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5 avril 2025
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LA CHARGE UNIVERSALISTE DE HAMIDOU ANNE
« Est Sénégalais qui se sent Sénégalais », affirme le politologue, à rebours des courants nationalistes qui gagnent du terrain dans le pays. Son plaidoyer pour une identité ouverte transcendent les considérations de nationalité
Dans un contexte de débats identitaires croissants au Sénégal, le politologue Hamidou Anne a livré sa vision de la sénégalité lors de son passage dans l'émission "BL" animée par Pape Alioune Sarr dimanche 2 mars.
"Je considère que toute personne, où qu'elle soit, si elle se sent sénégalaise, elle a le droit d'avoir la nationalité sénégalaise. Le Sénégal doit être une terre ouverte à tous les apports fécondants du monde", a déclaré l'intellectuel, se définissant comme "internationaliste, pour ne pas dire universaliste".
Face aux discours souverainistes qui gagnent du terrain, notamment parmi les jeunes, Hamidou Anne a rappelé les fondamentaux : "Le Sénégal est souverain depuis le 4 avril 1960. Nous avons un territoire sur 200 000 km², un peuple métissé à l'intérieur de nos frontières et un système de gouvernement qui n'a jamais eu de discontinuité depuis 1960."
Mais il a surtout dénoncé ce qu'il considère comme une incohérence majeure : "La première souveraineté, c'est la souveraineté populaire, c'est la souveraineté du peuple à se choisir lui-même ses propres dirigeants. Quand on est dans une forme de négation perpétuelle de la souveraineté du peuple qui n'a pas le droit de voter, dont certains intellectuels, activistes, démocrates sont emprisonnés dès qu'ils ont un avis différent, on est mal placé pour parler de souveraineté."
S'inspirant du philosophe Souleymane Bachir Diagne, le politologue a défendu un universalisme de la rencontre : "Un universalisme vraiment universel, un universel de la rencontre où, dans ce rendez-vous du donner et du recevoir, chacun apporte ce qu'il a."
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ILS ONT RENDU À L’AFRIQUE SA GRANDEUR
Réhabilitateurs de la véritable histoire de l’Afrique, les professeurs Barry et Bathily sont, de l’avis de Penda Mbow, les dignes continuateurs de l’œuvre de Cheikh Anta Diop, de Joseph Ki-Zerbo et de leurs pairs, qui en furent les pionniers.
Le département d'histoire de l'Université Cheikh Anta Diop (UCAD) a récemment rendu un hommage mérité aux professeurs Abdoulaye Bathily et Boubacar Barry, deux historiens engagés qui ont contribué non seulement à former des générations d’historiens, mais aussi à exhumer la véritable histoire de l’Afrique, loin des conceptions impérialistes européennes qui ont longtemps été imposées aux Africains sur ce qu’ils sont et ce qu’ils ont été. Penda Mbow, historienne médiéviste, est un témoin privilégié du parcours de ces chercheurs aux patronymes assonants et rimant.
Ce n’est un secret pour personne : l’Occident a longtemps falsifié l’histoire de l’Afrique, sans laquelle celle de l’Occident n’existerait même pas, puisque, jusqu’à preuve du contraire, l’Afrique demeure le berceau de l’humanité et des vieilles civilisations, dont certains pans ont été appropriés par d’autres peuples du monde.
Il aura fallu qu’à une certaine époque, des Africains courageux et engagés s’investissent dans la recherche et déconstruisent ce tissu de mensonges (beaucoup trop répétés au point de sembler vrais) pour qu’on cesse de raconter l’histoire de la chasse uniquement du point de vue du chasseur. C’est à cette mission que se sont consacrés des géants comme Cheikh Anta Diop, Joseph Ki-Zerbo et bien d’autres historiens. En réhabilitant l’histoire du continent, ils ont posé les jalons sur lesquels les générations suivantes ont pris dignement le relais. Boubacar Barry et Abdoulaye Bathily s’inscrivent dans cette lignée.
C’est en reconnaissance de leur immense contribution à une meilleure connaissance et compréhension de l’Afrique et des Africains que ces chercheurs ont reçu ces hommages, de leur vivant. Ce fut l’occasion de les mettre au-devant de la scène et de souligner combien leurs travaux ont permis à l’Afrique de se révéler à elle-même. Car il faut savoir qui l’on est pour ambitionner d’aller où l’on veut.
Lorsqu’on aspire à construire l’unité de la sous-région et du continent tout entier, étudier les travaux de Bathily et Barry est un impératif dont on ne peut se détourner. Ils ont notamment étudié les anciens royaumes et empires de l’Afrique de l’Ouest, comme le Ngabou, le Walo ou encore le Ouagadou (Sénégal), entre autres.
Dans cette entrevue exclusive, Penda Mbow, historienne elle-même, explique la pertinence de célébrer ces deux enseignants-chercheurs, cample le contexte dans lequel Bathily et Barry ont exercé leur sacerdoce et la manière dont ils ont restauré l’histoire de l’Afrique en lui rendant sa grandeur. Avec une précision chirurgicale, la cadete détaille en quoi chacun de ces deux scientifiques, qui sont ses devanciers, ont contribué à élever l’Afrique, à la suite de figures emblématiques comme Cheikh Anta Diop et Joseph Ki-Zerbo.
LE PÉRIL POPULISTE MONDIAL
Hamidou Anne livre une analyse des mécanismes qui érodent les démocraties, du Sahel aux capitales occidentales. Son plaidoyer pour un Sénégal ouvert sur le monde mais fidèle à ses valeurs résonne comme un rempart contre les tentations du repli
Invité de l'émission BL6 animée par Pape Alioune Sarr ce dimanche 2 mars 2025, l'essayiste et politologue Hamidou Anne a livré une analyse de la montée inquiétante du populisme à l'échelle mondiale. Une menace qu'il considère comme le fil conducteur reliant les diverses crises internationales actuelles.
"Le populisme est une méthode qui dit qu'il faut ériger un rapport direct avec le peuple, qu'il faut céder aux injonctions du peuple, qu'il faut défendre les intérêts du peuple et qu'il n'y a pas d'intermédiaire," a expliqué Anne. Selon lui, ce phénomène politique se caractérise essentiellement par "l'ignorance des corps intermédiaires" et le contournement des institutions démocratiques.
L'intellectuel sénégalais a disséqué les deux visages du populisme contemporain. D'un côté, "le populisme de gauche" qui, s'inspirant des travaux d'Antonio Gramsci et d'Ernesto Laclau, intègre "les dimensions féministes, écologiques, les luttes décoloniales" en créant "une chaîne d'équivalence" entre ces différentes causes. De l'autre, le "populisme de droite autoritaire" qui promeut "une conception ethnique de la nation", comme en témoignent les mouvements d'extrême droite en Europe.
Cette grille de lecture populiste, Anne l'applique directement à la situation en Afrique de l'Ouest, où quatre pays de la CEDEAO sont aujourd'hui dirigés par des juntes militaires. "Ce qui m'a choqué, c'est surtout la résurgence de ces coups d'État et les masses sortant inonder les rues pour les saluer," a-t-il déploré, identifiant dans ce phénomène une dangereuse "normalisation" de l'autoritarisme sous couvert de discours anti-élites et anti-occidentaux.
Face à ces dérives, Hamidou Anne défend une vision résolument internationaliste du Sénégal, "terre ouverte à tous les apports fécondants du monde". Une position qu'il oppose directement aux replis identitaires promus par les mouvements populistes. "Le Sénégal est aujourd'hui un pays qui a envoyé ses fils partout... la pire des choses, c'est de se fermer totalement sur soi-même," a-t-il affirmé avec conviction.
Le politologue établi également des parallèles saisissants entre ces dynamiques africaines et les bouleversements internationaux, de l'élection de Trump avec sa "diplomatie transactionnelle" aux reconfigurations des alliances en Ukraine et à Gaza. Pour lui, ces crises s'inscrivent dans un même mouvement de remise en question de l'ordre international libéral.
"La démocratie est comme une fleur qu'il faut arroser au quotidien pour maintenir sa vitalité et sa verdure," averti Anne, appelant à une vigilance constante face à la montée des discours populistes qui menacent les fondements mêmes de nos sociétés démocratiques.
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CE MUR DU KREMLIN QUI SÉPARE POUTINE DE MACRON
Cette image avait fait le buzz sur les réseaux sociaux il y a trois ans : Emmanuel Macron à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine afin de discuter de la crise ukrainienne, alors même que Poutine n’avait pas encore lancé son opération spéciale contre son
Cette image avait fait le buzz sur les réseaux sociaux il y a trois ans : Emmanuel Macron à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine afin de discuter de la crise ukrainienne, alors même que Poutine n’avait pas encore lancé son opération spéciale contre son voisin.
Au Kremlin, le maître des lieux fit ériger une table ovale gigantesque, dont le diamètre serait de six mètres. Les deux chefs d’État s’installèrent face à face, chacun à un bout de cette table blanche immaculée. Un signe que leurs approches de la question ukrainienne étaient diamétralement opposées et irréconciliables ?
Une chose est sûre : selon toute vraisemblance, le maître du Kremlin n’avait rien concédé à son hôte, tant la divergence entre les deux personnalités était profonde. Dans l'émission Les Carnets culturel, le sociologue Djiby Diakhaté analyse cette image en utilisant l'expression "Le mur du Kremlin" qui rappelle et qui rime fort bien avec "Le mur de Berlin".
Dans la foulée de la myriade d’interprétations suscitées par cette table, qui aurait coûté 100 000 euros, dit-on, le service de presse du Kremlin expliqua que le président français aurait refusé de se soumettre à un test Covid ce qui devrait prendre plusieurs heures et bouleversé son calendrier. En lieu et place c’est cette distanciation sociale qui a été convenu.
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NAZISME ET COLONISATION FRANÇAISE, LE PARALLÈLE QUI DÉRANGE
En comparant les massacres d'Oradour-sur-Glane aux exactions françaises en Algérie, Jean-Michel Aphatie a ravi un débat historique. Derrière la controverse se cache une question : la France est-elle prête à regarder en face ses zones d'ombre ?
Suite à la polémique déclenchée par les propos de Jean-Michel Aphatie sur RTL le mardi 25 février, comparant le massacre d'Oradour-sur-Glane aux actions de la France en Algérie, un débat plus large s'est ouvert sur les parallèles possibles entre nazisme et colonialisme français.
Le chroniqueur politique avait affirmé : « Chaque année en France, on commémore ce qui s'est passé à Oradour-sur-Glane, c'est-à-dire le massacre de tout un village. Mais on en a fait des centaines, nous, en Algérie. Est-ce qu'on en a conscience ? » Des propos auxquels Thomas Sotto avait tenté de s'opposer, avant qu'Aphatie n'insiste : « Les nazis se sont comportés comme nous nous l'avons fait en Algérie. »
Cette controverse médiatique s'inscrit dans un questionnement historique plus profond. L'histoire coloniale française, qui débute au 15ème siècle, révèle effectivement une dualité frappante : alors que la métropole évoluait vers un système républicain après la Révolution, les colonies restaient sous un régime autoritaire marqué par la ségrégation raciale.
Plusieurs historiens soulignent les violences perpétrées par des généraux français comme Thomas Robert Bugeot, responsable d'enfumades en Algérie, bien avant l'émergence du nazisme. Des spécialistes considèrent que le régime nazi a, d'une certaine manière, importé en Europe des méthodes de violence systémique précédemment appliquées dans les contextes coloniaux, notamment en établissant une hiérarchie raciale rigide.
Un point particulièrement sensible concerne l'après-guerre. Tandis que la France condamnait fermement les atrocités nazies, des massacres continuaient dans ses colonies, comme au Vietnam, à Madagascar ou en Côte d'Ivoire. Des réalisateurs comme René Vautier avaient tenté, dès 1950, d'attirer l'attention sur cette contradiction.
L'écrivain Aimé Césaire avait formulé en 1955 une analyse percutante de cette situation, suggérant que ce que l'Europe ne pardonnait pas à Hitler, c'était moins le crime contre l'humanité que d'avoir appliqué aux Européens blancs des méthodes jusque-là réservées aux peuples colonisés.
Si la comparaison entre crimes coloniaux et crimes nazis reste controversée, elle soulève néanmoins des questions essentielles sur la construction du récit national français. La vision binaire séparant les « méchants nazis » des « gentils Français » a longtemps permis d'éviter un examen critique du passé colonial français.
Les historiens s'accordent aujourd'hui pour reconnaître que les régimes coloniaux et le nazisme partageaient certains traits communs : autoritarisme, suprémacisme et violences systémiques. La question demeure : cette comparaison aide-t-elle à mieux comprendre notre histoire ou risque-t-elle de créer des équivalences simplistes entre des phénomènes historiques distincts ?
Cette polémique médiatique aura au moins le mérite de contribuer à un débat plus large sur la manière dont la France confronte son passé colonial, un processus essentiel pour une compréhension plus nuancée de l'histoire nationale.
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ZIGUINCHOR À L'ÉTROIT, SELON DJIBRIL SONKO
Depuis sa prise de fonction, l'édile s'attaque aux problèmes structurels de cette ville de 9 km² qui étouffe dans ses frontières. Sa priorité : transformer les atouts inexploités de la capitale du Sud en moteurs de développement économique et social
Le maire de Ziguinchor, Djibril Sonko, était l'invité de l'émission "Objection" sur Sud FM ce dimanche 2 mars 2025. Au cours de cette édition spéciale délocalisée dans la capitale du Sud, l'édile a présenté sa vision et ses projets pour développer cette ville stratégique de la Casamance.
Succédant depuis juin 2024 à Ousmane Sonko, devenu Premier ministre, Djibril Sonko a dressé un état des lieux de sa commune : une ville de 9 km² comptant près de 274 000 habitants, dotée d'atouts économiques considérables mais encore sous-exploités, notamment dans les secteurs du tourisme, de l'agriculture et de la transformation.
Le maire a identifié comme priorité le réaménagement du quartier Néma 2, un dossier foncier épineux que ses prédécesseurs n'avaient pu résoudre. "Ziguinchor est à l'étroit, nous n'avons plus de terres disponibles," a-t-il expliqué, précisant qu'un plan de lotissement a été adopté pour reloger les populations concernées.
Sur le plan financier, la commune dispose d'un budget de plus de 5 milliards FCFA. Le maire s'est félicité d'avoir réalisé une économie de 500 millions sur le fonctionnement, somme réorientée vers l'investissement. Plusieurs projets sont en cours, notamment la construction de salles de classe, la réhabilitation d'écoles et la rénovation du stade mythique Jules François Bocandé.
Face au chômage des jeunes et à l'immigration irrégulière, Djibril Sonko propose une stratégie axée sur la formation professionnelle dans les domaines du bâtiment, de la pisciculture et de l'horticulture. "Ce que les jeunes vont chercher en Europe, ils peuvent le trouver ici notamment par l'agriculture," a-t-il affirmé.
Pour remédier au coût élevé de la vie à Ziguinchor, l'invité de Baye Omar Gueye préconise le désenclavement de la région par l'agrandissement du port, l'achèvement de l'aéroport et l'arrivée du train. Il a également souligné l'importance de valoriser la culture locale comme levier de développement économique.
"Si nous partons de ce qui nous appartient, nous sommes capables de construire une économie autour de notre patrimoine culturel," a conclu l'édile, citant Léopold Sédar Senghor sur "le rendez-vous du donner et du recevoir".
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MAÎTRE, UNE DIPLOMATE NE DEVRAIT PAS DIRE ÇA !
Le président Sall faisait partie de ceux qui étaient favorables à une intervention à Niamey pour déloger Tiani et réinstaller le « camarade » Bazoum. C’est ainsi que la cheffe de la diplomatie s’est illustrée en faisant des déclarations étonnantes
AfricaGlobe Tv |
Fred Atayodi |
Publication 02/03/2025
Au plus fort de la gestion de la crise consécutive au coup d'État au Niger, au lieu de jouer l'apaisement, certains dirigeants de la CEDEAO ne faisaient que raviver les tensions, au point de radicaliser les militaires à la tête du Burkina Faso, du Mali et surtout du Niger. C'est le cas, par exemple, de l'ex-cheffe de la diplomatie sénégalaise, Me Aïssata Tall Sall, qui était montée au créneau pour annoncer publiquement que les soldats sénégalais étaient prêts à descendre sur Niamey.
Cette " déclaration de guerre " n'a pas manqué de plonger certains militaires dans la stupéfaction, puisque Me Sall n'est ni Chef d'État des armées ni ministre de la Défense, mais plutôt ministre des Affaires étrangères, un département consacré par essence à la diplomatie, et non à la Défense.
Les propos de l'ancienne ministre n'ont pas été ignorés par le colonel Mamadou Adje, qui suit de manière constante cette crise depuis le début et tient des chroniques. Dans l'extrait de l'interview qu'il nous a accordée, cet officier supérieur à la retraite revient sur cet épisode et exprime son regret quant à la manière dont cette crise a été gérée par les autorités de la CEDEAO.
Pour mémoire, ils étaient quatre anges de l'Apocalypse, disposés à aller larguer des bombes sur Niamey pour déloger Bazoum et réinstaller le président Bamoum. Il s'agit de Patrice Talon du Bénin, de Macky Sall du Sénégal, de Bola Tinubu du Nigeria et surtout d'Alassane Ouattara de la Côte d'Ivoire, qui, lui, a annoncé un contingent jugé " ridicule " de 800 hommes, avec la précieuse bénédiction du " Pape Emmanuel Macron Ier, roi de France ". On apprendra plus tard, par son envoyé pour l'Afrique, qu'ils avaient été capables de prépositionnel des milliers de soldats en Côte d'Ivoire, prêts à passer à l'attaque.
N'est-ce pas là un signe de ce que certains Africains pointent du doigt à tort ou à raison comme quoi la CEDEAO serait aux ordres de l'Élysée ?
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AES : LE SENTIMENT DE SÉCURITÉ N'EST PAS LA SÉCURITÉ
Les pays de l'AES ont réussi la prouesse d'une montée en puissance en termes d'arsenaux. Mais, pour le colonel Adje, ils ne sont pas forcément en sécurité, vu est l'asymétrie de la lutte. D'où la nécessité d'une unité de tous les pays ouest-africains
Aujourd'hui, le Burkina Faso, le Mali et le Niger font incontestablement partie des pays les mieux équipés militairement dans la sous-région ouest-africaine. En effet, ces pays ont acquis, ces dernières années, de nombreux équipements de dernière génération, une fois que les militaires ont pris le pouvoir à la suite de coups d'État. Toutefois, pour le colonel Mamadou Adje, officier supérieur de l'armée sénégalaise à la retraite et consultant en sécurité-défense, cette capacité militaire certaine ne rime pas forcément avec efficacité.
Pour le colonel Mamadou Adje, la lutte contre le terrorisme ne doit pas être uniquement de nature militaire. En clair, malgré leurs nouveaux équipements de pointe acquis par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ces pays ne sont pas nécessairement plus en sécurité aujourd'hui qu'hier. Ils ont un sentiment de sécurité, mais cela ne signifie pas qu'ils le sont réellement.
Les moyens ne garantissent pas l'efficacité, car la projection de force ne signifie pas la projection de puissance. On peut posséder tous les moyens possibles, mais on ne gagnera jamais une bataille asymétrique contre les terroristes si celle-ci n'est pas globale. Les groupes terroristes n'ont pas de frontières ; il faut donc une réponse globale pour faire face à cette menace mondiale. Menace globale, globalisation de la réponse. Ces pays ne peuvent pas, à leur échelle, vaincre le terrorisme. La force ne fait pas la puissance. Dans une bataille asymétrique, ce n'est pas toujours la force qui triomphe.
Pour mémoire, les pays occidentaux, avec la France en tête, ont longtemps refusé de vendre de véritables armes de guerre à ces États pour combattre le terrorisme. Pire encore, si l'on en croit le ministre des Affaires étrangères du Mali, Monsieur Abdoulaye Diop, la France aurait mis son veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour empêcher la livraison d'armes létales à ces pays. Elle leur aurait même envoyé des armes défectueuses ou obsolètes alors qu'en face, les terroristes ont des armes loudres de dernière génération. Ce qui pose d'ailleurs la question de la sécrité dans l'appui supposé que l'occident prétend apportér aux pays du Sahel mais aussi la question de qui armes les terroristes.
Lorsque les conditions de rupture entre la France et ces pays ont été réunies et qu'ils se sont affranchis de l'influence française, grâce à leur alliance stratégique avec la Russie et d'autres partenaires non occidentaux, les trois pays de la Confédération des États du Sahel ont chacun pu se doter d'arsenaux de guerre de pointe afin de faire face au péril terroriste qui ensanglante leurs peuples depuis plus d'une décennie. Ils ont ainsi gagné en puissance dans le classement des pays les mieux équipés de la sous-région.
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GRANDEUR ET DÉCADENCE D'UNE INSTANCE SUPRANATIONALE
Officier supérieur à la retraite, Mamadou Adje suit avec beaucoup d'attention l'actualité géopolitique. Artisan de la force en attente de la CEDEAO, il connait bien cette instance. Dans cette interview, il soutient que sa chute était "prévisible".
Fondée en 1975 pour assurer l'intégration en Afrique de l'Ouest, la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) demeure l'une des sous-régions les plus intégrées des 5 que compte le continent. Malgré quelques imperfections, quelques entraves à la libre circulation des biens et des personnes, elle demeure la sous-région la plus enviée. Très éprouvée depuis ces 3 dernières années, elle a fini par imploser en perdant 3 de ses membres importants : le Burkina, le Mali et le Niger. Le colonel Mamadou Adje, officier supérieur de l'armée et du génie militaire en retraite, la connait très bien. Dans cette interview, il nous parle du contexte de sa naissance, de ses hauts faits ainsi que de sa récente décadence qui de son point de vue était " prévisible ", pour avoir voulu outrepasser ses prérogatives ô combien précises et connues de tous.
Elle n'aura pas survécu à la longue crise qu'elle a traversé ces 4 dernières années consécutive aux coups d'États militaires successifs dans 4 de ses membres. Mais c'est surtout la gestion calamiteuse du dernier coup d'État, notamment celui du Niger et la menace d'intervention militaire sur le sol nigérien, sans même un mandat clair des Nations Unies, seul habilitées à donner ordre d'une intervention, mais encouragé par la France, qui a provoqué la scission de l'instance. Le Niger, le Mali et le Burkina ont fait bloc contre l'organisation pour aller créer l'Alliance des États du Sahel (AES).
Officier supérieur à la retraite et spécialiste des affaires internationales, le colonel Mamadou Adje suit avec beaucoup d'attention l'actualité géopolitique et diplomatique, aussi bien régionale que mondiale. Chroniqueur passionné, il connait du bout des doigts l'histoire la CEDEAO puisqu'il a aussi monté sa force en attente dont l'organsine se gargarise alors que lui la qualifie aujourd'hui de désuète avec l'avènement du terrorisme.
Depuis le début de cette crise qui a secoué l'instance supranationale jusqu'à son implosion, le colonel Adje a souvent livré ses analyses avec une précision chirurgicale aux médias qui le sollicitaient. Après la création officielle de l'Alliance des États du Sahel (AES), qui acte le départ définitif du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO, il a accepté de nous accorder cet entretien.
Le colonel Mamadou Adje revient sur les raisons de cette implosion de la CEDEAO et explique pourquoi cette issue était prévisible. Pour lui, cette crise a été très mal gérée, et l'implosion de l'organisation est due principalement à la menace proférée à l'encontre du Niger. Pour le colonel Adje, si cette attaque avait eu lieu, elle serait illégale faute de cadre juridique, car la CEDEAO n'est pas habilitée à attaquer un pays sans une résolution claire des Nations unies lui en donnant mandat. Puisque le protocole de Lomé dont certains évoque ne donne pas cette prérogative au la CEDEAO pour une intervention. S'il reconnait que la CEDEAO a créé les conditions de cette implosion, il rappelle aux États de l'Alliance des États du Sahel que la lutte contre le terrorisme doit être collectif pace que c'est une guerre asymétrique que les terroristes imposent aux États. " Chacun ne peut pas lutter contre son terrorisme ". Il constater pour se désoler de ce que " les facteurs du puissance " de l'Afrique de l'Ouest s'effondre avec cette scission.
Aussi, pour le colonel, c'est une erreur pour les États de l'Afrique de l'Ouest de penser qu'ils peuvent chacun lutter seul contre le terrorisme, comme tentent de le faire les pays de l'AES. Seule une mutualisation des forces permettra, selon lui, permettra de vaincre ce péril qui ensanglante les populations ouest-africaines. Mieux encore, le centre de gravité de la lutte contre ce phénomène n'est même pas militaire, mais civilo-social, avec la participation des populations. Le tour militaire ne fonctionne pas dans une guerre asymétrique. Malgré les armes de dernière générations acquises ces dernières par les 3 pays de l'AES, il rappelle que ces pays non sont pas forcément en sécurité aujourd'hui qu'ils ne l'état hier car " la force " n'est pas synonyme de puissance, d'efficacité ". En clair le sentiment de sécurité n'est pas la sécurité.
Le militaire rappelle que l'ardeur qu'à la CEDEAO à sanctionner les coups d'État militaire, l'instance devrait faire preuve de la même ardeur face aux causes des coup d'États c'est à dire sanctionner les chefs d'État qui tripatouille ses constitutions pour avoir des troisièmes mandats au pouvoir mais aussi combattre la mauvaise gouvernance, la corruption.
In fine, la CEDEAO c'était un modèle d'intégration qui a réussi certains défis comme l'intégration tout comme la mission l'ECOMOG ou celle qui a fait partir Yahyah Jammeh du pouvoir, mais ses dirigeants l'ont plombée du fait de l'échec de la lutte contre le terrorisme et de la mauvaise gestion des coups d'État militaires mais aussi de cette sorte de mansuétude vis-à-vis des tripatouillages constitutionnels qui sont aussi des coups d'État. Cette crise qu'elle traverse est peut-être une occasion pour lancer une nouvelle organisation qui va rassembler tous les pays de la sous-région dans nouvelle instance qui prenne en compte les griefs que les nations de l'AES ont formulé à son endroit.
Créée par des putschistes en 1975, ironie de l'histoire, ce sont aussi des putschistes qui dénoncent aujourd'hui la CEDEAO.
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ZELENSKY MIS À LA PORTE PAR TRUMP
Le président ukrainien s'est retrouvé sous le feu croisé des accusations de son homologue américain et son vice-président. Les deux hommes lui ont reproché son ingratitude supposée et son refus d'accepter un accord de paix rapide avec la Russie
(SenePlus) - Un échange qui devait marquer un tournant dans les relations américano-ukrainiennes s'est transformé en catastrophe diplomatique. Selon CBS News, la signature d'un accord crucial sur les minéraux entre les États-Unis et l'Ukraine ainsi qu'une conférence de presse conjointe prévue vendredi ont été "brusquement annulées et la visite du dirigeant ukrainien écourtée" après qu'une réunion dans le Bureau ovale incluant le vice-président JD Vance a "dégénéré en insultes et chaos".
L'altercation a rapidement escaladé lorsque Vance a déclaré que la situation actuelle était en partie due aux actions de l'administration Biden, affirmant qu'il était "temps pour la diplomatie". Face à cette affirmation, Zelensky a rétorqué : "De quel genre de diplomatie parlez-vous, JD ?", suggérant que la Russie avait déjà violé ses promesses lors d'accords antérieurs, rapporte CBS News.
La tension est montée d'un cran quand JD Vance a accusé le président ukrainien de "manquer de respect" en tentant de "plaider sa cause devant les médias américains". "Vous devriez remercier le président d'essayer de mettre fin à ce conflit", a lancé Vance à Zelensky, selon les informations de CBS News.
Le vice-président a poursuivi ses attaques en accusant Zelensky d'emmener les visiteurs dans "une tournée de propagande" lorsqu'ils se rendent en Ukraine. "Pensez-vous qu'il soit respectueux de venir dans le Bureau ovale des États-Unis d'Amérique et d'attaquer l'administration qui essaie d'empêcher la destruction de votre pays ?", a-t-il demandé, toujours selon la même source.
Donald Trump est intervenu avec véhémence lorsque Zelensky a évoqué les conséquences futures du conflit pour les États-Unis. "Vous ne savez pas ça. Ne nous dites pas ce que nous allons ressentir. Nous essayons de résoudre un problème. Ne nous dites pas ce que nous allons ressentir, parce que vous n'êtes pas en position de dicter cela", a lancé le président américain selon CBS News.
Le ton est devenu encore plus menaçant lorsque Trump a déclaré : "Vous n'avez pas les cartes en main maintenant. Avec nous, vous commencez à avoir des cartes. Actuellement, vous n'avez pas vos cartes à jouer — vous jouez avec la vie de millions de personnes. Vous jouez avec la Troisième Guerre mondiale."
L'exigence de gratitude est revenue comme un leitmotiv. "Avez-vous dit 'merci' une seule fois, durant toute cette réunion ?", a interrogé Vance, tandis que Trump renchérissait : "Vous devez être reconnaissant. Vous n'avez pas les cartes. Vous êtes enterré là-bas, des gens meurent, vous manquez de soldats."
Après cette confrontation, "les Ukrainiens ont quitté le Bureau ovale pour se rendre dans une 'pièce séparée', tandis que l'équipe américaine est restée dans le Bureau ovale", a indiqué un responsable de la Maison Blanche à CBS News. "Pendant que les Ukrainiens attendaient dans l'autre pièce, le conseiller à la sécurité nationale Mike Waltz et le secrétaire d'État Marco Rubio leur ont dit de partir."
Selon ce même responsable, "Zelensky essayait d'apaiser les tensions et a demandé de reprendre à zéro, mais M. Trump et d'autres responsables de l'administration ont été offensés par le comportement de Zelensky". Le président ukrainien a été aperçu quittant la Maison Blanche à 13h41, précise CBS News.
L'humiliation ne s'est pas arrêtée là. Après son départ, Trump a continué à critiquer Zelensky sur les réseaux sociaux, affirmant qu'il "n'est pas prêt pour la paix". "Nous avons eu une réunion très significative à la Maison Blanche aujourd'hui. J'ai déterminé que le président Zelensky n'est pas prêt pour la Paix si l'Amérique est impliquée, parce qu'il estime que notre implication lui donne un grand avantage dans les négociations. Je ne veux pas d'avantage, je veux la PAIX. Il a manqué de respect aux États-Unis d'Amérique dans son précieux Bureau ovale. Il pourra revenir quand il sera prêt pour la Paix", a écrit le président américain sur Truth Social.
Cette confrontation a mis en lumière les différences fondamentales d'approche entre les deux dirigeants. Zelensky a affirmé qu'un "simple cessez-le-feu ne fonctionnera jamais", ajoutant que "25 fois" Poutine "a violé sa propre signature", en référence aux accords passés non respectés par Moscou.
Trump a balayé ces inquiétudes d'un revers de main en déclarant : "Mais il ne m'a jamais trahi, moi". Le président américain a récemment affirmé croire que Poutine "respecterait sa parole" dans le cadre d'un éventuel accord de paix, rappelle CBS News.
Un responsable de la Maison Blanche a déclaré à journal américain que "les Ukrainiens ont été difficiles à négocier avec depuis un certain temps" et que la dispute dans le Bureau ovale a été "le point de rupture". L'accord sur les minéraux aurait été "une première étape vers une paix durable", mais Zelensky "a surjoué ses cartes".
Après son expulsion de la Maison Blanche, Zelensky a tout de même publié un message conciliant sur X : "Merci l'Amérique, merci pour votre soutien, merci pour cette visite. Merci @POTUS, au Congrès et au peuple américain. L'Ukraine a besoin d'une paix juste et durable, et nous travaillons exactement pour cela."
Cet incident diplomatique majeur intervient alors que Trump pousse l'Ukraine à accepter rapidement un accord de paix avec la Russie, sans toutefois inclure les garanties de sécurité réclamées par Kiev. Une visite de Zelensky prévue à l'Institut Hudson à Washington vendredi après-midi a également été annulée.