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3 avril 2025
Culture
«YAAY 2.0» ET KALISTA SY AU SOMMET
«Yaay 2.0» et «Hair Lover», ces deux séries de Kalista Production, ont remporté 9 des 20 récompenses mises en jeu pour la première édition du Grand Prix Gainde des séries. Sacrée meilleure série, «Yaay 2.0» est talonnée par «Salma» et «Baabel».
«Yaay 2.0» et «Hair Lover», ces deux séries de Kalista Production, ont remporté 9 des 20 récompenses mises en jeu pour la première édition du Grand Prix Gainde des séries. Sacrée meilleure série, «Yaay 2.0» est talonnée par «Salma» et «Baabel».
La première édition du Grand Prix Gainde des séries sénégalaises a sacré, ce samedi, la série Yaay 2.0 de Kalista Production. La série était une des 20 séries en compétition pour cette première édition. Yaay 2.0, qui traite de l’infertilité, entre autres sujets, remporte ainsi un chèque de 10 millions de francs Cfa. «La série est sacrée pour son originalité, la maîtrise de son langage cinématographique, la justesse et la clarté de son geste artistique, pour son audace dans le choix des thèmes (stérilité, maternité, santé sexuelle, traumatisme…), la qualité technique et la profondeur de sa recherche», salue le jury présidé par Amina Seck, écrivaine et scénariste. Salma de Sol Invictus Media s’adjuge la deuxième place avec un chèque de 5 millions de francs. «Salma met face-à-face différents sujets sociaux souvent difficilement abordables : la religion et la spiritualité, la foi et les dictées sociales, l’apparente pureté et la débauche, le bien et le mal, le machisme et l’émancipation. La série réunit des mondes que tout semble séparer. Salma a également séduit le jury par son casting réussi», souligne le jury. En troisième position, c’est Baabel de Marodi Sas Africa qui remporte les 3 millions. Outre ces grands prix, la soirée a également permis de couronner l’excellence dans la technique audiovisuelle. Ainsi, entre Yaay 2.0 et Hair Lover, Kalista production engrange les prix du Meilleur scenario, la Meilleure réalisation, le Meilleur montage et le Meilleur décor. Roger Felmont Sallah, qui interprète Sandiery dans Yaay 2.0, remporte également le prix de la Meilleure interprétation masculine, tandis que Lala Laurette Ndiaye (Mariama dans la même série), remporte le prix de la Révélation féminine. Aïcha Ba Diallo, l’héroïne de Salma, remporte haut la main le prix d’Interprétation, tandis que Moustapha Mboup (Cire) de la même série remporte le prix de la Révélation masculine. Vautours d’EvenProd remporte les prix Maquillage et costume, tandis qu’Impact de Marodi, celui du Son et Cœurs Brisés de EvenProd, le prix de la Musique originale. «Cette cérémonie met en lumière la richesse et la diversité de notre patrimoine audiovisuel», a indiqué le ministre de la Culture, du patrimoine historique, des industries créatives et des loisirs. Pour le Pr Aliou Sow, «bien plus que de simples divertissements, les séries sont le reflet de notre société, de nos valeurs, de nos aspirations et de nos défis».
Si depuis ces dernières années, le succès des séries a dépassé les frontières du pays, des pionniers ont balisé le chemin. C’est ainsi que le prix Rétrospectives a été remis à El Hadji Mamadou Niang Leuz, pour ses réalisations comme Un café avec…, Dinama Nekh. De même, le prix Légende a été remis au duo de la série Goorgorlou, Habib Diop et Seune Sène. Des prix hommages ont aussi été remis aux familles des défunts Jean-Paul d’Almeida et Mentor Ba. «En plus du beau et du bien, le cinéma et l’audiovisuel ont un rôle important dans l’employabilité des jeunes et des femmes. Avec des formations de qualité, un bon encadrement et un accompagnement adéquat, nous pouvons espérer être au sommet d’ici quelques années», a souligné la présidente du jury, Amina Seck. Au total, sur les 20 séries qui s’étaient portées candidates, seules 8 ont été éligibles. Et au final, chacun des vainqueurs est reparti avec un trophée, inscrivant dans l’histoire du cinéma, cette soirée de récompenses que de nombreux artistes ont égaillée de leurs belles notes musicales.
LES 5 MAJEURES DANS L’EVOLUTION DU CINEMA SENEGALAIS
Il s’agit des réalisatrices Safi Faye et Mati Diop, des actrices Myriam Niang et Isseu Niang et de Rokhaya Niang. Car, on ne peut pas parler du 7e art sénégalais sans évoquer la place de choix que certaines grandes figures féminines y ont occupée
Bés Bi le Jour |
Adama Aïdara KANTE |
Publication 09/03/2024
Ce 8 mars est une occasion de mettre à l’honneur 5 grandes dames qui ont marqué le cinéma sénégalais. Il s’agit des réalisatrices Safi Faye et Mati Diop, des actrices Myriam Niang et Isseu Niang et de Rokhaya Niang. Car, on ne peut pas parler du 7e art sénégalais sans évoquer la place de choix que certaines grandes figures féminines y ont occupée.
Safi Faye, la pionnière
Née le 22 novembre 1943 à Dakar et décédée à Paris le 22 février 2023, Safi Faye est une réalisatrice, anthropologue, ethnologue et féministe sénégalaise. Elle obtient un diplôme d’enseignante à l’Ecole normale de Rufisque et enseigne à Dakar quand elle rencontre, en 1966, le réalisateur Jean Rouch, qui lui donne un rôle dans «Petit à Petit» (1969). Safi part ensuite pour Paris où elle entame des études d’ethnologie à l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales). Pionnière dans le cinéma sénégalais, son premier court métrage est sorti en 1972 «La Passante», suivi d’un documentaire sur les difficultés économiques au Sénégal «Kaddu Beykat» (Lettre paysanne). Elle étudie le cinéma à l’École Louis Lumière de 1972 à 1974. En 1976, elle soutient à l’EPHE (École pratique des hautes études) un mémoire sur la religion des Sérères, communauté à laquelle elle appartient. Après plusieurs films en 2023, le Festival des 3 continents lui consacre une rétrospective. Certains de ses films sont perdus et invisibles.
Rokhaya Niang, l’actrice au talent inné
Son jeu est top. Rokhaya Niang a été découverte dans les rôles principaux de deux films sénégalais présentés en compétition au Fespaco en 2003 : «Le Prix du pardon» de Mansour Sora Wade où elle incarne Maxoye, et «Madame Brouette» de Moussa Sène Absa où elle joue Mati. Elle poursuit, depuis, une brillante carrière au cinéma et à la télévision. En 2007, elle joue «Rokhaya», sœur du héros «Dick» (Lord Alajiman) dans le long métrage «Teranga Blues» de Moussa Sène Absa (sélection Fespaco 2007). En 2020, elle joue le rôle de Boris Coulibaly dans la série «L’or de Ninki Nanka».
Marème Niang, l’actrice qui a marqué son temps
Parfois créditée (à tort) sous le nom de Myriam Niang, elle joue le rôle principal de la magnifique Anta dans «Touki Bouki» de Djibril Diop Mambéty (1973). On la retrouve aussi dans «Xala» de Sembène Ousmane (1974) et dans «Baks» de Momar Thiam (1974). Excellente également dans «Guelwaar» de Sembène (1992) dans le rôle de la prostituée amie de la fille de Guelwaar. Elle joue aussi dans le docu-fiction «Dial-Diali» (rôle principal), réalisé par Ousmane William Mbaye (1992). Mati Diop la fait (re)jouer le rôle d’Anta en 2013 (Mille Soleils, docu-fiction).
Isseu Niang, l’artiste avec Grand A
Née le 25 septembre 1938 à Dakar et décédée le 17 février 2000 dans la même ville, Isseu Niang avait une prédisposition pour de nombreux arts. Elle était une artiste avec un grand «A». Danseuse, chanteuse, comédienne de théâtre et de cinéma, couturière par curiosité, secrétaire dactylographe de formation, elle était un personnage qui avait plusieurs cordes à son arc. L’option de faire carrière dans le monde de la danse et du théâtre prise, il restait à explorer les voies pour y parvenir. Maurice Sonar Senghor, détecteur de talents, alors directeur du Théâtre du Palais, entre en scène. Par son intermédiaire, Isseu Niang prend langue avec les Ballets de Keïta Fodéba. Elle émigre en Guinée en 1958. En deux ans, cette étape guinéenne lui ouvre les portes du cinéma. Sa première prestation à l’écran remonte à 1959, dans le film «Ben Hur» de William Wyler. Cet événement est celui qui a le plus marqué Isseu Niang dans sa vie d’artiste. Prolifique, Isseu a joué dans plusieurs films comme «Hyènes» de Djibril Diop Mambéty (1992).
Mati Diop, une jeune qui rayonne dans le monde
Maty Diop a grandi à Paris entre un père musicien, le Sénégalais Wasis Diop et une mère française, photographe et acheteuse d’arts, Christine Brossart. Elle est également la nièce du cinéaste Djibril Diop Mambéty. Autodidacte, elle se lance très jeune. Elle réalise plusieurs créations sonores et vidéos pour des pièces de théâtre. En 2004, elle autoproduit et réalise un premier court métrage à Paris «Last Night». En 2008, Mati joue le rôle principal au cinéma dans le film de Claire Denis «36 Rhums». En 2009, elle reçoit le prix MK2 Jeune Talent de la meilleure actrice. Cette expérience la conforte dans le désir de devenir réalisatrice. En 2008, Mati Diop décide de réaliser et d’autoproduire un premier film à Dakar intitulé «Mille Soleils» consacré à l’héritage personnel et collectif de «Touki Bouki», film culte réalisé par son oncle Djibril Diop Mambéty en 1973 et présenté à Cannes cette année-là. En 2018, Mati Diop réalise son premier long métrage à Dakar, un film de fantômes consacré à la jeunesse migrante disparue en mer. «Atlantique» est sélectionné en 2019 en compétition officielle du festival de Cannes 2019 où il obtient le Grand prix et figure dans la shortlist des 10 meilleurs films internationaux de la 92e cérémonie des Oscars. En 2024, elle remporte L’Ours d’or à la Berlinale avec le documentaire «Dahomey», consacré à la question de la restitution par la France d’œuvres d’art volées au Dahomey(Bénin).
VIDEO
CHARLES FAYE PUBLIE "VIE DE CHARL’ATTEND"
A travers son livre, le journaliste évoque ses relations avec Youssou Ndour, l'actualité chaude au Sénégal...
iGFM (Dakar) IGFM a le plaisir de recevoir en direct, ce vendredi, le journaliste Charles FAYE qui a sorti un livre nommé "VIE DE CHARL’ATTEND". Avec lui, nous avons évoqué aussi ses relations avec Youssou Ndour, l'actualité chaude au Sénégal...
RENDRE HOMMAGE A SEMBENE, C’EST AUSSI EVOQUER LA LIBRAIRIE SANKORE
Dans son discours, l’artiste Abdoulaye Diallo s’est réjoui de cet «honneur exceptionnel» d’accepter cette donation d’une œuvre d’art : «Sembène Ousmane : le Baobab».
Bés Bi le Jour |
Adama Aïdara KANTE |
Publication 05/03/2024
Dans son discours, l’artiste Abdoulaye Diallo s’est réjoui de cet «honneur exceptionnel» d’accepter cette donation d’une œuvre d’art : «Sembène Ousmane : le Baobab». «C’est un devoir de gratitude et de persévérance dans l’accomplissement de mon art. Mais je manquerai gravement au premier si je n’associais dans un hommage public, comme au fond de mon cœur les noms, Pr Alioune Badara Kandji, doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines, Pr Maguèye Kassé, commissaire permanent de l’artist e LebergerdelîledenGor… Nous nous sommes réunis pour rendre hommage à Sembène Ousmane, un homme purifié de l’intérieur, capable d’entrer en communion totale avec la sphère infinie de l’univers, et y effectuer une randonnée spirituelle», déclare-til.
A l’en croire, tout dans ses pensées, films et écrits, traduisent une aspiration et une conviction profondes qui forgent une manière d’être. «Rendre hommage à Sembène Ousmane, c’est aussi évoquer la librairie Sankoré, pour la promotion du livre, et son combat pour la promotion des langues nationales avec le professeur Cheikh Anta Diop, Pathé Diagne, Cheikh Aliou Ndaw, Maguette Thiam, le professeur Sakhir Thiam, Maître Babacar Niang, etc.», souligne-t-il.
Sembène Ousmane se sert de son œuvre pour épouser, embrasser et traiter une multitude de formes d’expression artistiques qui mettent en valeur la culture africaine dans ses différentes composantes, aux plans diachronique et synchronique. «Un fait marquant est l’importance et la place de la musique, de la danse, de la sculpture, des instruments traditionnels, de la photographie. Il partage en offrant des espaces d’expression à toutes les formes d’art», a-t-il ajouté.
Dans l’œuvre de Sembène Ousmane, explique le peintre, ingénieur de formation, l’art peut être considéré comme un lien social, un métalangage à travers lequel le photographe, le sculpteur, le musicien, l’architecte... chacun a sa place. «Rendre hommage à Sembène Ousmane doit être une occasion de faire un plaidoyer pour l’art cinématographique, en tenant compte de la révolution numérique qui déplace le champ du visuel sur le petit écran, alors que le cinéma est aussi un espace de socialisation», souhaite Abdoulaye Diallo.
LE PEINTRE ABDOULAYE DIALLO OFFRE UN TABLEAU SEMBENE A LA FLSH
La Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a encore honoré l’icône du cinéma africain.
Bés Bi le Jour |
Adama Aïdara KANTE |
Publication 05/03/2024
La Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a encore honoré l’icône du cinéma africain. Ce à travers une cérémonie de remise solennelle du tableau intitulé «Sembène Ousmane le Baobab» de l’artiste plasticien Abdoulaye Diallo connu sous le pseudo Leberdeliledengor, ingénieur des télécommunications de formation.
Décédé il y a plus de deux décennies, le symbole du cinéma africain reste toujours dans le cœur des Sénégalais. En collaboration avec l’Association Sembène Ousmane, la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), un hommage lui a été rendu, mercredi, à la salle du Conseil. C’était lors d’une cérémonie de remise solennelle d’un magnifique tableau du très grand artiste plasticien, Abdoulaye Diallo, Lebergerdeliledengor, ingénieur des télécommunications de formation, intitulé «Sembène Ousmane le baobab».
Devant des sommités universitaires, le président de l’Association Sembène Ousmane, le professeur Maguèye Kassé a indiqué que ce geste entre en droite ligne d’un des programmes de l’Association «Mbokkeel gi» «l’art dans l’œuvre de Sembène Ousmane : point de vue et contribution à une prise de position multiforme et complémentaire». «Cette occasion est rendue possible par la décision de l’Assemblée de la Faculté des lettres le 18 janvier 2024 de donner le nom de ce grand écrivain/cinéaste Sembène Ousmane au nouveau bâtiment de la Faculté. On ne cessera jamais de magnifier l’apport inestimable de Sembène à la découverte de l’identité de l’Africain, aux luttes de son continent pour sa libération de toutes formes d’aliénations, d’oppressions», déclare-t-il.
Ce tableau offert à la Faculté des lettres permet, poursuit-il, à tous ceux que le contempleront de se poser des questions utiles mémorielles. «L’Association s’inspire de l’idée de Sembène que l’Homme est culture. L’Association Sembene Ousmane créée le 19 juin 2018 à la bibliothèque universitaire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar comptait 27 membres fondateurs et issus de différents horizons comme des doctorants, des professeurs d’Université d’ici et d’ailleurs, des consultants, des artistes plasticiens, des musiciens, des cinéastes, des critiques d’art et des journalistes», fait-il savoir.
LES 50 ANS DE DES RELATIONS SENEGALO-CUBAINE CELEBRES A DAKAR
L’ambassade de Cuba au Sénégal a lancé, samedi, à Dakar, les célébrations du 50e anniversaire des relations bilatérales sénégalo-cubaines, première d’une série d’actions et d’activités
Dakar, 3 mars (APS) – L’ambassade de Cuba au Sénégal a lancé, samedi, à Dakar, les célébrations du 50e anniversaire des relations bilatérales sénégalo-cubaines, première d’une série d’actions et d’activités, a constaté l’APS.
Cette première activité du cinquantenaire des relations diplomatiques entre Dakar et La Havane a été dédiée à la musique cubaine, la salsa très connue et appréciée au Sénégal.
La prestation a été animée par le groupe ‘’Téranga Orchestra’’, dirigé par le musicien et guitariste Jean Moffé.
‘’Cette cérémonie dédiée à la musique cubaine entre dans le cadre des célébrations du cinquantenaire des relations diplomatiques entre Cuba et le Sénégal’’, précise l’ambassadrice de Cuba au Sénégal, Maydolis Sosa Hilton.
Elle estime que le choix de la culture n’est pas fortuit. ‘’C’est dans ce domaine que les relations sont plus actives. La preuve, le +Téranga Orchestra+, composé exclusivement de Sénégalais, joue de la musique cubaine’’, a-t-elle fait valoir.
Le groupe de musique chante des thèmes représentatifs du répertoire traditionnel cubain, tels que ‘’Yo soy el punto cubano’’, ‘’Chan Chan’’, la ‘’Guajira Guantanamera’’ et ‘’Santa Isabel de las Lajas’’, entre autres.
Ces airs musicaux ont enchanté le public, qui a reconnu dans ces sons une partie des influences de la salsa mbalax, ainsi que des références d’amour pour la terre natale du son de la guaracha, de la chachachá, de la rumba et du boléro.
Selon Maydolis Sosa Hilton, d’autres activités seront organisées d’ici le 9 août pour mettre en exergue la culture cubaine, notamment la gastronomie et la littérature.
‘’D’autres actions auront lieu au cours de l’année, en collaboration avec d’autres institutions qui, comme la place du Souvenir, ouvriront leurs portes à la collaboration et à l’échange culturel’’, dit-elle.
L’ambassadrice de Cuba au Sénégal, Maydolis Sosa Hilton, précise qu’outre la culture, les relations diplomatiques entre les deux pays s’étendent aussi à la santé, à l’enseignement supérieur et au tourisme.
‘’Les Sénégalais visitent de plus en plus Cuba. Beaucoup d’entre eux y vont pour se soigner et cela développe le tourisme de santé’’, s’est-elle réjoui.
Le ministre du Travail, du Dialogue social et des Relations avec les institutions, Samba Sy, a magnifié la ‘’longue histoire’’ entre les deux pays. ‘’Le Sénégal et Cuba ont une relation particulière, beaucoup de Sénégalais sont attachés à Cuba, ne serait-ce que sous le rapport de la musique cubaine. Nous avons grandi en étant bercés par cette musique’’, a poursuivi M. Sy, secrétaire général du Parti de l’indépendance et du travail (PIT).
Mme Diouf Ngakane Gningue, administratrice de la place du Souvenir, a souligné ‘’les liens forts et soutenus avec l’ambassade [cubaine à Dakar] et le plaisir de collaborer à la célébration des cinq première décennies d’une union fraternelle dans laquelle la culture joue un rôle fondamental’’.
Abdoulaye Ndiaye, étudiant en quatrième année à l’École nationale des arts et métiers de la culture (ENAMC), a réalisé in situ une fresque de 3 x 2 mètres sous la forme d’une performance. Il y a intégré des symboles identitaires tels que la place de la Révolution, le palmier royal, le tabac et les maracas, le monument de la Renaissance africaine, le baobab et le plat national ‘’thiéboudiène’’.
LA DOULEUR D’UNE MERE EST UNE DOULEUR INCOMMENSURABLE
Au terme du vernissage, il s’est confié à Bés bi.
Bés Bi le Jour |
Adama Aïdara KANTE |
Publication 02/03/2024
Originaire de Tambacounda, Ousmane Dia est un artiste plasticien qui vit et travaille à Genève où il enseigne les arts visuels. Il est à Dakar présentement pour son exposition d’une trentaine d’œuvres intitulée «Black Requiem», un plaidoyer pour la dignité humaine. Au terme du vernissage, il s’est confié à Bés bi.
Pourquoi avez-vous proposé une méditation artistique puissante sur le thème du respect de la dignité humaine ?
L’exposition de ce thème «Black Requiem» est un travail que je suis en train de mener depuis 3 ans et qui m’a été inspiré par le meurtre de Georges Floyd, lâchement assassiné aux Etats-Unis. Cette exposition se veut ainsi un plaidoyer poignant pour la restauration de la dignité humaine, une méditation sur les tragédies injustes qui jalonnent l’histoire. Aujourd’hui, le racisme anti-noir devient de plus en plus récurrent. Et évidemment, il y a des évènements qui arrivent au fur et à mesure, et des évènements qui peuvent aussi rejoindre ce thème, notamment la situation politique au Sénégal, ce qui se passe au Moyen Orient et en Russie. En un mot, tout ce travail est un plaidoyer pour la restauration de la dignité humaine.
Pourquoi le choix des personnages féminins comme élément central de l’exposition ?
Ce n’est pas anodin. C’était vraiment un choix parce que, tout simplement, c’est la femme qui met l’homme au monde. La douleur d’une mère est incommensurable. Et quand il y a, par exemple, des enfants tués de manière lâche, on voit des mamans qui n’arriveront jamais de la vie à faire leur deuil. Donc, c’est une manière aussi de leur donner la parole dont les chaises sont symboles de pouvoir.
Justement, on voit cette chaise qui revient partout pratiquement dans toutes les œuvres. Qu’est-ce que vous voulez montrer ?
Dans ce travail, la chaise a vraiment représenté le pouvoir politique. Donc, c’est vraiment un dialogue parce que d’habitude, je travaille beaucoup sur le thème de l’hospitalité, mais sur cette série-là, c’est un dialogue entre l’humain et le pouvoir politique. Je fais toujours travailler des artisans, histoire d’apporter aussi un peu d’économie, c’est-à-dire que je fais les prototypes et ils ne font que reproduire
OUSMANE DIA PROMEUT LA RESTAURATION DE LA DIGNITE HUMAINE
«Black Requiem», c’est le thème de l’exposition à la Galerie nationale d’art. En hommage à toutes les luttes engagées par les peuples noirs, Ousmane Dia se souvient de Georges Floyd pour faire un plaidoyer pour la restauration de la dignité humaine
Bés Bi le Jour |
Adama Aïdara KANTE |
Publication 02/03/2024
«Black Requiem», c’est le thème de l’exposition à la Galerie nationale d’art. En hommage à toutes les luttes engagées par les peuples noirs, l’artiste-peintre, Ousmane Dia s’est souvenu de Georges Floyd pour faire un plaidoyer pour la restauration de la dignité humaine.
C’est le défilé des artistes, mais également des amoureux du 3e Art à la Galerie nationale de Dakar. Et c’est pour satisfaire une curiosité de la belle exposition de Ousmane Dia dont le vernissage s’est tenu le 23 février dernier devant un parterre d’invités du monde de la culture. Cette exposition du peintre et sculpteur, intitulée «Black Requiem» qui sera clôturée le 30 mars est un vibrant plaidoyer pour la restauration de la dignité humaine. Le symbole de l’exposition : une chaise que l’on retrouve sur toutes les œuvres, avec des personnages féminins géants, concède le pouvoir comme sur les tableaux de «Rosa la résistante», «Pouvoir au féminin» ou encore «Inconstitutionnalité». Il y a également des sculptures en acier et des installations d’individus, l’image la plus frappante et le genou à terre, «Genou de la haine», reproduisant le geste du policier ayant tué l’Américain noir Georges Floyd en mai 2020. Pour l’artiste, c’est une chanson pour les morts partis «parce qu’ils ont exprimé leur opinion, ou parce que la couleur de leur peau est noire ou encore ils ont été au mauvais moment»
Le natif de Tambacounda, dans une touche artistique avec une paillette diversifiée, mêlant des sculptures aux peintures en passant par des représentations graphiques, offre une réflexion visuelle et sonore sur les thèmes de la justice, de la résistance, de l’immigration clandestine et de la mémoire collective. A en croire M. Dia, les sculptures métalliques évoquent la brutalité du genou oppressant d’un policier sur le cou de Georges Floyd, une victime sans défense.
Le critique d’art Aliou Ndiaye, commissaire de l’exposition, estime pour sa part que cette proposition «immersive» raconte l’héroïsme à travers la résistance contre les discriminations et violences raciales. Dans ses explications, il souligne que l’artiste Ousmane Dia fait pivoter des chaises convoitées qu’il dessine et tisse autour d’une diversité de personnages féminins. Prenant la parole, André-William Blandenier, scénographe, qualifie l’exposition de celle de la «maturité» de par la pertinence des thèmes abordés et l’importance de la représentation historique dans l’art contemporain.
L'ART EN SOUFFRANCE A SALY
Des artisans établis au village artisanal de la station balnéaire de Saly (Mbour, ouest) disent être confrontés au manque de clients, à la concurrence déloyale et au problème de la formation.
Saly, 28 fév (APS) – Des artisans établis au village artisanal de la station balnéaire de Saly (Mbour, ouest) disent être confrontés au manque de clients, à la concurrence déloyale et au problème de la formation.
En cette matinée, des objets, des tableaux et des bijoux exposés un peu partout à l’intérieur du village artisanal attirent l’attention des quelques rares touristes venus visiter les lieux.
Le village artisanal de Saly réceptionné en 1981 compte aujourd’hui 113 boutiques fonctionnelles gérées par la chambre de métiers de Thiès.
”Aujourd’hui, nous avons de sérieux problèmes pour la visibilité de nos produits’’, a confié Momar Diaw, le président du village artisanal de Saly, ajoutant que les boutiques ouvertes dans les hôtels concurrencent les artisans.
‘’Les hôteliers ne font pas la publicité pour nous. Des touristes peuvent rester à l’hôtel pendant des semaines, ils ne sauront qu’il y a un village artisanal que le dernier jour de leur séjour, parce que les boutiques sont installées dans presque tous les réceptifs hôteliers’’, a souligné M. Diaw.
Et pourtant, a-t-il relevé, ‘’le village artisanal a plus de produits et de choix moins chères que ces boutiques’’ installées dans les réceptifs hôteliers.
La formation des acteurs, un impératif pour diversifier la clientèle
L’autre difficulté à laquelle font face les artisans de Saly est liée au ”défi de la formation des acteurs’’, a poursuivi encore Momar Diaw.
‘’Les clients viennent et à chaque fois, ils trouvent le même objet. Par exemple le client qui était venu en 2012 peut revenir en 2024 et trouver le même objet’’, a-t-il fait observer.
‘’Nous avons besoin qu’on nous aide à trouver une formation pour qu’on puisse changer de modèle et diversifier les produits’’, a dit l’artisan.
Moussa Gadji a de son côté insisté sur la nécessité de faire une promotion du tourisme sénégalais pour diversifier la clientèle.
‘’Généralement, nous n’avons que des touristes français, il faut explorer d’autres pays pour attirer davantage de touristes’’, a plaidé l’artisan.
Par Hamidou ANNE
MATI DIOP, SYMBOLE DU SÉNÉGAL QUI GAGNE
Notre compatriote Mati Diop est lauréate de l’Ours d’or de la Berlinale 2024 pour son documentaire Dahomey. Le film évoque la question de la restitution de vingt-six œuvres d’art à la République du Bénin dans le cadre notamment du rapport Sarr-Savoy
Notre compatriote Mati Diop est lauréate de l’Ours d’or de la Berlinale 2024 pour son documentaire Dahomey. Le film évoque la question de la restitution de vingt-six œuvres d’art à la République du Bénin dans le cadre notamment du rapport Sarr-Savoy.
En 2019, Atlantique, le premier long-métrage de la réalisatrice, film étrange sur le sujet de l’émigration avec Thiaroye, en banlieue dakaroise, comme cadre, a reçu plusieurs distinctions dont le prestigieux Grand Prix au Festival à Cannes.
A Berlin, a été sacrée une cinéaste de talent et une femme engagée, mais aussi et surtout une Sénégalaise qui rend fier notre pays. L’Ours d’or à la Berlinale est une consécration à un si jeune âge et augure une belle carrière dans le 7ème art
A mon grand regret, le prix de Mati Diop est passé presque inaperçu dans la presse nationale engluée dans les péripéties du report, du dialogue et des agitations politiciennes auxquelles toutes les structures de notre pays consacrent beaucoup trop de temps. Le Sénégal se doit d’honorer Mati Diop car elle a réussi quelque chose de grand et parce qu’elle symbolise ce que nous appelions à partir de 2002 «Le Sénégal qui gagne». En effet, à la suite de l’épopée des Lions du football au Mondial en Corée du Sud et au Japon, cette expression a fait fureur. L’Equipe nationale A avait d’entrée battu la France, tenante du titre, avant de se hisser en quarts de finale ; une première pour une Nation africaine depuis le Cameroun de 1990. Depuis, le Sénégal collectionne les titres continentaux au football et est devenu une Nation familière des grands rendez-vous internationaux.
Mati Diop est un symbole de la culture de ce Sénégal qui gagne dans la foulée du renouveau du cinéma sénégalais. Au Fespaco, en 2013, Tey de Alain Gomis avait remporté l’Etalon d’or et l’Etalon de bronze était revenu à La Pirogue de Moussa Touré. A Ouaga, en 2021, Moly Kane, avec Serbi, obtient le Poulain d’or du meilleur court métrage fiction. La liste de nos satisfactions au cinéma ces dernières années est non exhaustive.
Mati Diop nous vaut une si belle satisfaction et nous convainc que peut-être dans ce pays tout n’est pas perdu. La vulgarité et la médiocrité n’ont pas encore totalement enseveli le Sénégal. A côté du Sénégal des casseurs et de leurs commanditaires, il y a celui des gens qui travaillent dans le silence de la discrétion et ainsi par leurs succès œuvrent à préserver la place de notre pays sur la carte du monde.
Mati Diop a dédié son prix aux militants sénégalais pour la démocratie et aux Palestiniens actuellement sous les bombes israéliennes. Son message, parce que son talent a été reconnu et récompensé par ses pairs, a plus de force que les pétitions d’individus à la quête d’une gloire éphémère sur le dos de cadavres d’enfants.
Mati Diop est le Sénégal qui gagne et qui propulse chez le petit enfant à Pikine ou à Sinthiou Diongui une ambition un jour d’être lui aussi célébré à Berlin, à Cannes ou à Carthage. On y arrive par la hardiesse dans le travail et la solitude de l’effort en plus, bien entendu, des conditions favorables à l’éclosion des talents nationaux. En chaque fils du Sénégal sommeille un rêve. L’Etat a l’obligation de permettre aux enfants de notre pays de devenir les prochains Souleymane Bachir Diagne, Fatou Diome, Sadio Mané, Mati Diop, Mbougar Sarr, Astou Traoré, Germaine Acogny…
L’exemplarité est nécessaire pour une Nation. D’où l’importance de célébrer les succès de Mati Diop afin d’en faire un exemple pour tous ces enfants qui rêvent de devenir un jour acteurs ou cinéastes. Dans la même veine de l’exemplarité, il faut que la République punisse ceux-là qui n’ont offert aux jeunes du Sénégal comme modèles que le pillage et l’incendie des biens publics, l’insulte aux hauts fonctionnaires, la violence et la mort. C’est cela la Justice. Et c’est ainsi qu’on insuffle le patriotisme et le républicanisme dans le cœur de chaque enfant du Sénégal..
Voir Mati Diop sur cette scène rayonnante et radieuse, fière et digne, est enfin, à titre personnel, très émouvant. Car je pense à son oncle Djibril Diop Mambéty, à Wasis et Idrissa Diop. Notre pays a un immense potentiel créatif à offrir au monde pour le rendre plus beau et plus habitable. Je pense aussi à la transmission et je me remémore cette phrase de Jaurès : «C’est en allant vers la mer que le fleuve reste fidèle à sa source.»