôte Marie Salimata Iya Tunde Acogny
En ce 8 mars, Journée internationale des Droits des femmes, nous avons choisi de rendre hommage à la mère de la danse contemporaine africaine, Germaine Pentecôte Marie Salimata Iya Tunde Acogny.
De sa grand- mère Iya Tunde, prêtresse Yoruba dont elle porte le nom, elle sera inspirée par la gestuelle et la conviction que la spiritualité permet de surmonter les difficultés dans la vie d’un artiste. Elle ouvre son école en 1968 et avouera qu’à cette époque, elle était loin de penser être une grande artiste. Au moment où je l’ai connue dans les années 70, elle avait une réputation dans le monde des arts et nourrissait le désir de transmettre sa passion de la danse à ses élèves, en leur offrant la possibilité d’aller au plus profond de leur corps, d’accueillir la richesse et la diversité de leur patrimoine culturel. C’est ce qui va la mener en 1975 à la création des majorettes du Lycée John Kennedy à Dakar, avec une touche africaine perceptible dans le choix des pas de danse et la tenue vestimentaire. Pour le rythme elle a sollicité la collaboration du célèbre tambour-major Doudou Ndiaye Coumba Rose. Son passage en Casamance qui lui fait découvrir les danses traditionnelles de cette région va influencer sa créativité et l’inciter à inventer de nouveaux mouvements mixant danse africaine et européenne. Contrairement à ce qui se pratiquait à cette période au Sénégal, Germaine fait le choix d’enseigner la danse africaine et non la danse classique. Venu assister à un des cours qu’elle dispensait dans sa propre école fondée en 1968, Roger Garaudy, philosophe et ami de Léopold Sédar Senghor, fut si émerveillé qu’il lui dit : « ce que vous êtes en train de faire, c’est une technique ». Il confia ses impressions à Senghor, qui a son tour apprécia la qualité du travail et la méthode de Germaine.
Dans la préface de l’ouvrage de Germaine, « La danse africaine » paru en 1980, il écrit ceci : « Mme Acogny a parcouru le chemin inverse de Béjart. Elle est partie de la danse négro-africaine, des pas négro-africains, pour y intégrer ceux du ballet européen ».
Senghor qui avait un projet pour le développement des arts, souhaitait faire du Sénégal, « la Grèce de l’Afrique », selon son expression, mais il manquait la danse. Aussi, en 1975, a-t-il tenu à présenter et surtout à montrer le travail de Germaine à Maurice Béjart, estimant qu’il n’était pas suffisamment qualifié dans le domaine de la danse. « C’est extraordinaire » aurait dit Béjart, selon Senghor, pour qui, « la tradition doit être une vague qui vient, qui rejaillit, pour redonner vie à la contemporanéité ».
Ce message, Germaine l’a compris en créant sa propre technique, celle qui porte son nom et est enseignée à travers le monde. Elle confirme les propos de son critique : « J’ai pris l’essence des danses traditionnelles d’Afrique de l’Ouest et des danses que j’ai apprises en Europe, et j’ai créé ma propre technique ». La création de Mudra Afrique va lui donner un autre rayonnement. En effet lorsque Senghor et Béjart ont décidé de créer Mudra Afrique avec l’appui de l’Unesco et de la fondation Gulbenkian, elle était toute indiquée pour en assurer la direction accompagnée par Julien Jouga et Doudou Ndiaye coumba Rose. Mudra Afrique, une antenne de Mudra Bruxelles, ouvrit ses portes en 1977 et va proposer une formation artistique. Senghor décrit l’esprit de cette école en ces termes : « Il nous faut dans une entreprise plus délicate, parce que plus imaginante, intégrer, avec les pas, les valeurs des autres danses, pour en faire une danse nouvelle, négro africaine, mais sentie, goûtée par tous les hommes, de toutes les civilisations différentes, parce que participant de l’universel ». Et d’ajouter que c’est ce travail de création que Mme Acogny a commencé de faire.
En 1979, Alioune Diop de la revue Présence africaine et Aimé Césaire vont visiter l’Institution qu’ils qualifient de « capitale du monde noir ».
La réalité humaine est faite de souffrances et de contradictions. Cette belle aventure prendra fin brutalement. Sa passion pour la danse la pousse à surmonter cette nouvelle difficulté et à ouvrir l’École des sables. Elle va créer sa compagnie « Jant Bi » avec laquelle elle va faire plusieurs tournées internationales. Depuis son premier solo Femme noire en 1972, plusieurs autres créations vont suivre, Yewwi, Thiouraye, Songho yakar etc, elle va travailler avec des chorégraphes et des metteurs en scène européens, africains, asiatiques dont Mikael Serre, Olivier Dubois, Salia Sanou, Kota Yamasaki.
L’École des sables va assurer le rayonnement de la culture et de la danse africaine. Cette visibilité va contribuer à pérenniser la tradition du Sénégal comme pays de culture, premier pays d’Afrique francophone à avoir une politique culturelle en accordant une place importante à la danse. Cette reconnaissance internationale, elle le doit à son travail. Germaine a travaillé, beaucoup travaillé et continue à le faire. Celle, que les danseurs appellent affectueusement MAMAN ne désarme pas. Il lui a fallu sans cesse démontrer que la danse s’apprend, et surtout que la danse est un métier et mérite respect et considération. Et à travers la danse, les artistes. Malgré tous ses succès, elle a dû surmonter des difficultés d’ordre financier pour faire fonctionner l’école au point de lancer des appels. Son exemple fait des émules dans le milieu de la danse. Nous lui devons la floraison de groupes de danse toutes techniques confondues. Elle a formé plusieurs générations de danseurs qui a leur tour, continuent d’exercer et d’encourager à la pratique.
Pour avoir bénéficié de son encadrement lorsque j’étais à Mudra Afrique, elle m’a influencée, elle reste une ainée et je suis très honorée aujourd’hui de lui rendre cet hommage.
Je voudrais lui exprimer toute ma reconnaissance à travers cet hommage, en y associant Helmut, son époux dont j’apprécie l’écoute, l’attention et la disponibilité pour le succès de la danse au Sénégal.
MMAH AÏSSATA BANGOURA
Docteur en Sociologie de l’Education. Spécialité Danse Institut Supérieur des Arts et des Cultures ISAC-UCAD
Honneurs et distinctions
En 1992, Germaine Acogny livre au monde le message de la journée internationale de la danse célébrée tous les ans, le 29 Avril.
En 2014, elle est classée parmi les « 50 personnalités africaines les plus influentes dans le monde », selon le Journal Magazine « Jeune Afrique ».
En 2019, elle reçoit le Prix d’excellence de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dans la catégorie Arts et Lettres.
En 2021, lors de la Biennale de Venise, il lui sera décerné, le Lion d’or de la danse. Voici les termes par lesquels Le jury a salué son œuvre : « Sa contribution à la formation en danse et en chorégraphie des jeunes d'Afrique occidentale et la large diffusion de son travail ont fait d'elle l'une des voix indépendantes qui ont le plus influé sur l'art de la danse." Le Prix Nonino ‘’Maître de notre temps’’ 2025 lui a été récemment décerné.
Par Vieux SAVANE
LE POIDS DES MAUX
La violence faite aux femmes est justement dans cette manière de vouloir les confiner et les enfermer dans les représentations masculines.
Une tiktokeuse, vendeuse de produits cosmétiques, en ligne et au marché de Pikine, a été condamnée le 7 février dernier à 2 ans de prison dont six mois ferme, pour «mise en danger de la vie d’autrui, exercice illégal de la profession de pharmacien et administration de substances nuisibles à la santé publique». Elle proposait des suppositoires sous forme de boulettes qui avaient la capacité de transformer les candidates en Venus callipyges dotées d’une belle paire de fesses, galbées et charnues, à damner un saint.
Il est cependant interdit d’en rire puisque, dans le sillage des comprimés et autres sirops, tout est bon pour prendre du poids et développer de généreuses rondeurs conformes aux standards de beauté autochtones. Pour y arriver, elles se livrent à une course à la séduction qui n’est pas sans danger du fait de risques divers : problème cardiovasculaire, insuffisance hépatique, obésité, diabète, hypertension artérielle, etc. Tout cela pour plaire à leurs hommes au détriment de leur santé, empêtrées qu’elles, sont dans une sorte de relation marchande rythmée par une offre et une demande soumises aux critères de beauté masculine. La violence faite aux femmes est justement dans cette manière de vouloir les confiner et les enfermer dans les représentations masculines. Ainsi en est-il du fameux « Dieguene sopal waye buul woolou* » de Kocc Barma qui sous-entend que l’homme est préposé à toutes les audaces et la femme, à la soumission.
Au Sénégal mais comme partout ailleurs, ce rapport de domination perdure. En France, tout récemment la justice s’est saisie d’une affaire hors-norme opposant une femme, Gisèle Pellicot, plongée dans une soumission chimique par son mari Dominique Pellicot, pour la violer et la faire violer dix années durant à son domicile par des dizaines d’inconnus contactés sur Internet. Il a voulu a-t-il expliqué " soumettre une femme insoumise"
Cette femme de 74 ans, que son mari livrait à une cinquantaine d’inconnus après avoir anesthésié sa conscience est devenue une icône. Elle a estimé qu'elle n'avait pas à se cacher, ni à avoir honte encore moins à culpabiliser. La honte devant plutôt changer de camp, s’extirper du corps de la victime pour se dresser avec force et obliger le bourreau à rendre gorge. Pour ce faire, Gisèle Pellicot a tenu bon, droitement, debout, soutenue par ses deux fils et sa fille qui eux aussi ont fait face. Par son attitude empreinte de dignité et de courage, forçant ainsi l'admiration de l'opinion nationale et planétaire, elle a suscité une émotion mondiale comme en attestent les médias de tous les continents qui ont consacré des éléments à cette affaire
C’est dire que cette journée du 8 Mars doit nous faire réfléchir sur la condition des femmes et des hommes, sur l’égalité des droits et des devoirs. Surtout, lorsqu’une circulaire de service accorde aux employées femmes un réaménagement horaire en ce mois de Ramadan, en prenant toutefois le soin de préciser que c’est à titre exceptionnel et dérogatoire. Même à supposer que cette circulaire soit mue par une intention bienveillante, une telle mesure en dit long sur l’idée que l’on s’y fait du rapport hommes/femmes. Pour un pays qui a plutôt accompli d’énormes progrès dans sa volonté de lutter contre les inégalités entre hommes et femmes, vouloir confiner ces dernières dans un espace domestique perçu comme le lieu naturel de leur expression, qu’on le veuille ou non, fait désordre. Parce qu’elle revêt le visage d’une régression qui ne dit pas son nom, une telle mesure appelle par conséquent, à une vigilance soutenue pour que ne soient pas banalisés ces petits gestes qui se veulent empathiques ou sans grande signification, mais qui dans la réalité des faits sont discriminatoires puisqu’ils portent atteinte à l’égalité des droits entre les femmes et les femmes.
*Tombe amoureux, mais ne lui fait pas confiance
PAR NDÈYE AMY NDIAYE ET LUCIENNE KODOU NDIONE
L’OBJECTIFICATION DE LA FEMME SÉNÉGALAISE, UN FLÉAU PERSISTANT
Aujourd’hui plus que jamais l’obscurantisme misogyne prend de l’élan ! Il plane comme une épée de Damoclès sur de nombreux acquis
Ndèye Amy Ndiaye et Lucienne Kodou Ndione |
Publication 07/03/2025
Au Sénégal, la femme est de plus en plus réduite à un simple objet à travers les médias, la publicité, la mode et les normes sociales. Cette tendance, loin de s’estomper, s’amplifie et met en péril les acquis en matière de droits des femmes. Face à cette réalité, des voix s’élèvent pour dénoncer et lutter contre ce phénomène.
Le corps féminin tend à devenir, sous le regard de beaucoup de concitoyens , ni plus ni moins qu’un objet. Réduire la femme à un statut d’objet, ou considérer les parties de son corps comme des objets ou encore réduire son humanité féminine à ses seules caractéristiques sexuelles est devenue presque une normalité au Sénégal. Clairement, il s’agit là d’une objectification de la femme sénégalaise. Plus explicitement, nous faisons référence au fait que les femmes sont perçues, traitées ou représentées comme des objets plutôt que comme des individus autonomes, ayant leurs propres droits, sentiments et libertés. Cette objectification s’est amplifiée au cours des dernières années, parfois de manière ludique mais réelle.
L’amplification de ce phénomène a accentué les vulnérabilités des femmes dans notre pays. Elle a également surexposé les acquis en matière de droits des femmes à la censure moralisante d’une société où l’intolérance à l’égard de la diversité, de l’émancipation de la femme et de son autonomisation est devenue une gageure de virilité. Il faut dire que le politiquement correct sur la question des Droits des femmes au Sénégal s’est largement érodé. Sommes-nous devenus incultes, ignorants ou tout simplement fanatiques d’une perversité morale qui cherche par tous les moyens à cisailler l’humanité de la femme sénégalaise et la dignité qui va avec ? Aujourd’hui plus que jamais l’obscurantisme misogyne prend de l’élan ! Il plane comme une épée de Damoclès sur de nombreux acquis tel que la fameuse loi sur la parité politique, et emprunte de plus en plus des logiques maladroitement subtiles mais avec un effet déconsolidant avéré sur le statut social, économique et juridique de la femme sénégalaise.
En 2025, l'objectification de la femme sénégalaise résulte de la combinaison de facteurs culturels, sociaux et économiques et aussi politiques qui la réduisent à un rôle subordonné, souvent sans reconnaissance de son individualité ou de ses aspirations. Elle transparaît à travers :
Les représentations médiatiques et artistiques
Une tendance se dessine depuis quelques années dans les médias et même dans certaines formes d’art populaire où la femme sénégalaise est réduite à un rôle stéréotypé, souvent centré sur ses occupations familiales et sa sexualité. Médias et arts ont fini de nous imposer l’acceptation tacite de la normalité d’une image de la femme perçue exclusivement comme un symbole de la maternité, de la beauté physique, de la soumission, ou tout simplement un objet de décor. Ses émotions, aptitudes, et compétences dans la société ne sont mis en relief que de façon exceptionnelle. Les clips et les téléfilms sont par excellence la preuve de la déliquescence de la place allouée à la femme.
Objet de désir, simple outil à la merci des scénaristes et des réalisateurs(ces), elle ne doit son salut d’actrice ou d’héroïne qu’à son charme, sa féminité, sa soumission, voire son approbation envers la division binaire de la société marquée par la supériorité et la dominance absolue de l’homme. Évidemment, dans de rares émissions dédiées à cette cause, il arrive que ces rôles dynamiques soient furtivement abordés. Fort heureusement d’ailleurs !
Quid de la médiatisation à outrance de la polygamie et des cérémonies familiales qui fluidifient au rythme des sonorités de « Bongomans », la propagande d’un langage vulgaire, sexiste et sexuel, d’une rivalité puérile entre femmes, et qui démontrent, si besoin en est encore, la décadence de la société sénégalaise en général et la perte des valeurs nobles sociétales qui caractérisaient la femme sénégalaise (kersa, jom, goré) en particulier. Ce déferlement de sagacité n’épargne ni la dignité de la femme ni ses capacités cognitives, ses aptitudes à contribuer significativement aux défis de l’heure, aux priorités réelles sociétales, et pourtant nous nous en accommodons. Femmes comme hommes, nous les validons, les encourageons...
Et lorsque certaines s’en offusquent, l’école de la Justice Sociale, qui dénie toute présomption d’innocence à la femme et où le doute profite toujours à l’homme, s’agite bruyamment, toujours prompte à faire étalage de son intolérance, son addiction à la pensée unique. Elle les déclare coupables de subversion avant même qu’elles ne soient entendues, elle les fait condamner à perpétuité par le tribunal de l’éternité et fait tomber sur elles la malédiction et sur leur progéniture surtout lorsqu’elles sont des femmes mariées (Kou soor sa dieukeur, yakk sa dom. Liggeyou ndey agnou doom).
La sexualisation et l’instrumentalisation du corps féminin dans la publicité et la mode
Entendons-nous bien, la femme surtout sénégalaise détient un pouvoir naturel d’attraction, essentiel pour la publicité ou la mode. Cependant, il est opportun de relever qu’il existe aujourd’hui au Sénégal une instrumentalisation banalisée du corps féminin dans la publicité et la mode. Par la manière dont certaines industries exploitent l’image de la femme sénégalaise ce qui devait constituer une communication marketing de produits ou de services glisse souvent vers une objectification du corps féminin avec des conséquences aux multiples facettes.
Le développement anormal des produits de dépigmentation et des « médicaments »pour prise de masse malgré les risques encourus relève de ces conséquences et démontre, si besoin en était encore, l’amplitude de cette triste réalité. Et à ce niveau, il est important de souligner que les femmes participent elles-mêmes à leur propre entreprise d’objectification. La priorité donnée à l’apparence au détriment du savoir, de la santé ou de l’épanouissement loin d’être dans l’absolu une suggestion masculine et dans bien cas hélas un choix féminin, une vision féminine, un aspect du Mindset qui domine chez la grande majorité des femmes sénégalaises, y compris celles supposées « intellectuelles », si tant que l’expression ait encore aujourd’hui un sens dans ce pays.
Dans d’autres situations, cette entreprise d’objectification de la femme conforte des pratiques telles que les mariages forcés ou précoces dont on cherche de plus en plus à minorer la prévalence, tant les déclarations, initiatives et autres ont été nombreuses et que l’on voudrait bien trouver facilement une pointe de satisfaction pour tous ces efforts ! Tout n’a point été vain, bien sûr ! Mais soyons réalistes, le phénomène perdure . Mieux encore, il se réinvente avec parfois des subtilités pernicieuses que nous ne devons pas minimiser.
Les pratiques sociales, normes de genre et inégalités dans le domaine professionnel
Sur cet aspect, l'objectification des femmes s’adosse, dans certaines zones du Sénégal, à des normes de genre traditionnelles qui en facilitent l’effectivité. Parmi ces normes, la pression sociale et culturelle qui amène de nombreuses Sénégalaises à se conformer à des attentes très rigides en matière de comportement, d’apparence et de rôle familial, et avec un impact restrictif sur leur autonomie de volonté. Très souvent perçues principalement à travers le prisme de leur relation avec les hommes (comme épouses, mères ou filles), elles voient leur visibilité en tant qu'individus à part entière fortement limitée. Et lorsqu’à l’occasion de situations exceptionnelles, on leur accorde l’exclusivité de la faveur d’une demi-journée de travail la profondeur du mal ne se discute plus !
Dans le monde professionnel, les femmes sénégalaises font face, comme la plupart des femmes à travers le monde, à de nombreux obstacles liés à la fois à des stéréotypes sexistes et à des discriminations de genre. Elles sont cantonnées à des rôles traditionnels et subissent des retards dans la gestion de leur carrière. Elles ont des difficultés d’accès à des postes de responsabilité. Elles subissent une pression sociale qui peut les inciter à privilégier leur rôle domestique au détriment de leur carrière. Bien qu’elles soient assujetties au même régime d’avancement que les hommes (ce qui est normal), elles restent néanmoins limitées par la division genrée du travail et soumises aux mêmes normes sociales que celles de leurs aïeules, il y a des siècles.
Quid de l’évolution et les luttes pour les droits des femmes
Au Sénégal, des individualités et des synergies coconstruites, pour certaines, dans la diversité de genre s’élèvent de plus en plus contre cette objectification. Elles cherchent à donner aux femmes une voix, à les sortir des rôles stéréotypés et à leur accorder plus de pouvoir dans la société . Elles les sensibilisent également pour une prise de conscience de la réalité du phonème et de ses effets pervers sur la société sénégalaise, son développement et son avenir. Des femmes sénégalaises, ainsi que des hommes, militent activement pour le respect des droits fondamentaux des femmes, la lutte contre les violences faites aux femmes et pour une plus grande participation des femmes dans la vie politique et économique... C’est le lieu de magnifier cette implication masculine très souvent peu visible, mais bien réelle. Bravo Messieurs, l’humanisme n’a pas de genre, la conscience n’ont plus !
Malheureusement, les acquis de ces luttes ne sont souvent pas assez bien capitalisés (histoire de Ndatté Yalla, Alioune Sitoe Diatta, etc.). Écoutons les chansons des «bongomans», analysons les rôles alloués aux femmes dans les téléfilms, suivons les discussions pendant les heures de pause dans les bureaux, revenons vers les discussions des groupes WhatsApp, relisons les messages entre copains, suivons les nominations lors des conseils des ministres, discutons sans gants entre belles-familles, écoutons les points de vue des cadres supérieurs sur la question, etc. La réalité nous désenchante ; il urge de changer de paradigme. Les actions de promotion et de protection des droits des femmes devraient davantage s’orienter vers la femme elle-même. Celle-ci doit cultiver son estime de soi en développant son leadership, et placer son épanouissement , sa dignité et ses libertés au cœur de son action. Plus que jamais,
Les femmes sénégalaises devront être à l’avant-garde des combats qui les interpellent au premier rang. Mais avons-nous une masse critique apte à se sacrifier pour briser la glace?
PAR HABIB DEMBA FALL
SISYPHE DANS LA JUNGLE URBAINE
"J’ai vu pousser les immeubles et passer la poussière. Des espoirs en cendres, consumés par l’implacable loi de l’occupation de la voie publique. Des poussées d’émotions, vite balayées par la gomme du temps. Les mêmes recommencent."
J’ai vu pousser les immeubles et passer la poussière. Des espoirs en cendres, consumés par l’implacable loi de l’occupation de la voie publique. Des poussées d’émotions, vite balayées par la gomme du temps. Les mêmes recommencent.
Notre petit monde urbain renoue avec ses vieilles habitudes, pensant peut-être que la licence finira par avoir raison du censeur. Las, l’académie des comportements citoyens baissera la garde face aux hordes de routiers de l’incivisme. Il n’y aura plus de manuel du citoyen modèle parce que, comme lors des invasions, les grandes bibliothèques seront brûlées. Cruelles illusions ! La fameuse formule populaire reste inopérante à l’heure du civisme triomphant : « Mbedd mi mbeddu buur la ». Morceau d’inconséquence et d’inconscience. Rien d’autre que ça ! À ce dérapage sur la perception du bien public, répond une vérité nourrie à la sagesse républicaine : « Reew da ñu koy ligeey ». Ne cherchons pas loin. Trouvons des explications terre-à-terre dans les tares de notre quotidien.
Tout simplement, ce qui appartient à tout le monde n’appartient finalement à personne car personne n’en prendra soin. Dans ce pays, quelque part, les lieux de culte, les jardins publics, les plages, les routes, les esplanades d’édifices et les terrains de sport ont le même destin que les décharges d’ordures. Certains font les choses tellement en grand qu’une poubelle, à leurs yeux, est un terrain de jeux trop étroit. Aussi cynique que ça. Malheureusement, c’est à croire que la « désordrite », cette curieuse maladie du désordre, habite l’âme de notre monde urbain. Paradoxalement, un virus vers lequel courent les adeptes du chaos grossissant sans masque et gel hydroalcoolique. Les cas communautaires peuplent les rues. Ce serait si long de décliner leurs noms sur un bulletin rendant compte de la progression d’une épidémie !
Il faudra un registre sans bout pour nommer tous ces visages connus de nos rues, nos marchés, nos entreprises, nos plages, nos universités, nos structures de santé, etc. Voyez comment naissent et grandissent les petits « Parc Lambaye » devant nos maisons. Une petite table dans quelque coin ? Non, cela ne gêne vraiment personne au début ! C’est même sympa d’accorder un bout de paradis à un naufragé de la vie, n’est-ce pas ? À côté de la petite table presque brinquebalante, s’entassent ensuite divers objets, dans un timing étudié et faussement débonnaire. De la brocante au fil du temps avec des portes démontées d’une maison, des chargeurs de téléphone recyclés, des réchauds bricolés, des vélos lourdement chargés de points de soudure, des lampes de chevet qui ont plus besoin d’un spécialiste en tri d’ordures à leur chevet que d’un retour dans les ménages, des machines à café, des mixeurs de fruits ou légumes au goût de périmé, des lecteurs de disque crachant plus la poussière que le son envoûtant des musiques du monde, entre autres.
Après, ce seront les toitures usagées et les livres à l’heure où un la lecture tient plus de la bêtise pour snobs que du raffinement culturel. Le vendeur de café se joindra à la joyeuse troupe pour un chorus qui défie l’ordre des « messieurs et dames d’en haut », moralisateurs chahutés. En voilà un pied de nez pour le grade des pseudo-réparateurs de cette infirmité de la jungle urbaine ! Réguler l’installation sur la voie publique en zone urbaine est une opération comparable à l’œuvre de Sisyphe et de son rocher. Ça monte une fois, deux fois, trois fois, mille fois… Ça redescend du rocher une fois, deux fois, trois fois, mille fois… L’infatigable « manutentionnaire » n’en finit jamais avec sa corvée ! Les opérations de déguerpissement sont donc des serpents de mer. Un combat sans fin. La sensibilisation n’y fait rien. Le refrain reste immuable : « il faut laisser les gens travailler ». La conséquence directe est de laisser le bulldozer travailler. Les communiqués d’autorités administratives sont bien élaborés, alliant pédagogie et fermeté.
Ces textes ont le destin d’un message délivré dans une langue que le destinataire ne voudra jamais comprendre. En effet, ces communiqués restent souvent lettre morte dans l’esprit de beaucoup de destinataires de ce type de messages. Sur une artère de Dakar, l’ouverture d’un autopont a franchement amélioré la circulation. Il reste le stationnement anarchique qui prive les automobilistes de l’équivalent de deux voies de part et d’autre. Chacun pourra trouver des abus similaires dans son environnement. Un communiqué a été fait par une autorité administrative, avec un délai ferme. Il a été lu en boucle sur les radios et posté sur les réseaux sociaux. Plusieurs mois ont passé et l’occupation a persisté. M’enquérant de la situation, je me vois dire : « le Préfet avait fixé un délai, mais nous n’avons encore rien constaté qui nous prive de ce stationnement ». Les yeux de ces indolents chroniques ne s’ouvrent sur la réalité des abus que lorsque leur business ou leur bien quelconque cogne le bulldozer. Être un bon débrouillard dans la jungle urbaine, c’est aussi la stratégie du bord du gouffre. Aussi cynique que ça également.
PAR MANSOUR FAYE
DIOMAYE, VEUILLEZ APPELER MACKY À LA RESCOUSSE
Le Sénégal va mal. Le mal est partout et l’environnement économique qui est au plus bas, va de mal en pis.Toute cette situation peu enviable, est de la seule responsabilité de SAS «demi-dieu » qui a sacrifié ce pays sur l’autel de ses intérêts inavoués
Le Sénégal va mal. Le mal est partout et l’environnement économique qui est au plus bas, va de mal en pis.Toute cette situation peu enviable, est de la seule responsabilité de SAS «demi-dieu » qui a sacrifié ce pays sur l’autel de ses intérêts inavoués, de son ego surdimensionné et de son complexe ..., sans parler de son incompétence, de sa carence et de sa soif de vengeance injustifiée!!
Sa sortie ratée sur les finances publiques, qu’un semblant de rapport-commentaire de la Cour des Comptes a fini même par discréditer, va occasionner des conséquences désastreuses et dévastatrices sur le panier de la ménagère déjà mal en point..., voire exacerber la précarité du sénégalais lamda .
La dégradation progressive des Notes du Sénégal par les Agences de Notation risque de sonner le glas d'un pouvoir qui étrangle les populations.
En terme plus simple, il faut comprendre que cette situation artificiellement engendrée par l'incurie du pouvoir, limite la marge de manœuvre de l’Etat pour investir dans des projets sociaux tels que la santé et l’éducation ou des projets d’infrastructures!!!
Ce qui aura forcément un impact négatif sur la croissance du PIB et, par ricochet, sur la richesse produite, sur l’emploi , notamment celui des jeunes qui représentent 70% de la population.
Aussi, la baisse des obligations du Sénégal signifie que les investisseurs auront moins confiance en la capacité du Sénégal à rembourser sa dette. Par conséquent, il sera plus difficile et cher pour le pays, de lever des fonds sur les marchés régionaux et internationaux, car les taux d’intérêt vont augmenter sans parler de la spéculation potentiellement très élevée!!!
Alors là, le risque réel de voir le Sénégal relégué au rang des pays pauvres très endettés, est manifeste. Et la dévaluation du CFA, tant redoutée, frappe déjà à nos portes, à celles de toute l'UEMOA!!
Aujourd’hui, la seule Alternative qui s’offre à nous, est un signal fort, de la plus Haute Autorité qui doit sortir de sa torpeur et prendre conscience de ses responsabilités! C’est lui que les sénégalais ont élu quelque soit le mécanisme qui l’a investi. Son mentor de SAS « demi-dieu » a échoué, hélas, et ne se relèvera jamais.
Pour l’intérêt supérieur de la nation, Diomaye doit se séparer de lui et se tourner vers Macky Sall pour qu’il l’épaule et le conseille!! En 12 ans de pouvoir, ce dernier a su mettre ce pays sur les rampes de l’Émergence. Et cette marche doit progresser et non régresser! Macky Sall, qui a le Sénégal au cœur, ne refuserait certainement pas une main tendue pour sauver sa patrie, redorer le blason de notre diplomatie balbutiante et rétablir nos relations avec nos partenaires financiers.
Autrement, c’est son avenir, lui Diomaye, à la tête de ce pays qui risque d’être compromis et même menacé. « Lu léer laa Wax ». SAS « demi-dieu » doit être conjugué au passé…c’est une anomalie de l’Histoire!
par Baba Diop
LE PAQUET DE SUCRE
Finalement, Ton’s fut élu, Imam de la mosquée Robinet bagarre. Il était tout guilleret à l’annonce de la nouvelle.
Finalement, Ton’s fut élu, Imam de la mosquée Robinet bagarre. Il était tout guilleret à l’annonce de la nouvelle. Il avait, à l’oreille de Tata, glissé ces quelques mots : « Nos soucis d’argent sont terminés, les Adiya pleuvront non seulement les vendredis mais tous les jours, c’est désormais la règle » : donc poulet au kheud, poulet au ndogou et poulet au souper » Ton’s, d’une manière à peine voilée, avait soudoyé les récalcitrants qui se gaussaient de lui, criant haut et fort qu’il n’était pas la personne indiquée et que dans sa maison, c’était Tata qui portait le pantalon et lui la culotte.
Hier, c’était le grand jour, Ton’s sortit du fond de sa malle le boubou Thiawali hérité de son papa, qui le tenait de son grand-père, qui lui-même le tenait de son arrière-grand-père. Pour dire que la chaine de transmission avait sauté le siècle. Le boubou, pièce de musée, sentait fort la naphtaline. Ni le thiouray de Tata, ni l’eau de Cologne de Tons n’arriva à chasser l’odeur.
par Ibou Fall
L’ABÉCÉDAIRE DU CATASTROPHISME
Lorsque l’on parvient à vendre la haine à une faune en colère, il faut bien lui justifier le pourquoi du comment par qui, n’est-ce pas ? Le catastrophisme a simplement changé de camp, servant désormais d'excuse à ceux qui promettaient la lune hier
Lorsque l’on parvient à vendre la haine à une faune en colère, il faut bien lui justifier le pourquoi du comment par qui, n’est-ce pas ? Le catastrophisme se présente comme l’explication logique au misérabilisme que l’actuel régime distille depuis une dizaine d’années, depuis les réseaux sociaux incendiaires jusqu’aux meetings exaltés d’une opposition définitivement va-t-en-guerre…
L’ennemi du peuple : le régime de Macky Sall, qui ne s’encombre pas de scrupule. La preuve par les embastillements de Khalifa Sall et Karim Wade, tous deux coupables de juste lorgner le fauteuil présidentiel. Si ce n’était que ça : ce gang non seulement verse le sang des Sénégalais, mais il pille le pays, comme dirait l’autre, «il arrose son couscous de leur sueur».
Passons sur ce qui relève de la gnognotte : les partages écœurants de terres à coups de lotissements sauvages, l’avion présidentiel qui fait la navette entre Dakar et La Mecque pour que la Camorra puisse aller y déposer son sac de péchés…
Bref, le train de vie agaçant de ces épicuriens qui nous gouvernent alors… Les scandales à milliards se suivent sans se ressembler, entre les six mille milliards Cfa de Aliou Sall, qui vend notre pétrole avant même le premier forage (devenant de la sorte le débiteur de chaque Sénégalais à hauteur de quatre cent mille francs), et les vingt-neuf milliards de Mame Mbaye Niang, s’intercalent les mille milliards du fonds Covid et les quatre-vingt-quatorze milliards de Mamour Diallo et Tahirou Sarr…
Et quand l’héroïque peuple se rebiffe pour sauver son «Projet», ça le canarde comme un tir aux pigeons de kermesse : cinquante-et-un Sénégalais meurent alors par balles entre mars 2021 et février 2024. La «mackyavélique» ploutocratie est doublée d’une dictature sanguinaire qui charrie des rivières d’hémoglobine. Voilà la catastrophe dont le duo «Sonko môy Diomaye» sauve les Sénégalais par la magie des urnes le 24 mars 2024, une semaine après être sorti de prison par on ne sait quelle pirouette. Bien sûr que ce tandem qui échange les petites attentions l’un envers l’autre est capable de miracles. Il pilote un projet que quatre mille cadres, d’authentiques Sénégalais, peaufinent depuis une décennie. Retrouver notre souveraineté perdue depuis plusieurs siècles, en sortant du Cfa en virant la France, et les bailleurs de fonds ; ils vont faire mieux : rendre à la justice son véritable lustre et jeter en prison toute cette mafia qui suce le sang du pauvre Sénégalais.
Ça va démarrer au quart de tour après la passation de pouvoir entre l’imberbe rondouillard Macky et le barbu svelte Diomaye. On change de planète, en résumé, mais que d’émotions pour en arriver à ça…
Et puis, patatras, une fois aux commandes du navire Sénégal, qui ressemble de loin à un majestueux yacht, ça se rend compte que l’héritage est un rafiot rafistolé qui prend l’eau de toutes parts.
Alerte : c’est la cata !
Il ne faut pas attendre longtemps pour que le tandem commence à étaler ses états d’âme sur la place publique. Sortez les mouchoirs, snif : c’est le Premier ministre qui ouvre le feu, annonçant urbi et orbi que la mafia qu’ils viennent de virer du pouvoir est de surcroît un repaire de faussaires qui truquent les chiffres comme un compteur de casino, et que la dette crève les plafonds. On ne vous dit pas, les institutions budgétivores à dissoudre dans de l’acide parlementaire, les recrutements fantaisistes dans les sociétés nationales, les salaires mirobolants aux copains…
Bien entendu, le Fmi, qui compte jusque-là poursuivre sa collaboration avec l’Etat sénégalais, est pris subitement d’un doute ; il faudra réfléchir et attendre que les vrais chiffres sortent ; sur les marchés financiers également, la signature du Sénégal devient sujette à caution ; les bailleurs traditionnels deviennent plus regardants, surtout après avoir découvert que l’Etat sénégalais «aura emprunté alors qu’il n’en avait pas vraiment besoin»… Sur cette délicate question, la demande d’explication tarde à obtenir une réponse convenable. Et puisqu’on est dans le redressement de torts, dans la foulée, ça dédommage tous les braves casseurs de mars 2021 à janvier 2024, les rescapés du massacre, tout de même victimes des exactions des Forces de l’ordre. Quant aux proprios des biens saccagés, ils peuvent s’estimer heureux de ne pas être poursuivis pour détention de biens mal acquis.
En attendant, la traque aux Rapetous est lancée avec comme principal repère le délit de sale gueule : ils sont quelques-uns à vite se retrouver au cachot, pour avoir commis l’impardonnable péché d’arborer des mines trop réjouies et de l’embonpoint en ces temps d’austérité.
En attendant que le «chef de gang», comprenez Sa Rondeur Macky Sall, se retrouve devant la Haute cour de Justice ?
Par Baba DIOP
IMAM
Plusieurs tours de table ne permirent pas de nommer un remplaçant de l’imam de la mosquée robinet bagarre, pour le nafila.
Plusieurs tours de table ne permirent pas de nommer un remplaçant de l’imam de la mosquée robinet bagarre, pour le nafila. L’argument de Ton’s pour diriger les prières, était pourtant béton. Il arguait qu’une mosquée sans toiture n’en était pas une. Or comme il était l’unique contributeur de la toiture en ardoise et avait surveillé l’enfaîtement. Donc il devait être élu de facto. Les autres ne l’entendirent pas de cette oreille. Il menaça de déboulonner la toiture. Mais en vain.
On proposa de tirer à la courte paille qui désignerait le vainqueur. Proposition rejetée. Comme à l’école primaire, essayons donc le « un verre cassé ne vaut plus rien, ni pour de l’eau, ni pour du vin. « Haro sur le baudet « ! Comment peut-on parler de mosquée et y mêlait le vin ? Une fatwa s’abattit sur celui qui avait osé émettre une telle ânerie. Modou que tout le monde prenait pour le débile du coin, dans un soupir, dit « Mon grand-père le sage et que les anges veillent sur lui, avançait que pour élire un imam, il faut consulter les femmes du quartier qui connaissent les déplacements nocturnes des hommes. On fit venir Khoudia Ndiaye l’indiscrète du quartier. Dès qu’elle ouvrit la bouche une pluie de marakiss lui tomba dessus. On ne sut jamais le pourquoi.
PAR MALICK CISS
UN BUSINESSMAN À LA MAISON-BLANCHE
"L’Amérique d’abord ! Les affaires d’abord. Aux commandes : un businessman à la Maison-Blanche. Tel pourrait être l’intitulé d’un livre sur Donald Trump, au vu de ses premières décisions aux relents capitalistiques."
L’Amérique d’abord ! Les affaires d’abord. Aux commandes : un businessman à la Maison-Blanche. Tel pourrait être l’intitulé d’un livre sur Donald Trump, au vu de ses premières décisions aux relents capitalistiques. Avant même de s’asseoir dans son fauteuil de Président, il avait déjà imprimé sa marque sur les grands dossiers du monde : la guerre en Ukraine ; le financement de l’Otan ; la reprise de la guerre commerciale sur fond de droits de douane ; le conflit israélo-palestinien ; les déclarations (sérieuses ?) pour une annexion du Groenland pour ses ressources naturelles ou du Canada… Rarement, les moindres mots, faits et gestes d’un Président qui n’avait même pas encore pris fonction n’auront été scrutés et analysés de la sorte, semant espoir par-ci (Israël) et inquiétudes par-là.
Dès sa prise de fonction, une batterie de mesures s’ensuit, à savoir coupes budgétaires fatales à l’aide au développement, cure d’amaigrissement des services publics, droits de douane contre des voisins alliés et la Chine). Selon un décompte de l’Afp, il en est à 79 décrets en l’espace de 40 jours, soit autant que Joe Biden pendant toute sa première année à la Maison-Blanche. Objectif de ce bousculement de l’ordre national et international : renflouer les caisses de l’Amérique. Donald Trump et le monde, c’est comme un manager d’entreprise prompt à se délester de ses charges dans un univers de profit.
Il rebat les cartes de la géopolitique mondiale plus en fonction de ses intérêts économiques que stratégique. Le tout sur fond de rapport de force. Il faut convoquer l’état d’esprit de l’homme pour comprendre sa logique. Le successeur de Biden n’a ni ami ni allié ; il n’a que des intérêts. C’est un businessman ! Il dirige son pays comme un chef d’entreprise. « You’re fired ! » (vous êtes viré ! en anglais), aimait-il lancer, durant son premier mandat, à ses collaborateurs en disgrâce, pour s’en débarrasser comme on le fait avec un employé fautif.
La couleur, il l’a annoncée et serinée : « Mon administration effectue une rupture nette avec les valeurs de politique étrangère de l’administration précédente et, franchement, du passé ». Le fardeau du parapluie militaire de l’Otan coûtant cher, il somme les Européens de casser leur tirelire pour augmenter leur budget défense.
Avec l’Union européenne, ce concurrent qui ne dit pas son nom et dédaignerait certains produits américains, selon ses dires, « pour emmerder les États-Unis », Trump brandit la menace de 25 % de droits de douane à son encontre. Taïwan, qui a, jusqu’ici, confié son sort Washington, n’a pas une idée claire de la position américaine sur les prétentions de la Chine sur l’île. L’Ukraine, humiliée, a reçu un message clair : céder ses terres rares à Washington ou être laissée à la merci de la Russie.
De toute façon, Volodymyr Zelensky n’a pas les cartes en main ! D’ailleurs, devant Trump, qui a les cartes en main ? Avec lui, « on est tous présumés ennemis de l’Amérique, présumés coupables. On doit faire la preuve de notre innocence en négociant avec Trump », disait Richard Werly du journal suisse Blick. Les analystes politiques sont complètement désarçonnés par ce mode opératoire inédit. Beaucoup estiment qu’il s’agit plutôt d’un retrait officiel des États-Unis en tant que leader du nouvel ordre mondial.
À la place du droit, Trump apporte la loi du plus fort. Exit les valeurs morales. Il faut s’enrichir, encore s’enrichir, et c’est ce qu’il a promis à ses concitoyens pour arriver au pouvoir. « Cette aberration d’ordre moral qui se déroule devant nos yeux n’est-elle pas le symptôme inévitable d’une société qui, depuis plusieurs générations, ne parle plus que d’accumulation de bébelles ? Le rêve américain, cette toute dernière consécration de la « bonne vie », le voici », constate, dans le journal « Le Devoir », Marina Pronovost, conseillère en relations internationales. L’économiste Arnaud Orain, lui, appelle cela le début d’un « capitalisme de la finitude » (in Le Monde confisqué : essai sur le capitalisme de la finitude, 16e – 21e siècle, Flammarion, 2025). Il définit ce monde comme « une vaste entreprise navale et territoriale de monopolisation d’actifs —terres, mines, zones maritimes, personnes esclavagisées, entrepôts, câbles sous-marins, satellites, données numériques— menée par des États-nations et des compagnies privées afin de générer un revenu rentier hors du principe concurrentiel ».
Et cela se fait en déstructurant les règles du marché.