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27 février 2025
Opinions
par Papa Sene
LE DÉLIT DE CORRUPTION DE LA JEUNESSE
Une mise au point sur le plan juridique pour éviter toute confusion car depuis hier certaines personnes arborant la casquette de juriste affirment que le délit de corruption de la jeunesse n’existe pas dans notre droit positif
Une mise au point sur le plan juridique pour éviter toute confusion car depuis hier certaines personnes arborant la casquette de juriste affirment que le délit de corruption de la jeunesse n’existe pas dans notre droit positif. Loin s’en faut.
La corruption de la jeunesse est une infraction à la loi pénale prévue et punie par l’article 324 alinéa 2 du Code pénal qui dispose : "sera puni dès peines prévues au présent article, quiconque aura attente aux mœurs en exécutant, favorisant ou facilitant habituellement la débauche ou la corruption de la jeunesse de l’un ou l’autre sexe au dessous de l’âge de vingt et un ans, ou, même occasionnellement des mineurs de seize ans". La peine prévue sera selon l’alinéa 1 de l’article 324 du Cde pébal de 2 à 5 ans et d’une amende de 300 000 à 4 000 000.
Il résulte de cette disposition légale que la corruption de la jeunesse concerne les jeunes gracons comme filles âgés de moins de 21 ans ou des mineurs de 16 ans
D’après les informations issues des débats d audience d’hier, la jeune Adji serait née le 3 Mars 2000.
Les faits présumés viols auraient également eu lieu entre décembre 2020 et février 2021 avec la précision que le 2 février 202 constituerait le dernier jour des faits présumés viol.
En conséquence, il est clair qu’au moment des faits en février 2021, Adji ne pouvait pas avoir 21 ans révolus. Elle était à environ 20 ans et du coup, elle entre dans le champ d’application de l'article 324 du Code pénal.
NB : A ne pas confondre la corruption de la jeunesse avec la corruption de mineur qui est prévue et punie par l’article 320 ter du Code pénal et qui concerne les mineurs âgés de moins de 13 ans.
PAR SAXEWARD DIAGNE DE SENEPLUS
LA CARAVANE DE LA LIBERTÉ
POINT DE MIRE SENEPLUS – De Ziguinchor à Dakar, Ousmane Sonko annonce sa grande traversée populaire du pays. Le succès ou non de ce projet pourrait avoir un impact significatif sur la scène politique
Saxewar Diagne de SenePlus |
Publication 24/05/2023
Dans une déclaration passionnée, Ousmane Sonko, leader du parti politique Pastef, a annoncé ce soir le lancement de la "Caravane de la Liberté", une grande traversée populaire du pays qui le mènera de Zinguinchor à Dakar. Cette initiative vise à mobiliser les citoyens et à faire face au président sortant, Macky Sall, dans la perspective des prochaines élections présidentielles et cela au lendemain de son procès qui l’oppose à Adji Sarr et dont le verdict sera connu le 1er juin 2023.
La Caravane de la Liberté, un projet ambitieux qui incarne l'esprit de résistance et de changement, a été accueillie avec enthousiasme par les partisans de Sonko qui se sont amassés devant son domicile dans la ville dont il est le maire. Des milliers de personnes se sont ensuite mobilisés dans les rues de Zinguinchor pour accompagner le leader des Patriotes dans sa première sortie dans le rue de la ville depuis plusieurs jours.
Ousmane Sonko a souligné l'importance de cette caravane en tant que symbole de l'unité du peuple sénégalais face aux défis actuels. Selon lui, il s’agit de la marche de citoyens engagés, pour défendre leurs droits, leur dignité et leur liberté. Cette caravane est le reflet d’une détermination à construire un Sénégal meilleur, plus juste et plus équitable pour tous.
La caravane traversera plusieurs villes et villages tout au long de son parcours, offrant à Ousmane Sonko l'opportunité de rencontrer directement les citoyens, d'écouter leurs préoccupations et de partager sa vision pour l'avenir du pays. Des discours, des rassemblements et des rencontres avec les communautés locales seront organisés dans chaque étape, permettant ainsi un échange direct avec les électeurs.
Cette initiative s'inscrit dans un contexte politique marqué par une forte opposition au régime actuel. Ousmane Sonko, qui s'est positionné comme un fervent défenseur des droits des travailleurs, de la justice sociale et de la transparence, compte sur la Caravane de la Liberté pour mobiliser les masses et renforcer son soutien populaire au moment où il est dans l’attente du verdict du procès d’hier.
Cependant, cette traversée du pays n'est pas sans défis. Le gouvernement va certainement exprimer des inquiétudes quant à la possibilité de troubles civils et mettre en place des mesures de sécurité renforcées le long du parcours de la caravane.
Si ce projet de la Caravane de la Liberté devient effectif, il s’agira d’un événement clé qui captivera l'attention du pays dans les prochains jours. Sonko et son équipe espèrent que cette initiative permettra de rassembler les forces de l'opposition, de mobiliser les citoyens et de susciter un véritable changement politique pour établir un rapport de force dont l’objectif principal est de lui permettre de participer pleinement aux prochaines élections présidentielles.
Dans ce grand projet de résistance dont parle Sonko, la Caravane de la Liberté apparaît comme un symbole puissant de la volonté des partisans et sympathisants de Pastef de se faire entendre et de participer activement au processus démocratique. Cette initiative ambitieuse est empreinte d'espoir et de détermination, mais elle est également confrontée à de nombreux défis potentiels.
La Caravane de la Liberté vise à mobiliser les masses et à susciter un véritable changement du rapport de force politique face au pouvoir. Cependant, il ne fait aucun doute que la réalisation de ce projet sera truffée d'embûches, certaines pouvant même être tout simplement insurmontables. Les partisans de Sonko devront faire face à des obstacles politiques, logistiques et sécuritaires tout au long de leur parcours sans compter sur une possible pure et simple interdiction de déplacement des autorités préfectorales ou encore du ministère de l’Intérieur.
L'avenir de cette initiative sera éclairé dans les prochains jours. Les partisans de Sonko et les observateurs politiques attendent avec impatience de voir si la Caravane de la Liberté parviendra à surmonter les défis qui se présenteront à elle. Le succès ou non de ce projet pourrait avoir un impact significatif sur la scène politique sénégalaise et déterminer l'avenir de la nation ne serait-ce qu’à court terme.
Dans cette période d'incertitude et d'attente, il est essentiel de rester attentif aux développements et de suivre de près l'évolution de la Caravane de la Liberté. Son déroulement révélera les véritables rapports de force et pourrait jouer un rôle clé dans la configuration politique du Sénégal à l'approche des élections présidentielles que Sonko soit un candidat éligible ou pas.
PAR SAXEWAR DIAGNE DE SENEPLUS
LA SAGA DU PROCÈS OUSMANE SONKO-ADJI SARR, UN RÉCAPITULATIF DES ÉVÈNEMENTS
EXCLUSIF SENEPLUS - Cette affaire va laisser une marque indélébile – Il est l’heure d’instaurer un climat de transparence, de respect des droits de l'homme et de dialogue politique pour garantir la légitimité et la confiance dans le système démocratique
Saxewar Diagne de SenePlus |
Publication 24/05/2023
Le procès très médiatisé opposant Ousmane Sonko, leader de l'opposition au Sénégal, à Adji Sarr, une ancienne employée d'un salon de massage, a captivé l'attention du pays et suscité un débat passionné au cours des derniers mois. Voici un récapitulatif des principaux événements qui ont marqué cette affaire complexe et controversée :
Les accusations initiales : En février 2021, Adji Sarr déclare publiquement avoir été violée à plusieurs reprises par Ousmane Sonko. Ses allégations secouent le pays et déclenchent une série de manifestations et de tensions politiques.
L'immunité parlementaire : Ousmane Sonko, député à l'Assemblée nationale, bénéficie de l'immunité parlementaire, ce qui soulève des questions sur la poursuite de l'affaire. Le Parlement vote en faveur de la levée de son immunité afin qu'il puisse être traduit en justice.
L'arrestation de Sonko : En mars 2021, Ousmane Sonko est arrêté pour trouble à l'ordre public après des affrontements entre ses partisans et les forces de l'ordre lors de son convoi vers le tribunal. Cette arrestation provoque une vague de protestations dans le pays.
Le procès : Le procès débute en mai 2021. Adji Sarr témoigne et détaille les agressions présumées, tandis qu'Ousmane Sonko nie les accusations et affirme être victime d'une conspiration politique visant à le discréditer.
Tensions politiques : L'affaire divise profondément la société sénégalaise et entraîne des tensions politiques croissantes. Des manifestations pro et anti-Sonko se multiplient dans tout le pays, parfois marquées par des violences.
Les plaidoiries et les demandes de peine : Les avocats de la défense et de l'accusation présentent leurs arguments. Le procureur demande une peine de 10 ans de prison pour viol ou une peine de 5 ans pour "corruption de jeunesse".
Résultat en attente : Après des délibérations, le verdict est réservé et sera annoncé le 1er juin 2023. Les attentes sont élevées et l'issue du procès est susceptible d'avoir un impact significatif sur la vie politique et sociale du Sénégal.
Cette saga judiciaire a révélé des divisions profondes au sein de la société sénégalaise et a suscité des débats intenses sur des questions telles que la culture du viol, le pouvoir politique et la justice. Quel que soit le verdict final, il est clair que l'affaire Sonko-Adji Sarr a laissé une marque indélébile sur le paysage politique et social du Sénégal.
Le procès Ousmane Sonko-Adji Sarr se déroule dans un contexte politique particulièrement tendu à neuf mois de l'élection présidentielle. Le pays fait face à une crise politique croissante, marquée par des arrestations de personnalités politiques, de journalistes, d'activistes de la société civile et des conflits au sein de Yewi, la principale force de l'opposition.
Depuis quelques mois, le gouvernement sénégalais a intensifié les arrestations de leaders de l'opposition et de figures politiques ou de la société civile critiques envers le régime en place. Ces arrestations ont alimenté les tensions et accru les divisions politiques dans le pays. Nombreux sont ceux qui voient dans ces arrestations une tentative de museler l'opposition et de restreindre la liberté d'expression avant les élections.
Parmi les mouvements politiques de l'opposition, des conflits internes sont également observés. En particulier, le parti de Sonko, Pastef, fait face à des dissensions et des rivalités avec d'autres formations ou groupements politiques, notamment Taxawu Senegal dirigé par Khalifa Sall et Bartythelemy Diaz. Ces divisions affaiblissent l'opposition et rendent la situation politique encore plus complexe.
Ces tensions politiques et les conflits au sein de l'opposition ont eu un impact direct sur le procès Ousmane Sonko-Adji Sarr. Certains y voient une dimension politique, avec des accusations de manipulation et de complot visant à discréditer Sonko et à affaiblir son parti avant les élections présidentielles.
À neuf mois de la présidentielle, le Sénégal est confronté à des défis majeurs sur le plan politique. La question de la stabilité politique et de la démocratie est cruciale pour l'avenir du pays. Les résultats du procès Sonko-Adji Sarr et l'issue de l'élection présidentielle auront un impact significatif sur la stabilité politique et sociale du Sénégal dans les mois à venir. Il est essentiel que le processus électoral se déroule dans un climat de transparence, de respect des droits de l'homme et de dialogue politique pour garantir la légitimité et la confiance du peuple sénégalais dans le système démocratique.
par Nioxor Tine
DIALOGUE OU GUET-APENS CONTRE LA DÉMOCRATIE ?
Le péché originel du régime Benno-APR est d’avoir trahi les idéaux des Assises nationales. Ce qu’il faut pour remettre la vie politique sénégalaise à l’endroit va bien au-delà de la lutte contre le troisième mandat et pour l’éligibilité de certains ténors
Le doute n’est plus permis : le fascisme est à nos portes !
On est d’autant plus fondé à le croire, que les accointances entre le chef de l’A.P. R et les milieux de l’extrême-droite française se confirment, chaque jour, un peu plus. Nous n’en voulons pour preuves que l’audience qu’il a accordée, en janvier dernier, à madame Marine Le Pen et sa récente proximité avec un constitutionnaliste français réputé, lui aussi, proche de l’extrême-droite et qui bénit sa troisième candidature illégale.
Le déroulement du procès entre une jeune masseuse et le leader du Pastef pose un jalon supplémentaire dans la mise en place du projet autocratique qu’est en train de dérouler, depuis le 25 mars 2012, le patron de la coalition au pouvoir. Cette nouvelle cabale judiciaire, venant à la suite de la farce judiciaire sur la présumée diffamation d’un ministre de la République et surtout des massives arrestations des militants du Pastef indiquent clairement la direction vers laquelle se dirige notre pays, celle de l’exacerbation de sa nature autoritaire. L’affaire Sweet Beauty montre aussi les limites des batailles judiciaires contre un régime hyper-présidentialiste, qui a la haute main sur toutes les institutions, particulièrement celles législative et judiciaire.
En réalité, le péché originel du régime du Benno-APR est d’avoir, de manière éhontée, trahi les idéaux des Assises nationales visant l’approfondissement de notre démocratie et d’avoir refusé de procéder aux réformes institutionnelles arrivées à maturité.
Onze après, notre pays a fini de dégringoler vers les abysses sur la problématique des droits et libertés, en perdant plusieurs places dans le classement mondial de la liberté de la presse et en se complaisant dans l’immobilisme, en matière de lutte institutionnelle contre la corruption. Le peu d’indépendance dont pouvait encore se prévaloir le système judiciaire a fondu comme beurre au soleil, ce qui se traduit par une atteinte grave aux libertés (d’expression, de manifestation … etc.) et une réduction drastique des espaces civiques à laquelle la jeunesse tente vaille que vaille de s’opposer.
Par ailleurs, les remarquables percées faites par l’opposition au niveau des élections législatives, où elle a pratiquement fait jeu égal avec la coalition au pouvoir ont été annihilées par l’utilisation de la force brutale des FDS lors de l’installation des députés et un sabotage systématique consistant bloquer le Parlement. En effet, ses prérogatives ont été tout simplement confisquées, empêchant le traitement des questions orales, écrites et autres requêtes de mise en place de commissions d’enquêtes.
Cette vassalisation doublée d’une instrumentalisation des institutions parlementaire et judiciaire, a pour résultat la détérioration de l’indice de démocratie tel que conçu par le groupe de presse britannique the "Economist Group", affectant à notre pays le statut d’un régime hybride.
Au Sénégal, le régime hybride se caractérise, dans les faits par :
une manipulation du jeu électoral, le plus souvent en amont de la journée électorale (opacité du fichier, obstacles à l’inscription des primo-votants, rétention des cartes électorales dans les zones favorables à l’opposition, contrastant avec inscriptions massives dans les fiefs du parti au pouvoir…),
des pressions inouïes sur l’opposition radicale par la criminalisation de ses militants (arrestations, procès…),
la corruption ou l’intimidation des forces politiques plus modérées par les redressements fiscaux, le chantage …
Nous en sommes maintenant arrivés à une phase, où les tenants du pouvoir apériste, qui ont commis des actes de prédation d’une extrême gravité se savent minoritaires (dernières élections, sondages occultes). Cela explique leur fébrilité et tous ces actes extrêmement préjudiciables à la paix civile qu’ils posent, pour éviter la survenue d’une véritable alternative sociopolitique, en somme pour préserver leur système politique à bout de souffle, en instaurant un régime autoritaire. Il s’agit, toujours selon la classification du "Economist Group", d’un État, avec des caractéristiques, qui commencent à nous devenir familières, dans lequel, le pluralisme politique est sévèrement limité voire inexistant, en somme, une dictature en bonne et due forme. On y observe certes, le plus souvent, un maintien d’institutions "démocratiques", mais elles sont vidées de toute leur substance. Par ailleurs, on assiste à
la mainmise totale sur la Justice couplée à une criminalisation des acteurs politiques ou des activistes
des violations répétées des libertés publiques,
la tenue régulière d’élections frauduleuses, avec une sélection des candidats comme ce fut le cas aux présidentielles de février 2019,
le contrôle quasi-absolu de la Presse, les médias privés étant contrôlés par des groupes alliés au pouvoir
C’est là tout le sens de ce soi-disant dialogue, que le régime apériste cherche à imposer à la classe politique et qui cherche à valider la transmutation de notre modèle démocratique déjà sérieusement abimé en autocratie pétrolière. De fait, il ne regroupe que des affidés et des chefs des partis satellites, membres de la coalition présidentielle, si on fait abstraction des quelques partis d’opposition, qui y vont, contraints et forcés, victimes de chantage portant sur l’éligibilité de leurs candidats, avec, comme qui dirait, un pistolet sur la tempe. Si on en juge par les propos d’un des pontes de l’A.P. R, lors d’une émission radiophonique, voilà ce que pourraient être les termes de référence du prétendu dialogue, qui se résument en 3 points :
Omerta sur la candidature anticonstitutionnelle du président sortant,
Marchandages sur l’éligibilité des candidats présumés de Taxawu Sénégal et du P.D.S
Approbation de l’invalidation de la candidature du président du Pastef, l’empêcheur de « dealer » en rond
A y regarder de plus près, on se rend compte que ce sont les débris de la « vieille classe politique », dont la plupart avaient fait les beaux jours des gouvernements de majorité présidentielle élargie, au début des années 90, qui se déclarent partants. En somme, il s’agit d’éléments du fameux système remis au goût du jour par le leader du Pastef, auxquels se sont joints les ténors de l’ancienne gauche reconvertis à une nouvelle acception du large rassemblement. Cette dernière gomme les contradictions de classe et entend regrouper pouvoir et opposition, ainsi que gauche et droite, qui se retrouvent pour réanimer un système politique agonisant. C’est ce qui explique le fait que de larges secteurs de la classe politique, surtout ceux constitués par les nouvelles forces politiques émergentes aient décliné l’offre de dialogue du pouvoir.
Il s’agit en fait d’une fracture générationnelle entre adeptes d’une aube nouvelle symbolisée tantôt par un projet, tantôt par la quête de valeurs éthiques et des hommes d’appareils et /ou militants alimentaires, habitués depuis des décennies à la prédation et au clientélisme politique.
Ce mode de gouvernance autoritaire est le seul moyen que ces anciennes formations politiques caporalisées par des séniors au crépuscule de leurs vies ont trouvé pour contenir la marée montante des jeunesses activistes et patriotiques pressées d’en finir avec l’ordre néocolonial obsolète.
Il ressort de tout cela, que ce qu’il faut pour remettre la vie politique sénégalaise à l’endroit va bien au-delà de la lutte contre le troisième mandat et pour l’éligibilité de certains ténors politiques. Il s’agit de renoncer à ces multiples candidatures de témoignage et mettre sur pied un front unifié à l’instar du front républicain contre l’extrême-droite en France, reposant sur un socle programmatique consensuel.
Il faudra, en outre, enclencher un sursaut national et populaire pour barrer la route au projet autocratique de Macky Sall, pour une véritable refondation institutionnelle inspirée des Assises nationales.
SOUTENIR LE JOURNALISTE SERIGNE SALIOU GUEYE, C’EST DEFENDRE L’HONNEUR DES JOURNALISTES SENEGALAIS
Emporté par la folie du pouvoir, Macky Sall, un piètre parvenu arrivé par effraction a la tête de la magistrature suprême, sombre désormais dans la démence, le déshonneur, la bassesse et l’indignité, sous sa forme la plus exécrable
Emporté par la folie du pouvoir, Macky SALL, un piètre parvenu arrivé par effraction a la tête de la magistrature suprême, sombre désormais dans la démence, le déshonneur, la bassesse et l’indignité, sous sa forme la plus exécrable.
Avec plus de 27 morts répertoriés entre 2021 et 2023 (3 ans), son régime barbare, sanguinaire, traque, enlève, torture, assassine, et flotte dans une mare de sang drainant sur son sillage, une comptabilité macabre qui défie le bon sens et échappe à toute rationalité humaine. Sa gouvernance sale qui rime avec bain de sang, rappelle étrangement la période la plus sombre de la sanglante dictature militaire en Argentine où les « desaparecidos », des personnes enlevées et assassinées se comptaient par dizaines de milliers.
Silence : au Sénégal, on kidnappe et tue impunément, lâchement et froidement. Sous le magistère de Macky SALL, la répression aveugle, d’une extrême violence, totalement disproportionnée des forces publiques (dont certains se comportent comme de véritables sauvageons) ne connait plus aucune limite et s’abat de manière indiscriminée, plongeant le pays dans un climat de terreur où chaque sénégalais est un « prisonnier en puissance ».
La temporalité de la convocation du journaliste Serigne Saliou GUEYE au commissariat central de Dakar pour des broutilles ne saurait faire illusion et s’inscrit dans un contexte liberticide d’intimidation et de diffusion sournoise d’un sentiment de peur, où le pouvoir désinhibé de Macky SALL verse dans un banditisme d’état, s’octroie un droit de vie et de mort sur chaque sénégalais, et un permis de censure afin de museler toutes les voix discordantes dans l’unique but d’instaurer définitivement une police de la pensée au Sénégal (une peine perdue puisque les citoyens qui sont nés libres au Sénégal entendent farouchement le demeurer).
Après l’enlèvement du journaliste d’investigation Pape ALE NIANG ; la coupure du signal de WALF ; la détention arbitraire du journaliste, Pape N’DIAYE, la convocation de Moustapha DIOP, Directeur de WALF, ce régime moribond vient de franchir la ligne rouge avec la tentative d’embastiller illégalement le Directeur de publication du journal YOOR YOOR, Serigne SALIOU (les charges farfelues retenues à son encontre « outrage à magistrat, et non détention de la carte de presse » relèvent d’une tragique farce). Il s’agit d’un énième coup de canif, de pratiques abjectes et d’un ignoble attentat contre la presse.
Une nouvelle dérive de TROP, inacceptable, et intolérable. Nous condamnons avec la plus grande fermeté la tentative d’intimidation du journaliste Serigne Saliou GUEYE, et exigeons qu’il recouvre sa liberté pleine et entière pour retourner immédiatement auprès des siens. Toute privation de liberté après la fin de l’audition relève d’un enlèvement et d’une détention arbitraire. Ni plus, ni moins.
Nous demandons à tous les journalistes sénégalais dignes, y compris le SYNPICS, un syndicat inutile dont la passivité est connue de tous, l’Association des professionnels de la presse en ligne (APPEL), et à la Coordination des associations de presse (CAP) de lui manifester un soutien franc (non hypocrite), et de se dresser comme un seul homme pour condamner fermement les dérives extrêmement graves du régime mafieux de Macky SALL et les conditions dangereuses dans lesquelles les journalistes sont appelés à exercer leur métier actuellement et à initier des actions collectives d’envergure à l’échelle nationale pour faire face au MONSTRE.
D-MEDIA et particulièrement SEN TV où ses interventions pertinentes sont remarquées et appréciées par les téléspectateurs doivent lui apporter un soutien total et toute l’assistance requise, en pareille circonstance. Tous les journalistes détenus arbitrairement et tous les prisonniers politiques doivent être libérés sans délai.
« Les tyrans ne sont puissants que parce que nous sommes à genoux ». De tous temps, la liberté ne s’octroie pas ; elle s’arrache (le fruit de conquêtes individuelles et collectives)
Par Cheikh Koureyssi BA
L'IRREVERSIBILITE D'UN DECLIN...
Le Sénégal à l’épreuve de la loi des rendements humanitaires décroissants ou quand le droit marche sur la tête.
Le Sénégal à l’épreuve de la loi des rendements humanitaires décroissants ou quand le droit marche sur la tête.
Sa vocation pionnière dans le domaine des droits de l’homme, des libertés publiques et des droits fondamentaux a collé à notre Sénégal l’image d’un pays au passé respectable et respecté.
Hélas, ce pays n’a pas tardé, chemin faisant, à se transformer à pas de velours, sans crier gare, insidieusement, en pays du passif dans ces domaines dans lesquels nul, en Afrique et dans le tiers-monde, n’imaginait lui discuter peu ou prou un début de leadership.
Ce passif humanitaire renvoie paradoxalement à l’inventeur de la loi des rendements décroissants, le brillant économiste britannique David Ricardo, dont le postulat de base, fort simple, partait de la nécessité, lorsque la population augmente, de mettre en culture de nouvelles terres pour la nourrir.
La loi des rendements décroissants est une théorie économique qui démontre que l’augmentation de l’utilisation d’un facteur de production n’entraîne pas toujours une hausse de la productivité si les autres facteurs de production ne sont pas à leur tour améliorés. En un mot, pour prendre un exemple de chez nous, plus on utilise une parcelle de terrain pour semer du mil, moins celle-ci est fertile et donc productive. Les rendements de la terre finissent par être décroissants. Il est donc nécessaire d’acheter d’autres terres pour augmenter la productivité.
Rien n’interdit de prendre le risque fou d’adapter cette loi économique au domaine du droit et des libertés dans notre pays, le Sénégal, qui recèle toutes les potentialités pour dépasser en termes de richesse les pays les plus nantis de la planète.
Ce sera pour tenter d’expliquer que si, dans un pays donné, l’on observe une réduction tendancielle des acquis humains, elle est corrélée mathématiquement avec une hausse vertigineuse des violations du droit, et ce pays, tiraillé par deux mouvements antagoniques, évolue vers zéro, puisque la démotivation et la déresponsabilisation des citoyens se tassent au fond alors que les nuages de la colère s’entassent pour converger vers le haut avec le risque certain de faire sauter le bouchon.
J’essaye de le démontrer sur un repère orthonormé OIJ, avec une diagonale formée par les points de jonction des deux mouvements. En partant du postulat, simple hypothèse de travail, que c’est dans leur aptitude à se rapprocher du sommet de cette diagonale que l’on distingue les nations aux pratiques les plus irrespectueuses du droit, je donne en illustration le cas du Sénégal nôtre.
Inutile de faire un dessin de l’état de ce Sénégal devenu méconnaissable. On connaît très bien la masse critique des outrages, défis et offenses à la loi et aux droits et libertés fondamentaux perpétrés de sang-froid par une nouvelle race de fonctionnaires, d’opérateurs de l’ombre sans un seul zeste d’humanité, de tortionnaires et d’agents de la Terreur dont on se demande à bon droit d’où ils viennent et par quel chemin ils sont passés pour décider en toute impunité, et pour un oui pour un non, de la vie et de la liberté de leurs compatriotes et concitoyens ...
Passons si vous le voulez bien à notre Loi
Au Sénégal donc, sans surprise, la vitesse de progression des violations des droits fondamentaux de la personne humaine inscrits dans la Constitution va devenir fulgurante : lancée sur une courbe exponentielle, cette progression est entrée dans le virage de ladite courbe, quittant son côtoiement de l’axe horizontal des abscisses (axe du temps) pour, une fois le virage franchi, côtoyer l’axe vertical des ordonnées (axe des actes liberticides) et s’en rapprocher de plus en plus. C’est-à-dire que, au fil du temps, un même accroissement de cette progression de la violation des droits fondamentaux s’obtiendra durant des périodes de temps de plus en plus brèves.
Passant à la réalité, cela donne : dans les 12 dernières années dites de l’alternance et les 11 années postérieures dites de la deuxième alternance, soit 23 ans, nous avons connu plus d’actes liberticides au détriment de nos acquis humanitaires que durant toutes les années de notre histoire en tant que jeune nation indépendante qui ont précédé ces 23 dernières années.
Et le virage de la courbe exponentielle du taux de progression des violations des droits fondamentaux du citoyen sénégalais inscrits dans la Constitution vient juste d’être amorcé, cela grâce ou à cause du culot, de l’audace, de la capacité de nuisance grandissants des concepteurs des actes attentatoires à la liberté et à la dignité des citoyens éructant à longueur de journée leurs ordres illégaux à des exécutants zélés aux méthodes infra-belluaires (en dessous de la bête).
Sur cette lancée, dans les trois à six mois à venir, nous allons enregistrer plus de violations que l’ensemble de celles déjà connues durant les 23 dernières années, ajoutées à celles des années, des décennies, du siècle et du millénaire passés (1960 à 2023).
Continuant à grimper de plus en plus près de l’axe vertical de cette fameuse courbe exponentielle, la progression des crimes contre la Constitution pourra encore diviser par deux le temps nécessaire au doublement de ses progrès : cette fois en trois mois, plus de violations de la Constitution que dans le temps qui a précédé ces trois mois seront enregistrées, puis ce sera en un mois, plus tard en une semaine, une journée, une heure, puis il arrivera que cela soit en un seul instant, le temps d’y penser !
Le plafond a été crevé avec ce processing hallucinant, surréaliste, nauséeux et absolument révoltant imaginé et mis en oeuvre dans les laboratoires du vice politique pour éliminer à tout prix un homme politique en marchant sans vergogne sur son droit élémentaire à un procès équitable dans le cadre d’une procédure criminelle sans queue ni tête qui lui est intentée.
Le plan est aussi visible qu’un gros cafard errant sur un carrelage blanc. L’expertise de ces génies qui n’ont rien appris et rien oublié séduit évidemment leurs suiveurs à l’encéphale de poisson mus par la seule satisfaction de leurs besoins, peu importe si le pays doit brûler vif après. Ces larbins sont doublement contents : l’ennemi juré est disqualifié pour de bon grâce à leur géniale opération je m’en foutiste baptisée DEMONTADA, et en prime ils s’offrent une REMONTADA historique qui réinstalle leur champion dans les starting-blocks d’une course dont il était éliminé a priori.
L’intérêt de toute cette mise en scène ubuesque aux allures de forcing du siècle éligible au Guinness est que désormais la corporation des urgentistes, les grands malades, les accidentés, les victimes d’attaques de toutes sortes peuvent se frotter les mains en sachant pouvoir compter sur une expertise locale d’une telle qualité.
L’autre enseignement majeur réside dans la fantastique aptitude démontrée dans le franchissement sans effort du fossé technologique. On a sauté aisément, sans crier gare, de l’ère de l’analogique à celle du numérique. Oublié le temps du seul salon dans toute la rue où tout le voisinage venait répondre au téléphone. Oublié l’âge farouche des télécentres ...De nos jours, avec une rapidité stupéfiante, tout le monde, de la boniche exploitée au retraité du 3ème âge, du chômeur structurel à la mendiante de profession ayant droit de cité au carrefour, tous, jusqu’au bout du bi du ban des «damnés de la terre», sont devenus à ce point accro du smart phone que cet accessoire a fini d’imposer son diktat dans la vie actuelle.
Une bonne compréhension de cette démonstration devrait inciter à plus de retenue. Du fait de ces provocations à répétition un pays béni est arrivé au point d’inflexion. Ce Sénégal, potentiel dragon africain, est promis à un avenir radieux sur le plan économique. Mais il court le risque d’être un cimetière à ciel ouvert des droits et libertés de ses enfants.
Si les dirigeants responsables de cette descente aux enfers ne veulent pas ou ne peuvent pas décrypter les frémissements de la rue, ce sera pour nous tous un gigantesquissime séisme d’amplitude 8 degrés sur l’échelle de l’horreur qui en compte neuf ! La rue pleure et vocifère, les cachots sont pleins, les procès battent tous les records de déloyauté, ils rigolent et s’en félicitent mutuellement. Arrêtez de rire, vous allez rire jaune à ce rythme…
Une telle parodie de justice! Au Sénégal ! En 2023 ! ??? Qui l’eût cru ?
PAR Farid Bathily
VICTOR WEBANYAMA, LE PRODIGE DU BASKET QUE TOUTE LA NBA ATTEND
Le joueur français devrait rejoindre l’équipe de San Antonio, fraîchement gagnante de la loterie de la draft de la Ligue de basket nord-américaine. Une perspective alléchante, tant le talent de ce grand de 19 ans est vanté
"Je pourrais m’évanouir." La réaction du propriétaire des Spurs de San Antonio Peter J. Holt sur la chaîne ESPN la nuit dernière en disait long sur l’immensité du changement potentiel de la fortune de son équipe. Cette dernière venait en effet de remporter, quelques minutes plus tôt, la loterie du draft de la NBA 2023 organisé dans une salle de conférence du McCornick Palace à Chicago.
Le 27 juin prochain, après une série de saisons peu glorieuses, l’équipe des Spurs de San Antonio aura l’extraordinaire privilège du premier choix parmi les meilleurs jeunes espoirs du basket à la conquête de la NBA.
Un phénomène à tous égards
Dans ce lot des jeunes espoirs qui tapent à la porte de la NBA cette année, un nom se démarque depuis déjà quelques années, c’est celui du prodige franco-congolais Victor Wembanyama. Né dans la commune française de Chesnay dans les Yvelines il y a 19 ans, ce géant de 2,21m fait autant parler de lui par son envergure que par son talent.
Lebron James, la légende vivante du ballon orange, le qualifie d’extra-terrestre. Stephen Curry le compare à un "spécimen tout droit sorti d’un jeu-vidéo". Le Grec d’origine nigériane Giannis Antetokounmpo des Bucks de Milwaukee le voit déjà figurer prochainement parmi les "meilleurs joueurs de tous les temps de la NBA".
Un tel florilège de superlatifs à propos d’un adolescent professionnel depuis trois ans seulement aurait certainement paru démesuré si le concerné n’avait pas accumulé, de manière répétée et soutenue, des prestations spectaculaires sur les parquets.
Saut dans le grand bain
Les remontées de balle, l’art du dribble et de la défense, l’adresse à trois points… Tout se fait avec une rare maîtrise chez Victor Wembanyama. Des capacités remarquables et pas toujours évidentes au vu de sa morphologie. Même si bien évidemment, sa grande taille reste globalement un atout sur un terrain de basket.
Malgré le poids des attentes, ce longiligne né d’une famille de sportifs de haut niveau garde les pieds sur terre. "Si je ne trouvais pas ça normal, cela voudrait dire que mon mental n’est pas au niveau de mon basket", affirmait-il notamment fin décembre 2022 dans les colonnes du journal Le Parisien.
Le talent combiné à une telle maturité suscite un énorme intérêt dans le monde américain de la NBA. Certaines équipes ont même tenté de saborder leur saison pour augmenter leur chance d’enrôler le joueur des Metropolitans 92 dans leur rang grâce à la loterie du draft.
San Antonio a sans doute décroché le gros lot. "Wemby" comme on l’appelle en NBA, attend d’y laisser ses empreintes. "Je veux être le premier, le numéro 1. C’est clair", assure-t-il.
par Hamidou Anne
AFRIKAJOM CENTER : QUAND LE VERBE SE FAIT CHAIR POUR ENLACER LE VIDE
Le rapport d'Afrikajom Center sur le Sénégal est un modèle de tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de rapport politique. Le contenu est lapidaire, les approximations factuelles nombreuses, les contrevérités foisonnantes
J’ai lu avec attention le rapport «Le Sénégal : un modèle démocratique africain en déclin» publié par Afrikajom Center. Les rapports des organisations de la Société civile sont nécessaires afin de documenter les faits actuels et d’offrir des clefs de lecture qui, par leur distance avec la dispute politicienne, éclairent davantage que les prises de position partisanes.
Mais ce rapport, qui se veut lumineuse contribution sur la démocratie sénégalaise, est en réalité un condensé d’erreurs, de manipulations et de légèretés. Florilèges.
A la page 6, il est dit que le chef de l’Etat du Sénégal, en présidant l’Union africaine, a intégré «momentanément la cour des grands». N’en déplaise à l’ignorance ou la perfidie de l’auteur, le Sénégal depuis l’indépendance, avec à sa tête ses présidents successifs, n’a jamais quitté le banquet des grandes nations. Notre pays est une puissante voix de la diplomatie mondiale au cœur des enjeux majeurs comme en Palestine, en Haïti, aux Comores et ailleurs. Des Sénégalais ont dirigé l’Iaaf, l’Oci, la Fao, l’Unesco, pour ne citer que ces organisations. Depuis le consensus d’Ezulwini, le Sénégal est un candidat sérieux pour occuper un jour un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’Onu.
A la page 9, le rapport souligne : «Une dégradation dans la gestion transparente des élections.» Pour rappel, les villes de Dakar, Thiès, Ziguinchor, Guédiawaye, Rufisque sont dirigées par des maires de l’opposition. Sur les 165 députés au Parlement, 83 sont de l’opposition. Le pouvoir est minoritaire à l’Assemblée nationale et de surcroît, il n’y a eu aucune contestation d’élections déposée devant les tribunaux sénégalais.
A la même page : «Aujourd’hui la question non résolue du troisième mandat, qui revient comme un serpent de mer, a contribué à créer un climat de tensions, de violences et de malaise jamais connu depuis 1990.» L’auteur du rapport devrait s’éloigner un moment des écrans virtuels et se replonger dans les lectures de l’histoire politique de ces trente dernières années. Quid des événements de 1994, de 2011, des morts de 2012, de mars 2021 ?
A la page 15, le rapport évoque une victoire du candidat Macky Sall «aux élections controversées de février 2019». En quoi étaient-elles controversées ? L’auteur peut-il nous instruire sur les contestations de même que les recours déposés à cet effet ?
A la page 17, le rapport étale : «Le Sénégal traverse à l’heure actuelle la crise démocratique la plus grave et la plus complexe, sans doute, de son histoire politique et de son histoire électorale depuis François Carpot et Blaise Diagne en 1914.» L’auteur méconnaît-il les événements de décembre 1962, les violences de mai 68 ? Les violences ayant poussé à l’état d’urgence de 1988 ? Les péripéties ayant conduit à l’assassinat en 1993 de Me Babacar Seye ?
Pourtant dans l’introduction générale du rapport, à la page 10, le même auteur se contredit et écrit que le 17 février 1962, le Sénégal a connu «la plus grave crise de l’histoire politique du Sénégal».
Page 18, selon le rapport : «Ceux qui avaient combattu le troisième mandat en 2011-2012, combat qui a permis au Président Macky Sall d’être élu, sont les mêmes partis et coalitions politiques qui exercent des pressions pour un troisième mandat du Président en 2024, en violation de l’article 27 de la Constitution.» Il a raison mais il est incomplet. Je lui suggère la prochaine fois de citer aussi les ministres Aïda Mbodj, Habib Sy et Bara Gaye, soutiens jusqu’à la fin, du 3ème mandat du Président Wade et aujourd’hui opposés à une éventuelle 3ème candidature présumée du Président Sall.
Toujours à la page 18, le rapport nous dit : «Ousmane Sonko, candidat à la Présidentielle de 2024, acculé par plusieurs procès, pourrait être écarté de la Présidentielle si jamais il était condamné à plus de trois mois au titre de l’article L29 alinéa 3 du nouveau Code électoral de juillet 2021.» Cette phrase est inexacte et l’auteur le sait, mais souhaite nourrir la confusion pour l’homme dont il est le laquais fidèle depuis quelques années. La modification de juillet 2021 a été saluée par quasiment toute la classe politique car elle introduit l’élection du maire au suffrage universel direct et la suppression des parrainages pour les Locales. Les dispositions auxquelles le rapport fait allusion de manière malhonnête sont les L29, L30, L31 qui sont dans la loi depuis 1994.
Afrikajom Center verse aussi dans la décrédibilisation des institutions républicaines pour «vendre» à l’étranger l’image d’un pays exsangue. C’est ainsi qu’il faut comprendre qu’à la page 18 le rapport s’en prenne avec une telle irresponsabilité à l’Inspection générale d’Etat, corps d’élite dans lequel servent les meilleurs fonctionnaires du Sénégal. De l’Ige, il dit qu’elle «ressemble beaucoup plus à un instrument politique entre les mains de l’Etat pour exercer une pression sur des dissidents politiques de l’opposition». Les Ige en service ou à la retraite ont servi ou servent leur pays avec rigueur et discrétion. Ces pères et mères de famille respectables ne méritent pas ces viles calomnies. Revenant sur le dossier du Prodac, et sûrement remonté à cause de la condamnation pour diffamation en première instance et en appel de son chef, l’auteur évoque, à la page 20, un «rapport provisoire» de l’Igf. C’est un mensonge de plus. Un rapport de l’Igf sur ce dossier, définitif ou provisoire, n’existe pas. A la page 23, l’auteur, chez qui la modestie n’est manifestement pas la plus grande qualité, écrit parlant du Président Sall : «Il accède au pouvoir porté par un mouvement citoyen massif, hybride, composé d’organisations de la Société civile, d’organisations politiques et de personnalités indépendantes de divers horizons sous le leadership de la Raddho.» J’ai tenté en vain de réprimer un fou rire… A la page 23, on lit que le Président Sall a nommé à la tête du Comité sénégalais des droits l’Homme «une forte personnalité de la Société civile». Cette personnalité que Alioune Tine pare de toutes les vertus c’est… lui-même, Alioune Tine…
L’activiste raconte sciemment des contrevérités pour renforcer un bilan macabre et ternir encore plus l’image de notre pays devant une opinion internationale peu avertie des subtilités de la politique locale. Ainsi, à la page 31, il agite le cas tragique des deux gendarmes Fulbert Sambou et Didier Badji et écrit ceci : «Le corps de Badji a été repêché au large des côtes sénégalaises. Celui de Sambou lui, n’est pas encore retrouvé.» Cette phrase est symptomatique de l’absence de sérieux dans le travail et son fort degré de manipulation qui frise l’illégalité. En effet, le gendarme retrouvé sans vie n’est pas Didier Badji comme le rapport le prétend, mais Fulbert Sambou. Ensuite, il suggère que le deuxième soldat porté disparu est décédé, ce qui jusqu’à preuve du contraire est une information erronée.
A la page 40, l’auteur souligne : «Le nombre de sièges au Parlement est réparti pratiquement à parts égales entre l’opposition et le pouvoir.» Mais malgré tout, page 48, l’auteur nous vend une féroce dictature tropicale proche du précipice. Tout ceci n’est pas sérieux.
J’ai souffert pour arriver au bout de ce document qui est un modèle de tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de rapport politique. Le contenu est lapidaire, les approximations et erreurs factuelles nombreuses, les contrevérités foisonnantes. L’auteur s’aventure sur des concepts qu’il ne maîtrise pas ; par exemple, le Conseil constitutionnel dont il ne connaît manifestement pas le rôle, le port de Ndayane, la diplomatie multilatérale… Je salue tout de même l’effort de proposer un rapport, même si le document est scientifiquement aride, stylistiquement catastrophique et moralement tendancieux.
Quand Alioune Tine va à son bureau le matin, c’est-à-dire sur Twitter, il se livre à son activité quotidienne : vilipender notre pays, salir ses institutions, défendre son maître et raconter tout un tas d’inexactitudes sur tous les sujets en cours. Depuis des mois je l’observe dans les médias, sortir des concepts vaseux pour maintenir avec hargne la rente de la tension sur laquelle il vit depuis des décennies.
Tour à tour, il évoque des termes fumeux qui ne veulent rien dire comme la «transition civile», la «criminalisation de l’opposition», le «Congrès du Peuple», qu’il est fier de répéter, sourire en coin, sans se rendre compte qu’il ne cesse de s’enfoncer dans les abysses du ridicule. Sa dernière trouvaille c’est le «Peace Building Agenda». Bref…
Alioune Tine est trop marqué politiquement pour espérer être désormais crédible. Et il a défendu l’ensemble des violences, insultes, discours ethniques et antirépublicains de son «chef» sans esquisser le moindre désaccord. Vaudrait mieux pour lui d’assumer son militantisme pour ne plus brouiller le débat public, ou de prendre ses distances car à force de se compromettre il ne peut plus assumer une fonction d’arbitre du jeu démocratique.
A la première ligne du document d’Afrikajom Center, il est écrit : «Ce rapport est le premier du genre.» J’espère qu’il sera le dernier…
Par Diagne Fodé Roland
SUNUGAL S’ACHEMINE-T-IL VERS L’EXEMPLE SRILANKAIS ?
Quelle base légale a permis aux forces de défense et de sécurité (FDS) de tenter d’arrêter le Maire dans sa ville de Ziguinchor ? Y-a-t-il un mandat d’amener de force délivré par une autorité judiciaire et auquel cas sur quelle base ?
Le procès en criminel visant le chef de l’opposition, le patriote O. Sonko a été renvoyé au 23 mai prochain. Alors que le pays entre en ébullition, ce qui le paralyse, ce renvoie apparaît à beaucoup comme un délai supplémentaire pour capturer et traîné devant les tribunaux celui qui est arrivé troisième à la présidentielle de 2019 avec près de 16 % du vote des Sénégalais et dont tous les sondages, selon plusieurs sources, donnent gagnant au premier de la présidentielle du 25 février 2024.
Quelle base légale a permis aux forces de défense et de sécurité (FDS) de tenter d’arrêter le Maire dans sa ville de Ziguinchor ? Y-a-t-il un mandat d’amener de force délivré par une autorité judiciaire et auquel cas sur quelle base ? Est-ce, ce qui est devenu une seconde nature du présidentialisme version Macky/APR/BBY, le fait du prince dans sa fuite en avant liberticide ? Le constat est que les populations, en particulier la jeunesse, se sont érigées en rempart contre cette opération d’arrestation de fait à la veille du 16 mai et y ont fait échec.
La résistance contre les actes illégaux du pouvoir fascisant s’est élargie, peu à peu, à l’ensemble du pays. Des scènes de bataille de rue avec les FDS se sont multipliées dans les villes du pays. Incroyable, mais vrai, des images d’empoignades entre gendarmes et policiers au sortir du tribunal ont circulé sur les réseaux sociaux dans un silence assourdissant des télévisions et autres médias du pays. Des folles rumeurs d’assassinats de O. Sonko courent le pays pendant que le pays commence à compter ses premiers morts dans la population, la jeunesse et d’agents des FDS. Jusqu’où veut aller le pouvoir néocolonial de la seconde alternance libérale est la question posée et à résoudre par les forces vives de la Nation à travers l’organe citoyen que le F24 ? Que faut-il pour arrêter sa dérive autoritaire illégale qui conduit vers le chaos ?
Le « dialogue » affiché par le président Macky/APR/BBY aussitôt adoubé par le parti du père du libéralisme néocolonial, le PDS, n’attire même pas les mouches. Le « dialogue » apparaît comme une supercherie par sa conditionnalité dictée par le président, ce qui montre que c’est là encore un diktat françafricain. N’est-ce pas lui-même qui présente son appel au « dialogue » comme un permis pour participer à la présidentielle tout sachant bien que même un enfant de cinq que son autre joker est sa troisième candidature anticonstitutionnelle. Faire semblant de s’étonner que personne de sérieux ne se soit précipité pour plonger dans ce piège attrape-nigaud est prendre les Sénégalais pour des « dof » ( benêts). Agiter un débat sur les « dialoguistes » et les « non dialoguistes » au sein de l’opposition est, non seulement, inutilement inefficace, mais fait le jeu de la division que cherche l’autocratie régnante pour voiler son isolement flagrant et son délitement en cours avec à la clef le sauve qui peut généralisé dans sa coalition impopulaire et ses bancs ministériels vomis dès que le peuple mobilisé aura obtenu le respect du dispositif de la constitution selon lequel « nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs ».
La radicalisation de la résistance d’une jeunesse avide d’un nouveau « sopi »
Il faut le dire nettement, l’arbitraire, le harcèlement politico-judiciaire et le piétinement flagrant des lois en vigueur, de la Constitution, des droits individuels et collectifs concourent, sur fond de misère grandissante des populations qui ont des difficultés à avoir deux voire un repas par jour, alors que les scandales en milliards éclaboussent la gestion des tenants du pouvoir, à la radicalisation de la résistance d’une jeunesse avide d’un nouveau « sopi » cette fois patriotique. Comment peut-on discourir sur la « République », « les institutions républicaines », « les valeurs citoyennes républicaines », « force restera à la loi », alors que celles-ci sont bafouées ouvertement au su et au vu de tous contre des victimes qui sont appelées à aller à l’abattoir des agressions liberticides de la part d’un État de plus en plus hors la loi ? Voilà une équation cornélienne à laquelle sont confrontés les thuriféraires conscients ou inconscients d’un « état de droit » dont les premiers fossoyeurs sont ceux qui, obnubilés par le pétrole et le gaz, sniffent l’odeur des milliards à empocher par l’imposition dictatoriale d’une troisième candidature hors justement de l’état de droit. Par l’option d’un acharnement liberticide permanent jusqu’à l’élection présidentielle, à l’entêtement présidentialiste fascisant d’en faire qu’à sa tête dans une gouvernance solitaire répressive illégale et de la paralysie régulière de l’économie nationale pendant que la dette colossale explose, Macky/APR/BBY mènent le pays dans l’impasse du chaos interne dans un environnement sous-régional confronté à un chaos d’origine externe. Mais l’histoire retient aussi qu’elle peut se retourner à l’avantage du peuple à l’instar des révolutions inachevées mais exemplaires par les mobilisations populaires en Tunisie, en Egypte. Attention Macky/APR/BBY, vous guette le syndrome de la révolution inachevée du Sri Lanka où le peuple, dans un élan massif majoritaire écrasant mêlant jeunes, vieux, hommes, femmes, a envahi le palais présidentiel et chassé le clan des Rajapaksa après plus de deux mois de manifestations des populations dont 80 % ne mangeaient qu’un repas par jour. Le peuple sénégalais a chassé par les urnes A. Diouf et le PS en 2000, puis A. Wade et le PDS par les urnes en 2012, il appartient à Macky/APR/BBY de choisir la voie par laquelle le peuple les chassera du pouvoir en 2024 parce que Macky do bok, Sonko de bok.
Diagne Fodé Roland
Par Aliou Diack
POURQUOI REPONDRE A L’APPEL AU DIALOGUE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE MACKY SALL ?
Quelle que soit la position adoptée par les uns et les autres, ce dont on peut se convaincre, c’est que le Président ne l’a pas fait de gaité de cœur, mais plutôt sous la contrainte des « Wahrheiten der realpolitk ! » (des verites de la realpolitik !)
Le Président de la République MACKY SALL vient de lancer et de réitérer à troisreprises un appel au dialogue à l’endroit surtout de la classe politique sénégalaise. Beaucoup de ses partisans saluent un acte d’ouverture sincère en direction du peuple, pour garantir la paix sociale et la concorde face à la gravité de la crise actuelle. Une importante partie de l’opposition rejette cet appel qu’elle soupçonne de manœuvres dolosives pour l’affaiblir et faire avaler au peuple sénégalais l’idée d’une recevabilité de candidature du Président pour un 3ème mandat. Quelle que soit la position adoptée par les uns et les autres, ce dont on peut se convaincre, c’est que le Président ne l’a pas fait de gaité de cœur, mais plutôt sous la contrainte des « Wahrheiten der realpolitk ! » (des verites de la realpolitik !) comme disent les Allemands.
« Tout le monde sait que le Sénégal traverse une période difficile de son histoire. Dans la plupart des domaines de la vie nationale, les fruits de l’alternance démocratique n’ont pas tenu les promesses des fleurs du 19 mars 2000. Aux contentieux politiques d’ordre institutionnel ou électoral viennent s’ajouter les difficultés croissantes de la vie quotidienne, dominées par une pauvreté et un chômage endémiques, une inflation galopante et des pénuries de toutes sortes.
Face à cette crise multidimensionnelle aux conséquences imprévisibles, l’inquiétude et le désarroi se répandent, tandis que chacun s’interroge avec perplexité sur l’avenir. L’acuité des problèmes de survie du plus grand nombre et l’accumulation des périls à l’horizon, exigent de l’ensemble des forces vives du pays une réflexion collective, une mobilisation massive et une action pacifique mais résolue. Tous ensemble, nous devons nous poser la question suivante : où va le Sénégal ?
Notre opinion est que le pays se trouve dans une impasse et notre choix est de lui éviter des convulsions douloureuses ; de tenter de l’en sortir par le dialogue, qui est conforme à nos traditions, à notre culture, à notre civilisation » (fin de citation).
Cette citation introductive n’est pas de nous, mais renvoie textuellement à un passage des « Termes De Références » des Assises Nationales du Sénégal tenues du 1er juin 2008 au 24 mai 2009 et présidées par notre icône nationale, en l’occurrence l’éminent Professeur AMADOU MAHTAR MBOW, ancien ministre et ancien Directeur Général de l’UNESCO.
Que ce soit le Président MACKY SALL ou ses trois prédécesseurs, la logique de la REALPOLITIK découlant d’un rapport des forces politiques qui se faisaient et se font maintenant face, a toujours conduit les tenants du pouvoir à lâcher du lest et à se résoudre à dialoguer. Le Président LEOPOLD SEDAR SENGHOR a dialogué suite aux évènements de 1968. Le Président ABDOU DIOUF, dont le sens de la réserve est légendaire, a été obligé de dialoguer en 1992, suite aux élections violentes de 1988 où la pression de la rue l’avait poussé à un dérapage verbal et à traiter une certaine jeunesse sénégalaise de « malsaine ». Le Président ABDOULAYE WADE a également été contraint au dialogue avec son opposition. Aujourd’hui, le rapport quasi égalitaire des forces parlementaires de l’opposition et du pouvoir à l’assemblée nationale combiné à l’hostilité grandissante d’une frange de la société civile face au régime en place, ainsi que l’occupation spatiale nationale de la rue largement répandue et suggérant des velléités insurrectionnelles, ne laissent aucun choix au Président MACKY SALL que celui d’appeler au dialogue, n’en déplaise à certains durs de sa coalition qui veulent l’en dissuader, en voulant privilégier le recours à la répression.
Il faut saluer ce geste de raison et de lucidité du Président de la République, conscient qu’il est, qu’il ne faut surtout pas troquer la paix sociale et la sécurité des populations contre la probabilité d’une non gouvernabilité du pays !
Le 19 mars 2000 consacra la première alternance dans la gouvernance de notre pays. La seconde est intervenue le 25 mars 2012 avec la consécration du Président MACKY SALL à la tête de la nation sénégalaise. La situation décrite plus haut dans les Termes De Références des Assises Nationales en 2008, pour décrire la réalité d’une crise endémique et pesante que subissaient stoïquement les Sénégalaises et les Sénégalais en matière de gouvernances politique, économique etsociale, ainsi que la chienlit qui caractérise notre « vivre ensemble » d’aujourd’hui, sont encore d’une véracité et d’une actualité déconcertantes ! Le Sénégal va mal en 2023 et les Sénégalaises et Sénégalais « sont fatigués », pour paraphraser l’éminent juge KEBA MBAYE qui interpella le Président ABDOU DIOUF en ces termes, lorsque ce dernier prenait le flambeau de la succession du Président LEOPOLD SEDAR SENGHOR en 1981.
Dans la vie d’une nation, chaque composante significative devrait pouvoir demander à dialoguer pour conjurer les effets néfastes d’une crise ; c’en est ainsi également dans les rapports entre les nations. Même en période de guerre, les peuples et les pays n’ont jamais cessé de dialoguer. L’exemple de dialogue quoique violent qui se déroule sous nos yeux, est celui entre la Russie et l’Ukraine, car malgré les bombardements et les échanges de missiles et de drones quotidiennement, les deux belligérants sont obligés de dialoguer, ne serait-ce que pour échanger des dépouilles de soldats et des prisonniers de guerre ! On pourrait historiquement citer plusieurs exemples comparables, d’hier et malheureusement d’aujourd’hui dans tous les continents du globe. Mais tout finit toujours inéluctablement autour de la table de négociation. Il faut donc à l’étape cruciale actuelle saluer la main tendue du Président pour dialoguer. L’opposition aurait pu engager la même démarche sans pour autant perdre la face.
La politique de la chaise vide…
Certains acteurs politiques ont répondu « OUI » à l’appel du chef de l’état, d’autres l’ont rejeté sans même laisser pour le moment une porte entr’ouverte à un possible retournement de situation. Ce serait bien dommage, car les faits historiques doivent servir à quelque chose : la politique de la chaise vide qui est en soi contreproductive a peu prospéré dans notre pays. A quoi a servi le boycott des élections législatives de 2007 par l’opposition significative de notre pays, pour ne citer que cet exemple récent ? A rien en termes de progrès palpable pour notre démocratie.
En 2008, le Président ABDOULAYE WADE avait réservé à l’appel au dialogue inclusif lancé par les Assises Nationales du Sénégal une fin de non-recevoir, et menacé de ses foudres ces dernières et ceux parmi les partis de sa coalition gouvernementale qui seraient tentés d’y répondre favorablement. Cela n’a pas empêché les Assises d’avoir été une réussite totale au niveau national comme international, et d’avoir fait avancer la démocratie participative dans notre pays d’une manière jamais égalée. Ces Assises ont surtout eu le mérite d’avoir convaincu ceux-là mêmes qui au départ l’avaient boycottées, à venir signer sa CHARTE DE GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE.
Il faut saluer dans l’opposition politique l’attitude courageuse de certains membres de YEWWI ASKAN WI qui rejettent l’option de la politique de la chaise vide, en l’occurrence le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) et le mouvement TAXAWU SENEGAAL de KHALIFA ABABACAR SALL. Il y a certes des raisons d’être sceptiques du côté des partis de l’opposition quant à la sincérité de l’appel. Mais si on discute à deux ou plusieurs, la première chose à faire au plus tard lors de la première rencontre, c’est d’accepter de tous les côtés de rédiger des Termes De Références consensuels sans ambiguïté ainsi qu’un règlement intérieur comme l’avaient fait les Assises Nationales. Le dialogue de 1992 voulu par le Président ABDOU DIOUF était adossé à des Termes De Références acceptés par tous et magistralement dirigé par un juge indépendant, compétent et équidistant de toutes les parties prenantes, en l’occurrence le grand magistrat KEBA MBAYE. Le Président DIOUF avait pris un engagement solennel et public devant tout le peuple sénégalais, à savoir celui de ne pas changer une seule virgule au code électoral consensuel que les conclusions de cette conclave lui soumettraient. Et il a tenu parole !
C’est avec ce code électoral consensuel qu’ABDOULAYE WADE a battu son initiateur ABDOU DIOUF en 2000 avant d’être vaincu à son tour en 2012 par le Président MACKY SALL, toujours avec ce même code. Mais ce code a malheureusement été tripatouillé, agressé, déformé sous l’actuel régime et constitue la principale cause de cette situation délétère que nous vivons.
Le dialogue est une tradition au Sénégal
Notre appel à l’opposition, c’est d’accepter d’aller au dialogue, même si nos réserves et nos réticences sont légitimes et fondées. Le dialogue est une tradition au Sénégal, et même si les attentes ne sont pas toujours satisfaites, on a pu engranger néanmoins des avancées significatives (Exemples :
1. Le Code consensuel de 1992 du Président KEBA MBAYE sous le Président ABDOU DIOUF,
2. La Haute Autorité chargée de l’Election Présidentielle de 2012 sous le Président ABDOULAYE WADE et plus récemment,
3. L’élection des Maires au suffrage universel sous le Président MACKY SALL).
Ce dialogue devrait, à l’image des Assises Nationales être inclusif et inviter en dehors des partis politiques, la société civile, les syndicats, les religieux de tous bords et certaines personnalités connues pour leur intégrité morale, leur rigueur et surtout leur impartialité.
Les Termes De Références devraient pouvoir sans a priori aborder les points suivants :
1. La recevabilité de la candidature de l’actuel Président de la République (Le terme « troisième mandat » étant inapproprié), qui devrait constituer une question préjudicielle ;
2. La garantie de non poursuite judiciaire ;
3. L’audit du fichier électoral pour en extirper toutes les éventuelles incohérences ;
4. La question des parrainages face aux dispositions réglementaires de la CEDEAO ;
5. Le nécessaire toilettage du code électoral (articles L29, L57 et autres) ;
6. La caution ;
7. Le format du scrutin (Bulletin unique ou non) ;
8. L’éligibilité des candidats menacés, sans interférence dans les procédures judiciaires ;
9. La pertinence de limiter l’âge des candidats à la Présidentielle à 75 ans.
Dans la représentation des délégations au dialogue, l’opposition politique dans sa globalité devrait avoir le même quota que l’exécutif, si on veut respecter le parallélisme des formes de la volonté populaire des urnes.
Pour ce qui concerne l’opposition encore réticente, au lieu d’avoir des positions figées, nous devrions tous nous convaincre qu’il n’y aura pas de solution à la crise actuelle, si nous ne discutons pas, sauf à opter pour des solutions insurrectionnelles.
Enfin, le Président de la République MACKY SALL devrait adopter la même posture que le Président ABDOU DIOUF en 1992, à savoir l’acceptation des propositions consensuelles qui seraient issues dudit dialogue inclusif, sans y changer une seule virgule.
Pr. Aliou DIACK
S.G. du Parti M.P.-R.D.A. KEMET Mouvement Panafricain pour la Renaissance et la Dignité de l’Afrique
KEMET Président du Comité Départemental de Pilotage (CDP) de DAGANA des Assises Nationales