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5 avril 2025
JE PREPARE UN LIVRE SUR ABDOULAYE WADE ET LE PDS
L’ancien patron du Groupe Avenir communication revient sur l’expérience tirée de son escapade en politique, ses relations avec Macky Sall et Amadou Ba, l’actuelle gouvernance, ainsi que ses nouvelles occupations et les ambitions qu’il nourrit pour son pay
Dans cette seconde et dernière partie de l’entretien qu’il a accordé au journal Le Quotidien, l’ancien patron du Groupe Avenir communication revient sur l’expérience tirée de son escapade en politique, ses relations avec Macky Sall et Amadou Ba, l’actuelle gouvernance, ainsi que ses nouvelles occupations et les ambitions qu’il nourrit pour son pays.Vous êtes allé aux élections sur la liste «Jamm ak Njerign» dirigée par Amadou Ba. Néanmoins, étant 15ème sur la liste, vous n’aviez pas beaucoup de chances d’être élu, au vu de la dispersion des candidatures dans l’opposition. N’avez-vous pas eu le sentiment que les gens ont utilisé votre renommée et votre réputation, et fait de vous juste un faire-valoir ?
Par rapport aux investitures pour ces élections législatives, j’avais pour ligne de conduite de ne rien demander, rien exiger. J’ai laissé la latitude aux responsables de la coalition, notamment Amadou Ba et ses collaborateurs, de procéder aux investitures. J’avais indiqué clairement que j’étais candidat et m’engageais à être candidat, quelle que soit la position. J’ai découvert ma position d’investiture au même titre que tous les Sénégalais. Peut-être que j’aurais pu avoir une meilleure prétention que celle-là, mais c’était pour moi une première expérience. D’autant plus que j’aurais pu penser que cette investiture à cette 15ème place que vous soulignez, aurait pu être une motivation pour les électeurs, qui souhaitaient me voir siéger, pour me donner assez de voix pour être élu. Cela n’a pas été le cas, et c’est une expérience que je note.
L’autre leçon à tirer de cet engagement politique, est ce que je pourrais appeler la vénalité des acteurs politiques. J’ai pu comprendre qu’il faudrait peut-être que l’on songe à faire la politique autrement. Ne pas faire la politique pour la simple recherche de sinécure ou de recherche d’opportunités, de possibilités d’enrichissement ou de promotion personnelle. Dans des situations comme celles-là, d’aucuns sont plus préoccupés par leur situation politique, par leur carrière, leur devenir ou par leur confort personnel, plutôt que par l’intérêt général. Certains sont incapables de s’élever sur une dynamique commune. De ce point de vue-là, l’égoïsme des gens a beaucoup pesé, et c’est une des leçons que je retiens de la politique. Nous devrions travailler à faire en sorte que la politique ne soit pas un métier, que nous fassions de sorte que les gens puissent se valoriser autrement et ne pas faire de la politique leur métier, et que quand on entre en politique, on porte des causes justes et avec la conviction et la volonté de servir l’intérêt général. Ce mauvais esprit m’avait d’ailleurs poussé, vous pouvez l’avoir remarqué, à battre campagne en solo, de mon côté, en gardant mon identité propre, sans trop participer à des groupes au sein desquels la loyauté et la bonne camaraderie n’étaient que de façade.
Il faut aussi dire que les acteurs politiques, notamment de l’opposition, dans laquelle nous étions, n’ont pas su transcender leurs clivages, leurs antagonismes ou leurs petites mesquineries personnelles, pour les mettre en-dessous de l’intérêt général, ce qui, peut-être, n’avait pas permis de constituer une liste commune de l’opposition pour ces Législatives. Je crois que si l’opposition était partie unie, en unissant ses forces, en faisant preuve de générosité, on aurait pu obtenir mieux que les résultats de novembre 2024.
Vous vous êtes toujours vanté urbi et orbi, de vos relations d’amitié avec l’ancien Président Macky Sall qui, lui, a dirigé la liste «Takku Wallu». Beaucoup de gens n’ont pas compris votre choix de ne pas aller sur la liste qu’il dirigeait.
J’étais plus en phase avec Amadou Ba, et je trouvais sa liste plus crédible que la liste dirigée par Macky Sall, et la candidature de Amadou Ba plus crédible que celle de Macky Sall. La preuve, j’avais clairement dit que Macky Sall ne siégerait pas à l’Assemblée nationale, que ce serait une candidature qui n’aurait pas de sens et serait perdue d’avance. Je l’avais même dissuadé, en vain, de poser cette candidature. Moi, j’ai assumé mes propos de ce point de vue-là. Je lui ai dit qu’être candidat, ce serait diviser les voix de l’opposition. Je l’avais dit publiquement, et c’est ce qui est justement arrivé. Je pense que s’il n’y avait pas la candidature de Macky Sall, pour diviser les voix de l’opposition, certainement que celle-ci aurait pu avoir un meilleur score à ces élections législatives. A l’analyse, cette candidature était faite contre Amadou Ba.
Et puis, quand on parle de relations avec Macky Sall et Amadou Ba pour fonder mon choix, je crois qu’on ne doit pas déterminer l’engagement politique par des affinités personnelles. C’est important certes, mais cela ne détermine pas tout. Et même pour les affinités personnelles, je rappelle tout de même que j’ai connu Amadou Ba, et je l’ai pratiqué bien avant de connaître et de pratiquer Macky Sall. Nos relations n’ont jamais changé. Et cela est ressorti dans les livres que j’ai écrits sur Amadou Ba et sur Macky Sall. Donc, sur ce point-là, je suis à l’aise. D’autant plus que je garde des relations très franches et très amicales avec les deux. Ce qui me met à l’aise dans ces bons rapports avec les deux, c’est que j’ai le loisir de dire à l’un comme à l’autre, le fond de ma pensée, et de la manière la plus objective.
J’ai pour principe de m’interdire de dire devant Macky Sall ce que je ne souhaiterais pas que Amadou Ba apprenne. J’ai aussi la même posture de m’interdire de dire devant Amadou Ba ce que je craindrais que Macky Sall apprenne. Tous les deux le savent. Nous avons des rapports très francs, et même je n’hésite pas quand… même si je ne dis pas des vertes et des pas mûres à l’un comme à l’autre, mais je leur parle en toute franchise. Ils peuvent ne pas être d’accord avec ce que je leur dis. Mais Dieu a fait que je n’ai jamais fait, à l’un comme à l’autre, une recommandation qu’il ait eu à regretter par la suite. Au contraire, c’est parfois en ne suivant pas mes conseils que l’on s’est mordu les doigts.
On voit aujourd’hui, plusieurs acteurs politiques et même des hommes d’affaires, poursuivis ou rattrapés par des dossiers estampillés «Reddition des comptes». Que pensez-vous de ces poursuites, comme celles de Farba Ngom et d’autres, et de la manière dont elles sont menées ?
Je crois que la reddition des comptes est une chose nécessaire dans la démocratie et dans la gouvernance publique. Je l’encourage vivement et je pense que chaque fois que l’on a eu à gérer des deniers publics, que l’on puisse répondre de sa gestion. Il faut aussi que l’on puisse en tirer des leçons, pour qu’à l’avenir, s’il y a des failles ou des dérives, on puisse les corriger et faire des recommandations fortes. C’est le rôle des corps de contrôle et des juridictions qui s’occupent de ces questions-là. Le nouveau régime en place a tenté cela, c’est tout à fait logique et attendu. Ils ne pouvaient pas faire autrement. Mais nous sommes dans un Etat de Droit, et il faudrait respecter la légalité procédurale, et cela n’est pas toujours le cas. Je le regrette et le fustige. Si on prend le cas de Farba Ngom que vous avez cité, je reste sur ma faim de voir que l’on a pu lever l’immunité parlementaire d’un député sans que l’on n’ait donné le fond du dossier à la Représentation parlementaire, pour que les gens puissent analyser le bien-fondé de la procédure.
Ousmane Sonko avait fait l’objet de la levée de son immunité parlementaire, dans une législature antérieure. Je ne pense pas que les gens l’aient fait dans des conditions pareilles. Au contraire, il y avait un dossier, et les gens avaient eu des discussions de fond, il y avait des éléments d’enquêtes qui avaient été portés à l’attention des députés, qui votaient en connaissance de cause. Mais là, les députés ont voté à l’aveugle, et je ne crois pas que ce soit la bonne procédure. On aurait pu éviter la justice des vainqueurs. Du temps de Macky Sall, je l’avais dénoncé, concernant les poursuites contre Karim Wade devant la Crei, qui ne me semblaient pas pertinentes. Et j’avais trouvé que la Crei était une juridiction inique qui n’avait pas de raison d’être dans notre arsenal de Droit positif. Donc, j’étais sur des positions de principe, et ces mêmes positions de principe m’autorisent aujourd’hui à pouvoir dire qu’en toute chose il faut respecter la procédure et la légalité. C’est la responsabilité des hommes politiques, mais aussi des magistrats et des acteurs judiciaires.
Quid des indemnisations payées à des anciens détenus pour les évènements de 2021 et 2024 ?
C’est une aberration ! C’est une récompense versée à des voyous qui étaient envoyés casser des biens publics et privés, des vandales qui avaient pillé et tué, et avaient répondu à des appels publics à l’insurrection. Cela heurte la morale et le Droit. C’est comme une prime ou leur part d’un butin. Ces gens se présentent comme des héros et leurs victimes passent pour être les bourreaux. J’imagine le malaise qui doit traverser les Forces de défense et de sécurité et les magistrats qui avaient tenu pour préserver la République et l’Etat de Droit. J’ai entendu des gens essayer de se justifier affirmant que Macky Sall avait procédé de même pour indemniser des victimes des tragiques heurts de 2011. Je regrette, mais l’analyse et le bien-fondé ne sauraient être comparables. En 2012, il n’était pas question de soustraire à l’action de la Justice un homme que ses turpitudes et faiblesses avaient amené à commettre des actes punissables par la loi. Il reste que mes amis de l’Apr sont mal placés pour faire la leçon à qui que ce soit sur le sujet. Ce sont eux qui avaient porté cette loi d’amnistie et l’avaient votée, en dépit de la fine bouche de Pastef. Rappelez-vous que lors du vote de cette inique loi d’amnistie, le principe de l’indemnisation avait été clairement posé et retenu. Je vous renvoie à la déclaration devant les députés, de Me Aïssata Tall Sall, ministre de la Justice. Aujourd’hui, le régime Pastef fait ce que mes amis de l’Apr auraient sans doute fait sans état d’âme, s’ils étaient restés an pouvoir !
J’imagine qu’étant devenu maintenant écrivain, vous ferez un jour un livre sur vos escapades dans le Landerneau politique…
Vous faites bien de le dire. Je ne sais pas si c’est à titre de mon expérience personnelle ou pas, mais je suis en train de finaliser un livre sur le Président Abdoulaye Wade. L’année 2024 coïncide avec les 50 ans du Pds. Ce parti a été fondé le 31 juillet 1974, son premier congrès d’investiture s’est tenu en 1975 à Kaolack. Ces 50 ans du Pds sont un parcours assez éloquent qui mérite une analyse ou une rétrospective. En mars prochain, ce sera les 25 ans de l’accession de Wade au pouvoir. Ce sera une date-repère pour une analyse sur le parcours et la gouvernance du Président Abdoulaye Wade. C’est pour cela que j’ai entamé ce travail éditorial, qui est presque bouclé. Il me reste deux ou trois interviews de personnalités pour pouvoir publier à l’horizon du mois de mars, afin de caler avec l’anniversaire de l’accession de Abdoulaye Wade au pouvoir. C’est sur ce travail que je suis.
J’avais dit que je prenais du recul pour faire des livres. J’ai sorti un premier roman, sur l’émigration irrégulière, là je vais sortir un autre livre sur un sujet politique, ou comme vous dites, sur le Landerneau politique, et peut-être, plus tard, sur d’autres questions.
Qu’est-ce qui vous fait courir maintenant, Madiambal ? Vous avez connu plusieurs étapes dans votre vie, fonctionnaire de l’Etat, employé d’Ong, patron de presse, ayant pris du recul dans ce domaine, et maintenant vous vous lancez dans l’écriture. Y’a-t-il encore autre chose qui vous passionne ? Bon,… je suis un actif, peut-être un hyperactif.
Un oisif heureux ? (rires)
En tout cas, je suis quelqu’un qui travaille beaucoup, et je ne m’impose pas de limites. Je suis exigeant vis-à-vis de moi-même et de mes collaborateurs. Quand je fais quelque chose, je veux le faire bien. J’ai encore la force de travailler, de réfléchir et de participer à des choses utiles pour moi-même, pour ma famille et pour mon pays. Je vais les poursuivre, tant que j’aurais l’énergie nécessaire, la force et la clairvoyance nécessaires. J’entreprendrais des choses, qui peuvent réussir ou ne pas réussir. Mais c’est le propre de l’homme d’entreprendre, et je crois que j’ai l’esprit entrepreneurial, et je crois que c’est cet esprit qui m’a permis d’en arriver où j’en suis. C’est un parcours plein d’embûches, mais aussi plein de leçons, que je partage avec mes collaborateurs, et avec mes proches. Je suis sur des choses sur lesquelles je travaille, comme homme d’affaires, comme investisseur. Je suis aussi sur des travaux de recherche, sur lesquels je travaille actuellement avec des structures qui sont aux Etats-Unis. Cela m’occupe et me permet de participer à la vie publique de mon pays.
APR, SE RÉINVENTER OU DISPARAÎTRE
La formation politique, qui a dominé la scène politique sénégalaise pendant douze ans, doit aujourd'hui repenser fondamentalement son organisation et sa stratégie pour éviter le déclin qui a frappé ses prédécesseurs
Face à l’affaiblissement des grands partis traditionnels, le député Djimo Souaré a invité à une refonte stratégique de l’Alliance pour la République (Apr) afin de la revitaliser et d’assurer sa pérennité dans le paysage politique sénégalais. Cet appel est bien accueilli par ses camarades de parti, dont Seydou Guèye qui estime que leur formation politique doit « renouer avec sa tradition gagnante ».
C’est une constante. Au Sénégal, les partis au pouvoir qui, à un moment donné, ont atteint une forme d’hégémonie finissent par chuter à la perte du pouvoir. Le Parti socialiste (Ps) est, aujourd’hui, disloqué. Depuis la perte du pouvoir, cette formation classique n’a pas brigué le suffrage des Sénégalais. Il a été absorbé par la coalition « Benno Bokk Yaakaar » (Bby). Le Parti démocratique sénégalais (Pds), qui a dirigé le Sénégal de 2000 à 2012, a perdu toute son influence après la perte du pouvoir. Il peine à revenir sur la scène politique.
Pour cause : cette formation politique, créée par le « Pape du Sopi », Me Abdoulaye Wade, n’a pas présenté de candidat aux élections présidentielles de 2019 et de 2024. Pour éviter un tel sort à l’Alliance pour la République (Apr), mise sur les fonts baptismaux, en décembre 2008, par le président de la République sortant, Macky Sall, le député Djimo Souaré, membre de ce parti, tire sur la sonnette d’alarme. Dans un message intitulé : « Reconstruire ou périr », le parlementaire de la 15e législature a invité ses camarades à donner un nouveau souffle à leur formation politique. « Il n’y a que deux choix : nous réinventer pour redevenir une force politique majeure ou disparaître dans l’oubli », a lancé le vice-président du groupe parlementaire « Takku Wallu Sénégal ». Poursuivant, il a soutenu que la reconstruction n’est pas une option, mais plutôt une nécessité. D’ailleurs, cet appel est fait dans un contexte où Macky Sall a pris la décision de se mettre un peu en retrait de la gestion de l’Apr.
Ancien Secrétaire général du gouvernement, Seydou Guèye, par ailleurs porte-parole de l’Apr, approuve cette idée. Selon lui, c’est une contribution utile dans le débat interne. M. Guèye estime que la trajectoire de leur parti a été assez inédite, d’autant plus qu’il est arrivé au pouvoir sur un format organisationnel.
Évaluations organisationnelles
« Entre 2008 et 2012, la préoccupation, c’était la massification du parti et la capacité de gagner des élections ; ce que l’histoire nous a bien rendu puisqu’en trois ans, l’Apr est arrivé au pouvoir central. Et de cette date à aujourd’hui, nous avons participé à une dizaine d’élections toutes remportées ; ce qui en fait le premier parti au niveau municipal vu que nous avons le plus grand nombre de maires et de présidents de Conseil départemental », a-t-il rappelé.
Seydou Guèye a reconnu que c’est un parti qui s’appuyait sur le leadership du président Macky Sall. Changement de contexte oblige, l’Apr doit revoir ses principes en trouvant une autre norme de développement. Pour le porte-parole de l’Apr, la restructuration est indispensable parce que c’est la distribution du pouvoir à l’intérieur de l’organisation. « Le parti a besoin de redynamiser ses bases, de renouer avec l’action politique, c’est-à-dire d’être encore plus connecté aux populations et d’avoir de l’animation à la base », a-t-il avoué. À cet effet, Seydou Guèye pense qu’il faut procéder aux différentes évaluations, tant organisationnelles qu’électorales, pour tirer les enseignements.
« Ce qui est avéré aujourd’hui, c’est que l’Apr est le premier parti en termes d’opposition parlementaire et c’est un parti majeur dans le schéma de l’opposition. Mais, il y a un travail de jonction à faire avec des composantes de l’opposition nationale », a-t-il indiqué. Abondant dans le même sens, Moussa Sow, coordonnateur national de la Convergence des jeunesses républicaines (Cojer), dit être en phase avec Djimo Souaré. Aspirant à de grandes ambitions et débordant d’optimisme, il affirme être convaincu que leur parti peut regagner le pouvoir lors de la prochaine élection présidentielle « s’ [ils mettent] en œuvre des stratégies efficaces ».
Pour y parvenir, il évoque plusieurs propositions tout en soulignant l’importance d’une orientation claire : « Il faut changer les personnes à la tête des organes et installer des coordinations communales et des délégations départementales et régionales, etc. ». D’après le jeune « apériste », ce qui leur a fait perdre la présidentielle passée, c’est « le non renouvellement du personnel politique, le manque de solidarité et de complicité entre les membres du parti, le respect excessif du slogan ‘‘la patrie avant le parti’’ ». Pour Seydou Guèye, il faut que leur formation politique trouve un autre mode d’organisation pour animer le parti, assurer sa visibilité et sa représentativité dans les espaces de dialogue.
« Il nous faut renouer avec ce qui a été une tradition gagnante de l’Alliance pour la République : l’élargissement des bases et l’animation à la base. Les deux combinés donnent la massification du parti.
Le débat est ouvert dans nos rangs. Nous discutons à l’abri de toutes les turpitudes et nous essayons de converger vers des lignes qui règlent la question de l’orientation, de l’organisation, de l’animation, de la visibilité et de la représentation », a-t-il informé.
UNE LISTE DE 12 JOUEURS POUR LES ELIMINATOIRES DE L'AFROBASKET 2025
La Fédération sénégalaise de basket-ball (FSB) a rendu publique une liste de 12 joueurs devant prendre part à la troisième et dernière fenêtre des éliminatoires de l’Afrobasket masculin, prévue du 21 au 23 février, à Rabat (Maroc)
La Fédération sénégalaise de basket-ball (FSB) a rendu publique une liste de 12 joueurs devant prendre part à la troisième et dernière fenêtre des éliminatoires de l’Afrobasket masculin, prévue du 21 au 23 février, à Rabat (Maroc).
Cette liste est marquée par le retour d’Ousmane Ndiaye, absent depuis août 2023.
En l’absence du Sélectionneur Ngagne Desagana Diop, l’équipe nationale masculine de basket-ball sera conduite au tournoi de Rabat par Mamadou Guèye ‘’Pabi’’.
Il sera assisté par Sir Parfait Adjivon et Madiène Fall.
En novembre, les Lions avaient survolé la deuxième fenêtre en réalisant un carton plein au Dakar Arena. Ils avaient dominé le Rwanda, le Cameroun et le Gabon dans la poule C.
L’édition 2025 de l’AfroBasket va se dérouler en août pour la troisième fois en Angola, après 1989, 1999 et 2007.
La Tunisie est le vainqueur des deux dernières éditions du tournoi en 2017 à domicile et en 2021 à Kigali, au Rwanda.
-Pivots : Youssoupha Ndoye (Korea Kogas), Gora Camara (Rimini, Italie)
PÊCHE ILLICITE À JOAL, LE MINISTÈRE DES PÊCHES CONDAMNE FERMEMENT L’AGRESSION D’UN AGENT DE L’ÉTAT
Le ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires a exprimé sa profonde indignation face aux violences survenues dans la nuit du 4 au 5 février 2025 à Joal, lors d’une opération de lutte contre la pêche illicite des juvéniles.
Le ministère des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires a exprimé sa profonde indignation face aux violences survenues dans la nuit du 4 au 5 février 2025 à Joal, lors d’une opération de lutte contre la pêche illicite des juvéniles.
Au cours de cette intervention, Amadou Kane, un agent du ministère, a été violemment agressé alors qu’il exerçait ses fonctions dans le strict respect de la réglementation en vigueur. Dans un communiqué officiel, le ministère a réaffirmé sa solidarité totale envers l’agent et a dénoncé une attaque injustifiée contre un serviteur de l’État engagé dans la préservation des ressources halieutiques.
Face à cet acte grave, le Gouvernement a rappelé sa fermeté dans la lutte contre la pêche illicite, assurant que des mesures strictes seront prises contre les auteurs et complices de ces violences. Le ministère a également salué la réactivité des forces de défense et de sécurité, notamment la Gendarmerie nationale, qui a immédiatement lancé une traque du principal suspect et procède à l’identification des autres personnes impliquées.
Le ministère a rappelé que la protection des ressources halieutiques est une priorité nationale, soulignant que toute personne impliquée dans la capture, le transport, la détention, la transformation ou la commercialisation des juvéniles s’expose à des sanctions sévères conformément aux lois en vigueur.
Dans cette optique, les autorités comptent renforcer les dispositifs de contrôle et de répression pour mettre un terme aux pratiques destructrices qui mettent en péril l’équilibre de l’écosystème maritime et la pérennité des ressources halieutiques.
Le ministère invite tous les acteurs du secteur de la pêche à respecter scrupuleusement les règles établies, rappelant que seule une exploitation durable des ressources maritimes permettra de garantir la survie du secteur et la préservation des moyens de subsistance des communautés de pêcheurs.
LE GEL DE L’AIDE AMERICAINE ET D’AUTRES SUJETS AU MENU DE LA PRESSE DU WEEK-END
Les quotidiens parus, samedi, abordent divers sujets se rapportant au gel de l’aide américaine, la division de l’opposition sénégalaise ou encore la sortie en salle du conte musical ‘’Birima’’ de Youssou Ndour.
Les quotidiens parvenus, samedi, à l’Agence de presse sénégalaise (APS) abordent divers sujets se rapportant au gel de l’aide américaine, la division de l’opposition sénégalaise ou encore la sortie en salle du conte musical ‘’Birima’’ de Youssou Ndour.
Sud quotidien parle des ‘’menaces sur le processus de paix à Ziguinchor’’ suite à la décision des nouvelles autorités américaines de geler les activités de l’USAID. »Ex-combattants, les populations déplacées et autres acteurs, brutalement sevrés de l’intervention américaine en Casamance s’inquiètent et sont préoccupés par la capacité de l’Etat du Sénégal à prendre le relai de cet accompagnement dont ils étaient les bénéficiaires », écrit le journal.
Pour le journal, ‘’il reste à savoir si le plan Diomaye pour la Casamance peut être une réponse nationale ambitieuse pour combler le vide laissé par le gel de l’aide américaine’’.
‘’Suspension de l’Usaid, la société civile dans un brouillard’’, affiche à la Une WalfQuotidien. »Un lendemain sombre guette les organisations de la société civile, à cause du gel des activités de l’Usaid. Beaucoup d’entre elles risquent de disparaître à cause de leur dépendance vis-à-vis des fonds américains, si Trump décide de sa suppression », écrit Walf.
Selon L’Observateur, »l’arrêt des projets plonge les populations dans le désarroi et la détresse ». »La suspension pour 90 jours de l’aide internationale décidée par le président des Etats-Unis, Donald Trump, est un véritable coup de massue. Au Sénégal, dans certaines régions , l’arrêt des projets porte un sacré coup à leur épanouissement », écrit L’Obs.
En politique, EnQuête note qu’au Sénégal, ‘’le parti Pastef, porté par la popularité de Sonko et Diomaye, semble naviguer sans opposition significative depuis son arrivée au pouvoir, malgré quelques critiques isolées’’.
‘’L’opposition, minée par des divisions internes et des querelles d’ego, peine à se constituer en un contrepoids crédible. Malgré la récente formation du Front pour la défense de la démocratie, conduite par Khalifa Sall, elle peine à se réinventer et à proposer une alternative cohérente face à un régime Pastef en pleine ascension. Son histoire récente, marquée par des scissions et des difficultés de leadership, ajoute à la complexité de la situation’, écrit le journal.
Dans Le Quotoidien, l’opposant Thierno Alassane Sall (TAS), président du parti La République des valeurs, ‘’s’en prend à la gestion du gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, lors d’un live sur Facebook’’. ‘’TAS qualifie l’attelage du leader du parti Pastef de +gouvernement sans solutions+. M. Sall les invite à laisser la place aux compétents, s’ils sont +incapables de diriger ce pays+’’, écrit le quotidien.
Le Soleil met en exergue la sortie en salle du conte musical ‘’Birima’’ de Youssou Ndour et affiche à la Une »Un nectar passé sur grand écran’’.
‘’L’essentiel du tout-Dakar culturel était, le mardi 4 février, au Complexe Pathé Dakar. Au cinéma ce soir-là, la captation de +Birima+ passait en avant-première sur grand écran. Ce conte musical de grand art a été présenté en septembre 2023 sur quatre jours (du 20 au 23), au Théâtre du Châtelet de Paris (France). Idée originale de Pape Oumar Ngom et Youssou Ndour, dramaturgie et mise en scène assurées par Majaw Njaay, +Birima+ est une sublime ode à notre patrimoine culturel et à notre cher principe de vivre ensemble, mais aussi une tribune pour Youssou Ndour de rappeler qu’il reste le roi du jeu. Le film est à l’affiche pour toute cette semaine au Cinéma Pathé Dakar’’, rapporte la publication.
PAR Babacar Korjo Ndiaye
BIRAME SOULEYE, UN MINISTRE EN MODE FREESTYLE
Notre ministre a un talent rare. Celui de toujours dire ce qu’il ne faut pas, au moment où il ne faut pas, avec une assurance qui force l’accablement. Bientôt, il ne lui restera bientôt plus que son miroir pour l’écouter sans grimacer
Il faut dire que notre ministre a un talent. Un talent rare. Celui de toujours dire ce qu’il ne faut pas, au moment où il ne faut pas, avec une assurance qui force le respect… ou plutôt l’accablement. Il parle, et c’est comme un bulldozer sans frein sur une route pleine de nids-de-poule : ça cahote, ça cogne, et ça finit toujours en sortie de route. Gaalu njoobeen du teer!
Dernière sortie en date ? Pour répondre à ceux qui affublent les militants de son parti du qualificatif de Salafistes (au sens le plus explosif du terme), il a eu l’illumination suivante : « Ma mère est la fille du vénéré Aladji Ahmad Ndieguene. Comment peut-elle enfanter un Salafiste ?... » Voilà donc la nouvelle génétique ministérielle : une bonne mère ne peut enfanter un mauvais fils. Au-delà de l’étrange biologie qu’il nous propose, le message est limpide : si vous êtes Salafiste, c’est que votre mère a raté son coup. Un bel hommage aux valeurs familiales, mais un petit scandale pour la communauté salafiste du Sénégal, qui appréciera sûrement d’être reléguée au rang d’erreur maternelle. Bon Xataraayu!
Mais ce n’est pas la première fois que notre ministre brille par sa finesse oratoire. Rappelez-vous quand, en pleine euphorie post-électorale, il a jugé bon de rappeler aux promoteurs de lutte que l’État ne sponsoriserait plus leurs combats. « Ces spectacles archaïques ne sont pas notre priorité », aurait-il presque soufflé en filigrane. Un avis respectable… sauf que personne ne lui avait rien demandé. On l’imagine, la bouche en cœur, expliquant aux lutteurs que désormais, ils devront se contenter de l’amour du public et de la sueur du mbapatt. C’est ainsi qu’il a réussi un exploit : unir toute une industrie contre lui, du promoteur de l’arène nationale au dernier batteur de tam-tam du village.
Et puis, il y a eu l’épisode Touba. Là encore, il voulait faire une démonstration. Prouver que son parti n’a jamais tenté de séduire les autorités religieuses de la ville sainte. Il aurait pu le dire calmement, avec intelligence, en finesse. Mais non, c’est mal le connaître. « Moi, avant l’élection, je n’avais jamais mis les pieds à Touba ! » a-t-il fanfaronné avec sa verve habituelle. Ah bon ? Donc en plus de ne pas séduire, vous n’avez même pas daigné faire acte de présence ? Voilà qui est habile. Si l’objectif était de convaincre que les nouveaux dirigeants n’ont aucun lien avec Touba, mission accomplie.
Ce ministre est un homme de convictions, certes, mais surtout un homme de convictions mal formulées. Un artiste du faux pas verbal. Un virtuose du mauvais timing. On lui a demandé d’apprendre à parler sans heurter. Mais visiblement, chez lui, c’est un talent inné : heurter, c’est son mode d’expression naturel.
À ce rythme, il ne lui restera bientôt plus que son miroir pour l’écouter sans grimacer.
URGENCES TOUS AZIMUTS SIGNALEES, UN DESENCLAVEMENT VITAL ATTENDU !
Les populations du terroir de Balantacounda, dans l’extrême sud du pays, ont massivement répondu, hier, vendredi 07 février, à l’appel du comité de pilotage pour la construction du pont de Témento.
Les populations du terroir de Balantacounda, dans l’extrême sud du pays, ont massivement répondu, hier, vendredi 07 février, à l’appel du comité de pilotage pour la construction du pont de Témento. Cette assemblée générale qui a mobilisé toutes les couches de la population, a abouti à la production d’un mémorandum pour attirer l’attention des nouvelles autorités du pays sur l’urgence de la construction de cet ouvrage. C’est, selon eux, la meilleure réponse au désenclavement du département de Goudomp mais aussi pour la résilience économique et sociale des masses rurales soumises à un quotidien aride et affligeant.
En assemblée générale d’information et de sensibilisation hier, vendredi, au foyer socio-éducatif de Goudomp, les populations du Balantacounda ont manifesté le souhait de voir un pont s’ériger sur Témento pour désenclaver leur terroir contigu à la Guinée Bissau. Diélény Diatta, le vice-coordonnateur du comité de pilotage pour la construction du pont de Témento, a déclaré que « cette mobilisation est une étape décisive dans le processus de construction du pont de Témento. De prime abord, nous nous inclinons devant la mémoire de feu Moussa Diatta, ancien inspecteur et natif de ce terroir pour son engagement et sa brillante contribution à la rédaction de ce mémorandum pour le pont de Témento ».
Et Cheick Niass, un autre membre de ce comité de renchérir : « nous avons convoqué les populations du Balabntacounda dans leur large majorité, pour venir partager avec nous l’idéal de la construction de ce pont-là. C’est une très vieille doléance quand le colon s’était rendu compte que ce pont pouvait désenclaver cette partie pour rapprocher l’administration des administrés et c’est justement Témento qui avait été choisi ».
UNE VIEILLE DOLEANCE AUX NOUVELLES AUTORITES
Pour les membres du comité de pilotage, « nous n’avons fait que dépoussiérer ce dossier. Depuis l’ancien régime, des actes ont été posés mais pas d’avancées significatives. Avec le nouveau régime, nous avons attendu que toutes les structures politiques, sociales, administratives, sociales et culturelles se mettent en place pour que le Balantacounda se lève et leur rappeler cette vieille doléance si chère aux populations ». Debout et face à l’auditoire très attentif, Diélany Diatta interpelle les nouvelles autorités au nom de ce comité : « nous invitons les autorités de ce pays à insérer ce projet dans le plan Diomaye pour la Casamance (DPC). C’est une urgence et à tous points de vue aussi bien pour la Casamance que tout le pays Sénégal et même pour la sous-région de l’Afrique de l’ouest. Cela va renforcer la coopération dans le cadre de la CEDEAO (communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) » dit-il.
DESENCLAVEMENT ET RESILIENCE, DES URGENCES PRESSANTES !
Sur le plan du développement, les populations du Balantacounda sont d’avis que le seul schéma pour proscrire la pauvreté, c’est de désenclaver cette zone de l’extrême sud du pays. « C’est la voie de salut pour réaliser la résilience et dans tous les domaines. Ici, nous disposons d’un riche potentiel et une fois cette passerelle construite, il sera valorisé et permettra de lutter efficacement contre la pauvreté. C’est aussi une solution durable à nos équations quotidiennes d’évacuation des malades et des femmes enceintes qui meurent souvent à bord des moyens de fortune », se désolent-ils. Et tous de nourrir l’espoir que « le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko et l’ensemble de son gouvernement ne perdront pas de temps pour réaliser ce pont. Notre priorité numéro un, deux et trois demeure la construction de ce pont et dans les meilleurs délais ».
LES CHANTIERS BOUEUX DE DIOMAYE-SONKO
La proposition de criminalisation de l'homosexualité et la demande de révision du Code de la famille constituent un véritable test de cohérence pour le Pastef, qui militait ardemment pour ces réformes lorsqu'il siégeait dans l'opposition
Une proposition de loi portant criminalisation de l'homosexualité au Sénégal a été déposée, hier, sur la table du président de l'Assemblée nationale. Pendant ce temps, une question écrite a été adressée au garde des Sceaux en vue d'une révision du code de la famille. La suite donnée à ces requêtes sera très attendue.
Une nouvelle offensive contre les LGBTQ a été lancée. À l'initiative, l'activiste Abdou Karim Guèye de l'organisation de la société civile, Niitu Dëgg valeurs. En effet, il a adressé une proposition de loi à l'Assemblée nationale en vue de criminaliser l'homosexualité. La proposition, selon l'activiste, est depuis, hier, sur la table du président de l'institution parlementaire.
Dans l'intitulé du texte dont nous détenons copie, il est indiqué «Criminalisation des Actes, Pratiques et Promotions liés à l’Idéologie LGBTQ+ au Sénégal». En tout, le texte tient en 10 articles traitant de la définition des termes de “Lgbtq” et “promotion”, du durcissement de la sanction et des mesures préventives. Dans l’exposé des motifs, il est sommairement expliqué que « cette loi vise à protéger les valeurs culturelles, religieuses et sociales du Sénégal face à des idéologies étrangères qui menacent de les éroder.
Elle garantit un cadre juridique solide pour prévenir la promotion, la diffusion et la pratique de comportements contraires à notre identité nationale». A l’article 2 qui concerne la Reconnaissance des genres, le texte prévoit une reconnaissance exclusive par l'État du Sénégal de deux genres biologiques : homme et femme. En outre, le texte introduit par l'activiste à l’Assemblée nationale en son article 5 propose un durcissement des sanctions. «Pour les personnes physiques : une peine de prison de 5 à 10 ans et une amende de 5 000 000 à 10 000 000 FCFA. Pour les personnes morales (médias, entreprises, ONG, etc.) : suspension immédiate de leurs activités, confiscation de leurs biens, et une amende de 20 000 000 à 50 000 000 FCFA», a-t-on indiqué dans le texte.
Lors du dépôt du texte, le président de l’Assemblée nationale se trouvait au Maroc pour participer à la réunion des présidents des Parlements des États africains atlantiques. À son retour, il aura du pain sur la planche. Et son attitude face à cette proposition de loi sera très attendue. Car, il faut le dire, c'est la première saisine portant criminalisation de l'homosexualité depuis l'installation de la quinzième législature détenue à 130 sièges sur 165 par le parti au pouvoir. Dans le sillage de la transformation systémique, le régime en place va-t-elle acter la rupture en votant la criminalisation de l'homosexualité ? C'est une question qui, pour le moment, reste en suspens.
Toujours est-il que dans l'opposition, le Pastef actuellement au pouvoir était favorable à criminaliser l'homosexualité au Sénégal. Dans le cadre de la coalition Yewwi Askan Wi en vue des Législatives de 2022, le Pastef avec ses alliés d'alors notamment du Pur et de Taxaawu Sénégal avaient introduit une proposition de loi allant dans ce sens de concert avec l'association And Samm Jikko Yii. Toutefois, la proposition avait été rejetée par le bureau de l’Assemblée nationale contrôlé par Benno Bokk Yaakaar. Auparavant, en janvier 2022, la treizième législature avait rejeté, pour la première fois, une proposition de loi portant criminalisation introduite par des députés de l'opposition avec Mamadou Lamine Diallo de Tekki comme chef de file. Compte tenu de tout cela, il reste à savoir si cette nouvelle proposition de loi pour criminaliser l'homosexualité introduite par un membre de la société civile va atterrir en plénière de l’Assemblée nationale.
Révision du Code de la famille
Auparavant, une autre question éminemment de société a été relancée. Il s'agit de la révision du Code de la famille. Dans une question écrite adressée au ministre de la Justice, Ousmane Diagne, la députée Marième Mbacké s'est intéressée à l'autorité parentale. Dans sa question, la parlementaire membre de la majorité a indiqué que la législation sénégalaise, l’autorité parentale exclusivement réservée au père, pose de véritables problèmes aux mères divorcées avec des enfants. «La mère divorcée est souvent responsable de la garde des enfants.
A cet égard, elle devrait pouvoir signer les documents de voyage de ses enfants mineurs. Cependant, certains hommes utilisent cette autorité comme une arme de guerre contre leur exépouse au point de nuire à leurs propres enfants en leur refusant sans raison la signature de l’autorisation parentale. Ce qui entraîne des conséquences graves particulièrement pour les enfants vivant avec leur mère à l’étranger», a écrit Mariéme Mbacké qui affirme avoir été interpellée à ce sujet par les femmes de la diaspora sénégalaise.
C'est pourquoi, sans adopter une perspective féministe, se défend la parlementaire qui, toutefois, a invité le garde des Sceaux à reconsidérer cette mesure. Car, fait-elle noter, le père, en tant qu'autorité morale au sein de la famille, ne pose pas de problème, mais il est important que les deux parents puissent donner leur consentement aux voyages de leurs enfants. «Monsieur le ministre, pour remédier à cette situation, ne serait-il pas opportun de réviser le code de la famille ? Quelles seraient les mesures que vous comptez prendre pour trouver des solutions à ce problème ?», s'est-elle interrogée.
La députée pourrait ne pas dévoiler la réponse du garde des Sceaux à son interpellation. En tout cas, en campagne électorale pour les Législatives du 17 novembre dernier, des candidats du Pastef avaient pris des engagements en vue de la révision du Code de la famille. La députée Maïmouna Bousso avait interpellé, à cet effet, le Premier ministre lors de son passage devant l’Assemblée nationale, le 27 décembre dernier, pour tenir sa déclaration de politique générale.
Au Sénégal, les modifications du Code de la famille se sont souvent heurtées à une forte opposition des religieux faisant craindre une confrontation entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel. D'ailleurs, le code actuel qui date de 1972 avait soulevé une grande controverse entre l'État et les religieux. D'ailleurs en 1996, une modification du code de la famille pour limiter la polygamie à deux épouses avait échoué. Et depuis, aucune initiative n'a été prise afin de mettre à jour le Code de la Famille.
Par MOUSTAPHA TAMBADOU
SOUTENIR LE KUYAN BAA, UN DEVOIR, UNE NECESSITE
Eriger en Casamance, dans une région repoussée à la périphérie des programmes de développement culturel les plus acceptables, une infrastructure d’accès et de diffusion dotée d’équipements de dernière génération ?
Eriger en Casamance, dans une région repoussée à la périphérie des programmes de développement culturel les plus acceptables, une infrastructure d’accès et de diffusion dotée d’équipements de dernière génération? Tel était, tel est le projet d’Omar Camara, promoteur du KUYAA BAA, du nom du Bois sacré mandingue. Cela pouvait ressembler à un défi colossal, un défi à la fois ambitieux et téméraire. A un rêve impossible.
Peintre au génie et au talent internationalement consacrés, Omar se veut, avant tout, le fils de cette région meurtrie lancée depuis des décennies dans la quête pathétique d’une paix se dérobant constamment aux espoirs les plus ardents.
Son rêve est celui de l’enfant du pays ayant eu la chance de traverser l’Atlantique sans confier sa vie à une frêle embarcation risquant de le livrer, à l’instar de milliers de ses frères et sœurs, à la furie meurtrière des flots. Après avoir obtenu loin de ses terres une reconnaissance et une aura à sa dimension il a choisi de mettre sa réussite acquise de haute lutte, au service des siens. Le nom choisi pour l’espace culturel qu’il construit dans la forêt de ziguinchoroise de Diabir, jadis lieu d’affrontements meurtriers, KUYAN BAA est en soi, doublement, l’emblème de la fierté identitaire et de la culture obstinée du vivre ensemble. Petit à petit, avec des moyens personnels péniblement réunis et le seul soutien de quelques partenaires et mécènes étrangers, le KUYANN BAA sort e terre. Et, déjà, on y organise des événements tels que des expositions internationales d’arts visuels, des rencontres échanges animés par des artistes et critiques venus de divers coins d’Afrique et d’Europe. Déjà Omar avance dans l’illustration, et la promotion de la richesse culturelle et du génie artistique de son terroir , bien sûr, mais également de notre pays et de notre continent. Qui n’a, par exemple, jamais entendu parler de la Biennale Z’ARTS la biennale des arts visuels de Ziguinchor qu’il a fondée?
Cet événement phare du KUYAN BAA a organisé cette année sa treizième édition. C’est-à-dire, pour s’exprimer sans langue de bois, a survécu à 26 années d’inénarrables difficultés dans la mise en place des activités que nous venons d’évoquer, pourtant unanimement saluées pour leur importance dans la mise en lumière des patrimoines et des génies. Hélas, découragé par l’inaction des autorités nationales et territoriales, déçu par l’indifférence des sponsors, Omar Camara est aujourd’hui à bout de souffle et tout près de jeter l’éponge.
Ensemble, refusons cette sinistre éventualité.
L’US GOREE OU LE JARAAF, POUR L’HONNEUR
Au coude à coude à la tête du classement, l’Us Gorée et son dauphin Jaraaf engage ce week-end un duel à distance. Un tournant crucial entre le leader et son dauphin.
Au coude à coude à la tête du classement, l’Us Gorée et son dauphin Jaraaf engage ce week-end un duel à distance. Un tournant crucial entre le leader et son dauphin. Les deux équipes, avec seulement trois points d’écart, engagent le dernier sprint pour l’attribution du titre honorifique de champion à mi-parcours, à deux journées de la fin de la phase aller.
A la tête du peloton, l’Us Gorée aborde un tournant crucial dans la course lors de la cette 14e journée qui se poursuit ce week-end. Le club insulaire effectue, demain dimanche 9 février, le déplacement au stade Ngalandou Diouf où elle affrontera l’AJEL Rufisque (8e ; 16 points).
Neutralisé à Kébémer par la Linguère (0-0) puis accroché à domicile, lors des deux précédentes journées, le club insulaire a lâché quatre précieux points. Ce qui retarde un peu plus l’attribution du titre honorifique de champion à mi-parcours. Les Goréens d’Aly Maal auront le défi de renouer avec la victoire face au promu rufisquois afin d’éviter le retour de son dauphin, qui compte seulement trois points de retard.
En réduisant l’écart, les choses sont désormais assez claires pour Jaraaf (2e ; 25 points) qui se rendra demain dimanche au stade Ely Manel Fall où il fera face à la Sonacos de Diourbel (11e ; 14 points). Après avoir aligné trois victoires d’affilée, il s’agira d’enchaîner par un précieux succès tout en espérant une contre-performance du leader goréen. Ce qui leur permettra de rejoindre l’Us Gorée à la tête et d’accroitre leur chance de décrocher le titre à mi-parcours.
Dans une bonne dynamique, Wally daan de Thiès (3e, 24 points) a conforté sa troisième place au classement grâce à son succès, (2-0), obtenu hier, vendredi 7 février 2025, au stade Lat Dior de Thiès, face à Dakar Sacré Cœur (4e; 19 points) en match avancé du championnat de Ligue 1.
Avec ce nouveau succès, les promus restent actuellement à un point du dauphin Jaraaf et à quatre points du leader l’US Gorée. Pour les autres rencontrent, Oslo football Académie (5e ; 18 points) affrontera ce samedi sur sa pelouse la Linguère de Saint-Louis. L’équipe Saint-louisienne (13e ; 13 points) voudra enchaîner après le probant succès remporté à domicile devant les Rufisquois d’AJEL et qui lui a permis de se dégager de la zone rouge. Les autres chocs de la journée ne manqueront pas de piquants.
Relégué dans la zone rouge, le Casa Sport (15e ; 12 points) aura besoin de reprendre main lors du déplacement qu’il va effectuer ce samedi au stade Amadou Barry où il défiera Guédiawaye FC (6e ; 17 points).
Eliminé de la coupe du Sénégal et confiné dans le ventre mou du classement (10e, 15 points), Teungueth FC aborde demain dimanche un autre tournant sur la pelouse de l’Us Ouakam (9e, 16 points). Les Rufisquois espèrent, sous la houlette de leur nouvel entraîneur Beau Saliou Touré choisi il y a quelques jours, trouver la bonne carburation. Ce, à deux journées du terme de la phase aller. Lanterne rouge, le Jamono de Fatick (16e, 9 points) sera également animé par le même objectif à l’heure d’accueillir ce samedi l’équipe de Génération Foot (7e, 17 points). La 14e journée sera clôturée lundi par la rencontre qui opposera l’ASC HLM, première équipe non relégable (14e ; 13 points) à l’ASC Pikine (12e ; 14 points).
PROGRAMME 14E JOURNEE
VENDREDI 7 FÉVRIER
Walilydaan- Dakar Sacré-coeur ( 2-0)
SAMEDI 8 FÉVRIER
Guédiawaye FC-Casa Sports
Jamono Fatick-Génération Foot
Oslo Football Academy-Linguère
DIMANCHE 9 FÉVRIER
AJEL-US Gorée
US Ouakam-Teungueth FC
Sonacos-Jaraaf