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3 avril 2025
DANGER CHEZ LES TOUT-PETITS
Des cas de diarrhée et de vomissement sévissent de manière inquiétante au Sénégal en particulier chez les enfants. Une situation qui suscite inquiétudes.
Des cas de diarrhée et de vomissement sévissent de manière inquiétante au Sénégal en particulier chez les enfants. Une situation qui suscite inquiétudes. Pédiatre au service d’accueil d’urgences d’Albert Royer, Dr Fatoumata Fofana confirme l’occurrence des pathologies qui affectent un nombre impressionnant de mômes à l’hôpital d’enfants Albert Royer les 10 souffrent de diarrhée et de vomissement.
Les praticiens alertent sur les cas de diarrhée et de vomissements notés chez les enfants. Selon Dr Fatoumata Fofana, actuellement, «on a une recrudescence des cas de diarrhées et de vomissements chez les tout-petits».
A l’en croire, il s’agit d’une gastro-entérite d'origine virale. «On peut avoir des causes bactériennes, parasitaires, comme mycosiques», précise-t-elle. Avant d’ajouter que ces enfants nous arrivent dans un état de déshydratation qui constitue la principale complication des diarrhées et vomissements. «Maintenant, cette déshydratation, parfois, elle est tellement sévère qu'elle peut entraîner un état de choc qui constitue une véritable urgence. Donc, on a la nécessité de reconnaître les signes d’alerte». D’après le toubib, sur 30 consultations, les 10 peuvent constituer des cas de diarrhées et de vomissements. «On peut avoir une fièvre qui est persistante malgré la prise de médicaments. On peut noter également la présence de la glaire ou de sang dans les selles, ou bien des vomissements que l'enfant vomit tout ce qu'il prend, des vomissements incoercibles, ou bien une diarrhée qui est vraiment abondante, qui accepte plus de 6 selles par jour», ajoute-t-elle.
DES MESURES D’HYGIENE POUR PREVENIR LES CAS DE DIARRHEE ET DE VOMISSEMENT
Dr Fatoumata Fofana indique qu’ avec les promiscuités dans les crèches, il y a lieu de sonner l’alerte parce que les virus peuvent circuler longtemps dans l'environnement. «Pour les mesures d'hygiène, ne pas se passer les jouets, se laver les mains, bien laver les aliments et les fruits et légumes, dans le cadre des causes bactérielles», préconise Dr Fofana. Quid de la prise en charge ? «Tout dépend du degré de déshydratation. Donc, quand c'est léger, on peut donner du Sro (solution de réhydratation orale), après les selles, les vomissements, en petite quantité, légère et modérée, on peut tenter la voie orale. Dans les cas sévères, on y va directement avec la voie intraveineuse. Maintenant, en cas d'échec de la voie orale, c'est la voie intraveineuse qui s'impose. En dehors de cette réhydratation, comme je l'avais tantôt dit, c'est la réalimentation précoce, et aussi les médicaments anti-diarrhéique».
Cependant, renchérit Pr Boubacar Camara. Pédiatre, enseignant-chercheur à travers une contribution, il souligne qu’il s'agit essentiellement d'une épidémie virale qui était dominée par le rotavirus, mais étant donné que la plupart des enfants ont reçu le vaccin contre ce virus, il faut évaluer avec les cliniciens et les laborantins la présence d'autres virus. «Dans tous les cas, ces épidémies dans les études antérieures faites à Albert Royer montraient 2 pics de fréquence pendant la saison fraiche (décembre à mars) comme c'est le cas actuellement et pendant les périodes de grandes chaleurs ou saison des pluies (Août septembre)», explique-t-il.
Par Fatou Warkha SAMBE
POUR LE CODE DE LA FAMILLE, UN COMPROMIS ANTI-FÉMINISTE OU UNE RÉFORME ?
La députée Marème Mbacké interroge l'article 277 qui prive les mères de l'autorité parentale, mais choisit étrangement de se distancer du féminisme, ignorant ainsi une discrimination qui affecte toutes les Sénégalaises
La question de l’autorité parentale, soulevée par la députée Marème Mbacké dans une question écrite adressée au ministre de la Justice, remet en lumière un débat central pour les organisations féminines et féministes : les inégalités structurelles du Code de la famille.
Depuis des décennies, ces organisations dénoncent un cadre juridique qui institutionnalise la domination masculine et limite drastiquement les droits des femmes, notamment en matière de parentalité.
Dans le Code de la famille sénégalais, c’est l’article 277 qui traite précisément la problématique soulevée par Mme Mbacké. Cet article reconnaît l’autorité parentale aux deux parents, mais en confie l’exercice exclusif au père, tant que le mariage subsiste. En posant un regard restrictif sur cette question, uniquement comme une préoccupation des femmes de la diaspora, la députée semble ignorer que ce problème touche toutes les Sénégalaises.
Curieusement, l’honorable précise que sa requête «ne s’inscrit pas dans une perspective féministe». Pourquoi cette mise à distance d’un combat qui, par essence, concerne les droits fondamentaux des femmes ? Pourquoi cette prudence sémantique qui évite soigneusement de nommer l’inégalité flagrante inscrite dans la loi ? Une réforme qui se contente d’amender un article sans toucher aux fondements mêmes du Code de la famille risque de ne produire qu’un effet cosmétique.
Ce choix politique interroge : s’agit-il d’une stratégie pour éviter d’affronter une résistance conservatrice ou d’une véritable conviction que la réforme doit se limiter à des ajustements mineurs ? Or, cette posture fragilise toute tentative de transformation réelle du cadre juridique. Il est essentiel de comprendre que l’autorité parentale ne peut être dissociée des autres injustices systémiques présentes dans le Code de la famille. L’inégalité dans la gestion des biens, l’obligation de résidence imposée aux femmes et la marginalisation juridique des mères divorcées ne sont pas des anomalies isolées : elles reflètent une vision dépassée de la famille, où la subordination des femmes est normalisée. Réformer uniquement l’autorité parentale, sans s’attaquer à ces injustices structurelles, reviendrait à ignorer la réalité des discriminations vécues au quotidien.
La réforme risque d’être un simple pansement sur une blessure profonde plutôt qu’une refonte structurelle qui garantirait une égalité réelle entre les parents. Pourtant, il faut reconnaître à Mme Mbacké le mérite d’avoir soulevé cette problématique et de l’avoir portée sur la scène politique. Remettre en question l’article 277 est une étape essentielle, mais elle ne saurait suffire si elle ne s’accompagne pas d’une remise en cause plus large des mécanismes discriminatoires qui sous-tendent le Code de la famille.
Loin d’être une menace, une approche féministe renforcerait cette réforme en lui donnant une cohérence et une portée véritablement transformative. A moins de vouloir préserver des inégalités systémiques, pourquoi craindre un cadre féministe qui ne fait que revendiquer l’égalité des droits pour tous ? Il est essentiel de rappeler que cette demande, quelle que soit la perspective dans laquelle elle s’inscrit, ne peut pas faire l’impasse sur les principes fondamentaux de justice et d’inclusion. Elle vise à rétablir une justice, non à favoriser un camp contre un autre. La refonte du Code de la famille doit être pensée de manière globale et structurelle, au-delà des considérations politiques et des résistances idéologiques. Il ne suffit pas d’interpeller sur un article en particulier sans questionner les fondements mêmes de l’organisation familiale telle que définie par la loi. C’est tout le cadre normatif qui doit être repensé pour sortir d’un modèle où l’autorité et la responsabilité parentales sont encore largement dictées par des présupposés sexistes et dépassés.
L’article 277 s’inscrit dans une architecture juridique plus vaste qui repose sur la puissance maritale consacrée par l’article 152 : «Le mari est le chef de la famille.» Une affirmation qui n’a rien d’anodin, puisqu’elle justifie à elle seule l’ensemble des dispositions légales discriminatoires à l’égard des femmes.
• Article 153, alinéa 2 : Le mari choisit le domicile conjugal sans que la femme puisse s’y opposer.
• Article 196 : Interdiction de la recherche de paternité pour les enfants nés hors mariage, les privant ainsi de droits fondamentaux.
• Article 381 : Les biens du foyer sont présumés appartenir au mari, renforçant une inégalité économique et successorale.
Toutes ces dispositions sont imbriquées : elles ne relèvent pas d’une anomalie isolée, mais bien d’un système de domination ancré dans la législation. Revoir l’article 277 sans questionner les autres textes qui en découlent, revient à rafistoler une structure dont le fondement même est inégalitaire.
Cette situation n’a pourtant rien de nouveau, et n’a pas toujours été portée uniquement par la volonté de la Société civile. En 2016, par arrêté du Garde des sceaux, un comité technique de révision des dispositions discriminatoires à l’égard des femmes a été mis en place. Ce comité, appuyé par le Pasneeg, était composé de représentants des ministères de la Santé, de la Femme et de la Justice. Cependant, au sein de ce comité, seule l’Ajs a été incluse pour représenter la Société civile. Malgré ce travail minutieux et des propositions claires et applicables, le document soumis est resté enfoui dans les tiroirs du bureau du président de la République, Macky Sall à l’époque, et depuis sans suite, démontrant ainsi une volonté manifeste d’éviter toute réforme profonde qui remettrait en question les privilèges masculins ancrés dans la législation.
Le Code de la famille, conçu dans les années 1960 comme un compromis entre droits coutumier, religieux et napoléonien, est aujourd’hui dépassé. Il ne reflète ni les réalités actuelles ni les engagements du Sénégal en matière de droits humains et d’égalité des sexes. Cette inaction illustre-t-elle un refus d’émanciper véritablement les femmes de l’emprise légale des hommes ?
Ces propositions ne se limitent pas à une simple modification de l’article 277, mais visent une refonte en profondeur du Code de la famille :
• Aligner l’âge légal du mariage à 18 ans pour tous, sans exception.
• Abolir la puissance maritale et garantir une co-responsabilité parentale effective.
• Permettre l’établissement de la filiation paternelle par différents moyens de preuve, y compris l’Adn.
• Garantir une protection juridique et financière équitable aux femmes dans le mariage et en cas de divorce.
La précision de Mme Mbacké sur l’absence d’une approche féministe dans sa démarche en dit long. Si cette interpellation parlementaire avait véritablement pour but d’améliorer la situation des mères et des enfants, elle aurait nécessairement impliqué une critique globale et structurelle du Code de la famille.
Ce que nous demandons, ce n’est pas une mesure isolée, mais une transformation structurelle qui garantisse enfin aux femmes une place égale dans la famille et dans la société. Il est temps de poser des actions concrètes qui mettent fin à l’injustice, pour le bénéfice des femmes, des enfants et de l’ensemble de la société. Que la réforme soit perçue ou non comme féministe, elle demeure essentielle pour instaurer une véritable égalité juridique.
Absence du PDS, PUR, RV, LES SERVITEURS
Fédérer les forces de l’Opposition contre le nouveau pouvoir. C’est une des vocations que le nouveau front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) officialisé, dans l’après-midi, d’hier, s’est fixé. Mais, sur la liste des 71 formations politiques membres du FDR dont l’APR, le PS, l’Afp, l’Arc, la Nouvelle responsabilité, il manque des partis et non pas des moindres. En effet, le Parti démocratique sénégalais, la République des valeurs, les Serviteurs et le Parti de l’unité et du rassemblement, entre autres, manquent pour le moment à l’appel. Mais qu’est ce qui explique l’absence de ces formations politiques ? Pour le cas du Pds, la rencontre entre Karim Wade et le Président Bassirou Diomaye Faye à Doha en décembre dernier a-t-elle donné lieu à un rapprochement ? D’autant que, lors de la présidentielle de 2024, le Pds avait soutenu contre toute attente la défunte coalition qui a porté l’actuel président au pouvoir. Le Pur ne semble pas jusqu’à présent remis de ses échecs lors des dernières échéances électorales. D’ailleurs, un vent de fronde secoue la formation de Serigne Moustapha Sy avec des fédérations qui appellent publiquement à l’éviction de l’actuel Secrétaire général, Cheikh Tidiane Youm. En tout cas, pour l’heure, le FDR n’a pas encore clôturé sa liste. D’ailleurs, il a lancé un appel à l’unité de l’Opposition.
Vente aux enchères d’œuvres d’arts
La première vente aux enchères publiques d’œuvres d’arts pilotée par l’État se tiendra ce mardi au siège de l’Office national de recouvrement des avoirs criminels. L’ONRAC a la charge de vendre aux enchères, 15 lots d’œuvres composés de tableaux d’arts, des artistes Toni Okujeni, Ndoye Dout’s, Alphadio, Claud Richard, des Souwer de Babacar Ngom et une sculpture, ainsi qu’un Lampadaire. Les œuvres qui seront brandies par le commissaire-priseur sont expertisées et authentifiées par l’artiste plasticien Kalidou Kassé.
Un accident fait 4 morts et 2 blessés à Richard Toll
Les massacres sur les routes ne s’arrêtent pas. On a dénombré encore hier, quatre décès et deux blessés sur l’axe Richard-Toll Saint-Louis. C’est une collision entre un camion et un véhicule de transport « 7 places » à hauteur de Colona, près de Nadieul. Le camion en provenance de Richard Toll a violemment heurté le véhicule de transport. Le bilan est lourd. 4 morts et des blessés.
Un imam et son fils tués dans un accident à Kolda
Un imam et son fils ont trouvé la mort dans un accident de la circulation survenu, vendredi, à hauteur du village de Salamata, aux environs de 22 heures, a-ton appris l’Aps d’une source sécuritaire. Le minibus qui les transportait a heurté un camion en stationnement faisant deux morts et 17 blessés. L’imam et son fils revenaient de la ziarra annuelle de Médinatoul Houda, dans le département de Vélingara Les blessés ont été admis à l’hôpital régional de Kolda.
Rappel à Dieu du 5e Khalife de Darou Mouhty
Le 5e Khalife de Darou Mouhty a été rappelé à Dieu samedi à Dakar à l’âge de 92 ans. Serigne Bassirou Mbacké Anta Niang a pris le Khalifat le 31 décembre 2020 après le décès de son frère aîné, Serigne Abass Mbacké. Serigne Bassirou Mbacké était le fils de Sokhna Anta Niang et de Mame Thierno Birahim Faty Mbacké. Il est formé par son père avant d’aller chercher le savoir auprès de Serigne Modou Faty Alé Gaye. Serigne Bassirou Mbacké est décrit comme un poète. Il a consacré un livre à son père et formateur Mame Thierno Birahim Mbacké. Serigne Khalid Mbacké, nouveau Khalife de Darou Moukhty Le 6e Khalife deDaroul Moukhty est désormais connu. Serigne Khalid Mbacké Thiaatum Borom Daroul Moukhty succède à Serigne Bassirou Mbacké Anta Niang, rappelé à Dieu le samedi 8 février 2025. Le nouveau Khalife est le dernier fils de Boroom Darou. Il incarne la continuité et l'élévation spirituelle de la communauté.
Grève de 72 heure de l’intersyndicale du secteur primaire
L’intersyndicale du secteur primaire met ses menaces à exécution. Elle a décidé d’entamer une grève à l’issue de la réunion d’évaluation de ses préavis qui sont arrivés à expiration. Ainsi ils vont observer un débrayage suivi d’une assemblée générale le lundi 17 prochain avec port de brassards rouges. Une tournée de sensibilisation et de mobilisation auprès des travailleurs se tiendra le mardi 18 février. Ainsi, plusieurs actions seront entreprises pour exprimer le mécontentement des travailleurs. Les syndicalistes décrètent une grève générale de 72 heures, du mercredi 19 au vendredi 21 février 2025 sur l’ensemble du territoire national. L’intersyndicale dénonce l’inertie et le mutisme du ministre de la Fonction publique, Olivier Boucal à leur égard.
Un groupe d'évaluation des politiques publiques
Ça bouge à l’Assemblée nationale. Son président El Malick Ndiaye a mis en place un groupe de travail chargé de proposer une méthodologie d'évaluation des politiques publiques. Il est composé de 12 membres. Il s’agit de Mouhamed Sall, Alphonse Mané Sambou, Mame Diarra Bèye,Marie Angélique M. Selbe Diouf, Samba Dang, Abdoul Kadyr Sonko, Cheikh A.T. Youm, Tafsir Thioye, Amadou DialloN°1,Djimo Souaré, Modou Ndiaye et le statisticien, Mamadou Yauck nommé récemment conseiller du Président du Parlement. Ainsi le groupe de travail déposera un rapport au plus tard dans deux mois.
La problème des passerelles sur le bureau du ministre
Deux questions écrites sont adressées au ministre des Infrastructures et des Transports Yankhoba Diémé par les députés Babacar Ndiaye et Jacqueline Sagna. M. Ndiaye interpelle le ministre sur l'enlèvement des passerelles en banlieue, notamment au Poste Thiaroye, à Rufisque, à Keur Mbaye Fall etc au grand désarroi des riverains inquiets pour leur sécurité. Le président de la Commission de l’énergie et des ressources minérales de l’Assemblée nationale demande au ministre de résoudre ce problème. Le ministre Yankhoba Diémé doit répondre aussi à la question sur la réouverture de l'aéroport de Ziguinchor. Selon Jacqueline Sagna, actuellement dans le sud du pays, le seul aéroport fonctionnel est celui de Cap Skirring, situé à environ 70 km de Ziguinchor. Elle a également interpellé le ministre sur la réhabilitation des pistes Dialiang-Kaguitte et Brin-Bandial, dans l’arrondissement de Nyassia.
Plus de 300 sociétés pour promouvoir l'industrie au Sénégal
Le 10e Salon international de la construction, de la finition et de l'infrastructure s'est ouvert depuis jeudi dernier à Diamniadio. D'après l'organisateur du salon, Modibo Diop, cette rencontre vise à connecter les industriels. « Ils étaient presque 300 de grandes sociétés, avec le secteur privé national et de la sous-région à prendre part à l'événement pour nouer des partenariats dans tout ce qui est bâtiments, travaux publics et énergie», souligne Modibo Diop. A ses yeux, ce salon est très important parce que tout le monde est d'accord que l'économie africaine va représenter 110% de la croissance dans le monde dans une vingtaine d'années. De plus, indique-t-il, les BTP représentent les secteurs les plus importants, créateurs d'emplois et de richesses. Rien que les BTP au Sénégal, c'est pratiquement l'équivalent de 500 milliards du PIB. C'est presque le secteur qui a le plus d'emplois.
Le procureur libère l’influenceur, «The King»
Mame Thierno Fall alias « The King » a été placé en garde vue hier dans la matinée dans les locaux de la Section de Recherches de Colobane pour nécessité d’enquête. L'arrestation du célèbre influenceur, par ailleurs charlatan, est consécutive à la publication d'une vidéo dans laquelle il a exhibé un sac contenant des billets de banque d'une valeur de 500 millions de francs CFA, d'après ses propos. Face au tollé suscité par cette séquence devenue virale, le procureur de la République a actionné les pandores. Il soupçonne les faits de charlatanisme et de blanchiment de capitaux, rapporte seneweb. Mais les gendarmes de Colobane n'ont saisi qu'une trentaine de millions, lors de la perquisition. Il aurait confié aux gendarmes que son argent provenait de ses activités licites. Ainsi le parquet a donné des instructions pour sa libération.
Promotion de la santé reproductive
Le district sanitaire de Mékhé a abrité ce weekend, la cérémonie de lancement de la Semaine de la mère, de l'enfant et des adolescents. Le thème retenu est « le rôle de la communauté, dans l'amélioration de la santé de la reproduction. Et à cette occasion, un appel a été lancé à toutes les communautés, pour un meilleur engagement autour de la promotion de la santé et surtout de la prévention. Les Badiène nu gox, les relais communautaires, les prestataires, mais aussi les autorités administratives et territoriales, se sont retrouvés autour de cette cause.Dr Aïda Diop, adjointe du Directeur régional de la Santé de Thiès estime que le Sénégal a respecté ses engagements, concernant le bien-être etla santé de ses populations. C'est à travers le développement de stratégies, pour booster tout ce qui est indicateurs, performances, relativement à la santé de la reproduction. Pour elle, la communauté est impliquée dans cette démarche, pour davantage sensibiliser les acteurs communautaires, par rapport à la prise en charge précoce, de tout ce qui touche la santé de la reproduction.
91% des femmes âgées de 15 à 49 ans victimes de l’excision
La région de Kédougou a un taux de prévalence de 91% de femmes âgées de 15 à 49 ans victimes de mutilations génitales, a indiqué à l’Aps la coordonnatrice en santé de la reproduction à la Direction régionale de la santé, Fatoumata Traoré. Fatoumata Traoré s’exprimait en marge de la commémoration de la journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines dans le cadre du projet « Engagement communautaire pour l’abandon des MGF à Kédougou ». Elle a révélé que beaucoup de jeunes et de femmes souffrent d’infections telles que l’hépatite B, le VIH, le tétanos et d’autres complications à cause de la pratique des MGF. La coordonnatrice a expliqué que certaines filles et femmes âgées de 15-49 ans ont des douleurs liées à la pratique de l’excision. A l’en croire, le plus souvent c’est une pratique qui est faite au niveau des domiciles avec des instruments qui ne sont pas propres. Et durant la pratique l’enfant ou la fille court un risque d’hémorragie et des infections très graves a-t-elle-indiqué à l’Aps. Mme Traoré a signalé que certaines femmes souffrent de fistules obstétricales. Ces femme perdent les urines et elles ne peuvent ne peut pas les contrôler.
STATU QUO AU SOMMET, LA LINGUERE ET LE CASA SE REBIFFENT
Il faudra jouer la 15e et ultime journée de la phase aller pour l’attribution du titre honorifique de champion à mi-parcours. Battus et freinés, le leader Us Gorée et son dauphin Jaraaf, maintiennent le statut quo au sommet à l’issue de la14e journée.
Il faudra jouer la 15e et ultime journée de la phase aller pour l’attribution du titre honorifique de champion à mi-parcours. Battus et freinés, le leader Us Gorée et son dauphin Jaraaf, maintiennent le statut quo au sommet à l’issue de la14e journée. Cette journée riche en surprise a été marquée par la bonne opération du Casa Sport et de la Linguère de Saint Louis qui ont décroché de précieux succès en déplacement. Mais aussi des promus de Wally Daan de Thiès qui a réussi à resserrer les rangs en restant à 1 points des «Vert Blanc» du Jaraaf.
La course vers le titre honorifique de champion à mi-parcours se jouera lors de la prochaine journée. La 14e journée disputée ce weekend maintient le statu au sommet. Accrochée lors de la précédente journée, l’Us Gorée a essuyé hier, dimanche 9 février 2025, son deuxième revers du championnat lors de son déplacement sur la pelouse de AJEL de Rufisque (5e, 19 points). Malgré ce coup de frein, le club insulaire garde encore les commandes à 28 points. Mais aussi une avance de trois points sur son dauphin du Jaraaf. Les «Vert et Blanc» qui avaient une bonne occasion de rejoindre la tête du classement n’en ont pas profité puisqu’ils ont été surpris (1-0) au stade Eli Manel Fall de Diourbel par les Huiliers de la Sonacos (10e ; 17 points). Nonobstant ce coup de frein, ils disposent encore toutes les cartes en main pour contester encore la première place du classement avec un match retard qui vont les opposer demain mardi à Guédiawaye FC. En lâchant deux précieux points, les «Vert et Blanc» restent toutefois sous la menace de Waaly Daan. Les promus thiessois ont poursuivi vendredi en match avancée de la 13e journée, leur bonne dynamique en dominant (1-0) à domicile Dakar Sacré cœur (4e ; 19 points). Ce qui leur permettre de se maintenir sur le podium (24 points) et de resserrer les rangs avec un point du dauphin (25 points). En déplacement au stade Amadou Barry, le Casa Sport a réussi une opération en s’imposant (2-3) devant l’équipe de Guédiawaye FC (7e ; 17 points). Ce troisième succès lui permet de quitter provisoirement la 15e pour la 13e place (15 points). Après son bon coup à domicile qui l’extirpe de la zone rouge, la Linguère de SaintLouis a enchainé hier, dimanche 9 février 2025 en remportant en déplacement (1-0) le duel qui l’a opposé à Oslo Football Académies.
Les «Samba Linguère» de grappiller quelques points pour s’emparer provisoirement de la 11e place (16e points) devant Teungueth FC FC.
Le club rufisquois qui s’est attaché un nouvel entraineur Beau Saliou Touré a encore prolongé sa mauvaise série. Les champions en titre dégringolent à la 12e place (15 points) suite à leur courte défaite (1-0) concédée au stade de Ngor, face à l’Us Ouakam (6e, 19 points).
Lanterne rouge, Jamono de Fatick (16e ; 10 points), a tenu en échec (1-1) par Génération foot (7e, 18 points). La 14e journée sera clôturée ce lundi par la rencontre qui opposera ASC HLM (15e ; 13 points) et l’ASC Pikine (14e ; 14 points).
RÉSULTATS 14E JOURNÉE
Walilydaan- Dakar Sacré-Coeur (2-0)
GuédiawayeFC-Casa Sports(2-3)
Jamono Fatick-Génération Foot ( 1-1)
Oslo Football Academy-Linguère(0-1)
AJEL-US Gorée(1-0)
US Ouakam-TeunguethFC (1-0)
Sonacos-Jaraaf (0-1)
Lundi 10 février
ASC HLM-Pikine
OMAR DIAW
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IL Y A DES POINTS POSITIFS TOUT COMME DES CHOSES QUI SONT MOINS REUSSIES
Invité de l’émission Objection de la radio Sud Fm (privée) hier, dimanche 9 février, Dr Cheikh Oumar Ba, Directeur exécutif de l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) parle des 10 mois de gouvernance de Diomaye
Selon le Directeur exécutif de l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar), l’avènement du nouveau régime a attiré l’espoir des Sénégalais et a montré qu’il y a une nouvelle perspective. Invité de l’émission Objection de la radio Sud Fm (privée) hier, dimanche 9 février, Dr Cheikh Oumar Ba a toutefois fait remarquer au sujet du bilan des dix mois de gouvernance du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye qu’il y a des points positifs tout comme il y a des choses qui sont moins réussies.
Le Directeur exécutif de l’Initiative prospective agricole et rurale (Ipar) livre ses impressions surle bilan des dix mois de gouvernance du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye. Invité de l’émission Objection de la radio Sud Fm (privée) hier, dimanche 9 février, Dr Cheikh Oumar Ba, estimant que l’avènement du nouveau régime a attiré l’espoir des Sénégalais et a montré qu’il y a une nouvelle perspective, a fait remarquer au sujet du bilan de la gouvernance qu’ily a « de très bonnes choses qui sont en train d'être faites ». Poursuivant son propos, Dr Cheikh Oumar Ba par ailleurs président du réseau des Think tanks sénégalais et dans le secteur de l’Union économique monétaire ouest-africaine (Uemoa), il a salué au sujet des points positifs de la gouvernance du régime, l’acte posé par le Président Diomaye dans le cadre de l’application de la Loi d’orientation AgroSylvo-Pastorale (Loasp).
En effet, estimant que « les paysans n'ont jamais été rencontrés par le chef de l'État » le Directeur exécutif de l’Initiative prospective agricole et rurale a révélé dans la foulée : « le président dit je vous rencontre cette année et je vais voir vos doléances, je vais voir ce qu'on peut faire ensemble…Je pense qu'il faut encourager » , a-t-il dit non sans faire remarquer, toujours au sujet de ce bilan de la gouvernance de Diomaye, qu’il y a également des choses qui sont moins réussies. « Aujourd'hui, si on regarde en termes de rationalisation des politiques publiques, je crois qu'il y a encore un effort à faire. La question de l'emploi des jeunes, je pense qu'il faut qu'on en tienne davantage compte», a-t-il indiqué.
UNE NICHE INEXPLOITÉE
Entre 2012 et 2020, l'État a dépensé plus de 246 milliards de FCFA pour l'acquisition et l'entretien de son parc automobile. Pourtant, des centaines de véhicules sont aujourd'hui abandonnés dans les administrations, victimes d'une gestion peu rigoureuse
Chaque année, la commande publique de l’Etat représente des dizaines de milliards de francs CFA. L’acquisition de véhicules constitue une part significative des dépenses. Chaque année, des milliers de véhicules administratifs arrivent en fin de vie. Mais une gestion peu rigoureuse de ces biens appartenant à l’Etat engendre une accumulation de véhicules administratifs hors service, disséminés dans les parkings des services rattachés et des garages de mécaniciens. Nombre d’entre eux sont immobilisés en raison de pannes mineures et demeurent inutilisés, parfois indéfiniment. Plutôt que de les laisser s’accumuler dans des parkings ou de les envoyer directement à la casse, un État peut en tirer parti de plusieurs manières stratégiques. Face à cette situation, il apparaît opportun d’envisager leur revente aux agents de l’administration publique à un prix forfaitaire ou, à défaut, leur cession en pièces détachées, permettant ainsi de générer des recettes pour l’État.
Dans une volonté affirmée de rationaliser les dépenses publiques, le Premier ministre, Ousmane Sonko, a récemment adopté des mesures visant à optimiser la gestion des finances de l’État. Lors du Conseil des ministres du 8 janvier 2025, il a annoncé la mise en place d’un dispositif renforcé de suivi et d’évaluation des programmes et projets issus des 26 objectifs stratégiques et des réformes quinquennales 2025-2029.
Dans cette dynamique de rationalisation des dépenses publiques, une circulaire datée du 22 janvier a été publiée, rappelant l’impératif du respect de la réglementation en matière de missions à l’étranger. Ces initiatives, saluées par de nombreux citoyens, traduisent une volonté ferme de rationalisation et de mobilisation efficiente des ressources internes.
Seulement, l’urgence d’une gouvernance efficiente des deniers publics impose une réévaluation du sort réservé aux véhicules administratifs en panne. Faute probablement de budgets alloués à leur réparation ou pour des raisons encore à définir, ces véhicules s’accumulent dans les enceintes des ministères et dans leurs services décentralisés. On observe une concentration de ces véhicules hors d’usage au Palais de la République, à l’Assemblée nationale, au ministère des Finances et du Budget, au ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération, ainsi qu’à l’ex-camp Lat Dior et à l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT). Ce constat s’étend à l’ensemble des services déconcentrés de l’administration publique.
De même, d’importantes quantités de matériels logistiques obsolètes sont entreposées sans réelle valorisation. La revente de ces équipements aux tiers, au prix du marché, constituerait une source de financement pourles services publics et permettrait d’alléger certaines charges budgétaires.
Création d’un service de revente et de réaffectation du matériel administratif
Afin de garantir la transparence dans la gestion des biens publics, la mise en place d’un service chargé du recensement, de l’évaluation et de la cession des véhicules et matériels hors service paraît indispensable. Ce dispositif devrait encadrer les modalités de vente dans une totale transparence et veiller à une gestion rigoureuse des fonds générés. À défaut d’une cession, il conviendrait d’évaluer la possibilité de remettre en service les véhicules et équipements encore fonctionnels, afin de les réaffecter aux services décentralisés qui en ont cruellement besoin. Une telle démarche présenterait un double avantage : d’une part, elle permettrait aux agents de l’État de disposer des moyens logistiques nécessaires à l’accomplissement de leurs missions et d’autre part, elle contribuerait à la préservation des finances publiques, tout en améliorant la sécurité et la salubrité dans les administrations.
Une administration publique en quête d’efficience
Dans plusieurs services décentralisés, les agents de l’État peinent à remplir leurs missions faute de ressources matérielles suffisantes. L’absence de véhicules de fonction et d’équipements adaptés entrave leur efficacité et freine le bon fonctionnement de l’administration. Dans ce contexte, il devient impératif d’adopter une approche plus pragmatique et plus efficiente, afin d’éviter le gaspillage des ressources publiques et de renforcer la performance de l’appareil administratif.
L’état, un grand consommateur aux pratiques coûteuses
Chaque année, l’État du Sénégal consacre des sommes colossales à l’achat de véhicules de fonction pour ses agents. Quand ils tombent en panne et, dans bien des cas, ne sont jamais réparés. Ils demeurent alors immobilisés pendant des mois, voire des années, sans qu’aucune initiative ne soit prise pour les récupérer ou, à défaut, les revendre au plus offrant.
Entre 2012 et 2020, l’État a ainsi dépensé 246 851 794 189 FCFA pour l’acquisition, l’entretien et la réparation de véhicules, ainsi que pour l’achat de carburant, soit une moyenne annuelle de 27,4 milliards FCFA. Une gestion plus efficiente des ressources permettrait d’optimiser ces dépenses et d’éviter des pertes financières considérables.
Une interrogation légitime sur l’avenir des véhicules des précédents régimes
À la suite de l’alternance politique, tous les véhicules de fonction de l’ancien régime ont été récupérés et ramenés à la présidence. Toutefois, leur destination reste inconnue. Qu’en a-t-on fait ? Ont-ils été redistribués, revendus ou laissés à l’abandon ? Par ailleurs, une nouvelle acquisition de véhicules de fonction serait prévue pour les députés de la 15ème législature.
Quid des véhicules de fonction de la 13ème législature et de la 14ème ?
Les véhicules de fonction de la 13ème législature ont été rétrocédés aux honorables députés, sur instruction des autorités d’alors. Car, ces dernières considéreraient, en effet, qu'un véhicule ayant parcouru un nombre conséquent de kilomètres en 5 ans était entièrement amorti. En revanche, pour la 14e législature, aucune dotation en véhicules n'a été prévue. Les députés ont bénéficié d’une indemnité forfaitaire.
Une réforme nécessaire pour une gestion plus vertueuse des ressources publiques
Le constat d’une accumulation de véhicules administratifs hors service et d’une gestion inefficace des ressources publiques souligne la nécessité d’une réforme en profondeur. L’État doit adopter une approche plus rationnelle et transparente en matière de gestion du patrimoine administratif.
Quid des véhicules de fonction de la 13ème législature et de la 14ème ?
Les véhicules de fonction de la 13ème législature ont été rétrocédés aux honorables députés, sur instruction des autorités d’alors. Car, ces dernières considéreraient, en effet, qu'un véhicule ayant parcouru un nombre conséquent de kilomètres en 5 ans était entièrement amorti. En revanche, pour la 14e législature, aucune dotation en véhicules n'a été prévue. Les députés ont bénéficié d’une indemnité forfaitaire.
Une réforme nécessaire pour une gestion plus vertueuse des ressources publiques
Le constat d’une accumulation de véhicules administratifs hors service et d’une gestion inefficace des ressources publiques souligne la nécessité d’une réforme en profondeur. L’État doit adopter une approche plus rationnelle et transparente en matière de gestion du patrimoine administratif.
La mise en place d’un service dédié à la revente et à la réaffectation du matériel hors d’usage, combinée à une politique de contrôle et d’optimisation des dépenses, constitue une solution pertinente pourlimiterles pertes financières et améliorer la performance de l’administration publique. En définitive, une gouvernance plus rigoureuse et une meilleure valorisation des actifs de l’État permettront non seulement de réaliser des économies substantielles, mais également d’assurer une utilisation plus efficiente des ressources nationales, au bénéfice de l’ensemble des citoyens.
Plus de 20 milliards de fcfa de loyers annuels
Malgré un patrimoine immobilier conséquent, l’État du Sénégal est paradoxalement devenu son propre bailleur. En effet, les charges locatives qu’il supporte constituent un poids considérable pour le contribuable sénégalais. Afin de loger ses services tant sur le territoire national qu’à l’étranger, l’État débourse annuellement plus de 20 milliards de francs CFA en loyers
Cette situation résulte, dans certains cas, de l’insalubrité et de la vétusté des bâtiments publics, rendant leur occupation impossible, et, dans d’autres cas, de la spoliation ou de la confiscation de biens immobiliers appartenant à l’État par d’anciens attributaires.
Face à cette problématique, la Société de Gestion du Patrimoine Bâti de l’État (SOGEPA-SN) entend pleinement exercer ses prérogatives afin de remédier à ces dysfonctionnements et de réduire significativement les charges locatives supportées par l’État
D’ailleurs, Me Abdoulaye Tine, président du Conseil d’Administration (PCA) de la SOGEPA-SN, a confirmé cette ambition lors d’une intervention sur SENEPEOPLE PLUS : « L’État du Sénégal dispose d’un important patrimoine bâti, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger, dont la gestion relève de la SOGEPA-SN. Nous œuvrons avec détermination afin de permettre aux services de l’État d’être logés dans les infrastructures publiques disponibles et ainsi de réduire des charges locatives qui s’élèvent à plus de 20 milliards de francs CFA par an. »
Elhadji Amadou Coulibaly, directeur adjoint à la direction du matériel et du transit administratif, à propos des véhicules administratifs en panne : « Les véhicules administratifs intègrent le patrimoine des services bénéficiaires »
Interrogé sur la gestion des véhicules administratifs en panne, stationnés dans les ministères, les services rattachés ou encore chez les mécaniciens, M. El Hadji Amadou Coulibaly, Directeur adjoint de la Direction du Matériel et du Transit Administratif (DMTA), a tenu à apporter des précisions. « Une fois réceptionnés, à la suite de la procédure d’appels d’offres respectant les règles de la commande publique, ces véhicules sont attribués aux ministères et services concernés, qui en assurent ensuite la gestion », a-t-il expliqué d’emblée. Dès leur affectation, ces véhicules relèvent donc du patrimoine des services bénéficiaires, qui en ont l’entière responsabilité.
Une gestion décentralisée des véhicules administratifs
La gestion de ces véhicules, qu’il s’agisse de leur entretien, de leurs réparations ou de leur mise hors service, est exclusivement du ressort des administrations bénéficiaires. En cas d’immobilisation prolongée ou d’usure avancée, il leur appartient d’initier la procédure de réforme.
Toutefois, cette démarche implique plusieurs autres entités de l’État. « Une fois le véhicule affecté, nous assurons le suivi, à travers le fichier automobile de l’État, ce qui nous permet de disposer de toutes les informations relatives à chaque véhicule », précise M. Coulibaly.
La Commission nationale de réception des véhicules, composée de plusieurs membres, dont la DMTA, est chargée d’enregistrer l’ensemble des caractéristiques techniques et financières des véhicules acquis : type, prix d’acquisition, numéro de châssis, source d’énergie, etc. Ce recensement permet à l’État de connaître précisément le parc automobile en sa possession.
Procédure de réforme des véhicules administratifs
Lorsqu’un véhicule devient vétuste ou que ses coûts d’entretien excèdent le coût d’acquisition d’un nouveau véhicule, il est recommandé de le sortir du patrimoine de l’État pour optimiser les dépenses publiques
« Il n’existe pas de délai précis pourla réforme d’un véhicule », souligne M. Coulibaly. « Cependant, lorsqu’un véhicule est trop ancien, gravement endommagé ou économiquement non viable à entretenir, il devient plus rationnel de le retirer du parc automobile de l’État. »Un processus de réforme qui implique plusieurs étapes, avec l’intervention de la DMTA et de la Commission de Contrôle des Opérations Domaniales (CCOD), jusqu’à la cession du véhicule à un tiers.
Un processus d’acquisition encadré
L’acquisition des véhicules administratifs utilitaires relève exclusivement de l’État, dans le cadre d’un programme annuel d’achat. Ce programme est géré par le Ministère des Finances, à travers la DMTA, et son enveloppe budgétaire est définie en fonction des ressources disponibles
«Nous procédons aux acquisitions en fonction des crédits alloués et non spécifiquement sur la base des demandes exprimées, car il est impossible de satisfaire l’ensemble des besoins », explique M. Cou libaly. « Une fois le budget défini, nous lançons les appels d’offres conformément aux procédures du Code des marchés publics. »
La répartition des véhicules entre les ministères fait également l’objet d’arbitrages successifs, d’abord au niveau de la DMTA, puis du Ministère des Finances, avant d’être validée parla Présidence de la République.
Des véhicules adaptés aux besoins administratifs
Les acquisitions portent principalement sur des véhicules utilitaires, destinés aux services administratifs : pick-up, camions, bus, scooters, etc. « Nous ne privilégions aucune origine particulière pour l’acquisition des véhicules. », précise M. Coulibaly. « Les fournisseurs soumettent leurs offres dans le cadre des appels d’offres, et l’attribution se fait selon les critères du Code des marchés publics. »
Que faire des véhicules en panne ?
Face à la présence de nombreux véhicules en panne au sein des administrations, certains suggèrent de les revendre à prix forfaitaire aux agents de l’administration ou de les valoriser en pièces détachées. Toutefois, M.Coulibaly rappelle que cette responsabilité incombe exclusivement aux services bénéficiaires. « Si un véhicule est affecté à un ministère qu’il s’agisse du ministère des Sports, de la Culture ou autre, c’est à ce dernier d’en assurer l’entretien, la réparation ou de décider de le mettre au rebut », explique-t-il. En revanche, la DMTA ne gère directement que les véhicules qui sont relèvent de son parc de son parc automobile.
Utilisation des véhicules administratifs : Quand Macky Sall promulguait trois nouveaux décrets !
En2021, face aux nombreux dysfonctionnements constatés dans la gestion des parcs automobiles des structures publiques, parapubliques et sociétés nationales, le président Macky Sall avait pris le décret n°2021-03du6janvier2021relatif aux véhicules administratifs.
Ce décret souligne que ces irrégularités pèsent lourdement sur les finances publiques. En effet, la gestion actuelle du parc automobile de l'État et de ses démembrements constitue une préoccupation majeure pour les pouvoirs publics.
Une réforme en profondeur pour une gestion plus efficiente
Afin de remédier à cette situation, le Chef de l'État a initié une réforme structurelle des modalités d’acquisition et de gestion des véhicules administratifs. Cette initiative vise principalement à réduire drastiquement les coûts liés à l’achat, l’utilisation, la réparation et l’entretien des véhicules administratifs ; à impliquer le secteur privé dans la prise en charge des besoins de déplacement des structures de l’Administration
Cette réforme devait ainsi optimiser la gestion du parc automobile et permettre une réallocation des ressources publiques vers des investissements productifs, contribuant ainsi à l’émergence du pays à l’horizon 2035.
Dans cette perspective, l’ancien Président de la République a institué, par arrêté n° 019124 du 18 juillet 2019, une commission chargée de la mise en œuvre du nouveau modèle de gestion du parc automobile de la Présidence de la République.
Un dispositif réglementaire plus strict
L’ex-Chef de l’État avait également mis en place un nouveau cadre réglementaire encadrant l’acquisition, l’affectation, l’utilisation etla cession des véhicules administratifs. « Concernant le Désormais, l’État du Sénégal prévoit l’attribution d’une indemnité forfaitaire globale et d’une indemnité kilométrique, en remplacement de l’octroi de véhicules de fonction à certains agents de l’administration. Cette réforme concerne l’ensemble des véhicules de l’administration publique et des sociétés nationales.
Vers un désengagement total de l’État
Cette réforme reposait sur un désengagement total de l’État dans la gestion des véhicules administratifs. « Cette réforme repose sur le principe du désengagement total de l’État dans l’acquisition et la gestion des véhicules administratifs, notamment en ce qui concerne les dépenses de carburant, d’entretien, de réparation, d’amortissement et d’assurance », précisait le communiqué officiel du Conseil des ministres. L’impact budgétaire attendu de cette réforme était estimé à 4,4 milliards de francs CFA par an, soit une économie totale de 22,7 milliards de francs CFA sur cinq ans, selon les prévisions du gouvernement.
Une gestion budgétaire plus efficace
Entre 2010 et 2020, l’État du Sénégal a décaissé 246,8 milliards de francs CFA hors structures para publiques, collectivités locales et sociétés nationales pour l’acquisition, l’entretien et la réparation de véhicules ainsi qu’à l’achat de carburant. Cette somme représentait une dépense annuelle moyenne de 27,4 milliards de francs CFA, selon les chiffres officiels. Avec cette réforme, l’État ambitionnait de réduire considérablement ces coûts, tout en garantissant un service administratif plus efficient et une meilleure allocation des ressources publiques. parc automobile de l’État, le président de la République a exigé du gouvernement l’élaboration d’un cadre réglementaire rigoureux sur l’acquisition, l’affectation, l’utilisation et la cession des véhicules administratifs. Par ailleurs, il a chargé le Premier ministre d’étudier la possibilité de remplacer les dotations budgétaires en carburant, entretien et réparation des véhicules par des indemnités de représentation. » Le président Macky Sall avait ainsi confirmé la volonté de l’État de rationaliser les dépenses publiques en matière d’acquisition et de gestion des véhicules administratifs
Par Vieux SAVANE
SOYONS LES ARCHITECTES DE NOTRE FUTUR
Convaincre de la survenue d’une aube nouvelle suppose de rompre avec le mauvais signal que sont ces hordes de jeunes que l’on encourage à s’exfiltrer sur des terres lointaines pour s’y retrouver à cueillir des fruits et légumes
Exprimant la conviction selon laquelle « notre développement est d’abord interne », le Premier ministre Ousmane Sonko a plaidé ces derniers jours pour une « mobilisation des ressources locales », « l’industrialisation du pays et le renforcement des capacités nationales afin de réduire la dépendance aux financements étrangers ». On ne peut que souscrire à une telle approche, en attendant de la voir s’amorcer avec foi et détermination, car une telle voie ne se construit pas d’un coup de baguette magique.
Au chef de l’Etat et à son gouvernement de sonner d’ores et déjà la mobilisation générale et de convaincre de la survenue d’une aube nouvelle. Ce qui suppose de rompre avec le mauvais signal que sont ces hordes de jeunes que l’on encourage à s’exfiltrer sur des terres lointaines pour s’y retrouver à cueillir des fruits et légumes. Ou pire encore, répondre à la demande d’envois de médecins, ingénieurs, au moment où l’on est soi-même confronté à des déserts sanitaires et à un déficit criant de compétences professionnelles et techniques.
Pour autant, feu Ki-Zerbo avait déjà prévenu de l’irresponsabilité à vouloir se « coucher sur la natte des autres ». Aussi, pour peu qu’on veuille être les architectes de notre futur, nous revient-il plutôt de construire des agropoles, des unités de santé, des infrastructures économiques, dans le but de semer les graines d’une future cueillette des fruits d’un savoir-faire endogène.
Considérons l’huile alimentaire ! On nous en vend de toutes sortes, sans qu’on ne sache pour certaines, leurs provenances ni leurs compositions, alors que l’huile d’arachide, plus adaptée à la cuisine locale, coûte affreusement cher, du fait de la graine éponyme massivement exportée. Comment par ailleurs comprendre qu’en Casamance, les fruits de saison, mangue, mandarine, orange, pourrissent au sol, alors qu’on pourrait les conserver ou les transformer. De même, comment comprendre l’exportation à grande quantité de noix de cajou sans aucune valeur ajoutée.
Parce qu’il est impérieux de « compter sur ses propres forces » comme l’indique le Premier ministre, en clin d’œil à un slogan maoïste, se pose alors l’urgence de l’incarner véritablement.
Avant d’extirper la Chine de la pauvreté et d’en faire ce qu’elle est devenue aujourd’hui, à savoir la deuxième puissance économique du monde, ses habitants se sont donnés sans compter, travaillant jour et nuit dans des conditions difficiles. Au regard de la précarité et de la rareté des moyens disponibles, ils roulaient à bicyclette, disposaient de bataillons de médecins aux pieds nus sillonnant les campagnes les plus reculées, traquaient la corruption. Loin des défilés de mode et des paillettes, hommes et femmes, jeunes et vieux, dirigeants, intellectuels, paysans, portaient avec simplicité la sommaire tenue de travail dite « Mao ».
Responsabilité générationnelle
Certes, notre époque est autre mais demeure le fait qu’aucun grand dessein ne peut s’accomplir sans effort, sans sacrifice, sans humilité, sans conviction. C’est pourquoi, pour rompre avec la désespérance qui travaille de nombreux segments de la société, revient-il au gouvernement que dirige le Premier ministre Ousmane Sonko d’administrer une thérapie de choc. A lui de dérouler une autre perception du pouvoir, comme une formidable opportunité pour mettre le destin national sur les rails de trajectoires susceptibles de modifier par l’exemple les manières d’être et de faire. Ce qui suppose une rupture radicale qui ne saurait souffrir de certaines pratiques consistant à vouloir récompenser des compagnons de lutte au détriment de la compétence, encore moins tolérer la « transhumance » sur fond de sordides calculs de politique politicienne. Au demeurant, les complaintes complétement décalées de ministres de la République qui se morfondent sur la petitesse de leurs salaires vont à rebours de cela. A eux, il convient de rétorquer que l’on n’entre pas dans un gouvernement pour gagner de l’argent mais pour se mettre au service de l’Etat. Leur mission sacerdotale est donc de sublimer par l’exemple l’élan patriotique en promouvant la valeur travail et la probité.
Dans notre histoire récente on peut relever que le monde du football a bien dessiné ce chemin, avec l’érection d’écoles dédiées, la détection précoce de talents qui, à l’issue d’un bon encadrement et d’une bonne formation, sont susceptibles d’aller à l’assaut du marché national et international. Et nos entraîneurs ne sont pas en reste puisqu’ils ont montré à force de travail, d’audace et sans aucun complexe, qu’il n’était point « de sorciers blancs » mais de confiance en soi et de refus de la facilité. Avec Sadio Mané, Ismaëla Sarr, Lamine Camara et tant d’autres issus de nos centres de formation, on comprend désormais que l’excellence peut se conjuguer à partir d’un ancrage local.
Au plan musical et de la danse, il est important de célébrer le rôle pionnier de Germaine Acogny, d’un artiste comme Youssou Ndour, pour avoir complètement déconstruit ce qui les avait précédés, et qui consistait à croire que l’on ne pouvait réussir dans la musique et la danse, qu’en s’exilant ou à défaut, faire le lit de la dépravation des mœurs. Germaine Acogny, Youssou Ndour, Ismaëla Lô, Omar Pene, Didier Awadi, Coumba Gawlo Seck, pour ne citer que ceux-là, sont aujourd’hui la preuve vivante et vibrante de ce possible qui épouse la réalité.
Comment comprendre alors, près de 3 générations après l’indépendance que le Sénégal soit encore confronté dans certains secteurs à un archaïsme qui dénote un terrible déficit d’ambitions ? Globalement, l’agriculture plombée par une technologie désuète vit au rythme des saisons, l’élevage n’arrive pas à produire une réserve fourragère pour sédentariser le bétail.
Et pourtant, l’un des piliers de la souveraineté alimentaire repose sur le développement d’une agriculture locale résiliente et durable. Aussi, un gouvernement soucieux de renforcer son indépendance alimentaire doit-il investir massivement dans les infrastructures agricoles, soutenir la formation des agriculteurs et favoriser les circuits courts. Des politiques de subvention aux exploitations locales et de protection contre la concurrence déloyale des produits importés deviennent alors essentielles.
Le développement de la recherche en agroécologie et en technologies agricoles est également un levier d’importance. En adaptant les cultures aux conditions climatiques locales et en limitant la dépendance aux intrants importés (semences, pesticides, engrais), un pays peutrenforcer sa sécurité alimentaire tout en réduisant son impact écologique.
Comment comprendre par ailleurs que bénéficiant presque toute l’année d’un soleil généreux, on ne mette point les bouchées doubles sur cette énergie renouvelable, un autre domaine clé de la souveraineté. Réduire la dépendance aux énergies fossiles (jusqu’ici importées) passe en effet par une transition vers des sources d’énergie renouvelables locales, et le solaire en est une. Et nous l’avons gratuitement. L’Etat doit par conséquent encourager ces développements à travers des incitations fiscales, des investissements dans les infrastructures et un soutien aux entreprises innovantes du secteur.
Surtout que dans ce pays sourd une formidable énergie. Sur tous les plans, des jeunes notamment, filles et garçons, exhibent leurs capacités à rivaliser avec n’importe qui et dans tous les secteurs. La pandémie de la Covid a ainsi été un moment extraordinaire de créativité avec nos médecins et chercheurs, nos tailleurs, nos inventeurs. Les compétences sont là. Et le rôle du gouvernement, c’est précisément de créer les conditions pour que puissent s’exprimer et s’’épanouir les talents, dans un environnement approprié.
Nous sommes nos propres ennemis
Les générations précédentes ont faire leur part. Elles ont construit un pays autour de l’idée de Nation, de République démocratique et laïque à la mode d’un pays ouvert sur la diversité et le sentiment de commune appartenance. Elles ont lutté contre l’hyper présidentialisme, pour les libertés, pour l’égalité hommes/femmes, et rendu possibles les alternances politiques.
A la nouvelle génération de faire sa part en approfondissant cet héritage, au service d’un pays préoccupé du mieux-être des populations, notamment les plus démunies.
Si les annonces du Premier ministre vont dans le bon sens, cela voudrait signifier qu’on en finisse avec les discours qui se défaussent sur le passé colonial et sur l’arrogance hégémonique des puissances occidentales ou l’incompétence des régimes précédents. Il est question aujourd’hui, tout en oublient rien de tout cela, de ne plus subir mais d’être les sujets de notre histoire. Au gouvernement de montrer la voie et d’être concentré sur les changements à promouvoir et non sur le fait de vouloir s’éterniser au pouvoir. Une perspective qui, si elle s’avérait, serait synonyme de compromissions, de renoncements et surtout grosse de toutes les désillusions.
L’équation est pourtant simple, à l’image du choix qui s’est posé à Lee Kuan Yew, premier Premier ministre de Singapour, et décliné en cette alternative : « Voler l’argent de l’Etat, enrichir mes amis et mes parents, appauvrir mon pays, et en conséquence mettre mon peuple dans la misère » ou alors « Servir mon peuple et faire rentrer mon pays dans le rang des 10 meilleurs Nations ». Ayant opté pour le deuxième terme, les résultats n’ont pas tardé, à force de rigueur et d’engagement, puisqu’en moins d’une génération, Singapour est passé du statut de pays-sous développé et corrompu à celui de géant économique. Tout est donc possible pour peu que cela s’articule autour de choix ayant le Sénégal à cœur.
Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko doit s’inscrire dans cette dynamique de transformation. Il ne s’agit plus d’un simple changement d’équipe, mais d’un changement de paradigme. L’exercice du pouvoir doit être perçu comme une opportunité unique de mettre le pays sur une trajectoire nouvelle, où l’exemplarité des dirigeants inspire l’ensemble de la société. Cette exigence de rigueur et d’intégrité impose un refus catégorique de certaines pratiques anciennes, motivées par des intérêts personnels, familiaux et claniques.
En cela il est question de respect du serment constitutionnel, de refus de se laisser enivrer par les effluves du pouvoir. Ce sont là des conditions impérieuses pour qui veut opérer des conquêtes, avancer et conquérir le monde. Elles supposent en effet humilité, volonté d’aller de l’avant et aident surtout à rester être sourd aux vociférations insoutenables des courtisans. On commence déjà à les entendre, à les voir s’agiter de plus en plus, à l’image de ces gens-là qui appellent à ériger une stèle pour commémorer on ne sait quoi, dans la rue qui abrite le domicile privé de Ousmane Sonko. Des broutilles sans intérêt, mais dangereux, puisque installant insidieusement dans un culte de la personnalité, genre « Maréchal nous voilà », façon Bokassa, Mobutu, Deby, à l’origine de tant de dérives sur le continent. Nous sommes décidément nos propres ennemis.
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LES UNES DE LA PRESSE DE CE LUNDI 10 FEVRIER 2025
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Les belles feuilles de notre littérature par Amadou Elimane Kane
MARIAMA BÂ, L’ŒUVRE MAJEURE
EXCLUSIF SENEPLUS - À travers son récit, c’est l’histoire du Sénégal qui apparaît en filigrane avec ses oppositions et son lot d’absurdité, ses contrastes entre caste et liberté, cet entre-deux monde de la culture nègre
Notre patrimoine littéraire est un espace dense de créativité et de beauté. La littérature est un art qui trouve sa place dans une époque, un contexte historique, un espace culturel, tout en révélant des vérités cachées de la réalité. La littérature est une alchimie entre esthétique et idées. C’est par la littérature que nous construisons notre récit qui s’inscrit dans la mémoire. Ainsi, la littérature africaine existe par sa singularité, son histoire et sa narration particulière. Les belles feuilles de notre littérature ont pour vocation de nous donner rendez-vous avec les créateurs du verbe et de leurs œuvres qui entrent en fusion avec nos talents et nos intelligences.
Le récit de Mariama Bâ, Une si longue lettre, appartient assurément au patrimoine culturel africain, comme une œuvre intemporelle et universelle qui résonne au panthéon de la littérature avec précision et émotion. C’est que cette longue confession épistolaire d’une femme, Ramatoulaye, qui relate à sa meilleure amie les étapes de sa vie avec ses joies et ses douleurs, contient une vérité puissante, à la fois de manière littéraire et de manière profondément humaine.
Mariama Bâ, à travers des problématiques qui semblent au départ très personnelles, ouvre le débat sur les contradictions de la société sénégalaise contemporaine. Elle y évoque tour à tour le mariage, la mort, la maternité, la polygamie, l’hypocrisie qui entoure les rituels sociaux, la pauvreté des esprits parfois et la cruauté éblouissante de la vie.
Célébrant la force des femmes, leur courage, leur abnégation, Mariama Bâ, par cette longue lettre, dénonce toutes les injustices dont elles sont trop souvent victimes. Ces vies brisées sont le résultat de la société des hommes qui ne regarde pas assez l’incroyable créativité et l’intelligence féconde des femmes.
Femme de tête et appartenant à l’élite sénégalaise, Ramatoulaye traverse une période douloureuse, celle de la retraite traditionnelle liée à son veuvage, réclusion amère qui devient le récit du livre, celui de sa vie qui, si elle fut lumineuse en certains aspects, contient aussi des ombres indissociables qui alourdissent son regard.
À travers ce récit, c’est aussi l’histoire du Sénégal qui apparaît en filigrane avec ses oppositions et son lot d’absurdité, ses contrastes entre tradition et modernité, entre caste et liberté, entre chien et loup, cet entre-deux monde de la culture nègre et celle dévastatrice et imposante de l’univers occidental qui brouille les cartes et chasse les identités profondes tout en révélant un malaise culturel, héritage de la colonisation et de l’autonomie des Indépendances à reconquérir. Formidable époque d’espérance toutefois où l’unité est clamée comme une évidence. Quelques lignes du livre servent aussi à dénoncer déjà le gaspillage républicain, la corruption vermine prête à se lever pour tout dévaster.
L’importance de l’éducation et du savoir est également une des pierres angulaires du livre, le sacerdoce de Mariama Bâ qui se pose comme une auteure engagée, une philosophe inspirée d’une esthétique littéraire marquée par le bouleversement, par la réflexion faite de lumières, par la compréhension humaine et par l’efficacité.
Femme de lettres, intellectuelle et ayant reçu une éducation traditionnelle et religieuse, Mariama Bâ était aussi une militante de la cause des femmes, dénonçant ardemment la polygamie et le cloisonnement des castes. En deux livres seulement, elle a su dire, de manière sensible et talentueuse, l’essentiel des controverses de notre société. Comment ne pas voir, de façon assez troublante d’ailleurs, à travers les traits de Ramatoulaye, au moyen de sa voix, le combat de Mariama Bâ. En dévoilant ses sentiments intimes, pourtant jamais déplacés, Mariama Bâ touche tous les cœurs et engage une réflexion profonde de la condition des femmes, tout en dessinant la dureté de certains hommes veules.
Il y a aussi dans ce livre des fulgurances poétiques, des métaphores savamment construites qui expliquent sans lourdeur les complexités humaines. La plume de Mariama Bâ est à la fois assurée, pleine et fragile, comme la mère soucieuse qu’incarne Ramatoulaye : « On est mère pour illuminer les ténèbres. On est mère pour couver, quand les éclairs zèbrent la nuit, quand le tonnerre viole la terre, quand la boue enlise. On est mère pour aimer, sans commencement ni fin. » Veuve et refusant une nouvelle union, elle doit assumer toute la charge de son foyer. Ou encore quand elle installe une réflexion ample et vaste de la condition des hommes, de tous les êtres : « Les mêmes remèdes soignent les mêmes maux sous tous les cieux, que l’individu soit noir ou blanc : tout unit les hommes. »
Cette si longue lettre est aussi une parole qui vibre puissamment à travers un verbe immensément beau : « j’aurai autour de moi l’iode et le bleu de la mer. Seront miens l’étoile et le nuage blanc. Le souffle du vent rafraîchira encore mon front. Je m’étendrai, je me retournerai, je vibrerai. »
Voyant approcher la dernière page en refermant le livre, on a un sentiment de tristesse car on a partagé ce destin littéraire et Ramatoulaye est devenue une alliée, comme une sorte de confidente. Ainsi les femmes, toutes les femmes, à travers le regard de Mariama Bâ, incarnent le discernement, la tendresse, la grandeur et portent en elles une lumière incandescente, immortelle qui nous berce comme un chant sacré.
Amadou Elimane Kane est écrivain, poète.
Un chant écarlate, Les Nouvelles éditions Africaines, Dakar, 1981
Une si longue lettre, éditions Le Serpent à Plumes, collection Motifs, Paris, 2001