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5 avril 2025
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KHADY DIENE GAYE VEUT METTRE LES ACTEURS DE LA LUTTE AU PAS
Invitée de l'émission "Objection" ce dimanche, la ministre des Sports met fin au laxisme dans l'organisation des combats de lutte. Désormais, le dernier coup d'envoi sera sifflé à 18h30, sans exception
La ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Mme Khady Diene Gaye, était l'invitée de l'émission "Objection" sur Sud FM ce dimanche 23 mars 2025. Parmi les sujets abordés, la question de l'indiscipline dans la lutte a particulièrement retenu l'attention.
Face aux problèmes récurrents de sécurité lors des combats de lutte, Mme Gaye a annoncé une série de mesures strictes qui seront désormais appliquées. "J'ai reçu l'ensemble des acteurs, les promoteurs, les associations de lutteurs, ainsi que le CNG de lutte, et plusieurs résolutions ont été adoptées," a-t-elle expliqué.
"Désormais, le dernier combat devra commencer au plus tard à 18h30, pour une fin à 19h, ce qui permettra à tous les spectateurs d'évacuer le stade en toute sécurité." Elle a insisté sur le fait que cette règle devra être "scrupuleusement respectée par les différents acteurs."
Autre point crucial abordé par la ministre : le respect des itinéraires prédéfinis pour les cortèges des lutteurs. "Très souvent, les champions demandaient le changement d'itinéraires au dernier moment, ce qui entraînait des problèmes de planification et de sécurisation," a-t-elle précisé. Dorénavant, "les lutteurs devront se conformer strictement aux itinéraires tracés en amont."
Concernant la billetterie, Mme Gaye a confirmé que les promoteurs n'émettront jamais plus de 20 000 billets pour l'arène nationale, dont la capacité est de 22 000 places. Les places restantes seront réservées aux accompagnants des lutteurs, aux membres du CNG et aux personnes concernées par le combat.
La ministre a également annoncé la création de portes d'entrée supplémentaires pour les lutteurs. "Souvent, ils se croisent au niveau de la même porte d'entrée à la même heure, ce qui était à l'origine d'échanges verbaux aboutissant parfois à des bagarres," a-t-elle expliqué.
Durant l'entretien, Mme Gaye a également abordé d'autres aspects de sa politique, notamment son plan d'investissement de 3,225 milliards FCFA pour la création de 25 plateaux sportifs multifonctionnels dans différentes communes, ainsi que ses projets pour le développement culturel.
Concernant la transparence dans la gestion, elle s'est engagée à mettre en place une revue trimestrielle de l'utilisation des fonds. "Je n'attendrai pas la fin de l'année budgétaire pour contrôler l'utilisation des ressources," a-t-elle assuré.
Native de Dakar mais ayant grandi à Joal-Fadiouth, Mme Gaye a rejoint le parti Pastef dès sa création en 2014. Après un an à la tête de ce ministère stratégique, elle reste convaincue que le sport et la culture sont des vecteurs essentiels de cohésion sociale et de développement pour la jeunesse sénégalaise.
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LES 3 MOMENTS FAVORIS OÙ L'HUMAIN MENT
La manipulation et le truquage d’images ne sont pas une nouveauté dans le monde de la communication. Mais avec le numérique et l’avènement des intelligences artificielles, ces phénomènes prennent une autre dimension.
Invité à discuter des intelligences artificielles et de leur risque pour certaines personnes dans l’émission Les Carnets culturels, Djiby Diakhaté a, d’entrée de jeu, tenu à souligner les moments propices où l’être humain ment sans sourciller. Il s’agit des périodes préélectorales, des périodes de guerre et de l’après-chasse. Le sociologue explique amplement les raisons dans l’extrait de cette émission produite par Le Carré culturel.
La manipulation et le truquage d’images ne sont pas une nouveauté dans le monde de la communication. Mais avec le numérique et l’avènement des intelligences artificielles, ces phénomènes prennent une autre dimension dans un contexte où les IA concurrencent rudement l’intelligence humaine. En effet, il est aujourd’hui facile de faire accepter une image générée par une IA, même si, dans la réalité, elle n’existe pas. Djiby Diakhaté a analysé une série d'images truquées ou générées par l'intelligence artificielle.
Pour lui, l'avènement de l'intelligence artificielle porte le mensonge à un autre niveau, bouleversant la vie en société. Ainsi, le sociologue attire l'attention sur les deepfakes, qui visent à manipuler l'opinion, y compris dans la création des savoirs. Par exemple, la tricherie avec les IA est aujourd'hui technicisée, l'homme étant, in fine, devenu l'outil de ses propres outils qu'il a créés.
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LE MIRAGE DES RÉSEAUX SOCIAUX
Moise Inandjo est un romancier qui consacre l’essentiel de ses romans à des sujets visant à préserver les jeunes et les adolescents des fléaux pouvant gâcher leur vie d’une manière ou d’une autre. M. Inandjo est l'invité des Carnets culturels
Dans son dernier roman, Le Mirage des réseaux sociaux, édité par Le Carré culturel, le fonctionnaire international met en garde contre le piège qui guette les jeunes dans le mésusage des réseaux sociaux numériques. Invité des Carnets culturels, l’écrivain revient en détail sur sa production littéraire et, en particulier, sur son dernier ouvrage.
À travers ce roman, l’auteur raconte l’histoire d’un jeune étudiant africain parti étudier à l’étranger et qui, pris dans l’engrenage des réseaux sociaux, abandonne ses études pour se lancer dans une « carrière d’influenceur ». Une activité qui lui réussit au début, puisqu’il gagne rapidement en célébrité et parvient à amasser de l’argent. Mais, au fil du temps, il en veut toujours plus pour maintenir son train de vie, au point de sombrer dans la cybercriminalité et d’autres activités illicites, telles que le trafic de drogue. Finalement, il n’obtiendra aucun diplôme et finira en prison, entraîné dans une véritable descente aux enfers qui le conduira même à tuer ses propres parents.
Sociologue de formation, Moise Inandjo fait partie des écrivains les plus productifs du Togo. Sa plume est reconnue dans son pays, notamment parce qu’un de ses ouvrages est inscrit au programme scolaire. Il a également été lauréat d’un prix littéraire au Togo.
KEN BUGUL, UNE LEÇON DE SPIRITUALITÉ ET DE RÉSILIENCE
Honorée d'un doctorat Honoris Causa, l'écrivaine sénégalaise partage sa vision d'une société où l'indifférence gagne du terrain. "Je mourrai debout", affirme celle qui a fait de la résistance à la fatalité son credo
L'écrivaine sénégalaise Ken Bugul était l'invitée de l'émission "BL" animée par Pape Alioune Sarr, ce jeudi 19 mars 2025. Dans cet entretien profond et touchant, l'auteure du "Baobab fou" a livré une véritable leçon de spiritualité et partagé sa vision de la société contemporaine.
Récemment honorée d'un doctorat Honoris Causa par l'Université de La Laguna pour l'ensemble de son œuvre, Ken Bugul est revenue sur cette distinction qu'elle considère comme "un grand honneur". Cette reconnaissance internationale témoigne de l'impact de ses écrits sur plusieurs générations de lecteurs.
"Je mourrai debout", affirme celle qui a fait de la résilience sa philosophie de vie. L'écrivaine établit une distinction claire entre destin et fatalité : "Le destin, c'est le kit avec lequel on naît, tandis que la fatalité est une démission rapide face aux difficultés temporaires." Cette approche lui a permis de surmonter les nombreuses épreuves jalonnant son parcours.
La spiritualité occupe une place centrale dans la vie de Ken Bugul. Pour elle, il s'agit d'une quête permanente qui transcende le simple cadre religieux : "Du dogme à la connaissance, il faut toujours être dans la quête de Dieu. Plus on pense l'avoir trouvé, plus il nous dépasse."
L'auteure s'est également inquiétée de l'indifférence grandissante dans la société, particulièrement envers les jeunes. Évoquant le suicide récent de l'étudiant Matar Diagne, elle dénonce l'absence de "garde-fous" pour récupérer ceux qui souffrent : "Personne n'a le temps de personne. Les gens ne se parlent plus, ne s'écoutent plus, ne se regardent plus."
Ken Bugul a également tenu à rappeler le rôle fondamental mais souvent occulté des femmes dans les traditions spirituelles : "Sans les femmes, il n'y aurait pas eu de religion." Elle illustre son propos par des exemples tirés des trois religions monothéistes, où les femmes ont joué un rôle déterminant bien que rarement mis en lumière.
Son œuvre littéraire, initialement conçue comme une démarche personnelle de guérison, s'est révélée thérapeutique pour de nombreux lecteurs. "L'écriture qui répare", comme l'a qualifiée un professeur camerounais, trouve aujourd'hui un écho renouvelé auprès d'une jeune génération qui redécouvre ses livres.
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LA POLÉMIQUE MOUSTAPHA SARRÉ
En affirmant que Moustapha Ba a été "tué dans des conditions troubles", le porte-parole du gouvernement a franchi une ligne rouge que sa clarification ultérieure peine à effacer. Pendant ce temps, l'enquête pour "mort non naturelle" suit son cours
Lors d'une intervention qui circule largement sur les réseaux sociaux, Moustapha Sarré, porte-parole du gouvernement, a tenu certains propos, suscitant de vives réactions. "Il a été tué dans des conditions troubles", avait-il affirmé en parlant de l'ancien ministre des Finances et du Budget, Mamadou Moustapha Ba. Le ministre a ajouté que "plusieurs jours" se seraient écoulés avant que des informations sur les circonstances du décès ne soient rendues publiques, soulevant selon lui des questions légitimes sur ce qui s'est réellement passé.
Ces déclarations prennent une dimension particulière dans la mesure où la mort de l'ancien argentier national survenue en France en novembre dernier, fait actuellement l'objet d'une enquête judiciaire. Le procureur de la République avait d'ailleurs justifié l'ouverture de cette procédure en évoquant explicitement une "mort non naturelle"
Face à l'ampleur prise par la controverse, Moustapha Sarré a tenu à clarifier sa position dans une publication sur sa page Facebook ce mercredi 19 mars 2025. Le ministre y affirme que ses propos ont été sortis de leur contexte et manipulés pour créer une polémique stérile.
"Quand on manque d'arguments, on fabrique des polémiques," écrit-il, ajoutant que "les champions du maquillage des chiffres et de la diversion tentent aujourd'hui d'exister autrement qu'en assumant leur bilan."
Il précise surtout que, "comme tout citoyen", il a simplement exercé son "droit de s'interroger sur des faits marquants de notre actualité, sans pour autant faire d'affirmations".
Cette controverse s'inscrit dans un climat politique particulièrement tendu au Sénégal, où le nouveau régime procède à l'examen minutieux de la gestion de l'administration précédente.
"Pendant qu'ils polémiquent, nous avançons, déterminés à bâtir un Sénégal nouveau, sur la base de la vérité, de la rigueur et du développement pour tous", le porte-parole du gouvernement dans sa publication.
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IMMERSION AU CENTRE D’ACCUEIL DES MIGRANTS CLANDESTINS RESCAPES DE ROSSO SENEGAL
Candidats malheureux à l’émigration clandestine, ils ont été expulsés de Mauritanie alors qu’ils tentaient de rallier l’Espagne. Soleil Digital a réalisé une immersion au sein du centre pour en savoir plus.
La plupart des migrants pris en charge par le comité local de la Croix-Rouge de Rosso-Sénégal sont de nationalité malienne. Candidats malheureux à l’émigration clandestine, ils ont été expulsés de Mauritanie alors qu’ils tentaient de rallier l’Espagne. Soleil Digital a réalisé une immersion au sein du centre pour en savoir plus.
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CONTRE LA BRUTALISATION DU MONDE
Dominique de Villepin dénonce un "impérialisme hybride" qui menace les démocraties occidentales. Entre trumpisme et poutinisme, il dessine les contours d'une nouvelle guerre froide idéologique
(SenePlus) - Dans une conférence prononcée le 5 mars 2025 à l'amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a livré une analyse incisive de la situation géopolitique mondiale, mettant en garde contre ce qu'il nomme un "impérialisme hybride".
Face à un auditoire attentif, de Villepin a placé son intervention sous l'égide de trois figures tutélaires : Paul Sellan, Albert Camus et le Sapeur Camembert, pour appeler à la hauteur républicaine, à l'esprit de mesure et à la lucidité face à l'accélération inquiétante de l'Histoire.
Pour l'ancien chef du gouvernement, le monde fait face à un phénomène qui dépasse la simple personne de Donald Trump : "Nous sommes entrés dans une phase marquée par ce que j'appellerais un impérialisme hybride", a-t-il affirmé, décrivant un projet visant à faire des Européens "des vassaux politiques, des colonies numériques et des régimes frères comme jadis en Europe de l'Est".
De Villepin identifie dans cette dynamique une convergence entre le projet trumpiste américain et celui de Vladimir Poutine, tous deux cherchant à "écraser la démocratie libérale". Ce mouvement se caractérise selon lui par "un refus fanatique de toute limite" - qu'elles soient climatiques, géopolitiques ou constitutionnelles.
L'ancien ministre des Affaires étrangères met en garde contre l'engrenage de la violence qui s'auto-alimente par la fascination, l'exaltation de la virilité et la promesse illusoire d'une réparation des torts. "La logique de la préférence nationale est un ticket sans retour", a-t-il averti.
Face à ces menaces, de Villepin propose trois atouts pour résister : la confiance en nos valeurs républicaines, la ruse stratégique pour éviter l'affrontement direct, et la capacité à se métamorphoser comme les démocraties l'ont fait face aux crises précédentes.
"Nous perdrons des combats, nous devrons faire dans les prochains mois, les prochaines années, des sacrifices douloureux", a reconnu l'ancien Premier ministre, avant de conclure par un appel vibrant à la jeunesse : "Il vous reviendra à vous, la jeunesse de notre pays, de porter le flambeau républicain [...] pour défendre une certaine idée de la France."
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LA COM DE L'OPPOSANT SONKO PASSÉE AU LASER
La politique, c’est aussi de la communication. Et la communication politique a ses codes, dont le bon usage peut permettre d’atteindre ses objectifs. Dans ce numéro des Carnets culturels, le Pr Djiby Diakhaté décrypte la communication de l’opposant Sonko.
Il y a un peu plus de deux ans, l’actuel Premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko, était un opposant farouche au régime de Macky Sall, qu’il n’a jamais ménagé. En plus de son courage physique, voire de sa témérité, M. Sonko possède des atouts en matière de communication qui captivent. Doté d’une aisance oratoire et d’une capacité à haranguer les foules, il a su mobiliser une large base de partisans pendant des années jusqu'à réussir à réaliser une nouvelle alternance avec son jeune parti.
Pendant près d’une décennie, il a été un véritable empêcheur de tourner en rond pour le pouvoir de Macky Sall, une pierre dans la chaussure du chef de l’État. Sa promesse de changement pour les Sénégalais était claire et précise.
Après avoir traversé de nombreuses épreuves et connu la case prison, Ousmane Sonko est finalement arrivé aux affaires, entraînant dans son sillage l’élection de l’un de ses plus fidèles lieutenants à la présidence de la République : B. Diomaye Faye.
L’universitaire Djiby Diakhaté revient de manière rétroactive non pas sur la communication non pas du Premier ministre, mais de l’opposant Ousmane Sonko, et plus précisément sur les images de sa communication lors de la cérémonie de présentation de son livre-programme Solutions, au plus fort de son opposition à Macky Sall.
L'ÉTAT EST DANS SON ROLE DE PREVENTION
Invité de l’émission Objection de la radio Sudfm, Momar Thiam est formel sur la procédure de reddition des comptes et sur la loi d’amnistie, il souligne que la majorité des Sénégalais veut que les responsabilités soient situées
Selon l’ancien membre du Pôle de communication de la présidence de la République sous le régime libéral du Président Abdoulaye Wade, Momar Thiam, la procédure de reddition des comptes initiée par le nouveau régime à travers le Pool judiciaire financier « est une exigence démocratique ». Invité de l’émission Objection de la radio Sudfm hier, dimanche 16 mars, Momar Thiam qui est par ailleurs docteur en communication politique a précisé au sujet des mesures d’interdiction de sortie du territoire national contre certains responsables de l’ancien régime du président Macky Sall que l'État est dans son rôle de prévention du bon fonctionnement de la procédure de reddition des comptes.
L ’ancien membre du Pôle de communication de la présidence de la République sous le régime libéral du Président Abdoulaye Wade est formel en déclarant que « la reddition des comptes est une exigence démocratique ». Invité de l’émission Objection de la radio Sudfm hier, dimanche 16 mars, Momar Thiam par ailleurs docteur en communication politique a précisé au sujet des mesures d’interdiction de sortie du territoire national contre certains responsables de l’ancien régime que l'État est dans son rôle de prévention du bon fonctionnement de la procédure de reddition des comptes en cours au niveau du nouveau Pole judiciaire financier. S’exprimant sur le cas spécifique du beau-frère de l’ancien président de la République, Mansour Faye, qui a été refoulé à deux reprises à l’aéroport international Blaise Diagne alors qu’il voulait embarquer à destination de la Mecque via Paris, l’expert en communication politique et directeur de l’école HEIC de Dakar, estimant que le temps de la justice n'est pas le temps de l'opinion dans sa majorité encore moins celui des médias, a indiqué que même si ce dernier n’est pas officiellement visé par une procédure judiciaire qui lui interdit de quitter le territoire, la puissance publique peut s'exercer sur lui.
Pour justifier sa position, Momar Thiam rappelle que Mansour Faye est non seulement « un acteur politique majeur » mais aussi « fait partie de ceux qui étaient là à gérer le pouvoir de 2012 à 2024. « Il a eu à gérer des deniers publics et même au-delà parce qu'on se souvient malheureusement de la période de COVID. Et tout ça lui incombe à partir du moment où il était ministre en charge de ces questions-là. Donc forcément, ce n'est pas que l'État soupçonne mais vous êtes l'acteur principal qui peut éclairer la lanterne de la justice et audelà des Sénégalais sur cette question-là », a-t-il lancé au sujet de l’actuel maire de Saint-Louis avant d’ajouter. « Sous ce rapport, l'État, de par sa puissance publique, s'arroge le droit de dire, Ecoutez, vous, vous ne pouvez pas vous déplacer par le biais de mesures conservatoires. Ce sont des mesures conservatoires ».
Poursuivant son propos, l’expert en communication a également tenu à souligner que Mansour Faye, malgré le tapage médiatique autour de lui, n’est pas un cas isolé dans le cadre des interdictions de sortie du territoire national. À cet égard, il estime que si l’on parle de lui, c’est peut-être parce qu’il est le beau-frère du président de la République et le frère de l’ancienne Première dame. Car, a-t-il tenu à faire remarquer, « d'autres responsables de l’ancien régime ont également été interdits de sortie du territoire national, comme l'ancien directeur général de Petrosen Trading et Services, et pourtant, cela n'avait pas suscité autant de bruit, hormis la déclaration qu’il avait faite. Il est toujours là et s’est lui-même mis à la disposition de la justice pour que cette question soit éclaircie. D’autres cas ont également été révélés par la presse sans provoquer de polémique. »
Ainsi pour revenir sur le bienfondé de cette mesure d’interdiction de sortie du territoire national, Momar Thiam rappelle le cas de « responsables de l’ancien régime qui sont indexés par l'opinion dans sa grande majorité et par les tenants du pouvoir en place mais qui ont pu quitter le territoire national bien avant même l’entrée en fonction du nouveau pouvoir. « Je veux parler de l'ancien directeur de la poste. D’ailleurs, je viens d'apprendre qu'il est passé par Ziguinchor pour aller à Bissau et de là-bas, il a pris l'avion pour aller au Canada. Pour toutes ces questions-là, l'État est dans son rôle de prévention. La prévention de l'État, ce n’est pas uniquement à destination des citoyens, c'est aussi à destination de ceux qui ont eu à gérer des deniers publics et qui doivent être à la disposition de la justice parce qu'il y a peut-être des instructions en cours qui font qu’on ne peut pas les laisser partir. L'État est donc dans son rôle. Il fait de la prévention. Mieux vaut prévenir que guérir. Sans que cela ne puisse un peu déroger la liberté de circulation ».
CONTROVERSE AUTOUR DE LA LOI D’AMNISTIE : «La majorité des Sénégalais veut que les responsabilités soient situées»
Interpellé par ailleurs sur la controverse autour de la loi d’amnistie, avec le député Thierno Alassane Sall qui a déposé une proposition de loi portant abrogation pure et simple de cette dite loi rejetée par le bureau de l’Assemblée nationale au profit de celle d’Amadou Ba qui a proposé une loi d’interprétation, Dr Momar Thiam ‘est voulu explicite. « La proposition de Thierno Alassane Sall était en droite ligne de ce qui a été promis par ceux qui étaient hier dans l’opposition et aujourd’hui qui ont les rênes du pouvoir. On a vu que le débat a finalement glissé vers une proposition de réforme partielle ou d’interprétation. Forcément, certains y voient des velléités de protéger les uns pour exposer les autres », a-t-il indiqué avant de faire remarquer. « Compte tenu de la gravité de la situation avec les émeutes qu’il y a eu, le nombre de morts, plus de 80, et la destruction des biens, il faudrait, à mon sens, que le mot partiel soit évité ».
DIALOGUE TRIPARTITE ETAT-PATRONAT-SYNDICATS : «Il faut tout faire que cette rencontre ne soit pas une opération de communication de plus»
Par ailleurs, interpellé sur la rencontre organisée par le gouvernement avec les partenaires sociaux le 27 février dernier dans le but de signer un pacte de stabilité social le 1er mai prochain, l’expert en communication politique se félicitant de cette initiative déclare : « Le gouvernement a posé un pas assez important, à mon avis, avec cette rencontre initiée avec les syndicats et certaines franches de la société. Je trouvais quand même que c'est une opération de communication, de débat et de dialogue et d'échange assez fructueuse ». Poursuivant son analyse, il invite dans la foulée les autorités à tout faire pour que cette rencontre ne soit pas une opération de communication de plus. « Il faudrait qu'au travers de cela et les rapports qui en sortent, qu'on mette en place un dispositif opérationnel et que cela vienne s'ajouter aux propositions de la société civile pour essayer de trouver un motus operandi, trouver un terrain d'entente pour établir une paix durable pour le bien quand même de la collectivité ». En effet, soulignant que beaucoup de Sénégalais sont obligés, aujourd'hui même pour faire leur « ndogou » (rupture du jeûne), de tendre la main, Momar Thiam relève qu’ « Il faut qu'on se parle parce qu'on est une société démocratique. Il faut qu'on communique entre nous pour essayer d'aplanir certaines questions. Que l'État fasse preuve de plus de souplesse et que les Sénégalais puissent comprendre qu'on est dans une période de transition qui est assez dure parce que tout simplement, comme le disent les tenants du pouvoir d'aujourd'hui, ils ont trouvé une situation désastreuse. Mais pour que cette situation-là soit rétablie et qu'on mette le pays sur les rails, il y a des sacrifices à faire. Et comme j'ai l'habitude de dire, ces sacrifices doivent commencer par le sommet de l'État jusqu'aux députés, en passant par les directeurs de sociétés publiques pour pouvoir quand même donner des gages de responsabilité et d'acceptabilité aux Sénégalais »
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LA TRAGÉDIE DU CHIEN FIDÈLE TRAHI PAR SON MAÎTRE
Djiby Diakhaté raconte une histoire édifiante pour rappeler à chacun la nécessité de lucidité et de vigilance dans l'interprétation des images, ainsi que dans l'appréhension du vrai et du vraisemblable alors que les IA ont le vent en poupe.
Djiby Diakhaté raconte une histoire édifiante pour rappeler à chacun la nécessité de faire preuve de lucidité et de vigilance dans l'interprétation des images et l'appréhension du vrai et du vraisemblable, à une époque où les intelligences artificielles ont le vent en poupe.
L’être humain a parfois tendance à croire trop vite que l’image représente la réalité, que ce qu’il voit est une vérité absolue. Or, avec les réseaux sociaux d’aujourd’hui, les images peuvent être manipulées sous toutes les formes pour altérer la réalité, tromper et manipuler les esprits.
Avec l’essor récent des intelligences artificielles, il est devenu encore plus facile de duper les gens avec des images hyperréalistes. Analysant les immages générées par l'intelligence artificielle, Djiby Diakhaté partage une histoire croustillante mettant en scène un couple stérile, un chien adoptif et un bébé. Une histoire qui se termine par une tragédie parce que le chef de famille a pris le vraisemblable pour le vrai.
La leçon de cette histoire, il la conclut de manière éloquente par une citation de René Descartes : « Il faut éviter soigneusement la précipitation et la prévention et n’accepter aucune chose pour vraie avant de la connaître évidemment comme telle. »